- il y a 3 mois
Mercredi 29 octobre 2025, retrouvez Vincent Tholance (Directeur Général, ACL Family Office), Valérie Batigne (Fondatrice et dirigeante, Sapiendo), Carole Merlaud (Fondatrice, Tand'M Patrimoine) et Sébastien Bonnet (Fondateur, Scale Up Capital) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Smart Patrimoine.
00:11Smart Patrimoine, l'émission qui vous accompagne pour comprendre et décrypter les tendances du secteur de la gestion de patrimoine.
00:18Une émission que vous pouvez retrouver tous les jours sur Bsmart4Change, sur les réseaux sociaux de Bsmart4Change.
00:24Et bien sûr, vous pouvez nous écouter en podcast sur toutes les plateformes de podcast.
00:28Au sommaire de cette édition, nous reviendrons tout d'abord sur cette annonce faite par le gouvernement Lecornu il y a quelques semaines
00:35de suspendre la réforme des retraites.
00:38Quelles sont les incidences pour ceux qui vont bientôt partir à la retraite, ceux qui partiront dans quelques années à la retraite
00:43et même de manière de plus globale en matière de stratégie de retraite.
00:46Nous en parlerons dans la première partie de l'émission avec Valérie Batigne, fondatrice et dirigeante de Sapiendo.
00:51Nous enchaînerons ensuite avec un sujet connexe mais qui concerne lui plus particulièrement le dirigeant d'entreprise.
00:58accompagné par ses conseils en gestion de patrimoine.
01:01Les conseillers en gestion de patrimoine font-ils suffisamment de prévoyance vis-à-vis de leurs clients, chefs d'entreprise ?
01:07C'est la question qui nous animera avec Carole Merleau, présidente et fondatrice de Tandem Patrimoine
01:11mais aussi avec Vincent Tolance, directeur général de ACL Family Office.
01:15Et puis enfin, dans l'œil de l'expert, nous aurons le plaisir de retrouver Sébastien Bonnet,
01:19gérant des fonds experts génération et président fondateur de Scale-Up Capital
01:22avec qui nous évoquerons la thématique de l'investissement dans le secteur des experts comptables.
01:29On se retrouve tout de suite sur le plateau de Smart Patrimoine.
01:36Quelles incidences à la suspension de la réforme des retraites ?
01:41Voilà le sujet qui va nous animer à présent dans cette première partie de Smart Patrimoine.
01:44Et pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau Valérie Batigne.
01:48Bonjour Valérie Batigne.
01:49Bonjour Nicolas.
01:50Merci d'être avec nous. Vous êtes fondatrice et dirigeante de Sapien-d'Eau.
01:52Alors, je dis quelles incidences à cette suspension de la réforme des retraites ?
01:56Il est peut-être important de rappeler en tout début qu'on a eu une suspension de la réforme annoncée par le gouvernement.
02:01On n'est pas sur une annulation.
02:03On est sur un temps mort quelque part, une attente de savoir comment va évoluer cette réforme des retraites.
02:09Ça se trouve, rien ne changera et ça se trouve, on aura une nouvelle loi sur les retraites complètement différente.
02:15Il s'agit en fait d'un temps suspendu.
02:17D'accord.
02:17Et pour le moment, c'est au stade de projet.
02:20Donc, ce n'est pas voté.
02:21C'est aussi important de le rappeler, même si ça rajoute encore à l'incertitude.
02:25Bien sûr.
02:25Alors, c'est quoi les conséquences concrètes de cette suspension ?
02:29Il y a plusieurs conséquences.
02:30Alors, à très court terme, ça va toucher les personnes qui sont nées en 1964 et 1965.
02:35D'accord.
02:36Puisqu'elles pourront partir à 62 ans et 9 mois, au lieu de 63 ans et 63 ans et 6 mois.
02:41D'accord.
02:41Donc, il y a quand même une incidence concrète.
02:44C'est que même s'il n'y a pas de loi qui a été votée, mais que la réforme est suspendue,
02:48ce qui s'applique, c'est la dernière loi en vigueur.
02:50Donc, on part à 62 ans.
02:51Oui.
02:51En fait, il va falloir une nouvelle loi parce que la réforme, elle est déjà en vigueur,
02:55mais elle s'appliquait de manière graduelle pour arriver jusqu'à 64 ans à partir d'une certaine génération.
03:00D'accord.
03:00Là, on stoppe au milieu du calendrier.
03:02D'accord.
03:03Donc, le milieu du calendrier, c'est les personnes nées en 1964 et 1965.
03:08Et on suspend deux choses.
03:09Donc, l'âge, parce que l'âge reculait progressivement jusqu'à 64 ans.
