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Lundi 27 octobre 2025, retrouvez Alain Pitous (Senior Advisor ESG), Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain), Alain du Brusle (Directeur de la gestion, Claresco) et Nuno Texeira (Directeur Analyses et Stratégie, Vega Investment Solutions) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart4Change pour rester à l'écoute des marchés chaque jour.
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00:23Et vous nous retrouvez bien sûr en rattrapage tous les soirs en replay sur Bsmart.fr ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées au sommet de cette édition ce soir.
00:33C'est une semaine à gros enjeux qui démarre pour les investisseurs sur tous les fronts avec tout d'abord les décisions de banques centrales attendues cette semaine.
00:42Quatre banques centrales du G10 qui vont se prononcer sur la détermination de leur taux directeur dont la réserve fédérale américaine dont on attend une nouvelle baisse de 25 points de base.
00:52Ce sera mercredi soir, la banque centrale européenne se prononcera elle ce jeudi avec une pause qui va se prolonger pour la banque centrale européenne ce mois-ci encore.
01:01Beaucoup de données macroéconomiques également qui sont attendues malgré le shutdown américain qui se poursuit.
01:08Nous aurons des premières estimations de croissance pour les différents pays de la zone euro et la zone euro dans son ensemble ainsi que les premières estimations d'inflation également pour la zone euro.
01:18Les estimations d'inflation du mois d'octobre qui seront publiées cette semaine et puis bien sûr la dimension commerciale et géopolitique avec la tournée asiatique du président américain Donald Trump qui se poursuit après la Malaisie place au Japon aujourd'hui.
01:33avant d'atterrir en Corée du Sud en fin de semaine pour une rencontre au sommet avec le président chinois Xi Jinping notait au passage que les marchés américains ont une heure d'avance pour quelques jours
01:45puisque nous sommes passés à l'heure d'hiver tandis que les Etats-Unis sont encore restés à l'heure d'été.
01:49Nous n'avons donc que cinq heures de décalage horaire avec la côte est des Etats-Unis cette semaine.
01:54Dans cette ambiance et avec la perspective de ces informations à venir, les marchés sont toujours en mode rallye avec un rallye en Asie qui a été spectaculaire ce matin.
02:06Pauline Grattel vous donnera plus de détails sur l'envolée et les records battus par différents indices actions en Asie, des records également chez nous en Europe, aux Etats-Unis
02:16avec un marché chaud qui se distingue particulièrement aujourd'hui, c'est le marché argentin après la victoire écrasante du parti de Raver Milley à l'occasion des élections de mi-mandat
02:27et puis une fusée sur le marché américain, c'est Qualcomm qui se lance également dans la course aux puces destinées à l'intelligence artificielle et au centre de données le titre Qualcomm.
02:37Bon dit d'environ 15% en ce moment à Wall Street.
02:40Voilà donc pour le panorama de ce début de semaine sur les marchés, discussion à suivre avec nos invités dans un instant
02:45et puis comme chaque lundi, notre dernier quart d'heure, notre quart d'heure thématique sera consacré à l'actualité politique et économique américaine.
02:52Rendez-vous avec Pierre-Yves Dugas à 17h45 en direct pour notre quart d'heure Amérique.
03:09Tendance mon ami, chaque soir nous retrouvons Pauline Grattel en ouverture de Smart Bourse qui vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:15Bonsoir Pauline.
03:16Bonsoir.
03:16Avant une semaine chargée donc qui sera marquée notamment par les décisions de la Fed ou encore de la BCE ainsi qu'une nouvelle vague de résultats d'entreprise bien sûr,
03:25les indices actions sont portés par l'apaisement ou l'amélioration du sentiment concernant la relation entre la Chine et les Etats-Unis.
03:32Oui, en amont de la rencontre de Donald Trump et Xi Jinping, les négociateurs américains et chinois ont annoncé avoir établi une trame significative en vue d'un accord commercial.
03:43La Chine pourrait retarder ses restrictions à l'exportation de terres rares et racheter du soja aux Etats-Unis.
03:49En échange, les Etats-Unis renonceraient aux droits de douane additionnels de 100%.
03:53Une trame d'accords qui a été saluée par les investisseurs.
03:57Oui, de part et d'autre.
03:58Commençons par les indices en Asie.
