- il y a 7 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité, c'est quelqu'un que vous connaissez bien, Frédéric Mazzella.
00:07Bonsoir Frédéric.
00:09Bonsoir Réglige.
00:09Merci d'être là. Vous êtes président fondateur de Blablacar, vous êtes coprésident de France Digitale,
00:17et puis vous êtes fondateur de Dift.
00:20Dift, justement, c'est quelque chose que vous avez créé, on va peut-être commencer par là,
00:23parce que c'est le mois de décembre.
00:25C'est une plateforme de générosité, dons plus GIF, ça fait Dift.
00:31Et puis qu'est-ce que ça fait ? Dift December, parce que le mois de décembre, c'est là où vous, les auditeurs et les spectateurs,
00:39vous êtes les plus généreux, il y a 23% des dons qui sont distribués au mois de décembre, ça fait quand même beaucoup.
00:45Dift, pourquoi vous l'avez créé ? Qu'est-ce que vous entendez en faire ?
00:48C'est une volonté d'utiliser la technologie pour quelque chose de bien,
00:53ce que j'ai quand même voulu toujours faire avec tous les projets que j'ai lancés,
00:57que ce soit Blablacar ou Dift, la volonté c'est d'utiliser la technologie pour que ça nous rende service,
01:01et pour plus de partage aussi, et donc en l'occurrence, Dift permet d'aiguiller de l'argent vers des projets associatifs
01:07dans le domaine social ou environnemental.
01:09Donc on peut avoir des entreprises qui vont allouer des fonds,
01:13qui iront dans les associations en laissant le choix de l'attribution de ces fonds à leurs partenaires ou à leurs clients.
01:18Donc ça c'est un modèle qu'on utilise aujourd'hui avec 350 entreprises,
01:22ça nous a permis de financer 20 millions d'euros vers 300 associations.
01:26Quelles associations justement, c'est intéressant ?
01:28Il y a des associations dans tous les domaines, on a 300 associations, donc c'est vraiment beaucoup.
01:31Donc il y a des associations qui vont aller retirer du plastique des océans,
01:35d'autres qui vont ramener du bonheur dans les hôpitaux pour enfants,
01:37d'autres qui vont aider les plus démunis, soit dans leur quotidien, soit dans leur réinsertion,
01:41d'autres qui vont sauver des espèces en voie de disparition.
01:43Enfin c'est très très vaste, il y a aussi des projets sanitaires évidemment.
01:45Donc c'est une manière d'aller contribuer en tant qu'entreprise à tous les projets associatifs
01:52et en impliquant évidemment les clients et les collaborateurs qui choisissent de l'allocation des fonds.
01:56Ça c'est un modèle qu'on a développé avec 350 entreprises clientes,
02:00qui aussi à l'occasion des fêtes de fin d'année ou des vœux de début d'année,
02:03vont choisir plutôt que d'offrir des cadeaux corporate,
02:07parfois un petit peu toujours les mêmes,
02:09vont choisir d'offrir du sens en permettant, en disant à leurs clients et leurs partenaires,
02:14cette année on construit de l'action terrain et du sens ensemble.
02:21Et donc vous allez allouer, alors ça peut être des difts,
02:23puisque maintenant c'est devenu un nom commun d'ift,
02:25ça peut être des difts de 10, 20, 50, 100 euros, parfois 500 euros,
02:29que chaque client ou partenaire va pouvoir aiguiller avec l'argent de l'entreprise.
02:33Et puis après il y a aussi tout le côté pour les particuliers.
02:36Donc ça c'est le nouveau produit qu'on a lancé à la rentrée,
02:39où on permet à chacun d'aller se créer une cagnotte solidaire,
02:43qui permet de collecter de l'argent pour son projet de cœur,
02:47pour son association, et notamment à l'occasion des fêtes,
02:50c'est très utilisé, puisque ça permet de dire à son entourage,
02:53voilà si vous n'avez pas quoi m'offrir,
02:54j'accepte les dons en guise de cadeaux de Noël,
02:57et donc vous pouvez simplement faire un don sur ma cagnotte solidaire.
03:00Et j'ai envie de dire, si c'est pour monter une pièce de théâtre,
03:03si c'est pour organiser un concert,
03:05tout est ouvert, c'est open bar.
03:08Alors aujourd'hui ce ne sont que des projets d'intérêt général,
03:11c'est des associations d'intérêt général,
03:13qui sont apolitiques et areligieux.
03:16Alors aujourd'hui on a filtré, sélectionné 300 associations
03:20qui sont sur le portail sur DIFT,
03:22on en admet tous les jours des nouvelles.
