Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce lundi 19 janvier, les difficultés autour de la conception du budget 2026 et l'ouverture du plateforme Parcoursup ont été abordés par Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Erwann Tison, chargé d'enseignement à l'université de Strasbourg, et Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de "Trump et nous : Comment sauver la France et l'Europe", dans l'émission Les Experts, présentée par Ludovic Desautez sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00De retour sur le plateau des experts, lundi 19 janvier, en notre compagnie Patrick Artus,
00:05économiste et conseiller de la société de gestion Siam,
00:08Erwann Tison, chargé d'enseignement à l'université de Strasbourg,
00:11et Christian Saint-Etienne, économiste et auteur de Trump et nous, comment sauver la France.
00:15Alors on a parlé un peu de l'Europe, maintenant on va essayer de sauver la France.
00:19Pendant ce temps-là, j'allais dire en France, on reste un peu encalminé sur notre
00:22sempiternel débat budgétaire.
00:25Sébastien Lecornu a pris la parole vendredi soir avec une longue série d'offrandes à la fois politiques,
00:33dans une manœuvre un peu ultime, puis avec cette question, tout de suite assez évidente,
00:37c'est qu'il y a tellement d'offrandes qu'on se demande comment les 5% de déficit en 2026 deviennent crédibles.
00:44Je vois Erwann qui lève les sourcils, c'est pas crédible, 5%, vous y croyez plus là,
00:48par rapport aux annonces qui ont été faites ?
00:49Philippe Juvin qui s'est battu comme un lion pendant cette séquence y croit encore,
00:53donc je dois lui faire confiance, mais c'est...
00:55On commence à être dans le domaine de la croyance, ce qui n'est pas bon.
00:59Oui, mais même 5%, je veux dire, pour moi c'est une faute, moi j'ai grandi en tant qu'étudiant,
01:05on m'avait dit, au-dessus de 3%, c'était effectivement, il y avait énormément de risques financiers,
01:09de perte de souveraineté, d'indépendance, etc., et que le 3% doit être asymptotique,
01:14juste pour faire quelques investissements.
01:17Là, ça fait le sixième budget d'affilée qu'on est en dessous de 5%, donc au-dessus de 5%,
01:22et on commence à se l'accoutumer, et on commence à se dire que c'est une victoire de rester à 5%,
01:26donc c'est-à-dire qu'on a cranté dans l'imaginaire politique collectif que 5% c'était la nouvelle norme,
01:31alors qu'il n'y a aucun pays européen qui fait ça.
01:32Et une nouvelle norme, je veux dire, qui a été installée ces derniers mois,
01:35parce que je rappelle que l'objectif initial était 4-7,
01:37et après c'est devenu entre 4-7 et 5, et maintenant c'est 5.
01:40Même 4-7, moi je suis effaré, effaré, vraiment, qu'on s'habitue à ça,
01:45c'est-à-dire qu'on assume d'avoir concrètement un État qui va à 150 milliards par an,
01:51qui crame pour rien, c'est-à-dire pour aucun projet d'investissement,
01:55l'école est dans un État absolument catastrophique, on n'arrête pas de chuter dans PISA,
01:58en plus on a une mise de l'éducation hier matin qui nous explique que c'est un budget pour la jeunesse et pour l'avenir.
02:03J'ai été regarder, augmentation du budget de l'éducation, 200 millions d'euros,
02:06d'accord ? L'augmentation du budget, c'est à peu près 30 fois moins que l'augmentation du budget des seniors,
02:11donc pour le côté budget d'avenir, on repassera.
02:15On a absolument tout sacrifié, en fait, pourquoi ? Pour de la sacro-sainte stabilité politique.
02:21Au début, on pouvait l'appeler de nos voeux au mois de septembre,
02:23quand on était sur ce plateau, on se disait effectivement ce serait bien qu'on arrête,
02:26mais si c'est pour se maintenir, pour faire ça, pour faire 8% de...
02:31vers 8 milliards d'augmentation d'IS, de surtax d'IS,
02:33ce qui en plus, pourtant, au mois de juillet dernier,
02:35Madame de Monchain, on nous avait dit, croix de bois, croix de fer,
02:37je vous jure qu'elle ne sera pas du tout dans le PLF 2026,
02:39et au final, on se la reprend,
02:41sur en plus des entreprises qui représentent 50% de nos exportations...
02:44Vous parlez, juste pour préciser, surtaxe, sur les bénéfices des grandes entreprises,
02:47c'est 440 entreprises,
02:49donc chiffre d'affaires est au-dessus de l'énergie à 300.
02:52Ce sera plus que 300, et en plus, on nous dit,
02:53vous inquiétez pas, c'est que 300 entreprises sur les 2 millions...
02:55Sauf qu'elles font la moitié des exports.
02:57Exactement, c'est la moitié des exports, c'est elles qui tirent la croissance française,
02:59c'est grâce, c'est elles qui créent du pouvoir d'achat,
03:01c'est elles qui créent de l'emploi.
03:02Et donc, du coup, on est en train de saboter tout ce qui allait bien,
03:06enfin, en tout cas, pas de saboter sciemment,
03:07mais on est face à...
03:09Vous savez, dans Fantasia,
03:09Mickey, quand il fait des formules magiques un peu aléatoirement,
03:12tout s'active, et à un moment, il est content parce que le ménage est fait,
03:15mais au bout d'un moment, le balai, il en perd le contrôle.