04:00Ils sont au plus haut avec des records pour le MSCI Asie-Pacifique à Taïwan, le Cospi et le Nikkei.
04:06Le Nikkei qui dépasse d'ailleurs pour la toute première fois les 50 000 points.
04:10Le Hang Seng à Hong Kong gagne plus de 1%, tout comme le CSI 300.
04:14Aux Etats-Unis, les indices sont en hausse de plus de 1,5% pour le Nasdaq.
04:18Le S&P 500 et le Dow Jones s'inscrivent de nouveaux records, tout comme le MSCI World.
04:23On le disait en ouverture, l'Argentine est le marché chaud du jour dans le monde.
04:29Oui, Ravier Mileï a remporté les élections législatives de mi-mandat en Argentine avec plus de 40% des voix.
04:36Dans ce contexte, l'indice principal d'Argentine, le Merval, bondit de 20% au cours de la séance.
04:41Le PSO argentin s'envole de 10% face au dollar et les taux d'emprunt à 10 ans de l'Argentine ont fortement baissé.
04:48Vendredi, ils étaient à plus de 14% et aujourd'hui, ils évoluent autour de 10%.
04:52Que dire de la situation des indices actions européens aujourd'hui, Pauline ?
04:56En Europe, le Stoxx 600 et le FTSE ont inscrit des nouveaux records à l'ouverture.
05:01Globalement, les indices européens évoluaient tous autour de l'équilibre ce matin,
05:05avant de finalement s'établir en hausse modérée tirée par l'optimisme aux Etats-Unis.
05:09En France, le CAC 40 évolue autour de 8250 points, toujours très proche de ses records historiques de la semaine dernière.
05:16Parlons des autres marchés, à commencer par les marchés obligataires.
05:20Aux Etats-Unis, le rendement à 10 ans est stable, autour de 4%.
05:23Le rendement à 2 ans évolue autour de 3,50%.
05:27En Europe, le rendement allemand à 10 ans s'établit autour de 2,60%.
05:32Sur le marché des changes, l'euro-dollar se traite autour de 1,1640 aujourd'hui.
05:36A noter que les prix de l'or continuent de se dégonfler, avec une baisse de 3,5% aujourd'hui qui ramène l'once à moins de 4 000 dollars.
05:44L'once d'argent chute également d'environ 5% en ce début de semaine.
05:48Et puis revenons aux actions avec la fusée du jour sur le marché américain, c'est Qualcomm.
05:53Oui, le titre s'envolait de 20% à l'ouverture des marchés américains.
05:56Le groupe a annoncé le lancement de nouvelles puces dédiées au centre de données et à l'intelligence artificielle,
06:02avec pour objectif de concurrencer Nvidia et AMD entre autres.
06:05Et puis un petit point d'étape sur la qualité des résultats déjà publiés.
06:09En attendant, une nouvelle vague de résultats importantes.
06:12Un tiers du S&P va publier cette semaine et encore une douzaine de composantes du CAC 40.
06:17Oui, d'ailleurs, un quart des entreprises du S&P 500 ont déjà livré leur compte
06:21et 85% ont dépassé les attentes des analystes.
06:25On attend cette semaine les résultats de plusieurs géants de la tech américaine,
06:28parmi lesquels Meta, Microsoft et Alphabet, dès mercredi après la clôture.
06:33Jeudi soir, ce sera au tour d'Apple et Amazon entre autres.
06:36Quel sera le programme de demain sur les marchés, Pauline, pour les investisseurs ?
06:40Demain, les publications des entreprises du CAC 40 reprendront avec Air Liquide, BNP Paribas, Danone et Capgemini.
06:47On attend aussi demain les résultats de UPS, PayPal et HSBC.
06:51Tendance, mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est à nos côtés
06:55et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
06:57Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:12Alain Dubrul nous accompagne, le directeur de la gestion de Claresco.
07:14Bonsoir Alain.
07:15Bonsoir Grégoire.
07:16Nuno Texera est à nos côtés, directeur analyse et stratégie de Vega IS.
07:20Bonsoir Nuno.
07:21Bonsoir Grégoire.
07:22Et Alain Piltous complète ce trio, senior advisor ESG.
07:25Bonsoir Alain.
07:26Bonsoir.
