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  • il y a 9 minutes
Philippe Guillemot, PDG de Vallourec, était l’invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce lundi 2 mars. Ils sont revenus sur les conséquences potentielles de la situation au Moyen-Orient sur les activités de Vallourec et sur la résilience de l’entreprise malgré un marché difficile, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le compte entretien ce matin, c'est avec Philippe Lillumot, PDG de Valourec.
00:03Bonjour, merci d'être dans la matinale de l'économie.
00:06Vous avez publié vos résultats 2025 en votre semaine.
00:09Évidemment, on va y revenir dans un instant.
00:11On rappelle que Valourec, ce sont les tubes sans soudure qui transportent l'énergie, le pétrole, le gaz.
00:16Vous travaillez dans plein de secteurs.
00:18J'ai quand même envie de vous demander, au vu de l'actualité qui nous est tombée dessus ce week
00:22-end,
00:22quelles conséquences directes ça a sur le fonctionnement de votre entreprise et puis le business.
00:28Oui, alors bien évidemment, vu ce qui s'est passé ce week-end, la première priorité, c'est la sécurité
00:32de nos collaborateurs.
00:34On a 350 personnes dans la région, entre Dubaï, Abu Dhabi et l'Arabie Saoudite.
00:39Donc bien évidemment, on est en relation permanente avec eux sur la situation sur place
00:43et les dispositions à prendre pour assurer leur sécurité.
00:47Bon, bien évidemment, l'activité va être au ralenti aujourd'hui.
00:49On a arrêté notre activité à Abu Dhabi, qui est à 5 km de la base américaine.
00:54Donc bien évidemment, ça nécessite quelques précautions.
00:57Et puis ensuite, on va voir ce qui va se passer dans les jours qui viennent.
01:00Alors, on est aussi bien sûr en relation avec nos partenaires et nos clients
01:05pour discuter avec eux des dispositions qu'eux-mêmes vont prendre.
01:09Vous avez vu que l'OPEP Plus a annoncé une augmentation de production.
01:12Donc on verra ce que ça peut vouloir pour nous.
01:15Puis il ne faut pas oublier que si 20% du pétrole et gaz transitent par le détroit d'Hormuz,
01:1880% vient d'ailleurs.
01:20Et donc bien évidemment, cela peut vouloir dire une augmentation également de production
01:24en dehors du Moyen-Orient.
01:27Oui, ça va peut-être changer à moyen terme les décisions que vous allez prendre
01:33sur la stratégie de l'entreprise et sur les zones sur lesquelles vous agissez ?
01:38Alors, depuis maintenant 4 ans, le groupe a été reconfiguré pour être beaucoup plus résilient
01:43que jamais.
01:44On est près de nos marchés.
01:46Vous savez qu'on est aux États-Unis très présents avec 100% de ce qu'on y vend onshore,
01:51produits sur place.
01:52On est également présents en Amérique du Sud avec une grosse base au Brésil.
01:56Et on a également des bases en Asie.
01:58Donc aujourd'hui, notre empreinte industrielle nous rend beaucoup plus résilient que jamais.
02:03Et nous sommes capables de réagir et bien sûr de fournir tous les produits de bonne technologie
02:09nécessaires pour produire le pétrole et gaz qui sera nécessaires pour équilibrer l'offre
02:14et la demande dans les semaines et mois qui viennent.
02:16Il y avait une situation un peu similaire au mois de juin pour terminer sur ce dossier-là.
02:20Est-ce que vous en avez tiré des leçons ?
02:22Là, ça va être a priori plus long et de plus grande ampleur.
02:25Mais sur votre business, vous aviez vu ce qui s'était passé déjà quand les sites
02:30nucléaires ont été attaqués il y a huit mois.
02:34Quelle leçon vous en avez tirée de cette période-là ?
02:38Je crois que ce qui est en train de se passer n'a rien à voir avec ce qui s
02:40'est passé
02:41à l'époque.
02:42On est parti sans doute dans un conflit beaucoup plus long.
02:45Et à l'époque, le détroit d'Harmouz n'avait pas été potentiellement fermé comme
02:50c'est le cas depuis maintenant ce week-end.
02:52Donc je pense qu'on est face à un événement qui est sans commune mesure.
02:56Vous avez donc publié vos résultats.
02:58On y vient en fin de semaine dernière et le groupe qui a résisté malgré la baisse
03:01des prix du pétrole l'an dernier.
03:03Est-ce que vous pouvez nous commenter un petit peu ces résultats ?
03:06On l'a dit effectivement il y a quatre ans, l'entreprise était en grande difficulté.
03:09Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui, Valourec est complètement sorti d'affaires ?
03:11Alors on peut le dire, on peut dire d'ailleurs que 2025 est la preuve que le repositionnement
03:16du groupe sur des produits à forte variété pour le monde de l'énergie d'aujourd'hui
03:20et de demain, aujourd'hui fonctionne puisque l'année 2025 c'est une troisième année
03:25avec une marge de résultats bruit d'exploitation supérieure à 1%.
03:30C'est 13 trimestres de suite avec une génération de cash substantiel
03:34et c'est la possibilité en 2026 pour la deuxième année consécutive
03:38après 10 ans sans retour aux investisseurs
03:41de retourner environ 650 millions d'euros à nos actionnaires
03:46dont un dividende intérimaire de 1,75€ par action
03:49à comparer au 1,05€ de dividendes d'ordinaire l'année dernière.
03:54Donc je dirais quatre ans de transformation très profonde
03:57qui aujourd'hui sont plutôt couronnées de succès.
04:02Le monde de l'énergie est en pleine mutation, on l'a dit.
04:05Quels projets vont-nous vous nourrir dans les prochaines années ?
04:07Tout à l'heure vous parliez du monde de l'énergie de demain.
04:10Vous travaillez sur quoi précisément ?
04:11Alors on a plusieurs développements dans les énergies non fossiles.
04:15L'hydrogène pour lesquels on a développé une solution de stockage
04:18qui est une solution unique au monde pour stocker de l'hydrogène gazeux
04:22entre 1 et 100 tonnes.
04:23Mais également dans la géothermie, alors pas la géothermie conventionnelle
04:26mais la géothermie avancée qui permet de produire de l'électricité en grande quantité
04:31qui est une énergie de base dont ont absolument besoin les data centers
04:34qui sont en train de se multiplier entre autres aux Etats-Unis.
04:39Et on a utilisé tout notre savoir-faire dans le domaine du pétrole et gaz
04:42pour aider des entreprises à développer de nouveaux concepts
04:46soit effectivement en utilisant les technologies que l'on utilise aujourd'hui
04:51dans le non-conventionnel dans le pétrole et gaz
04:52pour faire baisser le prix du mégawatt-heure produit par géothermie
04:57mais également avec des systèmes de ce qu'on appelle boucle fermée
05:01qui se fait avec un produit que nous sommes les seuls d'ailleurs à pouvoir fournir aujourd'hui.
05:05Valourec a annoncé fin janvier avoir signé un partenariat avec XGS Energy
05:10ça commencera effectivement en 2026
05:12ce sera un projet au Nouveau-Mexique pour justement alimenter ces centres de données
05:17c'est ça l'avenir, c'est ça l'essentiel ?
05:22En tout cas c'est un nouveau marché qui s'ouvre
05:24qu'on n'avait pas, alors sur lesquels on avait commencé à investir
05:29puisqu'on avait avec ces entreprises commencé à développer ces concepts
05:32mais c'est vrai qu'avec l'avènement des data centers
05:34l'accélération est assez spectaculaire
05:36tous les GAFAM aujourd'hui investissent massivement dans des data centers
05:40pour supporter le développement dans l'IA
05:42donc les besoins d'électricité de base
05:44et là il s'agit d'une électricité de base
05:47explosent et on voit même ces data centers se positionner là
05:49où la production d'électricité est possible
05:51entre autres avec ces solutions de géothermie
05:53et donc ce sont des volumes supplémentaires
05:55pour des produits très premium
05:57que nous savons produire dans nos usines
06:00en particulier aux Etats-Unis
06:01Aux Etats-Unis où vous n'êtes pas impacté par les droits de douane
06:06et les conséquences ?
06:08Comme je le disais tout à l'heure
06:09100% de ce que nous vendons sur le marché de l'IA
06:11est produit depuis la production de l'acier jusqu'à la finition du tube
06:15donc nous ne sommes impactés mais indirectement
06:17puisque évidemment les tarifs liés à la section 232
06:22augmentent le prix des importations
06:24et donc favorisent les acteurs domestiques dont nous sommes
06:27on est plutôt bénéficiaires aujourd'hui aux Etats-Unis de ces tarifs
06:30Bénéficiaires aussi de la politique de Trump de façon générale
06:33comment vous voyez les deux ans, deux ans et demi
06:36qui restent de cette présidence là
06:38pour votre business aux Etats-Unis
06:39qui est principale ?
06:40En tout cas on a avec le président des Etats-Unis
06:42quelqu'un qui s'intéresse forcément au pétrole et gaz
06:45qui aujourd'hui encore 85% de notre chiffre d'affaires
06:48donc on ne peut pas je dirais se plaindre
06:52après on verra évidemment tout ce que ces développements récents
06:56vont produire sur notre activité
06:58mais à nouveau nous sommes près de nos marchés
07:00et comme je disais nous sommes sur plusieurs régions
07:04qui sont aujourd'hui productrices de pétrole et gaz
07:06qui ont besoin de nos technologies
07:08aujourd'hui on continue à investir
07:10on a investi une nouvelle ligne de production aux Etats-Unis
07:12on a fait une acquisition la première depuis 9 ans
07:15pour doubler la valeur que nous pourrons apporter dans le domaine du line pipe
07:19donc on continue à investir dans des technologies de pointe
07:22qui permettent de soutenir des projets
07:25pour le monde de l'énergie d'aujourd'hui
07:27mais surtout pour demain
07:28puisque le groupe se projette résolument dans le futur
07:30Vous ne parlez pas de décarbonation d'ailleurs
07:32dans la façon dont vous parlez de l'énergie de demain
07:36pourtant c'est un élément hyper important pour les années qui viennent
07:39Alors deux choses
07:40d'abord notre empreinte carbone est la plus faible de l'industrie
07:43et nous avons même pour ambition de continuer à la réduire
07:45puisqu'on a un objectif de réduction de 30%
07:47à l'horizon 2030 par rapport à 2021
07:50mais l'énergie elle doit avoir trois caractéristiques
07:53un elle doit être disponible
07:54deux elle doit être peu chère
07:56et trois idéalement décarbonée
07:57et donc c'est dans cet ordre que les priorités sont
08:00aujourd'hui disponibilité
08:01on voit ce que l'événement du week-end nous rappelle
08:04peu cher on verra
08:06et c'est vrai que le coût aujourd'hui de production de pétrole et de gaz
08:09augmente
08:10parce que les zones où il était facile d'extraire du pétrole et de gaz
08:15sont de moins en moins indisponibles
08:17et donc aujourd'hui on va vers du non conventionnel
08:19pour lequel on a développé des technologies
08:21et décarboner
08:22c'est à la fois bien sûr ce que j'évoquais tout à l'heure
08:25la produire de l'électricité autrement
08:27on parlait de géothermie avancée
08:29mais ça peut être également la capture et la séquestration du carbone
08:33puisqu'on a également des développements pour séquestrer le CO2
08:37dans des puits existants ou nouveaux
08:39Merci beaucoup Philippe Guillaumeau d'être venu dans cette émission PDG de Valour
08:42dans la matinale de l'économie
08:45qui est pour le premier
08:45et on va à faire le point de vue de ce qui était là
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