03:17C'est exactement ça, en fait.
03:18On a aujourd'hui une classe politique, dans sa globalité,
03:21qui ne sait absolument pas ce qu'elle fait,
03:23qui ne maîtrise pas du tout les ordres de grandeur,
03:24qui, pour elle, 200 millions, c'est la même chose que 30 milliards,
03:27et qui n'a aucune vision prospective économique.
03:29Donc, du coup, il faut absolument n'importe quoi
03:30pour maintenir aujourd'hui une sacro-sainte stabilité politique
03:33qui est en train de casser complètement
03:35ce qui fonctionnait encore d'un point de vue économique.
03:37On a une économie qui tient encore un petit peu,
03:40parce que ça reste l'économie française, je pense,
03:42avec un surmoi, peut-être, de résilience supérieure à d'autres pays,
03:46parce qu'on a aussi des moines soldats dans les entreprises
03:48qui sont absolument fantastiques,
03:50mais jusqu'à quand ?
03:52Moi, je suis absolument effaré de voir que, trois choses,
03:55on crante au-dessus de 5%, on trouve ça normal,
03:57on continue à traire les grandes entreprises en se disant
04:00« c'est pas grave », tout en pleurant les droits de données,
04:02et on n'a aucune vision d'avenir.
04:04Aucune.
04:04En parlant de Moine Soldat, il y a un Moine Soldat à Matignon
04:07qui a pris sa plume hier pour écrire aux entrepreneurs,
04:10c'est-à-dire presque pour faire passer la pilule,
04:12en disant « écoutez, le prix de la stabilité, de la certitude, voilà ».
04:16Il a plutôt fait l'inverse, si je peux dire,
04:17vu les réactions qu'on a depuis.
04:18Oui, après, il y a eu les réactions derrière.
04:20Patrick, sur cet objectif de 5%, là, vous y croyez encore, franchement ?
04:23Alors, sachant que Sébastien Lecornu lui-même dit
04:27qu'il s'en remet à la croissance en espérant que.
04:32Oui, mais il faut avoir une vision un peu prospective.
04:35On sait qu'il faudrait, compte tenu du niveau des taux d'intérêt,
04:38qui nous posent problème, puisque les taux d'intérêt en France,
04:41la mauvaise chose d'avoir très peu d'inflation,
04:43c'est que les taux d'intérêt sont très très supérieurs
04:46à la croissance nominale.
04:47Et donc, en réalité, il faudrait réduire le déficit public
04:50à peu près à 2% du PIB
04:52pour stabiliser le taux d'endettement public.
04:54Donc, ça veut dire qu'il faut réduire de trois points
04:57par rapport à la prévision budgétaire de 2026,
05:00de trois points supplémentaires le déficit public.
05:02Et donc, la technologie de 2026,
05:05le contenu du budget de 2026, c'est catastrophique,
05:08parce que c'est plus de dépenses sociales et plus d'impôts.
05:12Et donc, c'est juste qu'il faut faire ça à l'envers.
05:18Mais le problème est pire,
05:20parce qu'on ne pourra pas maintenir cette technologie
05:23pour stabiliser le taux d'endettement public.
05:26Et alors, quand on ne stabilise pas le taux d'endettement public,
05:28je ne crois pas qu'on a une menace de crise financière.
05:33Les investisseurs vont continuer à prêter à la France.
05:36Après tout, c'est des rendements assez élevés.
05:38Tant que la BCE est là, il y a une garantie implicite de bonne fin.
05:42Le problème, c'est qu'on continue à évincer
05:45de plus en plus l'investissement privé.
05:47Il faut voir que toute l'épargne qui est utilisée
05:50pour financer le déficit public,
05:51elle n'est pas utilisée pour financer les entreprises.
05:54Et la France n'a pas trop d'épargne.
05:56Et donc, on creuse notre tombe.
05:59C'est-à-dire que plus on fait de déficit public,
06:02à nouveau, la menace de crise, à mon avis, est très très faible.
06:06Si vous regardez les derniers chiffres des émissions du Trésor,
06:09ça se passe très bien.
06:10Mais la menace, c'est qu'on étouffe l'investissement des entreprises
06:15et que donc, on étouffe la croissance potentielle.
06:18Et donc, on aura de moins en moins de croissance
06:21si on continue à avoir un déficit public très élevé.
06:24Et donc, il faut complètement changer de technologie.
06:27Donc là, je pense qu'on est tous d'accord.
06:29Il faut réduire les dépenses sociales
06:34en allongeant l'âge de la retraite,
06:39en mettant du reste à charge sur les dépenses courantes de santé.
06:43Et puis, il faut basculer ces dépenses sociales
06:45sur des dépenses d'investissement d'avenir.
06:47Le grand besoin, ce n'est pas un besoin de réduction très rapide du déficit public.
06:55C'est un besoin de faire un usage intelligent de l'argent de l'État.
06:59Et aujourd'hui, on a un usage qui est complètement affreux de l'argent de l'État
07:03parce qu'à nouveau, on accroît les dépenses sociales
07:07en finançant par des impôts sur les entreprises les plus productives.
07:11– Christian, sur cette mécanique, Patrick, que vous décrivez,
07:15un peu du nœud coulant finalement, on va dire,
07:17Christian, dans les annonces ou dans les déclarations de Sébastien Lecornu,
07:23il a lourdement souligné, je cite,
07:25« Pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants
07:28seront inférieures à celles de l'année dernière. »
07:30– Oui, mais c'est les dépenses de l'État régalien.