07:27Avant d'évoquer les dimensions de marché un peu global, un mot de l'Argentine, je le disais,
07:32qui est le marché chaud du jour, Alain, signe que les investisseurs n'étaient pas forcément
07:38totalement confiants sur une victoire aussi large, en tout cas, de Ravier Mileï et de son
07:42parti à l'occasion de ses élections de mi-mandat.
07:44Le PSO avait d'ailleurs eu tendance à être beaucoup déprécié, sous pression, avant
07:49ce rendez-vous électoral.
07:51Clairement, il y avait un bruit médiatique qui était assez négatif sur la tendance
07:57avant ces élections, qui a pesé sur les actifs financiers argentins.
08:03Parce qu'on s'est dit, est-ce qu'on va retrouver une période d'instabilité, de
08:07doute sur la croissance, sur les échanges, sur l'inflation, etc.
08:11Et puis, à la bonne surprise, on va dire, de ce succès, tout le monde dit que c'est
08:18énorme, c'est 40 contre 30, ce n'est pas non plus…
08:21Mais ce qui est important, c'est le…
08:23Il garde son droit de veto.
08:23C'est ça, c'est ça.
08:24Le parti de Ravier Mileï.
08:26Et puis, il a besoin de petites coalitions, de petites fractions d'oppositions pour passer
08:31ces…
08:32C'est ça.
08:32Et le point qui est intéressant aussi, c'est que, quand même, Buenos Aires, qui est le
08:37centre le plus important, avec le plus d'électeurs, qui était quand même traditionnellement
08:40à gauche, a basculé quand même dans le camp Mileï, et ça, ça donne quand même une
08:45tendance sur ce qui peut se passer dans les semaines qui viennent.
08:47Alors, il y avait un soutien américain avant ces élections, avec des messages assez forts
08:51de Trump disant que ces soutiens s'arrêteraient si Mileï a été battu, ce qui génère, vous
08:56imaginez, des problèmes en interne, enfin, dans l'opposition qui crie au scandale, à
09:01la pression externe sur ce qui s'est passé sur les élections.
09:05Moi, ce que je trouve qui est intéressant, c'est… et ça nous renvoie peut-être aussi
09:08à ce qui se passe en France, où on est coincé dans tout un tas de tensions contradictoires.
09:14En fait, le volontarisme politique peut faire… peut attirer des gens.
09:20C'est-à-dire qu'en fait, on le voit avec Trump, qui… alors, on est d'accord, on
09:23n'est pas d'accord, mais au moins, il fait quelque chose.
09:25Après, encore une fois, je laisse chacun libre de penser ce qu'il veut, mais il fait
09:29quelque chose, et Mileï, dans une situation qui était quand même extrêmement compliquée,
09:33une inflation énorme et des perspectives très mauvaises, en fait, beaucoup de chômage,
09:38une misère qui s'accroît, fait quelque chose, et finalement, c'est peut-être
09:42ça qui est attendu des hommes politiques.
09:44Le fait de faire, ça paye.
09:45Bah, peut-être.
09:46Déjà, premier renseignement.
09:47Peut-être, peut-être.
09:48On dit souvent que ne rien faire, c'est risqué, faire, c'est aussi risqué, mais peut-être
09:51que ne rien faire est plus risqué que de faire quelque chose aujourd'hui.
09:53Peut-être que c'est un point de bascule en ce moment, de se dire, enfin, les politiques
09:57qui agissent… alors, effectivement, ça ne fait pas que des heureux, mais au moins,
10:01ils font quelque chose.
10:02Bon, là, la réaction du marché est assez épidermique, puis je pense qu'il
10:04d'avoir un peu de viande sur les vies aussi, je pense qu'un petit peu, mais bon, chacun
10:09ses problèmes.
10:10Donc, il ne fallait pas parier.
10:11De toute façon, parier sur la politique, c'est quand même un pari qui est quand même
10:14toujours assez délicat, parce que quand vous le prenez dans les dents, ça fait très
10:16mal.
10:17Mario Draghi le répète assez souvent, « When there's a will, there is a way ».
10:21Là où il y a une volonté, il y a un passage, il y a une voie, il y a un chemin.
10:25Mais quelque part aussi, on le voit sur l'Europe, c'est-à-dire qu'il y a plein de choses
10:27qui sont engluées de partout.
10:29Et quand il y a une volonté, on finit par trouver des capitaux, on se met d'accord
10:33sur des emprunts, on fait des coalitions à géométrie variable, on fait bouger les
10:37choses.
10:37Donc, moi, je pense qu'il faut y aller.
10:41Pour moi, c'est ça la leçon argentine.
10:42Le fédéralisme pragmatique.
10:44Voilà.
10:45La conception nouvelle mise en avant par Mario Draghi pour faire avancer l'Europe
10:49avec ceux qui veulent dans des cercles concentriques, sur des sujets bien...
10:54L'espace, par exemple, la semaine dernière, c'était intéressant.
10:56On est au cœur de ce qu'on appelle la géoéconomie aujourd'hui, l'influence
11:02américaine, ou en tout cas les États-Unis qui ne veulent pas perdre d'influence dans
11:08cet univers sud-américain qui est très important pour eux.
11:13On parle beaucoup de la Chine et des États-Unis, mais c'est vrai que du point de vue américain,
11:17l'Amérique latine, c'est quand même une zone d'influence majeure.
11:22On a vu, ce n'est pas juste des paroles de Donald Trump, c'est Scott Besant, le
11:25trésor américain qui met 2 fois 20 milliards sur la table, je crois, pour défendre le
11:29Pesso, Nounou.
11:30Ce n'est pas rien quand même.
11:31Non, tout à fait.
11:32Non, mais il y a clairement des zones d'influence qui se dessinent quand même dans le monde.
11:36Et s'il devait y avoir trop d'influence chinoise en Amérique latine, on voit que les États-Unis
11:43sont prêts à jouer leur rôle et à couper court à toute velléité d'une présence trop
11:49forte de la Chine parce qu'ils essayent effectivement de s'implanter.
11:52C'est le risque.
11:53Le retour des péronistes, c'était une porte ouverte pour la Chine pour retrouver de l'influence
11:56ou regagner ou gagner de l'influence et des paroles marchés en Argentine.
11:59Parce que l'Argentine aurait eu besoin de soutien de toute façon.
12:02Donc, si elle ne les avait pas trouvées du côté des États-Unis, elle les aurait trouvées
12:06du côté de la Chine.
12:08Il faut voir ça comme une ligne de front supplémentaire de l'affrontement entre l'Empire
12:12américain et l'Empire chinois.
12:13Tout à fait.
12:14Et puis, on voit les velléités quand même de renversement du régime au Venezuela qui
12:20sont à peine cachés.
12:22Là, on est vraiment soit dans de la menace militaire, soit dans de la menace économique,
12:29éventuellement sur les droits de douane aussi, puisqu'il y avait ce levier-là qui aurait
12:32pu être activé.
12:35Et donc, moi, je me réjouis quand même pour l'Argentine.
12:37Disons qu'un peu de stabilité ne fait pas de mal.
12:43On peut penser des choses contradictoires sur le mille, mais comme on l'a précisé,
12:48il agit.
12:49Il y a beaucoup de souffrance quand même dans la population argentine.
12:52Donc, on peut avoir des doutes, effectivement, sur le résultat.
12:55Mais finalement, ça va quand même plutôt dans le sens des réformes.
12:59Et peut-être que ça peut servir, pourquoi pas, d'inspiration pour, en tout cas, peut-être
13:05un peu moins d'État dans un pays comme la France, où on sent que le poids de l'État
13:10freine beaucoup les initiatives.
13:12Je suis sûr que la situation reste très difficile en Argentine.
13:14Je pense qu'il ne faut pas se lurer là-dessus et que sans doute, la vraie recovery, si on
13:19veut, si on parle, peut-être qu'on parlera un jour de vrai redressement et de vraie recovery,
13:23mais ce chemin est encore sans doute…
13:2432% d'abstention quand même en Argentine, ça calme un peu.
13:27C'est un record d'abstention.
13:28Il n'y avait jamais eu autant d'abstention en Argentine.
13:30Donc, bon, attention quand même.
13:31Alors que le vote est obligatoire.
13:33Il y a des amendes si on ne vote pas.
13:35Oui, 32%, ça fait réfléchir un peu quand même.
13:39Alain Dubrulle ?
13:40Sur tout ça ?
13:41Oui, et puis on peut basculer sur la Chine et les États-Unis, parce que c'est quand
13:44même là aussi.
