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La guerre en Iran et ses répercussions ont un impact sur la vie des entreprises françaises. On en parle dans le CERCLE RH avec Marine Balansard (Ariseal), Jean-Christophe Sciberras (Newbridges) et Alexandre Lamy (avocat en droit social).

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00:00...
00:12Le débat, le cercle RH, le débat d'actu pour parler du sujet qui nous concerne tous.
00:18Les images, vous les voyez évidemment tout au long de la journée,
00:21cette guerre contre l'Iran, ces bombardements, ces bateaux bloqués au détroit d'Ormouz,
00:27l'impossibilité mais évidemment de pouvoir acheminer le pétrole et les échos qui titraient le baril à 100 dollars
00:33qui veut dire plein de conséquences pour notre économie, peut-être même pour notre niveau d'emploi et donc pour
00:39le chômage.
00:40On en parle avec mes invités. Marine Balançard est avec nous.
00:43Bonjour Marine.
00:43Bonjour Arnaud.
00:44Très heureux de vous accueillir dans le débat d'actu, directrice générale d'Arizeal,
00:47autrice avec un co-auteur d'ailleurs d'un livre passionnant sur...
00:51Sur la dyslexie au travail.
00:52Les dys, c'est bien ça. Édition Erol.
00:55Erol, absolument.
00:56Merci d'être là.
00:57A vos côtés, le retour de Jean-Christophe Sibéras.
01:00Très très heureux de vous accueillir, cher Jean-Christophe, président de Newbridge.
01:03Et vous fûtes DRH de plusieurs grandes entreprises, mais aussi, et ce n'est pas une entreprise, DRH de l
01:09'ANPE.
01:10Pôle emploi.
01:11À l'époque de Pôle emploi.
01:13Excusez-moi, je vous ai un peu vieilli en parlant de l'ANPE, je m'en excuse.
01:16Alexandre Lamy est avec nous. Bonjour Alexandre.
01:18Bonjour Arnaud.
01:18Avocat en droit social, vous pilotez, vous avez créé ce think tank qui s'appelle NEOS.
01:23D'abord un petit mot sur la manière, non pas qu'on soit des géopoliticiens, et l'enjeu n'est
01:27pas évidemment de faire de la géopolitique de comptoir,
01:29mais comment vous regardez la situation économique des fenêtres où vous vous situez, et à travers les entreprises que vous
01:36croisez, que vous rencontrez, qu'est-ce qu'elles vous disent ?
01:39Inquiétude, on n'a rien à craindre, un baril à 100 dollars, c'est terrible, Alexandre ?
01:45Non, parce que, alors non pas, non, non, c'est pas terrible, on est encore à un niveau de choc
01:53et donc pas de crise à ce stade.
01:55En revanche, le choc impacte trois leviers majeurs de l'économie qui impactent directement les entreprises.
02:04Un, le prix de l'énergie, donc le coût de production.
02:08Deux, la confiance économique.
02:10Et trois, la stabilité du commerce international.
02:13Et on le sait, on l'a déjà vécu, le choc économique, pour ne pas parler de crise, entre nécessairement
02:21dans l'entreprise, et on va le voir.
02:23Alors, les tensions vont apparaître rapidement sur la question du pouvoir d'achat.
02:31Le gaz, l'essence ?
02:33Le gaz, l'essence, et donc la question du pouvoir d'achat va de nouveau se poser dans le cadre
02:38de l'entreprise, dans le cadre du dialogue social.
02:40Et si les crises géopolitiques se jouent entre États, les conséquences économiques, comme souvent, se gèrent et se négocient dans
02:51l'entreprise ?
02:52Juste, Jean-Christophe, Marine, les crises se succèdent, puisqu'on a eu la crise Covid, puis on a eu la
02:56crise ukrainienne, qui a eu aussi une crise de l'énergie.
02:59On a la crise iranienne, et on a, par ailleurs, notre crise à nous, bien française, de nos déficits.
03:04Et ce qui vaut la une, aujourd'hui, des échos, qui explique que le corps nu est coincé.
03:09Il n'a aucune marge de manœuvre possible, parce que bien sûr que le prix de l'essence va progresser,
03:13il a déjà pris 15 à 20 centimes minimum.
03:16En fait, on n'a aucune marge de manœuvre, on est spectateur de la situation, là.
