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  • il y a 3 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Évidemment, on commence le 18-19 par l'actualité économique et politique.
00:14Bonsoir Marc Ferracci.
00:15Bonsoir.
00:15Vous avez été ministre de l'Industrie et de l'Énergie.
00:18Vous allez retrouver votre siège, c'est pratique vous me direz,
00:21votre siège de député Ensemble pour la République des Français et établis de France.
00:25Quand est-ce, dans combien de temps, dans 15 jours, 3 semaines ?
00:27Au début novembre.
00:28Oui, c'est encore une assemblée.
00:30Écoutez, on va tout faire pour qu'il y en ait une.
00:32On va tout faire.
00:32Alors avant de rentrer dans le vif du sujet,
00:34comme un mameau, on a essayé de le joindre,
00:36mais on n'arrive pas trop à le joindre.
00:38Philippe Aguillon, vous connaissez bien,
00:40notre prix Nobel d'économie,
00:42bon d'accord, il le partage,
00:43mais enfin, il l'a.
00:45Vous avez fait avec lui,
00:47établi avec lui, le programme d'Emmanuel Macron,
00:49c'était en 2017.
00:52J'imagine que vous avez quand même une certaine émotion.
00:55Qu'est-ce qu'il a de plus, Philippe Aguillon ?
00:57Pourquoi il mérite ce prix Nobel d'économie ?
00:59Beaucoup de joie,
01:00parce qu'effectivement,
01:01ce prix Nobel, il récompense d'abord
01:02quelqu'un qui est humainement formidable,
01:04et puis qui a travaillé sur un sujet extrêmement actuel.
01:07Il a travaillé sur le lien qui existe
01:09entre l'innovation et la croissance économique,
01:11avec une idée assez simple,
01:13c'est que pour qu'il y ait de la croissance économique,
01:15pour qu'il y ait des gains de productivité,
01:17il faut que les activités qui sont les moins efficaces,
01:19les moins innovantes,
01:20que les emplois qui sont les moins efficaces,
01:22que les entreprises qui sont les moins innovantes,
01:24disparaissent et soient remplacées par des emplois et des entreprises
01:28plus efficaces.
01:29La destruction créatrice.
01:30C'est ce qu'on appelle effectivement la destruction créatrice.
01:32C'est un concept qu'on doit à l'économiste des années 50,
01:36Joseph Schumpeter.
01:37Et cette destruction créatrice,
01:39c'est un élément très important,
01:40parce qu'elle nous explique au fond
01:42comment est-ce qu'on arrive à faire grossir le gâteau.
01:44Or, vous avez évidemment constaté
01:46que le débat public aujourd'hui,
01:49il ne parle que de la manière dont on partage le gâteau,
01:52mais très peu de la manière dont on crée de la richesse,
01:55on crée de la croissance.
01:56Et de ce point de vue,
01:57je trouve que c'est un prix Nobel qui vient à point nommé.
02:00Et je suis très très content pour Philippe,
02:01qui par ailleurs est quelqu'un de formidable.
02:03Et en plus, lui, il est très très anti-Tag Zuckmann.
02:06Il n'est pas du tout dans l'air du temps.
02:08Vous savez, je pense que c'est la Tag Zuckmann.
02:09Je dis ça ironiquement.
02:10C'est la Tag Zuckmann qui n'est, de mon point de vue,
02:14pas vraiment adaptée à ce dont nous avons besoin.
02:16Nous avons besoin de créer de la richesse.
02:18Nous avons besoin d'inciter les innovateurs
02:20à développer leurs entreprises en France,
02:23à investir en France,
02:25à faire de la recherche en France.
02:26Et on le sait, la Tag Zuckmann,
02:28c'est un dispositif qui aurait pour conséquence,
02:31assez rapide, d'obliger, pour payer la taxe,
02:33les gens à vendre les parts de leurs entreprises innovantes.
02:36Donc je pense que ça n'est absolument pas une solution.
02:38Et j'espère que le prix Nobel de Philippe Aguillon
02:41va permettre de relancer le débat,
02:43non pas autour de la taxe et du partage de ce gâteau,
02:46mais autour de la manière dont on crée des richesses.
02:48La création de la richesse, oui.
02:49Ce qu'il y a, c'est qu'il y a beaucoup de Français
02:50qui ne savent pas que finalement,
02:52ceux qui créent de la richesse,
02:53ce sont les entreprises.