13:45Mais non, l'Argentine fait partie…
13:46Sur l'Argentine, c'est vrai que, historiquement, la première fois, les États-Unis
13:50sont affirmés en politique étrangère, c'est avec la doctrine Monroe, qui voulait que,
13:54justement, l'Europe ne s'occupe pas de la zone Amérique.
13:57Donc, c'était la première Amérique, celle du 19e, celle qui était un peu comme celle
14:01d'aujourd'hui avec Trump, c'est impérialiste, genre c'est ma zone.
14:04Après, il y a l'épisode Wilson où on va sauver le monde, avec de Wilson à Kennedy
14:08en passant par Roosevelt.
14:09Ils en sont un peu revenus parce qu'il faut sauver le monde et de faire des problèmes
14:12en Irak, en Afghanistan, etc.
14:14Donc, on revient à une logique beaucoup plus impérialiste, en fait, mais par zone.
14:18Et bon, objectivement, dans des coins comme l'Afrique, où ils ont lâché l'aide
14:21au développement, etc., et où, clairement, la Chine est en train de…
14:24Oui, à tout prix.
14:26…de dévaler, quoi.
14:27En gros, s'il y a une zone qu'il faut défendre plus particulièrement, c'est
14:30évidemment l'Amérique latine.
14:32Du point de vue de l'investisseur, quand on regarde les marchés émergents, on fait
14:37bien une distinction importante entre l'Asie et l'Amérique latine, c'est des zones
14:42différentes ?
14:43D'ailleurs, quand je vois certaines sociétés de gestion qui sont peu spécialisées là-dessus…
14:45Des caractéristiques différentes, c'est ça.
14:47En fait, dans l'investissement des pays émergents, il y a une dimension politique qui est
14:51peut-être plus importante que dans les marchés globaux.
14:54Et de ce point de vue-là, l'Amérique latine est une zone qui était historiquement
15:01très complexe, avec moins de croissance que l'Asie.
15:03Aujourd'hui, c'est peut-être plutôt l'inverse, parce que la zone ne gère pas qu'elle est
15:07homogène, il y a toujours des petites crises par-ci, par-là, mais d'une certaine façon,
15:10elle offre une visibilité qui est un petit peu meilleure que l'Asie, où en Chine
15:13notamment, on ne sait pas trop, notamment il y a la crise immobilière, ce n'est pas
15:18évident d'investir en Chine.
15:20Rappelons aussi, dans le passé, l'Argentine est un pays où tout simplement on n'investissait
15:23pas parce qu'on pouvait être spolié, comme le furent notamment dans l'histoire
15:26de Repsol et la compagnie.
15:30Voilà, donc c'est un pays qui était hors normes.
15:31Et donc voilà, ce qui est intéressant avec Milley, quelque part, c'est qu'il ose
15:37faire quelque chose pour une sorte d'une forme d'ultralibéralisme décomplexé que
15:40personne n'ose faire.
15:42Et donc évidemment, tous ceux qui ne sont pas très à l'aise avec tout ça, ils auraient
15:45bien aimé qu'il chutât, et vite.
15:47Et là, pour l'instant, ça a l'air de plaire aux gens.
15:49Donc, je ne dis pas qu'en Europe, on va s'inspirer, parce qu'on est très très
15:52loin de tout ça, mais peut-être que ça peut encourager des rives.
15:55Ça peut encourager certains réformistes de voir que même quand on fait des potions
15:58un peu dures, finalement, ça n'entraîne pas un rejet immédiat.
16:02On peut penser à la France, qui est un pays totalement bloqué, où le parti de la
16:05rente est dominant, et où aucun député, on voit quand même là, aujourd'hui, même
16:12les LR, qui seraient ceux qui pourraient éventuellement défendre les retraites, on
16:16sent qu'ils ne sont pas tous d'accord.
16:18Donc, oui, oui, 2023...
16:19Partant du présupposé que ceux qui ont intérêt à ce que rien ne bouge sont majoritaires
16:22dans le pays.
16:23Oui, c'est pour ces raisons électorales qui n'osent pas proposer la potion, et dire
16:28que c'est 2027 qui va résoudre le sujet, encore faudrait-il qu'il y ait un candidat
16:31qui ait le courage de porter la mesure, et visiblement, personne n'ose le faire.
16:35Donc, il ne faudrait pas attendre que ce soit Monsieur Marché qui le fasse dans quelques
16:38années de manière douloureuse.