03:21Alors, c'est vrai que ce qui est nouveau, je pense, c'est que la conscience de la dette en
03:28France, qui a été longtemps pas perçue,
03:31c'est assez frappant de voir, sur le terrain, les 3 500 milliards d'euros de dette, c'est maintenant
03:41dans le...
03:43Et du coup, il y a la conscience de la contrainte, elle est quand même beaucoup plus forte qu'avant.
03:50Donc on accepterait mieux une hausse du prix de l'essence au prétexte qu'on a une dette ?
03:54Ou plutôt une non-décision de compenser ou de réduire de force le prix de l'essence par rapport à
04:03ce qui s'était passé au moment du Covid.
04:05On peut dire qu'il suffit de baisser le prix des taxes, mais l'on est le fait en Italie,
04:08il suffit de baisser nos taxes.
04:09Voilà, mais effectivement, en tout cas en France, le degré de contrainte...
04:13Bon, en ce moment, il y a l'élection municipale, si vous baladez un peu sur le terrain, c'est
04:16mon cas.
04:20Les contraintes, quand il s'agit de... Les maires qui veulent dépenser, par exemple, beaucoup d'argent,
04:25disent, est-ce que c'est le moment d'avoir des projets pharoniques ?
04:28Enfin, c'est des choses comme ça qu'on entend, et du coup, enfin, dans ce contexte un peu sombre,
04:33disons-le, il y a quand même des prises de conscience progressives en France, qu'on le veuille ou non,
04:39qui finissent par s'instiller.
04:41Ça ne résout pas les problèmes des boîtes, parce que dans les boîtes,
04:44pour prendre un exemple très simple, les NAO sont presque toutes terminées aujourd'hui.
04:48Elles ont été basées sur des niveaux d'inflation beaucoup plus bas.
04:52Qu'est-ce qui va se passer quand vous êtes basé sur un niveau d'inflation à 1 ou 1
04:58,5, dans les prévisions,
04:59que l'accord, ça y est, il est signé, il est réglé, ou l'entreprise a décidé de faire,
05:05et que tout d'un coup, on vous dit l'essence, rappelons quand même que 72% des Français vont
05:11au travail en voiture.
05:13Ce n'est pas tout à fait rien.
05:15C'est un impact psychologique.
05:16Ce qui se passe, voilà.
05:18C'est des euros et c'est effectivement des impacts psychologiques.
05:21Marine Balançard, juste pour faire ce fil rouge, on a lu dans la presse le mot « stagflation »
05:26qui commence à poindre, et alors on ne parle pas d'une crise, mais d'un choc,
05:30parce que pour l'instant, ça ne fait que huit jours que les Américains bombardent,
05:33donc on n'est pas encore rentré dans une longue traîne,
05:36mais stagflation, c'est très très mauvais.
05:38On était déjà en très mauvaise situation économique avant le début de la guerre en Iran, on est d'accord.
05:45Ça ne va rien arranger tout ça ?
05:46Non, d'un point de vue macroéconomique, ce n'est pas bon,
05:50mais dans les prises de conscience que vous évoquiez,
05:53moi je pense que c'est le grand retour de la géopolitique dans les entreprises,
05:57c'est-à-dire qu'on ne veut pas faire de géopolitique de comptoir,
06:01mais maintenant, avec l'enchaînement des crises, on a eu, comme vous le disiez, le Covid, l'Ukraine,
06:06et maintenant l'Iran, on est obligé dans les entreprises d'intégrer la géopolitique,
06:11de comprendre, on parlait des entreprises qui devaient recruter des chiefs geopolitical officers,
06:17afin d'éclairer la décision.
06:19Oui, mais là, en fait, on est obligé de comprendre ces décisions qui semblent irrationnelles,
06:26ces décisions des États, qui ont un impact direct sur la vie des entreprises.
06:31Une fois qu'on a pris conscience de la dette, qu'on se dit qu'on a une dette, il
06:34faut faire attention,
06:35une fois qu'on a expliqué aux salariés dans l'entreprise
06:38qu'on est dans un contexte international de tension, qu'il faut faire de la pédagogie,
06:43concrètement, est-ce qu'on a des marges de manœuvre ?
06:46Parce que l'enjeu de la stagflation, c'est une augmentation des prix du pétrole,
06:51une augmentation des taux d'intérêt et une contraction de l'économie,
06:54et donc du chômage. Est-ce que vous êtes d'accord avec cet enchaînement ?
