- il y a 1 semaine
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00Le 18-19 d'Edwige Chevrillon sur BFM Business.
00:06Bonsoir Marc Feuillet.
00:07Bonsoir Edwige.
00:08Merci d'être là, vous êtes donc directeur général du groupe Le Figaro.
00:11Si vous êtes là, c'est qu'en fait, pendant trois jours,
00:15Le Figaro va fêter ses 200 ans d'histoire.
00:19C'était le 15 janvier 1826, et là nous sommes demain, après-demain,
00:24ça sera le 15 janvier 2026, deux siècles d'informations.
00:27Au départ, c'est ce que vous dites dans votre éditorial, justement,
00:31une feuille de papier, puis maintenant Le Figaro, évidemment, c'est multi-canal.
00:36Il y aura trois jours de conférences, débats au Grand Palais,
00:40ouvert à tout le monde, ouvert au grand public.
00:41Alors ouvert à tout le monde, il y a 55 000 visiteurs qui se sont inscrits,
00:47donc c'est d'ores et déjà un très gros succès.
00:50Trois jours, ouverts le matin de 9h à 17h30,
00:54avec des conférences, des débats, des spectacles,
00:57des retransmissions en direct de nos émissions,
01:01et puis une très grande exposition sur l'histoire du Figaro,
01:04l'histoire de la presse et l'histoire de France.
01:07Oui, et ceux qui nous regardent la télévision voient qu'il y a des très très belles images.
01:12Oui, parce que c'est vrai que l'histoire du Figaro,
01:14c'est un peu quand même l'histoire de France,
01:15parce que vous avez eu, alors c'était des plumes,
01:18c'était plus que des journalistes, des très grands écrivains
01:20qui ont signé dans le Figaro.
01:23Oui, à travers cette exposition,
01:26on retrouve les grandes étapes de l'histoire de France
01:29avec toujours une caractéristique,
01:30c'est que c'est vrai que les grands intellectuels,
01:32les écrivains, les éditorialistes,
01:35ont tous écrit dans le Figaro,
01:38que ce sont aussi Mauryac, Aron, Jules Vallès,
01:42Émile Zola, pendant l'affaire Dreyfus.
01:44C'est très intéressant ce qu'on publie,
01:49et dans l'exposition, il y a tout un approfondissement
01:52sur le rôle du Figaro dans l'affaire Dreyfus,
01:55qu'à le mettre, bien sûr, et j'en oublie très certainement.
01:57Et il y a même Fabrice Lequigny, l'acteur Fabrice Lequigny,
02:00qui va lire justement des textes
02:02qui ont été écrits par des grandes plumes du Figaro.
02:06Et figurez-vous que, grâce à l'aide de la BNF,
02:09on a retrouvé beaucoup de manuscrits...
02:10La Bibliothèque Nationale de France.
02:11La Bibliothèque Nationale de France.
02:12On a retrouvé beaucoup de manuscrits originaux.
02:15Et il y aura le manuscrit original de
02:18La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro,
02:21qui est une pièce qui a été créée en 1784,
02:24et où il y a la fameuse citation
02:25« Sans la liberté de blâmer,
02:27il n'est pas des loges flatteurs dans vos marchés ».
02:29C'est exactement ce que j'allais...
02:31Merci de faire l'enchaînement à ma place,
02:33Marc Feuillet, exactement ce que je veux dire.
02:35Parce que, justement, sur la liberté de blâmer,
02:37on voit bien la difficulté aujourd'hui,
02:40parce que vous dirigez un groupe aujourd'hui.
02:43Je crois qu'il y a plus de 50% du chiffre d'affaires maintenant
02:45qui est fait dans le numérique.
02:47C'est quoi, grosso modo, les chiffres du Figaro ?
02:50On fait à peu près 550 millions d'euros de chiffre d'affaires.
02:54Le groupe est très diversifié.
02:56Le Figaro, dont le groupe porte le nom,
02:58est au centre d'un écosystème fait de médias,
03:01mais aussi de e-commerce et de publicité digitale.
03:06Et, je dirais, on fait à peu près 60% de notre chiffre d'affaires
03:10dans les activités digitales,
03:1240% dans les activités traditionnelles,
03:15et c'est 50-50 pour le Figaro.
03:18Alors, aujourd'hui, vous n'êtes pas directeur,
03:19puisque vous êtes directeur général,
03:21vous n'êtes pas directeur de la rédaction,
03:22mais c'est quoi informer aujourd'hui ?