03:24Oui parce que si moi j'ai envie de créer une association,
03:26il y a un filtre.
03:28Il faut nous contacter, oui bien sûr.
03:29Oui, et c'est vous qui décidez, ok ça répond à nos critères ?
03:32Oui, et après il y a aussi une implication de l'association
03:36qui elle-même va aller mobiliser ses donateurs
03:38pour qu'ils créent des cagnottes de collecte,
03:40c'est-à-dire qu'il y a quand même une action à faire
03:42de la part de l'association pour aller récupérer justement
03:44des fonds additionnels et puis aussi souvent des nouveaux donateurs.
03:47Parce que quand vous créez des cagnottes solidaires,
03:49ce qui se passe c'est que plus de 80% des gens
03:51qui donnent sur les cagnottes solidaires de particuliers
03:53sont des nouveaux donateurs pour l'association.
03:55Ça c'est très important, c'est-à-dire que DIFT est la seule plateforme
03:59le seul endroit où les associations peuvent venir
04:03et non seulement récupérer des nouveaux fonds
04:05mais aussi récupérer des nouveaux donateurs.
04:07C'est-à-dire que d'habitude quand elles ont besoin
04:08d'aller chercher des nouveaux donateurs, elles payent
04:10parce qu'il faut se faire connaître.
04:12Et bien là grâce à DIFT, non seulement elles ne payent pas
04:14mais en plus elles récupèrent de l'argent
04:15et elles récupèrent des nouveaux donateurs.
04:17Parce qu'il y a beaucoup de plateformes qui font ça en fait.
04:19Donc le petit plus de DIFT c'est qu'on le fait.
04:22Non mais chacun a sa particularité évidemment.
04:25Mais là sur les collectes solidaires, là aujourd'hui,
04:28nous on a quand même une approche assez innovante
04:30qui va justement aller impliquer, si vous voulez,
04:34le cercle 1 des associations, donc de donateurs et de bénévoles
04:37qui eux-mêmes vont aller chercher leur entourage
04:39pour aller chercher le cercle 2.
04:40Et ça c'est la magie quelque part de la plateforme technologique
04:42qui permet de démultiplier la puissance de collecte
04:46au service de la générosité pour les associations.
04:48Et est-ce que vous utilisez l'intelligence artificielle
04:50pour vérifier là aussi ce que font les associations ?
04:53Parce qu'il y a plein d'associations
04:55et il y en a, vous voyez, connaît les dérives, pardonnez-moi
04:58je suis obligée de faire un petit peu le côté noir de la force.
05:02Alors on a une quinzaine de critères,
05:03on vérifie la gouvernance évidemment, très important dans les associations.
05:06On vérifie, on fait un audit financier également.
05:09On fait également un suivi des indicateurs d'impact.
05:12On vérifie que ce sont des structures
05:14qui savent bien suivre leurs indicateurs d'impact.
05:16On vérifie qu'elles sont innovantes et qu'elles font une utilisation
05:19la plus efficace possible de leur budget.
05:21Donc il y a une quinzaine de critères de cette manière-là effectivement.
05:24Au-delà du fait que, comme je le disais,
05:25elles doivent être d'intérêt général à politique et à religieuse.
05:29Et donc ce qu'on a voulu faire aussi là au mois de décembre,
05:31c'est compléter quelque part cet outil-là, nouveau,
05:35à disposition des associations pour collecter des nouveaux fonds,
05:38par une enveloppe englobante qui s'appelle Diftember.
05:42Pourquoi Diftember ? Parce que c'est comme December en anglais
05:45et donc c'est avec Dift puisque c'est le concept
05:47justement d'être généreux en cette période-là
05:50pour aller symboliser ce mois de la générosité
05:52qui est déjà existant comme vous le mentionnez
05:53puisque 23% des dons annuels sont faits en décembre.
05:57C'est aussi pour des raisons fiscales
05:58puisque évidemment tous ces dons-là donnent lieu
06:00à un abattement fiscal de 66% en tant que particulier
06:03et de 60% en tant qu'entreprise.
06:05Donc évidemment la générosité est encouragée dans notre société.
06:08Donc c'est une bonne chose et donc ça permet d'aller démultiplier cet impact-là.
06:13Et donc sur Diftember, depuis début décembre,
06:15on a lancé donc le 1er décembre,
06:17on a déjà collecté 600 000 euros pour Diftember
06:20qui sont partis dans 70 associations partenaires de Diftember justement,
06:25enfin de l'opération Diftember qu'on a lancée.
06:27Et puis on a organisé aussi une superbe course le 10 décembre
06:32pour aller dynamiser...
06:33À la Sachan F justement,
06:34comme quoi vous n'êtes jamais très loin de la tech,
06:36Frédéric Mazela, non ?
