- il y a 7 semaines
Ce mercredi 24 décembre, les événements qui ont marqué les marchés en 2025, les thèmes qui suscitent l'inquiétude, et les objectifs en Bourse à atteindre pour 2026 ont été abordés par Laurent Vronski, DG d'Ervor, secrétaire général de CroissancePlus, Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, et Nathalie Janson, économiste et professeure à Neoma Business School, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et je le disais donc, pour cette dernière émission de la saison, j'ai le plaisir d'accueillir Laurent Wonski.
00:05Bonjour Laurent. Bonjour à tous.
00:07Secrétaire général d'Airvor, secrétaire général de Croissance Plus.
00:10Et face à vous, Thomas Grébine. Bonjour Thomas. Bonjour.
00:12Responsable du programme macroéconomie et finances internationales au CEPI.
00:17Et nous attendons d'une minute à l'autre Nathalie Jansson qui fait son entrée en direct.
00:23À l'américaine.
00:24Sur le plateau. Bonjour Nathalie, professeure d'économie à Neoma Business School.
00:31Bienvenue pour cette dernière émission de l'année.
00:35Merci à tous les trois d'être là un 24 décembre.
00:38Un bon prémice avant de préparer les fêtes.
00:42Et pour commencer, en introduction, en plat, en entrée, j'ai envie de commencer par vous.
00:49Cher Laurent, la lettre au Père Noël, la traditionnelle lettre au Père Noël de Laurent Wonski.
00:54Merci. En tout cas, au niveau du timing, je veux dire que j'espère que le Père Noël est attentif.
00:58Parce que bon, ce soir, il bosse.
01:00Ah bah oui.
01:00Donc pas de RTT.
01:01On est en train de...
01:02Grande productivité.
01:03Et puis en plus, il va peut-être faire des heures sur, je ne sais pas.
01:06Cher Père Noël, je t'écris cette année avec beaucoup d'inquiétude, car tu es désormais soumis aux lois implacables de la concurrence
01:17et tu n'es clairement plus en position dominante.
01:20Il faut bien le reconnaître, ton monopole historique a volé en éclats.
01:24Jadis, seul acteur incontesté du marché du cadeau, te voilà aujourd'hui concurrencé de toute part par une armée de Père Noël
01:31installée durablement à l'Assemblée nationale.
01:34Convaincus que leur hôte se remplit toute seule, proférant de grands discours et bardés de bonnes intentions,
01:41ils ont repris ta manie de distribuer des cadeaux et se sont purement et simplement substitués à toi.
01:47Pour financer cette distribution frénétique, ils ont trouvé une idée de génie.
01:51Se livrer entre eux à une compétition acharnée, une sorte de concours l'épine de la taxe la plus punitive.
01:57Chaque semaine apporte son innovation fiscale, sa contribution exceptionnelle, sa surtaxe temporaire devenue définitive.
02:04Chacun voulant prouver qu'il est plus Père Noël que son voisin.
02:08Peu importe que cet axe affaiblisse la fabrique de cadeaux, décourage les lutins ou fasse fuir les reines,
02:13l'essentiel est d'annoncer un nouveau cadeau immédiatement, sans jamais se poser la question de savoir
02:19comment améliorer l'efficacité, la productivité et l'organisation de la fabrique de cadeaux.
02:24Le problème, c'est que ces Pères Noël de substitution distribuent des cadeaux sans compter et sans discernement.
02:32Résultat, l'équilibre déjà fragile de la fabrique de cadeaux est sérieusement menacé.
02:37Pendant que les cadeaux pleuvent, la caisse, elle, se vide.
02:40A tel point qu'on murmure dans les couloirs glacés du Pôle Nord que la fabrique serait désormais endettée à hauteur de 3 500 milliards d'euros.
02:49Même les lutins ont arrêté de compter après le troisième zéro.
02:54Et rassure-toi, tout va bien.
02:56On continue à expliquer que cette dette n'est pas un problème, qu'elle sera payée par les lutins de demain,
03:01même si personne ne sait encore s'il en restera suffisamment.
03:04Car les lutins, justement, se font de plus en plus rares.
03:09Lassés de produire pendant que d'autres distribuent, étouffés sous des normes toujours plus créatives,
03:14certains ont quitté la fabrique, d'autres se sont mis en arrêt longue durée pour burn-out hivernal,
03:19et quelques-uns envisagent sérieusement l'exil vers des contrées plus accueillantes.
03:23Quant aux rênes, ils commencent à manquer à l'appel.
03:25Trop sollicités, pas assez nourris, sensibles au prix du fourrage et aux nouvelles normes environnementales,
03:31ils sont de plus en plus tentés par une reconversion dans la mobilité douce ou le conseil en transition écologique.
03:38Dans ces conditions, Père Noël, comment continuer à assurer ta tournée ?
03:42À force de célébrer Noël chaque jour et de promettre toujours plus sans jamais produire mieux,
03:46tu risques fort de te retrouver sans cadeau à distribuer.
03:49Et sans cadeau, pas de traîneau.
03:50Sans traîneau, pas de passage.
03:52Et sans passage, notre pays pourrait bien se réveiller un matin de décembre sans aucun cadeau dans la cheminée.
03:58Ce serait évidemment dramatique, car Noël sans toi, ce serait un peu comme une loi sans décret d'application,
04:03un budget sans financement ou une promesse politique sans lendemain.
04:07Tout le monde en parle, mais plus personne n'y croit vraiment.
04:09Alors, cher Père Noël, si cette année tu pouvais rappeler à tous ces Pères Noël de substitution
04:15que la prospérité ne n'est pas de la taxe mais du travail,
04:19que la hôte ne se remplit pas à coups d'annonces,
04:22qu'une fabrique ne survit pas longtemps quand elle distribue des cadeaux au-delà de ses moyens,
04:26si tu pouvais remettre un peu d'ordre dans ce marché anarchique du cadeau,
04:30redonner envie aux lutins de revenir à la fabrique,
04:32remotiver les reines et pourquoi pas imaginer un plan crédible de désendettement de la fabrique.