03:24Aujourd'hui, c'est un métier passionnant, mais difficile.
03:27Et c'est devenu un métier où l'expression journalistique
03:30prend beaucoup de forme.
03:32l'écrit, l'écrit imprimé,
03:35donc avec des maquettes traditionnelles,
03:37des magazines, un site internet.
03:39Vous savez que le Figaro est un des sites
03:41les plus puissants en France.
03:43Des applications, des formats sur les réseaux sociaux,
03:46beaucoup d'audio, de podcasts,
03:48et puis aussi des vidéos.
03:50Et on a tout récemment lancé un canal audiovisuel.
03:53Donc, je dirais qu'il n'y a pas...
03:54Oui, votre télévision.
03:55Voilà, Figaro TV.
03:56Même si vous êtes sur BFM, n'hésitez pas.
03:59Modestement, modestement,
04:00mais qu'est-ce que ça veut dire ?
04:02Ça veut dire que maintenant,
04:03il n'y a pas une expression d'un format éditorial.
04:07Il y a des expressions, il y a des Figaro.
04:10Alors, pour répondre à votre question,
04:12le métier, il reste quand même toujours le même.
04:15Décrire le monde tel qu'on le voit,
04:17analyser, décrypter, hiérarchiser.
04:19Moi, je crois beaucoup dans ce métier,
04:21dans le journalisme professionnel.
04:23Et c'est, je crois, ce qu'incarne aussi le Figaro.
04:26Oui, mais en même temps,
04:27est-ce que j'en peux se dire,
04:28est-ce que ce n'est pas le passé ?
04:29Est-ce que ce n'est pas, bientôt,
04:31ce sera des influenceurs qui vont prendre la place de Moriac
04:34et de Raymond Aron ou Jean Dormesson ?
04:37Le journalisme, ce n'est pas être seul,
04:40au milieu d'un océan numérique.
04:43Le journalisme, c'est de faire partie aussi d'une rédaction.
04:46Et puis, je crois aussi que le journalisme,
04:48c'est une expertise.
04:49Il y a un certain nombre de domaines
04:52où il faut travailler,
04:53se constituer un carnet d'adresses,
04:55enquêter.
04:56On ne peut pas être omniscient.
04:58Donc, les influenceurs ont leur rôle sur la toile.
05:01Mais je crois que c'est un métier très différent
05:03de celui de journaliste.
05:04Est-ce que vous avez le sentiment,
05:07aujourd'hui, la confiance dans les médias
05:08est en train de s'éroder,
05:09même dans des marques prestigieuses
05:11comme le Figaro ou le Monde ?
05:13Ou, au contraire,
05:15vous pensez que ça renforce votre rôle ?
05:17Parce qu'aujourd'hui, lorsqu'on voit
05:19qu'il y a un jeune sur deux,
05:20il n'y paye plus la presse.
05:21Ce qu'il fait, c'est qu'il regarde TikTok,
05:23il regarde les réseaux sociaux.
05:25Il regarde TikTok, il regarde les réseaux sociaux.
05:27Vous avez raison, plus de 80% des jeunes
05:29prennent contact avec l'actualité
05:30sur les réseaux sociaux.
05:32Mais les médias y sont.
05:34Il y a plus de 20 millions de socionautes
05:36au compte du Figaro.
05:38BFM, votre chaîne, est aussi très présente
05:40sur les réseaux sociaux.
05:41Donc, je dirais, distinguons le canal
05:44et la source d'informations.
05:45Ce que j'espère, c'est qu'à terme,
05:48les réseaux sociaux vont mieux valoriser
05:50les informations professionnelles
05:52que les informations produites
05:54soit par de l'IA,
05:55soit par des influenceurs non identifiés.
05:58C'est ça, je crois,
05:59qui est important pour l'avenir,
06:01pour nos démocraties aussi.
06:03C'est cette information vérifiée,
06:06cette information experte.
06:07Comment vous la vérifiez ?
06:08Est-ce que vous avez un service
06:09de vérification, justement ?
06:11Parce que là, on va rentrer
06:12en campagne présidentielle,
06:13on va par municipale,
06:15législative sans doute,
06:16présidentielle.
06:18Il y a donc la désinformation,
06:21il y a le risque d'une désinformation.