16:40Alors, pour revenir sur les États-Unis et la Chine, les résultats des entreprises ont
16:44été bons.
16:45On est globalement porté par l'idée qu'il y a comme une baisse des taux de la fête
16:48qui s'enclenche cet automne, ça a commencé en septembre, ça a très vraisemblablement
16:51continué cette semaine, et puis les résultats ne sont pas mauvais, malgré toutes les craintes
16:56qu'on pouvait avoir sur les droits de douane, etc.
16:57Donc, on verra à moyen terme, et puis on a toutes ces annonces d'investissement
17:02massif dans l'IA, donc tout ça, ça aide, et puis...
17:05Ça, c'est la toile de fond.
17:05Et donc, le dernier point...
17:07Enfin, le petit à la marge qui fait encore bouger le centre du marché, c'est...
17:13Le double plus bon, là, c'est...
17:14Il explique que les relations finalement s'améliorent.
17:16Mais en réalité, quand on regarde bien, les Chinois ont une carte maîtresse, c'est
17:19les terres rares, ça on le sait, et ça va être extrêmement long pour pouvoir s'affranchir
17:23de cette dépendance, mais aujourd'hui, c'est encore très dépendant de la technologie
17:26américaine, notamment dans les semi-conducteurs, enfin, entre Taïwan et les Etats-Unis, et
17:30aujourd'hui, on peut penser qu'ils vont faire tout ce qu'il faut pour s'en affranchir,
17:34ça va peut-être être plus rapide, malheureusement, que pour nous de s'affranchir de leurs terres
17:37rares, mais on peut penser que pendant quelques années encore, ils ont trop besoin l'un
17:41de l'autre, donc ils ne peuvent jamais aller trop loin dans la guéguerre.
17:45Et en ce sens, l'apaisement qu'on voit cette semaine, il est malheureux, enfin, heureusement,
17:49malheureusement, je ne sais pas, mais en tout cas, il est plutôt logique.
17:51Donc là, on a...
17:52Alors, ce qui est un peu inquiétant, c'est que là, on a toutes les configurations pour
17:56que ça aille bien.
17:56Ah ben là, oui.
17:57Des bons résultats, des tocs qui baissent, des énormes institutions dans l'IA.
18:00Donc on consomme assez vite de la prise.
18:01Et donc, pour l'instant, le marché est très content et tout se passe bien, et on
18:04est peut-être reparti pour un nouveau rallye d'ici la fin de l'année, again, tiré
18:08par la tech.
18:09Alors, ce qui peut quand même poser question, c'est d'une part les valorisations qui commencent
18:14à être élevées, et puis c'est une sorte d'économie circulaire dans la tech, où
18:18j'investis dans machin, qui investit, qui investit, et puis à la fin, si on additionne
18:23toutes les sommes d'investissement, ça rappelle un peu les années 2000 dans les télécoms.
18:28Et donc, prudence.
18:29Il y aura certainement énormément de croissance, mais peut-être qu'il y a des éditions
18:32qui sont un petit peu de...
18:33Oui, il y a des doubles comptages.
18:35Mais c'est un peu tôt.
18:36Comment vous regardez, Nuno, ce marché et les déterminants du marché aujourd'hui,
18:40effectivement, entre la nourriture fondamentale, alors on manque de données économiques
18:44américaines, mais on a eu quand même un rapport sur l'inflation vendredi pour le mois
18:48de septembre aux États-Unis, la nourriture fondamentale apportée par les entreprises,
18:53et puis tout ce qui est du domaine un peu plus du sentiment, et la relation Chine-États-Unis
18:57en fait partie aujourd'hui, et semble être un driver, au moins peut-être pour quelques
19:00jours.
19:01Pour quelques jours, oui.
19:02Alors voilà, mais c'est ma question.
19:04Dans ces différents déterminants, quels sont ceux qui sont vraiment solides et ceux
19:08qui peuvent, comme ça, d'un claquement de doigts, passer d'un état à l'autre ?
19:11Parce que les gros sujets entre Chine et États-Unis ne sont pas complètement derrière
19:16nous.
19:16En fait, là, on a eu une réaction américaine par des droits de douane à des restrictions
19:22sur les terres rares, qui elles-mêmes étaient liées à des limitations aux exportations
19:26sur des technologies sensibles.