04:38Ce serait les plus beaux des cadeaux.
04:41En échange, je continuerai à croire en toi, le vrai, le seul, l'unique Père Noël,
04:47celui qui ne distribue pas au-dessus de ses moyens, qui compte ses reines, respecte ses lutins
04:52et sait que Noël n'a de valeur que parce que c'est un jour unique.
04:56Et par les temps qui courent, préserver un monopole de confiance,
04:59c'est peut-être ce qu'il te reste de plus précieux.
05:01Voilà, bravo Laurent Venti, c'était la lettre au Père Noël
05:05et indirectement adressé à tous les Pères Noël de l'Assemblée nationale.
05:09Absolument.
05:10Peut-être qu'on peut leur proposer, je ne sais pas, un précis d'économie
05:13à nos parlementaires pour montrer qu'il faut d'abord créer la richesse,
05:19peut-être avant de la redistribuer.
05:22C'est la grande leçon de la lettre cette année.
05:26Une réaction à Thomas Grébine.
05:27Ce qui me semble intéressant dans cette métaphore du Père Noël,
05:31c'est que c'est vrai que le Père Noël, quand on le voit,
05:33c'est toujours du côté de la distribution,
05:36c'est-à-dire du point de vue du consommateur.
05:39Et je pense que c'est aujourd'hui le problème fondamental de l'économie française,
05:43c'est que depuis les années 70, en gros,
05:46où on accumule des déficits budgétaires,
05:51en fait, on a perdu de vue le point de vue du producteur.
05:54C'est vrai que quand on parle du Père Noël,
05:56on s'imagine toujours le Père Noël qui va distribuer des cadeaux,
06:00des biens de consommation,
06:01mais on ne s'imagine jamais comment il fait.
06:03Il faut les produire, il y a les lutins derrière.
06:06C'est vrai que le Père Noël, d'une certaine mesure, est très français.
06:10Nathalie, vous sont les petits lutins, Nathalie.
06:13Oui, je pense qu'il est urgent de faire...
06:17Justement, comme on adore la réglementation,
06:19il faut absolument condamner tous ces faux Pères Noël.
06:21On va leur faire un petit procès,
06:23puisqu'on n'a pas le droit de répliquer cette marque unique
06:26qu'est le Père Noël.
06:28Donc, je pense que là, il y a la matière.
06:30En termes de droits,
06:31tout s'est poursuivre pour publicité mensongère.
06:36Bon, rendez-vous l'année prochaine
06:37pour voir si le Père Noël a bien entendu,
06:40si la lettre est bien arrivée.
06:41Peut-être qu'il ne sera plus là pour le lire.
06:43Et voir s'il y a moins de Père Noël.
06:45Et voir s'il y a moins de Père Noël.
06:45Si on revient au monopole.
06:47Fin 2026, il y en aura encore.
06:50Il y en aura encore et les mêmes, probablement.
06:53Bon, merci beaucoup, Laurent, pour cette lettre.
06:56N'hésitez pas à réagir sur le compte
06:58LeGenra, L-E-G-E-N-R-A.
07:00Sur Twitter, à la lettre de Laurent Wonski,
07:03et sur le compte de Laurent aussi, éventuellement.
07:05Vous pouvez rappeler votre compte Twitter, Laurent ?
07:07Je vais surtout le publier sur LinkedIn.
07:09Ah, sur LinkedIn.
07:10Vous cherchez mon nom, il n'y a pas de pseudo,
07:12il y a ma vraie photo, vous voyez,
07:13je n'ai rien à cacher.
07:15Donc, pas de problème.
07:16Bon, allez, je voudrais qu'on passe
07:17à la rétrospective de 2025 maintenant.
07:21C'est la dernière émission de l'année,
07:24cette saison.
07:24Pour voir un peu avec vous,
07:26les experts,
07:28ce qui vous a marqué,
07:30ce qui vous a surpris,
07:30ce qui vous a inquiété aussi,
07:32a commencé par l'événement marquant.
07:35Je ne vais pas être très original,
07:37mais pour vous,
07:37l'événement économique marquant
07:39de l'année 2025.
07:43Il y a eu un consensus total depuis lundi
07:45sur l'ensemble des experts.
07:48Ça a été Donald Trump.
07:49Donc, on va voir si pour la dernière émission de l'année,
07:52il y aura un pas de côté
07:54ou un autre événement.
07:55Je commence par vous, Nathalie Jansson.
07:57Oui, forcément, on peut y penser
08:00parce que c'était le retour.
08:03Voilà, Trump is back.
08:05Et puis là, il doit être content
08:06parce que visiblement,
08:07ces chiffres de croissance sont extraordinaires.
08:094,3% au troisième trimestre.
08:14Puisque d'une potentielle baisse de PIB,
08:17nous sommes à plus 4 du jamais vu.
08:20Donc, du coup,
08:21s'en suivent des discussions
08:23sur la fiabilité des données.
08:24Je trouve ça très drôle.
08:26Est-ce qu'on peut douter de ces données ?
08:29C'est un vrai sujet.
08:30Effectivement, il y a eu le shutdown.
08:31Il y a eu beaucoup de bureaux de statistiques
08:33qui ont fermé.
08:34Et chez les économistes,
08:35on commence à douter des économistes.
08:37Moi, ça me semble absolument incroyable.
08:38Moi, ça me semble marrant.
08:39J'étais extrêmement...
08:40C'est le domaine macroéconomique
08:41de la première puissance mondiale.
08:42Surtout que ce qui est très drôle,
08:43c'est qu'on ne dit jamais rien
08:45sur les chiffres de la Chine
08:46depuis des décennies.
08:47Or, on sait bien que
08:48il ne s'est quand même pas toujours
08:49non plus extrêmement bien enregistré.
