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  • il y a 4 heures
Ce lundi 2 mars, Emmanuel Sales, président de la Financière de la Cité, s'est penché sur le rapport de la guerre en Iran avec les banques centrales, et l'économie mondiale face à cette escalade en Iran, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00On va en parler avec notre nouvel invité, il vient de nous rejoindre, 15h44, c'est Emmanuel Sall, le président
00:04de la financière de la Cité.
00:05Bonjour Emmanuel.
00:06Bonjour Guillaume.
00:07Face à cette situation, vous allez rendre votre verdict.
00:09Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:13Je l'assume parfaitement Guillaume.
00:14On vous écoute.
00:15Écoutez, je pense qu'avec la guerre en Iran, les banques centrales seront une nouvelle fois en toute première ligne.
00:22La guerre en Iran place les banques centrales en toute première ligne.
00:25Quel rapport entre ce qui se joue aujourd'hui au Moyen-Orient et les banques centrales ?
00:29Écoutez, ce qui se passe au Moyen-Orient, en fait pour les économies européennes et pour les Etats-Unis, ça
00:35va se traduire, à mon avis, par un choc d'offres.
00:38On a une tension sur les prix, elle va se transmettre d'une part par la hausse du prix du
00:42pétrole, par la hausse des matières énergétiques.
00:45Vous avez parlé à l'instant de la hausse vertigineuse du prix du gaz naturel liquéfié de plus de 50
00:50% lié effectivement à la fermeture des capacités de production au Qatar.
00:55Mais vous avez un deuxième effet également sur l'ensemble des chaînes de production.
00:59On a vu que tous les armateurs avaient décidé de détourner les routes maritimes, non pas du détroit d'Ormus,
01:06qui ne mène pas à grand chose, mais du golfe d'Aden pour contourner le continent africain.
01:13Donc ça va se produire à peu près comme lors du Covid, la crise du Covid, c'est-à-dire
01:19qu'on a finalement un allongement des chaînes de production, un grippage potentiel.
01:25En tout cas, le résultat, ça sera vraisemblablement une tension sur les prix.
01:29Alors, les marchés de taux d'intérêt ont commencé à l'enregistrer, puisque vous avez une tension sur les taux
01:34courts.
01:35Les taux longs, eux, montent moins que les taux courts, ce qui traduit également vraisemblablement des anticipations de récession à
01:43long terme.
01:44La question qui se pose, c'est de savoir comment effectivement les banques centrales vont réagir par rapport à ça.
01:48Alors, on sait que la réserve fédérale n'hésite pas à agir.
01:51Jusqu'ici, elle n'a pas fait grand-chose et on peut considérer qu'une situation de cette nature pourrait
01:56la conduire à baisser davantage ses taux d'intérêt
01:59lorsque, comme l'administration américaine aujourd'hui y aspire.
02:06Mais vous dites à la fois que c'est inflationniste et que la réserve fédérale pourrait baisser ses taux d
02:11'intérêt si c'est inflationniste.
02:13Elle a plutôt intérêt à monter ses taux.
02:16Alors, toute la question est là parce que c'est une inflation importée.
02:19Ce n'est pas une inflation qui est générée par, comment dire, le mouvement normal de l'économie, par la
02:24hausse des salaires, par la hausse de la demande, de la consommation, de l'investissement.
02:28C'est une inflation importée.
02:29C'est une inflation à laquelle les populations occidentales, qu'elles soient états-uniennes ou européennes, ne peuvent rien, n
02:36'est-ce pas ?
02:37Donc là, tout dépend effectivement de la fonction de réaction de la Banque centrale.
02:40Aux États-Unis, on sait que la Fed a un double mandat, à la fois sur l'inflation, bien évidemment,
02:45vous venez de le rappeler,
02:45mais également sur la croissance, sur l'activité, sur l'emploi.
02:49En revanche, on le sait en Europe, le mandat de la BCE est lui focalisé essentiellement sur le contrôle de
02:56l'inflation.
02:57Et donc, on peut craindre, après ce que nous avons connu depuis la guerre en Ukraine,
03:01qu'une nouvelle fois, la BCE décide de pénaliser la demande interne, la consommation d'investissement,
03:07pour lutter contre une inflation importée à laquelle les Européens n'ont strictement aucune part.
03:13C'est tout à fait surprenant parce que dans le passé, les banquiers centraux avaient l'habitude de voir un
03:18peu loin
03:18et de considérer qu'une inflation de cette nature-là avait à terme une fonction plutôt de contraction sur l
03:26'évolution de l'économie.
03:27C'est d'ailleurs ce que nous disent les marchés de taux à long terme.
03:30Apparemment, les banquiers centraux européens ont une conception un peu différente des choses.
03:34En tout cas, ils l'ont montré avec l'inflation, avec la hausse des taux vertigineuses
03:38qu'on a connues depuis l'intervention russe en Ukraine, depuis la guerre en Ukraine,
03:44avec, à mon avis, une intervention qui a été essentiellement pénalisante pour la croissance et l'activité en Europe.
03:49Il faut souhaiter qu'on n'ait pas un bis repetita placente avec ce qui se passe en Iran.
03:55Je pense que ce n'est pas forcément une hypothèse en l'air,
03:59parce que le patron de la Banque d'Autriche vient de faire des déclarations en ce sens,
04:03laissant entendre qu'il souhaitait effectivement que la BCE réagisse
04:07à cette flambée des prix du pétrole.
04:09Il a dit qu'il va falloir que la BCE se montre très agile et rapide à réagir,
04:12effectivement, en référence à la hausse des coûts des matières premières.
04:15Donc, ce que vous craignez, c'est qu'avec cette flambée du pétrole, du cours du gaz naturel,
04:20et peut-être aussi des prix en général avec le fret maritime qui est perturbé,
04:23quand même, dans toute la région du Moyen-Orient,
04:24ça va renchérir le coût de ce qui est importé par bateau, y compris ici en Europe.
04:28Ce que vous craignez, c'est que les Américains soient très pragmatiques
04:30et que la FED baisse ses taux, alors qu'au contraire, la BCE fera un contresens et relèverait les siens.
04:34C'est ce que je crains et, comment dire, l'expérience récente,
04:38on ne peut pas considérer, si je mets de côté l'épisode Draghi,
04:41que la gestion de la crise de la zone euro, de la crise monétaire
04:45et ensuite de la crise inflationniste qui a suivi l'invasion russe en Ukraine
04:51est fait l'objet d'un management particulièrement, comment dire, clairvoyant par la BCE.
04:56Plus globalement, les marchés, alors là, c'est une séance particulière,
04:59le CAC perd 2% aujourd'hui avec Accor, moins 9%, Accor très exposé au marché moyen-oriental.
05:05On y reviendra en détail, la chute d'Accor, le portrait oriental d'Accor,
05:10ce sera à 16h tout à l'heure avec François Cholet qui sera avec nous,
05:12on a les compagnies aériennes aussi qui souffrent.
05:13Mais au-delà de la séance du jour, comment vous les sentez,
05:16les marchés plutôt costauds, surprenamment costauds,
05:19étonnamment résilients ou quand même plutôt fragiles ?
05:22Effectivement, c'est étonnamment résilient, c'est vrai que même le pétrole a monté,
05:27mais finalement, moins qu'on n'aurait pu le craindre au départ.
05:31Donc à l'ouverture, on était à peu près à un peu moins de 10% de hausse,
05:34donc bon, ça reste finalement assez modéré.
05:37Je crois que les conséquences se verront un peu à long terme,
05:39c'est-à-dire que c'est comme un événement absolument majeur.
05:43Les Américains ne sont pas, comme il y a des vues de guerre,
05:47ne sont pas, à mon sens, clairement établis,
05:50malgré les interventions récentes du ministre de la Défense
05:54qui tente de recentrer la chose sur, effectivement,
05:58le containment de la puissance nucléaire ou supposément nucléaire iranienne.
06:03Donc on verra comment les choses évoluent.
06:05Ce qui est certain, c'est qu'on a quand même un regain de volatilité
06:09et d'incertitude extrêmement fort au Proche et au Moyen-Orient.
06:13Donc on verra comment les choses évoluent.
06:15J'ai le sentiment aujourd'hui quand même qu'il est un peu trop tôt
06:18pour se prononcer sur l'évolution à venir des marchés.
06:20Alors, tout n'est pas fermé, toutes les bourses ne sont pas fermées
06:23là-bas au Proche et Moyen-Orient.
06:24Certes, la bourse de Dubaï et celle d'Abu Dhabi sont fermées,
06:27mais celle de Riyad est ouverte, figurez-vous.
06:29Elle est tranquille, la bourse saoudienne aujourd'hui, plus 0,1%.
06:32Elle n'est pas encore fermée, elle va fermer dans quelques minutes.
06:34La bourse de Tel Aviv aussi est ouverte, plus 6% la bourse de Tel Aviv.
06:39Ce qui est en train de se passer va affaiblir l'Iran, probablement.
06:42Même si on ne sait pas ce qui adviendra.
06:44Ce qui est certain, c'est que la position hégémonique d'Israël
06:47ne risque d'être renforcée du fait de cette opération.
06:50Je dirais que quelles que soient les conséquences,
06:52puisque Israël pourrait bénéficier d'un maintien d'État
06:57en situation de quasi-faillite autour d'elle.
06:59Et puis certains pays pourraient, comme l'Arabie saoudite,
07:02craindre au contraire qu'un Iran plus fort vienne le concurrencer.
07:06Donc il y a aussi un double regard de ces pays
07:09sur comment le conflit va évoluer
07:10et si le renversement de régime va évidemment avoir lieu.
07:14Parce qu'un Iran démocratique et intégré à la mondialisation,
07:18ce n'est pas la même chose que ce qu'il a été ces dernières années.
07:20Absolument, et je ne crois pas que ce soit véritablement
07:21le souhait d'Israël ou même des États-Unis.
07:23L'Iran trouvera-t-il son Gorbatchev ?
07:25Ou va-t-on vers le chaos ou la prolongation de ce régime ?
07:28Ou un Gorbatchev, un homme du Serraï,
07:30mais qui fera la transition,
07:32qui blanchira en quelque sorte le régime vis-à-vis du reste du monde ?
07:35Est-ce qu'on va vers ça ou est-ce qu'on va vers le chaos ?
07:36Voilà, c'est effectivement la question qu'on peut se poser.
07:39Merci beaucoup de nous avoir rejoints aujourd'hui.
07:41Emmanuel Salle, donc pour vous, ce qui se passe en Iran,
07:44remet les banquiers centraux en première ligne.
07:46C'est votre message aux investisseurs.
07:47Le CAC 40 est en repli en ce moment.
07:49Moins 2%, précisément,
07:51on reviendra sur les différents secteurs impactés aujourd'hui en bourre.
07:54Total Energy est en forte hausse avec les cours du pétrole.
07:56Les secteurs, les valeurs de la défense aussi sont en forte hausse.
07:59Mais repli d'accord.
08:00Zoom sur accord à suivre dans moins de 10 minutes sur BFM Business.
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