02:54Vous qui êtes docteur en économie,
02:56c'est vrai qu'on enseigne très très peu de l'économie en France.
02:59Je pense qu'il y a des progrès à faire.
03:00Vous avez raison.
03:01Vous avez raison.
03:01J'ai enseigné l'économie.
03:04J'ai des enfants qui apprennent l'économie au lycée
03:07ou un peu après le lycée.
03:09Et c'est vrai qu'il y a parfois une méconnaissance,
03:12parfois même une inculture,
03:14qu'il faut arriver avec de la pédagogie,
03:16avec des arguments rationnels, documentés,
03:20à lever.
03:20Parce que sinon, effectivement, il y a beaucoup de débats,
03:23et ceux sur la taxe Zuckman en font partie,
03:25qui ne permettent pas de prendre les bonnes décisions,
03:29des décisions conformes à l'intérêt général.
03:31Mais là, justement, j'ai envie de dire,
03:32vous avez fait le programme économique d'Emmanuel Macron,
03:35vous, avec Philippe Aguillon.
03:37J'ai envie de dire tout ça pour ça.
03:38Ça fait quand même des grosses têtes
03:39pour un programme économique
03:40dont il ne restera plus grand-chose à la fin
03:43s'il arrive au bout de ce deuxième quinquennat.
03:46Vous savez, ce programme économique,
03:47il a permis de faire baisser le chômage
03:49de 9,5 à près de 7 %.
03:51Il a permis de créer plus de 2 millions d'emplois.
03:53Et justement, un des éléments très intéressants,
03:56c'est que la destruction créatrice,
03:57le fait qu'il y ait des emplois détruits
03:58et des emplois créés, ça s'accompagne.
04:00Ça s'accompagne, par exemple,
04:01avec des outils de formation.
04:02On a créé le compte personnel de formation
04:04pour permettre à des gens de se reformer
04:06de manière très fréquente
04:07durant leur vie professionnelle.
04:09Ça, c'est une manière d'accompagner ce processus
04:11et de permettre de faire en sorte
04:13qu'on accompagne la création
04:16et la destruction d'emplois.
04:18Donc moi, je pense qu'il y a beaucoup de choses
04:19dans ce programme
04:19qui ont apporté des résultats positifs.
04:23Et je viens de vous donner quelques chiffres.
04:25Il y a des choses auxquelles il faut faire très attention.
04:26On va sans doute en parler
04:27parce que dans les prochaines semaines,
04:29les prochains mois,
04:30on va avoir des discussions importantes
04:32sur le budget.
04:33Et moi, ma préoccupation,
04:35c'est évidemment qu'on ne défasse pas
04:36ce qui a été fait depuis 2017,
04:38qu'on ne défasse pas
04:38ce qu'il est convenu d'appeler
04:40la politique de l'offre,
04:41une politique pro-entreprise.
04:43Et je serai dans mes nouvelles fonctions,
04:44vous l'avez dit,
04:45je vais redevenir député.
04:46À condition qu'il y ait une assemblée nationale,
04:48si on n'est pas dans la dissolution.
04:50Écoutez, la dissolution,
04:52j'ai eu l'occasion de le dire
04:53à maintes reprises,
04:54aujourd'hui, je pense qu'elle ne réglerait rien.
04:56Elle ne réglerait pas
04:57l'équation politique
04:58qui est celle du pays.
05:00Et elle créerait encore
05:01une phase d'instabilité plus longue
05:03et plus pernicieuse
05:05pour les entreprises.
05:05Moi, en tant que ministre de l'Industrie,
05:07je suis allé beaucoup sur le terrain.
05:09Et j'ai entendu
05:09à des dizaines de reprises
05:11des entrepreneurs
05:12qui me disaient
05:13que ce dont ils ont besoin,
05:14c'est de stabilité.
05:15Je pense que la dissolution,
05:16qui serait précédée par une censure,
05:18est évidemment une très mauvaise nouvelle
05:20pour les entrepreneurs.
05:22Il y a un point,
05:22parce que comme ça,
05:23ça nous fera entrer dans le vieux sujet.
05:24Après, on parlera du budget
05:25et puis surtout de ce contexte politique
05:28sur la réforme des retraites.
05:29On sent que c'est le totem,
05:31en tous les cas,
05:32pour le Parti Socialiste
05:33qui avait la taxe Zuckman.
05:34Ils l'ont encore un peu,
05:35mais sous d'autres modalités.
05:37Mais surtout,
05:37c'est la suspension
05:39de la réforme des retraites
05:41et même de la suspension
05:42de la réforme telle que vous l'avez faite.
05:44Quand je dis vous,
05:44c'est les macronistes, bien sûr.
05:46Et la suspension même
05:47de la réforme touraine.
05:49Donc, vous avez sur le nombre
05:50de trimestres
05:52qu'il faut cotiser.
05:55Est-ce que, pour vous,
05:56c'est une ligne rouge ?
05:58Est-ce que vous pensez
05:58que le Président de la République
05:59peut accepter cette suspension
06:01des réformes des retraites ?
06:02Par principe,
06:03quand on négocie
06:04et quand on négocie de bonne foi,
06:05il ne faut pas avoir
06:06trop le ligne rouge
06:07parce que sinon,
06:07ça veut dire qu'on ne veut pas
06:08que la négociation aboutisse.
06:09Maintenant, j'ai eu l'occasion de le dire,
06:11c'est une réforme très importante
06:12parce que si on veut
06:14être cohérent
06:15avec ce qu'est devenu le monde,
06:17ce que sont devenus
06:20les enjeux du pays,
06:21on a besoin de créer des richesses
06:22et pour créer des richesses,
06:23il faut augmenter le taux d'emploi.
06:24On a un taux d'emploi
06:25qui est plus faible
06:25que la plupart de nos voisins.
06:27On a 69% de taux d'emploi,
06:2978% en Allemagne
06:30et on sait que cette réforme,
06:31elle a d'abord pour effet
06:32d'augmenter le taux d'emploi.
06:34Donc moi, je l'ai dit,
06:35je pense que,
06:36dans ce que demandent
06:37les socialistes,
06:38il y a effectivement
06:38la suspension
06:39de la réforme de retraite,
06:40il y a d'autres choses,
06:41des mesures en faveur
06:42du pouvoir d'achat.
06:45Qu'on soit plus ambitieux
06:46sur les enjeux
06:47de pouvoir d'achat,
06:48sur la baisse de la CSG
06:49par exemple,
06:50et qu'on fasse très attention.
06:52Sur les riches ?
06:53On fasse très attention.
06:54Là-dessus aussi,
06:55je pense que dans le budget
06:56qui sera présenté,
06:57il y aura des dispositifs
06:58qui permettront
06:59de mettre à contribution
07:00les hauts revenus
07:01et d'aller vers plus
07:01de ce que l'on appelle
07:02la justice fiscale.
07:03Mais moi, j'insiste
07:04sur le pouvoir d'achat.
07:05On a une protection sociale
07:07qui repose essentiellement
07:08sur le travail.
07:09Ça pèse sur le coût du travail,
07:10ça coûte des emplois
07:11et de la compétitivité
07:11aux entreprises
07:12et ça coûte du pouvoir
07:13d'achat aux salariés.
07:14Pourquoi est-ce qu'on n'y va pas
07:15à fond sur ce sujet-là ?
07:17Parce que je pense
07:17que la réforme des retraites,
07:19elle va envoyer un signal
07:20extrêmement négatif
07:21si on la suspend.
07:22Ça enverra un signal négatif
07:23au marché,
07:24à ceux qui nous prêtent.
07:24Ça enverra aussi
07:25un signal négatif
07:26aux industriels
07:27et aux entrepreneurs
07:28qui veulent investir
07:29en France.
07:29Moi, quand je suis allé
07:30sur le terrain
07:30pendant des semaines
07:31et des mois
07:32dans mon poste de ministre,
07:34j'ai constaté
07:34que les gens
07:35qui hésitent
07:38à investir en France,
07:40ils ont souvent
07:41une vision assez globale
07:43de ce que sont
07:43les réformes
07:44et quelles réformes
07:45ils ont retenues.
07:45Ils ont retenu
07:46essentiellement la réforme
07:47des retraites.
07:47Tout le monde a retenu
07:47que cette réforme
07:48de retraite.
07:48Si on la suspend,
07:49je pense que ça aura
07:50des conséquences,
07:51y compris sur la démarche
07:52d'investissement en France.
07:53Oui, c'est clair.
07:55En même temps,
07:55Marc Ferrati,
07:56je repose votre question.
07:57Est-ce que c'est une ligne rouge
07:58pour le président
07:59de la République
07:59que vous connaissez bien ?
08:01C'est un secret pour personne.
08:02Oui, je peux bien le connaître
08:04mais ça ne me donne pas
08:05la réponse à votre question.
08:06C'est une décision
08:07qui est un choix politique,
08:08un choix très profond
08:09entre en fond
08:10deux choses qui ont beaucoup de valeur.
08:13Deux choses qui ont beaucoup de valeur.
08:14Je vous donne, pour moi,
08:15les paramètres de ce choix.
08:16Est-ce qu'on suspend ?
08:17Est-ce qu'on ne suspend pas ?
08:18Il y a une chose
08:18qui a beaucoup de valeur,
08:19c'est la stabilité politique
08:20et elle a aussi
08:21une valeur économique,
08:22je viens de vous le dire.
08:23Et puis, il y a une chose
08:24qui a beaucoup de valeur,
08:25c'est la cohérence.
08:27La cohérence de notre action
08:29et le signal que nous envoyons
08:30à tous les acteurs économiques.
08:32Et vous le voyez,
08:32il y a un certain nombre
08:33d'acteurs économiques,
08:34en particulier
08:35les organisations professionnelles.
08:37Et justement,
08:38c'est précisément
08:38parce que la situation politique
08:40est très difficile
08:40et très instable
08:41et très confuse
08:42qu'il faut conserver
08:43cette cohérence.
08:44Donc moi, je pense
08:45qu'il y a des leviers
08:47qui sont plus efficaces
08:49pour faire avancer le pays
08:50que la suspension
08:51de cette réforme.
08:52Mais c'est une décision politique,
08:53c'est une décision
08:54qui sera prise par le président
08:55et par le Premier ministre.
08:57Je souhaite, pour ma part,
08:58qu'on prenne en compte
08:59toutes les conséquences.
09:00Et quand on prend en compte
09:01toutes les conséquences
09:02de cette décision,
09:03on doit hésiter très fortement.
09:04Vous connaissez mieux
09:04le fonctionnement
09:05que nous de ce qui se passe
09:06entre la relation
09:07entre Matignon et l'Elysée.
09:10À votre avis,
09:11Sébastien de Lacornu
09:12en a forcément parlé
09:13avec le président de la République.
09:15Lui, il s'est engagé
09:16en disant qu'à priori,
09:17on a le sentiment
09:17qu'il pourrait accepter
09:18une suspension.
09:19Je ne suis pas d'abord
09:22dans le secret des dieux
09:23et encore moins maintenant
09:25qu'il y a quelques jours.
09:27Et je n'ai pas de boule de cristal.
09:29Je pense que ça va s'éclairer
09:31dans les prochaines heures,
09:32tout simplement,
09:33parce qu'on a un moment
09:34très important demain
09:35qui est la déclaration
09:35de politique générale
09:36du Premier ministre.
09:37À ce moment-là,
09:38je pense que l'attente
09:40le poussera à clarifier
09:42ses intentions
09:42sur la réforme des retraites
09:44et sur beaucoup d'autres choses.
09:45Parce que je suis quand même,
09:47moi, un petit peu frustré
09:48de quelque chose,
09:49c'est qu'on est dans un pays
09:50où la jeunesse
09:51a besoin de perspectives,
09:55où les actifs
09:55ont besoin de perspectives,
09:57ont besoin de se projeter
09:58dans leur vie professionnelle,
09:59où on a besoin
09:59de parler industrialisation,
10:01où on a besoin
10:01de parler écoles,
10:02où on a besoin
10:02de parler santé
10:03et où on ne parle
10:04que des retraites.
10:05Moi, j'ai beaucoup de respect
10:06pour nos aînés,
10:08pour ceux qui sont à la retraite
10:09ou ceux qui vont y être bientôt,
10:10mais il y a d'autres enjeux
10:11dans le pays.
10:12Et moi, je souhaite
10:12qu'on puisse remettre la focale,
10:15remettre la lumière
10:15sur d'autres enjeux.
10:17Et je pense que c'est aussi
10:18le rôle de cette déclaration
10:19de politique générale.
10:19Il y a deux motions de censure
10:21qui ont été déposées.
10:23Est-ce que Sébastien Lecornu,
10:25Lecornu 2,
10:27a une chance
10:28de tenir plus que 48 heures ?
10:32Oui, je pense qu'il a une chance
10:33de tenir plus que 48 heures.
10:35Les deux motions de censure
10:36dont vous parlez,
10:36elles ont été déposées
10:37par le Rassemblement national
10:38et par l'EFIC
10:39qui ont la même stratégie,
10:41ça ne vous a pas échappé,
10:42qui est de générer une censure
10:44pour entraîner une dissolution
10:45et probablement après
10:46une démission du président
10:48de la République
10:48qui, à mon avis,
10:49n'adviendra pas.
10:50Mais en tout état de cause,
10:51c'est une stratégie des extrêmes.
10:53Moi, je pense qu'il faut parler
10:54avec tous les autres partis politiques,
10:57hormis les extrêmes,
10:59c'est-à-dire la gauche de gouvernement,
11:00c'est-à-dire évidemment
11:01les Républicains,
11:02c'est-à-dire tous ceux
11:03qui veulent construire pour le pays
11:05et donner de la stabilité.
11:06Et pour répondre à votre question,
11:07je pense effectivement
11:08que non seulement
11:09Sébastien Lecornu
11:10peut éviter
11:11ces motions de censure,
11:12mais il peut faire adopter
11:14un budget
11:14si l'esprit de responsabilité
11:17revient
11:17et si chacun
11:18prend la mesure
11:20du coût social,
11:22politique et économique
11:23de cette instabilité.
11:25Mais en même temps,
11:25vous avez Emmanuel Macron
11:26qui a charmet le chèque
11:27et qui a dit,
11:28c'est toujours un peu bizarre
11:28quand il parle de la France
11:30à l'étranger,
11:31qui a dit
11:31en fait c'est la faute aux autres
11:32un peu ce qui se passe.
11:34Il n'y a pas
11:35une prise de responsabilité
11:37par rapport à son action ?
11:39Mais vous savez,
11:40quand vous êtes parlementaire,
11:42si on parle des censures,
11:44c'est vous qui décidez
11:44de censurer ou pas.
11:46Ce n'est pas les journalistes,
11:47ce n'est pas les Français,
11:48ce n'est pas le président
11:49de la République non plus.
11:50C'est vous face
11:51à votre bouton de vote.
11:51Moi j'ai été parlementaire,
11:53j'ai eu à me prononcer
11:54notamment sur des motions
11:56de censure
11:56qui ont été déposées
11:57par les oppositions.
11:58Eh bien vous avez le choix.
11:59Il n'y a pas de mandat impératif
12:00en France,
12:00c'est ce que dit
12:01notre Constitution.
12:02Donc en matière
12:03de responsabilité,
12:04les choses sont très claires.
12:05C'est ceux et celles
12:06qui décident
12:07de faire tomber
12:08à un gouvernement
12:09qui doivent assumer
12:10la responsabilité.
12:11Moi j'ai toujours dit ça
12:12et à un moment ou à un autre,
12:13il ne faut pas renvoyer
12:14la responsabilité
12:15à ceux qui l'assument
12:17mais sur des sujets
12:18qui les concernent directement.
12:19Alors quelques sujets
12:20quand même industriels,
12:22Marc Ferracci.
12:23La PPE,
12:24le projet de décret
12:25sur la programmation
12:26pluriannuelle de l'énergie,
12:29elle est un peu mornée.
12:31Or elle était très importante,
12:33très attendue.
12:35Qu'est-ce qui se passe surtout ?
12:36Qu'il n'y a pas,
12:37j'imagine que vous avez noté,
12:38il n'y a pas de ministre
12:39de l'énergie,
12:41il n'y en a plus.
12:41Il n'y a pas de ministre
12:42dédié à l'énergie,
12:43il y a un ministre
12:44en charge de l'énergie
12:45qui est Roland Lescure,
12:46il est en charge
12:46de la souveraineté énergétique,
12:48il est en charge
12:49de beaucoup de choses,
12:49mais je pense qu'il va
12:50évidemment se préoccuper
12:51de ces sujets
12:52qu'il connaît bien
12:52puisqu'il a été
12:53ministre de l'industrie
12:54et de l'énergie,
12:54il était mon prédécesseur
12:56quand moi j'ai été
12:57notre ministre.
12:57Elle est où ?
12:58Elle est sur le haut de la pile,
12:59la PPE ?
13:00Elle est où ?
13:00Elle est disparue ?
13:01Eh bien,
13:01je pense que c'est demain
13:02avec la déclaration
13:03de politique générale
13:04que nous aurons
13:04des indications là-dessus.
13:05Si Sébastien Lecornu
13:07y fait référence,
13:08ça veut dire
13:08que ça n'est absolument
13:09pas intérêt
13:09et je ne veux pas
13:10pour ma part
13:11que ça soit intérêt
13:11pour une raison assez simple,
13:13c'est que cette PPE,
13:14elle est absolument nécessaire
13:15pour donner un cap énergétique
13:16au pays
13:16et pour aller vers
13:17la défossilisation,
13:19ça veut dire sortir
13:20de la dépendance
13:20au gaz,
13:21au pétrole
13:21qui nous coûtent
13:2370 milliards d'euros
13:24chaque année
13:25sur notre balance commerciale,
13:26qui nous mettent
13:27à la merci
13:27de pays
13:28qui nous sont désormais hostiles
13:29et au premier rang
13:30desquels la Russie.
13:31Oui,
13:31en même temps,
13:31il y a des investissements
13:32colossaux à faire
13:33dans le nucléaire
13:34et la France
13:34n'a pas le début
13:35d'un euro.
13:36J'ai été en tant que ministre
13:37en charge et j'ai fait en sorte
13:38de faire avancer
13:38le financement du nouveau nucléaire
13:39qui sera bientôt notifié
13:41le schéma de financement
13:42à la Commission européenne.
13:44Je suis bien conscient
13:44de ces enjeux.
13:45Notre stratégie incarnée,
13:47illustrée par cette PPE,
13:49c'est de mettre
13:49l'accent sur le nucléaire
13:50et de mettre l'accent
13:51sur les énergies renouvelables,
13:52les énergies intermittentes,
13:54le solaire, l'éolien
13:54mais aussi l'hydroélectricité
13:55parce qu'il faut
13:56qu'on investisse
13:56dans notre barrage.
13:57Il y a tout un débat
13:57sur l'énergie renouvelable,
13:58certains,
13:59y compris Catherine Magrégor,
14:00la directrice générale d'ENGIE
14:02qui dit
14:02mais attention,
14:03on est en train de tuer
14:04les énergies renouvelables
14:05en France.
14:06Vous lui répondez quoi ?
14:07Dans toute filière
14:08qui se constitue
14:09et c'était vrai
14:10il y a des dizaines d'années
14:11pour le nucléaire,
14:12il faut investir
14:14et il faut au départ
14:15investir parfois à perte
14:17c'est-à-dire
14:18ce qu'on a fait
14:19mais j'insiste
14:21sur ce point
14:22aujourd'hui
14:23les contrats
14:24liés aux énergies renouvelables,
14:25les contrats liés
14:26à l'éolien en mer,
14:27les contrats liés
14:28aux photovoltaïques,
14:29ils se signent
14:30à des prix très compétitifs,
14:32tout aussi compétitifs
14:33que le nucléaire,
14:35y compris le nucléaire existant,
14:36j'insiste.
14:37Je vous donne un exemple,
14:38il y a un grand contrat
14:39sur l'éolien en mer
14:40qui a été obtenu
14:41il y a quelques jours
14:42par une grande entreprise
14:42que je ne citerai pas
14:43mais que vous citerai à ma place
14:44qui s'est négociée
14:46à 66 euros du mégawatt.
14:4866 euros du mégawatt-heure
14:49c'est peu ou peu
14:51le coût de production
14:52du nucléaire existant.
14:53Mais en mettant
14:54on a mis beaucoup
14:54beaucoup d'argent
14:55dans l'énergie renouvelable.
14:57On voit bien
14:58que les énergies renouvelables
14:59peuvent être compétitives,
15:00elles ne sont pas
15:01toujours compétitives,
15:02il faut faire très attention
15:03à la dépense publique
15:04et moi je suis pour
15:04avoir une approche
15:06très parcimonieuse
15:07avec les deniers publics
15:08et faire en sorte
15:09de réguler le soutien public
15:11aux énergies renouvelables
15:12qui atteint des milliards d'euros
15:13mais en même temps
15:14on a besoin des deux
15:15parce que...
15:15C'est combien le chiffre ?
15:16J'en profite
15:16puisque vous êtes là.
15:17On va être autour
15:19de 8 milliards d'euros
15:20cette année.
15:20Pour les énergies renouvelables ?
15:21Oui, pour les énergies renouvelables
15:23mais il faut bien se le dire.
15:25Sources économiques
15:25comme dirait Marine Le Pen.
15:26Il faut bien se le dire.
15:27Justement c'est là
15:28la difficulté.
15:28Marine Le Pen
15:29elle dit souvent n'importe quoi
15:30sur le sujet
15:31et là elle dit n'importe quoi.
15:32Pourquoi ?
15:32Parce que ça coûte très cher
15:34pour une raison assez simple
15:36c'est qu'on paye
15:37pour des contrats
15:37qui ont été signés
15:38il y a 10 ans ou 15 ans
15:39à des prix très élevés
15:40à 200-300 euros
15:41le mégawatt-heure.
15:42Aujourd'hui les contrats
15:43ils se signent
15:44entre 50-60 euros.
15:45Donc c'est pas le moment
15:46de décélérer
15:47c'est pas le moment
15:48de lever le pied
15:49de l'accélérateur.
15:50Aujourd'hui il faut
15:50continuer à investir
15:51parce que le nucléaire
15:53c'est très important.
15:54Moi j'ai défendu
15:55le nucléaire en Europe
15:56j'ai convaincu
15:56nos amis allemands
15:57de soutenir le nucléaire
15:59alors qu'il n'y était
16:00absolument pas favorable.
16:01J'ai créé
16:01et j'ai soutenu
16:02une alliance du nucléaire
16:03je ne l'ai pas créé
16:04c'est ma prédécesseur
16:04qui l'a fait
16:05mais je l'ai piloté
16:06donc moi je crois
16:07dans le nucléaire
16:07mais les nouveaux réacteurs
16:08ils seront opérationnels
16:09en 2038.
16:10Qu'est-ce qu'on fait
16:11d'ici là ?
16:11On a besoin
16:12des énergies renouvelables
16:13aussi dans l'intervalle.
16:14Donc voilà
16:14mais pour l'instant
16:15vous espérez
16:15que vous êtes toujours
16:16en top sur le haut
16:18de la pile
16:18mais on verra demain
16:21comme vous dites.
16:21Parce que je termine avec ça
16:21il y a aussi des emplois
16:23industriels en jeu
16:23dans tous les territoires
16:24l'éolien en mer
16:25c'est 8000 emplois
16:26dans nos territoires
16:27le photovoltaïque pareil
16:28il faut donner de la visibilité
16:29aux industriels
16:30c'est ce qu'ils attendent
16:31et la PPE doit être prise
16:32Une question après
16:32avant de revenir
16:33sur une décision
16:34qu'a prise le chancelier allemand
16:36sur Legrand
16:38je recevais le patron de Legrand
16:39il y a très peu de temps
16:40Mathieu Pechberti
16:42a sorti des informations
16:42comme quoi
16:43en fait il y avait
16:44le géant ABB
16:45qui avait voulu racheter
16:47Legrand
16:47qui n'a pas vraiment
16:48l'actionnaire
16:49qui au départ
16:49entreprise familiale
16:50mais aujourd'hui
16:50n'a pas vraiment
16:51l'actionnaire de référence
16:52et en fait
16:53il y a eu le net
16:53de votre part
16:54le net de Bercy
16:55vous pouvez nous confirmer ?
16:56Je vous le confirme
16:57Oui ?
16:58Je vous le confirme
16:58Legrand est une entreprise
16:59très importante
17:00sur certains pans
17:03de son activité
17:03certaines parties
17:04de son activité
17:05qui a une dimension
17:05de souveraineté
17:06et des messages
17:07ont été passés
17:08par moi-même
17:09pour faire en sorte
17:12que cette opération
17:14ne se traduise pas
17:15par des abandons
17:16de souveraineté
17:17D'accord
17:17donc ça c'est un point important
17:18Juste dernière question
17:19on a l'impression
17:20que tout d'un coup
17:20un peu enfin
17:21on se rebelle
17:22contre les dictats
17:24de la Commission européenne
17:25et de l'Union européenne
17:27il y a eu le plan acier
17:27donc finalement
17:28que vous avez négocié
17:30évidemment
17:31Merci de le rappeler
17:32pour contrer
17:33les Chinois
17:34avec donc
17:35une réduction
17:36de 50%
17:37des importations
17:38et puis surtout
17:3850% de droits de douane
17:3950% oui
17:40sur les droits de douane
17:41absolument
17:42et un quota
17:43à 15%
17:43pour aller vite
17:44et au data
17:45après hop
17:46on taxe à 50%
17:47et c'est ce que réclamait
17:49la filière sidérurgique
17:50ce qu'il faut bien voir
17:51c'est que
17:51on est dans une situation
17:52où les règles du commerce
17:54international ne sont plus
17:55respectées par des acteurs
17:56comme la Chine
17:56c'est vrai pour l'acier
17:57c'est vrai pour les voitures
17:58électriques
17:58c'est vrai pour beaucoup de choses
17:59moi je suis pour
18:00l'ouverture du commerce
18:02je suis pour le libre-échange
18:03si les règles sont respectées
18:05et si elles sont respectées
18:06de manière récemment
18:06mais c'est la première fois
18:07que l'Europe
18:08ça n'est plus le cas
18:09mais pardonnez-moi
18:10c'est pas l'Europe toute seule
18:11qui l'a fait
18:11c'est d'abord la France
18:12c'est d'abord la France
18:13moi j'ai créé une alliance
18:15des pays de l'industrie lourde
18:16qui défend l'acier et la chimie
18:18et nous avons créé
18:18les conditions politiques
18:19pour que la commission européenne
18:21fasse ses propositions
18:22et je suis très heureux
18:24que ces propositions
18:25soient des propositions
18:26ambitieuses
18:27qui correspondent exactement
18:28à ce que souhaitait
18:29la filière sidérurgique
18:30oui ça fait des centaines
18:31de milliers d'emplois
18:31c'est pas que exactement
18:33derrière c'est des investissements
18:34chez Arcelor
18:36dans le nord
18:37dans le sud-est
18:38qui si on ne prenait pas
18:39ces mesures-là
18:40ne seraient pas faites
18:41et coûteraient des emplois
18:42Une dernière question
18:42rapidement sur l'industrie automobile
18:44vous avez vu la déclaration
18:46du chancelier Frédéric Schmerz
18:48qui a critiqué
18:49l'interdiction prévue
18:49de l'Union Européenne
18:50de suspendre la vente
18:52de voitures électriques
18:53thermiques pardon
18:54en 2035
18:55il a dit
18:56nous ça sera niètre
18:57parce qu'en fait
18:58c'est vrai que c'est le naufrage
18:59de l'industrie automobile allemande
19:00j'ai envie de dire
19:01chez nous c'est aussi
19:02la même chose
19:03est-ce que c'est bien
19:04d'avoir enfin quelqu'un
19:05qui dit
19:06non
19:06nous nous sommes
19:08ouverts
19:09à des flexibilités
19:10pour atteindre
19:10cet objectif de 2035
19:12mais revenir sur la date
19:13et délayer l'objectif
19:15c'est pas ce que nous demandent
19:16nos constructeurs
19:16et c'est pas ce que nous demandent
19:18non plus nos équipementiers
19:19ce que nous demandent
19:19nos équipementiers
19:20est-ce que nous avons
19:21imposé
19:22on n'a pas la même approche
19:24parce que là on a détruit
19:25quand même
19:25l'industrie automobile européenne
19:26notre approche
19:27en tant que gouvernement français
19:28celle que j'ai portée
19:29à Bruxelles
19:30c'est d'accepter
19:31des flexibilités
19:32de faire en sorte
19:33que le mode de calcul
19:34pour atteindre
19:35l'objectif de décarbonation
19:36en 2035
19:38soit un petit peu différent
19:38par exemple
19:39mais en contrepartie
19:40d'une chose très importante
19:41qui est la préférence européenne
19:43c'est-à-dire faire en sorte
19:44qu'il y ait du contenu local
19:45dans les composants
19:46de la voiture
19:46et ça c'est ce qui a été annoncé
19:48par la commission européenne
19:49c'est aussi ce qu'en franco-allemand
19:51nous avons porté
19:53dans le cadre du conseil
19:54des ministres franco-allemands
19:55qui s'est tué à Toulon
19:56il y a quelques semaines
19:57c'est pas mal
19:57aussi de temps en temps
19:58merci en tous les cas
19:59Marc Ferrochi
19:59d'avoir été avec nous
20:00donc ancien ministre
20:01de l'industrie
20:02et futur et de l'énergie
20:03futur député
20:05enfin normalement
20:06si ça suit son cours
20:06merci d'avoir été avec nous
20:08merci
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