06:57Oui, c'est exactement le risque qu'on encourt, et ce que j'expliquais tout à l'heure,
07:02c'est que face à l'augmentation des coûts de production et face à l'incertitude économique,
07:07les contraintes budgétaires vont être encore plus importantes pour les entreprises,
07:10et donc les investissements, qui étaient déjà à un niveau extraordinaire,
07:16vont être revus encore une fois à la baisse,
07:18et les arbitrages budgétaires vont être encore plus stricts,
07:21et notamment s'agissant de l'emploi et des recrutements.
07:24Donc oui, il va y avoir un impact direct sur le chômage de façon assez importante.
07:28Mais la France, enfin l'Europe, moins dépendante des hydrocarbures que d'autres pays,
07:32la Chine, en fait, tout ce qui passe par l'étroit d'Hormuz, part à 80% en Chine.
07:36C'est assez protégé, en tout cas, ça.
07:38Donc, une des conséquences, c'est d'accélérer la transition écologique.
07:40On a déjà un bien meilleur mix énergétique que la Chine et que les États-Unis.
07:45Puisque vous ouvrez le sujet, vous avez vu que dans les thématiques,
07:47les entreprises les plus impactées, on parle des agriculteurs,
07:50qui vont devoir payer peut-être 10, 20, 30% plus cher leurs engrais.
07:54Eh bien, justement, ça confirme ce que je viens de dire sur la nécessité d'accélérer la transition énergétique,
08:00ce qui est justement le parti pris de l'Europe, de la Chine aussi,
08:03mais elle est beaucoup plus en retard que nous, ou moins avancée,
08:07puisqu'elle n'a pas encore atteint son pic d'émissions de CO2.
08:09Nous, on l'a dépassée, on est plutôt en réduction en Europe.
08:12Et donc, en fait, cette crise qui ne va peut-être pas durer,
08:16puisque le président Trump vient de dire que ça n'allait pas durer,
08:19le prix du pétrole a déjà baissé.
08:21Je pense qu'il s'adresse au marché, non ?
08:23Je pense qu'il parle au marché et au cours du pétrole, oui.
08:27On ne connaît pas son objectif de guerre.
08:31L'État final recherché, on ne le connaît pas.
08:32Est-ce que c'est détruire le régime ?
08:34Est-ce que c'est d'ennuyer la Chine en faisant monter le prix du pétrole ?
08:36Ou détruire les réserves nucléaires qu'ils n'ont toujours pas trouvées.
08:39Ou détruire les réserves nucléaires, on ne le sait pas.
08:40Les 400 tonnes.
08:41Et il maintient le flou, soit par stratégie, soit parce qu'il n'a pas de stratégie,
08:45ce qui, je pense, c'est la première option.
08:48Mais nous, en tout cas, nos entreprises françaises doivent s'armer contre ces risques géopolitiques.
08:56Donc, le mettre dans leur cartographie des risques.
08:58C'est-à-dire, le prix de l'énergie n'est plus une variable, c'est un risque systémique.
09:03Maintenant, on l'a vu, ça fait trois fois de suite.
09:05Ça change la prise de décision.
09:08La carte du pétrole, c'est la carte de la guerre.
09:10Maintenant, parce que le premier choc pétrolier, on a été totalement dépendants des hydrocarbures.
09:14Ce n'est plus le cas maintenant.
09:15C'est vrai, doucement.
09:17Et donc, maintenant, ça devient un pilotage du risque énergétique.
09:21Et si on mettait les pieds dans le plat, Jean-Christophe Sibéras,
09:23parce qu'on se dit, rappelez-vous le Covid,
09:25c'est un économique qui s'appelle Mabrouk-Chetwan, j'ai noté cette phrase,
09:29qui dit que le paramètre clé sera la durée du conflit.
09:31En un mot, si ce conflit dure, évidemment, on va passer d'un choc à une crise.
09:35Et on va arriver dans la situation du Covid,
09:37où, rappelez-vous, le ministre Le Maire,
09:39qui doit être, ça lui a d'ailleurs été reproché,
09:41on dit qu'il a cassé, il a pété la caisse
09:44en offrant, en proposant un chômage pour tous les salariés.
09:47Et on en paye aujourd'hui les conséquences.
09:49Est-ce qu'aujourd'hui, ce type de crise très, très violente
09:53est une remise en question,
09:54ou peut être une remise en question de notre modèle social ?