08:52Et là, effectivement,
08:54parce que c'est Trump,
08:55on se permet de douter.
08:55Alors, bon, c'est vrai qu'ils donnent,
08:57ils prêtent le flanc.
08:58Mais à raison ou pas ?
08:59Mais honnêtement,
09:00je ne vois pas pourquoi.
09:02Je comprends parce que
09:03les économistes sont dépités
09:06par le fait qu'éventuellement,
09:07il y ait eu ces chiffres positifs.
09:08Donc, effectivement,
09:09comme il y a quand même
09:09une forte majorité contre Trump,
09:11ils se disent que ce n'est quand même pas possible.
09:13Maintenant, c'est vrai
09:14qu'à l'heure des instituts,
09:15je veux dire que l'information,
09:16elle n'est plus gardée uniquement
09:18par le saint-siège
09:20de la statistique quand même américaine.
09:22Donc, moi, ce que j'attendais aujourd'hui,
09:24mais là, je n'ai pas entendu
09:25d'autres sons de cloche,
09:27c'est de savoir ce qu'éventuellement,
09:30la réaction, en fait,
09:31des instituts,
09:34par exemple,
09:34de ceux qui sont sur la recherche,
09:36sur les actions,
09:37sur le marché,
09:38est-ce que eux ont cette même...
09:39Est-ce que les analystes, eux,
09:41de marché sont également surpris ?
09:43Parce qu'on ne va quand même pas me dire
09:45qu'on n'a pas d'idée
09:46sur ce qui va se produire aux États-Unis.
09:48Enfin, je veux dire,
09:49ce n'est quand même pas une révélation
09:50quand il y a une statistique.
09:51Il y a bien des tendances.
09:53Et puis, à l'heure,
09:53aujourd'hui, de l'information
09:55qui est quand même en réel partout,
09:58où on a des signaux,
09:59où on utilise l'IA
10:00pour justement les utiliser.
10:02Moi, la réaction m'a beaucoup surpris,
10:04en effet,
10:04parce que je me suis dit
10:05comment, effectivement,
10:06dans un pays
10:07avec autant de données,
10:08autant de statistiques,
10:09autant d'instituts
10:10et d'analystes
10:11qui regardent le marché,
10:13des économistes se mettent à dire
10:14qu'en fait,
10:15les chiffres seraient faux.
10:17Et donc, en fait,
10:17moi, j'attendais une réaction de marché.
10:19Thomas, vous êtes spécialiste
10:20de la macro internationale.
10:22Voilà, peut-être que Thomas
10:23a des meilleures informations que moi.
10:25Quelle analyse ?
10:25Il y a trois facteurs.
10:26Je ne sais pas si les chiffres sont fous.
10:28En tout cas,
10:28ce qui me semble,
10:29c'est que les marchés
10:30ont été surpris
10:32par ces bons chiffres
10:34qui étaient un peu au-dessus
10:35de ce qui était anticipé.
10:37Bon, il y a trois facteurs.
10:38Il y a le fait qu'il y a le shutdown,
10:40déjà,
10:40qui fait qu'une partie des administrations
10:42n'ont pas pu travailler.
10:45Donc ça, c'est le premier facteur
10:46qui pourrait remettre en cause
10:48entre guillemets
10:49cette statistique.
10:52Il y a deuxièmement
10:54le fait qu'il y a certains directeurs
10:58d'agences indépendantes
10:59qui ont été virés limogés
11:03il y a quelque temps
11:04par Donald Trump.
11:05Donc là aussi,
11:06il y a un peu une remise en cause
11:08de l'indépendance de ces agences.
11:12Et puis enfin,
11:12il y avait aussi des coupes budgétaires
11:14dans ces agences statistiques
11:17ces derniers mois
11:17qui là aussi peuvent
11:19laisser penser
11:21que ces agences
11:22n'auraient pas pu travailler
11:23aussi bien que d'habitude.
11:25Et c'est vrai que
11:26quand on a vu les chiffres
11:27de l'inflation
11:27qui sont parus
11:29il y a quelques semaines,
11:30il y avait aussi un peu
11:31une surprise
11:31parce que l'inflation
11:32était plus basse
11:33que prévue.
11:34Et une des explications,
11:36il faudra voir dans la durée
11:37si ça tient,
11:38mais c'était que
11:39quand on fait
11:40ces statistiques d'inflation
11:42en fait,
11:42il y a des remontées
11:43qui sont faites
11:44sur un très grand nombre
11:45de biens,
11:46les biens de consommation
11:47et en fait,
11:48on avait pu faire
11:49les remontées
11:49que sur la moitié
11:50des biens
11:51qui composent
11:52l'indicateur d'inflation.
11:54Et donc,
11:54les autres avaient été
11:55entre guillemets simulés.
11:56Et donc,
11:57par exemple,
11:58est-ce que les loyers
11:59avaient bien été pris en compte
12:01dans cet indicateur
12:02d'inflation aux Etats-Unis ?
12:03Oui,
12:03il y a ce type de...
12:05Ça veut dire
12:06qu'on pourrait rentrer
12:07dans une ère de post-vérité
12:08en état à l'ère des fake news
12:10et le post-vérité,
12:10mais y compris
12:11au niveau des statistiques nationales.
12:13Je ne sais pas
12:14si on en est encore là.
12:15C'est vrai qu'on parle
12:16depuis des années
12:16des chiffres de la Chine
12:17où il y a quand même
12:18beaucoup plus de soucis
12:22sur les chiffres de la Chine
12:23que sur les chiffres
12:23des Etats-Unis,
12:24rien que sur les chiffres
12:25de balance des paiements
12:26par exemple aux Etats-Unis.
12:28En Chine, pardon.
12:29Il y a quand même
12:30des vrais sujets.
12:31Des vrais sujets.
12:32Est-ce que ça ne pourrait pas
12:32presque être multiplié par deux
12:34certains chiffres ?
