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Lundi 2 mars 2026, retrouvez Matthieu Barrière (Co-responsable de l'allocation d'actifs, ODDO BHF AM), Christian Parisot (Président, Altaïr Economics), Alain Pitous (Senior Advisor, AI for Alpha) et Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bonsoir, bienvenue à tous, bienvenue dans Smart Bourse.
00:10Comme tous les soirs de 17 à 18h en live, on fait le tour de la planète finance.
00:15Tout ce qui s'est passé sur les marchés, il s'en passe des choses.
00:18Vous le savez, au cours du week-end, les Etats-Unis et Israels ont frappé l'Iran,
00:21qui a répondu en lançant des missiles sur l'Etat hébreu et des bases américaines dans toute la région.
00:26Toute la région qui menace de s'embraser.
00:29La bourse, bien évidemment, réagit, comme souvent, de manière épidermique.
00:33C'est ce qu'on va voir dans un instant au sommaire, conflits au Moyen-Orient.
00:36Qui sont les perdants ? Qui sont les gagnants ?
00:39Quelles conséquences pour votre allocation d'actifs ?
00:42Que font les gérants ? On va demander dans un instant à nos experts.
00:45Et puis dans le dernier quart d'heure, voilà, qu'est-ce qui se passe ?
00:47Comment est vu ce conflit de la part de Washington ?
00:51C'est ce qu'on verra avec Pierre-Yves Dugas dans le quart d'heure américain.
00:54Voilà pour le sommaire.
00:55Tout de suite, on fait le point sur les marchés avec Pauline Grataille.
01:08Allez, tout ce qu'il faut retenir de cette journée boursière avec vous, Pauline.
01:12Bonsoir.
01:12Bonsoir.
01:13On démarre bien sûr avec l'Iran, ce conflit.
01:16Oui, après l'escalade du conflit ce week-end, les Etats-Unis et Israël ont mené d'importantes frappes sur
01:23Téhéran et d'autres cibles stratégiques.
01:25Les marchés redoutent à un engrenage régional.
01:28Les écrans sont dans le rouge partout dans le monde.
01:30À Paris, le CAC 40 recule de plus de 2% au cours de la séance, autour de 8400 points.
01:36Francfort, Londres et toute l'Europe suivent ce mouvement.
01:38Les indices américains ont eux ouvert en léger repli de l'ordre de 0,3% dans les premiers échanges.
01:45Enfin, l'indice fixe de la volatilité s'est envolé de 20% au cours de la séance.
01:49L'indice de la peur, bien sûr.
01:51Le détroit d'Hormuz est particulièrement surveillé.
01:54Alors, on ne fait pas un peu de géopolitique, mais c'est très important ce détroit d'Hormuz.
01:56Oui, en effet, il s'agit d'un point hautement stratégique actuellement, paralysé à la suite des frappes.
02:0220% de l'approvisionnement mondial du pétrole passe par là, tout comme une bonne partie du gaz liquéfié naturel.
02:09Cette nuit, les cours du pétrole ont ainsi bondi de près de 15% et restent en hausse encore d
02:15'environ 10% au cours de la séance, autour de 80 dollars pour le baril de Brent.
02:19Les conséquences de ces hausses de prix, elles profitent notamment aux pétrolières et à totale énergie.
02:25Oui, le titre est au plus haut historique, en tête du CAC 40, en hausse d'environ 5%.
02:29Les valeurs de la défense sont aussi recherchées.
02:31Thalès est également en hausse au sein de l'indice parisien d'environ 2%.
02:35A l'inverse, les compagnies aériennes décrochent, carburant plus cher.
02:39Incertitude sur les espaces aériens, risques sur la demande ou encore vol annulé.
02:44Le secteur est en première ligne.
02:48Air France trébuche ainsi de près de 10%.
02:51Les valeurs liées au tourisme sont aussi pénalisées.
02:54Le groupe Accor plonge de 10%, bon dernier du CAC 40.
02:57Et aux Etats-Unis, comment réagit la bourse ?
02:59Même chose qu'en Europe, les valeurs du secteur de la défense grimpent.
03:02On a vu par exemple des titres comme RTX et Lockheed Martin en hausse de 3%.
03:07Aérovironnement s'envole de 15%.
03:09Les compagnies aériennes, sans surprise, sont également touchées.
03:12United Airlines et Delta reculent de 4 à 5%.
03:16Enfin, cette situation a terni les perspectives de l'économie mondiale
03:20et a exercé une pression sur les valeurs bancaires qui reculent au cours de la séance.
03:23Un petit point sur le marché obligataire.
03:25Le rendement américain à 10 ans se tend d'une dizaine de points de base autour de 4,05%.
03:31Le rendement américain à 2 ans se tend également.
03:34En Europe, le rendement allemand à 10 ans se traite autour de 2,70%.
03:39Sur le marché d'échange, le dollar se renforce face à un panier de grandes devises
03:43ramenant l'euro-dollar autour de 1,17%.
03:46L'or et les valeurs refus sont recherchées.
03:49L'once d'or s'échange à 5 400 dollars en hausse d'environ 3%.
03:53Un mot de la Macron.
03:54On a regardé notamment les PMI manufacturiers.
03:56Oui, pour le mois de février et pour l'ensemble de la zone euro,
04:00les PMI manufacturiers sont parfaitement conformes aux attentes à 50,8%
04:04et repassent ainsi en zone d'expansion.
04:06J'ai aussi regardé l'ISM manufacturier américain, également pour le mois de février.
04:11Il s'établit à 52,4%.
04:13C'est supérieur aux attentes et globalement conforme au mois précédent.
04:16Pour demain, on va surveiller quoi ?
04:18À part l'actualité, bien sûr.
04:19Les investisseurs regarderont demain la première estimation de l'inflation
04:23pour la zone euro du mois de février.
04:25On attend en France les résultats de Thales ou encore ceux d'Atos.
04:29Et aux Etats-Unis, les comptes de Target seront à l'honneur.
04:33Merci Pauline.
04:34Allez, tout de suite, place aux experts.
04:46Planète Marché, dans Smart Bourse, tous les soirs.
04:49Trois experts avec nous en plateau.
04:50On est ravis d'accueillir Christian Parizeau.
04:52Bonsoir Christian.
04:52Bonsoir.
04:53Vous êtes président de Alter Economics.
04:55Bienvenue à vous.
04:56À vos côtés, Mathieu Barrière.
04:58Bonjour Mathieu.
04:59Bonjour.
04:59Vous êtes co-responsable de l'allocation d'actifs chez Odo BHF AM.
05:03Et on va en parler de cette allocation d'actifs.
05:05Est-ce qu'elle est bouleversée ?
05:06On va voir ça dans quelques instants.
05:07Enfin, Alain Pitous.
05:08Bonsoir Alain.
05:09Bonsoir.
05:09Vous êtes senior advisor chez AI for Alpha.
05:13AI comme intelligence artificielle.
05:15Exactement.
05:15Vous en servez pour détecter les tendances.
05:17C'est ça, exactement.
05:18Et puis pour construire des portefeuilles en utilisant des signaux qu'on a détectés
05:22grâce à l'intelligence artificielle.
05:24Et ça marche.
05:24Et ça marche plutôt bien.
05:25Bon, mieux que le quant, paraît-il.
05:27Mieux que le quant, oui.
05:27Le quant, le problème, c'est qu'à un moment donné, les caractéristiques du modèle changent.
05:33Et quelquefois, le modèle n'a pas le temps de s'ajuster.
05:37Et ça peut créer des petits problèmes quand on construit des portefeuilles à partir uniquement de ce genre de données.
05:42Alors, j'ai une question pour vous pour démarrer puisqu'on est en pleine actualité.
05:45Une actualité, quand il y a un choc comme ça exogène, une guerre qui se déclenche, un conflit en tout
05:50cas.
05:52Comment ça réagit sur ces modèles, justement ?
05:54Est-ce que c'est prévu ?
05:55Alors, en fait, non. Bien sûr que non.
05:56Parce que ça, c'est des informations qui arrivent complètement de l'extérieur.
06:00Alors, ce qui était intéressant, je trouve, dans le modèle d'AIFOR Alpha,
06:03c'est que ça faisait quelques jours, voire quelques semaines, que les choses commençaient à se dégrader.
06:07C'est-à-dire qu'on a un stress index que je publie d'ailleurs tous les jours sur Twitter,
06:10pour ceux qui veulent regarder ça, qui est assez complet,
06:13qui permet de suivre à la fois les actions, les matières premières, les taux, etc.
06:17Et qui donne un peu une idée de la manière dont les investisseurs considèrent les marchés
06:22et considèrent les niveaux de risque du marché et donnent un peu un niveau de stress.
06:24C'est-à-dire que, par exemple, vous évoquiez tout à l'heure le VIX,
06:27qui est un indicateur de volatilité, qui est un indicateur de risque,
06:30essentiellement concentré sur les marchés actions.
06:32Et qui, du coup, manque un peu de subtilité par rapport à tout ce qui se passe.
06:36Et ce qui est intéressant, c'est de voir comment se construit le marché
06:39et comment se construisent les positions des investisseurs.
06:42Et ça faisait quelques jours que ça se dégradait.
06:44Alors, pour des raisons qui ne sont pas liées à la crise en Iran.
06:49Par contre, les matières premières, eux, montraient qu'il se passait quelque chose.
06:52Ça fait quand même plusieurs semaines que le pétrole monte.
06:54Mais ce qui était intéressant dans le modèle, c'était de voir que le crédit se détériorait.
06:57Enfin, on en parlera après.
06:58Donc, c'était déjà quelque chose qui était ancré dans le marché.
07:01Il y avait des signaux de doute sur le marché,
07:04qui n'étaient d'ailleurs probablement pas grand-chose à voir avec ce qui se passe en Iran.
07:07et qui, quand un événement exogène arrive,
07:09alors ça peut arriver à un moment exogène,
07:12un élément exogène peut arriver à plusieurs moments de marché.
07:14Quand tout va bien, ça peut avoir une déflagration considérable.
07:17Quand le marché avait déjà commencé à se positionner,
07:19les effets peuvent être un peu différents.
07:20Je pense que c'est ce qu'on vit en ce moment.
07:22D'accord.
07:23Je voyais Mathieu Barrière, chez Odo.
07:26Béachar, bien sûr, on n'a peut-être pas prévu tout ce qui allait se passer.
07:29Quoique, on avait quand même des mouvements de troupes.
07:30Comme on dit, on envoie un porte-avions, c'est 100 000 tonnes de diplomatie.
07:35Donc, on peut se dire qu'à un moment, c'est comme les forces qui se massaient à la frontière
07:38ukrainienne.
07:38Ce n'est quand même pas tout à fait pour rien.
07:40Comment vous analysez justement cette séquence ?
07:42Bon, voilà, tout le monde tombe des nus.
07:44En tout cas, on voit le marché qui réagit extrêmement violemment aujourd'hui.
07:48Quelle est votre analyse ?
07:49Alors, on a certains marchés qui réagissent violemment, d'autres moins.
07:53Je rejoins Alain.
07:54Il y avait déjà des signaux précurseurs,
07:56y compris dans le prix des matières premières elles-mêmes.
07:59Quand on regarde le prix du pétrole qui n'arrêtait pas de monter depuis le début de l'année.
08:03Un peu plus, d'ailleurs, sur le Brent.
08:04Déjà que sur le WTI Amérique,
08:06il y a des marchés qui se disaient déjà que le problème pouvait être plus important pour l'Europe que
08:10pour les Etats-Unis.
08:12On rentre un peu dans les termes techniques.
08:13On avait un marché inversé, ce qu'on appelle un backwardation.
08:16C'est-à-dire que ce qui montait, c'était les maturités courtes sur le pétrole.
08:19Finalement, pour regarder les maturités longues,
08:21pour acheter du pétrole dans 10 ans, en 2035,
08:23c'est à peu près le même prix qu'il y a un mois.
08:25Il y a trois mois, il y a un an, c'est toujours 60 dollars.
08:29Par contre, à trois mois, on avait des prix.
08:30Il y avait déjà une augmentation sur les maturités les plus courtes.
08:34Donc un marché qui pricait le fait qu'il risquait d'avoir un problème imminent et a priori plutôt court.
08:39Et le marché semble actuellement toujours se dire que c'est une problématique de quelques semaines.
08:44C'est ce que dit Trump, c'est ce que disent actuellement les marchés d'options.
08:47On voit des titres, le pétrole à 100 dollars.
08:49On voit ces titres, ce n'est pas encore ce que pricent entièrement le marché,
08:55notamment le marché obligataire.
08:57Là, on l'a dit finalement, on n'a pas eu les banques du Trésor américains
09:02qui ont eu leur rôle refuge, ni les banques en Allemagne.
09:06Pourquoi ? Parce qu'une augmentation effectivement sur quelques semaines du prix du pétrole,
09:11c'est une remontée au moins à champs temporaires d'inflation
09:13qui enlève des marges de manœuvre aux banques centrales.
09:15Il y a un peu de flou là-dessus.
09:17Mais les marchés ne pricent pas encore un pétrole qui se maintient durablement
09:21sur des niveaux proches de 80 dollars, je pense.
09:25Christian Parizeau, vous qui regardez ce marché, avez vécu tout ça pratiquement en direct
09:30puisque vous dormez très peu, on sait, vous êtes sur vos écrans à 4-5 heures du matin.
09:34Comment on analyse plus sérieusement cette situation ?
09:37Non, on est dans une poursuite d'incertitude.
09:40C'est vrai qu'on peut estimer que les marchés, je vais peut-être faire hurler certains,
09:44mais n'ont pas non plus réagi très violemment par rapport à ce qu'on aurait pu connaître.
09:47Pourquoi ? Parce qu'il y avait déjà une grosse partie, notamment sur le pétrole,
09:51qui était déjà dans les cours du pétrole.
09:53On savait, alors naturellement, il y a cette réaction aujourd'hui qui est de 8 %,
09:56on réagit assez violemment, mais il faut quand même relativiser.
10:00Ce n'est pas non plus un...
10:02Je vous rappelle qu'on a quand même des tankers qui ne bougent plus.
10:05On a le détroit d'Ormuz qui est bloqué pour l'instant.
10:08Alors plus pour des raisons de prudence de la part de ceux qui gèrent les tankers que de réalité,
10:14parce que la capacité réelle de l'Iran de bloquer véritablement ces tankers, ça reste à démontrer.
10:19Mais aujourd'hui, le marché réagit à ce facteur de risque qu'il avait commencé à intégrer tout au long
10:24de la semaine dernière,
10:25en se disant que ça devenait probable.
10:26Alors la seule chose qu'on a aujourd'hui et qui va jouer, c'est le temps.
10:31Combien de temps ça va durer ?
10:32Parce que je peux vous dire que si d'ici la fin de la semaine, Trump dit ça y est,
10:35tout est réglé,
10:37je viens de parler au nouveau gouvernement iranien, tout se passe bien et tout ça,
10:40bon ben ça va s'effondrer.
10:42Pourquoi ? Parce que le pétrole, il y a un excédent aujourd'hui d'offres de pétrole sur le marché.
10:47Donc on sait que ce n'est pas du tout un problème de production.
10:50Ce qu'il faut surveiller, c'est deux choses, c'est combien de temps le détroit d'Ormuz va être
10:54bloqué.
10:54C'est 20% de la production.
10:56Oui, c'est surtout tout le pétrole du Moyen-Orient et le gaz qui passent par ce détroit.
11:03Donc c'est un vrai problème de transport, ce n'est pas un problème de production.
11:06Et deuxième chose qui pourrait faire réagir vraiment les marchés,
11:08c'est si on commençait à avoir des attaques iraniennes, mais est-ce qu'ils le peuvent,
11:11qui détruisent des installations pétrolières dans la zone ?
11:15Ça parce que là par contre, si on détruit des champs, si on détruit des choses, ça pourrait être.
11:19Mais est-ce qu'ils ont les moyens aujourd'hui d'attaquer ?
11:22Est-ce qu'ils ont tout lancé ou pas ?
11:23Est-ce qu'ils ont encore les moyens de détruire ?
11:25C'est toute l'interrogation.
11:26Mais là, ça pourrait être un deuxième élément qui ferait vraiment peur au marché.
11:29Mais pour l'instant, on se dit qu'il n'y a pas vraiment de problème d'offre-demande
11:33et que c'est juste un problème d'approvisionnement qui est grave,
11:37mais qui peut tenir parce que tout le monde a des stocks, a des stocks pleins,
11:40tout le monde peut voir venir.
11:41Donc si c'est un scénario temporaire, je dirais que dans 15 jours, on n'en parlera plus.
11:47Mais si c'est plus long, ça ne posera pas des problèmes.
11:48Mais là, c'est en mettant parce que l'énergie chère, c'est quand même l'inflation derrière.
11:51Il y a beaucoup de compétences.
11:52Ça a plusieurs conséquences.
11:53D'une part, ça met la Chine en difficulté, très clairement.
11:56La Chine serait le premier pays touché parce que la Chine est la plus dépendante.
12:00Ensuite, l'Europe, avec notamment le gaz, ça poserait des problèmes pour l'Europe.
12:04Et les États-Unis, très indirectement, mais ça aurait un impact.
12:08Et je pense que les marchés sont trop conciliants vis-à-vis des États-Unis
12:10parce que les États-Unis, il y a deux types d'impact.
12:13Soit en faisant baisser les marchés actions.
12:15Et on sait que la consommation aux États-Unis tient parce qu'il y a un effet richesse,
12:19parce que beaucoup de ménages consomment grâce au bon niveau des marchés actions.
12:23Donc si on était dans un vrai cycle baissier sur les marchés actions, ça serait négatif.
12:26Et puis deuxième chose, par l'inflation importée.
12:28Parce que les États-Unis ont beau ne pas dépendre des pays du Golfe,
12:32ils sont dépendants des cours mondiaux.
12:33Donc si les prix devaient vraiment augmenter durablement à des niveaux élevés,
12:38très vite, ça pèserait sur le consommateur américain.
12:40Et on sait que le consommateur américain, il est un peu au bout de souffle en ce moment.
12:43Il a quand même des vrais problèmes de pouvoir d'achat.
12:46Et donc c'est pour ça que tout le monde se dit que Trump ne peut pas se permettre de
12:49faire une guerre longue.
12:49Il doit avoir une victoire rapide.
12:51Il a tapé sur 4, 5 semaines.
12:52Oui, après, voilà.
12:54Et presque zéro mort, bon, c'est raté.
12:56Oui, ça c'est sa communication.
12:58Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que pour lui, il joue un enjeu.
13:01Son enjeu principal, c'est de rapidement clore les choses.
13:03Parce que si on a de nouveau un impact sur l'énergie, ça va affaiblir la consommation
13:09et ça va être très mauvais avant les mi-termes.
13:11Donc il faut, tout le monde parie sur ce scénario-là.
13:13Si ce scénario-là est invalidé, oui, en effet, on risque d'avoir encore des mouvements de marché assez violents.
13:18Gagnants et perdants côté bourse.
13:20Alors, on l'a cité tout à l'heure, les gagnants, en tout cas, ce qui grimpe en ce moment,
13:23les valeurs autour du pétrole, de la défense, bien sûr.
13:26Transport maritime.
13:27Alors, or, tant qu'un pétrolier, bien évidemment, qui sont un petit peu bloqués,
13:30mais le reste, en tout cas, il va y avoir un effet prix.
13:33Et puis, les valeurs refuge, l'or, le billet vert, rien de plus classique, entre guillemets.
13:40Oui, alors, bon, l'or, tout à l'heure, on évoquait, tout à l'heure, Pauline évoquait un or qui
13:44avait monté,
13:45une once d'or qui avait monté de 3 dollars, en fait, et est pratiquement revenu au niveau de la
13:48veille.
13:49Il y a un petit peu, ça s'est calmé.
13:51En fait, pas ça s'est calmé, parce que l'or a monté déjà énormément.
13:55Donc, une valeur refuge qui est sur un niveau extrêmement élevé,
13:58il y a un moment donné, les investisseurs ont un peu de mal à se reporter massivement dessus en attendant.
14:05Usuellement, il y a deux zones refuge qui interviennent, c'est les T-Bonds et le dollar.
14:10Le dollar, un petit peu, quand même, il a quand même progressé par rapport à un panier de devises, on
14:14l'a vu.
14:15Le T-Bonds, pas trop, c'est-à-dire qu'en fait, ça ne joue pas son rôle de valeur
14:19refuge,
14:19comme on a pu l'avoir dans le passé.
14:21On n'y croit plus ?
14:22Ce n'est pas qu'on n'y croit plus, mais on évoque l'inflation et on évoque un sujet,
14:26normalement, une valeur refuge quand il y a une crise géopolitique.
14:29On se dit, bon, achetons du T-Bonds et on va se planquer dans nos T-Bonds pendant quelques semaines.
14:33Mais là, ça ne joue pas trop, parce qu'en fait, il peut y avoir un risque d'inflation
14:36et tous les problèmes que ça peut poser la Banque Centrale Américaine.
14:39C'est une guerre quand on entend les montants qui sont engagés, qui coûtent cher.
14:42Tout à fait. Et puis, une autre valeur refuge qui jouait usuellement son rôle, c'était le Yen.
14:47Bon, là, le Yen, en ce moment, on n'anticipe pas franchement qu'il se redresse.
14:51Donc, il ne reste pas grand-chose. Il reste les bonds européens qui tiennent finalement pas trop mal,
14:55parce que justement, on anticipe jusqu'à ce que...
14:58Et ça, c'était un peu la nouvelle de l'après-midi, parce que le marché est en train de
15:01se reprendre.
15:01Et puis, il y a le gaz naturel qui a fait une flambée assez énorme,
15:04qui a calmé le jeu sur l'Europe, avec les marchés européens qui ont rebaissé assez nettement sur ce phénomène
15:10-là.
15:10Et puis, moi, je crois toujours au franc suisse, c'est-à-dire qu'en fait, le franc suisse...
15:13Alors, je ne dis pas qu'il faut rester éternellement sous le franc suisse,
15:16mais dans la période actuelle, quand vous avez besoin de faire un refuge,
15:19vous allez vous cacher chez nos amis suisses pendant quelques semaines,
15:23et puis, à Dien que pourra.
15:25C'est vrai qu'il y a l'or, et puis il y a le franc suisse.
15:26Voilà. Mais l'or, encore une fois, c'est déjà un peu payé.
15:29Donc, bon, voilà, c'est...
15:30Mathieu, même question de parler. Alors, j'ai parlé des gagnants, les perdants.
15:34On les connaît, on en a parlé aussi.
15:35Les compagnies aériennes, évidemment, qui sont plombées,
15:38avec des aéroports entiers qui sont fermés en ce moment du côté du Golfe.
15:42Toutes les valeurs liées au tourisme, on a, je crois que Accor signe le gadin du jour,
15:46avec près de 10% de baisse.
15:47Et puis, les valeurs du luxe aussi, qui sont en train de baisser.
15:50Alors, c'est globalement, d'un point de vue macroéconomique,
15:54ce qui a déjà été souligné, la consommation globale est plutôt bonne,
15:58mais aussi grâce à l'effet richesse lié au bon développement des marchés.
16:03Le marché rejoue un peu le scénario chute de la consommation,
16:10en se disant que cette fois-ci, il n'y aura pas, contrairement à 2020-2021,
16:14un rebond de la consommation par derrière, à coup de subventions,
16:18comme l'avait pu faire Joe Biden avec l'Inflation Reduction Act.
16:22Cette carte-là, budgétaire, elle n'y est plus.
16:24Donc, les marchés ont un peu peur.
16:26Et effectivement, je reviens sur cette notion d'actifs-refuges.
16:29Effectivement, la hausse des pétrolières qu'on voit en Europe actuellement,
16:32je pense qu'il y a une partie recherche de rendement,
16:34le pétrole manque, les pétrolières montent.
16:36Mais c'est aussi de la construction de portefeuille.
16:38Globalement, on a des investisseurs occidentaux
16:39qui sont exposés à des valeurs occidentales,
16:41à des entreprises qui sont consommatrices d'énergie.
16:44Donc, à ce moment-là, les rares à bénéficier d'une hausse de l'énergie,
16:47ils sont aussi achetés pour diminuer le risque du portefeuille.
16:50Comment vous pouvez vous protéger d'un choc de type inflationniste
16:53causé par une hausse du pétrole ?
16:55Éventuellement, en achetant des obligations, mais un d'excès à inflation,
16:57qui fonctionne un peu mieux, peut-être, ces dernières heures.
17:01Et sinon, les rares qui sont effectivement producteurs de pétrole,
17:05il n'y en a pas beaucoup.
17:07Et d'ailleurs, on rejoint aussi le segment des transporteurs.
17:11C'est difficile de s'exposer aux transporteurs mondiaux.
17:15Sur les cinq principaux transporteurs mondiaux,
17:17il y en a trois qui ne sont pas cotés.
17:19Il y en a un en Europe et un autre, par exemple, en Chine,
17:21qui n'était pas cher en janvier, mais le cours a déjà monté de 110 %
17:25entre le début d'année et vendredi dernier.
17:26Donc, une partie de tout ça est déjà dans les prix.
17:29Oui, c'est vrai que ça fait partie plus largement de la rotation sectorielle.
17:33On a beaucoup parlé sur cette antenne.
17:34Depuis le début de l'année, on était très tech, on était très US,
17:36on est allé sur d'autres segments, sur les matériaux,
17:38sur des valeurs plus défensives.
17:39On a l'impression qu'on était déjà, en fait, dans ce cercle,
17:44cette rotation, et que là, vraiment, on est dans les...
17:46On parachève, finalement, où on accélère cette rotation sectorielle.
17:50Christian Parizeau.
17:50Oui, alors, on accélère la rotation, mais je dirais qu'il n'y a pas
17:54beaucoup de valeurs refuge, quand même.
17:55Il faut être honnête, parce que le scénario, l'intelligence artificielle,
17:59a longtemps joué ce rôle de valeurs refuge en disant
18:01qu'on a une visibilité, carnet de commandes.
18:03Tout ça a quand même un peu volé en éclats.
18:05Maintenant, c'est du stock picking qu'il faut faire
18:07dans la thématique intelligence artificielle,
18:09et on voit que ça tourne très vite,
18:10et on voit qu'il y a beaucoup d'incertitudes.
18:12Alors, qu'est-ce qui nous reste ?
18:13Il va nous rester de jouer les valeurs de l'énergie,
18:15forcément, les pétrolières,
18:16mais on sait que le pétrole, ça va faire du yo-yo.
18:20Donc, c'est quand même gênant d'acheter des valeurs
18:22sur un niveau de prix qui peut se casser la figure très rapidement,
18:26parce qu'on sait qu'il n'y a pas un problème,
18:28encore une fois, d'offre et demande.
18:29Il y a vraiment une offre qui est excédentaire sur la demande.
18:31Donc, quand on est dans cette situation,
18:33on sait que la prime de risque peut très vite disparaître.
18:36Donc, là-dessus, on est obligé d'aller sur des valeurs
18:38qui sont les plus défensives.
18:40Alors, on parlait de la consommation,
18:42c'est vrai que le luxe est très dépendant aussi du tourisme
18:44et du duty-free.
18:45Donc, le luxe est impacté indirectement.
18:48Mais on peut aller peut-être sur des poches de consommation non cycliques,
18:52qui peuvent être des éléments d'arbitrage
18:54et aujourd'hui, qui peuvent être joués.
18:56Et puis, il faut peut-être jouer des valeurs
18:58qui sont sensibles au taux d'intérêt,
18:59parce qu'on va quand même avoir un effet taux d'intérêt plutôt positif.
19:03Les taux hypothécaires aux États-Unis sont repassés en dessous de 6.
19:06Donc, ça peut aider à avoir des arbitrages,
19:09mais on voit qu'il faut aller plutôt sur des secteurs vraiment défensifs.
19:13Et c'est vrai que Caterpillar,
19:15qui était un peu l'une des valeurs vedettes depuis le début de l'année,
19:17s'en trouve renforcée,
19:18parce que quelque part, avec la situation actuelle,
19:21Caterpillar n'est pas...
19:21Avant que les engins de sentier soient remplacés par une IA,
19:24on a le temps de voir venir.
19:26Caterpillar peut améliorer sa production grâce à l'IA
19:28et optimiser sa production.
19:30Et en plus, Caterpillar profite de la hausse des prix des matières premières
19:33et du secteur minier, etc.
19:35Donc, c'est le retour, je dirais, soit de l'industrie de base,
19:39soit sur des valeurs de consommation non cycliques,
19:41ce qui joue, ce qui est un peu logique lorsqu'on a une perception du risque,
19:44une inversion du risque qui monte.
19:46Donc, ça fait des rotations sectorielles violentes,
19:48ce qui traduit aussi quand même qu'on accumule trois risques actuellement sur les marchés.
19:52Et ça, par contre, c'est plus inquiétant pour moi.
19:54On a un risque de plus en plus financier,
19:56avec un risque crédit qui commence à vraiment trotter à la tête des investisseurs.
20:02Et ça, c'est jamais très bon.
20:03Parce qu'une crise financière, une vraie crise financière,
20:04c'est toujours par le crédit que ça passe.
20:05Il ne faut pas l'oublier.
20:07Donc, il y a quand même ce risque crédit qui...
20:08À une époque, en plus, la dérégulation tourne à plein.
20:11Elle tourne à plein.
20:12Et à un moment donné, on se dit quand même dans le private equity,
20:15c'est pas nouveau qu'on parle de tous ces crédits qui sont non réglementés,
20:19qui sont faits en dehors de la réglementation des banques centrales.
20:22Donc, on a beaucoup d'inquiétudes là-dessus.
20:24On a quand même des interrogations sur l'IA qui quand même persistent.
20:27Et puis, ce risque géopolitique qui se met dessus.
20:29Donc, avec des actifs risqués qui sont quand même à des niveaux de valorisation très élevés.
20:33Donc, ça fait quand même un élément qui laisse la place quand même à pas mal potentiellement de réactions.
20:39Donc, quand même prudence par rapport à ça.
20:41Donc, c'est vrai que là, il faut surveiller ça de très près.
20:44Et ça peut aller très vite sur les marchés.
20:45Parce qu'on a quand même la conjonction de beaucoup de risques qui s'accumulent.
20:48Du coup, est-ce que ça bouleverse l'allocation d'actifs ?
20:51C'est vrai que l'an dernier, ça paraissait simple.
20:53Tech, US, la performance était plutôt au rendez-vous.
20:56Cette année, ça paraît difficile.
20:58Encore, je reprends vos risques.
20:59Risques financiers, risques sur l'IA, boule ou pas bulle.
21:02Ou encore la géopolitique qui rentre dans la danse.
21:05Alain Pitous, sur une allocation d'actifs qui était décidée en début d'année.
21:10Qu'est-ce qu'on fait actuellement ?
21:11Est-ce qu'on revoit sa copie ?
21:13C'est un peu, je reviens à ce que je disais au début.
21:15C'est-à-dire qu'en fait, nous, on avait vu un scénario de stress qui montait.
21:18C'est-à-dire que pour la première fois depuis un paquet de mois, on a notre stress qui est
21:22passé en positif.
21:23Donc en risk-off depuis la semaine dernière.
21:26Et c'est arrivé que huit fois depuis 2021.
21:28Donc, ce n'est pas très souvent que notre système montre qu'il faut être en risk-off.
21:31Risk-off, ça veut dire qu'on passe tout en équité ?
21:33Non, mais disons que quand on passe gentiment d'un petit risk-on à un petit risk-off,
21:38on va alléger les positions, ce que j'ai fait dans les portefeuilles que je suis.
21:41Et donc, j'ai allégé un peu le risque, globalement, avec un allègement sur les actions.
21:46Depuis un moment, j'avais allégé sur les techs et l'US, qui étaient sous pression.
21:50Et là, on a allégé depuis quelque temps sur le crédit, qui commence.
21:54Alors, on vient de traverser une période incroyable sur le crédit.
21:57C'est-à-dire que sur le high yield, sur les corporate, on avait des écarts de rendement qui s
22:01'étaient fortement réduits.
22:02Et là, on commence à toucher le bout, et puis avec cette chose qui monte.
22:07Et après, il y a deux choses qui nous perturbent dans le marché en ce moment.
22:09La première, c'est que vous évoquez la rotation sectorielle.
22:12En fait, ce qui est terrible, c'est que ce n'est pas vraiment une rotation sectorielle.
22:15C'est-à-dire que c'est une rotation au sein des secteurs.
22:17C'est-à-dire que, par exemple, sur la tech, quand vous étiez au bout de chaîne de l'IA,
22:21enfin, de gens qui utilisent des logiciels, vous vous faites laminer.
22:25Et puis, quand vous êtes tout à fait au début de la chaîne, vous êtes un grand gagnant de la
22:28situation.
22:29Ce n'est pas simplement les techs.
22:30Il y a un stock picking à faire.
22:31Oui, c'est un trasector, et puis les secteurs se deviennent extrêmement fins.
22:36Donc ça, c'est la première chose.
22:37Et la deuxième chose, qui est quand même assez nouvelle,
22:39alors j'en parle à des anciens qui voient ça depuis un moment,
22:43qu'on n'a pas vu, moi, je trouve, depuis très longtemps,
22:45c'est-à-dire qu'on a un marché qui ne bouge pas trop.
22:49C'était, on va dire, la semaine dernière, cette semaine c'est un peu particulier,
22:51mais la semaine dernière, ou depuis, grosso modo, le début d'année,
22:54on a un indice qui reste à peu près...
22:56On ne bouge pas trop, mais on va sur les records, pratiquement historiques, sur les indices.
23:00Oui, mais ce n'est pas un emballement, comme on a pu connaître, à coup de 2% par jour.
23:05Ça tourne un peu au sein des indices, et puis au sein de ça,
23:08vous avez une valeur qui annonce une petite mauvaise nouvelle,
23:12qui peut être assez à la marge, c'est-à-dire qu'on fait de très bons résultats,
23:15puis on dit, la marge, justement, l'année prochaine, elle sera un peu moins bonne,
23:17et c'est du moins 20%.
23:19Et ça, c'est un truc qu'on n'avait pas avant, et je pense que c'est lié,
23:22alors il y a peut-être un système autour des algos,
23:24mais il y a aussi un système de construction de portefeuille,
23:26qui fait que vous ne voulez absolument pas être dans des valeurs
23:29qui vont être probablement sous-performantes pendant un paquet de temps,
23:33puis tant pis, vous reviendrez dessus un peu plus tard.
23:36Sauf ce qu'on n'avait pas vraiment avant,
23:37c'est-à-dire qu'avant, les mouvements étaient quand même beaucoup plus lissés,
23:39là où on a ce genre de changement qui arrive sur les portefeuilles.
23:43Certains gérants nous disent, voilà, on ouvre son moniteur le matin,
23:45on se demande si on va avoir la valeur qui va faire 10 à 15%.
23:48Et donc normalement, on arrête des marchés en ce moment,
23:51justement avec ce niveau, ces arbitrages intrasecteurs
23:54qui sont idéaux pour les stockpickers,
23:58mais cet élément-là freine un peu la dynamique sur le stockpick.
24:03Bon, comme vous ne voulez pas me répondre à ma question
24:05sur les allocations d'actifs, est-ce qu'on bouleverse ou pas ?
24:08On va y revenir.
24:09Je demande à Mathieu Barrière, co-responsable de l'allocation d'actifs.
24:12Alors là, on est en plein dedans.
24:14Est-ce que depuis ce matin, vous modifiez des choses,
24:16ou est-ce que finalement c'est trop tard,
24:17et on se dit, on sait que quand il y a comme ça des éruptions,
24:20il y a le marché qui réagit très fort,
24:21et puis ça se tasse, entre guillemets, dans les prochaines,
24:23dans les semaines suivantes ?
24:24Alors, on avait déjà modifié quelque chose dans les portefeuilles,
24:29pas tant en réduisant les expositions actions en nominal,
24:31mais en descendant la part de ce qui était cyclique,
24:36que Momentum, qui avait très bien fonctionné depuis le début de l'année.
24:40En se disant que dans le marché, il y a quand même des excès de positionnement.
24:43On vit quand même dans un monde où il y a pas mal de news microéconomiques,
24:48mais une dispersion énorme.
24:50Pour chiffrer les choses, la corrélation implicite au sein du SP500,
24:55elle est à 17%.
24:55Zéro, ce serait toutes les valeurs en une vie complètement dépendantes,
24:58sinon elles bougent toutes pareilles.
24:59On est à 17%.
25:00C'est un niveau extrêmement bas.
25:02Si on prend sur deux décennies, on est plutôt vers 40% en période de crise,
25:05on est bien au-delà, évidemment.
25:08Donc, nous, on a commencé à ressortir des expositions cycliques,
25:11notamment au sein des marchés émergents,
25:12pour revenir vers des choses qui ont peut-être un peu moins bien fonctionné,
25:15notamment des valeurs qui ont été considérées comme trop chères
25:18et puis qui ont plutôt patiné depuis 12 mois.
25:21On peut d'ailleurs penser à la tech US ou même la tech chinoise.
25:24Depuis juin, c'est des performances un peu négatives.
25:26Le marché indien, qui était un peu la coqueluche il y a 2-3 ans,
25:29il y a 2 ans, oui, tout à fait.
25:31a énormément dégonflé en termes de valorisation,
25:33et toujours, quand on regarde en multiple instantané, assez cher,
25:36mais aussi avec des fondamentaux démographiques,
25:38enfin, qu'on connaît tous, qui peuvent le justifier.
25:39Et donc, on est revenu un peu vers ces marchés.
25:42L'Inde, aujourd'hui, baisse forcément.
25:45L'ordre de 2%, mais pas plus que la moyenne des émergents,
25:47alors que ça fait partie plutôt des victimes de la hausse du pétrole.
25:51Je crois que l'Inde, c'est environ 7-8 millions de barils quotidiens à faire venir.
25:59Donc finalement, c'est des marchés qui,
26:00en dépit de cette exposition négative sur l'événement du jour, le pétrole,
26:04résistent plutôt pas mal.
26:05Pourquoi ? Parce qu'en fait, les gens sont déjà très sous-positionnés dessus.
26:08Et à l'autre bout du spectre, la tech US.
26:11La tech US, on se dit, c'est le grand gagnant de l'histoire récente,
26:14mais pas des derniers trimestres, des 1 ou 2 derniers trimestres.
26:17Il y avait quand même une chevauchée assez fantastique.
26:20On se demandait à un moment, on avait vu déjà des craquements vers octobre-novembre.
26:23On avait déjà parlé de la bulle de l'IA.
26:25Et puis, c'est vrai que ça a mis un coup d'arrêt peut-être à l'expansion.
26:27Donc, vous dites aujourd'hui, les fondamentaux sont solides.
26:29On peut y revenir.
26:30On peut commencer à y revenir parce qu'on a des valeurs d'ultra-croissance
26:33qui sont toujours très chères, mais dont les multiples ont quand même baissé
26:37parce qu'en attendant, elles font à peu près plus rien depuis juin
26:39avec des résultats, par exemple, de Nvidia.
26:41On est à 70% de progression du chiffre d'affaires.
26:44Et vu que la marge est fixe à 55%, progression du résultat net aussi.
26:48Donc, en termes de multiples, c'est moins déraisonnable.
26:50Et puis, de l'autre côté, le secteur auquel il ne faut absolument pas toucher actuellement,
26:54dans le software, on voit des valeurs dont l'avenir est peut-être un peu plus incertain,
26:59mais qui ont tellement directé qu'elles commencent à offrir quelques caractéristiques value.
27:03Donc, si on se dit que le pire n'est pas certain,
27:05on peut commencer à se réexposer un peu sur cette partie de la cote
27:08en termes de construction de portefeuille.
27:09Oui, ça fait, Alain le disait il y a un instant,
27:10c'est vrai qu'on ne se pose même pas la question sur la valeur value, gross,
27:14et peut-être, est-ce que votre modèle sera encore là dans 10 ans ou dans 50 ans ?
27:17D'où l'idée de rester sur des portefeuilles ultra diversifiés
27:20en termes de risques idiosyncratiques
27:22qui n'est pas d'aller placer 5% sur le modèle d'une seule compagnie.
27:26Mais, en termes factoriels, oui, revenir un peu vers la croissance,
27:29revenir vers la croissance sexulaire, y compris la tech US,
27:32ça nous semble une idée qu'on peut mettre en œuvre.
27:34Christian Parisot ?
27:35Oui, je suis assez d'accord sur ça.
27:38Il y a un élément important qui a changé quand même cette année,
27:40c'est le mot diversification.
27:42Vous allez voir n'importe quel gérant maintenant,
27:44l'année dernière c'était je concentre sur les 7 magnifiques,
27:47et puis je dors, j'ai concentré tous mes paris sur cette valeur.
27:50Bon, maintenant, c'est je diversifie.
27:51Ça, c'est le premier point qu'il faut avoir en tête,
27:54et le deuxième point qu'il faut avoir en tête,
27:56c'est qu'on a eu un marché qui était trop guidé par les ETF, à mon avis.
27:59Donc, on jouait l'indice, globalement,
28:01et on faisait très peu de stockpicking.
28:03Ce qui fait que quand les valeurs publient leurs résultats,
28:05vous n'avez pas beaucoup de stockpickers.
28:07Et donc, vous avez des mouvements sur les valeurs
28:09qui sont très violentes, mais avec des très faibles volumes.
28:11Parce que les investisseurs sont majoritairement sur des ETF.
28:14Ils jouent l'indice.
28:15Donc, vous jouez l'ensemble du secteur des éditeurs de logiciels,
28:20par exemple, via un ETF.
28:21Mais quand une valeur publie, elle déçoit un petit peu,
28:24comme il n'y a plus de stockpickers,
28:25qu'il n'y a plus de gens qui sont là pour faire du fondamental
28:28et qui peuvent arbitrer peut-être un excès de marché,
28:31on a une valeur qui s'effondre.
28:34Mais le secteur ne bouge pas,
28:35parce que les gens ne vendent pas l'ETF pour autant.
28:37Mais ça, c'est en train de tourner, à mon avis.
28:39Parce que là, on va rentrer dans des marchés
28:40où il va falloir être beaucoup plus stockpickers.
28:43Et là, je pense que l'IA l'a montré.
28:45Jouer la thématique de l'IA via un ETF,
28:48ça devient de plus en plus aberrant.
28:50Parce qu'on va être dans des vrais problèmes.
28:52Aujourd'hui, c'était dit avant,
28:53avec les éditeurs de logiciels,
28:54je pense que c'est un très bon exemple.
28:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
28:57dire je vais prendre un ETF éditeur de logiciels,
28:59j'ai beaucoup plus de chances de perdre.
29:00Parce qu'il y aura sûrement des très perdants
29:02et des gens qui vont gagner de l'IA.
29:03Donc, il vaut mieux faire une analyse là
29:05et voir la valeur qui peut résister,
29:07la valeur qui est détenteur de ses propres datas,
29:09qui a son propre modèle d'IA,
29:10qui ne peut pas être concurrencée par l'IA des autres.
29:13Et donc là, il y a du stock picking à faire.
29:15Mais il ne faut plus le jouer en ETF.
29:17Donc, moi, je dirais qu'il y a deux mouvements qu'il faut faire.
29:19Soit vous jouez un mouvement,
29:21on ne peut pas abandonner les actions.
29:22Donc, soit vous jouez un indice très large,
29:24très diversifié,
29:25en disant je n'ai pas de visibilité,
29:27je ne vois pas ce qui va se passer,
29:28mais je reste exposé à la bourse quand même un minimum.
29:30J'ai réduit mon exposition,
29:31mais on ne peut pas être à zéro d'exposition.
29:33Donc, je ne joue pas une thématique,
29:35je reste globalement prudent.
29:38Ou alors, effectivement,
29:39j'ai une logique de stock picker.
29:40Et là, il faut vraiment que je sélectionne
29:42les valeurs auxquelles je crois.
29:43Et je profite justement de cette baisse
29:45pour aller sur des valeurs auxquelles je crois.
29:47Mais aujourd'hui, faire des ETF sectorielles,
29:50ça devient plus compliqué
29:51parce que je pense qu'on va rentrer
29:52dans une période de marché
29:53où justement, ça paiera beaucoup moins
29:54que par le passé
29:55parce qu'on n'est plus dans des hausses homogènes
29:57et on est sur des problématiques
29:59beaucoup plus micro.
30:00Alors, retour de la gestion.
30:01Et j'y ça, je suis macroéconomiste.
30:03Oui, oui.
30:03Donc, je n'ai pas trop de l'intérêt.
30:06Je pense que beaucoup de gens qui nous regardent
30:07ont des ETF.
30:08Et pour l'investisseur particulier
30:10ou semi-pro,
30:13c'est quand même beaucoup plus sécurisant
30:15et facile d'être sur un ETF.
30:16Quand on voit, enfin, je veux dire,
30:18la charge que vous avez
30:19quand effectivement vous voyez votre portefeuille
30:21avec des, on en parlait tout à l'heure,
30:22des baisses de 15-20%,
30:23il faut être quand même bien accroché.
30:25Surtout quand c'est son argent,
30:26quand on gère l'argent de nos autres.
30:27Oui, mais ça, ça marche
30:27quand il y a une corrélation intra-indicielle.
30:30Quand un secteur,
30:31quand toutes les valeurs d'un même secteur
30:32vont dans le même sens.
30:34Quand on a des changements,
30:35par exemple, les valeurs de croissance,
30:37si les valeurs des logiciels
30:40qui étaient des valeurs de croissance
30:41deviennent des valeurs value,
30:43ce n'est plus la même thématique.
30:44Et vous en avez peut-être certaines
30:45qui resteront des valeurs de croissance
30:46et d'autres qui deviendront des valeurs value.
30:48Donc, vous n'êtes plus dans les mêmes thématiques.
30:49Donc, vous ne pouvez plus avoir
30:50quelque chose d'homogène
30:51et vous ne pouvez plus avoir
30:52un mouvement sectoriel homogène.
30:54Donc, c'est ça qui change en ce moment
30:55sur les marchés.
30:57Vous avez un avis, justement,
31:00sur cette gestion active ?
31:02En fait, je crois que ce que dit Christian,
31:04c'est vraiment réservé aux pros.
31:05C'est-à-dire que,
31:07autant un investisseur
31:08qui a beaucoup de capitaux
31:09peut se permettre ça
31:10parce qu'il va pouvoir se diversifier.
31:13Il va pouvoir, au sein d'une idée,
31:16quand vous avez une idée sur le logiciel,
31:18vous pourrez avoir des logiciels.
31:19Vous, vous allez pouvoir acheter
31:20des valeurs de logiciels aux États-Unis,
31:22en Europe, en Asie, en Inde, peut-être.
31:25Enfin, voilà, vous allez vraiment
31:26faire quelque chose.
31:27Quand vous êtes un investisseur particulier,
31:28vous avez un PEA ou un actif
31:30ou un portefeuille.
31:31J'ai un peu, c'est réduit.
31:32Alors, le PEA, déjà,
31:33ça commence à réduire pas mal.
31:35Et puis, si vous êtes
31:35sur un compte-titre ordinaire,
31:37il va falloir avoir
31:39300 000 ou 400 000 euros
31:40pour commencer à pouvoir
31:41réellement se diversifier
31:42au sein d'une classe d'actifs.
31:43Sinon, vous allez choper une valeur
31:45et puis vous pouvez prendre le pouilleux
31:47sur 2-3 secteurs
31:48et votre portefeuille,
31:49il a une autre tête
31:50et puis après, vous êtes coincé.
31:52Et puis, si vous avez
31:522 ou 3 pouilleux dans le portefeuille...
31:54Ah, c'est ça, ça fait très mal parce que...
31:55Vous dites, ben non, finalement,
31:56j'aurais mieux fait prendre l'indice
31:57le plus large possible.
31:58Voilà, c'est ça qui est complexe.
32:01Et le professionnel, lui,
32:03si jamais ça tourne mal,
32:04il ne va pas hésiter.
32:05Il a d'autres valeurs
32:06qui lui ont permis de performer
32:07par rapport à son indice.
32:08Il est tranquille.
32:09Il va liquider la boîte
32:10qui ne lui plaît plus.
32:11Le particulier,
32:12qui est sur une ou deux valeurs
32:13du secteur donné
32:15et qui prend un bouillon
32:15sur ces 2-3 valeurs-là,
32:16comment il fait
32:17pour faire autre chose ?
32:18Parce que vous savez,
32:19c'est très difficile,
32:20psychologiquement,
32:21de couper une valeur.
32:21Vous aviez cru,
32:22pendant 6 mois,
32:23ça marchait à peu près.
32:24Puis d'un seul coup,
32:25sur une annonce de résultats,
32:26vous prenez moins 20.
32:27Puis ça continue à baisser.
32:28Les gens qui avaient du Dassault Systèmes,
32:30une très belle valeur,
32:31mais qui...
32:31Mais même ceux qui avaient du LVMH,
32:33tout le monde en avait
32:33puisque la première capitalisation...
32:35Je trouve que c'est assez compliqué
32:37cette problématique.
32:38Et effectivement,
32:39là où je reprends
32:40ce que disait Christian,
32:41c'est que si vous avez
32:42un portefeuille de ce type-là,
32:45vous pouvez diversifier un peu
32:46à base d'ETF,
32:47à base d'indices,
32:47à base de...
32:48Alors, aller chercher des gérants
32:50qui font des choses
32:51qu'ils vont aller faire,
32:52c'est assez facile de trouver.
32:54Maintenant,
32:54avec les outils qu'on a,
32:55on peut assez facilement
32:55trouver les gérants
32:56qui correspondent
32:58à un style de gestion
32:58qu'on aime bien.
32:59Il y a des valeurs
33:00chez Odo,
33:01chez les autres,
33:02il y a des OPCVM
33:03qui permettent
33:04d'aller jouer ce genre de choses,
33:05qui permettent d'aller jouer
33:05le stock picking
33:06à travers un investissement.
33:07Mais il faut vraiment regarder
33:09comment ils gèrent
33:09ces choses-là
33:10et il faut y passer
33:12un peu de temps.
33:13C'est du degré 2
33:14par rapport à ce qu'on est
33:15habitué à faire
33:15quand on est un particulier,
33:17aller acheter des valeurs,
33:17c'est vraiment pas évident
33:18en ce moment,
33:18je trouve.
33:19Tout à fait.
33:21Tiens,
33:21on parlait de vous,
33:22Mathieu Barrière,
33:22chez Odo,
33:23justement.
33:24Bon, justement,
33:25ça va être...
33:26C'est bien,
33:26on va s'en remettre
33:27aux professionnels,
33:28on va s'aperçoit
33:29que c'est quand même
33:29un vrai métier
33:30de gérer tout ça.
33:32Vous avez dit tout à l'heure
33:33quelque chose,
33:34c'est intéressant,
33:35en termes de rotation,
33:36on a beaucoup entendu
33:36parler des émergents
33:37depuis le début de l'année.
33:39Cap sur les émergents,
33:40que ce soit en action,
33:41en obligation.
33:42Vous venez de nous dire,
33:43si bien compris,
33:43que vous,
33:44vous commenciez peut-être,
33:45alors sur l'Inde,
33:46vous restez actif,
33:47mais sur d'autres valeurs,
33:49c'est ce que vous en pensez ?
33:49Au sein des émergents,
33:50on bouge les portefeuilles.
33:51On a eu un biais émergent
33:53depuis assez longtemps
33:54qu'on a pris un peu
33:55trop précocement,
33:55mais qui a très bien fonctionné
33:56effectivement l'an dernier,
33:57en ce début d'année.
33:59Et on a maintenant
34:01l'impression
34:01qu'il y a eu des flux
34:02qu'on fait monter massivement
34:05certains marchés
34:06sur lesquels
34:07il y a un peu
34:07des positionnements
34:08que je qualifierais
34:08de touristiques.
34:12Avec des arguments
34:13sur des valorisations
34:14instantanées,
34:15oui,
34:15alors prenons l'exemple
34:16de la Corée,
34:18avec une performance stellaire,
34:20encore 40% de plus
34:21depuis ce début d'année,
34:22on est juste
34:22à 10 fois les résultats.
34:24Personne ne regardait
34:25ce marché
34:26fin 2024
34:27à cause
34:28de la situation politique.
34:29On était vers 8,
34:309 fois les résultats.
34:31On est tombé
34:32en avril 2025
34:33à 7,9 fois les résultats,
34:35encore moins cher
34:36que le Brésil.
34:37Pour nous,
34:38c'était le moment
34:38de rentrer sur ce marché.
34:41Depuis,
34:41le marché a augmenté
34:42de 20%
34:42en termes de valorisation
34:43avec une révision
34:44à hausse
34:44de 100%
34:45des résultats.
34:46Ces résultats,
34:47c'est des résultats
34:47instantanés.
34:48Ce sont des résultats
34:49qui, carrément,
34:49ne sont pas des résultats
34:50de bas de cycle,
34:51peut-être même
34:51de haut de cycle.
34:51On a assisté
34:52à des hausses de prix
34:53de la part
34:53des deux fabricants
34:54de mémoire
34:54de l'ordre
34:55de 500%
34:56en six mois.
34:58Donc,
34:58attention
34:59sur ces marchés
35:00qui gardent en tête
35:01que si MSCI
35:02classifie encore
35:03la Corée
35:04dans les émergents,
35:05c'est aussi
35:06pour des raisons
35:07de tout change
35:08qui est très libre,
35:10il y a encore
35:10un peu de contrôle
35:11d'échange marginal,
35:13le risque géopolitique
35:14qui revient quand même
35:15assez régulièrement
35:16en Corée.
35:17Donc,
35:17attention
35:18à ces positionnements
35:19qui sont un peu
35:21exagérés.
35:21Finalement,
35:21dès qu'il y a
35:22des marchés faciles
35:22d'accès,
35:23la Corée,
35:23il y a des indices futurs,
35:25il y a beaucoup de gérants
35:25qui vont se jeter dessus.
35:27Je pense qu'on a eu
35:27la même chose aussi
35:28aujourd'hui.
35:28Quand on voit la Chine
35:29et Hong Kong
35:29qui baissent
35:30et puis les shares
35:31qui résistent
35:32beaucoup mieux,
35:33donc les actions
35:33domestiques chinoises
35:34cotées à Shanghai,
35:35c'est des histoires
35:36de positionnement
35:37qui se font lessiver.
35:37Pourquoi ils se font lessiver ?
35:38Des fois,
35:39pas pour une bonne raison,
35:40il y a une montée
35:40de la volatilité.
35:41Et ce qui nous fait peur
35:42d'ailleurs actuellement
35:43à court terme,
35:44on a parlé du VIX,
35:45l'indice de la peur,
35:46il est passé de 21 à 24
35:47sur le week-end.
35:48En Europe,
35:49on est passé de 20 à 25.
35:50Et si on rajoute
35:51la volatilité
35:51de l'euro-dollar,
35:53du point de vue
35:54de l'épargnement mondial
35:55qui est quand même
35:56assez souvent aux Etats-Unis,
35:57l'Europe a pris
35:58un petit revient
35:59de volatilité
36:00assez sérieux
36:01qui peut faire
36:02désinvestir un peu
36:03l'Europe
36:04qui n'est pas le cœur
36:04de portefeuille
36:05pour l'actionnaire.
36:06Juste petite précision
36:07pour ceux qui nous écoutent,
36:08le VIX,
36:09l'indice de la peur,
36:1020 à 25,
36:10on n'est pas encore
36:11sur des niveaux extrêmes.
36:12On n'est pas sur des niveaux
36:14de disruption de marché,
36:16il y a encore
36:16de la liquidité.
36:17Mais on est sur des niveaux
36:19qui ne sont pas forcément
36:22compatibles fondamentalement
36:22avec les niveaux
36:23extrêmement écrasés
36:24qu'on a pu voir
36:24notamment sur le gisement
36:26obligataire privé.
36:27Deux mots sur le VIX.
36:28En ce moment,
36:29on est à 20 à 25,
36:30au niveau de petit stress.
36:32Donc il y a des spécialistes
36:33de la couverture.
36:34On est monté
36:35à 42 vols
36:36par exemple
36:36au mois d'avril 2025
36:37au moment du
36:38Libération Day.
36:40Et au pic de la crise
36:422008,
36:43on était monté à 80.
36:44Enfin,
36:44ça n'a pas duré très longtemps
36:45et c'était un très très
36:46très gros signal d'achat.
36:47C'est classique,
36:48en fait.
36:48C'est paradoxal
36:49mais quand
36:50vous ne pouvez plus
36:51vous assurer,
36:52c'est typique,
36:53c'était les fusées Ariane
36:54au début,
36:55on leur faisait payer
36:56une prime de 20%
36:57du prix de la fusée.
36:59Et puis en fait,
36:59ils se rendaient compte
37:00qu'ils en faisaient péter
37:01moins d'une sur cinq
37:02quand ils le faisaient décoller.
37:03Donc ça ne servait plus
37:04à rien de s'assurer.
37:05En fait,
37:05c'est un peu pareil
37:06quand la volatilité
37:07est sur des niveaux
37:08extrêmement élevés,
37:09ça ne sert plus à rien
37:09de se couvrir
37:09puisque de toute façon,
37:11ça n'a pas de prix.
37:12Autant acheter
37:13des actifs risqués.
37:14Et donc,
37:14on retient un silovic
37:15quand il est monté,
37:16c'est un signal d'achat ?
37:17Si ça vient à 40%,
37:18oui,
37:18je pense que ça marche
37:20plutôt pas mal
37:20comme petit signal.
37:21Un autre dicton,
37:21acheter au son du canot,
37:24Christian Parizeau,
37:25quand on entend,
37:25c'est plus qu'un bruit de bottes
37:26puisque finalement,
37:28on est dans un conflit armé.
37:29Est-ce que c'est le moment
37:30pour ceux qui voient
37:31des baisses,
37:32qui se demandaient
37:32si c'était le moment
37:33qu'ils trouvaient
37:33la bourse un petit peu chère ?
37:35Oui,
37:35alors c'est toujours pareil,
37:36c'est quel est votre horizon
37:37de placement ?
37:37À moyen terme,
37:38c'est toujours un bon moment,
37:39c'est une période de crise.
37:41Tout dépend,
37:42il ne faut pas avoir besoin
37:42d'argent seulement
37:43à horizon 3-4 mois,
37:45c'est toujours la même condition.
37:47Mais aujourd'hui,
37:48oui,
37:48effectivement,
37:49je pense que ça peut
37:50permettre une détente
37:51des valorisations
37:53avec le seul bémol
37:54que je disais tout à l'heure,
37:55c'est-à-dire qu'on cumule
37:56quand même pas mal de risques.
37:57Et l'élément clé,
37:58moi,
37:58que je regarderais,
37:59alors au-delà
38:00de l'aspect purement
38:01news flow court terme,
38:03ce que je regarde beaucoup,
38:04moi,
38:04maintenant,
38:04ça va être le risque bancaire.
38:06Moi,
38:06c'est les banques.
38:07Il faut bien savoir
38:08que pour moi,
38:09je ne suis pas inquiet.
38:10Le pétrole peut monter,
38:11peut descendre,
38:11ça peut faire de la volatilité,
38:12ça ne va pas mettre par terre
38:14l'économie mondiale.
38:15En plus,
38:15on a une sensibilité
38:16à la croissance
38:17qui a beaucoup reculé
38:18par rapport au pétrole.
38:19Donc,
38:19je ne suis pas hyper inquiet
38:20sur cet élément-là.
38:21Par contre,
38:22le jour où on a une défiance
38:23vis-à-vis du secteur bancaire,
38:24que le marché du crédit
38:26commence à vraiment s'écarter,
38:28là,
38:28vous êtes sur quelque chose
38:29de beaucoup plus inquiétant.
38:30Pourquoi cette courroie
38:31de transmission
38:31entre justement
38:32ce qui se passe
38:33et les banques ?
38:33Parce que le financier,
38:34c'est-à-dire que si les banques,
38:36moi,
38:36ce qui m'a un peu inquiété aussi,
38:38c'est lorsqu'on a eu
38:38la dernière enquête
38:39qu'a fait la Fed
38:39auprès des banques
38:40commerciales américaines
38:41qui disait
38:42qu'elle mettait une prime,
38:43enfin,
38:43elle mettait maintenant
38:45une prime
38:46en termes de taux d'intérêt
38:47sur tous les secteurs
38:48qui allaient être affectés
38:49par l'IA,
38:49qui a jugé
38:50qu'ils allaient être affectés
38:51et donc,
38:51elles allaient prêter
38:52plus cher à ces secteurs.
38:53Ce n'est pas qu'elles ne prêtaient pas,
38:54c'est qu'elles allaient prêter
38:55plus cher
38:55parce qu'elles considèrent
38:56que c'est plus risqué
38:57à cause de l'IA
38:58de prêter à ces secteurs.
39:00Quand on commence
39:01à avoir des mouvements
39:01comme ça,
39:02ça devient vraiment négatif
39:03parce que ça veut dire
39:04qu'on peut bloquer le crédit,
39:06on peut bloquer
39:06la diffusion de crédit
39:07et on sait que derrière,
39:08la croissance
39:09est beaucoup plus affectée.
39:10Donc,
39:11ok,
39:12ce qui se passe au Proche-Orient,
39:14c'est une source de volatilité,
39:16le prix du pétrole,
39:17c'est une source de volatilité
39:17mais ça peut très vite s'effacer.
39:20Donc,
39:20ce ne sont pas des choses
39:20qui vont rester durablement
39:22comme impact économique.
39:23Par contre,
39:23le jour où il y a
39:24un durcissement des conditions de crédit,
39:25le jour où la liquidité
39:27se retire des marchés,
39:28là,
39:28on a des vrais problèmes
39:29d'appel de marge,
39:30on a des vrais problèmes
39:31d'investisseurs
39:32qui font défaut
39:32et là,
39:33c'est des effets en domino.
39:34Je ne vous dis pas,
39:35je ne vous annonce pas
39:35la prochaine crise,
39:36je ne vais pas vous annoncer
39:37cette prochaine crise,
39:38je ne dis pas ça,
39:39je dis juste que
39:40le seul élément
39:41qu'il faut regarder,
39:42c'est le secteur bancaire,
39:42comment il évolue,
39:43comment il réagit à tout ça
39:44et si on commence
39:45à avoir vraiment
39:46les spreads
39:47sur le crédit
39:47qui s'écartent,
39:48si on commence à avoir
39:49une vraie défiance
39:50vers les avis des bancaires,
39:51c'est quand même un élément.
39:52Moi,
39:52ce qui m'inquiétait
39:52un petit peu par exemple
39:53dans tout ce qui s'est passé
39:54sur l'IA,
39:55ce n'est pas que
39:55les éditeurs logiciels baissent,
39:57c'est le jour
39:57où on a entendu dire
39:59attention,
39:59les banques prêtent
40:00énormément au secteur
40:01de l'intelligence
40:01et 20% de leur portefeuille
40:03de prêt
40:03et donc si les valeurs,
40:05si les éditeurs
40:06de logiciels vont mal,
40:07les banques vont aller mal,
40:08vont avoir monté
40:08les créances douteuses.
40:09Là,
40:09ça devient dangereux.
40:10Que les éditeurs
40:11de logiciels baissent,
40:13c'est des arbitrages
40:14et ce n'est pas facile
40:17pour eux
40:17mais ce n'est pas dramatique
40:18pour l'économie
40:22et de très près,
40:23c'est les banques
40:23qui sont vraiment
40:23l'élément central
40:24qui peut nous inciter
40:25à vraiment...
40:26Le crédit,
40:27à surveiller...
40:28C'est toujours la même chose.
40:28C'est là où il y a
40:30vraiment des vraies crises.
40:31Le reste,
40:32ça sera peut-être
40:33plus de la volatilité
40:33et peut-être des opportunités
40:34pour justement
40:36jouer un éventuel rebond
40:37du marché
40:37une fois que tout ça
40:38sera calmé.
40:39Mathieu Barrière,
40:40c'est un bon moment
40:41pour investir
40:41ou on attend un petit peu
40:42que ça se calme ?
40:47Investir au son du canon,
40:49c'est très bien
40:49si les marchés
40:50sont à l'unisson
40:52et au prix
40:52du son du canon.
40:53On faisait l'analyse
40:55ce matin
40:55sur des scénarios
40:58comparables
40:58dans le passé
40:59d'actions militaires
41:00américaines.
41:00Effectivement,
41:01par derrière,
41:01il y avait un beau rebond
41:02des actifs risqués
41:03aux Etats-Unis.
41:04Sauf que les conditions
41:05d'entrée,
41:05ce n'était pas les mêmes.
41:06On était en moyenne
41:09en termes de valorisation
41:11du SP500 aux Etats-Unis
41:12lors du déclenchement
41:13des opérations militaires.
41:14Si on regarde
41:15les ratios prix sur résultat,
41:17environ 40% plus bas.
41:19Si on regarde
41:19d'autres métriques,
41:20même 70% plus bas
41:23en termes de multiples.
41:25Actuellement,
41:26on est sur un indice
41:26à merveilleux.
41:27C'était quoi ?
41:27C'était les conflits
41:28Irak ?
41:28C'était les conflits
41:30ensuite ?
41:30Oui, il faut en général
41:31remonter pas mal
41:35en arrière.
41:35Mais on n'est pas
41:37sur des valorisations
41:39qui price déjà du stress.
41:42Le VIX est à remonter,
41:44mais à 25%,
41:44ce n'est pas un niveau de stress.
41:45Les spreads de crédit
41:46sont un tout petit peu élargis.
41:47Ça reste extrêmement faible.
41:49Et les amortisseurs
41:51ne sont pas forcément là
41:52parce que l'amortisseur budgétaire
41:53d'augmentation
41:54du déficit budgétaire,
41:55c'est quand même
41:56un peu compliqué.
41:57On a des stimuli budgétaires
41:59dans la plupart des endroits.
42:01Et puis,
42:01d'un point de vue amortisseur
42:04en termes de politique monétaire,
42:06à Chahy Chaudet,
42:06craint l'eau froide.
42:07Les banquiers centraux
42:08risquent de manœuvrer
42:10quand même
42:11beaucoup plus prudemment
42:13que les fois précédentes.
42:15moins d'axes.
42:16Donc,
42:16attention
42:17aux risques extrêmes.
42:19On revient à cette question
42:19du bilan bancaire
42:21et puis,
42:22globalement,
42:22du risque crédit.
42:23On va surveiller
42:25attentivement
42:25les banques,
42:26le crédit.
42:28Pour l'instant,
42:29on a compris
42:29sur les allocations,
42:30on peut arbitrer
42:32même si,
42:33normalement,
42:34on a commencé.
42:35Alain,
42:35c'est ça ?
42:36Oui,
42:36c'est ça.
42:36Pour un portefeuille équilibre,
42:37en ce moment,
42:38je suis à 35% en actions.
42:40Pas d'US.
42:41Moi,
42:41je peux faire des choses
42:42un peu plus tranchées.
42:43Vous étiez à 50% ?
42:45Au début d'année,
42:46oui,
42:46plutôt un peu
42:47au-dessus de 50%.
42:47Et puis,
42:48on a baissé progressivement.
42:49Et là,
42:49je serai à 35%
42:51avec un arbitrage récent
42:52qui est d'enlever
42:53du high yield
42:54pour aller mettre
42:55des obligations
42:55d'État européennes
42:57pour éviter le crédit.
42:59Je rejoins vraiment Christian.
43:00C'est-à-dire que
43:01c'est passé totalement inaperçu
43:03parce que ça a été
43:03le cirque
43:04dès ce week-end.
43:05Mais les banques américaines
43:06ont pris un gros tir
43:07vendredi.
43:07Elles ont pris
43:08entre 3 et 4% de baisse
43:09quasiment toutes.
43:11Donc,
43:11c'est quand même
43:12assez rare.
43:13Alors,
43:13ça arrive après un moment donné
43:14où elles ont fait
43:15une cavalcade infernale.
43:16Tous ces indices
43:17ont monté énormément.
43:18Depuis 2-3 ans,
43:19les indices bancaires...
43:20C'était ça
43:20ou c'était des fuites
43:21de gens bien informés ?
43:23Non,
43:23je ne crois pas.
43:24Non,
43:24non,
43:24je pense que...
43:25ça s'est abaissé
43:26sur un problème bancaire
43:27en Angleterre,
43:28sur une banque anglaise.
43:29Non,
43:30c'était vraiment
43:30un effet contagion bancaire.
43:32Voilà,
43:32c'est ça.
43:32Et puis,
43:33il y a cette histoire
43:33Blue Wall
43:34qui est quand même
43:34dans les esprits.
43:37tous ces fonds privates
43:39ont investi,
43:40ont prêté de l'argent
43:40à des boîtes
43:41qui sont quand même
43:42un peu sous pression
43:44à cause de l'IA.
43:45Qu'est-ce qui va rester
43:46dans 3 ans de tout ça ?
43:47Et les clients
43:48qui viennent de mettre
43:48de l'argent...
43:49Alors,
43:49je reprends l'exemple
43:49de la Corée
43:50parce que c'est amusant
43:50la Corée,
43:51c'est-à-dire que ça monte
43:52depuis un paquet de temps.
43:52les flux sont arrivés
43:53depuis janvier.
43:54C'est-à-dire que
43:55les flux sont massifs
43:56depuis janvier
43:56et aujourd'hui,
43:57ça a quand même pris 9%
43:58dans la tête.
43:59Ça a baissé de 9%
44:00la Corée branche
44:01comme quoi,
44:01il y a un moment donné,
44:02ça s'arrête de voler.
44:04Donc,
44:04les banques,
44:05c'est un peu ça.
44:05C'est-à-dire que
44:06le bilan des banques
44:08a un peu baissé.
44:08Le bilan des banques centrales
44:09a un peu baissé.
44:10Il y a un peu moins de liquidités.
44:11On voit des petits accidents
44:12qui arrivent avec
44:13les histoires Blue
44:13et les compagnies.
44:14Et puis,
44:15on voit que les banques,
44:16elles ont un arbitrage
44:17à faire.
44:17Le robinet n'est pas ouvert
44:18à plein pot.
44:19Donc,
44:19elles sont obligées
44:20d'arbitrer.
44:21Donc,
44:22effectivement,
44:23je rejoins ce que disait
44:24Mathieu sur les banques centrales.
44:25Il va y avoir un moment.
44:26Qu'est-ce qu'elles vont faire ?
44:27C'est-à-dire que
44:27les banques centrales,
44:28alors,
44:29il y a encore des banques centrales
44:30qui sont assez expansives,
44:31on va dire,
44:32mais les principales
44:33commencent à se poser des questions.
44:36Et on va avoir en même temps
44:37la problématique
44:37de l'indépendance
44:38de la banque centrale américaine.
44:39Donc,
44:39on pourrait avoir un truc
44:40qui serait des baisses des taux
44:42et en même temps
44:43une réduction de bilan.
44:44Chose qu'on n'a pas tellement connue
44:45depuis un paquet de temps.
44:46Donc,
44:46ça va être un peu bizarre.
44:48Ceux qui ont
44:50un peu trop
44:52profité du levier
44:53offert par les banques centrales
44:54risquent au moment
44:55où il faut réduire
44:56d'avoir une petite difficulté
44:57pour le faire.
44:58Ça risque de déchanter.
44:59Effectivement,
45:00on va avoir beaucoup à dire.
45:02On va en parler bien évidemment
45:03tout au long de cette semaine.
45:05Les suites
45:06et les conséquences
45:07de ce conflit
45:08dans le Moyen-Orient.
45:10Merci à nos trois experts,
45:12nos trois spécialistes.
45:13si nous l'on en fallait
45:13et ces experts
45:14pour cet après-midi.
45:15Mathieu Barrière,
45:16merci,
45:16co-responsable
45:17de l'allocation d'actifs
45:18chez Odo BHF AM.
45:21Christian Parizeau,
45:21président de Altair Economics.
45:23Merci Christian
45:23et merci Alain.
45:24Alain Pittous,
45:25senior advisor
45:25de I for Alpha.
45:27Dans un instant,
45:28on continue.
45:28On continue,
45:29on part du côté
45:29de Washington
45:30pour savoir
45:30ce qui se passe.
45:31C'est le quart d'heure
45:32américain.
45:38Le dernier quart d'heure
45:39de Smart Bourse
45:40et c'est un dernier quart d'heure
45:41américain
45:42comme tous les lundis.
45:43On est en compagnie
45:43de notre correspondant
45:45Pierre-Yves Dugas.
45:46Bonjour Pierre-Yves.
45:48Bonjour Fabrice.
45:49On a besoin de vos lumières
45:51pour savoir ce qui se passe
45:51dans la tête de Donald Trump.
45:53Alors ça,
45:53c'est pas évident.
45:54En tout cas,
45:54vu de Washington,
45:55Trump qui a besoin
45:56d'aller vite,
45:57très vite
45:57pour renverser
45:58ce régime iranien
46:00avec le lancement
46:01de cette opération
46:02Epic Fury.
46:03Plus le temps passe,
46:04en tout cas,
46:04plus tout risque
46:05de se compliquer.
46:08Oui,
46:08parce que
46:09ce que cherche à faire
46:11Donald Trump,
46:12en apparence en tout cas,
46:14est exactement le contraire
46:16de ce qu'il a promis.
46:17Il a promis
46:18de ne pas lancer
46:19de nouvelles guerres
46:20et les premiers sondages
46:23qui sont intervenus
46:24au cours des dernières heures
46:25nous confirment
46:25que les Américains
46:26ne sont pas du tout
46:27convaincus
46:27de l'urgence
46:29d'aller frapper
46:31l'Iran.
46:32Alors,
46:32je crois que c'est
46:33le maréchal Joffre
46:34qui avait dit
46:36la défaite est orpheline
46:38mais la victoire
46:38a bien des pères.
46:40Ce qui risque
46:41de se produire,
46:42c'est que si
46:42cette attaque
46:44de l'Iran
46:46aboutit
46:47assez rapidement
46:47a des résultats
46:48positifs,
46:49c'est-à-dire
46:50un changement
46:50de régime
46:51en Iran
46:52et l'abandon
46:53par le nouveau régime
46:55iranien
46:55de ses ambitions
46:57nucléaires,
46:58à ce moment-là,
46:59tout le monde
46:59dira
47:00Trump a fait
47:01un coup de maître.
47:03Si ça craigne
47:04et si ça devient
47:05un grand sujet
47:06des campagnes
47:08électorales
47:09pour les élections
47:10législatives
47:11des débuts novembre
47:12qui vont commencer
47:13à monter
47:15en puissance
47:16au cours de l'été
47:17et surtout
47:17à partir du mois
47:18de septembre,
47:19si le conflit
47:20dure aussi longtemps,
47:22ça va devenir
47:23une catastrophe
47:24pour Donald Trump,
47:26bien entendu.
47:27C'est pour ça
47:27que le temps presse.
47:29Qu'est-ce que
47:29le Pentagone veut ?
47:31Qu'est-ce que
47:32la Maison-Blanche
47:32souhaite ?
47:33D'abord,
47:34on le sait maintenant,
47:35Donald Trump
47:35a balayé du revers
47:38de la main
47:38toutes les réserves
47:40qui ont été formulées
47:41par ses conseillers
47:41au cours des derniers jours.
47:43Précisément sur ce thème,
47:44attention,
47:44on s'engage
47:45dans quelque chose,
47:46on ne sait pas très bien
47:47comment on pourra en sortir.
47:48Il a été convaincu
47:50d'abord
47:50que l'opportunité
47:52était très forte
47:53parce que
47:54tous les signaux
47:55qu'il a reçus
47:56étaient que
47:57le régime iradien
47:58est extrêmement affaibli
48:00et qu'on a une opportunité,
48:02comme on n'en a pas vu
48:02depuis très très longtemps
48:03et peut-être
48:04comme on ne reverra pas
48:05longtemps,
48:06de frapper un régime
48:08qui est très affaibli.
48:09Deuxième élément
48:10qui a poussé
48:12Donald Trump
48:12à faire quelque chose
48:13d'électoralement dangereux,
48:16c'est sa conviction
48:17qu'il est génial
48:18que
48:20ce qu'il a fait
48:21au Venezuela
48:22peut être en gros
48:23dupliqué en Iran,
48:25à savoir que l'on peut,
48:26sans envoyer des troupes au sol,
48:29changer le régime,
48:31le décapiter
48:31et ensuite espérer
48:33que
48:35le peuple
48:36fasse suffisamment
48:37de pression
48:37sur le futur gouvernement
48:39pour obtenir
48:42une évolution
48:43de la situation
48:44qui soit favorable
48:45aux intérêts
48:45des États-Unis.
48:46Le Venezuela,
48:47c'est le Venezuela,
48:48la situation est loin
48:49d'être résolue au Venezuela,
48:51mais l'Iran est
48:51beaucoup plus compliqué,
48:5292 millions d'habitants,
48:57des traditions
48:58qui n'ont rien à voir,
48:59un éloignement
49:00et une véritable
49:01poudrière
49:02dans l'ensemble
49:02de la région
49:03du Moyen-Orient.
49:05Donald Trump
49:06va tenter
49:07d'aller très vite.
49:08Il faut absolument
49:09que dans les prochains jours,
49:11on observe des signaux
49:12au moins sur deux fronts.
49:13Le premier,
49:14c'est une forme
49:15de soulèvement
49:15de l'opinion publique
49:17iranienne.
49:17Il faut que les Iraniens
49:18descendent dans la rue.
49:21C'est ce que
49:22Donald Trump
49:23ne cesse de souhaiter
49:24publiquement.
49:25L'autre signal
49:27qui est attendu
49:28à Washington
49:28sera bien sûr
49:29des signes
49:31de craquement
49:33dans la loyauté
49:35de l'armée iranienne
49:36à l'égard
49:38de ce régime
49:38qui a été décapité
49:39et peut-être
49:41également
49:41des signes
49:42de craquement
49:43dans la dureté
49:45des gardes
49:46révolutionnaires
49:47iraniens.
49:47Si ces choses-là
49:48ne se produisent pas,
49:50si les intercepteurs
49:56que les Etats-Unis
49:57cherchent
49:58à éliminer
49:59ne sont pas
50:00suffisamment éliminés
50:01et si la capacité
50:02de riposte
50:03de l'Iran
50:03sur ses voisins
50:05des pays arabes
50:06se confirme,
50:08les choses vont
50:09très très mal tourner
50:10pour les Etats-Unis,
50:11pour Israël
50:12et bien sûr
50:13électoralement
50:14pour le président Trump.
50:15Pour le moment
50:16ça n'est pas le cas.
50:16Bien sûr.
50:18Les Iraniens dans la rue
50:19n'est pas évident
50:19lorsqu'on sait
50:20qu'il y a plusieurs
50:21dizaines de milliers
50:21de gens
50:23qui sont déjà descendus
50:23et qui ont été
50:25assassinés
50:26l'an dernier,
50:27en début d'année pardon.
50:29Pierre-Yves,
50:29une question justement
50:30sur Trump.
50:31Certains de mauvaise langue
50:32disent que
50:33c'était plutôt aussi
50:34pour éviter
50:35certaines histoires
50:36embarrassantes
50:37qu'ils lancent
50:37comme ça
50:39tout à l'imut
50:40des fronts,
50:42que ce soit
50:42Venezuela
50:43ou aujourd'hui
50:43en Iran.
50:44Qu'en pensez-vous ?
50:46Non, je ne crois pas.
50:47Je crois que
50:48Donald Trump
50:49a une caractéristique
50:50à laquelle
50:51on n'arrive pas
50:51à s'habituer,
50:52en particulier
50:53les journalistes
50:54parce que c'est
50:55épuisant,
50:55c'est de s'attaquer
50:56à tous les problèmes
50:57en même temps.
50:59Il ne cherche pas
51:00à régler
51:00un, deux
51:01ou trois problèmes
51:02pour mettre
51:02de côté
51:03trois ou quatre
51:03autres auxquels
51:04il s'attaquera
51:04par la suite.
51:05Il s'attaque
51:06aux problèmes
51:07du Venezuela,
51:09le Groenland,
51:10il invente
51:11des problèmes
51:11là où il n'y en a pas.
51:15Je pense que
51:17ce qu'il vient
51:18de tenter
51:18sur l'Iran
51:19est électoralement
51:21tellement dangereux
51:22qu'il a pris
51:24le goût du risque.
51:27Et avec tout de même
51:28un petit bémol,
51:29c'est qu'il,
51:30on l'a entendu
51:31tout à l'heure
51:32lors de l'intervention
51:33de la conférence
51:34de presse
51:34du secrétaire américain
51:36de la Défense,
51:36Pete Hexet,
51:38il prétend
51:39ne pas s'être
51:39converti
51:41au système
51:42du changement
51:42de régime.
51:44Ils prétendent
51:45qu'ils n'ont pas
51:46initié une guerre
51:47en Iran.
51:48Ils prétendent
51:48qu'ils sont en train
51:49de finir une guerre
51:50qui aurait dû être finie
51:51par les prédécesseurs
51:53de Donald Trump.
51:55Alors évidemment,
51:55c'est un argument
51:56assez spécieux,
51:57mais qui aurait dit
51:59il y a quatre jours
52:00que le grand Ayatollah
52:02aurait été éliminé
52:04dès les premières heures
52:05du conflit ?
52:06Oui,
52:06tout à fait.
52:07Bon,
52:08on en parlera bien évidemment
52:09tout au long
52:09de la semaine
52:10de ce conflit
52:11et de ses conséquences
52:12sur les marchés.
52:13Alors justement,
52:14il y a autre chose
52:15qui se passe
52:15du côté des Etats-Unis,
52:16c'est bien sûr
52:17cette intelligence artificielle.
52:18On a beaucoup glosé
52:19sur la bulle.
52:21En tout cas,
52:22on a un basculement
52:23narratif
52:24assez spectaculaire.
52:26Expliquez-nous
52:26peut-être
52:27les deux,
52:27trois affaires
52:28qui relancent
52:28un petit peu
52:30l'angoisse
52:30devant cette avancée
52:32d'une révolution
52:32disruptrice.
52:34Alors voilà,
52:36depuis des mois,
52:37on a des inquiétudes
52:38sur le coût
52:39et le surinvestissement
52:41éventuel des grands leaders,
52:43les hyperscalers
52:44dans l'intelligence artificielle.
52:46Mais depuis une dizaine
52:46de jours,
52:47il y a trois éléments nouveaux
52:48qui sont venus amplifier
52:49certaines craintes
52:51qui s'étaient déjà
52:51manifestées
52:52au cours des mois précédents.
52:55Il y a,
52:56on en a déjà parlé
52:57sur notre plateau ici,
53:00ce rapport
53:01de C-Trading.
53:03Ce n'est pas tellement
53:04le rapport dystopien
53:05de C-Trading
53:06qui nous prévoit,
53:07enfin qui envisage
53:08un scénario
53:09pour 2028
53:09dans lequel
53:11on aura une implosion
53:12en gros
53:13de toutes les économies
53:14de service
53:14parce que les sociétés privées
53:16se rendraient compte
53:17que finalement
53:18les agents
53:20spécialement
53:21customisés
53:22pour des applications
53:23d'intelligence artificielle
53:24sont capables
53:25de faire le travail
53:26des cols blancs
53:27beaucoup mieux,
53:27beaucoup moins cher.
53:29Ce qui me frappe,
53:30ce n'est pas tellement
53:31ce rapport,
53:32c'est le fait
53:32qu'il ait suffi
53:33que ce petit rapport
53:34d'un cabinet
53:36qui n'est pas
53:36si réputé que cela
53:37ait servi
53:40de catalyse,
53:41de catalyseur,
53:42je crois en dire en français,
53:45pour des prises
53:46de bénéfices
53:47qui probablement
53:48étaient imminentes
53:50de toute façon
53:50et de voir
53:51comment ce rapport
53:53a mis le feu
53:54aux poudres
53:54et a entraîné
53:55non seulement
53:55des prises de bénéfices
53:56qui avaient commencé
53:57et accéléré
53:59chez les grands
54:00de l'intelligence artificielle
54:02qui s'étaient propagés
54:03aux sociétés
54:03de logiciels
54:04mais qui a atteint,
54:05on vient d'en parler
54:07vendredi dernier,
54:08les banques américaines
54:10qui ont quand même
54:11beaucoup trinqué.
54:12Alors ça va
54:13un petit peu mieux
54:13aujourd'hui
54:14mais c'est tout de même
54:15assez stupéfiant.
54:16Un élément
54:17qui est venu
54:17renforcer
54:18la crédibilité
54:19entre guillemets
54:20du rapport Sud-Bridi,
54:21c'est le deuxième point,
54:22c'est cette annonce
54:23faite par Jack Dorsey
54:25qui fait figure
54:25un peu de gourou
54:26qui a d'ailleurs
54:27le look d'un gourou
54:28qui était l'ancien patron
54:29de Twitter
54:30qui dirigeait en même temps
54:31Square,
54:31société qui s'appelle
54:32maintenant Block
54:33et qui est dans
54:34les systèmes de paiement
54:35et qui nous a carrément
54:36annoncé
54:36qu'il allait licencier
54:3840% de son personnel
54:39parce que les agents
54:41d'intelligence artificielle
54:42font mieux le travail
54:43et qui a osé dire
54:44dans la foulée
54:45je pense que d'ici un an
54:46des tas d'autres entreprises
54:48arriveront à la même conclusion.
54:49Donc le rapport Sud-Bridi
54:50multiplié au carré
54:54par l'intervention
54:56de Jack Dorsey
54:56et puis il y a
54:57cette incroyable
54:58controverse
54:59qui a conduit
55:00le Pentagone
55:01à boycotter
55:02il n'y a pas d'autre mot
55:03les agents
55:04d'intelligence artificielle
55:06d'Anthropic
55:08qui était la seule société
55:10d'intelligence artificielle
55:11qui jusqu'à présent
55:12avait signé des contrats
55:13avec le Pentagone
55:14pour leur fournir
55:15des outils
55:15d'analyse
55:17qui facilitent
55:19notamment
55:20les bombardements
55:21les analyses de cibles
55:22et la surveillance
55:23des communications.
55:24On n'a pas anticipé
55:27que la controverse
55:28entre le Pentagone
55:29et le patron
55:30d'Anthropic
55:32puisse se détériorer
55:33au point
55:34où le Pentagone
55:35tape du poing
55:35sur la table
55:36et dise
55:37nous ne voulons pas
55:38travailler avec vous
55:39parce que
55:39si vous nous vendiez
55:40des missiles
55:41vous seriez en train
55:42de nous dire
55:42on vous vend des missiles
55:44mais on ne veut pas
55:44que ces missiles
55:45servent
55:47sur telle ou telle cible.
55:49Les modèles
55:50d'intelligence artificielle
55:51que le Pentagone
55:52achète
55:53si on écoute
55:54la direction
55:54de l'Anthropic
55:55ne devraient pas
55:56être utilisés
55:57pour faire
55:57la surveillance de masse
55:58ou pour permettre
55:59à des flottes
56:00de drones
56:01d'intervenir
56:03sans interaction
56:04humaine.
56:05Ce sont deux conditions
56:07que voulait imposer
56:08Anthropic
56:09et que le Pentagone
56:10a refusé
56:10et on vient d'apprendre
56:12à l'instant
56:12que le décret
56:14pris par Donald Trump
56:15qui interdit maintenant
56:17aux autorités fédérales
56:19de travailler
56:19avec Anthropic
56:20est mis en oeuvre
56:22le Trésor
56:22ne va plus travailler
56:23avec Anthropic
56:24débranche tous ses systèmes
56:26et les autres fournisseurs
56:28du Pentagone
56:29Lockheed
56:30Boeing par exemple
56:31sont maintenant
56:31enjoint
56:32de faire la même chose.
56:33Ah oui
56:33donc coup dur
56:34effectivement
56:34pour Anthropic
56:35qui va en profiter
56:36ça va se reporter
56:37sur qui ?
56:38Alors
56:38dans la foulée
56:39OpenAI
56:41a signé
56:42un accord
56:42avec
56:43le Pentagone
56:44pourtant
56:45pourtant
56:46M. Altman
56:46a précisé
56:47qu'il était
56:47plutôt
56:48plutôt d'accord
56:50avec la direction
56:51de Anthropic
56:51et que
56:52les principes
56:54que voulait poser
56:56Anthropic
56:56pour limiter
56:57l'utilisation
56:58des agents
56:59d'intelligence artificielle
57:00étaient finalement
57:01assez conformes
57:02à ce que souhaitait
57:02OpenAI
57:03mais il y avait
57:03clairement une opportunité
57:05du business
57:05sur laquelle
57:05OpenAI
57:06a voulu sauter
57:07toutefois
57:08attention
57:08il va falloir
57:09développer ses agents
57:10ce ne sont pas les mêmes
57:12ça va prendre
57:13des mois
57:13de débrancher
57:14ceux qui ont été
57:15mis en place
57:15avec Anthropic
57:16et des mois
57:17à constituer
57:18ceux qui vont
57:19permettre à OpenAI
57:20de travailler
57:22avec le Pentagone
57:23et il y a une autre
57:24société d'intelligence
57:25artificielle
57:26qui est en embuscade
57:27celle de Elon Musk
57:30avec XAI
57:31qui ne rêve que
57:32de décrocher
57:34des contrats
57:34avec la Pentagone
57:35et bien sûr
57:37en tout cas
57:37c'est passionnant
57:38on suit ça avec vous
57:39évidemment
57:40au coeur des débats
57:41merci Pierre-Yves Dugan
57:42notre correspondant
57:43américain
57:44pour Smart Bourse
57:46cette édition
57:47se termine
57:48merci de l'avoir suivi
57:50on se retrouve
57:51comme chaque jour
57:52à 17h
57:53dès demain
57:54en attendant
57:54vous pouvez réécouter
57:55cette émission
57:56bien sûr
57:56sur toutes les plateformes
57:57de podcast
57:57vous pouvez vous abonner
57:59à l'excellent Smart Trade
58:00une petite pastille
58:01sur ce qui se passe
58:02sur les marchés
58:02avec Pauline Grattel
58:03c'est également
58:04tous les jours
58:05voilà
58:05excellente soirée à tous
58:06je vous retrouve
58:06demain à 17h
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