06:37Oui, et donc ce qu'on a fait,
06:39c'est qu'on a organisé une première en fait,
06:41ça s'appelait le Dift Live Challenge.
06:43Donc c'est un challenge où on met une vingtaine de coureurs sur scène
06:46qui sont en fait des entrepreneurs, des créateurs, des influenceurs
06:49qui pédalent pour la bonne cause.
06:51Il y avait Xavier Niel qui a pédalé ?
06:52Non, Xavier Niel n'est pas venu pédaler.
06:54D'accord.
06:54Mais Roxane Varza est venue pédaler,
06:56donc Roxane Varza, la directrice de Station F.
06:58Il y avait aussi Taïkris, Jean-Pierre Nadir,
07:01Maya Noël, Agathe Vicky...
07:03Toute votre bande de qui veut être mon associé ?
07:05Moussa Camara.
07:05Oui, Catherine Barba était là aussi également.
07:08C'est vrai.
07:09Donc voilà, c'est une idée pour rendre la générosité
07:13non seulement normale dans notre société,
07:15mais aussi attractive.
07:17Parce qu'on en a besoin.
07:18Souvent on me demande pourquoi est-ce que Blablacar a fonctionné,
07:21pourquoi est-ce que ça a marché.
07:22Ce n'est pas seulement parce qu'on a fait un bon produit,
07:24un bon service client,
07:25et qu'on a quelque part répondu à un besoin
07:28de se déplacer pour moins cher,
07:30c'est aussi parce qu'on a tout fait
07:33pour le rendre attractif.
07:35Le covoiturage, c'est devenu cool,
07:37c'est devenu enviable,
07:38c'est devenu quelque chose qu'on a envie de faire.
07:40On a intégré ça dans notre mobilité.
07:42Exactement, mais ce n'était pas le cas quand on a commencé.
07:44Quand on a commencé, ce n'était pas le cas.
07:45Et sur la générosité, je rencontre la même situation.
07:48Il y a besoin de dépoussiérer un petit peu la générosité,
07:51et c'est ce qu'on fait avec une nouvelle plateforme,
07:52avec une nouvelle approche de communication,
07:54avec une approche beaucoup plus attractive,
07:56qui permet d'avoir envie, tout simplement,
07:59de participer.
08:00Et c'est ce qu'on fait avec Dift,
08:01et on le voit,
08:01puisque c'est maintenant quasiment 200 000 personnes
08:04qui ont déjà difté,
08:05puisqu'en plus ça devient un verbe,
08:07pour aiguiller des sous vers les associations.
08:10Petite question,
08:11vous qui êtes normalien,
08:12vous n'avez jamais envie de parler français ?
08:15Ah, alors...
08:16Ah oui, de dire,
08:17vous avez fait normal sup,
08:18et puis...
08:18C'est ni français, ni anglais.
08:20Non, non.
08:20C'est un nouveau mot.
08:21Gift, c'est pas non-français, Gift.
08:24Non, mais enfin,
08:25donc, c'en est un.
08:25September, c'est pas non-français.
08:27On a créé, comment dire...
08:29Alors, de toute manière,
08:30il faut aussi voir que quand on crée
08:31une plateforme technologique
08:34à vocation potentiellement internationale,
08:36il faut penser à une marque
08:37qui fonctionne partout.
08:38Sinon, on est obligé de changer de marque
08:39en cours de route.
08:40On l'a vu,
08:41ne serait-ce qu'avec Covoiturage.fr,
08:43Blablacar s'appelait Covoiturage.fr avant,
08:45donc quand j'ai démarré,
08:46c'était Covoiturage.fr.
08:47Et ensuite, il a fallu changer de nom
08:49en Blablacar,
08:50ça n'a pas été très simple.
08:51Et donc, c'est des épreuves additionnelles
08:53pour pouvoir justement s'internationaliser
08:54parce que Covoiturage, ça ne marchait pas.
08:56Et Covoiturage, en espagnol,
08:57ça ne marchait pas non plus.
08:58Donc, il fallait bien trouver un mot
08:59qui fonctionnait partout.
09:00Blablacar, c'est ni français, c'est ni...
09:02C'est international.
09:03Alors, c'est marrant,
09:03c'est une marque qu'on appelle Glocal.
09:05C'est-à-dire qu'elle est à la fois globale
09:07et locale.
09:08Parce que Blabla est international.
09:09Car est dans les 100 mots
09:11les plus connus internationalement,
09:13puisque c'est dans les mots anglais.
09:14Donc, c'est une marque extrêmement globale,
09:18internationale.