07:37État régalien et stratège, comme le disait Patrick.
07:40C'est-à-dire celui qui doit investir sur les nouvelles technologies.
07:45Aujourd'hui, il y a une guerre globale sur les nouvelles technologies,
07:49que ce soit les biotech, ça a commencé il y a 20 ans,
07:52mais ça s'accentue, une guerre sur les biotech,
07:55sur le numérique, qui est absolument clé.
07:59Le numérique, ça peut être psychédélique pour la plupart des gens.
08:02Le numérique, c'est l'économie de l'informatique.
08:05L'économie de l'informatique, ça touche tous les secteurs.
08:08On parle de banque et d'assurance,
08:09mais la banque ou l'assurance sont des ordinateurs géants.
08:13Vous arrêtez les ordinateurs, il n'y a plus rien.
08:15Mais la logistique, ce sont des ordinateurs géants.
08:18Vous arrêtez, il n'y a plus rien.
08:19Mais l'électricité fonctionne avec des ordinateurs
08:21qui fonctionnent avec des microprocesseurs.
08:24Si vous arrêtez l'informatique, il n'y a plus d'électricité.
08:28Si vous arrêtez l'électricité, il n'y a plus d'informatique.
08:30Ce qui se passe en Ukraine, d'ailleurs,
08:32il faudrait peut-être regarder.
08:33Qu'est-ce que font les Russes ?
08:34Il cogne sur les centrales électriques pour mettre à genoux l'Ukraine.
08:39Les prochaines guerres commenceront par la destruction
08:41des systèmes électriques des différents pays.
08:44L'informatique.
08:44Donc, en cassant l'électricité, vous casser l'informatique,
08:49vous arrêtez tout.
08:51Il n'y a plus de logistique.
08:52Alors, on va, par exemple, moi, je suis pour l'écologie
08:55et pour une croissance verte, mais on va vers la voiture électrique
09:00et on veut pousser les camions électriques, ainsi de suite.
09:03Mais est-ce qu'on réfléchit une seconde à ce qu'on prépare ?
09:07Parce que si vous détruisez une vingtaine de centrales électriques en Europe,
09:11il n'y a rien de plus facile avec les missiles qui existent aujourd'hui.
09:15Le jour où tous les transports sont électriques,
09:18tous les systèmes sont électriques,
09:20on revient à l'âge de pierre en dix secondes,
09:23puisqu'on peut tirer sur les centrales très rapidement.
09:26Je me fais un peu de vocabulaire.
09:28Dans ce contexte, si on ne se dote pas d'une capacité
09:32de missiles anti-missiles extrêmement puissante,
09:34si on n'investit pas sur un numérique indépendant,
09:38si on ne fait pas un effort considérable, on va nulle part.
09:41Ce que vient de dire Patrick, c'est que la façon dont on traite
09:45la question budgétaire, elle est anti-stratégique.
09:49Elle est à l'inverse de tout ce qu'on est en train de dire.
09:51Alors, il y a un moment donné, il faut quand même se dire,
09:54il faut regarder, il faut que les Français se regardent dans une glace.
09:58C'est eux qui élisent la classe politique
09:59qui est en train de tuer la France.
10:02Donc, à un moment donné, est-ce qu'on va arrêter
10:05d'élire des gens qui sont nuls ?
10:07Donc, la question, c'est d'abord, la classe politique doit faire des propositions
10:11sur les sujets qu'on évoque ce matin.
10:14Quelle est la politique stratégique que propose le Parti Socialiste ?
10:17Quelle est la politique stratégique que propose LR,
10:19le parti de Macron ?
10:21Je ne sais même plus son nom, mais...
10:22Donc, quelle est la politique stratégique que proposent ces gens-là ?
10:26Et ensuite, les Français, ils doivent réfléchir à un moment donné.
10:28Donc, là, on est dans un moment astratégique,
10:34c'est-à-dire, il n'y a pas de vision stratégique sur l'avenir,
10:37c'est juste tenir quelques jours de plus, quelques mois de plus.
10:40Pourquoi ?
10:41Pour permettre aux soldats Macron de finir son mandat.
10:44Donc, on est dans la négation du politique et du stratégique.
10:47Quand est-ce qu'on se réveille ?
10:49Et je pense qu'il y a des élections au mois de mars,
10:51il faut peut-être que les Français se mobilisent,
10:53qu'ils commencent à réfléchir.
10:54Et les élections au niveau local, ce n'est pas seulement les maires et les égouts.
11:01Le niveau communal, c'est 10% du PIB,
11:04ce qu'on appelle le budget du bloc communal, c'est 10 points de PIB.
11:08Mais si on veut réindustrialiser, il faut des terrains.
11:11Donc, c'est les communes qui accueilleront ou non les industries.
11:16Donc, c'est une réflexion globale qu'il faut mener.
11:19Moi, je suis pour une planification stratégique.
11:21On ne parle pas de planification étatique comme au moment des Trente Glorieuses
11:25qui nous avaient néanmoins permis de faire 4,5 de croissance.
11:28Mais on a besoin d'une planification stratégique
11:30où on met autour de la table les entreprises, les communes,
11:34avec un État à stratège qui réfléchit à l'avenir
11:37et qui se dit de quoi j'ai besoin pour y aller.
11:39Et effectivement, on ne s'en sortira pas.