03:13Bien sûr.
03:13Donc là, on s'arrête à 62 ans et 9 mois.
03:15Il y avait aussi les trimestres qui augmentaient petit à petit.
03:18Bien sûr.
03:18Donc, eux aussi, cette augmentation serait suspendue.
03:21Et donc, suspendue à quel curseur ?
03:23À 170 trimestres.
03:25Voilà.
03:25Alors que, respectivement, ces personnes-là auraient dû cumuler 171 à 172 trimestres.
03:30Donc, ça, c'est le projet de suspension.
03:33Je rappelle, c'est un projet.
03:34Donc, ça va toucher les personnes en 2026 et en 2027.
03:39Bien sûr.
03:39C'est vraiment du très court terme.
03:41Donc, ça peut avoir des impacts sur les personnes, mais également sur les entreprises
03:44qui avaient prévu les plans de départ, les départs en retraite, les remplacements de postes, etc.
03:49Sur la base de la réforme.
03:51Sur la base de la réforme.
03:51Avec un an, on ne peut plus travailler.
03:53C'est ça.
03:53Donc, voilà, ça modifie pas mal de choses à très court terme.
03:58Est-ce que ça concerne que les personnes qui sont nées en 1964 et 1965, si on est nés
04:03en 1966 ou 1967, par exemple ?
04:04Est-ce que ça va changer quelque chose aussi, cette suspension de la réforme ?
04:06Alors là, c'est le grand point d'interrogation.
04:08D'accord.
04:08On ne va pas dire le grand flou.
04:09Voilà.
04:10Parce qu'on suppose qu'on va reprendre le calendrier à l'endroit où il s'est arrêté.
04:15D'accord.
04:16Donc, ça veut dire que les personnes nées en 1966 reprendraient à 63 ans.
04:20D'accord.
04:20Et on continuerait d'incrémenter de trois mois en trois mois.
04:23Mais, bon, voilà, c'est vraiment une théorie parmi d'autres.
04:26Il n'y a absolument rien.
04:28Je dirais encore moins rien qu'il est prévu de tout repenser.
04:31Bien sûr.
04:32À travers une conférence sur les retraites qui doit commencer bientôt et à travers un débat présidentiel.
04:39Bien sûr.
04:39Donc, quand on entend ça, on peut s'imaginer que tout est sur la table.
04:43Donc, vraiment, à court terme, pour les générations 66, il y a vraiment un flou.
04:48Bon.
04:48Même si le bon sens commanderait de reprendre le calendrier là où il s'est arrêté.
04:53Il y a un flou, mais il n'y a pas que le sujet de la suspension de la réforme des retraites,
04:56puisqu'il y a d'autres mesures qui concernent les retraités ou jeunes retraités qui sont également sur la table.
05:01Alors, effectivement, il faut que le budget soit voté.
05:03Mais on parle notamment de gel des retraites ou d'arrêt de ce dispositif de cumul emploi retraite
05:10qui a été longtemps mis en avant par le gouvernement.
05:12Comment ça aussi, c'est à prendre en compte dans sa stratégie retraite ?
05:16C'est ça.
05:17Parce que ce gel, cette suspension de la réforme, a un coût.
05:21Donc, il faut le financer.
05:22Donc, c'est toujours pareil.
05:24Il y a trois financeurs possibles.
05:25Les retraités, si on diminue les pensions.
05:28Les entreprises et les actifs, si on augmente leurs cotisations.
05:32Voilà, il n'y a pas… et la dette.
05:34Bien sûr.
05:35Donc, pour financer notre système qui est déjà en déficit,
05:41il était prévu, et ça a été accentué avec ce projet de suspension,
05:44de geler les pensions.
05:45Alors, geler les pensions, ça ne veut pas dire les diminuer.
05:48Mais ne pas les augmenter.
05:49Ça veut dire ne pas les augmenter.
05:50Donc, il était prévu un gel en 2026.
05:53Et après, une sous-indexation par rapport à l'inflation.
05:57D'accord.
05:57Donc, ça, c'est prévu dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
06:01Mais pareil, ce n'est pas voté.
06:03Donc là, ça met ça à un impact direct, quelque part,
06:06sur le pouvoir d'achat des retraités.
06:07Des retraités, bien sûr.
06:09Donc, il faut mentionner autre chose aussi
06:11qui est dans ce projet de loi de finances
06:13et qui est moins médiatisé, mais qui peut avoir un gros impact.
06:16C'est, je dirais, machine arrière toute sur le cumul emploi-retraite.
06:20Depuis la dernière réforme des retraites, donc 2023,
06:23le cumul était encouragé.
06:25Bien sûr.
06:25On encourageait les personnes à travailler une fois la retraite.
06:28Voilà.
06:28Donc, continuer à travailler tout en bénéficiant de la retraite.
06:32Ça faisait un départ à la retraite progressif, quelque part,
06:34et on continuait à capitaliser.
06:36On liquide sa pension.
06:37En même temps, on travaille, on paie ses cotisations.
06:40Et encore mieux, les cotisations retraites qui sont payées
06:44allaient générer une seconde pension de retraite.
06:47Bien sûr.
06:47Donc, c'était vraiment un encouragement à travailler,
06:49parce que travailler, on remplit les caisses de l'État et de l'URSSAF en cotisant.
06:54Et donc là, machine arrière.
06:56Machine arrière là-dessus.
06:56En fait, on reviendrait à un système de cumul plafonné jusqu'à 67 ans.
07:01D'accord.
07:02Et après, on ne pourrait plus travailler.
07:04À partir de 67 ans, on peut cumuler.
07:06D'accord.
07:07Mais jusqu'à 67 ans, le cumul va être rendu très difficile.
07:11On dissuade les personnes de cumuler jusqu'à 67 ans.
07:14Pourquoi ?
07:15Pour essayer de les faire retarder le départ en retraite jusqu'à 67 ans.
07:20D'accord.
07:20C'est ça l'idée derrière.
07:22Donc, c'est quand même un changement complet de paradigme.
07:24Toujours dans un contexte où on a une suspension de la réforme des retraites
07:28qui permet de partir à 62 ans.
07:30C'est-à-dire qu'il y a 5 ans, effectivement, où on ne sait pas trop quelle stratégie on met en place.
07:34Donc, l'idée, c'est soit on est à la retraite et on ne travaille pas du tout,
07:38soit on continue.
07:39Soit on décale son départ.
07:40Soit on décale son départ, voilà.
07:42Donc ça, c'est une mesure.
07:43Pareil, toujours pas votée.
07:45Elle est dans le projet de loi.
07:46Et une autre mesure technique qui est en faveur, il y en a deux d'ailleurs,
07:50en faveur de la retraite des femmes.
07:52Bien sûr.
07:53Donc là, ce serait un système, une modification du calcul de la retraite de base au régime général
07:59qui permettrait d'augmenter la retraite des femmes.
08:03Alors, comment ça se passerait ?
08:05C'est toujours pareil, c'est au conditionnel.
08:06Vous savez que la retraite de base du régime général est calculée sur les 25 meilleures années
08:12de vos revenus.
08:13Bien sûr.
08:14Bon, donc plus, donc l'idée, ce serait de diminuer ce nombre d'années retenues à
08:2124 ou à 23, suivant le nombre d'enfants.
08:25D'accord.
08:25Donc si on a un enfant, on va retenir les 24 meilleures.
08:29Et si on a deux enfants, on va retenir les 23 meilleures.
08:32Donc ça augmenterait mécaniquement ?
08:34Voilà, parce que ça permet d'éliminer plus de mauvaises années.
08:36D'accord.
08:36Plus le nombre d'années retenues est faible, plus c'est favorable puisqu'on élimine
08:40les mauvaises années.
08:41Et donc le nombre d'années retenues pour calculer la moyenne dépendrait désormais
08:46du nombre d'enfants.
08:48Bon, ça ne nous simplifie pas les calculs, mais voilà.
08:50Et par ailleurs, les femmes pourraient retenir deux des trimestres à enfants dans le curseur
08:57des trimestres retenus pour les carrières longues, le départ anticipé pour carrières
09:01longues.
09:02Voilà, bon, on rappelle que tout cela n'est pas voté, mais c'était sur la table, donc
09:06c'est à garder en tête pour les prochains mois.
09:09Merci beaucoup Valérie Batigne pour ce décryptage des discussions en cours sur le sujet des
09:14retraites.
09:14Je rappelle que vous êtes fondatrice et dirigeance de Sapiens d'eau.
09:16Merci beaucoup.
09:17Merci Nicolas.
09:18Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans Enjeu patrimoine.
09:20Les conseillers en gestion de patrimoine font-ils assez de prévoyance avec leurs clients ? Voilà
09:30le sujet qui va nous animer à présent dans Enjeu patrimoine.
09:33Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir sur le plateau de Smart Patrimoine deux experts
09:37du sujet.
09:37Nous avons le plaisir d'accueillir tout d'abord Carole Merlot.
09:40Bonjour Carole Merlot.
09:40Bonjour.
09:41Merci d'être avec nous.
09:42Vous êtes fondatrice de Tandem Patrimoine.
09:44Le sujet prévoyance est un sujet que vous traitez au quotidien dans l'accompagnement
09:48des dirigeants d'entreprise.
09:49Vous nous en parlerez dans un instant.
09:51Juste avant, nous avons le plaisir d'accueillir également Vincent Tolance.
09:53Bonjour Vincent Tolance.
09:54Bonjour Nicolas.
09:55Vous êtes directeur général de ACL Family Office.
09:57Et alors vous, vous alertez très régulièrement aussi sur l'importance de prendre en compte
10:01les sujets de vulnérabilité des dirigeants d'entreprise.
10:05Première question, tiens pour vous Vincent Tolance.
10:06Les CGP font-ils assez de prévoyance ?
10:08La réponse est non.
10:09D'accord.
10:09Mais ils n'en font pas ni pour leurs clients, ni pour eux.
10:12D'accord.
10:12Et à peu près, comme pour les TNS, il y a à peu près 50% des CGP qui sont peu ou mal assurés
10:19ou pas assurés.
10:20Et c'est parce qu'eux-mêmes n'ont pas intégré l'importance de faire de la prévoyance
10:23pour eux-mêmes qu'ils n'anticipent pas pour leurs clients l'importance d'en faire ?
10:26Oui, absolument.
10:27Ils sont focalisés par exemple sur l'immobilier ou sur les placements en privé d'équité.
10:32Et donc, ils ne font pas de prévoyance.
10:34Ils ne savent pas faire.
10:34Ils trouvent ça chronophage.
10:35Et donc, ni pour leurs clients, ni pour eux.
10:37Vous allez nous expliquer dans un instant pourquoi il est important de parler de vulnérabilité
10:40du dirigeant.
10:41Même question, Carole Merleau.
10:42Les CGP, selon vous, ne font pas assez de prévoyance à l'heure actuelle ?
10:45Non, ils n'en font pas parce que les dirigeants ne sont pas sensibles à ce domaine-là.
10:49Et c'est de notre devoir de les sensibiliser.
10:51On voit plutôt la prévoyance comme une dépendance, comme un contrat.
10:55Alors que c'est une nécessité vitale, si je puis faire un petit jeu de mots sur ce sujet-là.
11:00Et c'est au-delà d'un contrat, c'est vraiment une démarche de gouvernance et de pérennité
11:05de l'entreprise à protéger tant l'homme que ce qu'il a bâti.
11:09Et projeter peut-être l'entreprise dans une ère où ce ne sera plus le dirigeant
11:13à la tête de l'entreprise et anticiper ce moment-là, c'est ça ?
11:15Alors, nous militons, Vincent et moi, sur cette thématique commune, sur effectivement
11:20la protection du dirigeant et tout son écosystème qui va de ses collaborateurs,
11:25ses clients, ses fournisseurs et très prioritairement aussi sur sa famille.
11:28Il construit et donc crée de la valeur ajoutée qui peut subir un aléa.
11:34Et effectivement, il faut protéger par des contrats, mais avant tout aussi par une stratégie
11:39et des éléments juridiques.
11:40Vincent Tolance, très concrètement, le risque, c'est quoi si on n'anticipe pas le sujet
11:45de la vulnérabilité du dirigeant, si on n'équipe pas un dirigeant avec un certain
11:50nombre de contrats de prévoyance ?
11:53C'est la mort de l'entreprise en général.
11:54Et ceux qui sont en première ligne sont les salariés, qui acceptent évidemment tous
11:59les vents contraires de l'économie, le Covid ou un incendie, etc., mais qui acceptent
12:03assez mal.
12:04Évidemment, quand le chef d'entreprise est en arrêt de travail, devient invalide
12:08ou décède, que l'entreprise s'arrête complètement.
12:11Parce que ça peut mettre combien de temps ? Mettons qu'un chef d'entreprise est en
12:17accident, qu'il n'ait pas du tout anticipé la vulnérabilité qu'il peut avoir vis-à-vis
12:21d'un aléa de la vie, ça met combien de temps pour une entreprise de continuer son
12:25activité, de réussir à rebondir ou au contraire de devoir accepter que l'activité
12:28va devoir s'arrêter ?
12:29Si rien n'est prévu, on peut considérer par exemple deux heures et demie.
12:33D'accord, deux heures et demie aussi rapidement que ça ?
12:34Regardez par exemple un restaurateur qui a trois étoiles, il meurt, le restaurant ne
12:42s'ouvre pas le soir.
12:43Et quand est-ce qu'il rouvre ? Il y a des fonds, il n'y a pas de fonds, il y a des
12:46prêts en cours, il y a des fournisseurs qui réclament leur trésorerie, ce qui est
12:50normal.
12:51Et les salariés n'ont plus de chef, donc n'ont plus de chef étoilé, mais n'ont
12:55plus de chef dans la cuisine non plus, n'ont plus de direction, n'ont plus de politique.
12:58Donc un restaurateur peut parfaitement, en deux heures et demie, fermer la boutique.
13:02Mais tous les chefs d'entreprise ne sont pas restaurateurs.
13:04Pour le reste ?
13:06Un CGP.
13:07Oui, un CGP.
13:07Un CGP, il est un arrêt de travail, l'ORIAS ne verse plus, enfin l'ORIAS reconnaît son
13:12arrêt de travail et les sociétés d'assurance ne versent plus les commissions.
13:16D'accord.
13:17Donc la société, évidemment, immédiatement s'arrête.
13:19D'accord, donc ça peut aller très très vite en fait, parce que tout repose sur
13:22les épaules du dirigeant.
13:23Ah ben c'est lui qui a les signatures en général, les agréditations, etc.
13:26Donc tout repose sur ses épaules et ça peut aller très vite et ça peut être
13:31extrêmement dangereux.
13:32Un pharmacien qui vient à s'arrêter, qui prend la suite ?
13:37Ses enfants mineurs ? Son conjoint avec un informaticien ? Personne.
13:40Il faut avoir, que ce soit architecte, pharmacien, mais même CGP.
13:44Il faut, où il y a tant de moins, avoir les accréditations et tout le savoir-faire
13:47pour pouvoir prolonger l'entreprise.
13:49Carole Merleau, alors c'est vrai que je n'avais pas forcément vu les choses comme
13:52ça.
13:52Mais quand on dit ça à des clients chefs d'entreprise, est-ce que du coup ça déclenche
13:58chez eux au moins la réflexion du sujet prévoyant, ce vulnérabilité ?
14:04Je pourrais dire pas immédiatement, parce qu'on le voit encore une fois comme une dépense
14:09et on est sensible au sujet que quand on est touché par un aléa.
14:13Et donc on agit en mode curatif et pas préventif.
14:16Et c'est pourquoi nous militons sur cet accompagnement.
14:20C'est vraiment le fait d'un dirigeant de vouloir accompagner ce sujet-là.
14:25Il développe vraiment un leadership et il va protéger tant effectivement cette valeur
14:30que ses actifs.
14:32Et en fonction des professions, qu'elles soient réglementées ou pas, nous nous avons
14:35des professions réglementées, il va falloir accompagner en donnant différents pouvoirs
14:41ou différents interlocuteurs à commencer.
14:43Prévoir le jour où ça n'est plus le dirigeant d'entreprise qui peut signer ou trancher
14:47par exemple.
14:47Voilà, d'où la nécessité d'une part de faire un audit, de définir une stratégie,
14:53d'aller chercher tous les angles morts, tous les risques, donc cartographier les risques
14:58et ensuite établir cette fameuse stratégie, souscrire les différents contrats qui sont
15:05nécessaires et puis aussi assurer le suivi parce qu'une entreprise, ça vit, ça croit,
15:10il peut y avoir des associés qui viennent, donc on aménage des clauses croisées entre
15:14associés, il peut y avoir des levées de fonds, il peut y avoir de la croissance externe,
15:19d'où la nécessité pour les CGP d'accompagner ce sujet aujourd'hui et maintenant, mais
15:23dans la continuité, ce qui fera aussi dans la rémunération du conseiller en gestion
15:28de patrimoine, le fait de facturer des honoraires par cette audite.
15:31D'accord, donc on change de modèle, enfin pour une partie des CGP effectivement, on
15:35accompagne, on passe sur un modèle effectivement d'honoraire et d'accompagnement dans la durée,
15:39si je comprends bien, quand on va sur les sujets prévoyance.
15:41Oui, on s'interroge toujours sur l'évolution de la rémunération des CGP et toujours ce
15:45qui est en tête par les instances de dire est-ce qu'un jour il y aura ces fameuses
15:48rétrocessions, c'est déjà de franchir le pas, justifiant de la valeur ajoutée qu'on
15:53amène dans ce regard et ce prisme avec le professionnalisme qui nous compose et donc
15:58les honoraires par rapport à cette audite et cette stratégie, le courtage par la souscription
16:03des contrats et le suivi possiblement par des abonnements avec les évolutions puisqu'une
16:08entreprise vit ainsi que l'évolution du dirigeant d'entreprise qui dans les aléas
16:13peut aussi subir ou choisir de divorcer, de se séparer d'un associé, donc il faut
16:18toujours avoir cette continuité.
16:19Et il y a aussi évidemment tout le juridique, c'est-à-dire que les flux de trésorerie apportés
16:23par l'assurance, c'est un métier de base.
16:26Alors justement, avant peut-être de parler des flux de trésorerie apportés par l'assurance,
16:29c'est quels sont les contrats, quels sont les produits assurantiels qu'un dirigeant
16:33souscrit pour prévenir au maximum le risque ?
16:36Prévoyance familiale en cas d'arrêt de travail, invalidité d'essai, prévoyance pour
16:42la société, homme-clé et contrat associé sont les éléments principaux sur l'assurance
16:47sur ces flux de trésorerie dont a besoin et la famille et la société s'il y avait
16:54réalisation du risque.
16:55Mais ça, c'est notre côté assureur pur.
16:59Mais autour de ça, toute la gouvernance doit être prise en compte, donc vérification
17:04des statuts, parce que si dans les statuts il est impossible d'avoir un représentant
17:08pour le mandataire, enfin un mandataire pour la place du gérant, on ne peut pas le mettre
17:12en œuvre.
17:13D'accord.
17:13Vérification.
17:14Donc ça, il faut anticiper que le dirigeant d'entreprise est quelqu'un qui puisse le
17:19remplacer ou en tout cas le représenter dans certains cas.
17:22Absolument.
17:22D'accord.
17:23Sinon tout est bloqué.
17:23Vérification des statuts, rédaction ou vérification des conventions entre associés, justement
17:28pour ces problématiques de contrat associé, plan de continuité d'activité, mandat de
17:34protection future, pour envisager, alors que je suis encore en vie, mais envisager
17:39mon incapacité à véritablement prendre soin de mon patrimoine personnel et prendre
17:45soin aussi de ma société.
17:46Donc je délègue un mandataire, j'ai donné toutes mes volontés quand j'étais en bonne
17:50santé et en bon état.
17:52Et si par hasard, réélation du risque, dans ces conditions-là, le mandataire va venir
17:56prendre ma place et prendre toutes les décisions.
17:58Et en fin de compte, ce qu'on assure, c'est la pérennité d'entreprise.
18:01Oui, bien sûr.
18:02Avec la capacité, au bout de six mois ou moins d'an, de vendre.
18:04Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que souscrire des assurances, c'est bien,
18:09mais ce n'est pas la somme d'argent qui va permettre, versée par l'assureur, qui
18:12va permettre à l'entreprise de continuer à fonctionner, c'est ça ?
18:14Si le chef d'entreprise a 70% des parts et qu'il y a 2 millions qui arrivent dans
18:18l'entreprise, qui gère les 2 millions ? Qui a le droit de gérer les 2 millions ? C'est
18:23la question.
18:23Carole Merleau.
18:24Oui, j'ai le cas d'un dirigeant qui m'a contacté par le biais de son DAF, stade
18:294 au niveau cancer, remarié avec deux enfants du premier lit et deux
18:34enfants mineurs du deuxième lit.
18:36Il a beau avoir eu souscrit un contrat homme-clé d'un certain montant et d'une prévoyance,
18:42elles sont insuffisantes.
18:43D'accord.
18:44Et donc, effectivement, le fait de revoir cette stratégie, de réaménager, là c'est
18:48trop tard, les contrats, mais du coup, de passer sur le volet juridique.
18:51Et j'y vois là le sujet de l'interprofessionnalité, comme on le dit, et donc le CGP reste le
18:57coordinateur, celui qui fait dialoguer les différentes professions, puisque chaque expert n'a
19:02pas la vérité, et que si on travaille en silo, là, il y a une faille.
19:06D'accord.
19:07Donc, c'est travailler en collaboration avec les notaires pour les mandats de protection
19:11future, pour assurer notamment les actes de disposition, qui sont importants au titre
19:16d'une société, des actes qui doivent être faits.
19:18L'aménagement des statuts, de la clause d'agrément aussi, en fonction de qui peut
19:22monter aussi au capital ou qui peut remplacer, en fonction des aléas, et là, on va penser
19:27aux avocats droits des affaires.
19:28L'expert comptable, parce que là, dans l'exemple que je vous donne, il y a une valorisation
19:32de l'entreprise.
19:33D'accord.
19:33On anticipe une transmission, on fait des donations en valeur, mais en actifs différents,
19:38et c'est là tout l'art aussi du conseiller en gestion de patrimoine, d'arbitrer et de
19:42savoir coordonner au profit du dirigeant.
19:44Et encore une fois, comme le dit Vincent, de la sérénité des collaborateurs, des
19:49fournisseurs, des clients, et avant tout de la famille.
19:53Vincent Tolance, ça fonctionne ? Est-ce que quand on a mis tout ça en place, on peut
19:57se dire que l'activité va continuer ? Il y aura évidemment des hauts et des bas, puisque
20:02le sujet, apprendre effectivement à gérer une entreprise avec un dirigeant qui aurait
20:09pu subir un accident ou autre, c'est peut-être plus compliqué, mais est-ce qu'au moins on peut
20:13s'assurer, comme ça, qu'il y a une pérennité dans l'activité de l'entreprise ?
20:17C'est notre recherche, véritablement.
20:19Et dans notre activité, on est plutôt sur l'éducation financière, puisque tous les
20:24CGP qui sont nos clients, on leur explique comment faire pour eux, avec l'objectif ou
20:30la vision qu'ils vont le faire aussi pour leurs clients.
20:34D'accord.
20:35Et s'ils ne veulent pas le faire pour leurs clients, une fois qu'ils ont compris comment
20:37faire pour eux, eh bien d'aller chercher un autre prestataire, un grossiste en assurance
20:42ou un autre CGP qui va prendre en compte la prévoyance de ses propres clients.
20:47Et ça évite évidemment, si on fait cette prévoyance, ça évite d'être en défaut
20:51de conseil, puisque l'assureur, il a toutes les capacités à faire de l'assurance-vie
20:56et de l'assurance-vie en cas de décès, de la prévoyance.
20:59S'il ne fait pas la partie prévoyance, le client peut se retourner contre lui pour
21:03défaut de conseil, manque de chance, perte de gains, enfin, etc., dans des conditions
21:07où la prévoyance n'a pas été suffisamment expliquée et mise en place.
21:11Carole Merlot, on finira là-dessus sur le modèle d'accompagnement.
21:14Donc, vous nous parliez effectivement d'un modèle d'honoraire.
21:16Ça veut dire qu'on accompagne dans la durée parce que les conditions peuvent changer,
21:22qu'elles soient familiales ou professionnelles, peuvent changer régulièrement et qu'il faut
21:24adapter toujours, en fait, se poser la question de comment l'entreprise peut fonctionner
21:28sans moi.
21:28C'est une mécanique un peu difficile quand même pour un dirigeant ou une dirigeante
21:32d'entreprise ?
21:33Non, parce que le dirigeant que nous sommes nous-mêmes, sommes habitués à nous adapter
21:37en fonction des conditions, des évolutions, même de nos métiers respectifs.
21:41Une réglementation qui sort doit nous permettre, par cette vision d'une stratégie agile,
21:47j'insiste, agile, et qu'elle soit fluide, qu'elle soit connue pour qu'on puisse observer
21:51les mécanismes et lesquels vont se déclencher en fonction d'un événement ou d'un aléa.
21:56Donc, la prévoyance, c'est celle qui protège autant les hommes que les chiffres au sens
22:00général.
22:02Merci à tous les deux.
22:04Merci Carole Merlot, fondatrice de Tandem Patrimoine.
22:06Merci Vincent Tolance, directeur général de ACL Family Office.
22:11Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans L'œil de l'expert.
22:19Et nous enchaînons à présent avec L'œil de l'expert, où nous avons le plaisir de recevoir
22:22sur le plateau de Smart Patrimoine Sébastien Bonnet.
22:24Bonjour Sébastien Bonnet.
22:25Bonjour.
22:25Merci d'être avec nous.
22:27Vous êtes le président fondateur de Scale-Up Capital et notamment gérant des fonds
22:31Experts Génération 2 millésimes, Experts Génération 1 et 2, qui sont spécialisés dans
22:37l'investissement dans le secteur des experts comptables.
22:40Expliquez-nous Sébastien Bonnet.
22:42Experts Génération, c'est le seul programme d'investissement ouvert aujourd'hui pour les
22:46investisseurs privés qui permettent d'investir en France dans la transformation du secteur
22:51de l'expertise comptable.
22:52D'accord.
22:52En fait, ce qu'on fait avec ces produits, c'est qu'on accompagne la transformation du secteur
22:56qui est en train de se consolider, mais en garantissant l'indépendance des experts et
23:04donc en permettant la transformation, notamment technologique des cabinets.
23:08C'est ce qui a attiré votre attention, c'est ce besoin de transformation à l'heure
23:12actuelle, notamment technologique des cabinets d'experts comptables ?
23:14Oui, on a deux game changers qui interviennent dans le secteur.
23:17L'intelligence artificielle, la facture électronique qui ne va pas tarder à surgir.
23:23Donc ça, ça révolutionne les méthodes de production.
23:25Ça révolutionne aussi le coût associé.
23:29Et ça nécessite de changer le type de mission que l'expert comptable va être amené à réaliser.
23:34Et donc pour ça, on a un fonds qui permet précisément de transformer les missions de
23:38l'expert comptable et puis d'accompagner les collaborateurs et la transmission des
23:44cabinets également entre associés.
23:45Comment va évoluer le secteur de l'expertise comptable selon vous dans les prochaines années ?
23:50Est-ce qu'on va avoir de plus en plus de transactions par exemple ?
23:52Un peu de consolidation dans le secteur face à ces deux game changers que vous nous décrivez ?
23:56Alors, quand on est expert comptable et associé, on est relativement âgé.
23:59En moyenne, en France, on a 52 ans aujourd'hui.
24:02Donc dans les dix années qui viennent, effectivement, on va avoir un très grand nombre d'opérations
24:05qui vont se réaliser.
24:07D'autant plus que ce facteur de changement qu'apporte la technologie pousse à migrer
24:13sur les typologies de mission.
24:16Donc on voit son métier changer.
24:17On voit son métier complètement changer.
24:19Et l'expert comptable reste tout de même le premier tiers de confiance de l'entrepreneur.
24:24Bien sûr.
24:25Donc effectivement, c'est un changement qui doit être accompagné par un fonds.
24:30Quand vous regardez ça d'un point de vue du professionnel de l'investissement que vous êtes,
24:34comment est-ce que vous regardez ce secteur en termes de valorisation par exemple
24:38ou de typologie d'entreprise ?
24:40Alors déjà, c'est un secteur qui est très attractif parce qu'il repose sur un triptyque.
24:43Ce triptyque, c'est une valorisation qui est basée sur des performances qui sont assez saines.
24:49Aujourd'hui, on est à 15% de BE sur les cabinets, en modulo la rémunération des dirigeants.
24:55Ça, ça va évoluer à la baisse pour ceux qui ne font que de la production comptable,
24:59à la hausse pour ceux qui vont migrer vers des solutions plus orientées vers le conseil.
25:05C'est un secteur qui a peu de défauts.
25:07C'est un secteur qui effectivement est complètement robuste sous tutelle ministériale.
25:21Effectivement, on est dans une façon de faire du private equity,
25:24de pratiquer du private equity de manière extrêmement sûre
25:27au regard des autres activités de financement.
25:30Les valorisations, elles ont été protégées par le comportement de la profession,
25:36l'interaction des instances.
25:38Là, aujourd'hui, on est à un tournant puisque ce virage technologique
25:42fait qu'on va devoir générer de la valeur ajoutée.
25:44Et c'est le rôle du fonds précisément d'investir dans cette valeur ajoutée.
25:47Si je comprends bien, le fait que le secteur ne se soit pas transformé avant
25:50a protégé les valorisations et c'est là maintenant où on va pouvoir
25:53voir la valeur créée par ces transformations.
25:57Encore faut-il, parce que le secteur est obligé de se transformer,
26:00si je comprends bien, parce que la facturation électronique,
26:01ça pour le coup, c'est réglementaire.
26:02Donc en fait, il y a une obligation pour tout ce qui est numérique,
26:05intelligence artificielle.
26:06Là aussi, vous voyez que c'est quelque chose d'inexorable
26:09dans la suite de l'activité des experts comptables.
26:11Il y a un changement au niveau des marges qui, effectivement, va intervenir.
26:16Et ceux qui vont rester dans la production comptable,
26:18de toute façon, vont devenir des cibles de choix
26:20et probablement perdre la confiance des entrepreneurs.
26:25Dernière question rapidement, Sébastien Bonnet.
26:27Comment est-ce que vous investissez ?
26:29Quel est votre fonctionnement particulier dans ces fonds Experts Génération 1 et 2 ?
26:35Alors, on investit de manière minoritaire dans les cabinets.
26:38On n'a pas vocation à être opérateur des cabinets.
26:41Ce que l'on fait, c'est qu'on ait réellement un support financier
26:43pour financer cette transformation.
26:45Et on accompagne nos participations avec l'intervention de spécialistes
26:49qui sont issus du secteur et qui vont aider à la transformation effective des cabinets.
26:54Merci beaucoup, Sébastien Bonnet, de nous avoir accompagné dans l'œil de l'expert.
26:58Je rappelle que vous êtes le président fondateur de Scale-Up Capital.
27:00Merci beaucoup.
27:01Et quant à nous, on se retrouve très vite sur Be Smart for Change.
27:04Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire