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  • il y a 7 mois
Vendredi 20 juin 2025, retrouvez Jean-Pierre Martin (Cofondateur, Mobilivre), Charlotte Perrier (coordinatrice réseau des startups filière foret bois, WoodTech), Vincent Mercier (chargé de projets, Product DNA), Loic Plauche Gillon (PDG, Timbtrack), Stéphane Maureau (Directeur général, UNITe) et Nathalie Parraga (Socio-coiffeuse) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce grand format de Smart Impact, une heure d'émission pour creuser les enjeux de transformation environnementale et sociétale avec un grand entretien, 26 minutes tout à l'heure face à une personnalité qui compte dans notre économie et cette question.
00:22Êtes-vous prêt pour l'impact ? Je la pose cette semaine à Stéphane Moreau, président du directoire du groupe UNIT. On sera au cœur des enjeux des énergies renouvelables.
00:31Auparavant, pour ouvrir cette émission, je reçois dans une minute Jean-Pierre Martin, le cofondateur de Mobilivre, une librairie itinérante et co-responsable pour partager la passion de la lecture et soutenir aussi les éditeurs locaux.
00:44Notre débat, il portera sur le bois comme matériau de construction. On verra comment concilier performance économique, gestion durable des ressources et responsabilité environnementale.
00:54Et puis dans notre rubrique start-up et innovation, vous découvrirez la socio-coiffure et ses artisans qui exercent en milieu médical, socio-médical pour les personnes les plus fragiles.
01:06Voilà pour les titres, c'est parti pour ce Smart Impact en format XXL.
01:14L'invité de ce Smart Impact, c'est Jean-Pierre Martin. Bonjour.
01:20Bonjour.
01:21Bienvenue. Vous êtes le cofondateur de Mobilivre. Vous l'avez créé avec Christophe Duvernois.
01:25C'est une librairie itinérante et éco-responsable. Déjà, je veux bien remonter à l'origine. Comment vous avez eu l'idée ?
01:32Alors, merci de me recevoir.
01:35C'est parti d'abord. Et puis, c'est une idée que j'ai eue dans ma vie d'avant, parce que là, je suis retraité. J'ai été patron d'une agence d'événementiel que j'ai fermée en 2024, début 2024, pour prendre ma retraite.
01:49Et j'organisais, les dix dernières années, des tournées des plages pour une librairie itinérante pour un gros éditeur parisien.
02:00OK.
02:00Donc, on faisait les plages et tout ça. Et les gens me disaient, mais c'est bien. Ça marque bien l'été. Mais nous, on aimerait bien le voir en ruralité, parce qu'il n'y a personne.
02:09Il a fallu qu'il y ait un appel d'offres, un appel à projets du ministère de la Culture en 2021, en plein moment de Covid. C'était les alternatives vertes dans le domaine de la culture.
02:23Donc, vous avez quatre heures. On y a répondu. On s'est bien marrés.
02:27Et ça a donné Mobilivre.
02:28Et ça a donné Mobilivre.
02:29Alors, c'est quoi le principe ?
02:30Alors, le principe...
02:31C'est un bouc-bouc, c'est ça ?
02:33C'est un bouc-bouc. Alors là, un bouc-bouc, c'est quoi ? C'est un tuktuk électrique que l'on est allé chercher en Turquie.
02:39Grâce à un autre de mes associés qui est turc et qui nous a trouvé cet engin. Il y en a plein dans les rouges d'Istanbul.
02:46C'est pour la logistique du dernier kilomètre en Turquie. Donc, voilà. Et nous, on est les premiers à l'importer en France.
02:53Et vous l'avez gavé, le livre.
02:54Et on l'a transformé en librairie mobile. On a mis des rayonnages.
02:59Tout ça. Et puis, il y a un libraire qui conduit... Un ou une libraire qui conduit, en l'occurrence, une libraire, là, sur Uzès, au lancement, la librairie.
03:09Et qui fait tous les villages, les petits bourgs concernant la communauté de communes du pays d'Uzès.
03:18Alors, parce que vous venez de le lancer, effectivement, dans le pays d'Uzès, ça suppose quoi, déjà, si on comprend bien ?
03:24Déjà, un partenariat avec quoi ? Un libraire ou des libraires localement ?
03:27On est en partenariat avec une librairie locale. Et ça sera tout le temps comme ça. On n'est pas là pour venir... C'est pour agrandir un peu l'achalandage des librairies locales,
03:39mais qui sont bloquées de fait à leur petite ville. Là, en l'occurrence, Uzès, il y a 20 000 habitants, je crois.
03:47Donc, c'est cette librairie qui fournit les livres. Absolument.
03:52On les commande ? Comment ça marche ? Moi, je vis dans un petit village du pays d'Uzès. Comment je fais ?
03:57Eh bien, voilà. Vous allez sur l'application. On a monté une application qui regroupe les éditeurs, éditeurs indépendants et éditeurs, gros éditeurs,
04:07qui regroupe les lecteurs et qui regroupe les libraires. Donc, vous allez, vous choisissez votre librairie, vous en l'occurrence Uzès,
04:15et puis, on vous dit à quelle heure et à quel jour passe le bouc-bouc dans tous les petits villages.
04:22Et puis, les animations qu'on peut y faire. Il faut savoir que là, pour la première édition, on est parrainé par Mathias Malzieux,
04:28du groupe Dionysos, qui viendra le 3 et 4 juillet à Uzès, pour nous faire un peu...
04:35Et puis, on va le balader un peu en bouc-bouc dans les petits villages.
04:39Vous aurez peut-être la surprise, si vous habitez dans la région, de tomber en plus sur le...
04:42Sur le... de Dionysos.
04:45De Dionysos. Et donc, l'idée... Alors, on a bien compris. On va reparler du système et de ce que ça représente pour les libraires.
04:51Peut-être aussi pour les petits éditeurs indépendants, parce que c'est important.
04:54Mais l'idée, c'est quand même de créer du lien social, évidemment.
04:56Alors, recré...
04:57Qu'est-ce qui se passe quand le bouc-bouc arrive dans un village ?
04:59Le mantra de mobilivre, c'est remettre le libraire au milieu du village.
05:03Oui.
05:03D'accord.
05:04Alors, recréer du lien social, notre mantra, c'est de dire un commerce qui se ferme en ruralité, c'est une ville qui se meurt, enfin, un village qui se meurt et un bourg qui s'éteint.
05:17Donc, on ramène la lecture et par le biais de la lecture et de la culture, on ramène de la vie sociale.
05:24Parce que qu'est-ce qui se passe ? La librairie itinérante, le bouc-bouc, il s'installe pour quoi ? Quelques heures, une demi-journée ?
05:31Quelques heures, en fonction des événements qu'il peut y avoir, ça peut être un marché, ça peut être un tiers-lieu qui a une animation, ça peut être une activité sociale qui se passe, ça peut être une médiathèque, voilà, qui a envie de voir, ça peut être un club de lecture, les gens peuvent se regrouper en clubs de lecture, et nous, on se déplacera le bouc-bouc pour faire un peu comme les Tuperoirs, les réunions Tuperoirs, voilà, on vient présenter...
05:54Et même du cinéma, j'ai vu ça, vous avez posté des films.
05:57Pour l'instant, c'est encore en développement, mais on est allé voir, en fait, c'est le même système, les petites librairies indépendantes souffrent, les cinémas indépendants souffrent aussi, en ruralité, donc on est allé voir la salle de cinéma du ZES, et puis on lui a demandé de faire la même chose, donc de projeter des films.
06:19Là, en l'occurrence, on va projeter le film de Mathias Manzul, le 4 juillet, en ruralité, dans un petit village qui s'appelle Bourdique, dans les Chais, d'un établissement qui vend du vin, avec lequel on est en partenariat.
06:33On va projeter le club, et puis les gens réunissent, et en même temps, ils auront le loisir de goûter du vin.
06:38Ça fait beaucoup de plaisir.
06:40Ça fait une animation.
06:42Donc, on a bien compris, ça peut servir aux libraires locaux, aux cinémas indépendants locaux, et aussi aux éditeurs indépendants.
06:51Ça, c'est une dimension que je trouve intéressante.
06:54Alors, les éditeurs indépendants, il faut savoir qu'il y a plus de 6 000 éditeurs en France.
06:58Enfin, c'est les chiffres que j'ai en tête, mais on n'est pas loin.
07:01Là-dessus, peu de lecteurs connaissent tous les éditeurs indépendants.
07:08Or, il y a de la lecture qui se fait, et ils n'ont pas beaucoup de voix au chapitre,
07:13parce qu'ils ne sont pas aussi développés dans la diffusion, dans la distribution.
07:17Donc, l'idée, c'est d'amener un autre monde de lecture en ruralité,
07:21pour faire découvrir des nouveaux auteurs, des nouveaux éditeurs,
07:26et puis leur dire, il y a une autre lecture qui existe.
07:28« Si vous aimez tel type de lecture en grands éditeurs connus, essayez celui-là, vous verrez. »
07:38Et puis, c'est les lecteurs qui décident, surtout.
07:41Et dans notre principe, les algorithmes font que, vous soyez petit ou gros,
07:46la mise en valeur est exacte, est identique.
07:50C'est quoi les premiers retours d'expérience ?
07:52Parce que les premières tournées ont eu lieu, là-dessus ?
07:53Alors, c'est plutôt bien.
07:56On a déjà 25 éditeurs qui sont inscrits sur notre application.
08:01Donc, ça ne fait même pas deux mois qu'elle est sortie, donc c'est énorme.
08:05On a plus de 350 livres qui sont présentés.
08:09On a à peu près 15-20 lecteurs qui ont commencé à s'inscrire du pays de Buzas.
08:16Et puis, on a surtout une communauté qui nous suit en followers sur Instagram.
08:22On est à plus de 2500.
08:24Donc, voilà.
08:25On est dans une mouvance qui grandit bien.
08:30C'est tant mieux, parce que maintenant, il va falloir développer.
08:32Alors, justement, c'était la question que j'allais vous poser.
08:34Parce que, bon, là, ça existe au pays du Buzas, mais ça pourrait exister.
08:37J'imagine qu'il y a plein de gens qui vivent dans des milieux heureux.
08:40Ils disent, mais nous aussi, on le veut, le mobilier.
08:41Comment le développer ?
08:43Alors, comment on le développe ?
08:44Là, on est sur une levée de fonds, clairement.
08:47On est en train de préparer une nouvelle levée de fonds pour fin août.
08:52Et puis, on se développera aussi vite.
08:54Il faut savoir que Buzas est en la première librairie, la librairie de la Place aux Herbes.
08:59On a une autre librairie qui va s'inscrire sur le Havre.
09:03Et une autre sur Lyon, la semaine prochaine.
09:06Et ensuite, on a de bon espoir d'en ouvrir une dans le coin de l'Aubrac, dans un petit village de l'Aubrac, avec une libraire indépendante.
09:16Donc, levée de fonds, ça veut dire quoi ? C'est des investisseurs ? C'est des banques ?
09:19C'est des investisseurs.
09:20Alors, on cherche des investisseurs plutôt portés sur le social, la culture et le social, ce qui n'est pas forcément évident.
09:28Et puis, on est en recherche. On aimerait bien trouver quelqu'un, genre Maïf, MGEN, des gens comme ça, qui s'occupent aussi de la lecture.
09:41Oui, et puis qui sont dans cette logique aussi de maillage territorial.
09:45C'est quoi le modèle économique ? Alors, vous êtes la retraite, votre cofondateur aussi.
09:49Mon associé cofondateur aussi.
09:52Notre modèle économique, c'est un abonnement après sur le web.
09:56On a une version, il va y avoir une version premium, mais j'invite tout le monde à s'inscrire, parce que pour l'instant, la version premium est gratuite pendant un petit bout de temps encore.
10:05Et puis ensuite, ensuite, abonnement et puis le bookbook est mis à disposition gracieusement aux libraires pour qu'ils viennent.
10:16Il y a une dimension dont on n'a pas encore parlé, c'est les élus locaux, les maires.
10:21Alors, est-ce qu'ils ne sont pas préconnantes ? Est-ce qu'ils vous soutiennent ?
10:26Les difficultés actuelles des budgétaires, voilà.
10:31Alors là, on est soutenus par la communauté de communes du pays de Buzas, que je remercie d'ailleurs, M. Verdier, le président Verdier.
10:37Et pour l'instant, au ministère de la Culture, on attend un peu de voir ce qui va se passer, mais les budgets ne sont pas...
10:50Les réductions budgétaires sont carrément en place, donc...
10:53Tout le monde cherche à faire des économies.
10:55Mais c'est... Bon, évidemment, il peut y avoir un ministère de la Culture, mais c'est quoi ?
10:59C'est à la dimension d'une communauté de communes, d'un département ou d'une région qui...
11:04Département, département, région, pour se développer.
11:09Et clairement, nous, on s'attend à ce que les lecteurs, surtout, s'inscrivent pour créer notre indépendance financière.
11:17Oui, avec... J'ai vu en préparant l'émission que vous voulez devenir une société coopérative d'intérêt collectif.
11:22Absolument. C'est quoi cette idée ?
11:23Une SIC.
11:25L'idée à terme, dans 3-4 ans, c'est de transformer cela en SIC pour que cette librairie immobilivre,
11:31enfin, cette société immobilivre appartienne à ses lecteurs, aux éditeurs et aux libraires qui l'ont fondé et qui seront abonnés.
11:40Merci.
11:40Et là, je pourrais prendre ma retraite.
11:42Vraiment ?
11:43Ma femme sera contente.
11:45Merci beaucoup, Jean-Pierre Martin et bon vent à Mobilivre.
11:48On passe à notre débat, le bois comme matériau de construction.
11:58Le débat de ce Smart Impact, on parle du bois comme matériau de construction.
12:02Trois invités aujourd'hui, Charlotte Perrier, bonjour.
12:04Bonjour.
12:05Bienvenue, vous êtes la coordinatrice réseau des startups filières Forêt Bois de la Woodtech,
12:09avec Xilo Futur.
12:11Vincent Mercier, bonjour.
12:13Et bienvenue, chargé de projet chez Product DNA.
12:16Et Loïc Ploche-Ginon, bonjour et bienvenue.
12:18Bonjour.
12:18Le président de TeamTrack.
12:19On va démarrer par des questions de présentation.
12:22Qui fait quoi ?
12:23Je commence avec vous.
12:24Xilo Futur, en quelques mots, c'est quoi ?
12:26Un pôle de compétitivité, c'est ça ?
12:28Exactement, Xilo Futur, c'est le pôle de compétitivité de la filière Forêt Bois.
12:33Son rôle, c'est de faire émerger des projets innovants dans la filière.
12:36Donc on travaille à mettre en relation les besoins des entreprises avec les ressources institutionnelles,
12:42les laboratoires de recherche.
12:43Ça a été créé par l'État, c'est ça ?
12:45C'est une filière ?
12:46Tout à fait, le pôle fête ses 20 ans cette année.
12:50Product DNA, en quelques mots.
12:51Vincent Mercier.
12:52Un organisme qui accompagne les entreprises dans la découverte de leur chaîne d'approvisionnement,
12:57que ce soit pour la gestion des risques, la connaissance de leur écosystème,
13:01ou la communication auprès de différentes parties prenantes.
13:04D'accord.
13:04Et TeamTrack ?
13:06Alors TeamTrack, nous on est une société vraiment axée sur la technologie forestière,
13:09où on accompagne les forestiers sur un pôle très forestier avec de l'intelligence artificielle,
13:14notamment la prise d'images satellites, qu'on centralise sur une plateforme
13:17pour aider le forestier à mieux appréhender, pour mieux agir demain.
13:20Et on a un pôle très bois, industrie du bois, exploitation forestière et scierie,
13:25pour accompagner sur la traçabilité par des technologies RFID, notamment,
13:29de la forêt jusqu'à la première transformation,
13:32et aussi répondre à tous les enjeux réglementaires de la RDUE, notamment.
13:35Dont on va parler, RDUE, c'est la réglementation sur la déforestation apportée.
13:40Vous avez employé un site que je n'ai pas compris, Technologie ?
13:43Technologie, oui, ça c'est notre...
13:45Non, non, non, non, je ne sais plus quelle est...
13:47RFID.
13:47RFID, c'est pourquoi.
13:48Moi, si je ne comprends pas, mes téléspectateurs et téléspectatrices ne comprennent pas non plus.
13:51Alors, les RFID, je vais vous donner un exemple qui est très simple.
13:54Vous connaissez tous Decathlon aujourd'hui.
13:56Oui.
13:56Decathlon a intégré, en fait, dans ces magasins, des technologies RFID.
14:00Vous posez votre produit dans un bac quand vous arrivez à la caisse,
14:02il est lu automatiquement.
14:03Ok.
14:04Et nous, on fait pareil dans le bois, voilà.
14:05C'est une lecture à distance qui permet d'automatiser, de...
14:10Voilà.
14:10Tout simplement, c'est super.
14:12Merci beaucoup.
14:12Qu'est-ce qui vous réunit ?
14:13Expliquez-moi.
14:14Écoutez, je pense que ce qui nous réunit, c'est la Woodtech,
14:17qui est en fait un des services de Xilo Futur.
14:19La Woodtech, c'est le réseau national des startups de la filière.
14:23Donc, c'est un outil dont s'est doté le pôle pour réunir, effectivement, toutes ces initiatives,
14:29ces jeunes entreprises innovantes.
14:31Donc, c'est un service d'accompagnement spécifique.
14:33Donc, Product DNA est partenaire de la Woodtech.
14:37TeamTrack est membre, depuis ses débuts, je pense, de la Woodtech, qui a été créée en 2021.
14:42Et aujourd'hui, ce qui nous réunit, c'est toutes les initiatives qu'on porte en commun
14:46pour aller vers plus de visibilité, vers ces initiatives.
14:49Et une sorte de catalogue de solutions, c'est ça, que vous proposez ?
14:54Alors oui, ça, c'est le dernier projet qu'on a mené ensemble.
14:58On a animé un groupe de travail.
15:00Product DNA est venu nous trouver en remarquant une problématique
15:04qui était la traçabilité du bois.
15:08Et on a porté et coordonné une action avec l'ensemble de nos startups
15:12qui sont porteurs de solutions et les professionnels de la filière,
15:15mais aussi des institutionnels et des centres techniques
15:17pour comprendre quels étaient les enjeux, quels étaient les besoins
15:21et comment les startups pouvaient y répondre.
15:23Et on a donc publié, enfin là, l'impression est en cours,
15:27un catalogue de solutions digitales qui sont portés par nos startups
15:31et qui permettent à la filière de se mettre en conformité avec la RDUE,
15:35mais aussi d'accélérer leur transition numérique.
15:38Et on en a besoin dans notre filière.
15:39Alors, RDUE, c'est ce règlement européen contre la déforestation
15:42et la dégradation des forêts qui entre en vigueur à la fin de l'année,
15:46sauf pour les petites, les micro-entreprises, ce sera fin 2026.
15:49Il a été retardé d'une année, si je ne me trompe.
15:52Qu'est-ce que ça change ?
15:54Et en quoi ce catalogue, Vincent Mercier, va offrir finalement des solutions potentielles ?
16:00En fait, aujourd'hui, dans la filière bois, dans la plupart des industries,
16:03il y a des enjeux qui sont présents.
16:05La digitalisation, la vigilance raisonnée,
16:08la gestion de ces risques, la connaissance de ces filières d'approvisionnement.
16:12La RDUE cristallise un peu tout ça sous le prisme d'une réglementation
16:19avec le besoin pour toute la filière de documenter chaque étape de production.
16:25Elle permet et elle demande de digitaliser pour pouvoir assurer aux consommateurs
16:33que le bois qui est présent sur son produit est issu de forêts gérées durablement.
16:37D'accord. Et qu'ils ne viennent pas de l'autre bout du monde
16:40ou qu'ils ont été gérés d'une façon non durable ?
16:43Ils peuvent venir de l'autre bout du monde.
16:44Si ça a été bien géré.
16:45Si effectivement, ils répondent à ces spécifiques.
16:47Et donc là, il y a des solutions qui existent déjà ou qu'il faut développer ?
16:52Les deux, j'ai envie de vous dire.
16:53Effectivement, si on présente ce catalogue, c'est qu'il y a des solutions pertinentes,
16:57concrètes et applicables tout de suite.
16:58Alors moi, je veux des exemples. Soyons concrets.
17:00Parlons de TeamTrack, je pense, pour le début de la filière,
17:02qui est vraiment pertinent pour, je te laisserai parler Loïc,
17:06mais pour vraiment la partie amont.
17:08Et puis peut-être Loïc parle-y en premier,
17:10puis je parlerai de ma partie après, puisqu'on vient se greffer à vous.
17:12Alors, on fait dans l'ordre. Donc début de la filière.
17:14Alors début de la filière, effectivement, l'enjeu principal,
17:18c'est de pouvoir tracer le bois qui est exploité aujourd'hui.
17:23Donc c'est accompagner les exploitants forestiers et les scieurs,
17:25notamment dans le premier achat de leur bois,
17:28qui va être la première étape aujourd'hui pour avoir un bois bien tracé,
17:31et répondre aux normes qui arrivent, RDEU notamment.
17:34Donc voilà. Donc nous, ce qu'on essaye de faire chez TeamTrack
17:36et ce qu'on a mis en place, et ce qu'on a présenté à Forexpo notamment,
17:39c'est des...
17:39Forexpo, c'est un salon qui a lieu à partir du 18 juin dans les Landes,
17:43à plus de 10 ans.
17:44Voilà. Exactement.
17:45Et c'est de pouvoir accompagner sur deux volets
17:47la traçabilité physique du bois, ce que j'expliquais en préambule,
17:52du bois de la forêt jusqu'à la transformation.
17:54Voilà. Et le deuxième point, c'est de répondre aux aspects réglementaires.
17:58Et ça, c'est d'automatiser un petit peu la filière
18:00et de digitaliser, de numériser la filière qu'on a grandement besoin.
18:04Ce que j'aime bien dire, c'est que la forêt a 15 ans de retard
18:07sur nos cousins agriculteurs en termes de digitalisation.
18:11Mais on y arrive.
18:12Les signes sont encourageants.
18:13Voilà.
18:14Alors, je vais poser une question de volontaire, de béotien.
18:17C'est-à-dire que le bois, il est pucé en quelque sorte ?
18:19Il a un QR code ? Comment vous l'identifiez ?
18:21Alors, il y a plein de façons.
18:23Nous, c'est vrai qu'on intègre un petit peu de technologie
18:24avec la technologie RFID.
18:26On peut toujours le tracer via des plaquettes forestières
18:31qu'on met à la...
18:32Ce ne sont pas des gros mots, mais à la culée de l'arbre.
18:34Voilà.
18:35Pour pouvoir identifier soit par des codes barres,
18:37des numéros, des QR codes,
18:39ou des technologies RFID.
18:40Ça, c'est une des possibilités.
18:41Voilà.
18:42Après, il y a l'intelligence artificielle,
18:43la photogrammétrie qui arrive aussi,
18:45qui peut lire les cernes de l'arbre
18:47pour pouvoir l'identifier de façon très précise.
18:49Donc, tout ça.
18:50Et en cours de travail, il y a plein de technologies qui arrivent.
18:52C'est passionnant.
18:53Oui.
18:53Ça l'est déjà et ça le sera encore plus.
18:55Donc, ça, c'est la première étape.
18:57Ensuite, c'est ce qui se passe.
18:58Et ensuite, quand ce bois sort de la scierie
18:59ou de la transformation,
19:00c'est là où nous, on vient collecter la donnée
19:02pour chaque étape de deuxième transformation.
19:05Et puis, jusqu'à la mise sur le marché final,
19:07que ce soit dans une caravane,
19:08pour du bois de construction sur un chantier,
19:11un mur à haussature bois,
19:12comme il y avait au village des athlètes, par exemple.
19:15Et c'est là où nous, on vient collecter toute cette donnée.
19:17Des différences pour la réglementation anti-déforestation,
19:21preuves liées à cette réglementation,
19:24mais aussi de la donnée parfois un peu plus spécifique,
19:26le mix énergétique de l'usine,
19:29si par exemple, elle est vertueuse et travaille avec du solaire.
19:32On saura tout sur le bois et celles et ceux qui le produisent.
19:36Il y a donc ce salon, la Florexpo, qui se tient dans les Landes.
19:40On va y découvrir d'autres innovations.
19:44Ça dure quoi ? Quelques jours ?
19:46Ça dure trois jours complets.
19:48Effectivement, il y a dix startups qui nous accompagnent.
19:52Ça va être une première pour autant de startups
19:55sur ce salon qu'elle y a tous les quatre ans.
19:57Donc, ça montre aussi le dynamisme de la filière
20:00et son intérêt, en fait,
20:03pour aller vers de l'innovation et de la digitalisation.
20:06On a été soutenus par le syndicat Sylvie Colle du Sud-Ouest
20:10qui a vraiment contribué, même financièrement,
20:12pour accompagner les startups et leur permettre d'exposer
20:15et de faire un village très attractif.
20:18Et effectivement, il y a d'autres solutions.
20:20Donc, il y a des solutions de digitalisation,
20:23mais qui permettent aussi l'optimisation de la gestion forestière, par exemple.
20:26On va avoir des biostimulants
20:29pour permettre d'optimiser l'emprise
20:33et l'enracinement des jeunes plants.
20:36Il y a un drone qui a des seedballs
20:39qui permet de reforester très rapidement des parcelles.
20:43Voilà.
20:43Donc, il y a...
20:44C'est le drone qui plante,
20:45qui jette les graines, pardon,
20:48d'employer volontairement des mots de quelqu'un qui n'y connaît.
20:50Je vous l'ai fait en anglais.
20:52Donc, ça, c'est un projet qui est porté par des étudiants de l'ESB
20:57et donc, qui est l'école supérieure du bois.
21:01Et effectivement, qu'on a sponsorisé,
21:03qu'il n'y avait pas les moyens, par exemple, de venir exposer.
21:05C'est toujours un enjeu de venir exposer sur des salons
21:07pour des jeunes entreprises.
21:09Et donc, grâce au CISO, grâce à la WUTEC, grâce à Xilo Futur,
21:12ces jeunes vont pouvoir faire des démonstrations de ce drone.
21:15Donc, on est très fiers de pouvoir accompagner ces innovations.
21:19On est dans une filière.
21:21Alors, ce bois, il sert à quoi ?
21:22Essentiellement à la construction ou pas que ?
21:25Oui, oui.
21:27C'est vrai qu'on parle beaucoup de construction bois.
21:29C'est des sujets au plus haut point qui reviennent sur le terrain.
21:32Mais après, le bois peut être...
21:34Je pense que Charlotte, tu pourras mieux en parler que moi,
21:36mais peut être adapté à plein de situations.
21:39On en parle dans l'énergie renouvelable,
21:42dans le bois énergite,
21:44pour aller chauffer des collectivités, par exemple, etc.
21:48Donc, le bois, en fait, est un matériau intemporel.
21:52On peut l'utiliser partout, où on veut.
21:54Mais alors, sur la construction...
21:56Alors, là encore, je passe souvent sous le périphérique parisien.
21:59Il y a un immeuble qui vient d'être construit,
22:02qui doit faire, quoi, peut-être 7-8 étages,
22:04par WOUD et HOME, si je ne me trompe.
22:08Jusqu'à combien d'étages on peut monter avec une construction bois ?
22:12Ce n'est pas la colle du jour, mais...
22:13Je me colle un petit peu, parce qu'il y a une tour à Bordeaux,
22:15je crois, qui tient le record.
22:17Alors, je ne pourrais pas vous dire exactement le...
22:1855 mètres de haut, il n'y a pas que du bois.
22:21Il y a... Qu'est-ce qu'il y a ?
22:22Comment on associe les matériaux pour avoir une tour la plus bois possible ?
22:26Vous voyez ce que je veux dire ?
22:27C'est une excellente question.
22:28Alors, ça va me permettre d'en briller un petit peu sur un autre projet
22:31qu'on est en train de coordonner.
22:34Alors, effectivement, quand vous avez une grande hauteur,
22:36vous avez un socle en béton, c'est inévitable,
22:39des cages d'ascenseurs qui sont aussi en béton,
22:42mais vous pouvez faire de la structure bois,
22:44tout à fait sur de la grande hauteur aujourd'hui.
22:46À la WOUDTEG, vous avez une innovation qui est portée par Keywood,
22:49où vous avez un système constructif qui s'assemble,
22:52sans vis, par exemple,
22:53et avec des goujons et des écrous à coup de masse,
22:57vous pouvez monter des immeubles de 12 étages,
23:00comme c'est le cas dans le 15e.
23:01Donc, il y a la possibilité de faire de la structure,
23:04des planchers bois, des menuiseries, évidemment.
23:07Donc, le bois, il est partout, mais il peut être partout
23:11et il devrait être un peu massifié dans la construction aujourd'hui.
23:15Et c'est l'intérêt du lab de la construction bois
23:17qu'on est en train de monter avec Impulse Partners,
23:21qui est un cabinet réputé de conseils en stratégie d'innovation.
23:25Le but du jeu, c'est de mettre les maîtrises d'ouvrage,
23:28les constructeurs, les promoteurs et les porteurs de solutions bois
23:32pour développer des solutions innovantes,
23:35pour massifier l'usage du bois dans la construction de demain
23:39pour atteindre des objectifs de décarbonation de ce secteur.
23:42Vous voyez, vous vouliez intervenir, donc je vous donne la parole.
23:45Je me permets, donc sur la tour à Bordeaux, pour Hyperion,
23:47vous pouvez aller voir sur le site d'Effage,
23:50vous tapez traçabilité effage,
23:52et vous aurez la traçabilité du bois de cette tour.
23:55De cette tour.
23:56Qui fait 55 mètres de haut.
23:57Traçabilité faite par Paule-Glienne.
23:59C'est très bien, bravo, autopub.
24:01Est-ce que les collectivités locales,
24:03qui jouent quand même un rôle important,
24:05est-ce qu'elles sont de plus en plus demandeuses ?
24:08Alors oui, de notre côté en tout cas,
24:10c'est vrai qu'il y a des engagements qui sont de plus en plus forts,
24:12que ce soit à travers un programme de législature ou autre.
24:16Et cette traçabilité, c'est un moyen de s'assurer
24:18à la fois en phase d'appel d'offres des conditions,
24:21en préparant toute la filière.
24:23Et puis en phase d'exécution, c'est un moyen de suivre
24:26ce qui se passe sur le chantier.
24:28Et enfin, de pouvoir communiquer avec des données vérifiées et tangibles,
24:33et donc du coup avec assurance auprès des différentes parties prenantes.
24:36Donc la traçabilité et la gestion durable du bois
24:39sont des enjeux de plus en plus importants.
24:42Le village des athlètes, c'en est un parfait exemple,
24:45avec des engagements auprès de la Solideo.
24:48Et donc chargé de construire et de livrer les nouvelles installations olympiques.
24:53Donc avec des engagements à hauteur de 50 à 80% suivant les acteurs
24:57sur l'utilisation de bois français à gérer durablement.
25:01Et ça vous a permis de prouver qu'effectivement,
25:03ce bois était français et géré durablement.
25:06J'ai tout compris.
25:06Merci beaucoup à tous les trois d'être venus sur le plateau de Smart Impact
25:11et à bientôt sur Be Smart for Change.
25:13On passe tout de suite à notre rubrique Prêt pour l'impact.
25:19Êtes-vous prêt pour l'impact ?
25:21C'est la question que je pose chaque semaine à une personnalité
25:24qui compte dans notre économie.
25:27Et j'accueille aujourd'hui Stéphane Moreau,
25:29le président du directoire du groupe UNIT.
25:31Bonjour.
25:31Bonjour.
25:32Bienvenue UNIT qui fête ses 40 ans d'existence.
25:35Ça a été créé à Lyon par Hugues Albanel.
25:38Est-ce que vous diriez que c'était un pionnier ?
25:40Oui, il était à une époque où il y avait encore peu de producteurs indépendants.
25:43Et il a eu l'idée surtout de faire un groupe et de faire du volume en hydroélectricité.
25:48À l'époque, il y avait surtout des petits hydroélectriciens
25:50qui avaient chacun, on va dire, le petit barrage au fond du jardin.
25:52Alors, c'est quoi vos métiers aujourd'hui ?
25:54Présentez-nous UNIT.
25:56J'aime bien présenter UNIT en partant de sa raison d'être.
26:01Aujourd'hui, le constat, deux enjeux fondamentaux.
26:04Un premier enjeu, c'est un besoin croissant d'électricité
26:07pour remplacer les énergies carbonées,
26:09mais pour répondre à une demande tout simplement de croissance d'énergie.
26:12Donc croissance.
26:13Et puis un besoin important de protéger l'environnement
26:16et d'emprunter proprement la planète de nos enfants
26:20pour faire allusion à Saint-Exupéry, c'est indispensable puisque je suis lyonnais.
26:24Ce besoin croissance et environnement, généralement, c'est un dilemme, on les oppose.
26:29On a la chance d'avoir une raison d'être qui nous permet d'unir les deux.
26:32C'est unir le besoin croissant d'électricité tout en protégeant l'environnement.
26:37Et pour ce faire, on produit de l'électricité locale, durable et compétitive.
26:42Et ce, depuis 40 ans.
26:44Initialement, surtout de l'hydro, puis un petit peu d'éolien, c'est plus anecdotique.
26:48Et aujourd'hui aussi et surtout, et beaucoup de photovoltaïque.
26:51Alors justement, j'allais vous dire, entre l'éolien, le photovoltaïque, l'hydroélectrique,
26:55qu'est-ce qui pèse le plus aujourd'hui ?
26:57Alors, dans ce qui est déjà construit, ce qui est en actif, l'hydro.
27:01Et puis en France, hors d'eau de grandeur, l'hydro, c'est 10 ou 11% de l'énergie consommée.
27:08En petite hydroélectricité, c'est environ 10% de l'hydroélectricité.
27:14Et la petite hydroélectricité, c'est cette petite hydro avec ses petits barrages par ses 2500 producteurs indépendants.
27:20Il y a un potentiel, on pourrait presque doubler le potentiel de petite hydroélectricité.
27:24Ce qui reviendrait à faire l'équivalent d'une ancienne tranche nucléaire de plus, rien qu'en petite hydro.
27:29D'accord.
27:30Malheureusement, le potentiel est un peu verrouillé.
27:33Je dis vraiment malheureusement.
27:35La plupart des rivières où on aurait pu installer de la nouvelle petite hydro sont sanctuarisées.
27:40On ne doit rien y faire.
27:41Un peu comme si les décideurs n'avaient pas vu les efforts et les résultats de la profession.
27:47Au début du siècle dernier, il y avait un gros impact.
27:50Alors justement là-dessus, je vous propose d'écouter Alexandre Albanel, que vous connaissez bien puisque vous co-dirigez en quelque sorte l'entreprise.
28:00Justement sur le choix de nouveau site, c'était notre invité.
28:03Et ça nous intéresse de le réécouter puisqu'on était en juin 2023 quand il nous a dit ceci.
28:08La plupart des rivières aujourd'hui sont classées, sanctuarisées de façon conservatrice.
28:15Et c'est vrai que nous, producteurs énergéticiens, on souhaite proposer de faire du cas par cas.
28:21Aujourd'hui, on a des technologies qui sont respectueuses dans l'environnement pour les nouvelles centrales hydroélectriques et pour la rénovation des anciennes.
28:28Et donc, on souhaiterait effectivement qu'il y ait une ouverture un petit peu du développement possible pour accélérer sur l'hydroélectricité.
28:34Alors, on l'a compris, c'était il y a deux ans.
28:36Est-ce qu'en deux ans, vous avez réussi à convaincre ou est-ce que finalement, on a un pays qui, en plus, politiquement, a été quand même assez figé et donc, c'est difficile d'avancer ?
28:45Non, malheureusement, rien ne bouge.
28:46D'ailleurs, je vous renvoie à un rapport qu'avait fait la DEME.
28:48Celui qui avait évalué le potentiel de petit hydro, il date de 2022, disant voilà le potentiel qui reste.
28:54On peut éviter une tranche nucléaire en développant plus de petit hydro.
28:58Et quand Alexandre dit que l'impact est devenu ultra raisonnable, en effet, les centrales d'aujourd'hui, elles permettent aux poissons de remonter.
29:05C'est la fameuse montaison, les échelles à poisson, la dévalaison, le transit sédimentaire.
29:10Donc, aucune activité n'a aucun impact, mais il est devenu très raisonnable.
29:13Et pourtant, dès lors que les principales rivières où on pourrait s'installer sont classées, sanctuarisées, nous n'arrivons pas à avancer.
29:20Ça dépend de qui ?
29:21Globalement...
29:22Qui sanctuarise ? C'est l'État ? C'est les collectivités de la région, le département ?
29:26C'est l'État, c'est l'État, c'est une décision adossée et vérifiée, en tout cas contrôlée par l'Office français de la biodiversité.
29:35C'est une décision macro et on a de la peine à se faire entendre.
29:39Alors, ce qui permet de relativiser cette déception, c'est que c'est décevant parce que toutes les énergies sont bonnes à prendre
29:47et il y aurait l'équivalent d'un gigawatt à construire.
29:51Heureusement, il y a un potentiel encore plus énorme, un volume qui est d'un autre ordre de grandeur dans ce qu'on peut faire en photovoltaïque.
29:58Donc nous, on est pragmatique, on s'est dit, bon, l'hydro, on continue, on en a inauguré une il y a deux ans.
30:03On vient d'avoir la joie de se faire confirmer qu'on en construira deux petites en Savoie, donc on va développer.
30:09C'est 9 ans, le développement d'une centrale, 9 ans de gestation.
30:12Mais ce qu'on développe aujourd'hui en masse, c'est le photovoltaïque.
30:14Alors, on va y venir au photovoltaïque, mais c'est quoi le modèle économique d'une centrale hydroélectrique ?
30:19Est-ce qu'il y a une taille critique ?
30:21Alors, il y a une taille critique liée à la réglementation.
30:25Au-dessus de 4,5 mégawatts, ce qui n'est somme toute pas énorme, la puissance, la force motrice de l'eau appartient à l'État.
30:34Ça date de Napoléon.
30:36Mais le seuil a été rehaussé quand même depuis Napoléon.
30:38Ce qui veut dire que si on fait une installation de plus de 4,5 mégawatts, en fait, c'est une installation qui appartiendra à l'État
30:43et qui choisira une entreprise pour l'exploiter, un concessionnaire.
30:48Donc, pour les entreprises privées comme nous, la taille critique et le plafond de verre, c'est 4,5 mégawatts.
30:52Si on veut faire des installations dans lesquelles on investit nous-mêmes, qu'on exploite pendant 40-50 ans, c'est du long terme à l'hydro,
30:59on va rester dans cette taille intermédiaire.
31:01Et c'est ce qui se passe là en Savoie ?
31:02Et c'est ce qui se passe en Savoie.
31:03Les deux centrales.
31:04Les deux centrales.
31:05Et les deux dernières qu'on a construites étaient dans les 4 mégawatts.
31:07Les deux prochaines qu'on construira seront plutôt dans les 1,5.
31:10La taille critique diminue en raison de manque de site.
31:13Si on regarde un peu les chiffres de la loi de programmation pluriannuelle de l'énergie,
31:19elle prévoit de porter la part d'énergie renouvelable en France à 33% en 2030.
31:23Est-ce qu'on est sur la bonne voie ou est-ce que ce chiffre, il vous semble un peu illusoire ?
31:30Non, il est jouable.
31:31Il est jouable ?
31:31Quand vous me dites voie, moi je pense voie ferrée, chemin de fer, ligne droite.
31:36Là, c'est plutôt un lacet.
31:37D'accord.
31:38C'est un peu compliqué.
31:38C'est plutôt une route de montagne, quoi.
31:40C'est une route de montagne.
31:42Très clairement, les ordres de grandeur fluctuent.
31:45On attend d'avoir une PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie, qui donne le cap.
31:51Elle devait être votée par le précédent gouvernement, puis faire l'objet d'un décret,
31:56puis là, elle fait l'objet d'un débat.
31:57On devait nous l'annoncer avant l'été.
31:58Cette fois, on nous la promet pour après l'été.
32:01Et actuellement, je trouve que le débat est pollué par des échanges stériles qui ont tendance à opposer les énergies.
32:08Je vous l'ai dit, notre raison d'être, il y a unir.
32:11Unir croissance et environnement, mais aussi unir les énergies.
32:14On ne peut pas faire de sélectif.
32:16Et actuellement, le débat n'a pas la hauteur de vue nécessaire.
32:18Et il oppose qui à qui, le débat ?
32:21Alors, typiquement, faut-il faire du solaire ou faut-il se nourrir ?
32:26Je m'explique.
32:27Le solaire va occuper de l'espace.
32:30A-t-on un problème de choix entre souveraineté énergétique et souveraineté alimentaire ?
32:34C'est un débat grotesque.
32:36On calculait que, vous voyez, l'ordre de grandeur en photovoltaïque, on nous annonce qu'on pourrait faire,
32:40allez, disons, entre 75 et 100 gigawatts dans les 10 années qui viennent.
32:44Allez, disons qu'on fera 5 ans.
32:46Ça sera moins, mais disons, même 50 gigawatts sur des terres agricoles.
32:50Ça occuperait environ 0,2% de la surface agricole utile française.
33:000,2%, c'est rien.
33:03C'est epsilon.
33:04Et surtout, ce n'est pas à la place de l'agriculture.
33:06C'est que chaque fois qu'on s'installe sur une terre agricole, on vient en complément.
33:10Je vous donnais un exemple.
33:11Alors, agricole ou au sens plus large, un exemple que j'aime bien,
33:14quand on fait des ombrières sur une pisciculture.
33:17On vient mettre des panneaux solaires au-dessus de bassins qui préexistent.
33:21Avantage pour le pisciculteur de l'ombre, moins de montée en température,
33:25moins de bactéries, moins de mortalité.
33:27Donc, confort animal et productivité.
33:30Confort également pour les employés qui se retrouvent à l'ombre
33:32et qui travaillent dans des bonnes conditions.
33:34Et en plus, on produit de l'électricité.
33:36Donc, c'est un plus un égal trois.
33:38Donc, c'est un complément de revenu aussi pour les électricités.
33:40C'est un complément et c'est aussi un complément de revenu.
33:42Alors, on peut faire la même chose pour un élevage au vin,
33:44dont on sait que l'équilibre économique d'un élevage au vin est compliqué.
33:48Vous ajoutez des panneaux, ça fait de l'ombre.
33:50À certains endroits, on les répartit de telle sorte qu'on ne nuise pas à l'élevage.
33:54Donc, c'est un plus un égal trois.
33:55Donc, il n'y a pas de compétition entre ces deux activités.
33:57Il y a une synergie et un avantage financier pour l'éleveur.
34:00Oui, mais peut-être des frais engagés pour les éleveurs, les agriculteurs.
34:04Comment vous réussissez à les convaincre, ceux qui sont réticents ?
34:06Alors, en fait, on porte l'investissement.
34:09On est sur un métier très capitalistique.
34:11Il est difficilement envisageable pour un éleveur de faire cet investissement.
34:15Donc, le deal et le partage de la valeur, il se fait sur un loyer et un loyer de très longue durée.
34:19C'est-à-dire qu'on signe généralement des baux sur 40 ans.
34:21Donc, on dit à un éleveur, laissez-nous occuper temporairement une partie de votre espace.
34:25Vérifions avec les CDPNAF, c'est-à-dire les organismes qui vérifient qu'on ne porte pas atteinte à l'agriculture de manière générale, que ce soit accepté.
34:34Et pendant 40 ans, il y a une part de notre revenu lié à la vente d'électricité qui est reversée aux propriétaires fonciers et à l'agriculteur sous la forme d'un loyer.
34:42Un loyer qui est partagé entre le propriétaire foncier et l'agriculteur.
34:45Il est garanti ce revenu ?
34:47Oui, on lui garantit ce revenu.
34:49On lui garantit ce revenu.
34:50Mais avec des niveaux, on parle beaucoup de vente d'électricité à prix négatif.
34:57Alors, c'est une petite part du marché, mais ça existe.
35:00Vous voyez ce que je veux dire ?
35:01C'est-à-dire que quand l'électricité est chère, le revenu est garanti.
35:05Et quand elle est à prix négatif, vous le garantissez aussi.
35:09C'est toujours le même revenu pour l'agriculteur ? Comment ça marche ?
35:11Votre question est pleine de bon sens terrien.
35:13Les agriculteurs, ils ont du bon sens terrien.
35:16Donc, nous, notre métier, c'est l'électricité.
35:17Il a sa complexité.
35:18C'est pour nous.
35:19Donc, on donne un loyer fixe, indexé sur un coût de la vie.
35:22Mais la problématique de savoir si on sera rentable
35:25et comment on gérera les problématiques d'éventuels prix négatifs à certains moments,
35:29c'est notre problème.
35:30Donc, on a vraiment un revenu certain pour l'agriculteur
35:32qui est une espèce d'assurance-vie pour certains métiers d'agriculture.
35:36Avec donc cette production de photovoltaïque,
35:39pour la première fois en 2024,
35:42l'énergie solaire a dépassé le charbon dans la production d'électricité.
35:47Alors là, on parle de l'Union européenne.
35:49Donc, c'est quand même un signal qui est important.
35:52Vous, cette demande de solaire,
35:56alors là, on a parlé d'agriffe photovoltaïque,
35:58mais vous la ressentez où ?
36:00Elle est la plus forte dans les entreprises, les particuliers ?
36:03Comment vous voulez évaluer ça ?
36:05Alors, je reviens dans notre cas,
36:06puisqu'il y a plusieurs segments de marché.
36:08Dans notre cas, il y a une autre raison d'être,
36:09qui est de fabriquer une électricité,
36:11de produire une électricité locale, durable et compétitive.
36:13Donc, on dit, tiens, on ne tente pas la main.
36:15On vend une électricité qui est compétitive,
36:17qui contribuera d'une part à décarboner le mix,
36:20mais également à obtenir un faible prix d'électricité,
36:24favorable aux industriels et aux particuliers.
36:27Ça rend un territoire attractif.
36:28Exactement.
36:29Et alors, pour ça, pour avoir une électricité
36:30la plus compétitive possible,
36:32il nous faut des installations de grande taille.
36:33D'accord.
36:34Donc, nous, on cherche des terrains.
36:35Donc, notre premier métier, c'est d'analyse foncière,
36:38de chercher des terrains
36:39qui sont à une distance raisonnable du réseau électrique,
36:42qui sont sur un site où on ne nuit pas à un usage existant.
36:46Et on permet soit un co-usage,
36:48soit il n'y avait pas d'usage
36:50et un terrain de médiocre qualité.
36:51Donc, voilà, notre maître mot,
36:53c'est d'aller chercher des terrains,
36:54de trouver le propriétaire
36:55et de lui faire une proposition de loyer
36:57en lui disant, voilà ce qu'on peut faire sur votre terrain.
36:59Donc, ça veut dire que ça peut être une entreprise
37:00qui a un terrain
37:01ou c'est essentiellement des agriculteurs ?
37:03Non, ça peut être une entreprise.
37:04On a des exemples d'entreprises
37:06qui avaient des friches industrielles en réserve
37:09et puis qui nous disent,
37:10écoutez, finalement,
37:11par rapport à ce qu'on envisage de produire en France,
37:13telle section,
37:15on va le garder pour la prochaine usine
37:16et celui-ci, pourquoi pas l'équiper.
37:18Comment vous avez réagi
37:19quand vous avez vu ce qui s'est passé en Espagne ?
37:21En Espagne, au Portugal,
37:22ce blackout,
37:22vous vous êtes dit,
37:24oula, c'est un mauvais signal,
37:25on n'a pas le même système,
37:28on est à l'abri.
37:29On cherche encore à expliquer
37:30exactement ce qui s'est passé, d'ailleurs.
37:32Alors, c'est bien de chercher.
37:33Moi-même, je n'ai pas de vérité.
37:35Ce que j'ai remarqué,
37:36c'est quand même les opposants au photovoltaïque.
37:38Parce qu'il n'y a qu'en France
37:39qu'on voit une espèce de guerre des énergies.
37:41On aurait besoin d'un mix.
37:42Mais en France, c'est une religion.
37:43Il y a des énergies de droite,
37:44des énergies de gauche, c'est grotesque.
37:46Mais en tout cas,
37:47une heure après le blackout,
37:48on avait déjà les explications,
37:49c'était l'excès d'énergie photovoltaïque.
37:51Aujourd'hui, les Espagnols eux-mêmes
37:53disent qu'ils en font l'analyse,
37:54qu'ils ne savent pas.
37:55Ce que l'on sait aujourd'hui, en France,
37:58c'est qu'on est à 5% du mix énergétique
38:01d'origine solaire.
38:02Il y a de la marge.
38:03Il y a de la marge.
38:04C'est ce que j'entends.
38:05Ce qu'on sait aussi,
38:06et là encore, chacun son métier,
38:08chacun son expertise.
38:09RTE, qui gère le réseau,
38:10qui gère l'équilibre du réseau,
38:12nous dit jusqu'à 25% d'énergie renouvelable.
38:15Il n'y a pas débat.
38:17Il n'y a pas de question.
38:18Il y a besoin d'investissement
38:19pour renforcer certains nœuds de réseau,
38:21notamment pour passer de l'HTR à l'HTB.
38:23Mais globalement, il n'y a pas de problème.
38:24Donc, on est à 5%.
38:26Montons à 25%.
38:27Et puis, en chemin,
38:28on verra comment ça se passe.
38:29Mais on est très loin du danger.
38:30D'accord.
38:30Et en chemin,
38:31il faut quand même financer,
38:32anticiper le moment où on arrivera à 33%
38:36et où le réseau sera peut-être
38:38plus tout à fait adapté.
38:39C'est ce que je comprends dans votre argument.
38:41J'ai envie de dire,
38:41on verra où on est le programme nucléaire,
38:44où sont les autres énergies,
38:45où on est la croissance du besoin d'électricité.
38:47Mais je pense qu'une programmation électrique,
38:50ça se regarde en regardant au moins 10 ou 15 ans devant.
38:54Mais l'idée de faire une étape intermédiaire,
38:56un jalon dans 10 ou 15 ans,
38:57et de réorienter, pourquoi pas ?
38:59Ce qu'on a même mieux,
39:00c'est qu'on ne réoriente pas tous les 15 jours.
39:02Mais sur 10 ans,
39:04il n'y a pas de sous-de-bord.
39:05Si on regarde les sites de production unites,
39:09vous affichez 47 centrales hydroélectriques,
39:125 parcs éoliens,
39:1316 centrales photovoltaïques.
39:15On a bien compris que le photovoltaïque,
39:16c'était le secteur en croissance.
39:18On va dire quand même un mot des parcs éoliens.
39:21Il y a des nouveaux projets dans les tuyaux
39:22ou pas vraiment aujourd'hui ?
39:24Pas vraiment.
39:24L'éolien, nous vraiment.
39:25L'hydroélectricité, on en fait le plus possible,
39:27mais peu pour les raisons qu'on a vues.
39:29Mais c'est quand même notre activité de cœur,
39:30dans la activité historique.
39:31Le photovoltaïque, c'est là qu'il y a le gros potentiel.
39:33Puis entre les deux, il y a l'éolien.
39:35On a un peu levé le pied
39:36parce qu'on prétend faire une électricité locale,
39:38durable et compétitive.
39:40Locale, ça veut dire qu'il y a une majorité
39:41des acteurs locaux qui sont favorables à nos projets.
39:44Dans l'éolien, on a souvent une majorité hostile.
39:47Donc on renonce, on ne veut pas passer en force.
39:49Et on l'a vu, il y a eu cette décision
39:50du tribunal de Montpellier
39:51qui a ordonné, c'était au mois d'avril dernier,
39:53l'arrêt pendant 4 mois des éoliennes d'un parc
39:56qui s'appelle le parc d'Omelas
39:57à cause d'une espèce protégée,
39:59le faucon Cressreillette.
40:01C'est vrai que la question de l'acceptabilité,
40:05elle est au cœur des enjeux de l'éolien.
40:07C'est-à-dire que vous,
40:08vous êtes presque en train de renoncer,
40:10si je comprends bien,
40:11à cause de cette difficulté
40:12à faire accepter de nouveaux projets ?
40:13Oui.
40:14En tout cas, d'y aller par opportunité,
40:17de vérifier,
40:18mais il faut être en phase avec nos valeurs.
40:21On veut faire une énergie locale,
40:22accepter localement.
40:23Si à l'ordre donné, il y a une levée de bouclier,
40:25si la majorité, nous typiquement,
40:27tout projet,
40:27on passe par la commune
40:30et on obtient une délibération municipale favorable.
40:32Ce n'est pas une obligation légale.
40:34C'est un moyen pour nous de voir s'il y a des objections.
40:36C'est une dernière possibilité de convaincre,
40:38de faire de la concertation.
40:39Parfois, il faut passer deux ou trois fois.
40:40Sur l'éolien, c'est beaucoup plus compliqué
40:42que sur le photovoltaïque et l'hydroélectricité.
40:44Or, en photovoltaïque,
40:46on a un potentiel énorme à conquérir.
40:51Donc, on y met beaucoup d'énergie.
40:52Alors, ça rejoint la question
40:53que celle qui était à votre place
40:55il y a quelques jours,
40:56Déborah Berger,
40:57la présidente du groupe Bonum,
41:00a décidé de vous poser.
41:01On va continuer de parler d'acceptabilité.
41:03On l'écoute.
41:05Bonjour Stéphane.
41:06Ma question, c'est
41:07quels sont les enjeux du NIT
41:08en termes justement de construction
41:10de récits fédérateurs
41:11pour ces équipes et ces parties prenantes
41:13sur ces engagements
41:15et ces efforts
41:17pour essayer de faire les choses
41:19avec un meilleur impact ?
41:21Parce qu'avec elle,
41:22on a beaucoup parlé
41:23de nouveaux imaginaires,
41:25de façons de parler finalement
41:27de ce virage environnemental.
41:28Un récit fédérateur,
41:29c'est quoi pour vous ?
41:30Alors, le récit fédérateur,
41:32il existe.
41:32Puis, j'insiste sur le fait
41:33que le récit doit être en profondeur.
41:36On voit parfois un peu de storytelling.
41:38Derrière, il y a du faux.
41:39Ça ne passera pas
41:40avec les générations X ou Y.
41:42D'ailleurs, les autres générations n'ont plus.
41:44Mais les plus jeunes,
41:44ils sont encore plus sensibles.
41:45Ils ont un bon détecteur
41:46de non-sincérité.
41:48Donc, on essaie d'avoir la congruence
41:49dans ce qu'on raconte.
41:49Notre récit,
41:52il consiste à dire
41:53chaque fois qu'on recrute,
41:54on recrute par les valeurs
41:55et on rappelle notre raison d'être.
41:57Il faut qu'elle plaise,
41:57qu'elle motive.
41:59Notre conviction également
42:02pour faire adhérer tout le monde,
42:04c'est de faire en sorte
42:05que chaque projet
42:08est évalué par une petite équipe
42:10qui vérifie
42:12quel est l'impact,
42:13quelle est la rentabilité,
42:14quel est l'effet du projet.
42:15Donc, quand on veut faire
42:17de la croissance
42:18mais de la protection
42:19de l'environnement,
42:20on le regarde collectivement.
42:22Alors,
42:23sur les barrières
42:24liées au non-respect
42:25de l'environnement,
42:26il y aurait une barrière interne
42:27forte.
42:28On tient vraiment
42:29cette notion de terre
42:31qu'on emprunte
42:32à nos enfants.
42:33Elle est vraiment
42:34dans les esprits
42:34chez nous.
42:35Et personne n'accepterait
42:37qu'on fasse
42:37un projet
42:38qui ne réponde pas
42:40à ces valeurs-là.
42:42Cela étant,
42:42si on voulait le faire
42:43et si on n'avait pas
42:44ces valeurs-là,
42:45il y a des garde-fous.
42:46Les garde-fous administratifs,
42:47juridiques,
42:48développer un projet,
42:50c'est passer par
42:50un nombre d'étapes
42:51qui fait que le projet
42:52absurde,
42:53le projet aberrant,
42:54le projet sale
42:54n'est plus possible.
42:56Cela étant,
42:57il nous est arrivé
42:57de renoncer à un projet
42:58qui aurait pu avoir
43:00une acceptation
43:01et où les développeurs
43:03chez nous
43:03disaient
43:04qu'il y a une visibilité
43:05qui est inacceptable.
43:06Les gens n'ont pas réalisé.
43:08C'est-à-dire,
43:08c'était quoi ?
43:08C'était du photovoltaïque ?
43:09On n'était pas très loin
43:10de la Sainte-Victoire
43:11et en disant
43:11que ça allait être visible
43:12depuis la Sainte-Victoire,
43:13on ne développe pas ça.
43:14En fait,
43:15c'est simple,
43:15quand on inaugure un site,
43:17on dit à nos employés,
43:19on fera une petite fête
43:20sur place
43:20et puis on dit
43:21n'hésitez pas à venir
43:22avec la famille,
43:23avec les enfants,
43:23avec les amis.
43:25Ce qui veut dire
43:25qu'on veut être fier
43:26de ce qu'on a fait.
43:27Si quand on fait visiter un site,
43:28on a des gens qui nous disent
43:29mais c'est dégueulasse
43:29ce que vous avez fait,
43:30on ne sera pas fier.
43:31Tout simplement.
43:31Effectivement.
43:33Avec un certain nombre
43:35d'engagement,
43:35je veux bien
43:36qu'on les détaille
43:37ensemble,
43:38notamment puisqu'on est
43:39sur la question
43:40des panneaux solaires,
43:41la recyclabilité
43:42des panneaux solaires.
43:43Voilà un enjeu
43:44que vous devez,
43:45j'imagine,
43:45travailler.
43:46Avec quelle réponse ?
43:47J'adore la question
43:48parce qu'on nous la pose
43:51comme si c'était
43:51un sujet délicat pour nous.
43:53Comme si c'était compliqué.
43:54Comme si c'était compliqué.
43:55Et en fait,
43:55je pense qu'on est
43:56un des secteurs
43:57pour qui l'exercice
43:57est le plus simple.
43:59Donc,
43:59il y a toute l'organisation sereine
44:00qui organise le système
44:01de collecte.
44:02Donc, nous,
44:02quand on achète des panneaux,
44:03dès le départ,
44:04il y a une petite taxe
44:05qui préfinance le recyclage.
44:07Donc, c'est fait.
44:08C'est payé au premier jour.
44:09Ils ont une durée de vie
44:09d'au moins 40 ans.
44:11Quand on doit recycler
44:12des panneaux,
44:12ça nous est arrivé
44:13sur des très vieilles centrales
44:14avec des panneaux
44:14qui n'avaient pas
44:15la même durée de vie.
44:16Étant membre
44:17du cercle sereine,
44:19on les met sur des palettes,
44:20on les dépose
44:20à l'entrée du terrain.
44:22Soreine vient le chercher,
44:23envoie la bonne entreprise
44:25de recyclage
44:26et de mémoire,
44:27je vous dirais,
44:2896% de la matière
44:29est recyclée.
44:30Un panneau,
44:30c'est du verre,
44:33du silicium,
44:34des cellules au silicium,
44:35donc du silicium
44:36dans un autre état,
44:37des conducteurs en argent
44:38et un cadre en aluminium.
44:40Tout ça se recycle très bien.
44:41Le cadre en aluminium,
44:42le verre,
44:42le tout devient du silicium
44:43de qualité intermédiaire,
44:45un silicium industriel
44:45et éventuellement,
44:47il devient une matière première
44:48pour refaire du silicium
44:48extrêmement pur.
44:50Donc, la seule chose
44:50qui ne se recycle pas,
44:51les 6%,
44:52c'est la résine
44:53qu'il y a au milieu de tout ça
44:54qui sert un peu de collage
44:55et qui évite
44:56que l'humidité pénètre
44:57dans le panneau.
44:57Donc, le recyclage est simple,
44:59il est organisé depuis longtemps.
45:00En revanche,
45:01ces panneaux,
45:02ils viennent forcément
45:02d'Asie
45:03et dans une immense majorité
45:05de Chine.
45:06On s'est loupé,
45:07quelque part ?
45:08La filière française
45:10ou européenne,
45:11elle existait,
45:12elle a failli décoller
45:13et puis on l'a laissée
45:14au bord du chemin,
45:15c'est ça ?
45:15Absolument,
45:16elle existait.
45:16Puis moi,
45:17quand j'ai démarré ma carrière
45:18dans le photovoltaïque,
45:19ça ne me rajeunit pas,
45:20mais c'était dans les années 90,
45:21j'achetais 80%
45:23de ma production
45:23à une entreprise en Isère
45:25qui s'appelait Photowatt
45:26et qui était
45:27l'un des leaders
45:28du polycrystallin,
45:29une technique qui a fait changer
45:30d'échelle le photovoltaïque.
45:31Donc on était fort au départ.
45:33D'accord,
45:33qu'est-ce qu'on a loupé ?
45:34Je pense qu'on ne sait pas
45:35faire le passage à l'échelle
45:36en France,
45:37on a de la peine
45:37et puis je pense
45:38qu'on a malheureusement
45:39un sujet qui est trop politisé.
45:41L'énergie ne devrait pas
45:42être politisée.
45:43Le mix énergétique
45:44ne devrait être
45:44ni de droite
45:44ni de gauche.
45:45Donc il y a eu
45:46ces politiques instables,
45:48influencées régulièrement
45:49et finalement
45:51pas d'effet d'échelle,
45:52absence de marché domestique
45:54et on s'est effondré.
45:56Cela étant,
45:57ce n'est pas un drame.
45:58Et là,
45:59j'adorerais,
46:00il y a deux projets
46:01de gigafactory françaises.
46:02J'espère qu'elles naîtront.
46:03Et il nous faudra 10 ans
46:04pour revenir au niveau des Chinois
46:05qui sont très très forts
46:07techniquement.
46:08Mais quand vous importez
46:09un panneau de Chine,
46:12c'est à dire que vous le payez.
46:14Mais il représente
46:15moins de 20%
46:17de l'investissement initial,
46:18moins de 10%
46:19de l'équation économique
46:20sur la durée de l'exploitation.
46:22Donc ce n'est pas non plus
46:23la partie énorme.
46:23Il reste tous les travaux,
46:25toute l'exploitation
46:26qui est française.
46:27Mais l'autre aspect,
46:27c'est que
46:28vous ne portez pas atteinte
46:29à votre souveraineté.
46:31Quand vous achetez un panneau,
46:32le jour où vous l'avez chez vous,
46:34pendant 40 ans,
46:35il produit de l'électricité.
46:36Et personne ne peut couper
46:37le robinet.
46:38Il n'y a pas de gazoduc.
46:39Vous avez l'ensoleillement.
46:41Donc pendant 40 ans,
46:42vous êtes autonome.
46:42Ce qui veut dire
46:43qu'il faut acheter aujourd'hui
46:43le plus possible
46:44de panneaux chinois
46:45de bonne qualité,
46:46produire de l'électricité
46:47et en parallèle,
46:48faisons tout
46:48pour avoir des industries françaises.
46:50Ça sera un plus.
46:51Ça sera un bonus.
46:52La décision sur ces gigafactories,
46:54elle est prise ?
46:55Parce qu'on a bien compris
46:56qu'on était
46:57dans une période
46:57d'incertitude politique.
46:59Ou alors,
47:00ça fait partie encore
47:01des dossiers
47:02qui sont un peu bloqués
47:03dans un tiroir ?
47:04Non,
47:04les deux projets,
47:06nous,
47:06on parraine les deux
47:07en ce qu'on prend des engagements
47:08de leur acheter des panneaux
47:09même un peu plus chers.
47:09Les deux projets
47:12sont en phase finale
47:13de levée de fonds
47:14et pas aidés
47:15par les hésitations actuelles.
47:17Une bonne PPE
47:18qui donne une direction
47:19sur 10 ans
47:20les aiderait
47:21à franchir
47:21les derniers mètres.
47:22La loi de programmation
47:24pluriannelle
47:25de l'énergie.
47:26Vous avez annoncé,
47:27je crois que c'était
47:27au mois de février,
47:28la signature d'un contrat
47:29avec le groupe Air Liquide.
47:31De quoi il s'agit ?
47:32En fait,
47:33quand on produit
47:33de l'électricité,
47:34on a deux possibilités
47:36pour la valoriser.
47:37La première,
47:38c'est de passer
47:39une compétition
47:40auprès de la commission
47:41de régulation de l'énergie,
47:42les appels d'offres CROP
47:43et de proposer
47:44de vendre notre électricité
47:45à un certain prix.
47:46Et la CROP sélectionne
47:47les produits
47:47les plus compétitifs
47:48et nous garantit
47:49un prix stable
47:50de l'énergie
47:51pendant 20 ans.
47:51Ce qui nous aide
47:52à financer nos projets.
47:53D'ailleurs,
47:53vous avez remporté
47:54un appel d'offres
47:54il y a quelques semaines.
47:56Oui,
47:57et on en rapporte régulièrement.
47:59Autant sur l'hydroélectrique,
48:00on est un leader historique.
48:02Sur le photovoltaïque,
48:03je pense qu'on est
48:04l'entreprise qui grimpe
48:05et on rejoint
48:06le groupe des leaders.
48:07On n'y est pas encore
48:07mais on les rejoint.
48:09L'autre possibilité,
48:11c'est éventuellement
48:11de trouver un acquéreur
48:12de cette énergie
48:13qui nous dit
48:13moi je veux vous acheter
48:14en direct
48:15cette électricité propre.
48:17Et donc,
48:17en l'occurrence,
48:18le premier PPA,
48:19contrat d'achat direct
48:20d'énergie,
48:21on pourrait dire CRD,
48:23a été signé
48:25entre UNIT
48:25et Air Liquide
48:26sur des centrales
48:28qui sont à construire.
48:29Donc,
48:30elles seront construites
48:31mais nous savons
48:32qu'une fois construites
48:33de l'électricité
48:34qu'on vendra directement
48:35à Air Liquide.
48:37Et Air Liquide,
48:37ils vont faire quoi ?
48:38Ils vont faire de l'hydrogène ?
48:39Oui,
48:39typiquement,
48:40ils ont un besoin
48:40aujourd'hui
48:41d'électricité verte
48:41et donc,
48:43ça leur fait
48:43un approvisionnement
48:44direct d'électricité verte.
48:45D'accord,
48:46électricité solaire,
48:47de réune solaire
48:48pour faire de l'hydrogène vert.
48:49On a bien compris
48:50la logique.
48:51Vous avez une filiale
48:51qui s'appelle Green Access ?
48:53C'est précisément
48:54son métier.
48:55Son métier,
48:55c'est de vendre
48:56l'électricité
48:57que vous produisez.
48:58C'est l'aval
48:58de la chaîne de valeur.
48:59Nous,
48:59on va du développement,
49:00chercher les terrains,
49:01financer,
49:01construire,
49:02exploiter pendant 40,
49:0350 ans ou plus
49:04et exploiter,
49:05c'est vendre l'électricité.
49:06Parfois à l'État
49:07et parfois,
49:08et le plus possible
49:09sur un marché naturel
49:11qui serait
49:11un marché industriel direct.
49:13Et avec des...
49:14Moi,
49:14j'en reçois tous les jours
49:16et de plus en plus
49:17d'entreprises
49:19ou d'industriels
49:20qui veulent
49:20de l'énergie verte.
49:22Alors,
49:23est-ce que ça veut dire
49:23que le prix monte
49:24ou pas ?
49:25Juste pour comprendre.
49:26Alors,
49:26en fait,
49:27signer un pipier
49:28au moment où il y a eu
49:29une explosion
49:29du prix de l'électricité,
49:31c'était plus facile.
49:33En ce moment,
49:33on est sur une période
49:34de prix de l'électricité bas
49:35et les priorités
49:36ont parfois changé de cap
49:37dans les groupes.
49:39Notre force,
49:39c'est que notre électricité
49:40est verte,
49:41mais c'est aussi et surtout
49:42qu'on connaît son coût
49:43pendant 20 ans
49:43dès le départ.
49:45Donc,
49:45c'est de l'électricité verte
49:47et une électricité
49:48qui se met à l'abri
49:49des fluctuations
49:50du marché de l'électricité.
49:51C'est une électricité
49:51à prix constant.
49:53En ce moment,
49:55c'est moins un sujet
49:56prioritaire
49:57dans certains groupes.
49:57Cela étant,
49:58on va aller vers
49:59de plus en plus de pipiers.
50:00Est-ce que ça vous arrive
50:01qu'RTE vous dise
50:02d'arrêter de produire ?
50:04Ça ne nous est pas encore
50:05arrivé sur nos centrales,
50:06mais ça nous pend en nez
50:07et ça arrivera.
50:09Et la première des solutions,
50:11d'ailleurs,
50:11RTE est le premier
50:11à l'afficher.
50:12RTE nous dit
50:13que le cumul des heures
50:14pendant lesquelles
50:15il y avait trop d'électricité
50:16en 2024
50:17aurait pu être effacé,
50:19disparaître,
50:19traité,
50:20simplement en jouant
50:22sur les heures creuses.
50:25En changeant
50:26le dispositif hors creuse.
50:27Beaucoup de maisons
50:29ont un chauffe-eau électrique.
50:31Quoi de mieux
50:31que l'électricité
50:32et l'inertie de l'eau
50:34pour stocker de l'énergie ?
50:35Que votre chauffe-eau
50:37soit alimenté
50:38à midi ou à minuit,
50:40vous aurez une diche chaude
50:41toute la journée.
50:42Donc l'idée,
50:43c'est de dire
50:43qu'il faut changer
50:44le signal prix,
50:45il faut changer
50:45le pilotage des chauffe-eau.
50:47Parce qu'à 14h,
50:49le photovoltaïque
50:49tourne à plein,
50:50c'est ça ?
50:50Ou à midi ?
50:51Et plus on fera
50:53de photovoltaïque,
50:54plus il sera intéressant
50:54de faire des heures creuses
50:55à midi.
50:56Là est la solution.
50:57Merci beaucoup Stéphane Moreau
50:59et à bientôt
50:59sur Be Smart for Change.
51:01On passe tout de suite
51:01à notre rubrique
51:02Startup.
51:09Smart Ideas,
51:10c'est notre rubrique
51:11qui est consacrée
51:11aux startups,
51:12à l'innovation,
51:13aux startups éco-cré responsables.
51:14Et alors là,
51:14on va découvrir
51:15une forme d'innovation,
51:16en tout cas un métier
51:17que moi je ne connaissais pas.
51:18Nathalie Paraga,
51:19bonjour.
51:20Bonjour Thomas-Hugues.
51:21Vous êtes socio-coiffeuse,
51:22expliquez-moi,
51:23c'est quoi votre métier ?
51:24Alors,
51:24la socio-coiffeuse,
51:25c'est une complémentarité
51:27par rapport au métier
51:27de la coiffure.
51:29Donc,
51:29j'ai été formée
51:31il y a trois ans
51:31et c'est pour coiffer
51:34tout ce qu'est
51:35au niveau de la coiffure,
51:36la coiffure inclusive.
51:37D'accord.
51:37La coiffure inclusive,
51:38donc c'est des gens
51:39qui peuvent être,
51:40donc on peut être coiffé
51:41dans le médical
51:41et dans le social.
51:43D'accord.
51:43Donc,
51:43c'est toutes les personnes
51:44qui ont du mal
51:45à se déplacer en salon
51:47ou qui ne peuvent pas
51:48forcément avoir
51:50des soins
51:52au niveau des cheveux.
51:53Et la socio-coiffeuse,
51:54elle est formée
51:55à ce public
51:57en situation
51:58de fragilité
51:59ou d'handicap.
51:59Ça veut dire
52:00que vous travaillez où ?
52:00À l'hôpital,
52:01par exemple ?
52:02Alors,
52:02on peut rentrer,
52:02effectivement,
52:03on peut être
52:04avec certains services,
52:06effectivement,
52:07hospitaliers,
52:08comme l'ocologie,
52:09effectivement,
52:09pour les personnes
52:10qui sont atteintes
52:11de cancer.
52:12On peut aller aussi
52:13dans tout ce qui est
52:14maisons de retraite.
52:15On peut aller aussi
52:17dans tout ce qui est
52:18associations.
52:19Donc,
52:19ça peut être aussi
52:20des femmes
52:20en situation de fragilité.
52:23Ça peut être aussi
52:24des femmes
52:25qui ont subi
52:26des violences.
52:27Donc,
52:28tout ce public
52:28qui ne va pas forcément
52:31chez le coiffeur.
52:33Et c'est aussi,
52:34j'imagine,
52:35un moment d'échange,
52:37un moment particulier.
52:38Vous n'êtes pas là
52:39seulement pour couper les cheveux.
52:40ou pour couper les cheveux.
52:41Exactement.
52:41On est formé,
52:42justement,
52:43à être...
52:45C'est un soin personnalisé
52:46parce que chaque personne
52:48qu'on a en face de nous
52:49a besoin d'une particularité
52:51et donc,
52:52on s'adapte
52:53à son besoin
52:54et on a une écoute empathique.
52:58On a forcément...
53:00On s'adapte
53:00dans notre posture,
53:02dans notre geste professionnel.
53:04Donc...
53:05Est-ce que c'est
53:06parfois difficile ?
53:07Parce que quand on est
53:08confronté à des publics
53:10fragiles,
53:11il peut y avoir
53:12des gens qui se confient,
53:13qui confient
53:14des douleurs,
53:17des expériences lourdes.
53:18Ce n'est pas si facile
53:19d'être une éponge
53:20et de les retrouver.
53:21Exactement.
53:22Et grâce à cette formation,
53:23justement,
53:24on apprend à se protéger
53:26de tout ça.
53:27Et ça,
53:27c'est ça qui est formidable
53:28que moi,
53:29j'étais coiffeuse
53:29en salon
53:30et c'est vrai,
53:31comme vous le dites,
53:32j'étais vraiment une éponge
53:33et par moments,
53:34c'est vrai qu'on peut
53:35saturer.
53:36Et là,
53:37on apprend à se protéger.
53:38Et ça,
53:39ça fait partie
53:40de la formation
53:41de la société.
53:41À être présent,
53:42empathique,
53:43tout en se protégeant.
53:44Exactement.
53:44D'accord.
53:45Donc,
53:45comme on dit,
53:45on a un cadre,
53:46il ne faut pas le dépasser,
53:47ce cadre,
53:48pour être bien.
53:48parce que vous,
53:49alors vous avez été formé,
53:50mais vous êtes également formatrice
53:52à la Chambre des métiers
53:53de l'artisanat
53:54d'Île-de-France.
53:56Ça existe un peu partout
53:58ou alors c'est un des premiers
53:59endroits où on forme
54:00à la socio-coiffure ?
54:00Eh bien,
54:01on a,
54:02je vous l'annonce,
54:03c'est qu'on a une grande fierté,
54:04c'est avec la première fois
54:05qu'on forme
54:07au métier de la socio-coiffure.
54:10Donc,
54:11on sera vraiment les premiers
54:12dans toute l'Île-de-France.
54:13D'accord.
54:14Dans toute l'Île-de-France
54:15ou dans toute la France ?
54:16Dans toute la...
54:16Alors,
54:16pour l'instant,
54:17on est les premiers
54:18sur l'Île-de-France.
54:19D'accord.
54:20Et sur la France,
54:21personne ne forme
54:21à la socio-coiffure
54:22non plus dans les CFA.
54:23Alors,
54:24si vous devez la convaincre
54:26des futurs apprentis
54:27à suivre cette formation,
54:29qu'est-ce que vous leur diriez ?
54:30Alors,
54:31pour venir chez nous,
54:32il faut déjà,
54:34déjà on a des jeunes
54:35qui sont,
54:36par leur parcours,
54:37intéressés
54:38par ce métier
54:39et pour eux aussi,
54:40c'est un beau métier
54:41parce qu'ils vont faire
54:43de la coiffure différemment
54:44et ils sont déjà,
54:46même jeunes,
54:46sensibilisés à ça,
54:48que ce soit bien
54:49dans le médical
54:50ou dans le social
54:50parce qu'eux-mêmes,
54:51ils ont des parcours
54:52de vie
54:53où sont touchés
54:55par ça
54:56et du coup,
54:57ils ne savent pas
54:58que ce métier existe
54:59et se disent,
55:00moi, je veux faire
55:01de la socio-coiffure.
55:01comment vous êtes payés ?
55:03Question triviale
55:05par les collectivités,
55:07par les hôpitaux,
55:08par les patients eux-mêmes ?
55:09Alors,
55:10en EHPAD,
55:11ça peut être effectivement
55:12soit par un groupe
55:13ou soit par les personnes
55:15d'eux-mêmes
55:17et ça peut être aussi
55:18dans les hôpitaux,
55:19essayer de trouver
55:20des enveloppes,
55:22des subventions
55:25pour avoir une enveloppe
55:27pour aborder des soins.
55:30Parce qu'il y a des hommes
55:31et des femmes
55:32qui n'ont pas les moyens.
55:33Exactement.
55:33Donc,
55:34via les associations,
55:35s'ils arrivent à trouver
55:35des subventions
55:36et dégager un petit peu
55:38une enveloppe pour nous,
55:39c'est comme ça
55:40qu'on peut rentrer dans...
55:43Ça donne du sens
55:44à votre métier ?
55:44Mais complètement.
55:45Mais complètement.
55:46Ça donne du sens
55:47et au moins,
55:48on sait pourquoi on est là.
55:49Parce qu'on accompagne
55:51des gens
55:52à un instant T de leur vie,
55:54aussi bien en fragilité,
55:55en handicap
55:55et on essaye
55:56de vouloir les réinsérer
55:58et surtout leur donner
55:59de l'estime
56:00de soi,
56:00la confiance en eux
56:02et puis qu'à un moment donné,
56:04ils vont sortir
56:05de s'occuper
56:07de leurs cheveux
56:08ou s'occuper d'eux
56:09parce que pour des soins,
56:10des modelages crâniens
56:11pour les personnes,
56:12pour eux,
56:14c'est une bulle d'oxygène,
56:15une bulle d'air
56:15et forcément,
56:17ils ont le sourire
56:17et nous aussi.
56:18Merci beaucoup Nathalie Paraga
56:20et à bientôt
56:20sur Be Smart for Change.
56:22On passe tout de suite
56:22à la fin de l'émission.
56:24C'est déjà la fin
56:25de ce Smart Impact.
56:26Merci à toutes et à tous
56:27de votre fidélité
56:28à la chaîne
56:28des audacieuses
56:29et des audacieux.
56:29Salut.
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