11:42De toute façon, on aura un âge de départ à la retraite de 67 ans
11:46avec les autres autour de nous de 70.
11:49La question, c'est est-ce qu'on est capable d'aller à 64-65
11:53collectivement intelligemment ?
11:54Ou est-ce qu'on va attendre que ce soit le FMI qui nous dise
11:57c'est au lieu de 65 que vous auriez pu avoir tranquillement discutant entre vous ?
12:04Nous, c'est 67 demain.
12:06Alors, il faut que les Français se réveillent.
12:08Le réveil, quoi.
12:09Christian, qu'on s'en énervait.
12:10Je le sais.
12:11Patrick aussi l'a dit, Arboine aussi.
12:15Il y a un moment donné, on ne l'a pas évoqué aujourd'hui,
12:18mais 10% de nos meilleurs esprits qu'on forme dans ce qui est encore bon
12:23dans le système éducatif se barrent chaque année.
12:25On va en parler rapidement.
12:26Donc, la question, c'est, et pourquoi il se barre ?
12:29Pour les raisons qu'on est en train d'évoquer,
12:31parce qu'il voit bien qu'on n'investit pas sur le stratégique et l'avenir.
12:34Alors, dans le jeu politique, parce que malheureusement,
12:37il y a ce jeu politique sur lequel vous constatez, Christian,
12:39qu'on arrive sur un budget.
12:42Mais c'est un jeu politique, il faut toujours le rappeler,
12:43parce que c'est les Français qui ont élu le merdier dans lequel on est.
12:47Il faut que les Français regardent la merde qu'ils ont créée eux-mêmes.
12:50dans ce budget qu'on savait mauvais par avance, honnêtement.
12:53C'est-à-dire que c'est...
12:54Ça aurait pu être moins pire.
12:55Ça aurait pu être moins pire, mais ça se confirme, on va dire,
12:57pour la dernière ligne droite.
12:59Reste qu'on est encore quand même dans une logique un peu de nasse politique,
13:03parce qu'il y a différents outils qui se proposent,
13:05j'allais dire, pour Sébastien Lecornu, 49-3 ou ordonnance.
13:09Vous, vous voyez quoi aujourd'hui, là, sur cette semaine,
13:11qu'on sent décisive, pas pour le meilleur peut-être,
13:14mais en tout cas décisive, pour arriver à parler d'autre chose que le budget dans ce pays,
13:17puisqu'on a bien compris que le budget n'était plus une fin en soi.
13:20Vous voyez quoi comme perspective, Erwan ?
13:22Je vais rester poli, mais ce n'est pas mon sujet.
13:27Je vais vous dire, moi, je rejoins ce que j'ai la question.
13:29Et je pense que, d'ailleurs, c'est un des gros problèmes de notre économie,
13:33de notre débat public, par exemple.
13:35C'est qu'en fait, ce qu'on vient de se dire collectivement,
13:37tous les quatre, ce matin, on en revient toujours à la question,
13:39c'est, oui, mais 49-3 ou ordonnance, vous vous rendez compte, il est méchant.
13:42Enfin, on en revient toujours, en fait, à simplifier...
13:44Sachant que c'est un impact, quand même, sur le budget qu'on pourrait avoir.
13:47Je veux dire, mais le budget est marginal,
13:49parce que, de toute façon, la philosophie qui sous-tend ce budget est mauvaise de base.
13:53Donc, ce sera peut-être moins mauvais ou un peu plus mauvais,
13:55mais on sera de toute façon sur quelque chose de mauvais.
13:57La question aussi, c'est, il y a la responsabilité collective,
14:00effectivement, de nos concitoyens,
14:01qui, effectivement, ont élu des gens qui ne sont pas au niveau.
14:05Aujourd'hui, on est classe politique qui n'est absolument pas au niveau.
14:07Alors, ce n'est pas forcément de leur faute.
14:09Peut-être qu'ils n'ont pas non plus tous les moyens
14:10d'avoir des cabinets pour travailler, etc.
14:13Mais on a aussi collectivement un débat public qui, aujourd'hui, est vicié
14:16parce qu'il est exclusivement politique
14:18et plus du tout économique, plus du tout technologique.
14:20Aujourd'hui, dans tous types de médias,
14:22dans quels médias, aujourd'hui, est-ce que, à part dans les experts,
14:25est-ce que, je le dis de manière totalement honnête,
14:28et tout à l'heure, ça fait des années que je le pense,
14:29dans quels médias, aujourd'hui, est-ce qu'on a ce genre de débat-là ?
14:32On va plutôt se poser la question sur la petite phrase de machin,
14:34M. Lecornu, qui a reçu dans un coin de couloir, Olivier Faure.
14:36Puis, vous avez vu, il a gagné deux petits points, ce matin,
14:38dans le dernier sondage, donc ça, c'est super,
14:40il va peut-être y aller, il va peut-être démissionner,
14:42faire démissionner Macron, enfin, on s'en fout de ça.
14:44On s'en fout. Qu'est-ce que ça fait, ce genre de discussion de comptoir-là,
14:47dans un pays, justement, qui fait 5% de déficit,
14:49qui a une croissance en dessous du pourcent,
14:50qui a un pouvoir d'achat qui est atone depuis plus de 20 ans,
14:52enfin, la croissance du pouvoir d'achat est atone depuis près de 20 ans,
14:55quand on regarde en termes réels,
14:57et avec une industrie qui, du coup, fait qu'on n'est plus en capacité
15:00de répondre, aujourd'hui, à des affrontements
15:02magistrales entre deux blocs
15:04qui, du coup, ont décidé de jouer au Monopoly au niveau mondial,
15:06et nous, on est en train de se poser la question
15:08de comment est-ce qu'on fait pour lequel ce sera mieux
15:09de se faire manger, de quel côté, plutôt de côté d'Est
15:12ou de côté Ouest ? Donc, je veux dire, on n'est pas du tout au niveau,
15:14on n'est pas du tout au niveau.
15:15– On va faire la sieste, presque.
15:16– Non, mais du coup, la question, effectivement,
15:17de savoir si ce n'est pas ordon de la 149-3,
15:19je vais être trivial, mais je m'en fous.
15:21Je m'en fous, parce que le problème, c'est qu'on va livrer, en fait,
15:23à la France un budget qui est complètement catastrophique,
15:25avec, derrière, tout le monde dira, c'est une victoire
15:28parce que j'ai obtenu ma surtaxe dièse,
15:29j'ai obtenu ma petite augmentation des pensions,
15:31j'ai obtenu le maintien, la sacro-sainte stabilité politique,
15:35et de toute façon, tout le monde dira, on règlera ça en 2027.
15:37Moi, je vous fais, même en Paris, je ne suis pas politologue,
15:39mais quand on regarde les sondages, la plupart du temps,
15:41on aura un président de la République ou une présidente en 2027,
15:43il y aura des grandes chances qu'on n'ait pas de majorité absolue.
15:45Les assemblées nationales, peut-être à 350 députés,
15:47comme on l'a eu dans le temps du PS et du RPR, c'est terminé.
15:50Non, de toute façon, le nouveau budget 2027, 2028, 2029,
15:54ce seront toujours des mêmes budgets.
15:55Donc, soit on décide d'avoir peut-être des politiques,
15:58il y en a quelques-uns quand même, encore, aux deux assemblées,
16:01qui se disent, effectivement, moi, je crois en mon pays,
16:03et mon siège, mon prochain, je m'en fous,
16:05mais je mets sur la table le diagnostic,
16:06je mets sur la table des solutions, et j'y vais.
16:09Soit on décide de continuer à se dire,
16:10c'est bien, on a un budget, mi-janvier, on a un budget,
16:13on commence en septembre, mais on est dans cette construction
16:15jusqu'en 2025, 2028, 2030, 2032,
16:18et après, on peut continuer comme ça.
16:20Là, ce n'est même plus le nœud coulant, en fait, c'est la noyade,
16:22mais la noyade par asphyxie.
16:24Le manque d'expertise, le manque de courage politique,
16:26on le dit souvent sur ce plateau-là,
16:28pour faire un phénomène miroir par rapport à notre première partie d'émission
16:32où on parlait de Donald Trump, Groenland, droit de douane,
16:35et on a le sentiment de dire,
16:37et pendant ce temps-là, à France, on se regarde le nombril
16:39pour savoir si on va finir par regarder un budget.
16:42Je le disais en ouverture d'émission,
16:44la France est-elle encore à la hauteur, Patrick,
16:47du monde qu'on est en train de voir apparaître ?
16:50On n'est pas là pour le juger, ce monde,
16:52est-ce qu'il est bien ou pas bien ?
16:53Il va falloir faire avec, il va falloir composer.
16:55Est-ce qu'aujourd'hui, notre débat politique, économique,
16:59est à la hauteur des enjeux ?
17:00Je crois qu'on a tous dit que le débat politique
17:03n'était pas du tout calé avec les enjeux.
17:07Les enjeux, c'est un,
17:08de redresser les bouts de l'industrie
17:12qui sont absolument nécessaires à avoir.
17:15– C'est faisable, Patrick ?
17:16– Oui, oui, oui, oui, c'est faisable.
17:18– Mais encore faisable, peut-être pas dans 5 ans.
17:20– On pourrait avoir une industrie de la batterie électrique,
17:22une industrie des semi-conducteurs,
17:24une industrie des ordinateurs quantiques, etc.
17:29et on pourrait mettre de l'argent public pour développer.
17:31– Mais pas trop tard.
17:32– Et puis, deuxièmement, il faut aller vers l'indépendance numérique.
17:39Et donc, on connaît la bonne stratégie.
17:43Mais à nouveau, comme je l'ai déjà dit,
17:45cette stratégie, elle n'est pas pensable au niveau de la France.
17:48Elle n'est pensable qu'au niveau de l'Europe.
17:50Et donc, malheureusement, à chaque jour,
17:53on voit un exemple de l'incapacité de l'Europe
17:56à utiliser sa taille.
17:59Je veux dire, alors on dit, il y a 450 millions de consommateurs.
18:01Oui, mais il y a des consommateurs.
18:03Mais il n'y a pas du tout d'unicité des politiques industrielles,
18:06même des politiques éducatives,
18:08des politiques financières, etc.
18:10Et on voit sur le scaf, sur le chasseur du futur,
18:16qu'on n'arrivera pas à se mettre d'accord.
18:18On voit sur l'énergie qu'on n'arrivera pas à se mettre d'accord.
18:21Et donc, le pessimisme, c'est l'incapacité de l'Europe
18:28à peser son poids véritable.
18:31Et alors, bizarrement, les États-Unis et les Chinois
18:36ont une stratégie de gagner des parts de marché en Europe,
18:43de vendre des biens, de vendre des services,
18:45de gagner des parts de marché.
18:47Mais c'est une stratégie qui tuera l'Europe.
18:49Parce que si l'Europe continue à perdre son industrie,
18:53à ne pas développer les industries du futur,
18:56l'Europe va continuer à s'appauvrir.
18:58Et donc, l'Europe, ça deviendra progressivement un marché,
19:03même de moins en moins intéressant pour les autres.
19:06Une sorte de déversoir commercial, on va dire.
19:08Oui, mais si l'Europe ne réagit pas,
19:11à force d'accepter les importations en provenance de Chine
19:15ou en provenance des États-Unis,
19:17sans réagir industriellement,
19:18vous vous appauvrissez,
19:20et puis vous devenez un marché secondaire, en réalité.
19:22– Alors, Patrick, vous faites une transition
19:24dans ce que vous citiez, il y avait l'éducation,
19:26et je voulais qu'on s'arrête pour en terminer cette émission.
19:29Aujourd'hui, ouvre donc la plateforme Parcoursup,
19:31ce qui est une étape importante pour certains parents d'élèves.
19:33C'est un peu de sueur, un peu de transpiration.
19:35Je regarde Erwan,
19:37donc la plateforme sur laquelle, on va dire,
19:38les lycéens et certains étudiants font,
19:41annoncent, prononcent leur voeux d'orientation post-bac.
19:44On vient de décrire quand même un monde
19:45où les enjeux sont importants,
19:47et le sujet est vraiment important,
19:49et en France, le décrochage éducatif,
19:51dont vous parliez Erwan...
19:52– Qui est catastrophique.
19:53– Qui est catastrophique.
19:54Et on voit aussi qu'on est dans un monde de ruptures,
19:56sur lesquelles les ruptures peuvent être technologiques,
19:58géopolitiques, et ainsi de suite, et ainsi de suite.
20:00Et on a quand même le sentiment
20:02que notre tissu éducatif est assez lourd
20:05et a du mal un peu à suivre là où l'économie va.
20:08Est-ce qu'aujourd'hui, les formations,
20:10je regarde Erwan dans les yeux,
20:11qui sont proposées sur Parcoursup,
20:13préparent bien à des jobs de demain,
20:15c'est-à-dire aux besoins de l'économie,
20:17sur tous les enjeux dont on vient de parler ?
20:19Vous êtes en alerte là-dessus, Erwan ?
20:19– Alors, il y a deux choses.
20:22Il y a la logique, effectivement,
20:23de se dire à Petite Musique,
20:24de se dire qu'il faut qu'on forme des mecs
20:25dans la cybersécurité,
20:26dès le lycée, etc.
20:28– Ou dans l'industrie.
20:29– Ou dans l'industrie.
20:30Moi, je ne suis pas du tout en accord avec ça.
20:33En 2017, je me rappelle,
20:34il y avait la Petite Musique, tous codeurs.
20:37Aujourd'hui, les codeurs n'en ont plus besoin.
20:39Donc, on aurait envoyé 150 000 gamins à l'abattoir,
20:41en leur faisant faire bouffer du code.
20:43Derrière, si jamais,
20:45ils auraient été tous mis au chômage par Tchat GPT.
20:47À l'époque de la révolution de la mécanisation,
20:50c'est comme si on avait dit « tous garagistes ».
20:51Non.
20:51Par contre, ce qui est bien,
20:52c'est d'avoir des notions de mécanique
20:54pour, justement, comprendre la révolution en question.
20:56Moi, je pense plutôt qu'au contraire,
20:57ce qu'il faut, c'est un renforcement sur les fondamentaux.
20:59Math, français, histoire, philosophie.
21:02Philosophie, on l'oublie.
21:03– Les briques de base, quoi.
21:04– Les briques de base,
21:05parce que c'est là-dessus que vous allez pouvoir construire.
21:07Quand vous discutez, justement,
21:08ce que Christian nous disait,
21:09nos 10%, les esprits les plus brillants
21:11qui s'exportent chaque année,
21:12quand vous regardez la plupart des gens
21:14qui constituent les plus brillants de ce pays,
21:16nos médailles fies, nos prix Nobel, etc.,
21:18sont des gens qui disent
21:19« j'ai toujours eu le goût de la lecture et le goût du chiffre ».
21:21Et en fait, c'est des gens qui sont devenus des top,
21:24top 1%, top mondial dans leur domaine,
21:26parce que, justement, ils avaient ces fondamentaux-là.
21:28Or, aujourd'hui, les fondamentaux sont plus présents en France.
21:30Quand on regarde PISA,
21:31il n'y a qu'à regarder PISA, moi je…
21:32– PISA, juste pour préciser,
21:34c'est un peu l'étude référente mondiale,
21:35le classement…
21:36– De l'OCDE,
21:37qui fait le classement, justement,
21:39des différents pays en numératie, en littératie, etc.
21:41Moi, je pleure chaque année, à chaque fois que je le vois,
21:42parce que je…
21:43Enfin, c'est tous les trois ans le classement qui tombe,
21:45mais à voir à quel point la France
21:46est en décrochage absolument total.
21:48– En mémoire, Patrick, ça part cœur,
21:51on doit être 25 ou 27ème sur 40,
21:53c'est à peu près ça.
21:54– Le pire, c'est TIMSS,
21:56c'est l'enquête qui…
21:59La dernière est sortie en 2023,
22:01sur le niveau en sciences et en maths,
22:04qui est faite au CM2 et en quatrième.
