- il y a 3 mois
Ce mercredi 29 octobre, Ludovic Desautez a reçu Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel, Emmanuel Combe, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la Skema Business School, et Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts
00:09Ludovic de Sauté
00:10Les Experts, il est 10h, 2 milliards par-ci, 3,2 milliards par-là, 5,7 milliards et vous retranchez 1,6 milliards.
00:20Les amoureux de la calculette se font plaisir sûrement en écoutant les débats à l'Assemblée Nationale.
00:25Mais au fait, qu'est-ce que ce budget va faire au juste pour l'économie française ?
00:29Va-t-il permettre de créer des licornes ?
00:30Va-t-il permettre à l'industrie française de remonter la pente face à la Chine ?
00:34Et va-t-il permettre surtout de créer de la croissance ?
00:36Eh bien là, c'est silence radio chez les députés.
00:39Et c'est bien dommage.
00:40C'est dommage parce que la croissance, il va en falloir non seulement pour alimenter les rentrées fiscales,
00:45mais aussi pour soutenir l'emploi.
00:47Hier, le ministère du Travail a publié ses chiffres.
00:50Et là encore, faut-il s'entendre sur les données ?
00:53Face A, le chômage aurait augmenté de 1,6%.
00:57Face B, en fait, vous n'avez rien compris.
00:58Le chômage aurait baissé de 1% en cause des changements de méthode calcul.
01:03Du coup, plus personne ne sait très bien si l'emploi va bien ou pas en France.
01:06Ça tombe bien, les experts vont nous éclairer.
01:09Une chose est plus certaine en revanche, c'est que la Fed devrait baisser ses taux aujourd'hui même.
01:13De quoi alimenter l'euphorie à Wall Street alors que les géants de la tech vont publier leur trimestriel.
01:19Et alors, surtout que demain, une rencontre au sommet se profile entre Donald Trump et Xi Jinping avec un espoir, une certaine détente sur la guerre commerciale.
01:29Les experts, c'est parti.
01:33Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
01:37Bonjour les experts, avec nous ce matin, Guillaume Dard.
01:42Bonjour Guillaume, merci d'être avec nous.
01:44Vous êtes président de Montpensier Arbevel et vice-président de l'AFG.
01:47Je ne l'ai pas oublié.
01:49En face de vous, pas en face au sens politique, mais au sens géographique, Emmanuel Combe.
01:53Merci d'être avec nous.
01:54Vous êtes professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'Axchema Business School.
01:59Et à côté de vous, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'économie.
02:03Merci d'être avec vous.
02:04Alors, le budget, on va rentrer tout de suite dans l'actualité parce qu'il y a eu une sorte de coup de matraque dans le budget.
02:09Il y a eu un vote qu'on n'a peut-être pas vu arriver, qui a peut-être déjà tué le budget dans l'œuf sur les multinationales.
02:15Avec cette taxe massue qui serait censée rapporter 26 milliards.
02:21Est-ce que le budget est mort et enterré ?
02:23Guillaume, est-ce que c'est mort ?
02:24D'abord, il faut faire un constat un peu global.
02:27La France est en crise de nerfs.
02:29Elle vient de comprendre...
02:31Crise de nerfs et crise politique.
02:34Et crise politique, mais la crise politique est le reflet de la crise de nerfs globale du pays.
02:38Elle vient de comprendre avec M. Bayou qu'elle était vraiment surendettée.
02:42Elle vient de comprendre que son système éducatif, que ses exportations faiblissaient, qu'elle perdait des parts de marché,
02:49que l'automobile qu'elle a inventée avec les États-Unis fermait ses usines en France.
02:55Elle sent bien que la situation est grave.
02:57Et donc, quand la situation est très grave, on cherche des gourous.
03:00Vous vous souvenez du Covid ?
03:02Le Covid, on ne savait pas très bien avant que les vaccins arrivent.
03:05Et là, on avait eu un gourou.
03:06Comment il s'appelait ? Le professeur Raoult.
03:09Le professeur Raoult allait tout régler.
03:11Et alors aujourd'hui, il y a un nouveau gourou.
03:13Et vous ne pouvez plus allumer une télévision.
03:16Son prénom, c'est Gabriel ?
03:17Et son prénom, c'est Gabriel.
03:19Et son nom, c'est Zuckman.
03:20C'est le nouveau gourou.
03:22Et donc, on est en train de faire, à mon avis, presque...
03:25J'ai peur qu'en tout cas, ces recettes soient aussi mauvaises pour l'économie française que celle du professeur de Raoult.
03:32Enfin, il faisait courir...
03:33Il n'a peut-être pas tué tout le monde, mais il faisait courir des risques.
03:35Et donc, si on veut vraiment faire croire...
03:39Mais c'est arrivé...
03:40Quand la France va très mal ou est en crise de nerfs, on a à chaque fois les mêmes réflexes.
03:45Il faut trouver un bouc émissaire.
03:46Le bouc émissaire, c'est les riches.
03:48Philippe Lebel a fait brûler les Templiers.
03:50Il a expulsé les Lombards.
03:53À toute époque, Savonarole à Florence aussi a fait partir l'échangeur.
03:57À toute époque de l'humanité, c'est la même chose à Rome, c'est la même chose dans la Grèce antique,
04:03qui ont, tout d'un coup, il y a une espèce d'affrontement très fort.
04:07Et vous vous souvenez quand même de la phrase de Johnson,
04:10« Appauvrir les riches n'enrichira jamais les pauvres ».
04:12Mais le gourou est en train de le faire croire.
04:15Et ce qui est incroyable, c'est de voir qu'à l'Assemblée,
04:18on y croit quand même dans les deux tiers de l'Assemblée.
04:24Et je vais laisser la parole à mon voisin sur le dernier sujet.
04:28Et là, on se dit qu'on va faire payer les riches, les vrais riches mondiaux, les multinationales.
04:33Mais alors là aussi, techniquement, je crois que quelqu'un va l'expliquer mieux que moi
04:37à quel point c'est déraisonnable.
04:38Et puis il y a la taxe GAFAM aussi, ne l'oublions pas.
04:40C'est ce que je voulais dire ?
04:40Ah, juste la deuxième gaffe.
04:42Emmanuel Combes, déjà quelle humeur vous avez quand vous regardez...
04:46Je crois que, Guillaume, en fait, c'est un déni d'économie.
04:51Un déni d'économie, ça...
04:52Oui, pour moi, tout est devenu politique, au mauvais sens du terme.
04:54La politique est un métier noble.
04:56Mais ça veut dire que tout se lie à l'aune de « il faut que ce gouvernement ne tombe pas ».
05:00Et au nom de la stabilité politique, il n'y a plus aucune rationalité économique.
05:04Ce que j'entends par « rationalité économique », pourquoi moi je suis un petit peu comme
05:06Guillaume sur les nerfs, c'est quand un économiste, sa règle, me semble-t-il, une
05:10de ses règles, c'est de toujours évaluer les conséquences d'une décision, d'une
05:15mesure.
05:16Et là, on a l'impression, on sort un truc du chapeau.
05:18Revenons sur la taxe GAFAM.
05:19Il était prévu de passer de 3 à 15, et ça pose problème à personne.
05:23Finalement, 6% hier.
05:25Je vais y revenir, mais enfin, fois 5.
05:27Y a-t-il eu, je vais y revenir, une évaluation des effets indirects ?
05:31Vous savez, c'était Frédéric Bastia, le grand économiste français, injustement
05:34méconné dans son propre préi, qui disait que l'économiste, c'est quoi ? C'est
05:37l'art de voir l'invisible.
05:39Alors certes, la taxe GAFAM, elle va peut-être apporter quelque chose, sans doute.
05:43Mais est-ce qu'on a pris en compte tous les effets indirects, négatifs ?
05:46J'y reviendrai, si vous voulez, tout à l'heure, pour ne pas faire un long tunnel.
05:49Mais il y a cette idée qu'au fond, tout ça, on sort du chapeau, des mesures, qui
05:52en plus, et là je rejoins aussi, Guillaume, ne sont pas des mesures miracles.
05:55Et c'est là où j'en veux un petit peu à Gabriel Zuckmann, parce que c'est un
05:57très bon économiste.
05:58C'est faux de dire que ce n'est pas un économiste, c'est un très bon économiste,
06:01mais il a fait de sa mesure l'alpha et l'oméga.
06:04Le totem.
06:04On sait très bien qu'en réalité, sa taxe, elle rapportera au mieux 4 milliards,
06:095 milliards, et encore, sans prendre en compte les effets indirects.
06:12Donc je rejoins Guillaume, on a l'impression qu'on n'est plus dans la rationalité,
06:16on est dans les effets d'annonce, personne ne regarde les évaluations.
06:19Elles existent, ces évaluations.
06:21Il y a le conseil d'analyse économique, il y a des économistes sérieux qui disent
06:23voilà, on est vraiment dans la démesure.
06:27Il faut boucler le budget, c'est la course à l'échalote, tout ça n'est quand même
06:31pas très rationnel.
06:32Jean-Pierre Petit, vous êtes sur les nerfs, vous aussi ?
06:33Non, on a Guillaume et Emmanuel sur les nerfs.
06:37Non mais c'est-à-dire que tout ceci ne me surprend pas trop, on a une logique
06:42complètement clientéliste en France, de la classe politique française, donc ça
06:45fait longtemps.
06:47Donc là, effectivement, il n'y a aucune mesure, les 5 ou 6 milliards ou 10 milliards,
06:53on s'emmène, là il faut une calculatrice.
06:56Ça ne veut strictement rien dire, puisqu'il n'y a aucun impact, aucune mesure sur l'impact
06:59que ça aura sur la croissance potentielle et donc sur la croissance tout court.
07:03Et donc sur les recettes fiscales futures de tous les autres impôts et donc sur la
07:08soutenabilité des finances publiques, aucune.
07:10Si je prends la taxe sur les GAFAM, on ne regarde pas qui va payer, c'est le consommateur.
07:14Trump, bien évidemment, va regarder ça, il va être très cool avec, surtout…
07:18Il va adorer.
07:19Ah oui, il attend, surtout quand ça vient des gauchistes, ça c'est sûr qu'il ne va
07:22rien faire.
07:23Non mais tout ça est bidon, mais de toute façon, le problème c'est que la régulation
07:30des finances publiques, elle doit passer à 80-90% par les dépenses, tout le monde
07:34le sait très bien.
07:35Et que comme on a un système clientéliste, contrairement, alors puisque tu citais l'histoire,
07:39moi je vais citer d'autres périodes de l'histoire, 1789, ce qui m'a frappé dans
07:44l'historiographie contemporaine, moi quand je lisais les causes de la Révolution française
07:49il y a longtemps, j'étais étudiant, ça remonte à plus de 40 ans, les aspects financiers
07:54n'étaient pas mis très en avant.