12:36On a quand même parlé
12:37de 1 000 milliards de dollars
12:38d'excédents
12:39sur les 11 premiers mois
12:41de l'année.
12:42Ça pourrait être le double.
12:43Il y a l'économiste américain
12:45Brad Setser
12:46qui remet en cause
12:47chaque fois
12:48ces chiffres chinois.
12:51On dit que le FMI devrait...
12:53La vague chinoise
12:54serait deux fois supérieure
12:55à ce qu'on croit.
12:56En termes nets,
12:57parce que quand il essaye
12:58de recouper à la fois
12:59les données sur les services,
13:01les biens,
13:02en fait, selon lui,
13:03ça ne colle pas tout à fait.
13:05Donc voilà, c'est vrai
13:06qu'il y a un souci
13:08à priori beaucoup plus important
13:09sur les données chinoises
13:10que sur les données américaines.
13:11Après, maintenant,
13:12ce n'est pas une consolation.
13:13Non, ce n'est pas une consolation.
13:14Ce n'est pas une consolation
13:14non plus si même
13:16aux Etats-Unis,
13:17quand même,
13:18la principale démocratie
13:19au monde,
13:20on commence à avoir
13:20des doutes
13:21sur les statistiques publiques.
13:22C'est vrai que c'est...
13:23Effectivement.
13:24C'est un souci
13:24d'un point de vue démocratique.
13:25J'en profite pour saluer
13:26nos statisticiens français,
13:28l'INSEE,
13:28qui sont parmi les meilleurs
13:29au monde.
13:29L'événement majeur
13:33de 2025,
13:34selon vous,
13:34Thomas Grémin ?
13:36Moi, c'est plus...
13:37Enfin, c'est en lien
13:38avec Donald Trump,
13:39mais c'est aussi...
13:40Moi, je dirais
13:41que c'est quand même
13:42le décrochage européen
13:45ou même la fin
13:46de l'illusion
13:47que l'Europe
13:48pouvait être
13:49une grande puissance.
13:50Donc ça, je reprends
13:51un peu les termes...
13:51Les termes de Mario Draghi
13:52au mois de septembre.
13:53Les termes de Mario Draghi
13:54dans un discours fin août.
13:55Et je pense qu'un des événements
13:56très, très symboliques
13:57de cette année,
13:58ça a été le sommet
13:59entre Mme von der Leyen
14:01et Donald Trump
14:02au golf de Donald Trump.
14:05On en parlait hier aussi.
14:06Ça a été cité par un des experts.
14:08Et je pense qu'au-delà
14:08de l'accord,
14:09au-delà de ce qu'on peut penser
14:10de l'accord à proprement parler,
14:12est-ce que c'était
14:12un moindre mal ou pas ?
14:13On a déjà fait ce débat.
14:14Je pense qu'en termes symboliques,
14:17ça décrivait une faiblesse
14:19de l'Europe,
14:20une soumission de l'Europe
14:22qu'on n'avait pas connue
14:24depuis très longtemps
14:26et qui est très, très,
14:28pour moi,
14:30symptomatique
14:31de ce qui pourrait arriver
14:32pas seulement face aux États-Unis,
14:35mais aussi face à la Chine.
14:36C'est-à-dire que le vrai risque,
14:37c'est que l'Europe,
14:38demain,
14:39sorte de l'histoire.
14:40Et moi,
14:41ma crainte,
14:42c'est que ce sommet
14:45de fin juillet
14:46soit un peu le révélateur
14:49du fait que maintenant,
14:51l'Europe,
14:52qui a longtemps été
14:53la grande puissance
14:54au niveau international,
14:56risque d'être très enreterré
14:58face aux prédateurs
14:59que sont les États-Unis
15:00et la Chine.
15:01On avait ce débat
15:01avec Guillaume Paul ce matin
15:02dans la matinale
15:03de BFM Business
15:04sur l'Europe.
15:06Est-ce qu'elle s'accroche
15:06ou est-ce qu'elle décroche
15:07en 2026 ?
15:09Si on veut nourrir
15:11un peu l'optimisme,
15:12quand même,
15:12l'Europe,
15:13c'est en moyenne
15:131,5% de croissance.
15:15C'est vrai que là,
15:15les États-Unis,
15:16en moyenne sur l'année,
15:17c'est 2,5%.
15:18Donc,
15:18ils sont au-dessus d'accord.
15:20Mais quand même,
15:21on fait 1,5% de croissance
15:22avec le principal moteur
15:23qui est en panne,
15:24l'Allemagne,
15:24qui doit redémarrer
15:25en 2026
15:26avec un méga plan
15:27d'investissement
15:28qui pourrait être
15:29un game changer.
15:30On a une commission
15:30qui commence un peu
15:32à se réveiller.
15:33Est-ce qu'il n'y a pas
15:33des raisons d'espérer
15:35en 2026 ?
15:36Puis après,
15:36j'en viens à vous,
15:38Charles.
15:38L'Europe,
15:39elle tient d'un point
15:40de vue de croissance.
15:41Si on prend tous
15:41les fondamentaux de l'Europe...
15:42On a les pannes,
15:43on a les cerveaux,
15:44on a tout ce qu'il faut
15:45pour que ça fonctionne.
15:45Mais quand vous prenez
15:46la croissance du cœur
15:48de l'Europe,
15:48les vieux pays de l'Europe,
15:50les six pays fondateurs,
15:51vous voyez que
15:52sur les 30 dernières années,
15:54en moyenne,
15:54on a eu 0,5 point de croissance
15:56en moins par an
15:57par rapport aux Etats-Unis.
16:00Donc, il y a eu un débat
16:00notamment lancé
16:02par Gabriel Zuckmann
16:04sur le fait
16:04que l'Europe ne décroche pas
16:05d'un point de vue économique
16:07par rapport aux Etats-Unis.
16:08Oui, c'est ce que nous apprécions la vie.
16:10Nous apprécions beaucoup la vie.
16:11Donc, c'est pour ça
16:12qu'il faut le remettre
16:13par rapport...
16:14Nous apprécions beaucoup la vie.
16:15Oui, c'est pour ça.
16:15En somme,
16:16son article, c'est ça.
16:16C'est-à-dire qu'en fait,
16:17comme nous utilisons un temps,
16:19nous avons un temps social
16:20plus important,
16:21nous avons donc une qualité,
16:22donc nous sommes pareils
16:23si on remet au niveau...
16:25Oui, il n'y a pas
16:25que la quantité de PIB
16:27et de création de valeur,
16:28Nathalie,
16:28et la qualité aussi de vie.
16:31Pour, en fait,
16:32s'épanouir.
16:33Mais on avait,
16:34au début des années 90,
16:35on avait un écart
16:36de richesse par épiétant
16:37autour de 10%
16:38pour les pays les plus riches
16:39et les pays plus riches
16:42européens
16:42et les Etats-Unis.
16:43Aujourd'hui,
16:43on est plutôt à 25%.
16:45Donc, en fait,
16:45c'est un lent décrochage
16:47par rapport aux Etats-Unis.
16:50Donc, c'est ça
16:51qui est très inquiétant.
16:52Quand vous prenez les principes,
16:53on parlera de la bourse
16:53ou des marchés tout à l'heure,
16:55quand vous prenez
16:55les 25 plus grosses
16:57capitalisations boursières
16:58dans le monde,
16:58il n'y a plus aucune
16:59entreprise européenne
17:00aujourd'hui.
17:01C'est quand même très parlant
17:02sur ce décrochage lent,
17:06mais continu de l'Europe.
17:09Laurent, je me tourne vers vous.
17:13Pour vous, Laurent,
17:14directeur général d'Airvor,
17:16je le rappelle,
17:17patron de PME industrielle,
17:19économiquement,
17:21quel a été l'événement
17:21le plus important en 2025 ?
17:24Je vais répondre à votre question,
17:25mais juste un petit commentaire
17:26sur les chiffres précédemment,
17:28sur les chiffres annoncés
17:28de l'économie américaine.
17:29Il y a une chose
17:30qui est intéressante.
17:31Notre fouché national disait
17:33que les statistiques
17:34étaient la forme
17:34la plus élaborée du mensonge.
17:36Et je crois qu'il n'a pas tort.
17:38Et il y a une chose qui,
17:40en tout cas,
17:41moi, je ne sais pas dire
17:41si techniquement
17:42la production des chiffres
17:43est juste ou est bonne,
17:45mais ce que je peux vous dire,
17:46c'est que ça ne correspond pas
17:47avec ce que je vis
17:48au niveau économique,
17:49puisque nous,
17:50on vend des produits
17:51aux Etats-Unis.
17:52Et que vivez-vous ?
17:53Ce qu'on voit,
17:54c'est que si vous voulez,
17:55vous avez un segment
17:56qui marche très fort,
17:58qui est tout ce qui tourne
17:58autour de l'IA.
17:59Alors, on a déjà vécu ça
18:01dans le passé,
18:01c'est-à-dire que n'importe quoi
18:02où il y a marqué IA,
18:03maintenant même votre cafetière,
18:04s'il y a marqué IA,
18:05boum !
18:06Mais les secteurs traditionnels
18:08ne sont pas très florissants.
18:10Nous, on travaille
18:11avec certains équipementiers
18:13américains, etc.
18:14Je peux vous dire
18:14qu'il n'y a pas la queue
18:15devant la porte.
18:16Donc, il y a une espèce,
18:18si vous voulez,
18:18de manichéisme
18:21au niveau de l'économie américaine,
18:23ce qui veut dire
18:24que c'est aussi très fragile,
18:25parce que si,
18:25comme certains le pensent,
18:26c'est pas moi qui le dis,
18:27c'est les spécialistes
18:28de la Silicon Valley
18:29qu'il y a une bulle
18:29autour de l'IA,
18:31les lendemains risquent
18:33de ne pas être très chantants.
18:34Ce que vous nous dites,
18:34c'est que l'économie américaine,
18:35la croissance américaine
18:36n'est pas forcément
18:37très équilibrée.
18:38Alors, il y a ça,
18:39et si vous voulez,
18:39c'est très étonnant,
18:40parce que moi,
18:41ça ne correspond pas
18:41avec ce que je vois.
18:42Bon, puis je rappelle aussi
18:44qu'il y a une reprise
18:45du chômage aux Etats-Unis,
18:46donc ça,
18:47c'est du concret.
18:48Maintenant,
18:48sur l'Europe.
18:49Alors, écoutez,
18:51je pense que
18:52il y a ce que vous pensez
18:56et il y a ce que vous acceptez.
18:57Moi, je n'accepterais pas,
18:58je veux dire,
18:59je le dis très modestement,
19:00je suis engagé
19:00à ma manière,
19:01à ma petite échelle
19:02pour éviter le déclinisme.
19:04Oui.
19:04Bon,
19:05et je veux dire
19:05qu'effectivement,
19:07on peut avoir
19:08cette espèce de fatalisme,
19:09dire que c'est foutu,
19:11il faut quitter le navire,
19:12etc.
19:12Moi, je ne l'accepterais jamais.
19:14Je pense que
19:15la bonne nouvelle,
19:16c'est sans doute que...
19:17On fait le constat,
19:17ce n'est pas ce que dit
19:18Thomas Grébine,
19:18mais on fait simplement
19:19le constat d'un lent déclin
19:21depuis 15-20 ans maintenant.
19:23Mais monsieur a parfaitement raison,
19:25la question,
19:25on ne sait pas maintenant,
19:26c'est qu'est-ce qu'on fait ?
19:27Et je pense que,
19:28et vous l'avez très bien expliqué
19:29ce matin,
19:29objectivement,
19:30l'Europe a beaucoup d'atouts.
19:31Simplement,
19:32je pense qu'on a vécu
19:33avec une vision
19:34très confortable de l'avenir,
19:36avec beaucoup de naïveté.
19:37Et nous avons pensé
19:40que nous allions jouer,
19:41si vous voulez,
19:42on allait participer
19:42aux Jeux Olympiques
19:43internationaux du commerce
19:45et que tout le monde
19:45allait claquer des bottes
19:47et respecter les lois.
19:48Eh bien, la réponse est non.
19:50Il aura fallu 20,
19:51voire 30 ans
19:52pour que certains
19:53en prennent conscience.
19:55Et je le dis encore une fois
19:56très modestement,
19:56moi, en tant qu'industriel,
19:57j'ai vu des produits chinois
19:59non conformes aux normes européennes
20:00se faufiler
20:01à travers les normes
20:03dites européennes
20:04et inonder les marchés européens
20:07avec le regard
20:09soit bienveillant,
20:11soit le regard...
20:13Oui, voilà.
20:14Alors là, maintenant,
20:15on commence à prendre conscience
20:16que, bah oui,
20:17les Chinois
20:17ne vont pas juste fabriquer
20:19que des produits bas de gamme
20:21pendant que nous,
20:21les Occidentaux,
20:22nous allons nous réfugier
20:24dans le luxe
20:24et la forte valeur ajoutée.
20:25Moi, cette histoire,
20:26je l'ai déjà vécue.
20:28Je l'ai vécue avec un autre pays.
20:29J'étais adolescent à l'époque.
20:30Je l'ai vécue avec le Japon.
20:31Et quand j'étais adolescent,
20:32quand on voulait dire
20:33qu'un produit était de mauvaise qualité,
20:35on disait que c'était du Made in Japan.
20:36Je laisse les auditeurs
20:37se le juge de ce qui est devenu le Japon,
20:39qui est devenu une superpuissance industrielle.
20:41Donc non,
20:41je pense que ce n'est pas foutu.
20:43Pas du tout.
20:44Simplement,
20:44l'Europe apprend à être l'Europe.
20:47Il y a 80 ans,
20:48on était en train de se taper dessus.
20:5180 ans après,
20:52on a la même monnaie
20:53et on essaye de penser pareil.
20:54Alors, c'est sûr
20:55que ce n'est pas toujours facile
20:56si vous voulez de prendre,
20:57je dirais,
20:59on va dire,
20:59un Hollandais
21:00et un Corse
21:01et de les mettre
21:03dans la même pièce.
21:04Mais je suis assez optimiste.
21:06Je pense qu'on a les atouts.
21:08Maintenant,
21:08il va falloir se bouger les fesses.
21:09Il va falloir se battre.
21:11Il va falloir arrêter
21:12de penser
21:13qu'on est dans le monde
21:13des bisounours.
21:14Donc oui,
21:15je suis optimiste.
21:16Comme dirait Shorty,
21:17je le paraphrase molestement,
21:18il y aura du sang,
21:18il y aura des larmes.
21:19Mais je pense que
21:20l'histoire n'est pas écrite.
21:22Je repose ma question,
21:23cher Laurent,
21:24l'événement marquant de 2025.
21:25C'est ce qui s'est passé
21:28avec Trump
21:30parce que nous,
21:30on est directement touchés.
21:32Je veux dire que nous,
21:32on s'est réveillés un matin
21:33avec 35% de taxes en plus.
21:36Donc là,
21:36même si vous êtes
21:37le meilleur des managers...
21:37Ça vous change la vie
21:38d'une entreprise.
21:38Ah bah oui,
21:39ça change.
21:40Donc,
21:41ça a été l'élément
21:42le plus marquant
21:43mais je crois que
21:43le plus marquant pour moi,
21:44ce n'est même pas les 35%,
21:46c'est finalement de se dire
21:47que tout ce qui était
21:48réputé impossible
21:50était possible.
21:52Et là,
21:52j'ai un tout petit avantage
21:53concurrentiel.
21:54J'ai habité 8 ans
21:55aux Etats-Unis.
21:56Il n'y a encore pas si longtemps,
21:57si vous aviez la parole de trop,
21:59la blague un tout petit peu grinçante,
22:01tout de suite,
22:02il y avait un tollé général,
22:03on vous sortait des tas de lois,
22:04etc.
22:05Et là,
22:05on s'aperçoit
22:06que tout est possible.
22:07Tout est possible.
22:08Oui.
22:08Donc,
22:09c'est ça pour moi.
22:09Avec un changement radical,
22:10la rapidité du changement
22:12est absolument spectaculaire.
22:13Si vous voulez,
22:13on a vraiment l'impression
22:14qu'il n'y a plus de loi,
22:17il n'y a plus de contrefeu démocratique.
22:19En clair,
22:19il y a une équipe en place
22:20qui peut faire n'importe quoi,
22:22tout est permis,
22:22puis du lundi au mercredi,
22:24ça peut changer.
22:24C'est ça la plus grande surprise
22:25de l'exercice 2025
22:27en ce qui me concerne.
22:28Nathalie,
22:28on a des armes,
22:30et puis Thomas qui réagira,
22:31mais on a des armes
22:31dans ce monde-là quand même.
22:34On a l'habitude de dire,
22:35si je vous pose la question,
22:36est-ce qu'on a des armes ?
22:37C'est parce qu'on entend
22:37énormément dans le débat public
22:39que l'Europe est un continent
22:42d'herbivores
22:42face à des carnivores.
22:45On n'est pas complètement
22:46désarmé non plus.
22:47Non,
22:48on a une façon
22:49de voir le monde
22:50qui est effectivement différente.
22:52Je pense qu'effectivement,
22:54par rapport aux Etats-Unis
22:55en particulier,
22:57en fait,
22:57on a deux mondes opposés.
22:58La Chine,
22:59qui est très centralisatrice,
23:00qui a décidé d'aller
23:01dans une direction
23:02que je ne cautionne pas,
23:05mais qui a une certaine efficacité
23:07puisque quand le pouvoir central
23:09a décidé que ça allait comme ça,
23:10ils vont faire comme ça.
23:12Et comme il y a
23:12un esprit entrepreneurial
23:13en dessous,
23:14ça donne ce mélange
23:17assez étonnant
23:17de centralisation
23:19avec des entreprises
23:21qui vont faire des choses
23:23du coup innovantes.
23:24Donc,
23:24c'est effectivement
23:25assez inédit
23:25pour être très honnête.
23:27Quand on regarde
23:28les critiques
23:29adressées à la centralisation,
23:31on se dit qu'en Chine,
23:32la critique est toujours là
23:33parce que c'est vrai
23:34que le mouvement,
23:35il est unique.
23:36Donc,
23:36il faut que ça réussisse
23:37parce que le jour
23:37où le moteur électrique,
23:39finalement,
23:39je veux dire,
23:40la voiture électrique
23:42ne sera peut-être pas forcément
23:43le modèle qu'il gagnera
23:43dans le futur,
23:44du coup,
23:45ils seront à côté
23:45de la plaque.
23:46Mais en tout cas,
23:46pour le moment,
23:47c'est ça.
23:49Et puis,
23:49d'un autre côté,
23:50on a effectivement
23:51un pays entrepreneurial
23:52qui va aller pousser
23:55les frontières
23:55de la nouveauté,
23:58expérimenter
23:59et puis ensuite,
24:01essayer de réglementer
24:03ou de déchifférer.
24:04Et nous,
24:04malheureusement,
24:05en Europe,
24:06on a effectivement,
24:07c'est un esprit entrepreneurial,
24:08il n'y a pas de doute non plus.
24:09Simplement,
24:09on a décidé
24:10d'avoir cette étrange
24:11manière de faire
24:12qui est de vouloir
24:13absolument réglementer
24:15avant de découvrir,
24:16ou en tout cas,
24:17en même temps.
24:18Et le problème
24:18dans ce processus
24:19d'innovation
24:21très poussé,
24:22c'est que je ne sais pas
24:23comment on peut réglementer
24:24un truc qu'on ne maîtrise
24:25pas encore.
24:26Donc voilà,
24:26moi, je trouve
24:27qu'elle est là,
24:27la contradiction européenne.
24:28Il faudrait quand même
24:29qu'un jour,
24:30il y ait vraiment
24:31qu'on se mette au clair
24:34sur ce qu'on veut
24:34parce qu'en faisant comme ça,
24:36on ne pourra pas aller très loin
24:37parce que comme on s'interdit
24:38de faire,
24:39forcément,
24:39on passe à côté
24:40des gens qui vont plus vite
24:41et après,
24:42une fois,
24:42comme en plus,
24:43il y a des éveils de réseau
24:44très importants
24:45dans ces nouveaux secteurs,
24:46si vous n'êtes pas là
24:47au début,
24:47vous serez un autre type
24:50d'acteur.
24:50Mais est-ce que ce mouvement
24:51n'est pas enclenché
24:52depuis la boussole
24:53de compétitivité ?
24:54Alors bien sûr,
24:54c'est technocratique,
24:55c'est bureaucratique,
24:56c'est la Commission européenne,
24:58mais les choses
24:58se mettent en place quand même,
25:00Thomas Grébine,
25:00au niveau européen.
25:01Je pense qu'il y a quand même
25:02besoin d'un changement
25:03de logiciel
25:04parce que depuis
25:05la fin de la Seconde Guerre mondiale,
25:07en gros,
25:08l'Europe,
25:08elle a vécu
25:09sur ses acquis.
25:10On avait des grands secteurs
25:11industriels
25:12pour lesquels,
25:13en gros,
25:13on était les meilleurs
25:15du monde,
25:15que ce soit l'automobile,
25:16la machine outil,
25:17la chimie,
25:18la pharmacie.
25:19Et donc,
25:19on n'avait pas besoin
25:20d'une remise en cause
25:21fondamentale
25:22parce qu'en fait,
25:23nos acquis,
25:24sur nos acquis,
25:24on a été en gros
25:25meilleurs que les autres.
25:26Il y avait évidemment
25:27la concurrence japonaise,
25:28mais en gros,
25:28on restait
25:29parmi les meilleurs.
25:32Et donc,
25:32ce qui faisait aussi
25:33que quand l'Europe
25:34proposait des plans,
25:36en fait,
25:37on ne mettait pas
25:37les moyens
25:38pour que ces plans
25:39soient effectifs.
25:40On peut se souvenir,
25:42par exemple,
25:42la stratégie de Lisbonne
25:43en 2000,
25:44dont on avait beaucoup parlé.
25:45On devait être
25:45la première économie
25:47de la connaissance
25:47en 2020.
25:49Ah caramba !
25:50Encore raté !
25:51Donc,
25:51on avait beaucoup
25:52de déclarations
25:52de bonnes intentions,
25:54des plans
25:54avec des bonnes intentions
25:55et on ne mettait pas
25:56les moyens derrière.
25:57Vous prenez plus récemment,
25:58par exemple,
25:59le CHIPS Act européen.
26:01Qu'est-ce qui s'est passé ?
26:02Donc,
26:02la Commission européenne
26:03a vu sur les puces
26:05que le président Biden
26:06avait un grand plan
26:07sur les puces
26:08aux Etats-Unis
26:09avec autour
26:10de 43 milliards d'euros
26:11mis sur la table
26:12aux Etats-Unis.
26:13La Commission dit
26:14nous,
26:14on doit riposter
26:15et donc,
26:15on annonce ce CHIPS Act
26:17et donc,
26:17ce CHIPS Act,
26:18sur le papier,
26:19il y a 42 milliards d'euros
26:20qui sont mis sur la table.
26:22Mais en fait,
26:22quand on regarde le détail,
26:23il n'y a pas du tout
26:2342 milliards d'euros
26:25comme aux Etats-Unis.
26:26C'est que nous,
26:27on a un plan
26:28où on annonce
26:2942 milliards
26:30mais en fait,
26:30ce serait à partir de
26:32autour de 7 milliards
26:33d'argent public.
26:34Donc déjà,
26:35dans les 42 milliards,
26:36on a un effet de levier
26:37entre 4 et 5
26:38et ces 7 milliards,
26:39on ne les a pas.
26:41Donc voilà,
26:41je pense que là,
26:42c'est symptomatique,
26:43c'est-à-dire qu'on annonçait
26:44des choses
26:45mais en fait,
26:45on ne sentait pas
26:46qu'il y avait un danger vital
26:47pour nos secteurs économiques.
26:48De facto,
26:49on ne mettait pas les moyens,
26:50on les mettait
26:50de façon insuffisante.
26:51Ça,
26:52c'est le premier élément.
26:52Le deuxième élément,
26:53je pense,
26:54qui est très important
26:55aussi,
26:57c'est cette notion
26:59de risque.
26:59J'avais un collègue
27:01qui...
27:01On a mis le principe
27:02de précaution
27:03dans notre constitution
27:04en France.
27:05Il y a un collègue
27:05qui, pour expliquer
27:07un peu le déclin
27:07de l'Europe,
27:08m'a dit,
27:08lis Stéphane Zweig,
27:10Magellan de Stéphane Zweig
27:11et regarde
27:11pendant les grandes découvertes
27:13que l'Europe était prête
27:14à prendre comme risque.
27:15Vous aviez quelqu'un
27:16qui arrive,
27:17va voir des rois
27:18et leur dit
27:18est-ce que vous pouvez
27:19me livrer
27:23plusieurs navires
27:24pour un projet
27:25qui est quand même
27:26relativement fou
27:27et en fait,
27:27les rois de l'époque
27:28étaient prêts
27:29à financer ça
27:29et prendre des risques
27:31inouïs.
27:32Je pense qu'en effet,
27:33en Europe,
27:34on a perdu aussi
27:35ce goût du risque
27:36et ça,
27:37je pense que d'un point
27:37de vue économique,
27:38c'est compliqué.
27:39Et la dernière chose,
27:41c'est aussi qu'on a mis,
27:43c'est lié avec le risque,
27:45c'est que la règle
27:45est devenue pour nous
27:46un objectif en soi.
27:48Et on n'a pas vu
27:49que dans un monde
27:50où en fait,
27:50nos compétiteurs
27:51refusent de jouer
27:53avec les règles du jeu,
27:54en fait,
27:54ça devenait
27:54une très grosse fragilité.
27:56Si vous pensez
27:57que cette règle
27:57va se développer
27:59et s'appliquer
27:59au reste du monde,
28:00ça ne pose pas un problème
28:01parce que là,
28:02en fait,
28:02le reste du monde
28:03joue avec vos propres règles.
28:05Si à l'inverse,
28:06vous êtes le seul
28:07à jouer avec ces règles
28:08et en fait,
28:09ça pénalise
28:09votre industrie,
28:11en fait,
28:12en termes de compétitivité,
28:13ça devient très grave.
28:14Et je pense
28:15qu'un parallèle
28:16pour comprendre
28:16ce qui se passe
28:17pour l'économie européenne
28:18ou pour l'industrie européenne,
28:19c'est ce qui s'est passé
28:20avec le Tour de France.
28:22C'est-à-dire ?
28:22C'est-à-dire que
28:23pendant longtemps,
28:24on avait des champions
28:25cyclistes français.
28:27Oui.
28:27Et puis,
28:28à partir des années 90,
28:29il y a eu une découverte
28:31de nouvelles drogues
28:32comme le PO
28:33et à partir de là,
28:34en fait,
28:34on n'a plus
28:36de grands champions,
28:38de vainqueurs
28:38du Tour de France.
28:39Et le discours
28:39dans les années 90,
28:40ça a été,
28:41oui,
28:41mais on va mettre
28:42des règles anti-dopage
28:43de plus en plus strictes
28:44qui font que nous
28:46qui ne sommes pas dopés,
28:47on va rester compétitifs.
28:48Et par notre exemple,
28:50en fait,
28:50on va s'entraîner
28:53et par l'exemple,
28:54on va réussir
28:54à gagner le Tour de France.
28:56Ce qu'on peut observer...
28:56C'est une belle allégorie,
28:57oui, effectivement.
28:58Ce qu'on peut observer,
28:59c'est qu'on n'a plus jamais
29:00gagné le Tour de France.
29:02Et que la drogue continue
29:02probablement de circuler.
29:03Je ne suis pas spécialiste.
29:04Oui, oui.
29:05Ceux qui n'ont pas toujours
29:06pas compris,
29:06et c'est vrai pour vous,
29:08dans l'innovation,
29:09c'est qu'en fait,
29:09dès que vous faites une règle,
29:10vous produisez une envie
29:12de faire autrement
29:13que la règle.
29:14Les acteurs s'adaptent.
29:15Voilà.
29:16Et c'est ça
29:16qui n'est pas compris.
29:17C'est-à-dire qu'une règle,
29:18quand elle est faite,
29:19les gens n'ont pas forcément
29:20envie de l'appliquer.
29:21Ou alors,
29:21il faut des sanctions
29:22extrêmement sévères
29:24et un moyen de contrôle
29:25imparable.
29:25Bon, c'est très français.
29:27En même temps,
29:27une règle et des exceptions,
29:28on connaît bien.
29:29Allez, on se retrouve
29:30après une très courte page de pub
29:31pour continuer
29:32la rétrospective 2025.
29:34A tout de suite.
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