09:18Et Dift peut faire pareil,
09:20d'autant plus que c'est encore plus court.
09:21Et Dift.com, c'est en cas de caractère.
09:24Écoutez, en tous les cas,
09:25on le souhaite.
09:26Frédéric Mazella va quand même parler,
09:28parce que c'est le départ en vacances.
09:31Demain, c'est le réveillon,
09:32le Noël.
09:33Après, c'est le 31.
09:35Tout le monde va utiliser...
09:37Enfin, tout le monde,
09:38beaucoup de gens vont quand même
09:39prendre leur voiture.
09:40le train ou le bus
09:43et notamment Blablacar.
09:44Pour vous, c'est le mois,
09:46pour le coup,
09:46c'est aussi le mois le plus important ?
09:48Oui, et c'est marrant
09:49parce que c'est aussi le mois
09:50où l'idée de Blablacar m'est venue.
09:52Puisque c'est au moment des fêtes
09:53que j'ai eu l'idée
09:54de lancer un service
09:56comme Blablacar.
09:57Donc, c'est un moment,
09:59effectivement,
10:00très, très prisé.
10:02Là, on a 400 000 voyageurs
10:05par semaine déjà.
10:07400 000 voyageurs par semaine ?
10:08Oui, sur la semaine
10:10qui précèdent justement Noël.
10:12Donc, on voit bien
10:12qu'il y a un engouement
10:14très fort
10:15pour ce mode de déplacement.
10:17D'autant plus que c'est
10:17pour des trajets
10:18pour, généralement,
10:19aller en famille.
10:20Il y a beaucoup de trajets
10:21qui rayonnent
10:22depuis des grandes villes
10:23vers des zones
10:24un petit peu plus...
10:25un petit peu partout en France
10:27pour, justement,
10:27retourner en famille
10:28comme c'est le cas
10:29au moment des vacances de Noël.
10:31Et donc, il y a à la fois
10:32aujourd'hui sur la plateforme
10:34du covoiturage
10:34mais aussi du bus,
10:35on en parlait,
10:36et aussi du train.
10:37Ça, c'est notre grande nouveauté 2025.
10:38On a lancé
10:40la possibilité
10:41de réserver des billets de train
10:42sur Blablacar.
10:43C'est plusieurs centaines
10:43de billets de trains
10:44qui ont déjà été vendus
10:49en quelques mois d'activité.
10:51Ah, au moins,
10:51un début de chiffre
10:52parce que, chez vous,
10:53il n'y a jamais aucun chiffre.
10:54Là, ça fait combien,
10:55vous avez dit ?
10:57Quelques centaines de milliers
10:58de billets de train déjà vendus.
11:00C'est resserré un tout petit peu,
11:01ça donne quoi ?
11:02Ça fait quoi ?
11:02Ça fait 500 000 ?
11:04Ça fait quoi ?
11:04C'est presque un million,
11:05c'est moins d'un demi-million
11:06de billets vendus
11:07sur quelques mois.
11:09Mais, par rapport au covoiturage
11:10ou au bus, c'est moins
11:11puisqu'en covoiturage,
11:12c'est 7 millions et demi
11:12de passagers sur 2025
11:14et c'est 6 millions et demi
11:15de passagers en bus
11:16sur l'année 2025.
11:17Vous voyez, je vous donne
11:17des chiffres, vous en voulez.
11:18Donc, voilà, c'est assez précis.
11:19On adore les chiffres,
11:20vous connaissez bien
11:20BFM Business.
11:21Vous savez qu'on a quand même
11:22les chiffres.
11:22Non, si je pose la question,
11:24c'est intéressant de voir
11:24parce que là, vous faites
11:25la concurrence à la SNCF
11:27avec son application
11:28France Connect
11:28qu'on connaît tous.
11:30Oui, enfin, on se voit
11:31plutôt comme complémentaire
11:32et distributeur.
11:33Oui, ils vous voient
11:33un peu comme concurrent
11:34parce que ça fait moins
11:35de rapides qui passent
11:36par chez eux.
11:37Oui et non, parce que
11:37si vous voulez,
11:38nous, distribuer des billets
11:40de train aujourd'hui,
11:40c'est une activité déficitaire
11:42parce qu'en fait,
11:42les commissions qui sont
11:43laissées sur la distribution
11:44de billets de train
11:44sont tellement faibles.
11:45C'est quoi la commission ?
11:47C'est moins de 3%.
11:49Donc, si vous voulez,
11:50pour réussir à faire
11:52moins de 3% une activité rentable,
11:55c'est quand même compliqué
11:56quand vous avez
11:56des dizaines d'ingénieurs
11:57qui, justement,
11:58connectent la plateforme
11:59pour que ça fonctionne
12:00et qu'on puisse distribuer
12:01les billets de train,
12:02c'est compliqué.
12:03On le fait pour rendre service
12:04à nos membres
12:05qui retrouvent en un seul endroit
12:07tous les billets,
12:08c'est-à-dire...
12:09Oui, il y a une plateforme
12:10en fait d'intermobilité.
12:13Exactement.
12:14Enfin, de multimodalité,
12:15c'est-à-dire que...
12:15Oui, moi je préfère
12:16que c'est plus clair
12:17que multimodalité.
12:18Oui, multimodalité
12:19parce qu'intermodalité,
12:20ça veut dire interconnexion.
12:21Aujourd'hui, l'interconnexion,
12:23les gens le font eux-mêmes.
12:24D'ailleurs, on a 10% des gens
12:25qui réservent un billet de train
12:26sur Blablacar
12:26qui, dans la foulée,
12:27réservent un Blablacar traditionnel,
12:29j'allais dire,
12:30c'est-à-dire un co-vaturage
12:31ou bien un bus.
12:32Donc en fait, on voit
12:32que les gens combinent eux-mêmes,
12:34font leurs moyens de transport
12:35tous sur la même plateforme.
12:36Ça, c'est un gros avantage
12:37pour nos utilisateurs.
12:39C'est pour ça qu'on le fait,
12:40clairement, pour rendre service
12:41et trouver tout au même endroit,
12:43pouvoir comparer
12:43les horaires de départ,
12:45les points de départ,
12:46les prix, bien évidemment,
12:48et pouvoir combiner tout
12:50en un seul endroit
12:51sur une seule plateforme.
12:52On est le seul acteur aujourd'hui
12:53à distribuer à la fois
12:54du train, du bus
12:55et du co-vaturage.
12:56Tiens, un peu de prix.
12:58Quand vous posez la question,
12:59je disais, tiens,
12:59je vais recevoir Frédéric Mazzella,
13:01etc.
13:02Et il y a même beaucoup
13:03autour de moi qui m'ont dit,
13:04tiens, pose la question,
13:05pourquoi quand tu réserves
13:06un Blablacar, un co-vaturage,
13:09je ne sais pas moi,
13:10en mois de novembre,
13:11ça coûte 20 euros.
13:15Et puis, quand tu le réserves
13:16maintenant, ça te coûte 40 euros.
13:17Ce n'est pas tellement
13:18sur le co-vaturage,
13:19c'est plus sur les bus.
13:20Sur les bus,
13:21c'est sur les deux, en fait.
13:23C'est sur les deux.
13:24C'est d'abord sur les bus
13:25et ensuite sur le co-vaturage.
13:26C'est le mécanisme
13:27des prix dynamiques
13:28qui se trouve
13:29dans tout le travel,
13:32tout le système
13:33de réservation de billets,
13:35de tout, en fait,
13:36qui fait que quand on s'y prend tôt,
13:38quand on prend les premières places
13:39dans un bus,
13:40elles ne sont pas chères,
13:41ça peut être 5 ou 10 euros.
13:42Et quand on prend les dernières places,
13:43elles sont plus chères.
13:44Donc, en fait,
13:45les personnes qui se plaignent
13:46des prix élevés,
13:47c'est souvent ceux aussi
13:48qui réservent au dernier moment.
13:49Oui, parce qu'on n'est pas obligé
13:50de prévoir.
13:51Le patron de la SNCF
13:52nous a la même réponse.
13:53C'est-à-dire que comment
13:54les prix sont multipliés
13:55par deux, par trois
13:56quand vous voulez prendre
13:57un TGV pour aller
13:58dans le sud de la France ?
13:59Eh bien, oui,
14:00mais en fait,
14:00c'est un peu,
14:00on n'est pas obligé.
14:01Il y en a qui ont des prix
14:02très attractifs
14:03et qui sont en dessous des coûts.
14:04Là, très largement,
14:05quand on paye son billet de bus
14:06à 5 euros,
14:07forcément,
14:07on est en dessous des coûts.
14:08Et quand on le paye
14:09à 30 ou 40,
14:10on est un petit peu
14:10au-dessus des coûts,
14:11mais en général,
14:11c'est qu'on ne l'a pas
14:12réservé au même moment.
14:13C'est le principe
14:14de toute l'industrie
14:16du déplacement.
14:18C'est assez difficile
14:18d'aller contre ça aujourd'hui.
14:20C'est ce qui fait
14:21que justement,
14:21les entreprises arrivent
14:22à se retrouver aussi
14:23à l'équilibre en fin d'année.
14:24Donc, c'est le modèle
14:25qui a été choisi
14:26par toute l'industrie.
14:27Oui, vous avez pu choisir
14:28un autre modèle.
14:29C'est assez difficile
14:30quand tout le monde
14:31autour de vous
14:31pratique ces choses-là.
14:35Vous avez compris,
14:36il faut que vous réserviez
14:36longtemps à l'abour.
14:37De toute manière,
14:37plus on est prévoyant
14:38au moins on paye.
14:39C'est toujours le même principe.
14:41Pas toujours évident.
14:43Vous êtes,
14:44en France,
14:44c'est 5 millions,
14:45vous avez dit.
14:46Grosso modo,
14:467,5 millions de passagers.
14:47Oui,
14:487 millions 5.
14:50Oui,
14:50et puis 6 millions 5
14:52de passagers en bus.
14:53Oui.
14:54Donc,
14:56par rapport à 2024 ?
14:57C'est un petit peu plus,
14:58surtout sur les bus,
14:59c'est 10% plus que 2024.
15:02Donc voilà,
15:02mais c'est vrai
15:03que dans le mix,
15:05là,
15:05on est en train
15:06d'équilibrer
15:07puisque vous avez vu,
15:07en termes de volume
15:09sur le train,
15:09on est bien loin du bus
15:10et bien loin du covoiturage.
15:12Donc,
15:12c'est en train
15:12de s'équilibrer.
15:14Ça continue à grandir
15:15parce qu'il y a aussi
15:16des besoins de mobilité
15:17qui sont accrus
15:17et puis le covoiturage
15:18comme le bus
15:19et même,
15:20pour le coup,
15:21la plateforme globale
15:22Blablacar
15:22est bien rentrée
15:23dans les habitudes
15:24et donc,
15:25on le voit.
15:25Alors,
15:25ce que l'on fait,
15:26nous,
15:26dans ces périodes-là,
15:27c'est qu'on fait
15:27un appel aux conducteurs.
15:28Là,
15:28si j'ai un message à passer,
15:30c'est de dire
15:30à tous les conducteurs
15:31qui ont de la place
15:31dans leur voiture
15:32de proposer des places
15:33sur Blablacar
15:34parce que c'est le moment
15:36où effectivement
15:36beaucoup,
15:37beaucoup de gens
15:37vont vouloir se déplacer,
15:38y compris en tant que passagers.
15:40Donc,
15:40si on a des places
15:40dans sa voiture,
15:41il faut les proposer
15:42parce que ça va rendre service
15:43à plein de gens.
15:43C'est l'essence même
15:44de Blablacar
15:45de se rendre service
15:46entre nous,
15:47d'éviter les places vides
15:47dans les voitures
15:48et donc,
15:49ce faisant aussi
15:50de diminuer
15:50la pollution atmosphérique
15:52qui découle de nos déplacements.
15:53Ce qu'il faut voir,
15:54c'est que Blablacar
15:55a permis l'économie
15:56de 2,5 millions de tonnes
15:57de CO2 par an.
15:59C'est à peu près ça aujourd'hui.
16:012,5 millions de tonnes
16:01de CO2 économisées,
16:03c'est plus que deux fois
16:04les émissions de CO2
16:06du trafic routier
16:07d'une ville comme Paris
16:08pour vous donner une idée
16:08de l'échelle
16:09de ce que ça représente.
16:10C'est beaucoup
16:11parce que c'est des millions
16:12de véhicules
16:12qui ne roulent plus à vide.
16:13C'est clair.
16:15Encore deux,
16:16trois questions quand même.
16:18Même si le temps passe vite,
16:19comment faites-vous
16:20pour...
16:21On voit que la drogue
16:23devient un fléau
16:24un peu partout
16:25et que notamment,
16:26il y a beaucoup
16:27de conducteurs
16:27qui ont fumé un joint,
16:29qui sont,
16:30lorsqu'on regarde
16:30les statistiques,
16:31qui ont une prise
16:34de sang positive.
16:35Comment est-ce que
16:35vous faites, vous,
16:36pour vous protéger
16:37contre ça,
16:38même au niveau
16:38de chauffeur de car
16:39et puis au niveau
16:41des conducteurs
16:42du Blablacar ?
16:43C'est extrêmement strict,
16:44évidemment.
16:45Enfin,
16:46tout signalement...
16:47Ça devient un phénomène
16:47presque récurrent.
16:50Oui,
16:50alors,
16:52nous,
16:52les règles
16:53sont extrêmement strictes
16:54et le moindre signalement
16:55fait qu'effectivement,
16:56tout le soupçon
17:00qui va dans cette direction-là
17:02est arrêté immédiatement.
17:04On parlait de la France,
17:05donc ça reste...
17:07Pourquoi ça,
17:07en fait,
17:08ça ne progresse pas ?
17:09Parce que vous pensez
17:09que vous avez atteint
17:10un certain étiage ?
17:11Alors,
17:11je ne pense pas,
17:12mais je pense qu'il y a
17:12certaines modernisations
17:14à amener
17:15dans la manière de faire
17:16et on y travaille
17:17puisque notre plateforme
17:18évolue de manière constante
17:20avec des nouvelles fonctionnalités.
17:21Vous savez,
17:21les besoins,
17:21ils évoluent au fur et à mesure
17:23de l'époque.
17:27La manière avec laquelle
17:28on utilise
17:28les services en ligne
17:29aujourd'hui
17:30n'est pas la même
17:30qu'il y a 5 ans
17:31ou 10 ans
17:32et donc,
17:32de la même manière,
17:33il y a des nouvelles
17:34manières de faire
17:35qui doivent être inclus
17:36dans notre produit
17:37et on a aujourd'hui
17:39une feuille de roue
17:39de produit
17:40sur les 6 à 12 mois
17:41qui viennent
17:41qui est extrêmement fournie
17:42pour amener
17:43plein de nouvelles fonctionnalités
17:45pour rendre...
17:47Donc,
17:47il y aura un nouveau
17:47Blablacar en 2026 ?
17:49Oui,
17:49il va y avoir
17:50des nouvelles fonctionnalités
17:51qui vont être annoncées
17:52toute l'année.
17:53Et est-ce que Blablacar
17:54sera rentable en 2026 ?
17:56Je pense,
17:56on l'a déjà été.
17:57Vous l'avez déjà été
17:58mais vous ne l'êtes plus ?
17:59Si,
18:00non,
18:00non,
18:00on est à l'équilibre.
18:01Vous êtes à l'équilibre ?
18:01Juste à l'équilibre,
18:02oui.
18:03Mais c'est sûr
18:03qu'il y a eu plusieurs étapes
18:05qui ont quand même
18:05compliqué la tâche,
18:06on va dire.
18:07Le Covid,
18:07typiquement,
18:08ça n'a pas été très simple
18:09quand vous êtes
18:09dans une entreprise
18:10qui est dans le déplacement
18:11et que vous avez
18:12le président de la République
18:13qui un soir annonce
18:14à tout le monde
18:14que vous n'avez plus le droit
18:15de vous déplacer.
18:16Forcément,
18:17ça complique un petit peu.
18:18Vous étiez venu ici
18:18en studio
18:19nous expliquer
18:19effectivement
18:20que ça vous avait
18:20un peu tombé dessus.
18:23Les plus gros marchés,
18:24je ne sais pas du tout
18:24la France,
18:25c'est un peu logique.
18:26En termes de volume,
18:27c'est quoi ?
18:28C'est de l'Inde ?
18:29Brésil ?
18:29Brésil,
18:30combien ?
18:31Brésil,
18:32c'est plus de 20 millions
18:33de passagers par an
18:33entre covoiturage
18:36et bus confondus.
18:38Et l'Inde,
18:39c'est quasiment pareil
18:39sur le covoiturage.
18:41Et c'est plus le bus
18:41ou c'est plus le covoiturage ?
18:43Alors,
18:43c'est plus le covoiturage.
18:45En Inde,
18:46c'est exclusivement
18:46le covoiturage
18:47et au Brésil,
18:48c'est plus le covoiturage
18:49mais le bus
18:49qui est quand même
18:49très utilisé.
18:51D'autant plus que
18:51ce qu'il faut voir,
18:52c'est qu'au Brésil,
18:53il n'y a pas de train.
18:55Donc,
18:55quand vous voulez
18:56vous déplacer
18:56par solution terrestre,
18:59c'est voiture ou bus.
19:00C'est à peu près tout.
19:01Il y a la mobilette,
19:02mais enfin,
19:02c'est autre chose.
19:04Il y a l'avion.
19:05Et il y a l'avion.
19:06Bien sûr,
19:06je parlais de solution terrestre.
19:08Mais donc,
19:08on arrive,
19:09nous,
19:09comme une solution
19:10extrêmement publicitée
19:11au Brésil.
19:13Blablacar a une croissance
19:14incroyable au Brésil.
19:16C'est plus combien par an ?
19:17C'est plus que plus 50%.
19:19Ah oui,
19:20donc effectivement,
19:20c'est fait...
19:21Et pourtant,
19:21il y a déjà une activité
19:22colossale.
19:24Et la Russie,
19:25vous y êtes toujours ?
19:26La Russie,
19:26c'est une activité
19:27qui a été mise sous cloche.
19:28Donc,
19:28c'est complètement isolé.
19:30C'était un choix
19:30qu'on avait fait
19:31et communiqué
19:31dès l'annonce
19:33de l'agression
19:34qui fait que
19:36c'est une branche
19:38totalement isolée
19:39de notre activité.
19:41Mais qui s'appelle
19:42Blablacar,
19:42qui est encore à vous.
19:44Qui n'a pas été vendu
19:45parce qu'en fait,
19:46ça reviendrait à faire
19:47un cadeau en local
19:48sur tous les investissements
19:49qui ont pu être faits.
19:50Vous me direz
19:51comme d'autres entreprises.
19:53Un mot quand même
19:54parce que parmi
19:55vos nombreuses casquettes,
19:56vous êtes aussi
19:57co-président de France Digital.
19:59Ce qui se passe
19:59lorsque vous observez
20:01cette instabilité politique,
20:04peut-être
20:04dans les économies
20:07qui vont être faites
20:07sur la recherche,
20:08etc.
20:09Est-ce que vous êtes inquiet ?
20:09Est-ce que vous faites partie
20:10de ceux qui se disent ?
20:12Alors,
20:12quand je dis vous,
20:13c'est presque la French Tech,
20:16cet écosystème
20:17que vous défendez
20:17et que vous incarnez ?
20:19Ce qui m'inquiète,
20:20c'est que
20:20le fait d'avoir
20:22des difficultés
20:22d'ordre budgétaire
20:24ne doit pas nous empêcher
20:25d'avoir une vision
20:26et de mettre des moyens
20:28derrière cette vision-là,
20:29notamment en termes
20:30d'innovation.
20:31Donc,
20:31quand, par exemple,
20:32il y a eu les débats
20:32autour du gel
20:34de France 2030,
20:36là,
20:36très clairement,
20:37ce n'est pas la bonne solution.
20:38C'est-à-dire que sortir
20:39de la situation
20:40dans laquelle on est,
20:41on est quand même
20:42pas mal balotté
20:43par un contexte
20:45international
20:46très complexe,
20:46alors évidemment
20:47au niveau géopolitique,
20:48mais aussi au niveau technologique,
20:50avec la volonté
20:51d'avoir une France
20:51qui compte demain
20:52et une Europe
20:53qui compte dans la technologie,
20:55ce n'est pas
20:56en gelant
20:56nos investissements
20:57et nos efforts
20:58dans la direction
21:00de l'innovation,
21:01qu'on va pouvoir
21:02sortir par le haut
21:03de cette situation-là
21:04où on est extrêmement
21:05challengé.
21:06Donc, c'est sûr
21:07que sur ces choses-là,
21:08je pense qu'il faut faire
21:09la part des choses,
21:10il y a une histoire
21:10de persévérance
21:12dans la vision.
21:14Créer de l'innovation
21:15et un écosystème
21:16innovant
21:16dans un pays,
21:17ça ne prend pas
21:18un ou deux ans,
21:19ça en prend 10 ou 15
21:19minimum,
21:20voire 20.
21:21Donc, ça demande
21:22d'avoir une vision,
21:22ça demande de la tenir.
21:24France 2030,
21:24c'est exactement ça.
21:25Et donc,
21:26quand on remet en cause
21:27pour des raisons budgétaires
21:28et qu'on propose un gel
21:29sur une année,
21:30ça revient en fait
21:31à tuer l'élan d'innovation
21:32et ça,
21:33c'est extrêmement néfaste.
21:34Donc, c'est sûr
21:34que sur ce genre
21:35de choses-là,
21:36avec France Digital,
21:36on a été extrêmement clair
21:38sur le fait
21:38que ce n'était pas
21:39la bonne solution
21:40d'essayer de freiner
21:42à un moment
21:43où justement
21:44tous les autres pays
21:44accélèrent
21:45en termes d'innovation.
21:47Et donc,
21:47de toute manière,
21:48les discussions
21:49sont reportées à janvier
21:49puisque là,
21:50la CETA...
21:50Oui, absolument.
21:51Vous reviendrez
21:51nous en parler,
21:52on verra.
21:52Espérons que vous avez
21:54obtenu gain de cause.
21:55Merci beaucoup
21:56Frédéric Madzella
21:57d'avoir été avec nous.
21:58Je ne vous demande pas
21:59comment vous allez
21:59rejoindre vos familles,
22:02ça sera forcément
22:02par covoiturage.
22:03Je vais rejoindre
22:03la Vendée
22:04en covoiturage.
22:05Absolument.
22:05Merci beaucoup.
22:06Joyeuses fêtes.
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