07:56Là, ce que je remarque dans l'historiographie, c'est que la crise financière sur la fin
08:00du règne de Louis XVI est beaucoup plus importante, et les rentes…
08:04Alors là, on aurait pu instaurer la taxe Zuckman, là ça ne m'aurait pas choqué.
08:07On était en 6-7…
08:08Quand on voyait que le clergé et la noblesse ne payaient pas d'impôts, là on aurait
08:12pu faire…
08:13Mais là, tu viens de lire un lien incroyable, c'est un peu trop long à lire, ce sont
08:18les dépêches des ambassadeurs de Venise en France de 1785 à 1795, et ce qui est
08:23formidable par rapport aux livres d'histoire justement qui sont racontés quand on connaît
08:26l'histoire, c'est que c'est leur rapport, c'est un peu la CIA à l'époque, les ambassadeurs
08:29de Venise, ils font un rapport toutes les semaines à Venise pour voir quelle est l'évolution
08:33de la situation.
08:35Et donc notamment, le 4 août, ils disent « Ah, il y a les devoirs, les droits de l'homme
08:38et des citoyens, c'est très bien, mais connaissant les Français, on aurait dû tout
08:41de suite mettre les devoirs. »
08:43Et dès 1788, on est en cessation de paiement.
08:48C'est là où du coup on est obligé de convoquer les États généraux.
08:50Et les pensions qui existaient, c'était pas...
08:54Et alors du coup, on avait essayé de faire un programme d'économie, mais ça n'avait
08:58pas suffi et ça avait créé beaucoup de mécontentement.
09:01Et les pensions, c'était pas juste pour les rendre des aristocrates, c'était les
09:04pensions, les données, je sais pas, ça s'appelait des domestiques, on donnait à
09:10beaucoup de gens.
09:11Et ça a créé du mécontentement.
09:12Et le 5 mai 1789, les États généraux se tiennent enfin après six mois d'hésitation.
09:18Et le roi commence son speech comme ça, le roi Louis XVI, il dit « Voilà, à mon
09:22avènement, il y avait déjà beaucoup de dettes en France.
09:25Et on a eu la crise du Covid, la guerre d'Ukraine.
09:30Non, on a eu la guerre d'indépendance américaine.
09:31On a beaucoup dépensé, on est obligé de monter les impôts, il y a un gros débat
09:37sur la répartition, je compte bien sur vous pour m'éclairer de façon intelligente
09:41à qu'on trouve un équilibre.
09:43Résultat, les États généraux deviennent l'Assemblée nationale, et vous connaissez
09:46la suite.
09:47Et on est rentré progressivement dans une crise absolument incroyable, mais c'est très
09:52progressif, c'est très progressif, et ça finit dans la famine d'un million de morts.
09:57– Emmanuel Combe, attendez.
09:58– On peut se finir quand même sur le 1789, c'est effectivement la guerre.
10:00– Je voudrais qu'on se remette aujourd'hui aussi.
10:03– Mais non, parce qu'on est dans un…
10:04– C'est ça.
10:05– On rejoue la révolution chaque année, donc il faut de la comprendre.
10:07– Les grandes crises financières, il y a 58 aussi, on pourrait en parler, mais
10:10c'était moins grave, mais enfin quand même.
10:12Il y avait aussi la guerre de 7 ans qui avait coûté très cher.
10:15Mais ce qui est intéressant, c'est que les rentes aujourd'hui, elles ne sont pas
10:18tellement au niveau fiscal, elles sont plutôt au niveau des dépenses.
10:21Il y a combien de gens qui dépendent de la dépense publique en France ? C'est terrible
10:24à dire, mais si tu comptes les retraités, si tu comptes les fonctionnaires
10:27sous statut, si tu comptes les titulaires de RSA, etc., t'es pas
10:30loin de 30 millions de personnes.
10:32Ah bah oui, et les rentes, elles sont là.
10:34Une fois que t'as capté une rente, elle est sanctuarisée.
10:37Il y a un économiste célèbre qui a pris Nobel 82, qui s'appelait Stiegler,
10:40qui l'a bien montré.
10:42Et c'est une économie de rente, c'est une économie même de connivence, la France,
10:46soyons clairs.
10:47Elle ressemble un peu à un pays dont on parle beaucoup en ce moment, c'est l'Argentine.
10:50Moi, il y a une quinzaine d'années, j'avais dit, sous forme provocatrice,
10:53dans un éditorial que j'avais fait pour les cahiers verts, l'Argentine est l'avenir
10:56de la France.
10:57Juste un point, mais bon, je veux pas non plus, on n'y est pas non plus, enfin,
11:01voilà.
11:01L'Argentine était douzième au PIB par habitant en 1950, elle est soixante-dixième
11:05aujourd'hui en PPA.
11:07La France, avant 1974, était toujours parmi les quinze premiers.
11:11Aujourd'hui, elle se balade entre 27, 28, 29e à peu près.
11:14Donc voilà, on y est.
11:16Emmanuel.
11:16Je vais revenir sur la taxe GAFAM.
11:20On portait à 6% hier soir.
11:21Elle était à 3%, elle était à 6%.
11:23Puisqu'elle existait, on aurait bien aimé avoir une évaluation du gain net, pas du
11:28rendement.
11:28Elle rapporte à peu près 750 millions d'euros.
11:31Mais comme l'a dit Jean-Pierre, d'abord, je vois mal Donald Trump ne pas réagir, au
11:35titre de la section 301.
11:37Il va nous sortir une belle mesure.
11:39Comme l'ont fait, je change de sujet, mais c'est même les Chinois, en ciblant, parce
11:42que c'est l'Europe qui est ciblée en réalité, il n'y a pas de taxe sur la France, mais
11:45en ciblant de fait la France, la fameuse taxe sur le brandy, c'est-à-dire sur le cognac,
11:49à mon avis, il va nous mettre une taxe, vous allez voir, j'espère pas, sur
11:51les vins et spiritueux.
11:52Donc déjà, naïveté de penser qu'il n'y aura pas de représailles, mais surtout
11:56que les gens pirent, moi ce qui m'inquiète vraiment, c'est qu'il n'y ait pas de raisonnement
11:58sur mais qui supporte la taxe ?
12:00Pardon Ludovic, à mes étudiants de première année de micro, on leur explique l'incidence
12:05fiscale qui a la faim.
12:05Il suffit de recevoir une facture Google, par exemple.
12:08Qui paye la taxe ?
12:09On le sait tous, ça dépend de l'élasticité.
12:11On ne va pas faire un cours d'économie, on sait qu'en général, c'est celui qui va payer,
12:16ça va être qui ?
12:16Ça va être l'annonceur.
12:18Alors je regardais sur LinkedIn, en effet, il y a un patron qui a montré sa facture
12:21Google Ads, et sa facture Google Ads, c'est mieux que ça.
12:24Il y a maintenant une ligne où c'est écrit risque réglementaire en France.
12:27Donc c'est reporté.
12:29Alors c'est reporté sur qui ?
12:30Les annonceurs, c'est quoi ?
12:31C'est à la fois L'Oréal, enfin des grands, qui ont la capacité d'aller ailleurs
12:35que faire de la publicité sur Instagram et sur Google Search, ils peuvent aller à
12:37la télévision.
12:38Mais quand vous êtes une PME et que vous n'avez pas trop d'argent, le seul canal publicitaire
12:43pas trop coûteux, c'est de passer par les réseaux sociaux.
12:45Donc en réalité, paradoxalement, pour moi, c'est presque une taxe sur les TPE et
12:50les PME qui cachent son nom.
12:52Deuxième effet, on ne peut pas exclure que des géants du numérique se disent la punition
12:57entre guillemets vis-à-vis de la France, ça sera de ne pas lancer des nouveaux produits.
13:01Je vous rappelle, c'est déjà le cas en France, il me semble que Google Overview n'est pas
13:05disponible en France, pas pour des raisons de taxe, pour des raisons de, je cite, risque
13:09réglementaire.
13:09De régulation.
13:10On aura même, si vous voulez, une punition qui prend la forme de ne pas lancer un produit.
13:14Est-ce que tout cela a été évalué ?
13:17À la fin des fins, est-ce que finalement le risque que l'on prend, qui est un risque
13:21quand même fort, en vaut la chandelle ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire,
13:25mais tout ça qui sort du chapeau, comme ça, entre le soir…
13:28On parlait de crise de nerfs, hier soir, moi j'étais parti sur l'idée 3-15, là
13:32je me dis que ce n'est pas possible, x 5, et ce matin on se réveille 3-6, pourquoi
13:36pas 3-5, 3-7, tout ça est quand même, excusez-moi, un peu amateurisme.
13:41Où est le long terme ? Où est le long terme dans le raisonnement ?
13:43On va y revenir au long terme.
13:45Mais bien évidemment, au contraire, c'est très cohérent ce qui est en train de se
13:49passer.
13:50Et je pense que Jean-Pierre a fait bien fait de parler de la période révolutionnaire,
13:54et des phénomènes d'assemblée.
13:56Parce que ce qui est très intéressant quand on regarde ce qui se passe dans une
14:00assemblée, et si vous regardez la façon dont justement les assemblées, de la
14:04constituante, législative, convention vont déraper, c'est-à-dire qu'une idéologie
14:09dominante s'installe, aujourd'hui le mot c'est justice fiscale.
14:14Donc, vous voyez, des gens de tous bords, il y a le LR là qui dit non, on ne veut pas
14:18d'augmentation d'impôts, mais encore qu'ils ont mis un peu de temps à staguer, mais
14:22maintenant ils le disent, maintenant ils le disent clairement, ils disent on votera
14:24contre toute hausse d'impôts.
14:26Mais les autres, tous les autres partis, de centres de gauche et d'extrême droite,
14:32disent, ah oui non mais justice fiscale.
14:34Or, c'est sans fin.
14:36Parce que, d'ailleurs il y a une très belle phrase de Goethe, pensez, les législateurs
14:41et les révolutionnaires qui vous disent que l'égalité, la liberté sont compatibles,
14:46sont soit des psychopathes, soit des charlentans.
14:49Et on est pris par, on a un magnifique liberté, égalité, fraternité, c'est magnifique, sauf
14:57qu'on comprend que si c'est l'égalité à tout prix, et au lieu d'être l'égalité,
15:02tous les hommes sont égaux en droit, ça devient tous les hommes doivent être égaux matériellement
15:07et parfaitement matériellement, ça s'appelle le communisme et ça n'a jamais fonctionné.
15:13Mais on est dans cet état d'esprit.
15:14– Alors Guillaume et Emmanuel, vous êtes sur l'Ener, Jean-Pierre Petit, vous êtes fataliste.
15:18– Non, non, non, attendez, je veux juste revenir.
15:20– Est-ce qu'on ne s'excite pas pour rien ?
15:22Parce que la mesure qui est tombée hier, quand même, sur la taxation des multinationales,
15:26proportionnellement à leur activité en France, censée rapporter 26 milliards.
15:31– Déjà ?
15:31– Bon, ok, peu importe.
15:33Mais est-ce qu'on ne parle pas d'un budget qui est déjà mort ?
15:38Parce que ces 26 milliards, on sait que maintenant la suite des débats, elle est hors sol, en fait.
15:42– Déjà, les 26 milliards, vous les sortez d'où ?
15:44– Ce n'est pas moi qui les chiffrez.
15:45– Je ne suis pas sûr, en plus, que d'un point de vue juridique, ça tient.
15:49La France a signé des conventions fiscales.
15:50– Ah ben, de toute façon, Roland Lescure, à défaut d'avoir dit un gros mot, a dit
15:55« c'est 20 milliards d'ennuis ».
15:56– Je voudrais revenir quand même sur un point qu'a évoqué Jean-Pierre.
16:01Je ne sais pas qu'on est sur les nerfs, mais c'est que vous présentez ça comme une évidence,
16:05l'idée que, ben oui, c'est la politique.
16:07Il y a quand même des pays démocratiques, avec des socialistes, ça s'appelle le Portugal,
16:12je le disais, pas plus tard, qui est à l'excellente interview, je crois que c'était du ministre
16:15des Finances dans le Figaro, qui un jour se sont dit, premièrement, on va dans le mur,
16:21on a consensus sur ce point-là, on met en place du long terme des réformes structurelles,
16:27des réformes structurelles, et on y arrive.
16:30Donc, j'entends le point de Jean-Pierre qui dit « c'est normal, la politique, c'est ça,
16:34c'est l'art du court terme ». Il y a quand même des pays démocratiques qui y sont arrivés.
16:38Ça, c'est le premier point.
16:38Et Schröder, en Allemagne, il y a dix ans.
16:41Eh oui, ce qui me gêne dans ce débat, dans le débat actuel à l'Assemblée nationale,
16:44c'est cette idée que, et ça rejoint un peu ce que disait Guillaume,
16:49il y a un gâteau stable dont il faut se répartir les parts.
16:53On a désigné les deux coupables, c'est les riches et les multinationales,
16:56ou les GAFAM, il n'y a jamais la réflexion sur « et si on augmentait la taille du gâteau ».
17:01Or, tout ça est documenté, je veux dire, on ne parle pas de choses secrètes.
17:04Moi, je relisais encore hier le rapport du CAE.
17:06Alors, je ne dis pas que le CAE, il faut le prendre, c'est l'alpha et l'oméga.
17:09C'est quand même des gens qui ont bossé.
17:10Et ils vous disent, les réformes structurelles horizon 2030,
17:132030, c'est cinq ans, on ne parle pas de 50 ans.
17:162030, ça serait à peu près 45 milliards chaque année
17:20si on arrivait à faire un peu plus de gains de productivité
17:23et si on augmentait le taux d'emploi.
17:25Enfin, c'est des choses qui sont hyper connues, 45 milliards.
17:28Avec 45 milliards, vous avez presque, par an,
17:30vous avez résolu votre problème de déficit primaire.
17:33Vous voyez, ce qui me gêne, c'est que non seulement
17:35tout ça tombe du ciel, il n'y a pas d'impact,
17:38mais il y a le vrai débat.
17:40Le vrai débat, c'est comment on fait croître la taille du gâteau.
17:43Je ne dis pas qu'il ne faut pas faire de baisses de dépenses publiques.
17:45La productivité, la croissance.
17:46Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire, parce qu'on n'a pas le choix.
17:48Il faut stabiliser le ratio d'aide sur PIB.
17:50Je dis simplement, ce n'est pas l'alpha et l'oméga.
17:52Ce n'est pas une fin en soi.
17:54C'est la réforme structurelle.
17:55Le Portugal l'a fait.
17:56Jean-Pierre Petit, je vous sens.
17:59Non, c'est-à-dire que je parlais de la classe politique française.
18:02On est d'accord.
18:03Il y a aussi la Suède, social-démocrate.
18:05Oui, mais la Suède et l'Allemagne, c'est des pays raisonnables.
18:09Comment ça, la France n'est plus raisonnable ?
18:10La Nouvelle-Zélande, dans les années 90,
18:12on l'a oublié, avait des problèmes de dette.
18:13Le Canada, des années 90 aussi.
18:16Il y a eu des gouvernements de centre-gauche
18:17qui ont fait des réformes.
18:19Le sujet dépasse un petit peu
18:21la sphère économique.
18:23Pour moi, c'est un problème un peu culturel.
18:26Gramsci disait souvent,
18:28c'était un marxiste,
18:29mais il disait souvent,
18:30on n'aura jamais le pouvoir politique
18:31si on n'a pas le pouvoir culturel.
18:33Et c'est intéressant ce que tu disais tout à l'heure, Guillaume.
18:35Barnier, quand il arrive,
18:36son premier discours,
18:38je ne m'interdis pas
18:39de prendre des mesures de justice fiscale
18:41au sens augmentation d'impôts.
18:43Et c'est un mec qui est réputé de droite,
18:46enfin, ou de centre-droit.
18:47Voilà.
18:47Donc ça commence comme ça.
18:49Ça commence comme ça.
18:50Le langage est très important.
18:51Le langage politique est très important.
18:53Ça, parce qu'il reflète vraiment...
18:55C'est quelque chose qui ruisselle.
18:56Voilà.
18:57Exactement.
18:58Et...
18:58Guillaume Dard.
18:59Tu as raison.
19:00Et deux, donc,
19:01on a trouvé cette incarnation par...
19:04C'est incroyable, d'ailleurs,
19:05parce qu'il y a trois semaines,
19:06on reprochait au service public
19:07d'avoir mis Zuckman partout.
19:08Maintenant, on peut...
19:09Il est en permanence
19:11sur tous les plateaux de BFM,
19:13de...
19:14Mais vous aussi, Guillaume.
19:15De LCI.
19:16Mais vous aussi,
19:17vous êtes sur les plateaux de BFM.
19:18Non, non, non.
19:19Soyons sérieux.
19:19Et le prof...
19:21Et c'est quand même pas
19:23le professeur Ruef en 58,
19:24si vous voulez.
19:26On a quand même là
19:27une chute de niveau.
19:28C'est-à-dire
19:28une non-réflexion absolue.
19:31Le général de Gaulle,
19:32dans le plan de 58 avec Ruef,
19:33il est dur, son plan, d'ailleurs.
19:34Il attaque beaucoup de rentes.
19:36Il y a des impôts, etc.
19:38Mais il y a une cohérence
19:39et puis ça va être démontré
19:40et ça repart.
19:42Mais il refuse, justement,
19:43si vous relisez
19:43les mémoires d'espoir,
19:44il l'écrit très bien.
19:45Le général, il dit
19:45j'ai refusé d'écouter
19:47les partis et les médias,
19:50entre guillemets, le monde.
19:51Ce qui était...
19:52Et même Figaro.
19:53C'est-à-dire qu'il a dit
19:53je refusais,
19:54j'ai compris que le peuple
19:55comprendrait
19:56et j'y suis arrivé.
19:57Et c'est-à-dire que
19:58on ne va pas ni attaquer
19:59les médias
20:00ni attaquer la démocratie
20:01représentative,
20:02mais on sent bien
20:03que, comme l'avait expliqué
20:04Jean-Pierre,
20:08il faut aller au plus facile,
20:09à la position la plus démagogique
20:11possible
20:11et celle qui passe
20:12parce qu'elle donne
20:13une solution très courte
20:15aux gens.
20:15Guillaume, ce que vous décrivez,
20:17c'est un petit peu la posture
20:18peut-être qui n'a pas réussi,
20:19qui avait tenté
20:19de prendre François Bayrou
20:20le 15 juillet
20:21dans son discours.
20:22D'une certaine façon,
20:23sauf qu'on est dans une séquence
20:25où lui-même,
20:26Bayrou,
20:26enfin je ne veux pas parler
20:27de politique politique,
20:29c'est un peu intéressant,
20:30mais ce qui a été intéressant,
20:31en tout cas,
20:31dans la phase Bayrou
20:32de juillet à septembre,
20:34c'est que lui-même
20:35a quand même fait un constat
20:37assez lucide sur la situation.
20:39Mais ensuite,
20:39sur les solutions,
20:40de toute manière,
20:41il n'en avait pas
20:41parce qu'il était immédiatement coincé.
20:43Mais je crois que,
20:45confusément,
20:45les Français savent
20:46qu'il faut changer les choses
20:48et pour l'instant,
20:49ce qu'on leur propose,
20:50c'est des solutions
20:50à la petite semaine
20:51avec des effets délétères
20:52qu'on ne mesure pas.
20:53– Un autre point,
20:55ce n'est pas seulement
20:56une histoire de culture,
20:57vous allez me dire
20:57je prêche pour ma paroisse,
20:59pour notre paroisse,
21:00je ne crois pas,
21:00c'est objectif,
21:02la faible place
21:03des économistes
21:04au sein des élites
21:06administratives.
21:07Vous prenez l'Italie,
21:08je suis désolé,
21:09l'Italie,
21:09vous avez une véritable
21:10élite d'économistes,
21:11des vrais économistes.
21:12Il n'y a pas que Draghi,
21:13Draghi, Monty,
21:14on pourrait faire...
21:14En France,
21:16et j'ai travaillé en cabinet
21:17pendant cinq ans,
21:17donc je peux en parler,
21:18l'économie,
21:19c'est vu comme de l'intendance,
21:21limite,
21:21c'est de la compta,
21:22c'est de la comptabilité.
21:23L'économiste,
21:24c'est celui qui va faire
21:26des calculs,
21:26on est un pays de juristes,
21:28on est un pays d'administration,
21:29je ferai une loi
21:30et tout ira bien.
21:31Or l'économiste,
21:32qu'est-ce qu'il vous dit ?
21:33Le logiciel de l'économiste,
21:34c'est justement de dire
21:35dès que tu fais un texte,
21:36il va être contourné,
21:38bref,
21:38il faut regarder l'invisible,
21:39tout ça est subtil,
21:40on n'a pas de culture économique.
21:42C'est qui le dernier ministre des Finances
21:43qui a vraiment une formation d'économiste ?
21:45C'est DSK
21:45et Raymond Barle.
21:47Je ne dis pas que c'est l'alpha et l'oméga.
21:48Moi, je crois qu'un pays
21:49qui part du principe
21:51que le ministère de l'économie
21:53n'est pas forcément dirigé
21:54par des économistes,
21:55en tant que citoyen,
21:57moi, ça me gêne un peu.
21:59L'économiste
21:59est une science sociale.
22:01Je ne dis pas que c'est
22:02une science mathématique.
22:03C'est quand même mieux
22:04quand vous êtes malade
22:04d'aller voir un médecin
22:05que d'aller voir un non-médecin.
22:06Les médecins se trompent.
22:07Néanmoins, nous allons voir des médecins.
22:08Et moi, je suis persuadé
22:09qu'un des mots français,
22:10c'est le fait que
22:11les vrais économistes
22:12n'ont pas dans la décision politique
22:14le poids qu'ils ont eu.
22:15Et d'ailleurs, Guillaume citait Ruef.
22:18Ruef, pardon,
22:19grand économiste,
22:20libéral, certes,
22:21mais grand économiste.
22:22On a perdu aussi
22:23cette culture
22:25qui consiste à dire
22:27qu'il y a le droit
22:27et il y a aussi la science économique
22:29qui dit des choses.
22:30Et finalement,
22:31le seul que l'on entend aujourd'hui,
22:32c'est Gabriel Zucman,
22:33qui, je le répète,
22:33est un vrai économiste.
22:34On pourrait en dire
22:35quelqu'un d'autre.
22:35On a quand même
22:36un prix Nobel de l'économie
22:37depuis quelques semaines.
22:38Espérons que Philippe...
22:39Moi, j'y perds beaucoup
22:40que Philippe...
22:40Philippe Aguillon,
22:41dont le moteur est l'innovation,
22:44pour résumer,
22:45pour aller vite.
22:46C'est quelqu'un
22:47qui, aujourd'hui,
22:48n'est pas suffisamment...
22:49Moi, je compte beaucoup
22:49sur Philippe.
22:51Il a une parole très forte.
22:53Il est sûrement formidable.
22:54Il est encombré
22:56dans le débat politique,
22:57puisque sa déclaration
22:58était de dire
22:59qu'il faut voter le budget
22:59même s'il n'est pas bon
23:00parce que sinon,
23:01il y a l'URN.
23:03Le problème,
23:03c'est que...
23:04Il s'est foutu là-dedans.
23:05L'économiste doit rester
23:07un peu sur son aventin.
23:08Il est sorti dans son truc.
23:09L'économiste doit rester
23:11quand même
23:12dans une position
23:13un peu sur son aventin.
23:14Et c'est pour ça
23:15qu'Aguillon est formidable.
23:17Mais il est intervenu
23:19dans le débat politique
23:20instantané,
23:21puisqu'en s'opposant
23:22au risque du RN.
23:24Et quant à Guzman,
23:26il fait le programme
23:26du non-fonds-front populaire.
23:28Donc, ce n'est pas
23:28ce qu'on abcène.
23:29Ce sont des économistes
23:31qui ne sont pas restés
23:32dans une position de neutralité.
23:34Typiquement,
23:34sur les réformes structurelles,
23:35la voix de Philippe
23:36va être essentielle
23:37puisque Philippe,
23:38c'est le plus légitime
23:38pour nous expliquer
23:39que le problème de la France
23:40c'est la diffusion
23:40des gains de productivité.
23:41C'est moins l'innovation
23:42que la diffusion de l'innovation.
23:44Regardez les PME
23:45qui ne sont pas passées à l'IA.
23:47Je regardais hier,
23:4750% des PME françaises
23:49n'utilisent pas
23:50véritablement le numérique.
23:51Or, c'est ça
23:52les leviers de productivité.
23:53Et là, Philippe,
23:54il peut avoir un message
23:55énorme.
23:55Le vrai sujet,
23:56c'est la taille du gâteau.
23:57Ce n'est pas de se répartir
23:58le gâteau à taille constante.
24:01Oui, mais il y a
24:01d'autres sujets.
24:02Il y a l'efficience administrative,
24:04politique.
24:05Il y a d'autres sujets
24:05que les gains de productivité
24:06issus de l'IA.
24:08En France,
24:09on accumule les problèmes.
24:10C'est toute une série de passifs.
24:12Le gain de productivité,
24:13ce n'est pas que l'IA,
24:13c'est aussi la formation.
24:14Oui, c'est la formation,
24:15les compétences.
24:16Ce que je veux dire,
24:16c'est qu'on accumule les passifs.
24:17On parle de la dette financière
24:19de l'État, oui,
24:19d'accord,
24:20mais il y a le passif humain,
24:21donc le niveau
24:22de déscolarisation,
24:23etc.,
24:24ça va bien au-delà.
24:25Le passif technologique,
24:26on est très en retard
24:27dans le numérique.
24:28Voilà, il y a le passif,
24:29même la défiance croissante
24:31des Français
24:32à l'égard, justement,
24:33de la parole politique.
24:34Et ça, c'est un gros handicap
24:35qu'on va avoir du mal
24:36à surmonter.
24:37Je vais juste remonter
24:38un petit peu,
24:39une dernière fois,
24:40un promis,
24:40sur l'histoire.
24:41Comment ça s'est résolu,
24:42la Révolution française ?
24:44On a eu dix ans
24:44de guerre civile,
24:45en fait,
24:45à partir de 1789.
24:47Il y a un type
24:47qui s'appelait Napoléon
24:49qui, on l'oublie souvent,
24:51parce qu'on mentionne
24:52tout un tas de trucs
24:53sur Napoléon,
24:53mais on oublie souvent
24:54la restauration financière
24:55qu'il a rétablie.
24:56Alors, jusqu'en 1811,
24:571812,
24:58parce qu'on peut quand même
24:59bien reconnaître
24:59que la guerre,
25:00ensuite,
25:00ça a quand même
25:00plutôt dégradé les choses.
25:02Et puis, en 1958,
25:03effectivement,
25:03tu as la restauration
25:04par De Gaulle
25:05qui est puissante,
25:08forte et sans démagogie.
25:10Autant, en 1944,
25:10il avait un peu cédé,
25:12parce qu'il se disait
25:12en 1944,
25:13on est quatre ans de guerre,
25:14on est NMA,
25:15il avait un petit peu cédé.
25:15En 1944,
25:16il n'a pas été longtemps au pouvoir,
25:17il était au pouvoir
25:18pendant 18 mois,
25:19jusqu'en janvier 1946.
25:21Mais là,
25:22il a dit,
25:23la France mérite
25:24un discours de vérité.
25:26Et surtout,
25:27la distinction qu'il a faite,
25:28je ne suis pas là
25:29pour faire la politique
25:30des Français,
25:30je suis là pour faire
25:31la politique de la France.
25:32Voilà.
25:33Ce qu'on aimerait.
25:34La vision,
25:35la projection.
25:36Ce à quoi on assiste
25:37aujourd'hui,
25:38c'est,
25:38au fond,
25:42Emmanuel Macron
25:42a lancé
25:43beaucoup de bonnes initiatives
25:44dans la politique de l'offre.
25:46Pour différentes raisons,
25:48effectivement,
25:48la France est quand même
25:49dans cette situation
25:50très difficile
25:50et cet endettement
25:51a monté de façon incroyable.
25:52Donc,
25:53tout ce qu'il a pu dire,
25:55que moi,
25:55je considère positif,
25:56devient décrédibilisé.
25:58Et c'est un peu,
25:59vous vous souvenez
26:00de l'histoire
26:00des premiers de cordée,
26:01on a l'impression
26:02que maintenant,
26:03il faut pendre
26:04tous les premiers de cordée.
26:06Mais je ne sais pas
26:07si les premiers de cordée
26:08sont assez occupés
26:08des autres,
26:09mais enfin,
26:09si vous pendez
26:10tous les premiers de cordée,
26:12vous n'allez pas monter
26:14la montagne des difficultés
26:15face à la France.
26:20Or,
26:20il y a un espèce
26:21de discours là aussi
26:22surnaturel
26:23qui considère
26:24que si vous tapez
26:25sur les entrepreneurs,
26:27les personnes
26:27qui ont des capitaux
26:28à investir,
26:29etc.,
26:30ce n'est pas grave du tout.
26:31Ils continueront quand même
26:32à mettre leur argent
26:34pour faire avancer la France.
26:35Et c'est quand même
26:36une volonté
26:37de ne pas comprendre
26:38la nature humaine
26:39qui me semble
26:39très déraisonnable.
26:41Surtout que c'est documenté.
26:43Surtout,
26:44on sait que c'est documenté.
26:45Typiquement,
26:46sur la taxe Zuckman,
26:47le taux d'évasion,
26:47ça sera à peu près 75%.
26:4950% par évitement,
26:50optimisation,
26:51et 25% par l'exil.
26:53Tout ça a été montré.
26:54En plus,
26:55il y a eu l'expérience
26:55des pays scandinaves.
26:56Mais la passivité,
26:57tout simplement.
26:57Je crois que c'est le CAE
26:58qui dit que pour un euro
26:59à la fin,
26:59c'est le ratio
27:01de 25% par l'exil.
27:02Non, parce que ça,
27:03ils disent qu'ils le règlent,
27:04il y aura des taxes
27:04pour les taxes.
27:05D'ailleurs,
27:05on parle de la révolution.
27:06C'est quand il y a un problème,
27:07je remets une couche.
27:08Au début de la révolution,
27:09on avait le droit
27:10d'aller et venir
27:10où on voulait
27:11dans les pays étrangers.
27:12Et tout d'un coup,
27:13en 1991,
27:14quand le roi essaye
27:15de s'en aller à Varennes,
27:16on dit,
27:16c'est fini,
27:17tout français qui part du pays
27:18va payer trois ans d'impôts.
27:21Après,
27:21on lui a coupé la tête.
27:22On va arrêter la repose.
27:24On marque une pause.
27:25On va marquer une pause
27:26et on va continuer le débat
27:28et on se retrouve aussi
27:28sur l'emploi.
27:29Les États-Unis,
27:30la Chine,
27:30les experts,
27:31à tout de suite.
27:37BFM Business
27:38et la Tribune
27:38présentent
27:39Les Experts.
27:41Ludovic de Sauté.
27:43Les Experts,
27:44le retour avec nous toujours,
27:46Guillaume Dard,
27:47président de Montpensier-Arboré
27:48et vice-président de l'AFG.
27:50Emmanuel Combe,
27:51professeur
27:52à l'Université Paris 1,
27:54Panthéon-Sorbonne
27:55et à la Schéma Business School
27:56et Jean-Pierre Petit,
27:57président des Cahiers Verts
27:58de l'économie.
27:59Autant dire que les esprits
27:59s'échauffent sur le plateau,
28:01sur le budget.
28:03Hier,
28:03il y a eu
28:03les chiffres de l'emploi
28:05qui ont été communiqués
28:06par la DARES,
28:06le ministère du Travail,
28:08avec, on va dire,
28:09un petit décalage
28:10entre la version officielle
28:12et la version officieuse.
28:14J'aurais même pu savoir
28:15comment lire les choses.
28:17Officiellement,
28:17donc au plan clinique,
28:18le chômage
28:19aurait progressé de 1%,
28:21mais en fait,
28:22le ministère du Travail
28:23dit que non,
28:23c'est faux,
28:24puisqu'il y a eu
28:24des changements méthodologiques.
28:26Il a baissé de 1,6%.
28:27Alors ce qui est assez marrant,
28:28c'est qu'on regarde du coup
28:29toutes les réactions.
28:30On constate une baisse
28:31du nombre du demandeur d'emploi,
28:33dit le ministère du Travail.
28:35La CGT dit,
28:36ça confirme une catastrophe
28:38relevée
28:39avec la multiplication
28:40des plans de licenciement.
28:41Un de vos confrères,
28:42Éric Heilleur de l'OFC,
28:43dit le thermomètre est cassé.
28:45On va essayer d'y voir clair
28:47avec vous les experts.
28:48Déjà,
28:49qu'est-ce que vous ressentez
28:49sur le front de l'emploi
28:50qui est directement lié aussi
28:51aux pattes à caisse du budget,
28:53on ne va pas se mentir.
28:54Vous êtes inquiet
28:55sur le front de l'emploi
28:55en France ?
28:56L'emploi,
28:58c'est quand même très segmenté.
29:00Donc je vais en prendre un angle.
29:03Nous,
29:03chez Montpensier-Arbevel,
29:04on recrute plutôt des gens
29:05qui ont des masters,
29:06etc.
29:07Et on voit,
29:09et on leur demande
29:10s'ils ont beaucoup d'offres d'emploi.
29:12Et ils disent non.
29:14Il y a un double phénomène
29:15qui est en train de se passer.
29:17Le premier,
29:18c'est qu'il y a une crispation
29:19sur tous les secteurs
29:21un peu visés
29:22à haute valeur ajoutée
29:23à qui on avait promis
29:23qu'on enlèverait
29:24la CVE,
29:25etc.
29:26et qu'ils comprennent
29:27et par exemple
29:27dans le secteur financier
29:28qui fait partie
29:30des boucs émissaires
29:31de la situation,
29:33ça ne donne pas envie
29:34extraordinairement
29:34de se développer.
29:35Donc voilà un segment
29:36sur le jeune diplômé
29:37dans le secteur financier.
29:38Il y a clairement
29:38moins d'offres d'emploi.
29:41Et ce qui est plus grave encore,
29:42c'est que vous savez
29:44qu'il y a eu ce débat
29:45sur les subventions
29:47à l'apprentissage
29:48et que le débat
29:49a été tranché
29:50par quelques professeurs
29:51d'économie doc
29:52qui ont dit
29:52ben non,
29:54on peut,
29:54pour le Bac plus 1,
29:56Bac plus 2,
29:56c'est utile,
29:57mais après,
29:57de toute manière,
29:58les entreprises
29:59ont besoin de ces gens-là.
30:00Sauf que c'est,
30:02ça pourrait être vrai
30:03si on était vraiment
30:05en sur-demande
30:05et si les gens
30:06qui étaient en apprentissage
30:07étaient déjà
30:08des surdoués absolus.
30:10Or,
30:10la plupart quand même
30:11ont besoin
30:11d'une vraie période
30:12de formation
30:13et donc l'apprentissage
30:14pour l'entreprise,
30:15certes,
30:15ça lui est utile
30:16parce que ça lui permet
30:17de trier,
30:18de former
30:18pour ses recrutements,
30:21mais en même temps,
30:22c'est quand même
30:23un effort assez fort
30:23de sa part.
30:24Et donc,
30:24le fait qu'il ait été
30:25légèrement subventionné,
30:28c'était une bonne chose
30:29parce qu'un apprenti,
30:30souvent,
30:30il faut qu'il partage
30:31une semaine,
30:32il est là,
30:33une semaine,
30:33il est dans l'école.
30:34C'est ce qui est bien,
30:35c'est l'idée du programme.
30:36Enfin,
30:36c'est toujours comme ça
30:37en entreprise,
30:37naturellement,
30:38la semaine où il fait ses cours,
30:39c'est celle où on a
30:40plus besoin de lui
30:40et puis l'autre semaine,
30:42il n'y a personne
30:42pour le former.
30:43Donc,
30:44je trouve que ça,
30:45c'était quand même
30:45une mesure qui était chère
30:46mais c'était une mesure
30:47qui était nécessaire
30:48et ça faisait beaucoup
30:49de gens bien formés
30:50qui arrivaient mieux formés
30:51en tout cas sur le marché
30:52du travail.
30:53Et donc,
30:53sur ce marché du travail,
30:54dans des professions
30:55hautes,
30:55on va leur ajouter
30:56et quant aux entreprises
30:58internationales,
31:00ce n'est pas la taxe
31:01d'hier soir
31:01qui va leur donner
31:02des envies
31:03d'embaucher
31:06massivement en France.
31:07Donc non,
31:08c'est assez inquiétant.
31:08Emmanuel Comte,
31:09Jean-Pierre Petitisson,
31:10le Fonds de l'Emploi,
31:11vous êtes un...
31:11Je ne sais pas
31:12si c'est de macro
31:13mais en tout cas,
31:13ça démontre
31:14que l'instabilité politique,
31:15elle a un coût économique.
31:16On le savait,
31:17c'est documenté
31:18par les économistes
31:18depuis 30 ans.
31:19La facture.
31:20Et le coût,
31:21c'est toujours pareil,
31:22c'est le coût
31:22de la non-décision.
31:23Je suis une entreprise,
31:24non seulement,
31:26éventuellement,
31:26je licencie
31:26mais je n'investis pas,
31:28je retarde.
31:29Le coût de la non-décision
31:30et tout ça est mesuré
31:32donc c'est un coût
31:32typiquement en termes
31:33de croissance économique
31:34et donc en termes d'emploi.
31:34Mais ce n'est pas en n'importe quel budget
31:35que ça va redire
31:36ces stabilités
31:36parce qu'il y a un budget.
31:37Parce que si c'est un budget,
31:39je ne sais pas moi
31:39qui l'ai dit,
31:39la Frankenstein,
31:41ce sera...
31:42Avec des grosses coutures ?
31:43Ça va faire partir
31:44encore plus des gens
31:45et accentuer.
31:46C'est-à-dire que si c'est
31:48au nom de la stabilité
31:49un budget Frankenstein,
31:51ça va être un effet pire.
31:52Jean-Pierre Petit,
31:53sur ce front de l'emploi
31:54qu'est un capteur
31:55quand même aussi
31:56d'où va l'économie
31:57et de l'incertitude
31:58dont parle Emmanuel Combe
31:59à l'instant.
31:59Quelle va être
31:59la croissance de la France
32:00l'année prochaine ?
32:02J'adore les consensus
32:03à...
32:04Je ne sais plus combien,
32:04à 0,8.
32:06Enfin, je veux dire...
32:07En céphalo-plat, quoi.
32:09La politique budgétaire
32:10va être de toute façon
32:11restrictive,
32:12contrairement à l'Allemagne,
32:13par exemple,
32:14ou contrairement à d'autres pays,
32:15contrairement même
32:15aux Etats-Unis, etc.
32:17Et quelle est la croissance
32:18potentielle de la France
32:20aujourd'hui ?
32:20Parce que 5 ans
32:21de sous-productivité,
32:23ça va...
32:24Voilà.
32:25Le nombre d'employés
32:26par habitant,
32:27enfin,
32:27le nombre d'employés
32:28et les évolutions démographiques
32:29ne sont pas du tout
32:30non plus favorables
32:31à la croissance potentielle.
32:34J'ajoute que,
32:35ça on ne le dit pas souvent,
32:36il y a des pressions
32:37déflationnistes en France.
32:39Je dis bien déflationnistes.
32:40Regardez le prix
32:40des biens manufacturés.
32:42Regardez les entreprises
32:43industrielles
32:44parce qu'elles se refinancent
32:45péniblement, là,
32:46combien, là ?
32:47Avec la BCE
32:48qui ne bouge pas, là.
32:49Elles se refinancent
32:50avec un taux moyen du crédit
32:51qui n'est pas loin de 4,
32:53alors que leur prix,
32:53le prix donc
32:54de leur chiffre d'affaires
32:55est en train
32:56de commencer à diminuer.
32:57sachant qu'il y a
32:58tous les renouvellements
32:59de...
32:59Enfin,
33:00la question des PGE
33:03qui ont été accordées
33:03durant la COVID,
33:06etc.
33:06Vous allez avoir
33:07des pressions déflationnistes
33:09au cours des prochaines années.
33:10L'inondation
33:11des produits chinois
33:11d'UMP
33:12avec la sous-évaluation
33:13du renminbi.
33:15Donc, ça va toucher l'industrie.
33:17Mais dans les services,
33:18tu as une hausse
33:19parce que tu as eu
33:19une hausse des salaires,
33:21tu as eu une hausse des prix...
33:23Je ne sais pas,
33:23je parle avec un restaurateur,
33:24des salaires,
33:25ça commence...
33:25Matière première agricole,
33:27il dit,
33:27avec le prix de mon poisson,
33:29de ma viande,
33:30etc.
33:30Donc,
33:31il y a ce mouvement,
33:32tu as raison,
33:33très déflationniste
33:34sur l'industrie
33:34avec la vague chinoise
33:35qui arrive,
33:36là,
33:36de productivité,
33:37de robots
33:38qui est absolument incroyable.
33:38Et l'euro fort,
33:43il ne faut pas l'oublier.
33:44Il y a un euro très fort.
33:45Trop fort,
33:46maintenant ça.
33:46Bien sûr.
33:47Il y a un euro très fort.
33:48Mais par contre,
33:48on a quand même
33:49de l'inflation dans les services,
33:51dans les prix de l'énergie.
33:52Alors,
33:53c'est peut-être un effet TVA,
33:54mais vous avez vu le débat
33:55en disant
33:55un tiers des Français
33:56ne peuvent pas payer
33:56sa facture d'énergie.
33:58Donc,
33:58il y a quand même
33:59un sentiment de hausse des prix
34:01pour le bien de consommation courante
34:03parce que sur le manufacturier,
34:04si tu veux,
34:05le consommateur ne le sent pas,
34:07l'effet de déflation.
34:08Non,
34:08mais je ne parle pas
34:08du point de vue de la consommation.
34:09Une dynamique déflationniste
34:11est négative pour tout le monde,
34:12de toute façon.
34:13Surtout quand on a
34:13ces niveaux de dette.
34:14Je veux dire,
34:15on a les niveaux records
34:16de dette de l'histoire
34:16en temps de paix
34:17et on a des taux réels
34:19aujourd'hui en France
34:20qui sont au niveau
34:21du taux réel américain.
34:22Mais c'est le passage
34:22de Irving Fischer de 1932.
34:24Dead,
34:24deflation,
34:25on the planet,
34:25the great depression.
34:26Alors qu'on a 200 points de base
34:28de moins de croissance potentielle
34:30et plus encore
34:32de croissance potentielle nominale.
34:34C'est-à-dire,
34:35pas seulement la croissance réelle,
34:38mais également
34:38les anticipations d'inflation
34:39qui sont plus élevées
34:41aux Etats-Unis
34:42qu'en France.
34:42C'est un avantage.
34:43Les taux qui sont à 200,
34:44ils ne bougeront plus.
34:45Comment ?
34:45La BCE ne bougera pas
34:46ces taux.
34:47Le consensus à la BCE...
34:48Si, elle le fera,
34:49mais comme d'habitude.
34:50Enfin,
34:50pas comme d'habitude.
34:51Non.
34:51À l'exception de Mario Draghi,
34:53elle le fera trop tardivement.
34:55Elle sera obligée de le faire.
34:55Elle ne le fera pas demain,
34:56en tout cas.
34:57Elle ne le fera pas demain
34:57avec l'Allemagne qui relance.
34:58Elle ne le fera pas.
34:59Juste deux derniers points
35:00avant qu'on parle des Etats-Unis,
35:01Donald Trump,
35:02de la Chine
35:03et de la guerre commerciale.
35:04Sur l'emploi,
35:04il y a quand même un point,
35:06Emmanuel Conn,
35:07vous en parliez tout à l'heure,
35:08c'est où sont les jeunes,
35:09aujourd'hui ?
35:10Enfin, dans ce pays,
35:11parce qu'on est capable
35:12de prendre des mesures,
35:14de faire que l'abattement
35:15pour les retraités
35:16soit maintenu.
35:18Mais alors,
35:18la jeunesse
35:19n'est absolument pas
35:21accompagnée dans ce pays-là.
35:22Et puis, par ailleurs,
35:23il y a une autre actualité.
35:24On l'a vu avec
35:24le plan social
35:26déclenché par Amazon.
35:27C'est aussi
35:28que va provoquer l'IA
35:29chez l'école Blanc.
35:30Parce que c'est aussi
35:31un enjeu
35:32en termes d'emploi.
35:33On retrouve ce que disait Jean-Pierre.
35:34Les jeunes de mémoire,
35:35en 2022,
35:3650% ont voté.
35:38Les plus de 60 ans
35:39doivent être à 76%.
35:40Donc, électoralement,
35:42il est plus rentable
35:43de soutenir les personnes
35:44d'un âge de certains,
35:45dont je vais faire bientôt partie,
35:46que des jeunes.
35:47Mais c'est dramatique.
35:48Et au fond,
35:48ça montre bien
35:49que c'est un pays
35:49qui est incapable
35:50de penser l'avenir.
35:51Enfin, tout ça est lié.
35:52Parce que les réformes structurelles,
35:53on est d'accord,
35:54les réformes structurelles,
35:58la jeunesse,
35:59elle est sacrifiée.
36:00Relisons les papiers
36:01de Maxime Sbailly.
36:02Il le montre bien.
36:03La France a un biais
36:05lié à sa démographie
36:06et en plus à l'électoralisme.
36:08La non-réforme de la retraite,
36:09c'est contre les jeunes.
36:10On va leur imposer
36:11des taxes
36:14incroyablement fortes.
36:16La non-suppression
36:16des 10% d'abattement,
36:18ça a fait l'unanimité
36:19du RN à LFI.
36:20Dans l'électoralisme pur.
36:22C'est assez intéressant
36:23de relever que
36:24ceux qui se présentent
36:25comme les pires opposants
36:26en réalité se rejoignent
36:27sur un sujet
36:28qui est quand même
36:29le sacrifice de l'agence.
36:30Est-ce que vous attendez
36:30sur la deuxième partie
36:31de la question ?
36:31Est-ce que vous attendez
36:32sur un...
36:32Moi, je ne le prendrai pas
36:33comme ça.
36:34Je dis...
36:35Les 10%,
36:37c'est aussi une réaction
36:38à la surtaxation systématique.
36:41C'est-à-dire,
36:41il y a assez d'impôts en France.
36:42Si la pression fiscale,
36:44c'était l'alpha et l'oméga
36:45de la croissance économique,
36:46on serait les rois
36:47de la croissance économique.
36:48Donc, il y a d'une part
36:50un refus de hausse
36:51de prestation fiscale,
36:52quelle que soit sa forme,
36:54enfin,
36:54un refus d'un certain nombre
36:56de gens,
36:56et de l'autre,
36:57par contre,
36:58quand on rallonge,
37:00quand on refuse
37:00de rallonger la durée
37:01de la retraite,
37:02c'est là où on met
37:02une taxe sur les jeunes.
37:04Parce que ça veut dire
37:04que pendant 30 ans,
37:05ils vont payer plus
37:06d'impôts,
37:08enfin, même si ça s'appelle
37:09une cotisation différée,
37:10c'est extra.
37:11Combien c'est, d'ailleurs,
37:13Jean-Pierre,
37:13si on ajoute
37:14la part employeur,
37:15la part paye,
37:17c'est de l'ordre
37:18de 40% ?
37:19Un jeune
37:22qui vend sa force
37:23de travail
37:24à 100,
37:26il va toucher
37:26grosso modo
37:27que 60.
37:27Tout le reste
37:28est en cotisation différée,
37:30théoriquement pour lui,
37:30mais c'est même pas sûr,
37:32pour la génération
37:32d'avant.
37:33Et donc,
37:34le refus
37:35par la majorité
37:36de l'Assemblée nationale
37:37quand même
37:38du report
37:39de l'âge de la retraite,
37:40en dehors,
37:40naturellement,
37:41des professions pénibles,
37:43des situations à part,
37:44etc.,
37:44il ne s'agit pas
37:45de faire travailler
37:46tout le monde
37:46sans l'écart l'heure
37:47à 70 ans.
37:49Mais comme on est
37:50dans un monde
37:50quand même tertiaire
37:51pour beaucoup,
37:52beaucoup de gens,
37:53c'est possible.
37:54Et le fait de ne pas le faire,
37:55ça, c'est un message
37:56contre les jeunes.
37:56Sans parler du sujet central
37:58et deux secondes
37:59parce qu'on pourrait passer
38:00l'émission de la chute
38:01du niveau éducatif en France.
38:02Il y avait encore un papier
38:03hier dans les échos
38:04d'une étude de l'INSEE.
38:05Enfin, c'est grave.
38:06On est un pays
38:07où il y a des personnes
38:07qui sont illettrées,
38:09qui ne savent pas lire et écrire.
38:10Or, c'est un atout
38:11historique de la France.
38:12Et c'est énorme.
38:13Et puis, le problème
38:13de la qualité de l'école.
38:15Enfin, on sait bien
38:15que c'est la mère des réformes.
38:17Mais la mère des réformes
38:17ne sera jamais faite.
38:18Et il y a un avenir
38:18donc de l'intelligence artificielle
38:20qui va aller chatouiller
38:20des nouveaux métiers.
38:22Et oui.
38:24Napoléon a créé les lycées.
38:25Oui.
38:26On passe aux Etats-Unis
38:29où il se passe
38:29beaucoup de choses.
38:30D'abord, il y a la décision
38:31de la FED, probable,
38:32ce soir, qui va
38:33probablement baisser
38:35ses taux directeurs
38:36de 25 points de base.
38:38Contrairement à la BCE,
38:39dont la décision est attendue,
38:41enfin, la non-décision
38:42est attendue demain,
38:43avec un euro
38:44qui est jugé
38:44de plus en plus fort.
38:46Puis, il y a la rencontre aussi
38:47entre Donald Trump
38:48et son homologue chinois
38:49prévue en Corée.
38:51Rencontre qui va être
38:52très, très observée.
38:53On va dire,
38:54chacun espère un peu
38:55que la guerre commerciale
38:56baisse d'un cran.
38:57Je rappelle pour l'instant
38:58que le scénario
38:59sur la table,
39:00c'est que normalement,
39:00la Chine,
39:01au 1er novembre,
39:02devrait être prise
39:03dans une surtaxe
39:04de 100%
39:04qui s'additionne
39:05avec toutes les taxes
39:06déjà en place.
39:07On va dire,
39:07dans une mesure de rétorsion
39:09par rapport à la politique chinoise
39:10de contrôle sur les terres rares.
39:11Emmanuel Comte,
39:12qu'est-ce qui se joue là ?
39:14Dans cette rencontre de demain ?
39:16Est-ce que c'est le Trump show
39:17qui continue
39:18sur la guerre commerciale ?
39:19Est-ce que c'est
39:19deux superpuissances
39:21qui préparent le monde
39:22de demain
39:23et l'Europe
39:23qui regardent tout ça passer ?
39:24Pour ma lecture du sujet,
39:25je travaille beaucoup
39:27sur le sujet du protectionnisme
39:28depuis un an.
39:29Il y a de quoi.
39:30Il y a de quoi.
39:30Je pense que Trump
39:31a largement sous-estimé
39:33la capacité de résilience
39:34et de résistance
39:35des Chinois.
39:37Je regardais un graphique
39:38du Peterson Institute,
39:39c'est sur les représailles chinoises.
39:41Ils appliquent vraiment
39:42la théorie des jeux,
39:43le tit for type.
39:44Oeil pour oeil,
39:45dent pour dent.
39:45On voit Trump monter
39:46les droits d'oeil.
39:47Je n'ai plus le chiffre exact,
39:48c'est de 100 ou 120%.
39:49Le lendemain,
39:50vous avez la Chine
39:50qui dit,
39:51ok, vous voulez mettre 120 ?
39:52Je vais mettre 130.
39:53Donc cette capacité
39:54du gouvernement chinois
39:55c'est-à-dire de toute façon
39:56je vais jouer le bras de fer.
39:59Ce qu'on n'a pas fait l'Europe.
40:00Ce qu'on n'a pas fait l'Europe.
40:01Ce qui est une erreur
40:02à mon avis dramatique,
40:03moi je pense qu'il fallait
40:04utiliser l'anticoercition
40:05parce qu'en plus
40:06nous sommes victimes
40:07de coercition
40:07au sens strict du terme.
40:08Quand un président vous dit
40:09il faut supprimer votre DMA
40:11et votre DSA
40:12parce que ça ne me plaît pas,
40:13c'est une atteinte
40:14à la souveraineté européenne.
40:15Moi je pense qu'il fallait
40:16l'utiliser.
40:16Mais c'est un autre sujet.
40:18Ce qui est intéressant
40:18je trouve dans ce bras de fer
40:20entre Chine et ses Etats-Unis
40:21c'est qu'en réalité
40:22qui est sur la défensive ?
40:23Ce sont les Américains
40:24parce que le débat de fond,
40:25le sujet de fond,
40:26il n'est pas né avec Trump 2.
40:27Il a commencé sous Obama.
40:29C'est la domination
40:30technologique progressive
40:32de la Chine.
40:34Très honnêtement
40:34quand vous regardez
40:35les Etats-Unis,
40:35les GAFAM c'est génial.
40:37Hors des GAFAM,
40:38donnez-moi des grands postes
40:39de high-tech.
40:41Donnez-moi l'automobile.
40:42C'est la Chine
40:43qui donne l'alpha
40:44et l'oméga
40:45sur les véhicules électriques.
40:47Donc on voit bien
40:47que les Etats-Unis
40:48sont dans une posture
40:49complètement défensive
40:50et la Chine a des arguments.
40:51Premier argument,
40:52tu me mets des droits de douane ?
40:54Pas de problème.
40:55Regardez le soja.
40:56Premier débouché
40:58pour les Etats-Unis,
40:59pour les agriculteurs américains,
41:01c'était la Chine.
41:02La Chine n'est pas de problème,
41:03vous savez quoi ?
41:03Je vais m'approvisionner
41:04au Brésil.
41:05Au mois de septembre,
41:06zéro importation,
41:08zéro importation
41:09de soja américain.
41:10Premièrement,
41:11le protectionnisme
41:12ça ne marche pas
41:13parce que ça peut être
41:14contourné.
41:15Donc vous voyez,
41:16les terres rares,
41:17très bien jouées
41:17de la part des Chinois,
41:18en quoi le protectionnisme
41:20était 600% de droits de douane
41:22si vous voulez,
41:22en quoi ça résout le problème
41:24selon lequel la Chine
41:25possède à peu près
41:2670% des terres rares
41:28et surtout
41:28qu'elle transforme
41:30sur certains produits
41:30la majorité.
41:31Prenez les aimants,
41:32les fameux,
41:33les aimants permanents.
41:3490% de la production
41:35est chinoise.
41:37Donc finalement,
41:38le protectionnisme,
41:39ça ne résout rien.
41:41J'ai même envie de dire,
41:42ça met de l'huile
41:42sur le feu.
41:43En réalité,
41:44le vrai sujet,
41:44c'est si vous voulez réduire
41:45votre dépendance,
41:46il faut vous mettre
41:46à exploiter les terres
41:47150 kg
41:50du dernier F-35
41:56et composé de terres rares
42:00venant de Chine.
42:01Donc effectivement,
42:03on ne peut absolument pas
42:04et donc
42:05la Chine
42:07a toute manière
42:08une capacité résiliente
42:09incroyable
42:10qu'elle a montré
42:10depuis 1950,
42:12c'est-à-dire qu'elle a mené
42:12X bras de fer
42:13avec les États-Unis
42:14depuis la guerre de Corée
42:15et elle n'a jamais lâché
42:17sur un point.
42:18Ce sont les États-Unis
42:18qui sont venus finalement
42:19pour essayer
42:20de contourner la Russie
42:22déjà,
42:23enfin du RSS de l'époque,
42:24venir voir les Chinois
42:25et ont aidé
42:25au développement chinois.
42:27Mais il n'empêche
42:29que la Chine
42:30pose un problème
42:31à tout le monde
42:32parce que sa capacité
42:33de production industrielle
42:35continue à accélérer
42:37vertigeusement.
42:38ils avaient décidé
42:39le plan 2025
42:40en 2010,
42:41ils l'ont fait,
42:42ils avaient dit
42:42qu'ils seraient leaders
42:43dans 10 grandes industries,
42:44ils le sont
42:45et que dans certains secteurs,
42:47ils produisent
42:48110% de la capacité
42:50d'absorption des biens
42:51dans le monde entier.
42:52Et là,
42:53on voit la montée
42:54des robots
42:54qui arrivent
42:56à toute vitesse
42:56où on voit
42:57ça s'appelle
42:58des dark factories
42:59parce qu'il n'y a pas
42:59besoin de mettre de lumière,
43:00il n'y a que des robots
43:01et où là,
43:03on en voit
43:04les faits
43:05sur l'industrie automobile
43:06et par exemple
43:07et la stratégie chinoise
43:08c'est de faire
43:09du sud-sud
43:10donc on a parlé
43:11du Brésil
43:12mais par exemple
43:13quelqu'un me disait
43:14au Maroc
43:14il n'y a plus
43:15que des voitures chinoises
43:16qui sont vendues
43:17et donc
43:18de toute manière
43:19l'appareil de production chinois
43:20est tellement puissant
43:21que les Etats-Unis
43:23vont peut-être pouvoir
43:24s'en tirer
43:24et que nous
43:25ça va être incroyablement difficile.
43:27Jean-Pierre Petit
43:27mais je pense que
43:28sur la bataille
43:30chino-américaine
43:31je pense que Trump
43:31contrairement à ce que tu dis
43:33il respecte
43:34d'une certaine manière
43:35la Chine
43:35parce qu'il a bien vu
43:36que depuis
43:37Jean-Pierre Petit
43:37qui regarde Emmanuel Combe
43:39dans les yeux
43:39non
43:39en fait
43:41la Chine
43:42est devenue
43:43en l'espace
43:44de presque 50 ans
43:46pas tout à fait 47 ans
43:47est devenue
43:48une puissance technologique
43:49pas seulement
43:50elle était déjà
43:50une puissance économique
43:51commerciale
43:52technologique
43:53et militaire
43:53c'est intéressant d'ailleurs
43:55parce que
43:55la puissance militaire
43:56s'appuie sur la puissance
43:57technologique
43:58toujours dans l'histoire
43:59mais là particulièrement
43:59et nous on est très très faible
44:01on est très faible
44:02où ?
44:03drones
44:03missiles anti-drone
44:06on est très faible
44:08également dans tout ce qui est
44:10technologique antique
44:11on est très faible dans tout ce qui est
44:12cybersécurité
44:13et tout ça
44:13il faudrait mieux se poser la question
44:14où est-ce qu'on est fort
44:15ça ira plus vite peut-être
44:16oh bah si quand même
44:17dans le domaine militaire
44:19la France
44:20c'est un des rares domaines
44:21où on a encore
44:22quelques atouts
44:23mais pourquoi je parle de ça ?
44:25parce que
44:26le match
44:27ne fait que commencer
44:28et il va y en avoir
44:29des tensions
44:30au cours des prochaines années
44:31là à court terme
44:32sur le sommet
44:33de la PEC
44:33en Corée
44:34ils vont se rencontrer
44:35et je pense
44:36quand même
44:37qu'il va y avoir un accord
44:38parce que
44:38pour l'instant
44:39la Chine a quand même
44:40besoin des semi-conducteurs
44:41parce qu'en semi-conducteurs
44:43elle est en retard
44:43sur les semi-conducteurs
44:45en plus elle est en retard
44:46dans les semi-conducteurs
44:47de nouvelle génération
44:48celle à moins de 5 nanomètres
44:49etc
44:50elle dépend beaucoup
44:51de TSMC
44:52de la Corée du Sud
44:53etc
44:53et de nous
44:54avec la SML
44:55oui oui
44:56un peu nous aussi
44:57etc
44:57et les Etats-Unis
44:59de leur point de vue
45:00dépendent des terres rares
45:01aussi
45:01et notamment
45:02alors oui c'est important
45:03il n'y a pas que les terres rares
45:04en soi
45:05il y a aussi
45:05parce qu'elle est forte
45:06la Chine
45:07dans l'extraction
45:08mais elle est aussi forte
45:09dans le raffinage
45:10et dans les réserves
45:11en fait son taux d'emprise
45:13sur les terres rares
45:14aujourd'hui
45:15est de l'ordre de 85%
45:16donc elle est incontournable
45:18donc là pour l'instant
45:19on est dans un match compliqué
45:20mais
45:21et qui va se poursuivre
45:23mais je crois que
45:24pour la rencontre
45:26je pense qu'on va trouver
45:26quelque chose
45:27quoi
45:27voilà
45:27Emmanuel Combe
45:28sur ce
45:29on a le sentiment
45:30quand on vous écoute
45:31quand même
45:31que c'est presque
45:32les Etats-Unis
45:33c'est les Etats-Unis
45:33qui vont négocier
45:34avec la Chine
45:34et pas l'inverse
45:35moi c'est comme ça
45:35que je le vois
45:36mais pour prendre
45:37un tout petit peu
45:37de hauteur
45:38au risque d'être trop général
45:39mais pour nos auditeurs
45:40c'est important
45:41au fond
45:41le protectionnisme
45:43franchement je trouve
45:44que c'est un peu
45:44l'instrument du pauvre
45:45surtout sous la forme
45:46de droits de douane
45:46ça ne résout rien
45:47aux problèmes structurels
45:49voire même
45:50ça met de l'huile
45:51ça met de l'huile
45:52sur le feu
45:53et secondement
45:53ça nous montre
45:54que le monde
45:54est fondamentalement
45:55interdépendant
45:57et c'est quoi la souveraineté
45:57je l'ai toujours raconté
45:58c'est la dépendance choisie
46:00mais l'illusion
46:01qui est de dire
46:02je vais pouvoir me passer
46:02de la Chine
46:03c'est une douce illusion
46:04donc au fond
46:05la question c'est
46:06comment je réduis
46:07mes dépendances
46:08et ça c'est des mesures
46:09structurelles
46:10si la Chine
46:10si les Etats-Unis
46:11veulent être moins dépendants
46:12de la Chine
46:13c'est pas avec des droits
46:14de douane
46:14c'est en mettant
46:15en production
46:16des terres rares
46:17aux Etats-Unis
46:17sauf que ça
46:18ça prend du temps
46:19donc vous voyez
46:19il y a une forme
46:20de naïveté post-Covid
46:21on vous a tous raconté
46:22la souveraineté
46:23c'est faire tout soi-même
46:24c'est une absurdité
46:26c'est une absurdité
46:27la vérité
46:28c'est que nous sommes
46:29tous dépendants
46:29les uns des autres
46:30après on peut choisir
46:32d'être plus ou moins dépendants
46:34on peut choisir
46:34de se diversifier
46:36géographiquement
46:36mais quelle hérésie
46:39de penser
46:39qu'avec un droit de douane
46:40je vais résoudre un problème
46:41non seulement je ne résouds rien
46:42je ne fais que mettre
46:43de la tension
46:44et c'est là où je pense
46:44qu'on sera très déçu
46:45dans trois ans
46:46quand on regardera
46:46le bilan de Donald Trump
46:48sur son contextionniste
46:49comme on a été déçu
46:50parce que pardon
46:50on a eu Trump 1
46:51moi je vous fais trois heures
46:52sur les évaluations
46:53moi je voudrais parler
46:54à vous
46:54parce qu'avec les étudiants
46:57je fais trois heures là-dessus
46:58Trump 1
46:59pardon
46:59c'est un échec
47:00c'est pas moins qu'il dit
47:01c'est la Fed
47:01c'est la réserve fédérale
47:02qui dit
47:02il a détruit de l'emploi
47:04donc même l'argument
47:04je vais sauver des emplois
47:10avec le discours
47:11du doux commerce
47:12d'Emmanuel
47:13il n'empêche
47:14qu'il y a des tensions
47:16vous vous souvenez
47:16de ce livre
47:17qui est sorti
47:17il y a 5-6 ans
47:18sur le piège de Thucydide
47:20qui explique
47:21quand une puissance émergente
47:23s'attaque
47:24à la puissance dominante
47:26ça crée des frottements
47:27voire des guerres
47:28donc le grand précédent
47:30au 20ème siècle
47:32fin du 19ème
47:33du 20ème siècle
47:34c'est quand tout d'un coup
47:34l'appareil de productif allemand
47:36se met à dépasser
47:37très rapidement
47:38l'appareil de productif
47:40en anglais
47:41et que d'ailleurs
47:43c'est là où les anglais
47:44essayent des mesures
47:46protectionnistes
47:46ils disent
47:46il faut qu'ils écrivent
47:47Made in Germany
47:48au contraire
47:49quand les gens ont vu
47:50Made in Germany
47:51ça a accéléré les ventes
47:53après on a eu ça
47:54entre deux guerres
47:55avec la montée du Japon
47:56qui là aussi
47:58freinait un peu
48:00la nouvelle puissance dominante
48:01qu'était les Etats-Unis
48:02économiquement
48:03donc on a ces moments
48:05de graves tensions
48:06donc moi je suis aussi
48:09pas trop pessimiste
48:10sur le prochain sommet
48:13sauf que
48:14vous avez dit
48:15on va observer de près
48:16Xi Jinping
48:16vous l'avez souvent observé
48:17de près
48:18enfin disons à la télévision
48:19non la rencontre
48:20mais son visage
48:23ne bouge jamais
48:24vous ne pouvez pas
48:26savoir ce qu'il pense
48:27de temps en temps
48:28il y a une ombre
48:29de sourires
48:29mais il est
48:30imperturbable
48:31et Trump
48:32qui aime bien
48:33lui bouger les gens
48:34essaye de les secouer
48:36donc il y a le numéro
48:36entre lui et Macron
48:37qui est très amusant
48:38à voir
48:38avec des bras de fer
48:39on sent que notre président
48:40fait des efforts
48:42de musculation
48:43mais là
48:44il ne va rien se passer
48:45les Chinois
48:46ne vont rien lâcher
48:47je pense que ce ne sera pas
48:48agressif
48:48mais ils ne vont rien lâcher
48:49et donc en fait
48:50ça dépendra de l'état
48:51de Trump
48:52le résultat de cette réunion
48:53est-ce que Trump
48:54sera bien obligé
48:55de constater la réalité
48:56qu'il ne peut pas bouger
48:57ou est-ce qu'il va nous faire
48:58une trumperie
48:59et une excitation
49:00ce qui est triste
49:01c'est que le dindon
49:03de la farce
49:03c'est nous
49:04fondamentalement
49:05si je regarde
49:05on l'évoquait rapidement
49:08tout à l'heure
49:09en fait quand on regarde
49:10les exportations chinoises
49:12vers l'Europe
49:13depuis 2020
49:14c'est x5
49:15et nos exportations
49:16vers la Chine
49:17c'est zéro
49:17donc il n'y a pas photo
49:18donc ça c'est très très clair
49:20et puis alors
49:22par rapport à ce que tu disais
49:24tout à l'heure
49:25il y a des éléments clés
49:26dans l'histoire
49:26des puissances
49:27quand même
49:28c'est la technologie
49:29l'énergie
49:31quand même
49:31c'est extrêmement important
49:33le matériel militaire
49:34quand le monde
49:35commence à redevenir
49:36dans un monde
49:37de conflictualité
49:38enfin ou les technologies militaires
49:39si tu peux faire
49:40ou les équipements militaires
49:41voilà
49:42et là là-dedans
49:44nous
49:44Européens
49:45on est dépendants
49:46on est beaucoup trop dépendants
49:48massivement dépendants
49:49dans ces trois éléments
49:50de la puissance
49:50je suis d'accord sur le constat
49:51je dis simplement
49:52le protectionnisme
49:53n'est pas un moyen efficace
49:54pour réduire la dépendance
49:55la dépendance
49:56c'est des réformes structurelles
49:57c'est se mettre en effet
49:58à monter en gamme
49:59à développer des grands programmes
50:01typiquement les PIEC
50:02des grands programmes
50:03de politique industrielle
50:04pour attraper notre retard
50:05dans les semi-conducteurs
50:06ça c'est de la politique industrielle
50:07mais le protectionniste
50:09en tant que tel
50:09il vous isole
50:11mais en quoi ça résout un problème
50:13alors je ne suis pas naïf
50:14mais encore faut-il
50:15qu'on y arrive
50:16sur les batteries là
50:17qu'est-ce qui vient de se passer
50:18on s'y est mis il y a 10 ans
50:20parce qu'on est trop en retard
50:21ça ne marche pas
50:22mais c'est il y a 10 ans
50:23tu dis à 5 ans
50:24ça serait il y a 10 ans
50:25tous les retards
50:26l'histoire de la Fennel
50:27qui n'a pas marché
50:28la batterie
50:29donc c'était pas
50:30donc c'est pas
50:31en plus le problème
50:32c'est que c'est pas
50:32des durées de 5 ans
50:33c'est des durées de 15 ans
50:34pour arriver à sortir
50:35attention parce qu'il peut y avoir
50:37protectionnisme
50:37et stratégie industrielle
50:38ah mais j'ai jamais
50:39si je prends la Corée du Sud
50:41et Taïwan
50:41dans les années 50-60
50:42ils pratiquent du protectionnisme
50:43tu parlais de l'Allemagne
50:45de Guillaume II
50:46en fait
50:46ou de Bismarck
50:47face à la Reine Victoria
50:49il y a eu du protectionnisme
50:51à partir des années 1879 aussi
50:53donc
50:53s'il y a stratégie industrielle
50:55et protectionnisme
50:55je n'ai jamais dit
50:57que tout
50:57on est sur la guerre
50:58pardon
50:59on va dans mon sens
51:03c'est pas le protectionnisme
51:04qui se sont développés
51:05c'est je me protège
51:05et je fais de la politique industrielle
51:08et c'est du protectionnisme
51:09c'est le et
51:09temporaire
51:10c'est temporaire
51:11et c'est ciblé
51:12Donald Trump
51:13il fait pas du ciblage
51:14il vous fait de l'arrosage
51:15vous voyez le protectionnisme
51:16ça doit être quelque chose
51:17de temporaire ciblé
51:18c'est Friedrich List
51:19les industries naissantes
51:20etc
51:20donc attention
51:22je ne dis pas
51:22que je ne suis pas
51:22un libre-échange
51:23naïf
51:24mais le protectionnisme
51:26généralisé
51:27ça ne marche pas
51:28non mais le protectionnisme
51:29généralisé
51:29de la commission européenne
51:31ça n'a pas marché
51:31non mais ça a changé en Europe
51:33on a quand même
51:34de la défense commerciale
51:34il nous reste très peu de temps
51:36je voudrais juste
51:37avec Emmanuel
51:38juste pardon quand même
51:39sur ce point là
51:39parce qu'on est vraiment
51:40dans des sujets importants
51:41la politique industrielle
51:44c'est un nom magnifique
51:45mais après
51:46il faut réaliser
51:48c'est de l'argent
51:48non c'est de l'argent
51:50et des talents
51:51et des génies
51:52et de la gouvernance
51:53c'est un fou
51:54un fou furieux
51:55c'est de la technologie
51:55c'est un fou furieux
51:57mais la NASA
51:58ne l'a financé
51:59qu'à la quatrième fusée
52:01quand la première fois
52:02il a démarré
52:02les trois premières
52:03il les a fait tout seul
52:04l'idée qu'il y aurait
52:05une couverture de satellites
52:07absolument partout
52:08de la politique industrielle
52:10on en fait sur le spatial
52:10depuis 40 ans
52:11personne n'a eu l'idée
52:13en Europe
52:14il faut
52:15c'est quand même
52:16le génie humain
52:17la capacité
52:18à nourrir
52:19à faire monter
52:20des gens
52:21des entrepreneurs
52:21elle est indispensable
52:22et donc ça n'est pas
52:23en pendant
52:24les premiers de cordée
52:25qu'on va résoudre ça
52:26en Europe
52:26ça s'appelle
52:27mettre de la concurrence
52:27dans la politique industrielle
52:28les américains sont très bons
52:29ils ont financé le vaccin
52:31contre le Covid
52:31ils n'ont pas désigné le vainqueur
52:33ils ont mis une dizaine
52:33de laboratoires
52:34et c'est Moderna
52:34qui a trouvé
52:35concurrence et politique industrielle
52:37mais ça va très bien ensemble
52:38c'est un problème de gouvernance
52:39de la politique industrielle
52:40et le droit de profiter
52:41de l'argent
52:42que l'entreprise
52:43et le droit
52:43de profiter de l'argent
52:45qu'elle a gagné
52:45pour réinvestir
52:46et l'entrepreneur
52:47d'en gagner
52:47il reste une minute
52:48à une minute
52:49donc juste pour expliquer
52:50le prix du steak
52:51qui s'envolait de 15%
52:52aux Etats-Unis
52:53la viande hachée
52:54la viande hachée
52:55et du coup
52:55qui oblige Donald Trump
52:57à bouger
52:57on va faire l'inverse
52:58de ce qu'il préconise
52:59puisque le prix du steak
53:00a augmenté aux Etats-Unis
53:00le steak c'est quand même
53:01le hamburger
53:01parce qu'il y a une crise
53:03de l'élevage
53:04donc c'est pas dû
53:04au protectionnisme d'abord
53:05mais en plus
53:05il a mis 50%
53:06de droits de douane
53:07sur les importations
53:08de bœuf brésiliens
53:09les causes ayant les conséquences
53:11ça a contribué
53:12à la hausse du prix
53:12et voici qu'aujourd'hui
53:14il annonce
53:14un cataplement des quotas
53:16sur le bœuf argentin
53:18donc c'est assez amusant
53:19le chantre du protectionnisme
53:20faisant face
53:21à un problème très concret
53:22qui est le prix du bœuf
53:24haché dans les hamburgers
53:25décide d'augmenter
53:26les quotas
53:27de viande argentine
53:27c'est un petit peu
53:28l'arroseur arrosé
53:29donc voilà
53:29Donald Trump
53:30qui va être rattrapé
53:31par une forme de réalité
53:32c'est une anecdote
53:33mais c'est assez
53:33je suis désolé Jean-Pierre Petit
53:34juste pour dire
53:35qu'on a exagéré
53:36quand même
53:36l'impact aflacidiste
53:38et droit de douane
53:39et pour l'instant
53:40on ne voit pas
53:42mais je peux vous dire
53:45qu'il a la main tremblante
53:46alors décision de la BCE
53:47ce soir
53:47merci à vous
53:48merci Diop
53:49merci Emmanuel
53:49merci Jean-Pierre
53:50vous pouvez écouter
53:51les experts
53:51sur toutes les bonnes plateformes
53:53podcast et replay
53:54de BFM et RMC
53:55on se retrouve demain
53:56salut
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