22:06Il y a 4% des enfants français
22:10qui ont un niveau avancé en maths.
22:14C'est 10% pour la moyenne de l'OCDE
22:16et c'est 40% à Singapour ou en Corée.
22:19– On était à 20% il y a 15 ans, non ?
22:21– Oui, et il y a un effondrement absolu
22:23du niveau scientifique des Français.
22:26Et alors, il ne faut pas de codeurs,
22:29mais il faut savoir des maths,
22:31pour survivre dans le monde du futur.
22:33– Oui, bien sûr, c'est les fondamentaux.
22:34– Et les jeunes Français ne savent plus faire de maths,
22:36parce qu'il y a une ultra minorité de Français
22:38qui est à l'aise, de jeunes Français
22:40qui est à l'aise avec les maths.
22:41– Je reviens, Erwan,
22:42le décrochage qui est palpable depuis plusieurs années.
22:45– Juste sur ce point,
22:45il y a 40% des Français
22:47qui ont un problème avec les règles de Troyes.
22:49– Oui, non, non, on va dire,
22:50ce socle…
22:51– Il y a 1977, puis j'ai tout de suite, mais…
22:53– Non, mais le constat d'Erwan est intéressant,
22:56c'est-à-dire que là où il y a des appels
22:57à la spécialisation,
22:59parfois un peu à la transversalité,
23:00qui est plutôt d'un autre enjeu,
23:01et tout ça, c'est qu'Erwan dit,
23:02aujourd'hui, en fait,
23:03il faut revenir aux briques, à la base.
23:06Quand on regarde aussi un peu
23:07les chiffres de l'OCDE,
23:08là, côté emploi,
23:09il y a quelque chose qui me marque,
23:11c'est quand on s'aperçoit que
23:1219% des travailleurs en France
23:14sont surqualifiés par le gros job qu'ils ont,
23:17et peut-être pire encore,
23:18ou qui raconte un peu le monde
23:19dans lequel on est,
23:20c'est que 38% des travailleurs aujourd'hui
23:22exercent dans un métier
23:24pour lequel ils n'ont pas été formés.
23:25C'est-à-dire quand même que,
23:27quelle que soit la qualité
23:28ou la faiblesse de l'offre,
23:29il y a quand même un désaccord
23:31dans la tuyauterie
23:32entre ce qu'on forme
23:33et ce qui a besoin réel.
23:34Mais ça, c'est le péché des années 80,
23:37où on a décidé de mettre en avant
23:39des objectifs quantitatifs,
23:40notamment d'une classe d'âge
23:41qui obtient le baccalauréat,
23:43et qui, après, obtient une licence,
23:44etc.
23:44On a eu comme François Hollande,
23:45qui s'est fait lire en disant
23:4650% d'une classe d'âge
23:47aura une licence,
23:48ce qui n'a aucun intérêt.
23:50Ce n'est pas du tout stratégique,
23:52ça n'a aucun intérêt.
23:53De l'autre côté,
23:54quand on regarde les chiffres,
23:55par exemple, depuis 1980,
23:56les effectifs dans le supérieur
23:57ont bondi de 108%,
23:58les effectifs dans les filières
23:59professionnelles ont baissé de 18%.
24:01Là, on recoupe avec
24:02la désintus réalisation,
24:03dès qu'on redécoupe avec tout ça.
24:05Donc, le problème,
24:05effectivement,
24:06c'est qu'on a eu un culte du diplôme
24:07qui a fait qu'il fallait
24:08absolument aller à l'université.
24:10On a baissé,
24:11donc, du coup,
24:11le niveau de l'université,
24:12en tout cas,
24:13le niveau à la fois d'exigence
24:14pour pouvoir y rentrer,
24:15pour pouvoir, du coup,
24:16délivrer un maximum de diplômes.
24:18Et aujourd'hui,
24:18on se retrouve effectivement
24:19le marché du travail
24:20sous l'effet d'une croissance
24:21qui était extrêmement faible,
24:23n'a pas pu créer des emplois
24:24à très forte valeur ajoutée,
24:25donc, du coup,
24:25absorber des gens
24:26qui étaient très qualifiés
24:27sur des emplois
24:28moyennement qualifiés.
24:28Les gens qui étaient
24:29moyennement qualifiés
24:29sont partis sur des emplois
24:30peu qualifiés.
24:31Les gens qui étaient
24:31peu qualifiés
24:32se retrouvaient au chômage.
24:32Tout un décalage dans la pyramide.
24:33Et quand vous regardez
24:34aujourd'hui le taux de chômage
24:35des non qualifiés,
24:36on est à 18%.
24:36Le taux de chômage
24:37des très qualifiés,
24:38on est à 3%.
24:38Pas parce qu'on a des emplois
24:40qui sont extrêmement qualifiés,
24:41mais parce que notre structure économique,
24:43sous l'effet d'un manque de croissance,
24:44n'a pas su justement s'adapter.
24:46Et donc, du coup,
24:46aujourd'hui,
24:47on a mis tous les mecs
24:47qui n'ont pas eu de qualification
24:49au chômage.
24:50Et quand on voit
24:51qu'on a 150 000 gamins
24:52qui sortent chaque année du système
24:53sans aucun diplôme,
24:54on continue à alimenter la pompe.
