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  • il y a 12 heures
Lundi 2 mars 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:04Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, et c'est un dernier quart d'heure américain comme tous les
00:08lundis.
00:09On est en compagnie de notre correspondant Pierre-Yves Dugas. Bonjour Pierre-Yves.
00:14Bonjour Fabrice.
00:15On a besoin de vos lumières pour savoir ce qui se passe dans la tête de Donald Trump.
00:19Alors ça c'est pas évident, en tout cas vu de Washington, Trump qui a besoin d'aller vite, très
00:23vite,
00:23pour renverser ce régime iranien avec le lancement de cette opération Epic Fury.
00:28Plus le temps passe, en tout cas plus tout risque de se compliquer.
00:33Oui parce que ce que cherche à faire Donald Trump, en apparence en tout cas, est exactement le contraire de
00:42ce qu'il a promis.
00:43Il a promis de ne pas lancer de nouvelles guerres.
00:47Et les premiers sondages qui sont intervenus au cours des dernières heures nous confirment que les Américains ne sont pas
00:52du tout convaincus de l'urgence d'aller frapper l'Iran.
00:58Alors je crois que c'est le maréchal Joffre qui avait dit, la défaite est orpheline mais la victoire a
01:04bien des paires.
01:06Ce qui risque de se produire, c'est que si cette attaque de l'Iran aboutit assez rapidement à des
01:14résultats positifs,
01:15c'est-à-dire un changement de régime en Iran et l'abandon par le nouveau régime iranien de ses
01:22ambitions nucléaires,
01:24à ce moment-là tout le monde dira « Trump a fait un coup de maître ».
01:28Si ça craigne, et si ça devient un grand sujet des campagnes électorales pour les élections législatives du début novembre,
01:38qui vont commencer à monter en puissance au cours de l'été et surtout à partir du mois de septembre,
01:45si le conflit dure aussi longtemps, ça va devenir une catastrophe pour Donald Trump, bien entendu.
01:52C'est pour ça que le temps presse. Qu'est-ce que le Pentagone veut ? Qu'est-ce que
01:57la Maison-Blanche souhaite ?
01:59D'abord, on le sait maintenant, Donald Trump a balayé du mot vers de la main
02:04toutes les réserves qui ont été formulées par ses conseillers au cours des derniers jours.
02:08Précisément sur ce thème, attention, on s'engage dans quelque chose, on ne sait pas très bien comment on pourra
02:13en sortir.
02:14Il a été convaincu d'abord que l'opportunité était très forte parce que tous les signaux qu'il a
02:21reçus
02:22étaient que le régime iranien est extrêmement affaibli et qu'on a une opportunité,
02:28comme on n'en a pas vu depuis très très longtemps et peut-être comme on ne reverra pas longtemps,
02:32de frapper un régime qui est très affaibli.
02:35Deuxième élément qui a poussé Donald Trump à faire quelque chose d'électoralement dangereux,
02:41c'est sa conviction qu'il est génial que ce qu'il a fait au Venezuela peut être en gros
02:49dupliqué en Iran,
02:51à savoir que l'on peut, sans envoyer des troupes au sol, changer le régime, le décapiter
02:57et ensuite espérer que le peuple fasse suffisamment de pression sur le futur gouvernement
03:05pour obtenir une évolution de la situation qui soit favorable aux intérêts des États-Unis.
03:12Le Venezuela, c'est le Venezuela, la situation est loin d'être résolue au Venezuela,
03:16mais l'Iran est beaucoup plus compliquée, 92 millions d'habitants,
03:22des traditions qui n'ont rien à voir, un éloignement et une véritable poudrière
03:28dans l'ensemble de la région du Moyen-Orient.
03:30Alors, Donald Trump va tenter d'aller très vite.
03:34Il faut absolument que, dans les prochains jours, on observe des signaux au moins sur deux fronts.
03:39Le premier, c'est une forme de soulèvement de l'opinion publique iranienne.
03:43Il faut que les Iraniens descendent dans la rue.
03:46C'est ce que Donald Trump ne cesse de souhaiter publiquement.
03:51L'autre signal qui est attendu à Washington sera, bien sûr,
03:56des signes de craquement dans la loyauté de l'armée iranienne
04:02à l'égard de ce régime qui a été décapité,
04:05et peut-être également des signes de craquement dans la dureté des gardes révolutionnaires iraniens.
04:13Si ces choses-là ne se produisent pas,
04:16si les intercepteurs que les États-Unis cherchent à éliminer
04:25ne sont pas suffisamment éliminés,
04:27et si la capacité de riposte de l'Iran sur ses voisins des pays arabes se confirme,
04:34les choses vont très très mal tourner pour les États-Unis, pour Israël,
04:38et bien sûr électoralement pour le président Trump.
04:41Pour le moment, ça n'est pas le cas.
04:42Bien sûr.
04:44Les Iraniens dans la rue, il n'est pas évident,
04:45lorsqu'on sait qu'il y a plusieurs dizaines de milliers de gens
04:48qui sont déjà descendus et qui ont été assassinés l'an dernier,
04:53en début d'année, pardon.
04:55Pierre-Yves, une question justement sur Trump.
04:57Certains de mauvaise langue disent que c'est plutôt aussi pour éviter
05:01certaines histoires embarrassantes qui lancent comme ça
05:04tout à l'imut des fronts, que ce soit Venezuela ou aujourd'hui en Iran.
05:10Qu'en pensez-vous ?
05:12Non, je ne crois pas.
05:13Je crois que Donald Trump a une caractéristique
05:16à laquelle on n'arrive pas à s'habituer,
05:18en particulier les journalistes, parce que c'est épuisant,
05:21c'est de s'attaquer à tous les problèmes en même temps.
05:24Il ne cherche pas à régler un, deux ou trois problèmes
05:28pour mettre de côté trois ou quatre autres auxquels il s'attaquera par la suite.
05:31Il s'attaque aux problèmes du Venezuela, le Groenland,
05:36il invente des problèmes là où il n'y en a pas.
05:41Je pense que ce qu'il vient de tenter sur l'Iran
05:45est électoralement tellement dangereux
05:48qu'il a pris le goût du risque.
05:53et avec tout de même un petit bémol,
05:55c'est qu'il, on l'a entendu tout à l'heure
05:58lors de l'intervention de la conférence de presse
06:00du secrétaire américain à la Défense,
06:02Pete Hexet,
06:04il prétend ne pas s'être converti
06:07au système du changement de régime.
06:10Il prétend qu'ils n'ont pas initié une guerre en Iran.
06:14Il prétend qu'ils sont en train de finir une guerre
06:16qui aurait dû être finie par les prédécesseurs de Donald Trump.
06:21Alors évidemment, c'est un argument assez spécieux,
06:23mais qui aurait dit il y a quatre jours
06:26que le grand Ayatollah aurait été éliminé
06:30dès les premières heures du conflit ?
06:32Oui, tout à fait.
06:33Bon, on en parlera bien évidemment tout au long de la semaine,
06:36de ce conflit et de ses conséquences sur les marchés.
06:39Alors justement, il y a autre chose qui se passe
06:41du côté des Etats-Unis,
06:42c'est bien sûr cette intelligence artificielle.
06:44On a beaucoup glosé sur la bulle.
06:46En tout cas, on a un basculement narratif,
06:50assez spectaculaire.
06:51Expliquez-nous peut-être les deux, trois affaires
06:54qui relancent un petit peu l'angoisse
06:56devant cette avancée d'une révolution disruptrice.
07:00Alors voilà, depuis des mois,
07:02on a des inquiétudes sur le coût
07:05et le surinvestissement éventuel
07:07des grands leaders,
07:09les hyperscalers dans l'intelligence artificielle.
07:11Mais depuis une dizaine de jours,
07:13il y a trois éléments nouveaux
07:14qui sont dus amplifier certaines craintes
07:16qui s'étaient déjà manifestées
07:18au cours des mois précédents.
07:21Il y a, on en a déjà parlé
07:23sur notre plateau ici,
07:26ce rapport de C-Trading.
07:29Ce n'est pas tellement le rapport dystopien
07:31de C-Trading qui nous prévoit,
07:33enfin qui envisage un scénario pour 2028
07:35dans lequel on aurait une implosion,
07:38en gros, de toutes les économies de service
07:40parce que les sociétés privées
07:41se rendraient compte que finalement,
07:44les agents spécialement customisés
07:48pour des applications d'intelligence artificielle
07:50sont capables de faire le travail
07:52d'écoles blancs beaucoup mieux,
07:53beaucoup moins cher.
07:55Ce qui me frappe,
07:56ce n'est pas tellement ce rapport,
07:58c'est le fait qu'il ait suffi
07:59que ce petit rapport d'un cabinet
08:02qui n'est pas si réputé que cela
08:03ait servi de catalyseur,
08:08je crois en dire français,
08:11pour des prises de bénéfices
08:13qui probablement étaient imminentes
08:16de toute façon.
08:16et de voir comment ce rapport
08:19a mis le feu aux poudres
08:20et a entraîné non seulement
08:21des prises de bénéfices
08:22qui avaient commencé et accéléré
08:25chez les grands de l'intelligence artificielle
08:28qui s'étaient propagés
08:28aux sociétés de logiciels,
08:30mais qui a atteint,
08:31on vient d'en parler vendredi dernier,
08:34les banques américaines
08:36qui ont quand même beaucoup trinqué.
08:38Alors ça va un petit peu mieux aujourd'hui,
08:40mais c'est tout de même assez stupéfiant.
08:42Un élément qui est venu renforcer
08:44la crédibilité entre guillemets
08:46du rapport Sudbredi,
08:47c'est le deuxième point,
08:48c'est cette annonce
08:49faite par Jack Dorsey
08:50qui fait figure un peu de gourou,
08:52qui a d'ailleurs le look d'un gourou
08:54qui était l'ancien patron de Twitter,
08:56qui dirigeait en même temps Square,
08:57société qui s'appelle maintenant Block
08:59et qui est dans les systèmes de paiement
09:01et qui nous a carrément annoncé
09:02qu'il allait licencier 40% de son personnel
09:05parce que les agents d'intelligence artificielle
09:08font mieux le travail
09:09et qui a osé dire dans la foulée,
09:11je pense que d'ici un an,
09:13des tas d'autres entreprises
09:14arriveront à la même conclusion.
09:15Donc le rapport Sudbredi
09:17multiplié au carré
09:20par l'intervention de Jack Dorsey.
09:22Et puis il y a cette incroyable controverse
09:25qui a conduit le Pentagone
09:27à boycotter,
09:28il n'y a pas d'autre mot,
09:30les agents d'intelligence artificielle
09:32d'Anthropic,
09:34qui était la seule société
09:35d'intelligence artificielle
09:37qui jusqu'à présent
09:38avait signé des contrats
09:39avec le Pentagone
09:40pour leur fournir des outils
09:41d'analyse
09:43qui facilitent notamment
09:46les bombardements,
09:47les analyses de cibles
09:48et la surveillance des communications.
09:50On n'a pas anticipé
09:53que la controverse
09:53entre le Pentagone
09:54et le patron
09:56d'Anthropic
09:57puisse se détériorer
09:59au point où le Pentagone
10:01tape du poing sur la table
10:02et dise
10:03nous ne voulons pas travailler
10:04avec vous
10:05parce que
10:05si vous nous vendiez des missiles,
10:07vous seriez en train de nous dire
10:08on vous vend des missiles
10:09mais on ne veut pas
10:10que ces missiles
10:11servent
10:13sur telle ou telle cible.
10:15Les modèles
10:16d'intelligence artificielle
10:17que le Pentagone achète,
10:19si on écoute
10:20la direction de l'Anthropic,
10:21ne devraient pas être utilisés
10:23pour faire la surveillance de masse
10:24ou pour permettre
10:25à des flottes de drones
10:27d'intervenir sans
10:29interaction humaine.
10:31Ce sont deux conditions
10:33que voulait imposer
10:34Anthropic
10:35et que le Pentagone
10:36a refusé
10:36et on vient d'apprendre
10:38à l'instant
10:38que le décret
10:40pris par Donald Trump
10:41qui interdit maintenant
10:43aux autorités fédérales
10:45de travailler
10:45avec Anthropic
10:46est mis en œuvre.
10:48Le Trésor
10:48ne va plus travailler
10:49avec Anthropic
10:50débranche tous ses systèmes
10:52et les autres fournisseurs
10:54du Pentagone
10:55Lockheed,
10:56Boeing par exemple
10:57sont maintenant en juin
10:58de faire la même chose.
10:59Ah oui,
10:59donc coup dur effectivement
11:00pour Anthropic.
11:01Qui va en profiter ?
11:02Ça va se reporter sur qui ?
11:04Alors,
11:04dans la foulée,
11:05OpenAI
11:07a signé un accord
11:08avec le Pentagone.
11:10Pourtant,
11:11pourtant,
11:12M. Altman
11:12a précisé
11:13qu'il était plutôt
11:14plutôt d'accord
11:16avec la direction
11:16de Anthropic
11:17et que
11:18les principes
11:20que voulait poser
11:21Anthropic
11:22pour limiter
11:23l'utilisation
11:24des agents
11:25d'intelligence artificielle
11:26étaient finalement
11:27assez conformes
11:28à ce que souhaitait
11:28OpenAI.
11:29Mais il y avait clairement
11:30une opportunité du business
11:31sur laquelle
11:31OpenAI a voulu sauter.
11:33Toutefois,
11:34attention,
11:35il va falloir développer
11:36ces agents.
11:37Ce ne sont pas les mêmes.
11:38Ça va prendre des mois
11:39de débrancher
11:40ceux qui ont été mis en place
11:41avec Anthropic
11:42et des mois
11:43à constituer
11:44ceux qui vont
11:45permettre à OpenAI
11:46de travailler
11:48avec le Pentagone.
11:49Et il y a une autre
11:50société d'intelligence artificielle
11:51qui est en embuscade
11:53celle d'Elon Musk
11:56avec XAI
11:57qui ne rêve que
11:58de décrocher des contrats
12:00avec le Pentagone.
12:02Et bien sûr,
12:03en tout cas,
12:03c'est passionnant.
12:04On suit ça avec vous
12:05évidemment
12:05au cœur des débats.
12:07Merci Pierre-Yves Dugan,
12:08notre correspondant américain
12:10pour Smart Bourse.
12:12Cette édition se termine.
12:14Merci de l'avoir suivi.
12:16On se retrouve
12:17comme chaque jour
12:18à 17h dès demain.
12:20En attendant,
12:20vous pouvez réécouter
12:21cette émission
12:22sur toutes les plateformes
12:23de podcast.
12:24Vous pouvez vous abonner
12:25à l'excellent Smart Trade.
12:26Une petite pastille
12:27sur ce qui se passe
12:28sur les marchés
12:28avec Pauline Grattel.
12:29C'est également
12:30tous les jours.
12:31Voilà,
12:31excellente soirée à tous.
12:32Je vous retrouve
12:32demain à 17h.
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