06:23Comment est-ce que vous traitez ça chez vous ?
06:25Dans une rédaction,
06:26il y a 500 journalistes dans le Figaro.
06:28On n'est jamais seul.
06:30Les sujets sont choisis
06:32par des discussions.
06:34Les papiers sont relus.
06:36Il y a toute une organisation
06:37qui conduit à un moment donné
06:39à vérifier l'information,
06:41la variété des sources aussi.
06:43Le fait d'avoir plus qu'un ou deux contacts
06:47pour faire un papier.
06:48Et donc, c'est tout ce travail collectif.
06:50On compare souvent une rédaction
06:52à une ruche.
06:52Une grande rédaction comme le Figaro,
06:55c'est une ruche où, collectivement,
06:57on est plus pertinent qu'individuellement,
07:00même s'il y a toujours ces grandes plumes
07:02et vous les connaissez.
07:03L'intelligence artificielle,
07:04elle rend jusqu'où au Figaro ?
07:07Alors, l'intelligence artificielle,
07:09c'est le grand défi pour les médias
07:11et pour la presse écrite
07:12et pour la presse,
07:13d'une manière générale,
07:14sur le digital.
07:15Alors, c'est un outil,
07:17mais c'est un outil
07:18qui doit nous permettre
07:18d'être plus rapide
07:20pour nous consacrer
07:21et à avoir plus de temps
07:24pour enquêter,
07:25pour développer.
07:26Donc, des outils de révision,
07:28de correction,
07:29des outils de traduction,
07:31des outils qui permettent aussi
07:32de compiler des informations
07:34en grand nombre.
07:35Il y a beaucoup de sources.
07:35Vous êtes une journaliste économique.
07:37Vous savez qu'il y a beaucoup de données
07:40qu'on doit compiler,
07:41mettre en perspective.
07:43C'est un outil.
07:43En revanche,
07:44pas de papier fabriqué artificiellement.
07:46D'ailleurs, sur quoi ?
07:47On les fabriquerait sur nos propres contenus
07:50puisque, comme vous le savez,
07:52les IA utilisent nos propres contenus.
07:53Donc, on ne va pas se copier nous-mêmes
07:55ou copier nos confrères.
07:57Donc, il n'y a aucun papier
07:58qui est écrit ?
08:00Aucun papier.
08:00Et puis, y compris une dépêche.
08:03Une dépêche.
08:04On considère que c'est vertueux aussi
08:06pour un jeune journaliste
08:07de bâtonner des dépêches,
08:09comme on disait autrefois.
08:10Après tout, ça apprend à écrire
08:11et ça permet de s'entraîner,
08:14de prendre contact
08:14avec la rédaction du Figaro.
08:16Donc, oui, ça, c'est très important.
08:18Aucune information publiée,
08:21automatiquement, préfabriquée.
08:22C'est ça la promesse aussi
08:25des grands journaux comme le Figaro.
08:26Le Figaro, c'est un journal de droite.
08:29Je ne vais pas lui faire offense
08:30que de le dire.
08:32Vous l'affichez.
08:33Là, on arrive dans une campagne
08:35très importante
08:36avec peut-être la possibilité
08:39d'avoir le Rassemblement National
08:41qui prenne le pouvoir en France
08:45parce qu'ils sortent vainqueurs des élections.
08:47Comment est-ce que vous traitez
08:49le Rassemblement National ?
08:51Comment est-ce que vous, Marc Feuillet,
08:52là, vous n'êtes pas journaliste,
08:54encore une fois,
08:54mais vous êtes le directeur général,
08:56le boss du journal.
08:58Comment est-ce que vous traitez ça ?
09:01Alors, plusieurs éléments de réponse,
09:03quand même,
09:03j'aurais rappelé une chose,
09:04c'est qu'un journal comme le Figaro,
09:06c'est d'abord des valeurs.
09:07Et c'est autour de ces valeurs
09:09que s'organisent les opinions du Figaro
09:11et le traitement éditorial
09:12et pas l'adhésion
09:14à tel ou tel parti politique.
09:15Je crois que ce n'est pas du tout,
09:16d'ailleurs, le rôle d'un média.
09:18Je rappelle les valeurs.
09:20Elles sont d'ailleurs intangibles
09:21quasiment depuis 200 ans,
09:22ce qui donne l'impression au Figaro
09:24d'être toujours le même,
09:25alors qu'il a beaucoup changé.
09:26Une certaine conception
09:27de l'ordre social,
09:29de l'autorité,
09:29de l'éducation,
09:30le libéralisme,
09:32la conviction
09:33du rôle des entreprises,
09:35la conviction aussi
09:36qu'il faut lutter
09:37contre
09:38les déficits publics,
09:40la trop grande présence
09:42de l'État dans l'économie,
09:43les impôts,
09:44évidemment.
09:44Je vous rappelle que
09:45Caston Calmette,
09:46notre directeur
09:47du Figaro,
09:48a été assassiné
09:49sur une affaire
09:50liée à l'impôt
09:50sur le revenu.
09:51Vous imaginez
09:52si Alexis Brézé
09:52avait été
09:53revolvérisé
09:55au moment
09:55de l'affaire
09:56sur la taxe Zuckmann.
09:57Donc,
09:58libéralisme.
10:00Et puis,
10:00j'ajouterais...
10:01On sent presque
10:01une pointe de regret
10:02chez vous.
10:03Non, non, non.
10:06Dernier point quand même,
10:08et ça,
10:08c'est aussi le Figaro,
10:09il y a une générosité
10:10dans l'offre éditoriale.
10:12On est hédoniste.
10:13Les vins,
10:14la culture,
10:15la littérature,
10:16la gastronomie,
10:17la mode aussi.
10:18C'est ça aussi,
10:19un journal comme le Figaro.
10:20Donc,
10:20pour répondre
10:21à vos questions,
10:22c'est d'abord
10:23et avant tout
10:24sur le critère
10:25des valeurs
10:26du Figaro
10:27que se fait
10:28notre choix.
10:29Et puis,
10:29la deuxième chose,
10:31c'est qu'il y a
10:31une grande diversité
10:32dans les opinions.
10:33Et ça,
10:33vous pouvez le voir.
10:35On enregistre en ce moment
10:36beaucoup de petites vidéos,
10:37vous savez,
10:38où un certain nombre
10:39de personnalités
10:40nous souhaitent
10:40un bon anniversaire.
10:41j'ai été frappé
10:42par celle de François Hollande
10:44qui lit assidument
10:45le Figaro
10:45et qui dit le lire
10:46en particulier
10:47pour être au courant
10:48de ce qui se passe
10:49souvent à gauche.
10:50Ça veut dire
10:50qu'on traite
10:52une actualité
10:52de manière large
10:53et pas simplement étroite.
10:55Moi,
10:55je crois beaucoup
10:56de ce point de vue-là
10:57qu'il faut aller
10:58vers le grand public possible.
10:58Mais pardonnez-moi,
10:59est-ce que le Rassemblement National
11:00répond aux valeurs
11:01que vous avez décrites
11:02du Figaro ?
11:02Moi,
11:03je vais vous dire,
11:04autour de ces valeurs,
11:05on peut dire
11:05que le Figaro parle
11:07à toute la droite
11:08et au centre
11:09et même à la gauche.
11:10Voilà.
11:11Et je ne me prononcerai pas
11:12sur tel ou tel parti politique
11:13parce que c'est,
11:14évidemment,
11:15vous ne comprenez pas.
11:16Comment est-ce que vous allez,
11:17comment est-ce que vous avez,
11:19vous préparez,
11:20j'imagine que c'est déjà
11:20un peu dans les tuyaux,
11:22les prochaines élections ?
11:24Alors,
11:25les prochaines élections municipales,
11:27il faut que vous sachiez
11:27qu'on a voulu se rapprocher
11:29encore plus de nos lecteurs
11:30et qu'on a ouvert
11:31des rédactions locales.
11:33Souvent,
11:33les journaux,
11:34les médias,
11:35d'ailleurs,
11:36sont accusés
11:36d'être parisiens,
11:38de ne pas avoir
11:39de correspondants
11:40en région.
11:42Et nous,
11:42on a installé
11:43des petites rédactions
11:44dans les grandes villes
11:45où on traite l'actualité
11:47déjà depuis deux ans.
11:48Et donc,
11:49on a,
11:50entre le service politique
11:51et ses rédactions,
11:54beaucoup de moyens
11:54de traiter
11:55cette actualité locale.
11:56Donc,
11:56vous voyez,
11:57on est assez préparé.
11:58Est-ce que le Figaro
12:01est rentable ?
12:02Oui,
12:03le Figaro est rentable.
12:04Il est au sein
12:04d'un groupe
12:05qui est aussi profitable.
12:07On réinvestit
12:07tout ce qu'on gagne
12:08dans notre développement,
12:10dans notre modernisation.
12:12la chance qu'on a eue,
12:13il faut quand même
12:13que je le dise,
12:15parce que
12:15tous les journaux
12:16n'ont pas cette chance.
12:19Le Figaro
12:19a toujours eu
12:20des grands propriétaires.
12:21Ville-me-sant,
12:22on le sait,
12:23Ersan,
12:23qui a beaucoup développé.
12:24Et la famille Dassault,
12:25depuis 20 ans,
12:26l'a peut-être
12:27plus transformé
12:28que pendant
12:29les 100 années
12:30qui ont précédé.
12:32Et il s'est
12:33considérablement
12:34diversifié,
12:35modernisé.
12:36Il a investi
12:37depuis que
12:39le groupe Dassault
12:39l'a repris,
12:40que Serge Dassault
12:41l'a repris.
12:43Donc,
12:43je reviens
12:44sur la société
12:46pour les municipales.
12:47La campagne présidentielle,
12:49ça va être une campagne,
12:50enfin,
12:50comme toutes les campagnes
12:51présidentielles,
12:52ça va être extrêmement tendu.
12:54Il va y avoir
12:54de la désinformation,
12:55sans doute.
12:56Enfin,
12:56en tous les cas,
12:56c'est le risque
12:57qu'on peut imaginer.
12:59Il y a l'importance
13:00des plateformes,
13:01des plateformes
13:01digitales,
13:02on en a dit un mot.
13:04Comment est-ce que
13:05vous abordez ça,
13:05Marc Feuillet ?
13:06Je pense que
13:07d'une manière générale,
13:09l'actualité
13:10nous sert,
13:11vous avez vu,
13:12vous avez rebondi
13:13sur l'actualité
13:14en Iran,
13:15on est dans une
13:15très grande richesse
13:17d'actualité,
13:18qu'elle soit internationale
13:19ou nationale,
13:20on va dire,
13:20on est un peu dans un monde
13:21de permacrise,
13:23où il se passe toujours
13:24quelque chose.
13:24De ce point de vue-là,
13:26c'est extrêmement favorable
13:27aux médias d'information
13:28comme nous.
13:29La campagne présidentielle,
13:31c'est le grand moment.
13:32C'est le grand moment
13:32en France.
13:34Le Figaro
13:34a toujours eu
13:35un service politique
13:36très fort.
13:37Il a toujours donné
13:38la parole
13:39à tous
13:40les intervenants,
13:42les interlocuteurs.
13:43Je crois qu'on va faire
13:43notre métier
13:44d'écrire,
13:45suivre les parcours
13:46des candidats
13:47et surtout,
13:48éclairer nos lecteurs
13:49sur les enjeux.
13:49Quel est le rôle
13:50de l'actionnaire
13:51dans ces cas-là ?
13:52Il nous accompagne
13:52toujours,
13:53il nous encourage.
13:54Un actionnaire,
13:55ça incite,
13:57ça pousse.
13:58On a beaucoup dit
13:59que du temps
14:00de Serge Dassault,
14:01le Figaro a beaucoup poussé
14:03et soutenu
14:03la candidate
14:04de Nicolas Sarkozy.
14:05On s'en souvient,
14:06mais c'était
14:07presque devenu
14:08un rituel.
14:09C'est la tribune
14:10de Serge Dassault
14:10compte au moment
14:12où il devait payer
14:12son USF
14:13un impôt sur la fortune
14:14qui écrivait systématiquement
14:16une tribune
14:17dans le Figaro
14:17pour expliquer
14:18qu'il ne fallait pas.
14:19Serge Dassault
14:20écrivait toujours
14:22et de ce point de vue-là,
14:23c'était le combat
14:24du Figaro
14:24avant et après
14:25qu'il y avait trop d'impôts
14:27et qu'il fallait lutter
14:27contre les déficits
14:28et au passage d'ailleurs,
14:29il préconisait
14:30la flat tax
14:31et on a eu
14:32le prélèvement
14:33qui a été mis en place.
14:35Il aurait été heureux
14:36de voir ça.
14:37Non,
14:37je pense que c'est surtout
14:38les idées.
14:40Serge Dassault d'ailleurs
14:40lui-même
14:41avait un conseil.
14:43Je vous disais
14:43que l'actionnaire
14:44est là pour aiguiller,
14:45pour conseiller.
14:46Il avait un conseil,
14:47c'est
14:47n'attaquez pas trop les hommes,
14:49parler des idées.
14:50C'est ça qui est
14:51le plus important
14:52dans le débat
14:53et c'est ça,
14:54je crois,
14:54qui sera important
14:55pour les élections présidentielles.
14:58Pour vous,
14:59le plus grand défi,
14:59alors je ne vous demande pas
15:00pour les 200 ans à venir,
15:02je pense que
15:03je ne serai plus là,
15:05vous non plus,
15:06si je peux me permettre,
15:06mais il y a des chances quand même.
15:08C'est quoi le plus gros défi ?
15:09Vous avez parlé de l'IA.
15:11Je crois qu'il faut
15:12qu'on aborde
15:13le sujet de fond
15:14pour les médias
15:15qui sont les très grandes plateformes.
15:16Vous avez dans le monde
15:18quatre à cinq
15:19très grandes plateformes,
15:20très grands groupes
15:21qui ont des tailles gigantesques,
15:22qui sont transnationaux
15:24et qui se situent
15:25entre nous
15:26et nos audiences,
15:28entre nous
15:29et nos lecteurs,
15:30nos téléspectateurs,
15:31entre nous
15:32et nos internautes.
15:33Et ils prélèvent
15:34une part
15:34majeure
15:35de la richesse
15:36qui est créée
15:37par ces audiences.
15:38C'est ça
15:39le défi
15:39pour les médias.
15:41Comment
15:41ne pas être
15:42marginalisé
15:43par les algorithmes
15:44de cette plateforme ?
15:46Comment conserver
15:47ce lien direct
15:48avec les lecteurs ?
15:49Et comment,
15:50peut-être avec la régulation,
15:52être justement
15:54rémunéré
15:55de nos efforts ?
15:56Au filial
15:56des libérales,
15:58Edwige,
15:58on croit
15:59que le libéralisme
16:00c'est la lutte
16:00contre les monopoles,
16:01mais pas simplement
16:02le monopole public.
16:03Les monopoles d'affaires
16:05qui se constituent
16:05par la taille.
16:07Il faut que la concurrence
16:07se fasse par les mérites,
16:09par notre travail.
16:11Et de ce point de vue,
16:12l'Europe
16:13et aussi la France,
16:14je crois,
16:14a un rôle
16:15de manière
16:16à pouvoir nous aider
16:17à équilibrer
16:18nos relations
16:19avec ces plateformes
16:20qui nous distribuent
16:21et qui sont incontournables
16:22maintenant.
16:23Justement,
16:23puisqu'elles sont incontournables,
16:25je ne sais pas
16:25si vous avez vu,
16:26c'est que
16:26c'est ma média,
16:28donc le propriétaire
16:30de BFM,
16:32vient de signer
16:33un accord
16:34avec YouTube
16:35en disant
16:37c'est là
16:37où est l'audience,
16:40c'est là où en plus
16:41on peut gagner
16:42de l'argent,
16:43est-ce que c'est
16:44le genre d'accord,
16:44c'est tout nouveau
16:45dans tous les cas
16:46dans les médias français,
16:49à part Arte,
16:50est-ce que c'est quelque chose
16:51que vous pourriez,
16:52vous,
16:52envisager,
16:53est-ce que vous réfléchissez ?
16:54Oui, c'est la bonne voie.
16:54C'est la bonne voie pour vous.
16:55Nous, on s'est fait une promesse,
16:57être là
16:58où sont nos lecteurs,
16:59où sont nos audiences.
17:01C'est pour ça
17:01qu'on ne renonce pas aux papiers,
17:03c'est pour ça
17:03qu'on a une forte application,
17:05un gros site internet,
17:06on a lancé
17:07notre canal de chaîne,
17:08il faut être prêt,
17:09et on est présent
17:10sur tous les réseaux sociaux,
17:11X compris,
17:13il faut qu'on soit présent
17:14là où sont nos lecteurs.
17:16Donc, des accords
17:16de ce type,
17:17oui, nécessairement,
17:18puisque de toute façon,
17:19on est obligé
17:20de collaborer
17:21avec ces plateformes.
17:22Le papier,
17:23jusqu'à quand ?
17:25Jusqu'à la fin des bonheurs ?
17:26Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'usage.
17:28Nous, on n'est pas là
17:29pour décider
17:30à la place de nos lecteurs
17:31ce qu'ils aiment
17:32et ce qu'ils n'aiment pas.
17:33Le papier, vous le savez,
17:34c'est une marque de confiance.
17:36C'est le symbole.
17:37C'est un plaisir aussi
17:39pour un certain nombre de lecteurs,
17:40parce que pour lire
17:41sur une petite tablette
17:42et sur un petit mobile,
17:44parfois, il y a peu de plaisir.
17:46Et le format écrit,
17:48l'imprimé,
17:49le format magazine,
17:50c'est aussi un plaisir.
17:51Alors, moins nombreux qu'avant,
17:53certes,
17:54mais il y a quand même
17:55beaucoup de lecteurs
17:56qui aiment ces versions imprimées.
17:58Vous pourriez,
17:59donc sur le Figaro,
18:00évidemment,
18:01c'est aussi Figaro Magazine,
18:03Figaro Madame,
18:04enfin,
18:05vous pourriez faire
18:07une grosse acquisition ?
18:08Je n'ai pas acheté
18:09une chaîne de télé ?
18:10Est-ce que...
18:11Une radio ?
18:12Est-ce que c'est...
18:13Ou est-ce que vous restez
18:14dans vos clous ?
18:16Vous l'aurez compris,
18:17ce qui compte pour nous,
18:18c'est le Figaro.
18:19Oui.
18:19C'est l'essence même du groupe.
18:20C'est la raison pour laquelle
18:22Serge Dassault
18:22a acheté notre société.
18:25C'est le symbole
18:26qu'il représente,
18:26c'est les combats
18:27qu'il mène.
18:28Tous nos efforts
18:29sont centrés sur le Figaro.
18:30Alors après,
18:31on s'est diversifiés
18:32pour compléter nos offres,
18:34pour renforcer le Figaro.
18:35Et chacune de ses activités,
18:37dans la publicité digitale,
18:39dans l'e-commerce,
18:40les voyages,
18:41a de toute façon à l'origine
18:42un lien avec le Figaro.
18:44En tout cas,
18:45nous,
18:45c'est comme ça
18:46qu'on conçoit notre groupe.
18:48Merci beaucoup,
18:49Marc Feuillet.
18:50Est-ce que...
18:51Pas question de...
18:53Parce qu'il y a un changement
18:53générationnel chez les Dassault.
18:55Ça pourrait avoir un impact
18:57sur leur désir ou pas
18:59de conserver le Figaro ?
19:00Parce qu'il y a des rumeurs
19:01en permanence.
19:03Oui,
19:03ça fait 20 ans
19:04qu'il y a des rumeurs.
19:04Vincent Bolloré,
19:05Bernard Arnault...
19:06Est-ce que je peux vous donner
19:06un chiffre ?
19:08Oui.
19:08Peut-être.
19:10Ça fait plus de temps maintenant
19:11ou autant de temps maintenant
19:13que le groupe Dassault
19:15dirige,
19:17enfin possède
19:17et anime le Figaro
19:19qu'elle ressent lui-même
19:20quand il l'a racheté.
19:22Non,
19:22ça veut dire
19:23que c'est une longue histoire.
19:24Vous me tendez du perche,
19:25Marc Feuillet.
19:26Ersan est décédé
19:27et c'est pour ça
19:28que la situation a changé.
19:30Mais vous voyez
19:30que c'est un contrat
19:32de très long terme.
19:33Vous avez eu des offres
19:34ou pas ?
19:35Ah non,
19:35pas du tout.
19:36Tout ça,
19:37c'est des fantasmes.
19:38Bon anniversaire.
19:39Merci beaucoup.
19:39Bon bicentenaire.
19:40Merci.
19:41Marc Feuillet,
19:41donc à partir de demain
19:42au Grand Palais,
19:43trois jours,
19:44ouvert au grand public.
19:4514, 15,
19:4616 janvier.
19:47Et un documentaire
19:48ce soir.
19:49Sur France 2,
19:50en deuxième partie de soirée.
19:51Voilà,
19:52sur l'histoire du Figaro.
19:53L'histoire de la formation en France.
19:55Merci beaucoup.
19:55Merci beaucoup.
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