24:56Christian,
24:56vous commentiez tout à l'heure
24:58sur la fuite des cerveaux,
24:59on va l'appeler comme ça,
25:00le fait qu'aujourd'hui,
25:01une partie,
25:02pas tous,
25:03mais une partie...
25:0410% des jeunes les plus qualifiés
25:05partent à l'étranger
25:07pour chercher des opportunités.
25:08Pour vous,
25:09c'est un symbole qui raconte quoi ?
25:10C'est-à-dire,
25:10c'est quoi ?
25:10C'est que...
25:11Non, mais on ne croit plus en la France,
25:13le reste du monde
25:14est plus sexy
25:15que la France et l'Europe.
25:17Ça raconte ça ?
25:18Alors,
25:19franchement,
25:20aujourd'hui,
25:21moi,
25:22j'aime mon pays.
25:24J'adore la France.
25:25Je pense que c'est un pays
25:26qui a des capacités hors normes.
25:29Erwan évoquait tout à l'heure
25:31les moines soldats
25:31dans les entreprises
25:32qui en dépit
25:33des gifles perpétuels
25:35droits sociaux,
25:37impôts,
25:39réglementation,
25:40continu de produire.
25:41Donc,
25:41c'est un pays assez remarquable.
25:43Je rappelle à ce titre,
25:44ça peut sembler
25:45complètement éloigné,
25:47c'est souvent
25:48des erreurs stratégiques
25:49qui mettent
25:49la France à genoux.
25:51Mais les Français eux-mêmes
25:52sont exceptionnels.
25:54On fait une erreur stratégique
25:55face à l'Allemagne
25:56en 1940,
25:57puisque c'était d'ailleurs
25:59De Gaulle qui avait dit
25:59qu'il faut des colonnes
26:00de blindés
26:01et la France choisit
26:03de mettre ses blindés
26:04en appui
26:05des divisions d'infanterie.
26:06Le problème,
26:07c'est que quand la guerre débute,
26:09les fantassins
26:10se trouvent face à des chars.
26:12Donc,
26:12c'est une erreur
26:12de stratégie.
26:13C'est la même erreur
26:14qu'on fait
26:15sur le budget aujourd'hui.
26:16Mais,
26:17ce qu'on ne dit pas,
26:19c'est qu'on perd
26:2070 000 hommes
26:21en 18 jours
26:23parce que les Français
26:23sont allés sur les chars.
26:25Donc,
26:25on a des Français exceptionnels.
26:27Le problème,
26:27c'est les chefs.
26:28on voit la nullité
26:30des chefs
26:30de l'Assemblée nationale.
26:32On voit aussi
26:33que les décisions
26:35qui sont prises
26:36sur l'orientation générale
26:39du pays,
26:39ces décisions
26:41ne sont pas bonnes.
26:42Mais la France
26:43en tant que telle,
26:43c'est un pays sublime.
26:44C'est un pays qui...
26:46Donc,
26:46ce n'est pas parce que
26:47la France
26:47serait un pays
26:49voué au gémonie,
26:52c'est voué
26:53à la décadence
26:55que les gens partent.
26:56Ils partent
26:57du fait
26:57qu'on n'a pas
26:58de croissance
26:59depuis 20 ans.
27:00C'est le fruit
27:00des 20 années
27:01à 1% de croissance.
27:03Donc,
27:03la question,
27:04c'est comment
27:05on peut réindustrialiser
27:06dans le numérique,
27:07comment on réinvestit
27:09dans l'espace.
27:11Aujourd'hui,
27:11on a quand même
27:12des choix majeurs,
27:14y compris
27:15au niveau européen.
27:17Iris,
27:18on a un projet
27:19que les Allemands
27:20essayent de tuer
27:21parce que ce n'est pas
27:22leur satellite à eux.
27:23Enfin,
27:24c'est de la folie totale.
27:26Donc,
27:26la question,
27:27c'est est-ce que
27:28dans les ajustements
27:29et dans les arbitrages,
27:31le budget,
27:32le PIB de la France,
27:33il est au-dessus
27:34de 3 000 milliards.
27:35La dépense publique,
27:36c'est 57%
27:38de ces 3 000 milliards.
27:40Donc,
27:41on est
27:41à
27:421 700 milliards.
27:44Bon,
27:44sur ces
27:451 700 milliards,
27:47la question,
27:47c'est est-ce qu'on est capable,
27:49il ne s'agit même pas,
27:50il s'agit
27:52à la fois
27:53de faire un ajustement
27:54sur une moindre hausse
27:56de ce budget
27:56de dépense publique
27:58au cours des années
27:58qui viennent,
27:59mais à l'intérieur
28:00de ce budget,
28:01est-ce qu'on est capable
28:02de déplacer
28:02une cinquantaine
28:03de milliards
28:04de la dépense sociale
28:05vers les dépenses
28:06d'avenir ?
28:07La réponse
28:07que la France
28:08collectivement donne
28:09par sa classe politique,
28:10c'est non,
28:11on ne peut pas faire
28:12cet ajustement.
28:13Donc,
28:13les jeunes ultra qualifiés
28:14partent.
28:15Mais si demain,
28:16on montre notre capacité
28:17à faire ces ajustements,
28:18je pense que non seulement
28:20ils pourraient revenir,
28:21mais qu'on attirera
28:22des jeunes qui sont formés
28:24dans le monde entier
28:25et qui sont heureux
28:25de venir travailler
28:27dans un pays merveilleux.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations