- il y a 3 jours
Mercredi 26 novembre 2025, retrouvez René Rohrbeck (directeur général, Centre for Net Positive Business, EDHEC), Laurence Chevillon (déléguée générale, UFBJOP), Véronique Pellerin (DRH, Rubel & Ménasché), Ludovic du Plessis (président, Champagne Telmont) et Victor Ollivier (cofondateur, Sküma Water) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de celles et ceux qui font de la transformation environnementale et sociétale un axe fort de leur stratégie.
00:16Et voici le sommaire, c'est Ludovic Duplessis, le président de la maison de Champagne Thelmont, qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes pour creuser les enjeux d'une viticulture avec plus de bio et moins de carbone.
00:28C'est auparavant, je reçois René Rorbeck, le directeur général du Centre for Net Positive Business de l'EDEC, objectif, permettre aux entreprises de toute taille d'avoir un impact net positif, de donner plus qu'elles ne prennent.
00:42Dans notre débat, je vous emmène dans le monde de la joaillerie qui vient de créer la Blue List, premier référentiel mondial pour une joaillerie plus transparente et durable.
00:51Et puis dans notre rubrique Startup et Innovation, vous découvrirez Skuma Water qui propose des solutions pour filtrer les polluants dans l'eau du robinet.
01:01Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:03L'invité de ce Smart Impact, c'est René Rorbeck, bonjour.
01:14Bonjour Thomas.
01:15Bienvenue, vous êtes directeur général du Centre for Net Positive Business de l'EDEC.
01:20C'est quoi la mission principale de ce centre qui vient d'être créé en avril 2025 ?
01:25C'est quoi la mission ?
01:26Oui, c'est tout à fait ça.
01:27On a lancé A Change Now en avril et ça a commencé avec un constat, un constat que c'est à la fois urgent d'avoir un impact positif sur le monde, aussi comme Business School.
01:40Et après aussi, on s'est posé la question, c'est quoi qui manque aujourd'hui pour avoir une accélération d'une aide positive ?
01:47Donc pour nous, c'est trois constats. Le premier, c'est difficile d'avoir la transparence, de mesurer l'impact total d'une entreprise.
01:57Deuxième constat, c'est-à-dire est-ce qu'on a la capacité de changer vraiment la donne à travers un changement systémique dans le secteur ?
02:07Et le troisième, c'est comment passer à l'échelle, comment accélérer ?
02:11Le passage à l'échelle, évidemment, c'est quelque chose de très important.
02:14Vous dites, quand on est une Business School, il faut avoir une démarche comme celle-là aujourd'hui.
02:20Quelle place vous prenez dans la stratégie de l'EDEC en fait ?
02:24Donc l'EDEC, si on la connaît, on est dans le nord de France.
02:28On a l'opportunité d'être dans une région où il y a beaucoup d'entreprises familiales qui sont souvent déjà dans la troisième génération
02:35et qui impulsent aussi pas mal qu'ils veulent avoir comme diplômés de l'EDEC.
02:42Et ils sont souvent portés par un instant profond de dire, nous, on doit aider l'environnement dans lequel on est, dans lequel on se nourrit.
02:55Donc il y a déjà cette volonté sociétale.
02:58Et après, de plus en plus aussi, la question, comment est-ce que nous, on peut assurer que l'environnement qui nous entoure,
03:07l'environnement, pas seulement sociétal, mais aussi la nature, le climat, comment on peut…
03:13C'est drôle, je vous écoute, mais spontanément, j'imaginais que vous me répondriez à cette question.
03:20C'est ce que nous demandent nos étudiants.
03:23Vous voyez ce que je veux dire ? Parce qu'on a vu beaucoup de médiatisation, peut-être un peu moins depuis 1 ou 2 ans d'ailleurs,
03:29d'étudiants qui venaient être diplômés et qui disaient, mais nous, on veut un autre modèle.
03:34Donc est-ce que c'est aussi à ça que vous répondez avec ce Centre for Net Positive Business ?
03:39Oui, tout à fait. Alors c'est certainement juste que les étudiants sont un moteur important.
03:45Mais c'est aussi, disons, la conscience d'une business school, de dire, c'est quoi nos outils à nous
03:51qui peuvent aider à un changement positif global dans les secteurs.
03:55Et donc je pense qu'on est de plus en plus dans une logique de comprendre,
03:59on a en fait la technologie pour décarboniser nos industries,
04:02mais est-ce qu'on a les business models qui sont véritablement scalables ?
04:06Oui, effectivement. Alors on va peut-être, on va expliquer ensuite comment les entreprises peuvent bénéficier
04:10de ce que vous faites et de vos recherches, mais il faut faire un peu de pédagogie.
04:13C'est quoi un impact honnête positif ?
04:16Donc c'est en fait le constat de dire, c'est pas seulement réduire les impacts négatifs d'une entreprise,
04:22mais d'ajouter la valeur à son environnement, à la fois l'environnement physique et aussi l'environnement sociétal.
04:29Donc c'est donner plus qu'on ne prend, c'est ça la logique.
04:33Mais on peut le calculer, parce qu'il y a tout un débat sur le net zéro,
04:38et c'est vrai que l'ADEME par exemple dit que c'est compliqué pour une entreprise d'afficher un bilan net zéro,
04:44c'est plutôt à la dimension d'un pays, voire d'un continent qu'on peut le calculer.
04:49Donc comment vous intégrez cette contradiction apparente ?
04:54Oui, c'est tout à fait ça. Beaucoup de dirigeants avec lesquels on travaille,
04:59ils ont déjà des bonnes démarches de calculer à l'interne l'impact à travers de la comptabilité RSE.
05:06Et en revanche, ce n'est pas encore l'impact total d'une entreprise.
05:09Pour nous, ce qui est intéressant, c'est qu'on a de plus en plus de données qu'on peut utiliser.
05:14Donc là, on vient de lancer un partenariat avec une plateforme qui s'appelle AppRite Platform.
05:19C'est en fait une entreprise créée en Finlande qui collecte des données ouvertes sur tous les impacts qu'on peut avoir des industries.
05:32Et nous, dans notre partenariat, on va rentrer dans leurs données pour modéliser les entreprises
05:39et pour comprendre c'est quoi l'impact social, c'est quoi l'impact environnemental,
05:43c'est quoi l'impact sur l'emploi, c'est quoi l'impact sur la santé.
05:48Et à travers ça, on a un premier levier qui va davantage se développer
05:56parce qu'on a de plus en plus de données et de plus en plus de capacités en fait de les utiliser.
06:01Donc on va utiliser ça pour les mettre en face des entreprises et travailler avec eux.
06:05Mais une entreprise, elle peut légitimement afficher un net zéro, vous voyez ce que je veux dire ?
06:12C'est ça. Donc ce qui est intéressant avec cette démarche qu'on essaie d'utiliser, on revient quand même du secteur dans sa globalité.
06:19D'accord.
06:20Et pour nous, l'intérêt, ce n'est pas seulement de dire, voilà, on a un score qui est peut-être net positif ou net négatif,
06:28mais c'est de dire, nous, on veut ensemble chercher les grands leviers.
06:31Parce que le problème qu'on a aujourd'hui, je pense, c'est qu'on vient de la comptabilisation.
06:35Donc on essaye de réduire les impacts négatifs, mais en revanche, on ne trouve pas les grands leviers que je peux engager pour redonner à mon environnement.
06:44Est-ce qu'il y a des exemples d'entreprises ou de secteurs qui ont déjà réussi à inverser un peu la tendance,
06:50à générer un résultat, un impact net positif, mesurable ?
06:57Oui, alors ce que nous, on fait, c'est qu'on travaille sur deux secteurs principalement.
07:02Donc on a fait le choix de dire, on va travailler avec le bâtiment qui est connu pour être difficile à améliorer et la nutrition.
07:10Dans ces deux secteurs, on a donc mis autour de la table différents partenaires de différentes positions dans la chaîne de valeur.
07:19Et ce qu'on fait, c'est qu'on essaye de travailler avec eux sur l'identification des mécanismes qui aident à développer.
07:28Donc pour vous donner un exemple concret, on a travaillé la circularité dans le bâtiment.
07:35Donc déjà, ce n'est pas facile parce que quand on détruit un bâtiment, on sait qu'est-ce que ça donne.
07:40En revanche, il y a beaucoup d'opportunités.
07:42Donc par exemple, si on regarde les sols, d'ailleurs ici aussi les sols, à un moment, si on déménage, on ne prend pas les sols avec.
07:50Et les sols, c'est une empreinte carbone à peu près à l'échelle de 10 millions de tonnes de CO2 en France.
08:01Et pourtant, un sol, il peut être là pour une trentaine d'années.
08:05Donc c'est tout à fait envisageable de le retirer.
08:08On avait deux partenaires autour de la table, GLL et Tarket, qui ont dit, nous on va piloter ça.
08:15On va essayer de comprendre c'est quoi le business model derrière.
08:18Et pour accélérer cette réutilisation au lieu de le mettre à la déchèderie.
08:25Donc inventer la circularité dans un secteur, en fait, ou le développer aussi.
08:30C'est tout à fait ça.
08:31Donc c'est à la fois comprendre comment ça peut marcher et aussi de calculer le business model derrière.
08:35Est-ce que ça veut dire changer de modèle économique ?
08:37Vous disiez tout à l'heure, il y a la transparence, il y a le passage à l'échelle et puis il y a la question du modèle économique.
08:41Est-ce que finalement, le résultat des études que vous pouvez mener et de cette relation que vous nouez avec une entreprise,
08:50c'est à la fin de leur dire, bah oui, mais il faut changer de modèle ?
08:54Oui, alors ce qu'on voit, souvent c'est des business models qui manquent dans un secteur, si je peux dire.
09:04Par exemple, quand on prend la nutrition, on est tous concernés parce qu'on veut avoir une vie saine.
09:10Ce n'est pas si facile que ça parce qu'en même temps, on aime bien manger les choses sucrées, manger sauvé et tout ça.
09:15Et donc aujourd'hui, si je fais mon choix alimentaire, il va être souvent à travers le goût.
09:24Et en revanche, on peut très facilement avoir une montre connectée, on peut avoir des anneaux comme l'anneau aura
09:33qui me donnent du feedback instantané sur ma propre nutrition.
09:36Et nous, on est très fiers à l'EDEC d'avoir eu une alumna, Julie Chapon, qui a créé Yuka.
09:46Une ancienne élève de l'EDEC.
09:47Qu'on connaît très bien.
09:48Donc, elle a dit, on va changer en fait cette logique en donnant la transparence sur la qualité de la nutrition qu'on prend.
09:56Et donc, à travers cette application Yuka, que beaucoup utilisent aujourd'hui, on arrive à comprendre qu'on peut créer une boucle qui n'était pas là avant.
10:07Et donc, qu'on peut faire des choix beaucoup plus informés.
10:10Et à travers de ça, aussi, impulser les grands groupes alimentaires de nous fournir aussi de la nourriture qui est mieux pour nous.
10:19Il y a un certain nombre de programmes dans le cadre de ce centre, la Net Positive Factory, l'Impact Track.
10:24Tiens, par exemple, l'Impact Track, c'est quoi ? En quoi ça consiste ?
10:27Alors, pour nous, comme on s'est dit, si on travaille plus sur les mesures, on arrive à trouver des leviers.
10:35Quand on a trouvé des leviers, c'est la question, est-ce qu'il y a des business models qu'on peut mettre en face ?
10:40Et après, c'est la question, comment est-ce qu'on peut faire croître ces business ?
10:46Et c'est là où on a quand même, à l'EDEC, la capacité d'accueillir des chercheurs, des start-upers, nos propres étudiants.
10:58On a une centaine de places à la Station F.
11:01On a les entreprises en face qui peuvent venir en mentorship pour aider les étudiants.
11:08Et après, on a même créé un fonds d'investissement qui s'appelle Generations, qui est un clan de Uber.
11:14Les futures générations, on dit, on investit, en fait, avec notre propre argent aussi, dans des business models qui sont comme ça, scalables et qui font un impact positif.
11:24Donc, l'Impact Track, c'est l'outil pour passer à l'échelle, si j'ai bien compris ?
11:27C'est bien ça, oui. Et après, on peut même aller encore plus loin, parce qu'après, c'est aussi le capital risque, c'est aussi le private equity qui peut aider à échelonner ces business models.
11:39Merci beaucoup, René Orbeck. Et à bientôt sur Bsmart Fortune.
11:42On passe à notre débat. Bienvenue dans l'univers de la joaillerie durable.
11:47C'est le débat de ce Smart Impact, l'univers de la joaillerie au programme avec Laurence Sevillon. Bonjour.
12:01Bonjour Thomas.
12:01Bienvenue, vous êtes déléguée générale de l'Union française de la bijouterie joaillerie, orfèvererie des pierres et des perles.
12:07Véronique Pellerin, bonjour.
12:08Bonjour Thomas.
12:08Bienvenue, vous êtes DRH de la société Rubel et Ménaché. On va présenter vos organismes et entreprises respectives. C'est combien d'entreprises, l'UFBJOP ?
12:22Alors, l'UFBJOP, c'est l'organisation professionnelle nationale représentant les acteurs de la bijouterie joaillerie en France, qui représente à peu près 200 membres.
12:30D'accord, 200 membres, c'est un secteur qui va bien ?
12:33C'est un secteur qui se porte très bien, qui connaît une croissance continue depuis plusieurs dizaines d'années.
12:41Depuis d'ailleurs la dernière décennie, on a triplé le chiffre d'affaires de production en France.
12:47Donc c'est un secteur qui est extrêmement porteur, qui connaît une très forte employabilité et un chiffre d'affaires à l'exportation extrêmement élevé,
12:57avec une contribution à la balance commerciale de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
13:03D'accord.
13:04Donc c'est un secteur se portant très bien.
13:06Très bien, avec des enjeux de durabilité qu'on va explorer ensemble et auxquels vous répondez chez Rubel et Ménaché, parce que vous travaillez sur quoi ? Sur quel type de diamant ? Parce que c'est ça, c'est le cœur de votre métier ?
13:18Oui, alors nous sommes le diamantaire historique des maisons joaillières et horlogères.
13:24Notre mission c'est de sélectionner des pierres, des diamants notamment, qui sont de qualité exceptionnelle.
13:31Et on aime à dire qu'elles sont 100% traçables.
13:34On va parler de durabilité, tout à l'heure, j'entendais vos plateaux.
13:38Voilà, on est au cœur du sujet et on aime bien dire qu'en fait nous militons pour le luxe responsable.
13:45Ça veut dire quoi la traçabilité d'un diamant ?
13:48Savoir d'où il vient, par où il passe.
13:51Comment il a été extrait.
13:54C'est tout son cheminement jusqu'à l'arrivée dans une vitrine des grandes maisons.
14:00Donc ça c'est hyper important pour le client final et puis pour nous, en tout cas dans notre positionnement.
14:07Le bilan, j'allais dire le bilan carbone, mais on peut dire ça comme ça, c'est un peu réducteur.
14:12Mais quand on parle de durabilité dans un secteur comme le vôtre, ça veut dire quoi ?
14:15Alors la durabilité dans le secteur de la joaillerie repose sur plusieurs composantes.
14:22Effectivement, la question du bilan carbone, elle est très importante, elle est très d'actualité.
14:26Mais elle ne repose pas uniquement sur le bilan effectivement des émissions de gaz à effet de serre.
14:31On est sur une filière et une industrie qui est globale.
14:40Donc évidemment, à travers le monde, on retrouve des mines, de diamants, de pierres de couleur, des communautés, des travailleurs.
14:49Ensuite, on trouve également des très hauts niveaux de savoir-faire dans tous les pays du monde.
14:56La France, évidemment, puisqu'on en parle aujourd'hui en tant qu'Union française, c'est le pays de référence de fabrication joaillière, de très haut niveau de savoir-faire traditionnel.
15:05Et en fait, la durabilité, elle vient à la fois en joaillerie adresser les sujets environnementaux,
15:11puisqu'il y a des forts sujets environnementaux au niveau des lieux d'extraction naturellement, au niveau des mines.
15:16Il y a des forts sujets...
15:17Mais attendez, je vous arrête là-dessus, parce qu'évidemment, la principale critique qu'on doit vous faire, c'est la question des mines, des conditions de travail dans ces mines, etc.
15:27Et c'est pour ça que la question de la traçabilité est importante, c'est-à-dire comment contrôler les conditions dans lesquelles les pierres précieuses sont extraites ?
15:35Alors, c'est effectivement pas nécessairement une critique, puisqu'on a une filière qui s'est organisée il y a déjà 20 ans autour de la question,
15:45alors que c'était des sujets dont on ne parlait absolument pas il y a 20 ans.
15:49On a eu des entreprises dans le secteur extrêmement visionnaire qui se sont réunies et qui se sont dit
15:54« Bon ben, écoutez, nous, on souhaite que la filière soit transparente et que le consommateur puisse avoir confiance dans l'industrie de la joaillerie. »
16:03Donc, travaillons ensemble sur un référentiel de bonne pratique et élaborons ensemble le code des pratiques de la joaillerie responsable.
16:12Alors, il y a notamment cette blue list qui répond à cette idée.
16:18C'est quoi la blue list ?
16:19Alors, la blue list, elle s'inscrit dans le prolongement de cette volonté commune d'apporter de la cohérence au secteur en matière de durabilité.
16:27C'est-à-dire que depuis de très nombreuses années, on peut lire un peu partout de nombreuses allégations.
16:34Mon bijou est éthique, ma pierre éco-friendly, sans savoir véritablement de quoi il s'agit.
16:40Donc, la blue list, ça a été véritablement un engagement du secteur à parler le même langage,
16:48à définir des termes avec des définitions claires et sans ambiguïté pour que toutes les appellations qui ont trait à l'ESG,
16:57donc l'environnement, social et gouvernance, puissent être clairement entendues, intelligibles et surtout, on demande des preuves.
17:05D'accord. Donc, c'est une logique de transparence et de vérification.
17:08Est-ce que cette blue list, elle répond à une demande d'une entreprise comme la vôtre ?
17:12En tout cas, elle accompagne notre démarche et on est complètement engagé là-dedans.
17:17On fait partie, puisque l'on est signalé, de ce code de conduite qui est régi par le RGSAVE,
17:23quelque chose qui a été posé il y a très longtemps maintenant, enfin 2010, il me semble, par là.
17:28Alors oui, 2009, le premier code de développement.
17:292009. Nous, on en est à notre sixième édition de certification.
17:34Donc là, on est dans un référentiel.
17:36Si on pouvait faire un petit peu le parallèle, aujourd'hui, on a d'énormes ISO,
17:40mais là, c'est beaucoup plus large et puis elles sont internationales, ces normes.
17:44C'est très, très compliqué, enfin compliqué au sens, ça prend du temps de revoir.
17:50C'est une contrainte.
17:51Non, c'est une opportunité, en tout cas pour nous, de revoir si on est effectivement bien aligné avec les droits.
17:58Enfin, est-ce qu'on respecte bien les droits de l'homme ?
18:00Est-ce qu'on fait un trafic, on commerce, on ne fait pas du trafic et de blanchiment d'argent ?
18:08Et ça, c'est sur toute la chaîne de valeur.
18:10Donc, c'est hyper rassurant pour nos clients et rassurant aussi pour nos fournisseurs.
18:15C'est un label pour vous, la Blue List, d'une certaine façon ?
18:18Est-ce que vous le vivez comme ça ?
18:19Ce n'est pas encore, enfin, peut-être pas encore ancré comme un label,
18:23puisque c'est assez récent.
18:24C'est une application.
18:25Oui, c'est quand même assez récent.
18:27Mais pour moi, la certification COP du RJC est quand même hyper...
18:31Pourquoi vous dites que ce n'est pas sa vocation ?
18:33Parce que sa vocation, c'est d'être un lexique.
18:36Ce n'est pas un standard.
18:37Il existe déjà des standards.
18:38Ce n'est pas une norme non plus.
18:40On ne va pas aller vérifier.
18:42C'est un guide de bonne pratique.
18:44C'est-à-dire que ça n'a pas de visée d'application obligatoire.
18:49C'est véritablement volontaire.
18:51Et c'est pour les acteurs de l'industrie qui souhaitent s'engager dans une démarche vertueuse
18:59et se dire qu'en fait, on est tous sur le même terrain de jeu, donc parlons le même langage.
19:03Et si j'emploie cette terminologie, je m'engage justement à prouver les raisons pour lesquelles j'emploie cette terminologie.
19:13Mais personne ne va venir le vérifier.
19:15Si vous voulez, au sein de la Blue List, on ne va pas avoir d'audit.
19:19Mais il y a des outils qui permettent de vérifier, justement, parce que vous dites, nous, on est engagé dans une démarche de traçabilité.
19:26Vous avez des labels qui vous permettent de le prouver et de le prouver notamment aux consommateurs.
19:30Alors aujourd'hui, on a des technologies qui nous permettent, technologies orables, blockchain.
19:34Enfin voilà, on a un certain nombre de choses qui nous permettent de certifier, effectivement, qu'on respecte cette traçabilité.
19:41Enfin, on a des preuves.
19:43Donc, les outils existent et les preuves aussi technologiques.
19:47Donc, c'est un mouvement.
19:49Et ça vous permet, vous aussi, de, comment je peux dire ça, de vous rassurer ou de vous assurer que votre chaîne de valeur, vous la maîtrisez ?
19:58Ah oui, totalement.
19:59Oui, pour nous, c'est obligatoire.
20:02C'est un engagement qu'on a vis-à-vis de nos clients, en tout cas.
20:04Mais est-ce que ça veut dire qu'il y a des mines avec lesquelles vous ne travaillez plus ?
20:09Alors, pas forcément depuis six mois, mais il y a quelques années, vous avez dit, là, on arrête, par exemple.
20:13Bah, typiquement, en Russie.
20:16On s'est dit, bain, sur la Russie, donc on arrête.
20:21Enfin, voilà.
20:21Et plus beau d'armement, on s'est trouvés en Russie.
20:24Mais ça, c'est une conséquence de la guerre en Ukraine ?
20:26Oui, et puis c'est un engagement aussi de la filière, d'être, là, très aligné.
20:32Tout le monde est allé dans ce sens-là, donc il y a ce genre de choses.
20:38Après, c'est un commerce qui a énormément d'acteurs.
20:44Nous, on est un intermédiaire.
20:45D'où l'importance de la passibilité.
20:47Oui, tout à fait.
20:47Plus il y a d'acteurs, plus c'est compliqué de se rassurer.
20:50D'où l'importance, effectivement, des blockchains nous rassurent et la démarche est certifiée.
20:56On va regarder quelques chiffres.
20:58Vous nous disiez que le secteur se porte bien.
21:00La joyeux française affiche un chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de 2025
21:05de plus de 5,5 milliards, 5,7 milliards d'euros, progression de plus 11%.
21:11Est-ce que cette... Je me place du côté des consommateurs.
21:14Est-ce que ces arguments autour de la traçabilité, de la durabilité,
21:19ils rentrent vraiment en ligne de compte ?
21:21Dans l'achat, je pense que ce n'est pas la raison première.
21:24Pour autant, ça deviendra sans doute à terme l'une des raisons d'achat, clairement.
21:32C'est quoi d'abord ? C'est d'abord le prix ?
21:35C'est d'abord la beauté de la pierre ?
21:37Bien entendu, l'esthétique en premier lieu, le pouvoir de la marque aussi,
21:42parce qu'on a un marché qui se structure autour de grandes maisons et de marques
21:48qui amènent beaucoup de rêves et de désirs pour ce produit exceptionnel qu'est la joaillerie.
21:55Et puis, c'est un vecteur de transmission extrêmement puissant.
21:58Donc, dans ces vecteurs de transmission aussi, c'est qu'est-ce que comporte le bijou ?
22:03C'est-à-dire quelle valeur elle vient véhiculer, en fait ?
22:06C'est extrêmement fort.
22:09Et sans doute, le consommateur, en cas d'authenticité,
22:13ira chercher ce type de valeur dans la joaillerie.
22:16Et c'est ce que nous, on s'efforce à faire.
22:19Donc, on ne le fait pas forcément connaître au grand public
22:21parce que ce n'est absolument pas des arguments de vente, en fait.
22:24On n'est pas dans du marketing.
22:26Ce qu'on cherche à faire véritablement, c'est de faire les choses le mieux possible,
22:32vraiment en back-office.
22:33Et puis, si on nous pose la question, on peut évidemment répondre et justifier
22:37si les consommateurs se posent les questions.
22:41Alors, moi, je pense que quand on fait les choses bien, il faut le faire savoir,
22:43même si ce n'est pas du marketing, et le faire savoir le plus possible
22:45parce qu'il y a un effet d'entraînement.
22:47Mais bon, c'est une vraie question sur ce qu'on affiche quand on a une démarche durable.
22:52Et c'est vrai qu'il y a pas mal d'entreprises qui hésitent à le faire en disant
22:54« Ah, mais comme je ne fais pas tout parfaitement, je ne vais pas parler de ça
22:58parce que sinon, on va venir me chercher sur une de mes faiblesses. »
23:03Je voudrais qu'on parle d'une initiative, d'un partenariat que Rubel et Ménaché
23:07ont conclu avec la Fabrique Nomade.
23:09Alors, c'est quoi la Fabrique Nomade ? C'est une association, c'est ça ?
23:12Tout à fait, c'est une association, une très belle association qui est dans le cœur de Paris,
23:16dans le 12e.
23:16Donc, on y retrouve en fait des artisans.
23:20Donc, vous allez retrouver des perlières, des costumières, des joailliers.
23:26Et donc, la typologie...
23:28Qui sont des migrants, des réfugiés, c'est ça ?
23:30Oui, des réfugiés migrants qu'on accompagne en fait sur 8 ou 9 mois.
23:34On leur donne une formation.
23:37Et par la suite, ils sont accompagnés pour trouver un travail.
23:39Et dans ce programme-là, on a eu la chance de collaborer pour intégrer un programme
23:46qui s'appelle Mentora.
23:47Donc, on a accompagné une dizaine de personnes jusqu'à l'emploi.
23:54Donc, on a fait des séances pendant 6 mois.
23:56Donc, on s'est vus.
23:58Tout ça sous un format bénévolat.
24:01Donc, des salariés volontaires se sont mis dans ce programme.
24:04Et tout le monde, en fait, a trouvé un sens extraordinaire à la démarche.
24:08Parce que, voilà, on se rend compte que finalement,
24:10on a beaucoup de chance, nous, de faire nos métiers.
24:14Et puis, voilà, c'est vraiment un beau partenariat.
24:17Et cette association, elle est fantastique.
24:19Franchement, il faut faire de la publicité.
24:21La fabrique nomade.
24:23Voilà, on en profite pour faire de la publicité pour cette association.
24:26Merci beaucoup à toutes les deux.
24:27Et à bientôt sur Be Smart for Change.
24:30C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact Champagne et Durabilité au menu.
24:39C'est le grand entretien de ce Smart Impact 26 minutes avec une personnalité qui compte dans notre économie.
24:46Je reçois aujourd'hui Ludovic Duplessis.
24:48Bonjour.
24:48Bonjour, merci de me recevoir.
24:49Bienvenue.
24:49Vous êtes le président de la Maison de Champagne.
24:52Tellement que vous avez racheté en octobre 2020, c'est ça, avec la société Rémi Cointreau ?
24:58Avec le groupe Rémi Cointreau.
24:59Avec le groupe Rémi Cointreau.
25:00Qui est un entraîneur majoritaire aujourd'hui.
25:01Il y avait des critères avant de choisir une maison de Champagne comme celle-là ?
25:06En fait, l'histoire, c'est une histoire d'hommes et de femmes, comme toujours.
25:11Moi, j'ai eu la chance de travailler pour le groupe LVMH pendant 10 ans sur des marques
25:15comme Moët et Chandon, en Pérignon.
25:17Et ensuite, je suis parti dans le groupe Rémi Cointreau pour m'occuper d'un cognac qui s'appelle Louis XIII.
25:22Et puis, il y a 5 ans, 6 ans, je me suis dit, en fait, qu'est-ce que je veux faire de ma vie ?
25:26Donc, j'ai pris mon petit vélo et je suis parti en Champagne.
25:30Donc, un petit vélo pliable que j'ai mis dans le train.
25:32J'arrive en Champagne et je visite 20-30 maisons.
25:36Je me suis dit, j'adorerais retourner dans le Champagne et avoir ce côté d'entrepreneur
25:41et faire un business qui fasse du sens.
25:44Savoir pourquoi me lever le matin.
25:47Et donc, je pars en Champagne et je visite ces maisons de Champagne.
25:51Et je me suis toujours dit qu'on allait y aller si la maison cochait 4 cases.
25:55Un, il fallait que l'histoire soit extraordinaire.
25:58Cette maison Thelmont est née en 1912 suite aux révolutions champenoises.
26:03Je ne sais pas si vous connaissez un petit peu l'histoire, mais c'est une grande révolution.
26:06La cavalerie française a été envoyée pour calmer les petits vignerons.
26:09Enfin, superbe histoire.
26:10Donc, elle est née en 1912.
26:12Ensuite, la deuxième box qu'il fallait cocher, c'était le fait que ce soit encore un business de famille.
26:18C'était important que la famille soit toujours présente.
26:21Troisièmement, il fallait que les vins me plaisent, bien entendu.
26:23Les trois premières cases, vous en trouvez des maisons de Champagne.
26:27Elles ne sont pas forcément à vendre, mais vous en trouvez.
26:29Et la quatrième était mission impossible.
26:31Je voulais une maison de Champagne qui avait commencé la conversion en agriculture biologique.
26:36Et là, vous perdez tout le monde.
26:37Parce qu'il n'y a que 5% de la Champagne qui est bio.
26:38Il y a 5-6 ans, quand vous lancez dans cette démarche, il n'y a quasiment personne.
26:42Il y a, je vous dis, 5-6% de toute la Champagne qui est bio.
26:46Et c'était le cas ?
26:48Elle avait commencé sa conversion.
26:49Elle avait commencé sa mutation.
26:50Donc, il y avait cette philosophie d'aller vers l'agriculture biologique au départ.
26:54Parce que vous ne vouliez pas être obligé de commencer par convaincre sur ce terrain-là, c'est ça ?
26:59En fait, il fallait avoir des personnes qui sont déjà dans la même philosophie que vous.
27:02Sinon, ça ne peut pas marcher.
27:04Et donc, cette maison cochée des 4 cases, j'ai présenté le projet au groupe Rémi Coitreau, qui a décidé d'y aller.
27:12Voilà, parce que l'objectif, la mission de départ, c'est comment essayer de faire le meilleur de la Champagne sans aucun compromis environnemental.
27:21En étant radical.
27:22Et ça veut dire quoi ?
27:23Alors, on va détailler tout ça.
27:24Il y a un engagement qui se manifeste par un projet innominé Terrae au nom de la Terre.
27:29Au nom de la Terre, oui.
27:30Ça, c'est ce qui symbolise, on va dire, cette stratégie environnementale de la Maison Telmont.
27:36Alors, on lui a donné un nom, on l'a baptisé au nom de la Terre.
27:39Et c'est engageant.
27:41Oui.
27:41Engageant au nom de la Terre.
27:42Et donc, si vous voulez, il y a deux jambes.
27:45La première, c'est tout part du sol, tout part de la Terre.
27:49Le vin est bon.
27:51Si la Terre est belle.
27:52Si la Terre est belle.
27:52On avait prévu cette citation.
27:54Le vin est bon si la Terre est belle.
27:55Ça, il commence à résonner.
27:57Mais oui, c'est bien que vous l'utilisiez régulièrement.
28:00Et c'est tellement vrai.
28:01Donc, ça part de là.
28:02Et donc, en fait, si vous voulez, il y a toute une démarche aujourd'hui en Champagne qui est à saluer de biodiversité.
28:08On plante des arbres.
28:09Il y a les couverts végétaux.
28:12Et donc, de plus en plus.
28:13Et le CIVC, qui est le comité interprofessionnel des vins de Champagne, fait un travail extraordinaire pour fédérer tout le monde.
28:19Et donc, il y a une vraie montée, j'ai envie de dire.
28:22De cette biodiversité en Champagne.
28:25Ce qu'on, nous, on dit sur Tellemont, c'est qu'en fait, il faut aller à l'étape d'après qui est l'agriculture biologique.
28:34Ça veut dire quoi ?
28:35Ce n'est pas un gros mot l'agriculture biologique.
28:36Ça veut juste dire qu'on n'utilise pas d'herbicides et de pesticides de synthèse, en fait, de chimie de synthèse.
28:42Ça veut juste dire ça.
28:43Sauf qu'aujourd'hui, dans l'univers de la viticulture en général et du Champagne en particulier, il y en a quand même beaucoup de ces intrants.
28:51Aujourd'hui, il y a beaucoup d'intrants.
28:53Moi, mon but n'est surtout pas de pointer du doigt une agriculture conventionnelle.
28:57Mais c'est un modèle plus que centenaire, si vous voulez.
29:02Et donc, ce n'est jamais facile de faire plus que un modèle.
29:04En fait, on retourne à ce qu'on faisait avant la guerre mondiale.
29:07En fait, voilà, on n'utilise pas de chimie de synthèse.
29:09Et donc, en fait, c'est comment travailler la terre en essayant de diminuer au maximum tous les intrants et d'être de façon très, très naturelle.
29:18Et donc, en fait, l'idée, c'est d'être régénératif.
29:22C'est le grand mot que tout le monde utilise.
29:24Agriculture régénérative.
29:25Et nous, on dit, en fait, est-ce qu'on peut vraiment être régénératif si on n'est pas bio, si on continue l'herbicide et la chimie de synthèse ?
29:33Donc, en fait, il y a un mouvement qui vient des États-Unis qui s'appelle ROC.
29:37Régénérative Organique Certification.
29:39Et donc, c'est la combinaison du régénératif et de l'organique.
29:44L'idée, ce n'est pas d'opposer les deux.
29:45C'est de rassembler et on peut être régénératif et organique.
29:48Ça, ça vient de Patagonia, un cheminard aux États-Unis.
29:51Et c'est superbe.
29:52Et donc, on a tenu chez Tenmont le premier forum en Europe sur ces notions de ROC.
29:58Et donc, ça y est, on avance dans cette certification.
30:00Et ça veut dire que là, aujourd'hui, vos vignes, elles sont bio ?
30:04Elles sont à 100% bio ? Pas encore ? Vous en êtes où ?
30:06Alors, nous, c'est une très bonne question.
30:09C'est le business model champenois classique.
30:11C'est-à-dire qu'on a, en gros, 30% des raisins qui viennent de nos vignes et 70% qui sont achetés à des partenaires vignerons.
30:19Qui sont là depuis des années, des décennies.
30:22Donc, chez nous, maintenant, on est à peu près à 95% en agriculture biologique.
30:26Et donc, on va aller vers le dernier step.
30:29Vous allez y arriver.
30:30On avait dit, tout ce que je vous dis aujourd'hui, on l'a annoncé en 2021.
30:35Donc là, on est en 2025.
30:36On voit les résultats.
30:38Et donc, on avait dit en 2021 qu'on serait 100% en 2025 sur nos vignes.
30:44On est à 95%.
30:45Et que nos partenaires vignerons, ce serait 100% en 2031.
30:50Donc, ça suppose un accompagnement, si je comprends bien.
30:52Ça ne se fait pas d'un claquement de vignes.
30:53Non, non, non.
30:54Donc, aujourd'hui, pour répondre à votre question, on est à 70%.
30:57Déjà, on était à 30% il y a 5 ans.
30:59D'accord.
30:59On est à 70%.
31:00Et on va y aller vers le 100%.
31:02On va y aller.
31:03Alors...
31:04Pourquoi c'est long ?
31:05Alors, c'est long parce que...
31:06Parce que c'est la terre, parce que c'est la saison, parce que...
31:09Parce que déjà, il faut avoir une philosophie.
31:10Il faut avoir envie d'y aller.
31:11C'est plus de travail.
31:13Donc, il faut avoir envie d'y aller.
31:15Donc, ça demande un accompagnement.
31:16On a un groupe aujourd'hui avec tous nos vignerons où on discute, si vous voulez, de...
31:21Ben voilà, on échange sur la façon de faire, sur la technique.
31:25Et ensuite, on accompagne tous nos vignerons en les payant plus cher.
31:29On paye aujourd'hui le raisin agriculture biologique 30% plus cher.
31:34Donc, il y a deux façons d'accompagner vos partenaires vignerons.
31:37Il y a, première façon indispensable, c'est de l'éducation.
31:40C'est de l'échange, de la technique.
31:41Et, deuxième, c'est l'accompagnement financier.
31:45Parce que...
31:46Pourquoi ça coûte plus cher ?
31:47Et parce que vous avez une baisse des rendements.
31:50Plus de temps à passer sur les vignes, etc.
31:52Oui, oui, premièrement.
31:53Et, deuxièmement, une baisse des rendements, qui peut aller entre zéro, quelquefois, on est pareil qu'un conventionnel,
32:00jusqu'à du moins 30%, et même quelques années plus encore.
32:03Donc, en fait, on paye le raisin plus cher en agriculture biologique pour ça.
32:08Et, il faut savoir le faire, en fait.
32:11La champagne, pour nous, on est dans l'industrie du luxe.
32:16Et donc, on se doit d'avoir aucun compromis là-dessus.
32:19Et donc, on y va un par un.
32:20Ce n'est pas facile, mais on y va un par un.
32:22Mais est-ce que c'est un...
32:24Parce que j'entends la logique de coût, et donc, derrière de prix, peut-être des bouteilles.
32:30Je ne sais pas si vos bouteilles sont un peu plus chères parce que vous êtes passé au bio.
32:34Elles sont un petit peu plus chères, tout à fait.
32:35Est-ce que c'est un argument que vous utilisez pour vendre vos bouteilles de champagne, pour vendre votre champagne ?
32:43On fait du champagne bio, et est-ce que ça marche ?
32:46Je ne suis pas sûr que ce soit le premier critère d'achat d'une bouteille de champagne aujourd'hui.
32:50Non, non.
32:51Le premier critère, et heureusement, c'est est-ce que le vin est bon ?
32:53Ben oui.
32:53Ça, c'est sûr.
32:55Nous, on pense que le vin est bon si la terre est belle.
32:57Et donc, on voit, la bonne nouvelle, c'est que quand vous passez en agriculture biologique, déjà, vous avez un effet sur les sols.
33:03C'est meilleur pour les sols.
33:05Qu'est-ce qui change ?
33:06C'est meilleur, vous avez plus un vrai retour à la biodiversité.
33:09Et donc, vous avez plus de bio pour plus de biodiversité.
33:12C'est souvent ça que nous, on essaye d'apporter.
33:15Donc, vous voyez ces sols qui sont vivants.
33:17Et la bonne nouvelle, c'est que ça se retrouve dans le vin.
33:21Et en fait, vous avez un effet bénéfique de l'agriculture biologique sur le vin lui-même.
33:25Vous ressentez dans le vin l'énergie du sol, la vitalité du terroir.
33:30Ça se ressent.
33:30Vous avez un vin qui va être plein d'énergie, plein de vie.
33:34Et je ne vous dis pas que le bio est meilleur.
33:37C'est très subjectif.
33:38Vous aimez ça, vous aimez ça.
33:39Mais par contre, vous allez retrouver un vin qui est vivant.
33:43Et ça, ça engouche.
33:45J'allais dire que vous, vous pouvez à l'aveugle faire la différence entre un champagne bio et non bio ?
33:50Moi, j'ai aujourd'hui, comme on est en conversion, j'ai encore du vin non bio.
33:55Parce qu'on a hérité de ça.
33:56On a des milliers de bouteilles, millions de bouteilles qui dorment aujourd'hui dans les caves.
34:00Donc, j'en ai encore une partie qui est non bio.
34:02Et j'ai un vin qui est bio.
34:04Et vous faites la différence, mais à l'aveugle, mais sans aucun problème.
34:07Encore une fois, je ne dis pas qu'il est meilleur.
34:10Parce que le goût est subjectif.
34:11Allez, je vais raconter ma vie.
34:13Moi, je bois moins de champagne qu'avant.
34:14J'aime beaucoup ça.
34:15Mais parce que j'ai des problèmes de reflux.
34:17Très bien.
34:17Vous êtes ravis de l'apprendre sur le téléspectateur, téléspectatrice.
34:21Mais bref.
34:22Est-ce que ça change la donne ?
34:24J'aime bien parce que vous êtes dans la totale transparence.
34:26Et nous, c'est la philosophie de Tellemont.
34:29Je n'ai pas touché avec ça.
34:29Donc, est-ce qu'un champagne bio, c'est plus facile à boire pour quelqu'un qui a, par exemple ?
34:33Je ne dirais pas que c'est plus facile à boire.
34:35Après, vous avez différents types de champagne.
34:36La signature du champagne de Tellemont, c'est quoi ?
34:38C'est des bulles qui sont très, très fines.
34:40Donc, déjà, c'est un champagne qui ne va pas être très vineux.
34:43C'est un champagne qui va être très aérien.
34:46C'est un champagne qui va avoir beaucoup de complexité, de maturité, mais très aérien.
34:51Ça, c'est très important pour nous avec des petites bulles.
34:53Très peu dosées en sucre et avec une très belle longueur en bouche.
34:56Et donc, voilà.
34:57Après, vous avez des champagnes qui vont être peut-être plus lourds, plus vineux.
35:00C'est un choix.
35:01C'est un choix du chef de cave.
35:02C'est un choix de la maison, d'avoir des styles de bains qui sont différents.
35:05Et donc, est-ce qu'il est plus facile à boire ?
35:07Ça dépend, vous, de ce que vous recherchez.
35:10Est-ce que vous voulez un vin plus lourd, plus rassasiant ou un vin plus aérien ?
35:14D'accord.
35:15Par contre, effectivement, chez Tellemont, vous avez des vins qui sont très légèrement
35:20dosés en sucre.
35:22Et donc, ça, c'est très appréciable et ça se ressent.
35:23Et il y a quoi ? Il y a la question des sulfites ?
35:26Des sulfites, bien sûr.
35:27Alors, les vins bio sont moins sulfités que les autres vins.
35:29D'accord.
35:30Il y a moins de sulfites aussi dans un vin en agriculture biologique.
35:33Donc, ça peut jouer aussi.
35:35Bon, bref, c'est alors que je réessaye.
35:37Alors, il y a un certain nombre de décisions qui ont été prises comme ça dans cette
35:40logique environnementale, dans ce programme-là au nom de la Terre.
35:46Par exemple, vous avez décidé d'alléger les bouteilles, de changer même le style de
35:53vos bouteilles.
35:54Oui, oui, oui.
35:55En fait, elles sont plus transparentes, c'est ça, les bouteilles ?
35:59Oui, oui, oui.
36:00Pourquoi ?
36:00Elles sont même de 193 000 couleurs différentes.
36:02Pourquoi ?
36:03Alors, j'y viens.
36:04J'y viens.
36:04Mais avant, je remets juste le chapeau au nom de la Terre.
36:07Je vous avais dit qu'il y avait deux jambes.
36:08Il y a une jambe gauche, c'est la Terre, le sol, biodiversité et agriculture biologique.
36:14Et la jambe droite, c'est comment réduire votre empreinte carbone.
36:19Pour ça, déjà, il faut la mesurer.
36:21Il faut savoir de quoi on parle.
36:22Il faut analyser tout ça.
36:23Et donc, du coup, nous, on s'est donné comme objectif, pas d'être dans la neutralité carbone.
36:30Trop facile.
36:32Vous achetez les crédits, compensation et je suis neutre carbone demain matin.
36:35C'est très bien, mais ce n'est pas du tout assez suffisant.
36:39Donc, nous, on a comme objectif d'être dans le net zéro.
36:42Net zéro, ça veut dire quoi ?
36:44Ça veut dire qu'on s'engage à réduire de 90 % l'empreinte carbone de la maison à horizon 2050.
36:50Le levier le plus important, c'est les bouteilles ?
36:52Alors, j'y viens avec, pardon, un passage obligé, parce que 2050, on peut se dire bon.
36:56Oui, c'est dans le temps.
36:56Avec un passage obligé à 2030 à moins 40 %.
36:59OK.
37:00C'est assez exigeant.
37:01C'est assez exigeant.
37:01Puis c'est suivi par SBT, Science Based Target.
37:04Enfin, voilà, on n'est pas tout seul, on est suivi et donc on est engagé.
37:07Est-ce qu'on va y arriver ? Je ne sais pas.
37:09Mais je sais qu'on est encore dans la course pour y arriver.
37:13Pourquoi ? Parce qu'on a pris des engagements forts.
37:15Et je veux dire à la bouteille, un des engagements, c'est que la bouteille de champagne,
37:20elle est plus lourde que les autres bouteilles, parce que vous avez plus de deux fois la pression
37:24d'un pneu de voiture dans une bouteille.
37:25Vous avez besoin d'avoir un verre qui est épais, qui est plus épais, pour pas qu'elle casse.
37:31Et on ne peut pas faire n'importe quoi.
37:32Donc, on a fait différentes choses.
37:33Et cette bouteille-là, c'est à peu près 30 % de l'empreinte carbone de la maison.
37:36C'est ce que j'avais retenu d'autres entretiens sur le vin.
37:39Voilà, donc il faut prendre le taureau par les cornes.
37:42Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on avait des bouteilles qui étaient comme ça.
37:45C'est beau, mais c'est très lourd.
37:46Alors, c'est là qu'ils font à peu près entre 900 grammes et 1 kilo.
37:50Donc, nous, chez Tellemont, on a dit qu'il n'y a pas d'effet bénéfique sur le vin
37:54à avoir cette forme-là.
37:57Donc, on a arrêté ça et on est parti sur la bouteille classique champenoise,
38:01la standard champenoise, qui pèse 835 grammes.
38:05Et donc, on a été voir Veralia et on leur a demandé
38:08est-ce qu'il y a moyen de diminuer le poids de cette bouteille ?
38:12Ils nous ont dit, écoutez, on regarde, on va essayer de tenter celle à 800 grammes.
38:16Innovation qui a l'air petite, mais innovation majeure,
38:19de réduire de 35 grammes, sans que la bouteille ne casse dans les caves.
38:23Sans qu'elle reste efficace.
38:23Donc, en 2021, on a commencé les premiers tests,
38:263000 bouteilles, 30 000 bouteilles, voilà.
38:29Et aujourd'hui, on a annoncé récemment que la bouteille passe tous les tests.
38:33Elle ne casse pas.
38:34Et donc, toute la production, tellement,
38:37est maintenant sur une bouteille à 800 grammes.
38:40On a juste enlevé un petit peu de verre sur les épaules.
38:44Voilà.
38:45Et là, vous passez de 800 à 835 à 800 grammes.
38:48Et donc, elles sont toutes les couleurs, ces bouteilles ?
38:50Alors oui, elles sont.
38:51Donc, ça, c'est la première chose qu'on a faite.
38:52La deuxième chose, la troisième chose qu'on a fait,
38:54donc on a arrêté, pardon, ce format-là.
38:56On a passé de la 835 à la 800 grammes.
38:58Ce qui va devenir, je pense, demain, la standard champenoise.
39:01Parce qu'il n'y a pas d'exclusivité sur Veralia ou Verre, bien entendu.
39:06Et donc, imaginez si 300 millions de bouteilles passent de 835,
39:10certaines de 900 à 1 kg à 800.
39:12C'est un vrai mouvement.
39:14La dernière fois que la bouteille de champagne,
39:16on avait diminué le poids, c'était en 2011.
39:19Donc, c'est une innovation majeure.
39:21Ensuite, on a arrêté les bouteilles transparentes
39:24parce qu'elles sont issues à 0 % de verre recyclé.
39:27Alors, c'est beau pour le rosé, le blanc, le blanc.
39:29On voit le liquide, le vin.
39:30Mais en fait, c'est une hérésie écologique
39:32sachant que la bouteille verte, classique champenoise,
39:36elle est ici à 87 % de verre recyclé.
39:39Donc, exit les bouteilles transparentes.
39:42Toutes les bouteilles sont en verre.
39:43Et ensuite, on s'est rendu compte
39:45qu'en fait, quand le manufactur de verre
39:49passait d'une couleur,
39:50vous, vous voulez, vous avez une maison de champagne,
39:52vous voulez ce verre-là
39:53et une autre maison veut ce verre-là,
39:56eh bien, il y a 193 000 bouteilles.
39:58Et donc, nous, on a dit, on prend tout.
40:00Donc, il y a des petites nuances de couleurs.
40:03Et on l'a baptisé, 193 000 shades of green,
40:06nuances de verre.
40:07Et donc, toutes les bouteilles est tellement,
40:09vous, on va avoir une petite couleur différente.
40:10Mais ce n'est pas grave.
40:11Ce qui est important, c'est le vin.
40:13Donc voilà, tout ça permet,
40:15sur la bouteille qui fait à peu près 30 %
40:17de l'empreinte carbone de la maison,
40:19de réduire.
40:20Et d'essayer d'être demain
40:21à net zéro.
40:23Est-ce que vous...
40:25Alors après, il y a la question du transport.
40:27Alors, oui.
40:28C'est aussi un levier important.
40:30Vous voulez rajouter quelque chose avant ?
40:32Oui, pardon, parce que c'est super important.
40:34Il faut tout regarder.
40:35Si on veut arriver à faire ce net zéro,
40:37il faut tout regarder.
40:39Et donc, du coup,
40:40il y a l'histoire du packaging, quand même.
40:42Il y a l'histoire,
40:43et on est en fête de Noël qui arrive,
40:45il y a l'histoire des éditions limitées
40:47par un designer,
40:49les coffrets cadeaux et tout.
40:50Mais en fait,
40:52le remport chez Tellemont
40:53que le meilleur packaging,
40:55c'est quand il n'y a pas de packaging.
40:56En fait, on fait du vin,
40:58on ne fait pas des coffrets cadeaux.
41:00Donc, toutes les bouteilles de Tellemont
41:01sont sans étui, carton, coffret,
41:05éditions limitées.
41:06Mais rien qu'avec ça...
41:07Elles ne peuvent pas se transporter
41:09sans l'emballage.
41:11Quand vous allez chez un caviste,
41:14soit il le roule dans un papier de soie,
41:16comme vous achetez un vin de Bourgogne
41:17ou de Bordeaux.
41:18Si je vous achète 12 bouteilles,
41:20on les lit dans un carton, pardon.
41:22Oui, il y a quand même un carton.
41:23C'est livré dans la caisse carton.
41:24C'est ça, la caisse carton de base.
41:24Mais sauf que dans la caisse carton,
41:26je n'ai pas rajouté l'édition limitée
41:28du designer.
41:30Mais donc, en fait, si vous voulez,
41:33le vrai luxe,
41:35c'est, on pense,
41:36c'est tellement,
41:37on ne peut pas avoir
41:38une empreinte environnementale
41:40du contenant
41:40qui est supérieure
41:42à celle du contenu.
41:43Ce n'est pas possible.
41:44Et le vrai luxe, il est là.
41:46Donc,
41:47et pardon,
41:48on le fait depuis 2021,
41:49ce n'est pas nouveau.
41:50Est-ce que les ventes,
41:51elles sont en berne ?
41:52Non, elles ne sont pas en berne.
41:52Ça n'a rien changé.
41:53Il n'y a pas de coffret cadeau
41:54pour Noël,
41:55ça ne change rien.
41:56Telmont est en croissance.
41:58Tout le projet Telmont,
41:59c'est comment être en croissance
42:00sans aucun compromis.
42:02C'est qu'une question,
42:03pardon,
42:03je suis désolé,
42:04c'est qu'une question
42:04d'éducation en fait.
42:05Oui, ok.
42:06Et donc, il y a la question
42:07du transport.
42:08Mais c'est important
42:09le coffret cadeau.
42:10Oui, parce qu'on a fait
42:11des étapes.
42:11Non, non, mais j'ai bien compris.
42:12Mais là, il faut qu'on avance.
42:13Donc, la question du transport,
42:14parce que c'est des choix aussi.
42:16Vos bouteilles,
42:17elles prennent l'avion ou pas ?
42:18Eh bien, alors,
42:19mais non,
42:19bien sûr que non,
42:20elles ne prennent pas l'avion.
42:21Depuis combien de temps ?
42:22Depuis 2021,
42:22on a tout arrêté.
42:23Il n'y a pas un transport
42:24de bouteilles en avion.
42:26En fait,
42:26c'est tellement plus polluant
42:28que la voie maritime
42:29ou par route.
42:31Donc, en fait,
42:32la première année,
42:34moi, je me suis fait avoir.
42:34J'ai un client à New York
42:35qui me dit,
42:36moi, j'aimerais 100 bouteilles
42:37de ce millésime
42:38pour le réveillon.
42:40Donc, je lui ai répondu,
42:41OK,
42:42on va réussir à obtenir
42:44cette allocation pour vous
42:45parce que vous êtes
42:45un client fidèle de la maison
42:46et vous avez fêté le réveillon
42:47au mois de mars
42:48parce que ça partira en bateau.
42:51Donc, je l'ai raté
42:51cette première vente.
42:53C'était en 2021,
42:54décembre 2021.
42:55Donc, la fois d'après,
42:56vous avez anticipé.
42:57C'est une question
42:58de bien manager ses stocks
42:59dans les grandes villes
43:00et on y arrive très bien.
43:01Donc, vous n'avez pas perdu
43:02tant de clients que ça
43:03en renonçant à l'avion ?
43:05Non,
43:05on n'a pas perdu tant
43:06de clients que ça
43:06en changeant la couleur
43:10de nos bouteilles,
43:10le format,
43:11en arrêtant les packagings.
43:12On a perdu zéro client.
43:14La nouvelle génération,
43:15je suis désolé,
43:16je reviens là-dessus,
43:17mais elle sait très bien
43:18que la durée de vie
43:18d'un packaging,
43:19c'est moins d'une minute.
43:20Donc, quand vous parlez
43:21à la nouvelle génération
43:22de ces notions-là,
43:23ils comprennent tous.
43:25Le cas,
43:25Telmond,
43:26c'est devenu un cas
43:26qui est étudié
43:27dans toutes les écoles
43:28en France
43:28via l'AFM,
43:29l'Association Française
43:30de Marketing.
43:31Et le sujet,
43:32c'est comment avoir
43:33une croissance
43:33tout en étant radical
43:34d'un point de vue environnemental
43:36et en se marrant.
43:38Et c'est super important.
43:40En fait,
43:40quand on va,
43:42Sciences Po,
43:42HEC,
43:43faire des conférences,
43:45en fait,
43:45la nouvelle génération
43:47comprend,
43:47en fait,
43:49que l'écologie,
43:50elle ne doit pas être punitive,
43:52on la veut positive,
43:53et que c'est un terrain
43:54de jeu énorme
43:55pour l'innovation.
43:56Et je reviens
43:58sur le transport.
43:59Maintenant,
43:59là,
44:00le mois dernier,
44:01toutes les bouteilles
44:01sont parties
44:02de Saint-Nazaire
44:03pour aller aux États-Unis
44:05par Neoliner.
44:06c'est le plus grand cargo
44:08à voile.
44:09C'est génial.
44:10Donc,
44:12voilà,
44:12c'est plein d'innovations
44:13comme ça qui arrivent
44:14et en fait,
44:15c'est plein de rencontres.
44:17Oui,
44:17et alors,
44:18souvent,
44:18quand on,
44:20soit on crée une entreprise,
44:21soit on reprend une entreprise,
44:23les premiers gains
44:24en termes de bilan carbone,
44:28ils sont relativement,
44:29je mets,
44:29je mets,
44:30mais relativement
44:31facile à obtenir.
44:32Vous voyez ce que je veux dire ?
44:32Et puis après,
44:34ça se complique.
44:35Est-ce que vous arrivez
44:36dans cette phase-là
44:38où finalement,
44:38il faut cogiter,
44:40innover,
44:40trouver des solutions
44:41auxquelles vous n'aviez pas
44:42forcément pensé au départ ?
44:43C'est sans cesse.
44:46Pour atteindre l'objectif.
44:47C'est sans cesse.
44:48Et encore une fois,
44:48on y va avec beaucoup d'humilité.
44:50Le projet tellement,
44:50il n'est pas parfait.
44:52Je n'ai pas encore
44:53de panneaux solaires.
44:54C'est quoi le prochain levier ?
44:55Créer nous-mêmes notre énergie,
44:57les panneaux solaires,
44:58on n'y est pas encore.
44:59Donc voilà,
45:00on y va avec beaucoup d'humilité.
45:02Tout ce qu'on sait,
45:02c'est qu'on est encore
45:03dans la course
45:03pour y arriver à ce net zéro.
45:05On est 17,
45:07on est une petite PME
45:08au sein du groupe
45:09Rémi Cointreau
45:10qui est génial,
45:10qui nous fait confiance
45:11et qui nous supporte.
45:13Est-ce que vous avez entraîné
45:15avec vous
45:16d'autres vignerons,
45:19d'autres acteurs
45:20du luxe
45:21ou de la gastronomie
45:22avec cette logique-là,
45:23ce collectif
45:24au nom de la terre ?
45:25Le collectif
45:27tellement au nom de la terre,
45:28il est né
45:28de façon totale,
45:29tout à fait organique.
45:30En fait,
45:31on a commencé
45:31à faire pas mal de bruit
45:33parce que le vin est bon
45:34et parce qu'aussi
45:36on a un actionnaire
45:37qui est très connu.
45:38On y reviendra après,
45:39si vous voulez,
45:39pourquoi on a demandé
45:41à Leonardo
45:42de nous rejoindre.
45:44Mais en fait,
45:44ça a créé du bruit
45:45et les gens se sont dit
45:45mais c'est quoi tellement ?
45:47En fait,
45:47je n'en avais pas entendu parler,
45:48je ne connaissais pas
45:49il y a cinq ans.
45:50C'est une marque centenaire ?
45:51Ah, c'est une centenaire start-up ?
45:52Waouh, mais pourquoi ?
45:53Qu'est-ce qu'ils font ?
45:54Et en fait,
45:55c'est que des décisions
45:56de bon sens qu'on a prises,
45:57de bon sens paysan,
45:58de bon sens vigneron.
45:59On n'a pas réinventé la roue
46:00mais on a pris ces actions-là
46:02et ça marche.
46:03Donc, il y en a
46:03qui ont levé la main.
46:04Et typiquement,
46:05on se réunit une fois par an
46:06et donc dans ce collectif
46:07au nom de la Terre,
46:08vous avez des restaurateurs.
46:10Typiquement,
46:11il y a,
46:11moi je vais citer
46:12Jocelyn Marie
46:13qui a un restaurant à Paris
46:14qui s'appelle
46:14La Table de Colette.
46:16Génial !
46:16Enfin, vous arrivez,
46:17il vous commande
46:18l'empreinte carbone.
46:19Vous ne savez pas le menu
46:19mais il a remis
46:21le monde du végétal.
46:23Poisson, viande
46:24deviennent les accompagnements.
46:26Et le végétal est au centre.
46:27Et l'assiette,
46:27elle est incroyable.
46:28C'est très, très, très, très bon.
46:29Il y a d'autres acteurs du vin
46:30qui vous accompagnent
46:31dans ce collectif ?
46:32Alors,
46:33il y a d'autres accompagnements.
46:35Il n'y a pas,
46:35on parle beaucoup nous
46:36avec Gérard Bertrand.
46:39Voilà.
46:39Et sinon,
46:40C'est qui Gérard Bertrand ?
46:41On a,
46:42dans les vins,
46:43dans les vins du Sud.
46:47D'accord.
46:47Ok.
46:48Vous regardez,
46:48c'est très...
46:49Il fait partie du collectif aussi ?
46:50Non, il ne fait pas partie
46:51du collectif,
46:52il y en parle beaucoup.
46:52Dans d'autres acteurs du vin,
46:53non,
46:53il n'y a pas de membres du collectif.
46:55Par contre,
46:56vous avez dans le monde
46:56de la restauration,
46:58vous avez un Glenviel,
46:59par exemple,
47:00un Boustot de Beaumanière.
47:01Vous avez une japonaise
47:03à Okinawa
47:04qui a un hôtel de luxe
47:07dans les arbres,
47:08mais quasiment
47:09sans empreinte carbone.
47:11Fantastique.
47:12On a la marque de vélo
47:13Brampton.
47:14Donc, eux,
47:14c'est dans leur monde,
47:16ils sont complètement là-dedans,
47:17ils se sont dit,
47:17on adore,
47:18et on veut,
47:19on a
47:20un festival de cinéma
47:22qui s'appelle
47:22Cinema for Change.
47:24Moi, je crois beaucoup
47:25à ces documentaires
47:27sur l'environnement
47:28qui sont positifs
47:29et qui donnent envie
47:30à tout le monde.
47:31On en parlait tout à l'heure,
47:32l'importance du narratif,
47:33et c'est un vrai défi collectif
47:35dans lequel les médias
47:35peuvent prendre leur part.
47:37Léonard,
47:38celui que vous appelez Leonardo,
47:39c'est un acteur américain
47:40un peu connu,
47:41c'est ça ?
47:41Bien sûr,
47:42c'est Leonardo DiCaprio.
47:43Bien sûr.
47:43Quel rôle il joue ?
47:45Quel rôle il joue ?
47:47Je ne peux pas poser
47:48la question autrement.
47:49Non, c'est vrai,
47:49c'est vrai.
47:50Il joue un rôle d'investisseur
47:52et il joue un rôle aussi
47:53de personne
47:54qui nous challenge
47:55et qui nous aide
47:56sur toutes les notions
47:58climatiques,
47:59changement climatique.
48:00En fait, moi,
48:01Leonardo,
48:01je l'ai rencontré
48:02il y a 20 ans.
48:03J'ai devenu un ami
48:04comme ça
48:05et c'est lui
48:06qui a commencé
48:06à m'envoyer
48:07tous mes premiers documentaires
48:09sur regarde Ludo,
48:10regarde ce documentaire,
48:12can we cool de planète ?
48:13Tu vas voir,
48:14tu vas tout comprendre.
48:15C'est scientifique,
48:16ça donne de l'espoir,
48:17regarde-le.
48:18Après, il checkait
48:19que j'ai bien regardé
48:20avec des petites questions
48:20pointues à droite et à gauche
48:21et donc, en fait,
48:22c'est lui qui m'a,
48:23moi, poussé.
48:24Moi, sincèrement,
48:25il y a 10 ans,
48:26je n'y étais pas du tout
48:27sur ces notions-là
48:28et il m'a retourné
48:31et donc,
48:32j'ai eu envie
48:33de faire ce projet-là.
48:35Et donc,
48:35quand,
48:35avec le groupe
48:36Rémi Cointreau,
48:37on y a été,
48:38c'est tout naturellement.
48:39J'ai dit à Leonardo,
48:40voilà, toi,
48:40tu es porte-parole
48:41aux Nations Unies
48:42sur la notion
48:42de changement climatique.
48:44Tu es vraiment
48:44un geek
48:45sur ces questions-là.
48:47Eh bien,
48:47il faut que tu viennes
48:48en tant qu'investisseur.
48:49Et si tu viens,
48:50tu vas nous challenger
48:52et tu vas nous aider
48:53à prêcher la bonne parole.
48:55Et donc,
48:56le fait qu'un Leonardo,
48:58effectivement,
48:58soit derrière
48:59et amène sa voix
49:02sur ces questions
49:05environnementales
49:06sur tellement,
49:07nous challenger
49:07en nous disant
49:08à quel moment exactement
49:10vous serez 100%
49:11en agriculture biologique,
49:13pourquoi il y a
49:13des bénéfices
49:14de l'agriculture biologique
49:15sur le vin,
49:16tout ça,
49:16ça fait que ça aide.
49:17Est-ce que c'est plus compliqué
49:19quand on fait du champagne ?
49:20Parce que le terroir champenois,
49:21il y a quand même
49:21un certain nombre
49:22de contraintes,
49:23de climat,
49:24de réglementation,
49:24de particularités géologiques.
49:27Est-ce que c'est plus difficile
49:28de faire un vin 100% bio,
49:29finalement,
49:30quand on fait du champagne ?
49:31Alors,
49:31oui,
49:32parce que sinon,
49:33on serait à 20%
49:34un peu comme les autres régions.
49:35Donc là,
49:35si on est à ce niveau-là,
49:36c'est que c'est plus compliqué
49:37de par le climat
49:40qui ne le favorise pas.
49:42Après,
49:43ce qu'il ne faut pas oublier
49:44en champagne,
49:45c'est qu'on a cette possibilité,
49:46on a la réserve climatique.
49:48Savoir que
49:48des années
49:49où vous faites,
49:50voilà,
49:50vous pouvez mettre
49:50un peu de raisin de côté
49:51s'il y a des très,
49:52très belles récoltes.
49:54Et donc,
49:54quand il y a des années
49:55catastrophiques,
49:55vous avez le droit
49:56de prendre dans cette réserve
49:57pour faire votre vin.
49:58Parce que la champagne,
49:59c'est un vin d'assemblage.
50:01Différentes années,
50:01différents terroirs.
50:03Et donc,
50:04voilà,
50:04ça aussi,
50:05c'est un avantage.
50:05Donc,
50:06climat,
50:07plus compliqué,
50:08mais cette réserve,
50:09voilà.
50:10Après,
50:11c'est une question de philosophie,
50:13j'ai envie de vous dire.
50:13Et quand,
50:14la bonne nouvelle,
50:15c'est qu'on voit
50:16beaucoup plus
50:17cette nouvelle génération
50:18de vignerons
50:19taper à nos portes
50:20en disant,
50:21en fait,
50:22comment est-ce qu'on fait
50:23pour rejoindre le mouvement ?
50:24Et donc,
50:25c'est là où je reviens
50:25sur ces notions de technique.
50:27On va vous aider,
50:28on va vous aider à comprendre
50:29comment faire
50:30et cette aide financière.
50:34Et si demain,
50:34on veut que toute la champagne
50:36soit bio.
50:38Comme,
50:40en fait,
50:40il faut que toutes les grandes
50:41maisons de champagne
50:41y aillent.
50:43Sinon,
50:44le vigneron,
50:44il n'y ira pas tout seul.
50:45Il a besoin de cette aide financière.
50:47Les grandes maisons de champagne
50:48achètent du raisin
50:49à tous ces vignerons.
50:50Il faut avoir,
50:51il faut que tous ensemble,
50:53on y aille.
50:54Alors,
50:54c'est plus facile pour nous
50:55parce qu'on est plus petit,
50:56on peut être plus agile.
50:57Et encore une fois,
50:58l'idée n'est pas de pointer du doigt,
50:59mais c'est de décider
51:00d'encourager tout le monde
51:01d'y aller.
51:03Mais si on parle un peu
51:04d'économie,
51:05si on arrête
51:07les coffrets cadeaux,
51:08je reviens là-dessus,
51:08vous avez compris
51:09que c'était mon,
51:10vous économisez de l'argent.
51:12Et bien,
51:12cet argent-là,
51:13mettez-le dans les vignes,
51:14mettons-le dans les vignes.
51:15Le message est passé.
51:16Merci.
51:16Merci beaucoup Ludovic Duplessis.
51:19A bientôt sur
51:19Be Smart for Change.
51:21C'est l'heure tout de suite
51:21de notre rubrique
51:22Startup et Innovation.
51:30Smart Ideas,
51:31notre rubrique consacrée
51:32aux startups éco-responsables.
51:34Notre invité est en duplex
51:35Victor Olivier,
51:36le cofondateur de Skuma Water.
51:38Bonjour.
51:39L'entreprise que vous avez créée
51:40en 2020
51:41avec Alexandre Maé.
51:42Et avec quelle idée ?
51:43Racontez-moi.
51:45Merci beaucoup.
51:46L'idée principale
51:48est de répondre
51:49à des enjeux fondamentaux
51:50que sont la qualité
51:51de l'eau du robinet,
51:53la réduction du plastique
51:55à usage unique,
51:56mais également
51:57l'enjeu de l'hydratation
51:59qui aujourd'hui
51:59est un pilier
52:00de notre santé.
52:02Alors,
52:02avec quels outils ?
52:04Ce sont des systèmes
52:05de purification d'eau,
52:06c'est ça ?
52:07Exactement.
52:08C'est un système
52:09qui s'adresse
52:10dans un premier temps
52:11aux particuliers.
52:12C'est une solution
52:13qui permet de purifier
52:15l'eau au plus haut niveau.
52:16On enlève 99,9%
52:19de l'ensemble
52:21des contaminants
52:21avant de la reminéraliser
52:24en fonction
52:24de vos besoins.
52:26Quand on purifie
52:27l'eau au plus haut niveau,
52:29on a une triple filtration,
52:32sédiments,
52:34charbon actif
52:34de haute qualité
52:35et l'osmose inverse.
52:37On a pu prouver
52:39cette efficacité
52:40avec un laboratoire
52:41français indépendant
52:43accrédité
52:43COFRAC
52:44qui nous a certifié
52:46ces résultats.
52:47On arrive à enlever
52:48à la fois
52:48les PIFAS,
52:51ces fameux polluants éternels,
52:52mais également
52:53résidus médicamenteux,
52:55des métaux lourds,
52:56des microplastiques
52:57et j'en passe.
52:59Aujourd'hui,
53:00on a vraiment prouvé
53:01cette efficacité.
53:03Personne n'a été
53:04aussi loin
53:05dans cette preuve scientifique.
53:07Mais une fois
53:07que j'ai évidemment
53:08enlevé ces polluants
53:10et je reminéralise
53:11justement
53:12pour une hydratation optimale
53:14en fonction
53:14de trois différentes
53:16bases minérales,
53:19minéral soft,
53:20minéral boost,
53:21mais également alcaline.
53:22C'est là
53:22où on se distingue.
53:24C'est que nous faisons
53:25de l'eau
53:25et nous ne limitons pas
53:27à de la filtration.
53:29Quelle que soit
53:30la qualité de l'eau
53:31du robinet
53:31que vous mettez
53:32dans une scooma water,
53:33on vous refait,
53:34ressort
53:35de la scooma water.
53:36Je peux presque
53:36choisir un peu
53:38l'eau que je vais consommer
53:39d'une certaine façon
53:39si je comprends bien.
53:41Exactement.
53:42Plus ou moins minéralisée
53:43et jusqu'à vous accompagner
53:44dans votre objectif santé.
53:46Mais alors
53:46sur les PIFAS,
53:48les polluants éternels,
53:49parce que c'est
53:50un enjeu majeur,
53:51on voit des communes
53:52qui ont dû
53:54cesser
53:55de fournir
53:56l'eau du robinet
53:57à leurs concitoyens,
53:59à leurs habitants.
54:01Et souvent,
54:02on a les pouvoirs publics
54:02qui nous disent
54:03ben oui,
54:03on est en train
54:03de trouver des solutions
54:04mais ce ne sera pas
54:05avant deux ou trois ans.
54:06Vous garantissez
54:07éliminer
54:08tous les polluants éternels
54:09quasiment ?
54:10Oui,
54:11c'est ce qu'on a prouvé
54:11avec nos tests
54:13de laboratoire.
54:14Mais en fait,
54:16la précaution,
54:17c'est de les enlever
54:18au point d'usage.
54:20Quand on entend
54:21on va les enlever
54:22à horizon
54:23cinq ans,
54:24etc.,
54:24c'est trop tard
54:26et les investissements
54:27sont colossaux.
54:291% de l'eau
54:30que l'on met
54:31dans les réseaux,
54:32qu'on distribue
54:33est consommée
54:34pour la boisson.
54:34donc l'enjeu,
54:37c'est de vraiment
54:37de se prémunir
54:38d'une SCUMA
54:39pour justement
54:40c'est de la précaution
54:43et évidemment,
54:45on assure
54:46que nous les éliminons.
54:48On a mis
54:4820 différents
54:49PIFAS
54:50différents dans la machine.
54:51D'accord.
54:51Ok,
54:51alors il y en a
54:52des milliers
54:52des PIFAS
54:53et ils sont
54:55assez difficiles
54:56à identifier.
54:57Mais vous avez aussi
54:58une offre
54:58pour les sportifs,
55:00c'est ça ?
55:00C'est quoi cette offre ?
55:01Oui,
55:02alors là,
55:02c'est la SCUMA PRO.
55:03C'est une autre machine.
55:05Donc là,
55:05elle s'adresse vraiment
55:06au monde du sport.
55:09Elle permet de créer
55:10donc des eaux
55:11de performance
55:11sur mesure.
55:13On est vraiment
55:14toujours dans le même
55:14concept de la personnalisation.
55:16où on va justement
55:17créer des eaux
55:19pour ces athlètes,
55:20pour la santé des athlètes,
55:22on va formuler
55:23avec des nutritionnistes
55:24du sport,
55:26des nutritionnistes
55:26également des équipes
55:28justement pour qu'ils puissent
55:29bénéficier d'une eau
55:31de manière très régulière,
55:33très performante
55:34et on a développé
55:35cette expertise unique
55:36avec notre partenaire
55:38et actionnaire
55:39le groupe Roberté
55:40qui est en français
55:42et basé à Grasse
55:43qui est le leader
55:44des matières premières
55:46naturelles.
55:47Merci beaucoup
55:48Victor, Olivier,
55:49bon vent à Skouma
55:50ou Waters.
55:51Voilà, c'est la fin
55:52de ce Smart Impact.
55:53Merci à toutes et à tous
55:54de votre fidélité
55:56à BeSmart for Change.
55:57Je vous dis à très vite.
55:58Salut.
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