09:57Parce que cette question, elle est posée depuis longtemps.
10:00Ou l'inverse.
10:02C'est-à-dire que la question des solidarités,
10:04c'est évidemment la question, le Covid,
10:06il y a une réponse à nos solidarités,
10:08d'ailleurs une réponse, il faut quand même le rappeler,
10:10qui a été très positive.
10:12Franchement, la résilience, comme on dit parfois,
10:14des économies, des personnes, des gens, de leur vie,
10:19elle est due en fait à des facteurs de solidarité
10:21qui étaient déjà en place et qui ont été activés très fortement.
10:23À quel prix, disent certains ?
10:25Voilà. Mais en même temps, le système n'a pas cassé.
10:27Et c'est vrai que quand on se déplace
10:29dans un certain nombre de pays qui n'ont pas tous ses filets,
10:32on mesure à quel point la crise Covid a été vue différemment
10:35et pratiquée différemment ailleurs.
10:37Est-ce qu'on a encore les moyens ?
10:39Après, sans être un grand spécial de géopolitique,
10:42mais je ne pense pas que le monde puisse se permettre
10:45que le détroit d'Ormus soit bloqué durablement.
10:48Ça, ça me semble clair.
10:49Et quand je dis le monde, c'est pas seulement les Etats-Unis,
10:52c'est l'Asie, etc.
10:54Donc de toute façon, je ne sais pas très bien s'il va se passer,
10:57mais il va falloir des actions pour libérer le flux,
11:01les flux de circulation, parce que c'est comme le sang,
11:03quand vous bloquez le sang, à un moment donné,
11:06si vous voulez, l'être humain, et voilà.
11:07Alors, Alexandre, est-ce qu'une crise longue,
11:10comme l'évoque ma groupe chez toi,
11:12en disant que la variable, c'est la durée de cette crise,
11:14et donc, évidemment, l'impact d'un coût énergétique plus lourd,
11:17d'un prix de l'essence plus lourd, de conflits sociaux plus lourds,
11:20est-ce que c'est, encore une fois, peut-être
11:22un coup de boutoir supplémentaire dans notre modèle social ?
11:25Un coup de boutoir, non, dans le modèle social.
11:27En revanche, ce qui est de façon assez certaine,
11:30et on l'évoquait tout à l'heure,
11:31c'est qu'on n'a plus les moyens de notre politique sociale.
11:35On ne cesse d'alimenter le tonneau des danaïdes.
11:38C'est-à-dire que, ce que vous évoquiez,
11:43le tic des mesures en toque.
11:48Soit on baisse le niveau de fiscalité,
11:52comme le veulent certains,
11:53soit on baisse le prix,
11:55on n'a plus les moyens de nos ambitions.
11:58Donc oui, le poids de la dette est tel aujourd'hui
12:00que ce que fait le gouvernement, d'ailleurs,
12:02nous n'avons pas d'autre choix
12:04que d'agir sur, non pas le prix du baril,
12:09pour protéger, et on ne peut pas le faire,
12:12mais d'attendre et de faire le don.
12:16Donc de subir.
12:17Donc de subir.
12:17Donc de subir et donc de creuser un peu plus.
12:20Sauf sous la réserve que vous évoquiez,
12:22qui est d'accélérer, et c'est la seule mesure qui soit viable aujourd'hui,
12:25d'accélérer sur la décarbonation,
12:27et d'accélérer la transformation de l'usage de l'énergie
12:33vers une énergie décarbonée et électrifiée.
12:37Vous n'êtes pas d'accord, Marie ?
12:38Non, je ne suis pas d'accord, puisqu'on n'attend pas aux Andorons.
12:40On envoie un porte-avions et quasiment l'entièreté de notre flotte
12:45vers le détroit d'Hormuz.
12:46Donc on participe à la décongestion.
12:48Pour le libérer d'une président Macron ?
12:49Oui, mais on va participer à la décongestion de ce goulet d'étranglement.
12:52Les bateaux passent en réalité.
12:54Il y a 5 à 10% des bateaux qui passent.
12:56Il y a des oléoducs qui envoient le pétrole là où il faut.
13:00Encore quelques bateaux.
13:01Très peu.
13:0210% ?
13:03Oui, mais ce n'est pas rien.
13:05Avec un risque majeur pour chaque bateau qui passe.
13:07Le plus gros risque, c'est pour les engrais,
13:09parce qu'il n'y a pas d'autre moyen que le détroit d'Hormuz.
13:11Mais on n'attend pas aux Andorons.
13:13Je pense qu'on est hyper actifs dans la participation à cette action.
13:20À notre échelle.
13:23À l'échelle du pays, mais c'est énorme.
13:25Oui, à notre échelle.
13:28Je ne pense pas qu'on soit complètement inactifs.
13:31Je pense que c'est même le contraire.
13:32Vu la taille de notre pays, on est plutôt hyper impliqués.
13:36Et on n'a qu'un seul porte-avions, il est là-bas.
13:38C'est exact.
13:39Trois porte-avions américains.
13:41Et encore, ils peuvent en déployer peut-être trois autres supplémentaires qui risquent d'arriver.
13:45Mais quand même, j'ai un peu une marotte, mais cette crise, si elle dure encore un mois,
13:50et de toute évidence, Donald Trump fait des incantations,
13:53mais on sait que les Iraniens vont résister, peuvent résister,
13:57ça veut dire que très rapidement, les entreprises vont devoir repenser leur volume de consommation d'énergie.
14:03On va repartir un peu dans le modèle de la crise ukrainienne.
14:06C'est-à-dire, attention, fermer les radiateurs.
14:09Les entreprises se posent déjà la question, de savoir, vous parliez, Jean-Christophe parlait des NAO,
14:14la pression sociale dans l'entreprise, elle commence déjà à se faire sentir.
14:19Est-ce qu'on ne doit pas réouvrir certaines négociations ?
14:21Est-ce qu'on ne doit pas mettre en place des mesures d'accompagnement spécifiques pour les salariés ?
14:26Le climat social n'est pas bon, par ailleurs.
14:27Le climat social n'est pas bon, et on l'entend déjà point,
14:30le versement de primes de transport, la nécessité de mettre sur la table des forfaits de mobilité durable.
14:35Vous voyez qu'on bascule toujours sur l'idée de, il faut faire des primes, on donne des chèques.
14:39Absolument, absolument, mais parce que c'est ce que je disais tout à l'heure.
14:42Encore une fois, la géopolitique se joue entre États,
14:45mais les conséquences économiques, elles se négocient dans l'entreprise par le dialogue social.
14:50Vous en pensez quoi ?
14:52Parce que les chèques, bon, alors les chèques énergie, les chèques alimentation,
14:55mais ça fait qu'on n'a plus d'argent, vous le disiez vous-même.
14:57Oui, mais attention, là, ce qu'évoque, il y a deux choses.
15:00Il y a les chèques de la solidarité nationale,
15:03et puis il y a ce que peut faire l'entreprise avec ses propres moyens.
15:06D'accord.
15:07C'est vrai que, par exemple, il y a beaucoup d'entreprises qui,
15:11en tout cas en province, qui n'aident pas leurs salariés à se transporter.
15:14Enfin, il y a une règle des 50% remboursés.
15:16Oui, mais sur les transports en commun.
15:18Mais quand vous êtes en voiture, vous ne l'avez pas.
15:20Donc c'est vrai que là, d'ailleurs, c'est tout à fait possible.
15:25Ça, c'est des choses qui sont des choses qui peuvent être imaginées.
15:30Très honnêtement, moi-même, dans ma carrière de DRH,
15:32pendant longtemps, je n'ai rien fait pour les transports.
15:33Puis un jour, on s'y est mis.
15:35Pourquoi ? Parce que vous avez aiguillonné, on vous a dit...
15:38Pendant longtemps, sans doute, qu'on considérait,
15:41même le consensus des DRH, on va dire,
15:44c'était le transport, c'est la collectivité publique,
15:46c'est le pass, la carte orange, etc.
15:50C'est à l'État.
15:50Et puis nous, de toute façon, on a un versement de transport
15:52qu'on paye les entreprises.
15:54Donc finalement, tout ça s'est socialisé.
15:56Et puis finalement, il y a un certain nombre de DRH qui se sont dit,
15:58mais attendez, malgré tout,
16:01il y a des salariés qui viennent de très loin.
16:03On a quand même intérêt qu'ils viennent,
16:05que ça ne soit pas trop compliqué pour eux.
16:07Et on a commencé à voir des politiques apparaître
16:09sur des financements d'entreprises,
16:12de transports, avec des taux modulés,
16:14en fonction de l'éloignement, etc.
16:15Et ça a progressé sur plein de bonnes sujets d'ailleurs aussi.
16:17Voilà. Et ce n'était pas, objectivement, ce n'était pas idiot.
16:20Peut-être, au lieu de mettre 0,1% d'augmentation générale des salaires de plus,
16:26de se dire, on va faire une prime transport modulée,
16:29donc on n'est plus dans le général, on s'adapte aux salariés,
16:31on fait attention à sa réalité personnelle,
16:35à son éloignement du domicile.
16:37Moi, je veux dire, c'est des choses qui se sont mises en œuvre.
16:39Et tant mieux.
16:40Donc il y a quand même des solutions qu'il faut sans doute reprendre maintenant,
16:45mais qui sont souvent déjà en place.
16:47Et qui ne doivent pas être coûteuses pour les finances publiques,
16:49c'est le papier des échos d'aujourd'hui,
16:51parce que le cornu n'a pas de marge de manœuvre.
16:53On est d'accord.
16:53Mais il ne faut peut-être pas crier avant d'avoir trop mal,
16:55puisque si le conflit s'arrête rapidement...
16:57Vous y croyez sincèrement, Marine Balançard ?
17:00Oui. Vu ce que je vois, je vois que les États voisins de l'Iran ne ripostent pas,
17:05ils ne font que se défendre.
17:06Je vois qu'il y a des annonces que la guerre ne va pas durer.
17:11Et que l'Iran qui veut absolument maintenir son régime,
17:16c'est sa ligne rouge.
17:18Donald Trump n'a pas l'air de dire qu'il veut la fin du nouveau guide suprême.
17:22Donc je pense que ça peut s'arrêter assez rapidement.
17:26L'Iran a montré qu'elle pouvait nuire.
17:27Les États-Unis ont montré qu'ils étaient puissants.
17:30On a envoyé un signal à la Chine.
17:32Nous, nous sommes là aussi.
17:33Et ça peut tout à fait se terminer rapidement.
17:37Marine Balançard joue la voie de la France.
17:38Elle est la voie de la France sur ce plateau.
17:40Elle nous explique qu'on a envoyé notre porte-avions et trois frégates.
17:43Est-ce qu'il y a aussi un risque, dès lors que la guerre sera finie,
17:45puisque essayons de penser au coup d'après,
17:47la place de la France et de l'Europe dans le redécoupage,
17:53parce que l'enjeu, il y a beaucoup de pétrole,
17:54il y a beaucoup d'enjeux économiques.
17:56Les Américains, évidemment, sont en première ligne.
17:58Est-ce que là aussi, on n'a pas un petit décrochage ?
18:01Parce qu'on a un coup à jouer, quand même, aussi.
18:03Mais l'Europe est très dépendante des hydrocarbures.
18:06On n'en a pas trop dépendante.
18:07Voilà, on a éventuellement la Norvège, mais on n'a rien, sinon.
18:10C'est ça, notre point faible.
18:11Et donc, notre force, notre puissance,
18:13c'est justement cette transition énergétique,
18:15cette capacité à se diversifier.
18:18Je relis à l'un coup.
18:18C'est part de votre opinion, mais ça coûte cher, une transition énergétique.
18:19Oui, mais elle est quand même bien avancée, déjà,
18:21puisque je crois qu'on a pratiquement 20% de l'énergie qui est décarbonée.
18:25Et plus le nucléaire, oui.
18:28Plus le nucléaire à exporter.
18:29Mais vous, vous pensez que la durée de ce conflit qui est face à nous,
18:33et qui est assez effrayant d'ailleurs,
18:35parce qu'on voit des populations qui sont muselées,
18:37cadenassées au sol,
18:38des bombes qui tombent un peu partout sur ce golfe Persique,
18:42vous le voyez de courte durée ?
18:43Vous, Jean-Christophe Sibéras, c'est un vœu pieux ?
18:46En fait, il n'y a pas de réponse de l'Iran.
18:48Ils envoient quelques drones.
18:50Finalement, le nombre de missiles, on les compte, ce n'est pas énorme.
18:54Sauf qu'ils ont des hommes au sol.
18:55On dit qu'il y a 1 400 drones,
18:57mais 1 400 drones, c'est ce qu'envoie la Russie en deux nuits sur l'Ukraine.
19:01Non, mais le...
19:04Enfin...
19:04Il y a une impression, le cas.
19:06Ce conflit, pour plein de raisons extrêmement puissantes,
19:09ne peut pas durer.
19:12Ceux qui vont faire les frais, évidemment,
19:14c'est les Iraniens et les Iraniennes, surtout d'ailleurs, pour le coup.
19:17Mais ce conflit, il y a...
19:20La tectonique des plaques est tellement forte que...
19:23Il y a beaucoup de paramètres qui indiquent qu'il ne faut pas que ça dure.
19:25Voilà.
19:25Disons-le comme ça.
19:26Et donc, l'annonce qui a été faite,
19:29que tout ceci ne va pas durer longtemps,
19:31lisez l'éditorial de The Economist de ce week-end,
19:36ils disent,
19:38Trump, il va...
19:39Il le disait samedi, dans la livraison de samedi,
19:43et il va annoncer l'arrêt du conflit très vite.
19:45C'est d'ailleurs ce qui s'est passé,
19:47parce qu'en réalité, personne ne peut se permettre dans cette affaire...
19:50Qui l'habille, il a marié, Trump.
19:51...qui que ce soit, ni les Iraniens, ni les pays du Goff,
19:53ni la Chine, ni...
19:54Non intérêt.
19:54Voilà, qui auraient intérêt au conflit.
19:56Le seul truc...
19:57Enfin, sauf les habitants iraniens qui sont...
19:58Voilà, c'est ça.
19:59Et malheureusement, ils risquent d'être un peu sacrifiés.
20:01Le but de guerre, c'est quand même la question nucléaire,
20:04par rapport à l'Iran, c'est ce qui dit le vrai sujet.
20:08Et le vrai...
20:09Confusion du...
20:10Le vrai enjeu pour les Etats-Unis, c'est quand même de gérer cette menace avec Israël
20:15et de la traiter correctement.
20:17Oui, avec une divergence de point de vue, d'ailleurs, sur le but de guerre.
20:19C'est pas tout à fait le même...
20:21Bon, voilà.
20:22Donc, si ça, c'est géré, voilà.
20:26Alexandre, en dix secondes, court ou pas court,
20:29pour des raisons qu'on évoque, qui ne sont pas liées qu'à la guerre,
20:32qui sont liées à une stratégie, à l'idée qu'il faut que l'économie continue à se développer
20:36et que là, elle est tout d'un coup à l'arrêt.
20:38Moi, je ne suis pas expert en géopolitique.
20:39En laissant les Iraniens sur le bas de l'art.
20:41Je ne suis pas expert en géopolitique,
20:44plutôt en relations sociales dans l'entreprise.
20:47Le fait est que je rejoins assez Jean-Christophe,
20:48c'est pour des raisons que Jean-Christophe vient d'évoquer.
20:51Cette guerre ne peut pas durer.
20:53Il y a deux facteurs qui sont clés pour moi.
20:55Il y a la temporalité, on vient de l'évoquer.
20:56Il y a aussi la perception.
20:59Perception à laquelle Trump a répondu
21:04en donnant un message au marché très volatile
21:06de l'énergie en annonçant que cette guerre n'allait pas durer.
21:09Je pense qu'on va la gagner et elle ne va pas durer.
21:12On est sur le terrain de la perception.
21:14Et sur le terrain de la perception, je rejoins Marine,
21:17la perception de l'État français est aujourd'hui assez bonne et assez forte,
21:22ne serait-ce que par l'envoi du porte-avions en Méditerranée
21:27et le sommet sur le nucléaire qui se tient ce jour,
21:31qui est essentiel dans le contexte que l'on vient de rappeler.
21:34Avec un discours du président de la République fort
21:36à l'occasion de ce grand rassemblement autour des enjeux du nucléaire.
21:41Merci Marine Balançard, directrice générale d'Arizeal,
21:43qui voulait prendre la parole et qui s'est exprimée sur la place de la France.
21:46Merci à vous Jean-Christophe Sibéras, vous êtes le fondateur,
21:49le président de New Bridge.
21:51Merci d'être New Bridges à chaque fois que vous m'avez repris.
21:53J'attendais que vous repreniez.
21:55Alexandre Lamy, avocat en droit social et le think tank Neos.
21:59Allez voir les travaux produits par Neos.
22:02Merci à vous, merci à Nicolas Juchat, merci aux équipes,
22:04merci à Pierre Lou à la réalisation, merci à Paul Hausson.
22:06Merci à vous qui nous regardez, merci, à très bientôt.
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