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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:01BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité c'est Philippe Pascal qui est le président du groupe ADP.
00:16Bonsoir Philippe Pascal, merci d'être avec nous.
00:18On va rappeler que le ADP, vous êtes le gestionnaire bien sûr de Paris, Charles de Gaulle, d'Orly,
00:23mais aussi de 24 autres plateformes dont certaines sont dans la région qui est pour l'instant
00:28et sous le feu des bombes, des drones.
00:30On va revenir sur cette situation parce qu'on a vu que le nombre de vols était annulé,
00:35quel impact ça va avoir sur le trafic aérien, pour ADP évidemment.
00:40On a appris que le Dubaï allait reprendre des vols dès ce soir.
00:44En revanche Air France a annoncé prolonger la suspension de sa décert du Moyen-Orient jusqu'à jeudi inclus.
00:49Quelle est la situation ce soir Philippe Pascal ?
00:52Déjà quand on est gestionnaire d'aéroports, on essaye de prendre soin à la fois de son personnel et de
00:57ses passagers.
00:58Donc on a assuré la sécurité de nos personnels effectivement dans deux des aéroports
01:03qu'on opère dans la région concernée, c'est-à-dire l'aéroport d'Aman en Jordanie
01:06et l'aéroport de Médine en Arabie Saoudite.
01:10Ces aéroports sont impactés en termes de trafic comme l'ensemble de notre réseau.
01:14En fait on est dans un business qui est mondialisé,
01:16donc les impacts sont des impacts en chaîne au fur et à mesure sur le trafic.
01:21Donc concrètement les aéroports les plus concernés, Jordanie c'est 50% du trafic en moins,
01:26à Médine c'est 25% du trafic ces deux derniers jours qui ont été impactés.
01:30Par répercussion, notre aéroport à Delhi, qui est aujourd'hui notre aéroport le plus important en termes de nombre de
01:37passagers,
01:38l'impact est de l'ordre de 5 à 7%.
01:39A Paris, on voit bien que le trafic a été impacté à hauteur de 7% en nombre de passagers
01:47à CDG, 1% à Orly.
01:49En gros ça fait 300 vols qui vont être annulés entre maintenant et la fin de la semaine si les
01:56événements se poursuivent.
01:57Ce week-end ça a été 130 vols annulés pour 35 000 passagers.
02:01Oui, on a dit qu'il y avait à peu près sur les vols régionaux, il y avait à peu
02:05plus de 40% des vols qui étaient annulés.
02:08Oui tout à fait, c'est-à-dire qu'effectivement les principaux hubs du Moyen-Orient et les hubs du
02:14Golfe sont impactés,
02:15ce qui fait un volume de passagers assez conséquent.
02:18C'est une région qui draine et qui draine énormément de plateformes de correspondance,
02:22d'aéroports où le trafic foisonne,
02:26et notamment les fameux hubs du Golfe, qui fait que l'impact mondial est important.
02:31Le trafic aérien il avait repris, on reviendra sur vos chiffres,
02:34vous avez publié le 18 février,
02:38donc c'était le 2025, ça y est, c'était reparti,
02:40on avait oublié le Covid, enfin,
02:42et là ça va avoir un impact durable,
02:45c'est pas une crise qui va durer 3 jours, 4 jours,
02:47d'abord ne serait-ce que Donald Trump a dit qu'il fallait s'attendre à ce que cette crise
02:51dure au moins 4 semaines.
02:53C'est difficile à dire aujourd'hui, je ne suis pas forcément bien placé pour le dire,
02:57en revanche effectivement en termes de désorganisation du ciel aérien,
03:00c'est significatif,
03:02et même si ça devait revenir du jour au lendemain,
03:05les répercussions dureront plusieurs jours, plusieurs semaines,
03:08encore une fois, pour rétablir l'ensemble du trafic et les couloirs aériens nécessaires,
03:13ne serait-ce que coopérer entre deux aéroports.
03:15Alors concrètement, c'est quoi les répercussions ?
03:18C'est-à-dire que, comment vous gérez ça ?
03:20Au jour le jour, j'ai envie de dire,
03:22heure par heure, minute par minute ?
03:24Déjà, la gestion de crise, c'est dans l'ADN d'un aéroport,
03:27la gestion de crise importante, impactante, soudaine,
03:31mais aussi la gestion dans la durée, on l'a vu d'ailleurs sur le Covid,
03:34on sait gérer des crises, on est préparé pour ça,
03:37on a les procédures pour ça.
03:38Donc ça, c'est vraiment dans le cas...
03:40Oui, enfin, quand on voit, pardonnez-moi,
03:41mais quand on voit les images à Dubaï,
03:43alors vous direz que c'était Dubaï,
03:44mais qu'on voyait à l'aéroport de Dubaï,
03:46qui est un des plus grands hubs mondial,
03:50on se dit que c'est quand même pas évident à gérer.
03:52C'est pas évident à gérer, bien entendu,
03:55mais les procédures existent.
03:56Nous-mêmes, on n'a pas eu de passagers naufragés,
03:58alors qu'encore une fois, il y a eu 130 vols annulés.
04:02Et donc, c'est des procédures qu'on sait mettre en œuvre.
04:06Ce qui est difficile, c'est bien entendu,
04:07de réorganiser l'ensemble du circuit aérien.
04:10Et puis, lorsqu'il le faut,
04:13d'être solidaire avec l'ensemble du transport aérien.
04:15À Paris, en ce moment, on stationne entre 10 et 15 avions
04:18des pays concernés qui ne peuvent plus repartir.
04:20Et donc, on gère ce process au fil de l'eau.
04:23Et ça veut dire quoi, gérer concrètement ?
04:25Ça veut dire trouver les postes de stationnement,
04:27ça veut dire gérer les passagers,
04:29si ces passagers n'ont pas de vol de correspondance,
04:35leur trouver le logement nécessaire.
04:36On le fait avec l'ensemble de la communauté aérien portuaire,
04:39c'est-à-dire en lien avec les compagnies concernées,
04:41en lien avec les autorités,
04:43de telle manière à ce que tout ça se déroule de manière à le plus apaisée possible.
04:47Mais par exemple, vous gérez Amman.
04:49Vous venez de le dire, Adam Amman en Jordanie.
04:51Donc, on voit bien qu'il y a des drones qui passent au-dessus,
04:55en dessous, qui frappent.
04:56Comment faites-vous pour...
04:58Est-ce que vous envisagez la fermeture de Amman ?
05:00Alors, de toute manière, dès qu'il y a une mise en danger quelconque,
05:05on ferme.
05:05On préfère interrompre le trafic
05:07plutôt que de mettre en danger des passagers, nos salariés.
05:10Ça, c'est le premier commandement.
05:12Et donc, fermer, ça n'est pas forcément le problème le plus important.
05:16Le problème le plus important, c'est les difficultés,
05:19la mise en sécurité de nos collaborateurs et des passagers.
05:22Donc, quand il y a un doute sur la sécurité,
05:25l'aéroport ferme ou alors les vols sont suspendus.
05:28Ça n'est pas arrivé dans nos aéroports.
05:31À Amman, effectivement, un certain nombre de vols ont été annulés
05:34et ils ont été gérés de telle manière à pouvoir stationner les avions,
05:38à pouvoir s'occuper des passagers.
05:40Est-ce que les aéroports...
05:43Il y a même eu un appel de votre organisation,
05:46de l'aviation civile, qui a dit
05:48attention que l'aviation civile ne soit pas une cible,
05:51notamment pour les Iraniens.
05:53Est-ce que les aéroports, je veux dire,
05:54ce sont des cibles assez faciles pour frapper
05:58et frapper l'opinion ?
06:00Ce qui est certain, c'est que le trafic aérien
06:03est un objet qui est par essence mondialisé
06:05et qui donc fait l'objet d'une surveillance particulière.
06:09C'est par ailleurs des actifs qui sont stratégiques,
06:12qui sont vitaux pour un certain nombre d'États
06:15et tous les États, y compris en France.
06:17Et donc, c'est pour ça qu'ils sont particulièrement surveillés.
06:21Nous avons, notamment à Paris, des process précis.
06:24On a des process pour rassurer la sécurité des passagers.
06:28Mais est-ce que le niveau de sécurité a été upgradé,
06:33comme on dit ?
06:33Est-ce qu'il a été renforcé ?
06:35Des mesures spécifiques ont été prises ?
06:38Alors, nous, l'ensemble des procédures ont été renforcées
06:41à la veille des Jeux Olympiques.
06:42Et en fait, ce qu'on fait aujourd'hui,
06:44c'est décliner ces procédures avec des niveaux de crise
06:46qui sont passés au fur et à mesure,
06:47en fonction de la gravité.
06:49Aujourd'hui, à Paris, il n'y a pas d'éléments majeurs.
06:52En revanche, il y a une surveillance qui a été forcément accrue.
06:56À CDG, il y a 10 000 caméras.
06:58Il y a 3 000 personnels de police et de gendarmerie
07:01du transport aérien, donc à Paris-Charles-de-Gaulle.
07:04Donc, c'est des éléments qui sont au cœur de notre stratégie.
07:07Par ailleurs, on a également des systèmes élaborés, techniques.
07:11On est au meilleur niveau, notamment des détections de drones.
07:15Est-ce que vous avez déjà une estimation
07:17de combien ça peut coûter un impact pour vous,
07:21pour les aéroports, pour vous précisément, patron d'ADP,
07:25et puis aussi pour les compagnies aériennes ?
07:27Parce qu'évidemment, tout ça, ça demande
07:29de maintenir au sol des avions,
07:31de faire que les passagers puissent être relogés en attendant.
07:36C'est un coût énorme. Quel est le coût ?
07:38On peut déjà un peu l'estimer en 3-4 jours, là, ou pas ?
07:40Alors, on ne peut pas l'estimer en quelques jours.
07:42Ce qu'on peut juste dire, c'est que pour l'aéroport,
07:44nous, on a une perte de chiffre d'affaires
07:46qui est liée au moindre nombre de passagers,
07:49au moindre nombre d'avions.
07:50Ça, c'est très clair.
07:51Et combien ?
07:51Chiffre d'affaires, à ce stade, on n'estime pas.
07:55Encore une fois, c'est 35 000 passagers,
07:57donc ce n'est pas significatif aux bandes d'ADP à Paris.
08:01Dès lors que 35 000 passagers,
08:04c'est moins de 7 % du trafic.
08:06Donc, voilà, on a quelque chose...
08:08Donc, ça fait quoi, pardonnez-moi ?
08:09Ça fait quoi ?
08:10Je ne donnerai pas de chiffre.
08:11Non, mais quoi, c'est l'ordre du 5-7 %, 10 %,
08:13c'est quoi comme ordre de grandeur, si vous voulez ?
08:17Non, déjà, le trafic n'est pas forcément
08:19le seul élément du chiffre d'affaires du groupe ADP.
08:22Et encore une fois, comme vous l'avez dit,
08:24le groupe ADP, c'est 26 aéroports dans le monde.
08:26Donc, le risque est réparti,
08:28de telle manière qu'on puisse opérer.
08:30On a les relais de croissance à l'international
08:32qui sont suffisants avec des plateformes.
08:35Notamment aujourd'hui, vous voyez bien
08:36que la Turquie est un endroit qui est très survolé.
08:39On opère la plupart des aéroports turcs.
08:42On a ces éléments de contrepartie positive
08:46à un impact dans un pays.
08:47Enfin, rien, on sait bien que Dubaï, les Émirats,
08:52ce sont des hubs essentiels
08:54en termes de connexion pour le trafic international.
08:58Et deux, c'est là où il y a quand même
09:00une concentration de richesses extrêmement importante.
09:02Et notamment lorsqu'ils passent dans vos duty free shop
09:05ou qu'ils passent dans les duty free shop
09:07d'autres aéroports.
09:08Donc, l'impact, il va quand même être important.
09:10Surtout que, vous-même, vous l'avez dit,
09:13ça ne va pas s'effacer en quelques jours,
09:16même si ça reprend demain.
09:17Alors, déjà, peut-être pour être très clair,
09:20les hubs du Golfe ont et drainent énormément de trafic
09:23parce que c'est des plateformes de correspondance.
09:25Paris-Charles de Gaulle est le compétiteur,
09:28est le concurrent direct des hubs du Golfe.
09:29C'est ce que vous cherchez à être.
09:30C'est ce qu'on cherche à être.
09:32Et c'est tout le sens de nos plans d'investissement à venir.
09:35Et c'est tout le sens de la démarche qu'on entame
09:38aujourd'hui à Paris, restée dans la compétition mondiale.
09:40Donc, c'est bien ça qui fait que notre écosystème
09:44à Paris et plus largement au sein du groupe est résilient.
09:47– Mais est-ce que ça, justement, est-ce que ça veut dire,
09:51est-ce que vous allez jusque-là en disant,
09:52ça vient montrer que d'avoir que Doha, Dubaï,
09:57comme seule connexion, seule hub énorme
10:02dans le trafic aérien international, mondial,
10:06ça montre bien qu'on a besoin d'autres hubs,
10:08et notamment Paris-Charles-de-Gaulle ?
10:11– Exactement.
10:13– À votre avis, ça va être une des conséquences à moyen terme
10:16de la crise que nous vivons aujourd'hui ?
10:18– Non, je ne sais pas s'il faut en tirer des conséquences structurelles
10:21sur le long terme.
10:22Ce que je peux dire, c'est qu'effectivement,
10:24en Europe, on a la chance d'avoir des grands hubs.
10:26Paris-Charles-de-Gaulle en est un,
10:27avec 119 destinations desservies,
10:2970 millions de passagers,
10:32ça fait partie des plus grands aéroports du monde,
10:35et on a la chance que ça soit en France,
10:37tout particulièrement,
10:38et donc c'est ça qu'il faut qu'on préserve.
10:40– Oui, je suis d'accord,
10:41mais on voit bien, vous l'avez dit encore une fois,
10:43il y aura un impact sur le trafic aérien,
10:47il va se réorganiser après ce qui vient se passer.
10:50Il y aura quand même,
10:51ça va modifier un peu le trafic aérien.
10:54– Oui, peut-être, certainement,
10:57enfin encore une fois, il est un peu trop tôt pour le dire,
10:59il est un peu trop tôt pour le dire,
11:01si ce sera à court terme,
11:02à moyen terme ou à long terme,
11:04en revanche, il est très clair que quand vous avez
11:06un groupe ADP qui opère à Paris,
11:09à HUB, mais également à Delhi,
11:12mais également en Turquie,
11:13on a la capacité de faire face
11:16et de se nourrir, de se tracer.
11:19– Mais c'est une crise durable,
11:20au-delà d'ADP, pardonnez-moi,
11:22mais vous avez quand même une vision très large,
11:25Julie Pascal,
11:26est-ce que c'est une crise durable ?
11:29– Encore une fois,
11:30c'est difficile de le dire aujourd'hui,
11:32ce qui est certain,
11:33c'est qu'il va y avoir des impacts,
11:34des impacts au niveau mondial
11:36de réorganisation du trafic,
11:40après, est-ce que ça va changer la donne
11:43pour affaiblir les hubs du Golfe,
11:44pour profiter à d'autres hubs ?
11:46C'est vraiment trop tôt pour le dire,
11:47peut-être, encore une fois,
11:49nous on opère à Delhi, 78 millions de passagers,
11:52le plus gros aéroport du groupe,
11:53par rapport à Paris, 70, 72 millions de passagers,
11:58c'est quand même deux mastodontes
11:59qui peuvent, d'une manière ou d'une autre,
12:02servir de contrebalance à des événements au Moyen-Orient.
12:06– Donc, il y aura bien une réorganisation
12:07des flux aériens.
12:09– C'est le cas aujourd'hui,
12:11nécessairement,
12:11parce qu'une grande partie du ciel aérien est fermé,
12:15est-ce que ce sera durable ?
12:16C'est la question de savoir
12:17si la guerre elle-même sera durable dans cette région,
12:19et ça, personne ne le sait aujourd'hui.
12:22– Oui, mais ça veut quand même dire
12:24que ce système-là, autour de ces hubs,
12:27qui attirent des millions de passagers,
12:30il est sans doute un peu caduque aujourd'hui.
12:33Immense et faiblesse, en tous les cas,
12:34c'est fragilité.
12:35– Alors, ce qui est certain,
12:37c'est que l'une des forces de Paris,
12:38c'est que notre trafic en correspondance
12:40est significatif,
12:42notamment à Charles-de-Gaulle,
12:43c'est 30 à 35% du trafic,
12:46mais il y a 70%,
12:47qui est ce qu'on appelle de l'origine destination,
12:49du point à point,
12:50qui ne dépend pas des hubs,
12:51d'une logique de hub de correspondance,
12:53et qui dépend beaucoup
12:54du dynamisme touristique à Paris,
12:56de la place d'affaires de Paris.
12:58Donc, on a cet équilibre à Paris.
13:00– Est-ce qu'il y a une solidarité
13:02entre gestionnaires d'aéroports ?
13:03– Oui, incontestablement.
13:04– Et elles s'opèrent très régulièrement.
13:07– Par exemple ?
13:08– Aujourd'hui, très clairement,
13:10ne serait-ce que pour le stationnement
13:11des avions en Europe,
13:12il y a une répartition qui se fait,
13:14spontanément,
13:15et chacun communique entre nous,
13:18on a des associations,
13:19on a des procédures pour ça.
13:21– Il y a combien d'avions
13:24qui sont immobilisés en ce moment,
13:26à l'heure où nous parlons ?
13:27– Alors, à Paris-Charles-de-Gaulle,
13:29entre 10 et 15.
13:30– Oui, mais ailleurs,
13:31puisque vous parlez de solidarité.
13:32– Ailleurs, je ne vais pas vous donner le chiffre.
13:33– Non ?
13:33– Mais c'est quoi ça, ce chiffre en…
13:36– En centaines.
13:37– En centaines ?
13:37D'accord, donc ça, c'est un point important.
13:41Est-ce que vous vous parlez,
13:43parce que vous avez votre association internationale
13:47de l'aviation civile,
13:48est-ce que vous vous parlez,
13:49est-ce qu'il y a une réunion de crise
13:50par rapport à ce qui se passe ?
13:52– En fait, on a…
13:53– J'essaie de mesurer un peu l'urgence,
13:54vous voyez la situation.
13:55– L'urgence de la situation,
13:56en fait, il y a des procédures
13:58dès lors que le système est dit coordonné,
14:01c'est-à-dire que les aéroports
14:02se coordonnent entre eux.
14:03– Oui, mais aujourd'hui,
14:04est-ce que c'est le cas ?
14:05Ou pas encore ?
14:06– Bien entendu, c'est le cas tous les jours
14:08et dans toutes les situations,
14:10crise ou pas crise.
14:11Là, il s'avère que…
14:12– Il y a une crise.
14:13– Il y a une crise.
14:14Cette crise a des impacts,
14:15ce que je disais au tout début,
14:17différenciés,
14:18fortes au niveau des pays impactés
14:20et de plus en plus faibles
14:21au fur et à mesure
14:22que vous éloignez régionalement
14:23et en fonction des lignes
14:24qui sont desservies.
14:26Et donc, ceci est géré au jour le jour.
14:28Aujourd'hui, il y a plusieurs niveaux de crise.
14:31On n'est pas à l'ouverture
14:33de notre plateau de crise le plus élevé.
14:35– D'accord, vous êtes à quel niveau ?
14:37– On est juste au premier niveau.
14:39Donc, on arrive à gérer à Paris,
14:41j'entends bien.
14:43– Oui, mais dans les autres aéroports,
14:44puisque vous gérez 24,
14:45vous parlez de Amman, évidemment,
14:47même à Manus de Lille,
14:48même à Antalaya.
14:49Enfin, je veux dire, en Turquie,
14:50vous êtes un des plus gros opérateurs.
14:52– Antalaya, pardon.
14:53Aujourd'hui, encore une fois,
14:55la Turquie est la zone la plus survolée.
14:56Aujourd'hui, c'est là où passe
14:58le couloir aérien qui reste ouvert.
14:59Donc, c'est quand même plutôt une chance.
15:03Non, l'aéroport le plus impacté,
15:04c'est Amman, en Jordanie,
15:05où effectivement, la crise,
15:07elle, est gérée comme une crise de haut niveau.
15:09– Oui.
15:09Est-ce que vous savez,
15:10parce que les Allemands ont dit,
15:11le chancelier Allemand a dit
15:12qu'ils allaient essayer
15:13de trouver des moyens d'évacuer
15:16les ressortissants allemands
15:17qui étaient coincés dans la région du Golfe.
15:20Est-ce que vous savez,
15:21s'il y a quelque chose
15:22qui se met en place pour les Français ?
15:23– Alors, nous, nous sommes en lien
15:25avec les autorités françaises.
15:26À ce stade, à ma connaissance,
15:28il n'y a pas de décision.
15:29En revanche, nous préparons,
15:30si nécessaire, comme on le fait d'habitude,
15:32et on le fait assez régulièrement,
15:34la possibilité d'accueillir
15:35des vols de rapatriement.
15:36Oui, bien entendu,
15:36tout ça est déjà anticipé.
15:38– Vous avez, lorsque vous avez publié,
15:40ça fait tout juste un an,
15:42c'est votre baptême du feu,
15:44dans tous les sens du terme,
15:45Philippe Pascal,
15:45ça fait tout juste un an
15:46que vous avez pris la succession
15:47d'Augustien Dromanet,
15:48et vous avez publié vos chiffres
15:49il y a quelques jours,
15:50et vous avez affiché un record
15:52de passagers pour 2025,
15:55pour Charles de Gaulle
15:55et pour Orly.
15:56Est-ce que vous ne vous dites pas,
15:59tiens, on venait tout juste
16:00d'oublier, d'effacer la crise
16:03de la Covid qui vous a frappé
16:04très durement ?
16:05Est-ce que là, vous pensez
16:07que du coup, 2026,
16:09vous allez de nouveau avoir
16:10une baisse du nombre de passagers ?
16:13– Encore une fois,
16:14le trafic aérien est très résilient.
16:17On le voit bien,
16:17il est revenu après la crise,
16:19lentement,
16:20comme on s'était dit
16:21qu'il revenait,
16:21c'est-à-dire avec une reprise définitive
16:23en 2025-2026,
16:25c'est le cas aujourd'hui à Paris,
16:27ce n'est plus le même trafic.
16:29Paradoxalement,
16:30il y a beaucoup plus de jeunes
16:31qui voyagent qu'avant,
16:31des moins de 35 ans,
16:32c'est un passager sur deux,
16:34il y a de moins en moins
16:35de CSP+,
16:36maintenant,
16:37il n'y a plus que 14%
16:38de CSP+,
16:38dans un avion,
16:39donc on voit bien
16:40que ce n'est pas le même trafic,
16:43il y a toujours cette part
16:44de rêve de l'aérien,
16:45toujours l'envie de voyager,
16:46qui est très résiliente.
16:48– Pourtant, ce n'est pas
16:48très écologique,
16:49en tous les cas,
16:49beaucoup de jeunes vous disent
16:50« non, je ne prends plus l'avion,
16:51je ne prends que le train ».
16:52– En revanche,
16:53ce qui est effectivement,
16:54ce n'est plus le même trafic,
16:55c'est-à-dire qu'il n'y a
16:56que 70% du trafic national
16:59par rapport à 2019,
17:00donc on voit bien
17:01qu'on voyage beaucoup moins
17:02à l'intérieur de la France,
17:03il y a un trafic européen
17:04qui se tient au rythme
17:06du PIB européen,
17:07il y a un trafic international
17:08qui augmente
17:09et qui augmente
17:09assez fortement
17:10avec des dynamiques
17:12fortes aux Amériques,
17:13c'est-à-dire Amérique du Nord
17:14et Amérique du Sud,
17:15en dépison de tout
17:16ce qui a pu se passer,
17:17en Afrique aussi
17:18et de manière plus accessoire
17:20en Asie,
17:21même si le trafic
17:22est globalement revenu.
17:25– Donc c'est intéressant
17:26de vous dire
17:26que c'est surtout des jeunes
17:27qui voyagent aujourd'hui
17:28en avion ?
17:28– De plus en plus
17:29de jeunes de moins de 35 ans.
17:31– C'est un passager sur deux
17:33de jeunes de moins de 35 ans
17:34et qui consacre
17:37une partie de son budget,
17:38encore une fois,
17:39ce n'est plus des CSP+,
17:41une partie de son budget
17:42pour voyager,
17:44pour se faire plaisir
17:45avec une logique de voyage
17:48qui cherche à être
17:50de plus en plus soignée.
17:51On cherche nous-mêmes
17:52à accompagner
17:53cette nouvelle expérience
17:54du voyageur.
17:55– Vous savez,
17:55oui, c'est très nouveau
17:56parce que du coup,
17:57ça veut dire que les superbes
17:58duty-free shops,
17:59ce n'est pas forcément
17:59pour les jeunes
18:00qui consacrent une grande partie
18:02à financer ce voyage
18:04de leur budget.
18:06Ça va changer,
18:07ça va même modifier.
18:08– Non, au contraire.
18:09Au contraire,
18:10encore une fois,
18:11même si c'est des passagers
18:13qui sont moins CSP+,
18:15ils attendent du peu au voyage
18:17une expérience un peu plus unique,
18:19un peu plus premium.
18:20Et donc,
18:20c'est parfaitement en ligne
18:22avec la stratégie
18:23qu'on a pu pousser
18:25dès la sortie du Covid.
18:27– Cette dynamisme,
18:29cette dynamique, pardon,
18:30au niveau du nombre de passagers,
18:33elle s'inscrit en fait
18:34dans un trafic aérien
18:35qui a été très soutenu en 2025.
18:38Donc, est-ce que pour 2026,
18:40encore une fois,
18:42vous espériez avancer le crise
18:44que ce serait la même chose,
18:45voire plus ?
18:46– Alors, nous,
18:47on s'attendait à une année 2026
18:48toujours en croissance,
18:49mais un peu moins en croissance
18:51que les années précédentes.
18:52À Paris,
18:53entre 1,5 et 2,5% de croissance,
18:56je veux dire uniquement.
18:57Dans le reste du groupe,
18:59une croissance un peu plus forte,
19:00portée notamment par l'Inde.
19:01L'Inde,
19:02où la croissance
19:03est tout de même incroyable.
19:04On s'attend jusqu'en 2040
19:05à plus de 7% d'augmentation
19:07en moyenne tous les ans.
19:08– Oui, c'est vraiment la tête de pont,
19:10c'est votre futur…
19:11Enfin, c'est la tête de pont
19:12en fait de votre groupe d'ADP.
19:14Ce n'est pas Paris-Charles-de-Gaulle,
19:16c'est Noudélie.
19:17– En fait, le groupe est composé
19:18de trois principales entités,
19:20ADP à Paris,
19:22TAV Airport au Moyen-Orient,
19:24en Asie centrale,
19:26et puis GMR Airport en Inde.
19:29Et c'est vraiment trois piliers
19:30parfaitement équilibrés
19:31qui nous permettent d'être résilients.
19:33– Tiens, à propos de trafic aérien,
19:35il y a la taxe sur les petits colis
19:40qui maintenant s'imposent,
19:44est-ce que ça a un impact
19:45sur le trafic aérien ?
19:46Est-ce que vous pensez
19:46quel impact ça va avoir
19:47sur le trafic aérien,
19:48notamment sur Paris-Charles-de-Gaulle ?
19:50– Alors là, peut-être pour faire
19:51un tout petit pas de côté,
19:53déjà pour expliquer qu'au niveau européen,
19:55pour la première fois,
19:56les pays européens se sont mis d'accord
19:58pour mettre en place une taxe,
19:59une taxe sur ces petits colis.
20:01Cette taxe, elle doit rentrer en vigueur
20:02dans quelques mois.
20:03– Par contre, c'était le 1er mars, pardon, excusez-moi.
20:06– Parce que la France a souhaité mettre en place,
20:08en attendant, une taxe immédiatement,
20:12uniquement pour la France
20:15et qui est assez mal calibrée
20:17et pour le coup très impactante.
20:19C'est-à-dire qu'elle va générer tout de suite,
20:21dans les prochaines semaines,
20:23des départs, on estime à peu près
20:2550 vols cargo en moins à Paris.
20:34alors qu'il aurait suffi d'attendre
20:37la mise en œuvre de la taxe européenne
20:39de telle manière que cette distorsion ne se fasse pas.
20:41Parce que ces 50 vols,
20:42ils vont partir en Belgique
20:43et la marchandise, elle arrivera en camion.
20:46Et donc, on voit bien un peu l'aberration du système.
20:48L'Italie a voulu mettre en place cette taxe,
20:50la mise en œuvre
20:51et quelques jours plus tard, la retirer.
20:54Donc, la France serait bien avisée
20:56de pouvoir s'inspirer de ce modèle
20:58en attendant que cette taxe européenne
21:01entre en vigueur.
21:02La taxe est légitime.
21:04C'est la modalité,
21:05les modalités prises par la France
21:07qui sont un peu croquignolesques.
21:09– Et leurs 50 vols cargo par mois en moins,
21:14au total, il y en a combien qui arrivent à parier ?
21:17– C'est un gros tiers du trafic.
21:22Cargo, cargo, j'entends.
21:24Donc, c'est assez significatif.
21:26La difficulté étant de savoir,
21:2850 vols, c'est 50 avions,
21:33c'est un vol par avion.
21:34Mais la difficulté, c'est de savoir
21:37si ces vols partiront définitivement
21:39ou reviendront une fois que la taxe européenne
21:42sera entrée en vigueur
21:43et que la taxe française s'arrêtera.
21:45– Ah oui, donc c'est un manque à gagner
21:46important pour vous ?
21:47– Oui, avec potentiellement
21:49la question de l'irréversibilité.
21:52C'est-à-dire, lorsqu'ils vont partir,
21:54est-ce qu'ils reviendront ?
21:54On en doute.
21:56– Il y a en plus,
21:58vous avez publié des chiffres
22:00avec une hausse de votre chiffre d'affaires
22:02de près de 9% à plus de 6,7 milliards.
22:06Donc, c'était des bons résultats.
22:07Un bénéfice aussi en hausse,
22:09malgré une fiscalité pénalisante
22:11parce que vous aussi vous êtes impacté
22:13par cette taxe sur les grandes entreprises.
22:17Elle a un impact de combien ?
22:19– Alors, en cumulant à la fois
22:22la surtaxe de l'impôt sur les sociétés,
22:24que vous prenez toutes les grandes entreprises,
22:26plus toutes les taxes spécifiques de l'aérien
22:28qu'on nous a inventées ces dernières années,
22:30on a un impact supérieur à 300 millions d'euros par an.
22:33On avait un résultat net de 600 millions d'euros,
22:36on est redescendu à 300.
22:37Là, ce que vous décrivez,
22:38c'est la hausse qui nous a permis
22:40de passer de 300 à 380,
22:41on est encore loin des 600.
22:43Donc, on voit bien le poids de la fiscalité
22:45qui est très importante
22:46et qui se cumule entre le poids de la fiscalité
22:49des grandes entreprises
22:50et le poids de la fiscalité de l'aérien
22:52qui commence à peser sur le secteur.
22:55– Dernier point à propos de fiscalité
22:57ou du moins de bras de fer
22:57que vous avez avec votre autorité de régulation,
23:00l'autorité de régulation des transports.
23:02Un bras de fer sur l'autorité de régulation des transports
23:06vous a refusé d'homologuer
23:09les tarifs des redevances aéroportuaires.
23:11Vous en êtes où ?
23:13Parce que, normalement,
23:14une décision devait être prise.
23:17Je n'ai pas vu le résultat,
23:18mais peut-être que vous allez nous le donner ce soir.
23:20– Alors, ce qui est en jeu,
23:22au-delà des tarifs 2026,
23:23c'est la compétitivité du secteur à l'avenir
23:25et la capacité qu'on a à investir.
23:28Peut-être juste pour remettre un peu le…
23:30– Pour justifier ce que vous allez nous dire.
23:32Allez-y, Philippe Pascal.
23:33– Voilà.
23:34En fait, la régulation économique,
23:36elle s'explique par le souhait
23:38d'éviter que l'aéroport soit en monopole
23:41et abuse de ce monopole.
23:43C'est daté.
23:44Est-ce que, vraiment,
23:46les aéroports, aujourd'hui, sont en monopole ?
23:48On a passé tout le début de l'interview
23:49pour parler de la compétition,
23:51de la compétition mondiale,
23:52des impacts mondiaux.
23:53Est-ce qu'aujourd'hui,
23:54on peut considérer encore
23:55que cette régulation est adaptée
23:58à un aéroport en compétition mondiale ?
24:00– Qu'est-ce que vous allez proposer ?
24:01Il nous reste zéro seconde.
24:02Allez-y, Philippe Pascal.
24:03– Eh bien, on a proposé d'investir
24:04plus de 8,4 milliards à Paris
24:07ces huit prochaines années.
24:08Et pour ça, il faut des hausses de redevances.
24:12Nos infrastructures ne sont pas financées
24:14par le contribuable.
24:14Elles sont financées par l'entreprise
24:16sur les prix qu'on va pouvoir lever.
24:19Et donc, c'est ça qu'on cherche à faire,
24:20continuer à investir en France.
24:22– Oui, OK.
24:22Mais la proposition, c'est quoi ?
24:23– La proposition, c'est de continuer à travailler
24:26avec l'ensemble des parties prenantes,
24:27avec le soutien du ministre des Transports,
24:29à dialoguer avec l'autorité de régulation.
24:30– Et contre l'autorité de régulation des transports ?
24:32– L'objectif, c'est qu'on trouve le bon équilibre
24:35pour qu'enfin, on puisse réinvestir en France.
24:37– Mais est-ce que vous l'avez trouvé ?
24:40– On discute.
24:41– Ah oui, vous discutez encore.
24:43– On a bon espoir de le trouver
24:44parce que cette opération de réinvestissement
24:46est d'intérêt national.
24:47– Il y a peut-être un coup près
24:48qui va tomber, non, quand même ?
24:49– Le process est long
24:51et on pense que cette discussion sera constructive
24:53parce que l'opération est d'intérêt national
24:55et qu'elle est supportée.
24:57– Oui, ça c'est vos arguments,
24:58mais est-ce que ça convainc
24:59l'autorité de régulation des transports ?
25:02– Ça heurte quand même le bon sens
25:04si ADP ne peut pas investir 8,4 milliards en France.
25:06– Et vous avez le résultat des courses quand ?
25:09– À la fin de l'année.
25:11– Ah, à la fin de l'année ?
25:12Ah oui, donc ce n'est pas pour tout de suite.
25:13On est au début de l'année, Philippe Pascal.
25:15– Vous pourrez me réinviter.
25:16– D'accord, on a de quoi vous réinviter.
25:17Merci beaucoup d'être venu malgré la crise ce soir
25:20ici dans les studios de BFNSS.
25:22– Merci beaucoup, Philippe Pascal.
25:23Le patron du groupe ADP, dans un instant,
25:25justement, on va parler sur cette crise,
25:26un peu quel scénario, qu'est-ce qui peut se passer.
25:28On va en parler avec Bertrand Besancenot,
25:31diplomate, c'est l'ancien ambassadeur de France
25:32au Qatar et en Arabie Saoudite.
25:34Philippe Chalmin qui est économiste,
25:35qui est président du fondateur Cyclope.
25:37Il y a un impact évidemment sur le pétrole et le gaz.
25:40Et puis Djilali Benchaban
25:42qui est consultant en stratégie et en géopolitique.
25:44À tout de suite.
25:44– Le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFN Business.
25:51– Sous-titrage ST' 501
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