19:30Oui, sur des logiciels ou autres.
19:31Voilà, tout à fait.
19:32Ça, ce n'est pas réglé.
19:34Donc, on va voir comment, à un moment donné, les Chinois réagissent.
19:38On évoque un report d'un an, en contrepartie de la non-imposition de ces fameux 100% de droits
19:47de douane.
19:48Mais pour le moment, le déséquilibre commercial américain, il n'a pas évolué.
19:55Les Chinois continuent à peu consommer, pas assez, puisque finalement, structurellement,
20:01ils n'ont pas de système de protection sociale suffisamment solide pour ne pas épargner
20:06à l'excès.
20:07Et d'autre part, le marché immobilier, on l'a rappelé, est toujours… Et puis surtout,
20:11les autorités continuent à jouer la carte de l'investissement industriel pour rattraper,
20:18voire dépasser les États-Unis dans tout un tas de secteurs clés.
20:21Et donc, de facto, vont devenir encore plus compétitifs dans les années qui viennent.
20:26Et les États-Unis le savent.
20:27Donc, il y aura encore des batailles.
20:31Et l'Europe, malheureusement, est un peu coincée entre les deux.
20:35Et on a vu les problèmes, notamment, de l'industrie automobile, qui commence à manquer de puces
20:39suite à la décision des Néerlandais de prendre le contrôle d'une société Experia,
20:45qui était contrôlée par les Chinois.
20:47Donc, tout ça, ce n'est pas du tout encore stabilisé.
20:50Mais c'est vrai que, pour l'instant, c'est difficile d'aller dans le « fight the Fed ».
20:55Donc, on a une tendance sur la Fed qui est quand même assez claire, avec une priorité donnée
21:01au marché de l'emploi.
21:04Donc, une perspective de baisse des taux d'intérêt qui va aider quand même les valorisations
21:07sur tous ces secteurs qui vont sans doute publier encore.
21:11Pour l'instant, les surprises sont positives.
21:13Ça semble difficile d'imaginer que sur la tech, ça soit très négatif dans le contexte actuel.
21:18Oui, ce sera la semaine de la tech, évidemment.
21:20Sur la relation et le couple Chine-États-Unis, il faut imaginer quand même que le découplage
21:27de ces deux zones pourra aller peut-être plus loin que ce qu'on imagine, Alain ?
21:32Ou est-ce qu'il y a un niveau de statu quo à préserver parce que le monde est tellement
21:36imbriqué que personne n'aurait d'intérêt, même géopolitique, à tout couper ?
21:43J'ai l'impression que... Enfin, je crois que c'est Alain qui disait ça tout à l'heure.
21:46C'est qu'il y a certaines choses qui sont résolues maintenant.
21:50C'est-à-dire qu'on évite la déflagration, d'aller faire les malins, aller se mettre des droits de douane,
21:56des restrictions, etc. Et puis qu'on monte comme ça.
21:59Mais au fond, les Chinois gagnent à ce jeu-là.
22:02Parce qu'eux ont la permanence devant eux.
22:04C'est-à-dire qu'en fait, Xi Jinping, il est encore là pour... Tant qu'il est vivant, il peut être là.
22:10On commence à lire deux, trois histoires autour de sa succession.
22:13Enfin, j'imagine que c'est toujours...
22:15Oui, c'est dur, les généraux s'en vont, etc.
22:18Non, mais c'est pas une élection avec un terme de 2028 qui arrive automatiquement.
22:23Donc, ça peut arriver du jour au lendemain, toujours, mais ça peut aussi durer dix ans.
22:29C'est pas une révolution.
22:30Et en plus, si vous voulez, je pense que derrière Xi Jinping, il y a des gens qui sont comme lui.
22:35C'est-à-dire qu'ils ont la même stratégie, moyen-long terme.
22:39Les investissements qui sont faits sont faits sur très long terme.
22:41La même mise sur l'Afrique est faite.
22:44S'il faut envoyer des bidasses, on envoie des russes.
22:46Et puis, on s'arrange comme ça. C'est très bien.
22:49Et les Américains, je pense que le partage est l'effet.
22:51C'est-à-dire qu'il y a vraiment l'Asie d'un côté.
22:54Ça va turbuler par endroits de temps en temps.
22:57Mais globalement, les Chinois ont mis la main sur la zone.
23:00Il n'y a pas à tortiller là-dessus.
23:02Les Américains sont en train de refaire le ménage en Amérique latine et c'est plié.
23:06Après, moi, ce que je pense, c'est qu'au-delà de ces aspects un peu économiques durs,
23:11la réalité, les terres rares, etc.,
23:13il y a aussi quelque chose qui est en train de se mettre en place.
23:15Ça fait partie de vos questions.
23:17Parce qu'il faut qu'on dise aux gens qu'on prépare les ménages.
23:18Oui, oui, oui.
23:19On a des questions sur l'or et l'argent, par exemple.
23:24Et je pense que derrière ça, il y a ce qui est en train de se passer sur le système monétaire qui est en train d'évoluer.
23:31Alors, ça ne va pas se faire en 15 jours.
23:32Ce n'est pas Bretton Woods et ce n'est pas quelque chose qui va tomber comme ça du jour au lendemain.
23:37Mais les Chinois sont en train de développer quelque chose sur le plan monétaire
23:44pour être en face avec leur puissance économique.
23:47Ils sont très, très loin de représenter dans les échanges monétaires ce qu'ils pèsent dans l'économie mondiale.
23:52Alors, ça se fait par des choses très naturelles, très classiques qu'on connaît.
23:57C'est-à-dire qu'on met des réserves en or pour assurer la liquidité et puis la confiance.
24:04La convertibilité.
24:05Oui, et puis aussi, il a une forme de confiance.
24:07C'est-à-dire que quand vous avez du yuan qui est baqué sur de l'or,
24:10ça vaut peut-être plus que du dollar qui est baqué sur des dettes américaines.
24:14C'est un papier, quoi.
24:15Voilà.
24:16Et au-delà de ça, il y a la technique qui est en train de se mettre en place.
24:19C'est-à-dire le yuan digital, il est en place, il est testé.
24:23Il y a les stable coins qui sont en place avec, derrière tout ça,
24:27donc c'est une zone économique qui sera pilotée par les échanges.
24:32C'est-à-dire que des stable coins en yuan baqués sur de l'or, ça fait sens par rapport à tout ce qui se passe.
24:39Alors, les mouvements de ces jours-ci perturbent parce que l'or qui monte de 100 dollars par jour...
24:44Donc, vous regardez la grande tendance de fonds qui portent l'or, l'argent aujourd'hui.
24:49Et puis, l'échange, quoi.
24:51C'est-à-dire qu'en fait, je ne dis pas que le dollar, on ne va pas dédollariser l'économie,
24:56simplement que la croissance des échanges, parce qu'il y a pas mal de pays qui vont se poser la question
25:01de payer plutôt en stable coins en yuan que d'aller se convertir en dollars
25:05avec tous les risques que ça comporte sur le plan...
25:07À s'endetter également, parce que je crois qu'il y a des pays africains qui ont commencé à s'endetter en yuan.
25:12Donc, tout ça, c'est des plaques tectoniques, ça met beaucoup de temps à bouger.
25:19Mais je pense que c'est quelque chose qu'il faut garder à l'esprit parce que ça va nous piloter.
25:23C'est-à-dire que nous, on est quand même liés à tout ça.
25:25C'est-à-dire que les systèmes monétaires qui vont bouger,
25:28parce que derrière, à la fin, derrière tout ça, ce que veulent les Américains,
25:31c'est tokeniser la finance.
25:33Et BlackRock, il râle comme des voleurs de ne peser que 3% de l'asset management mondial.
25:38Il voudrait peser 20%.
25:39Donc, ils vont y arriver.
25:41Et alors, nous, on est au milieu, les petits Européens.
25:44On va tester l'euro digital.
25:47La monnaie de banque centrale, oui.
25:49C'est ça.
25:49Et on est un peu loin du compte, quand même.
25:51Changement de paradigme monétaire, ça, c'est une histoire longue devant nous, Nuno.
25:57Et pour revenir à l'or, effectivement, comment vous comprenez,
26:00parce que 2025 aura été marqué par cet envolée spectaculaire de l'or
26:05qui s'est accéléré encore depuis l'été.
26:08Alors, depuis une semaine, ça s'est un peu calmé.
26:11Mais comment vous avez compris ce grand mouvement
26:13entre la part un peu fondamentale, institutionnelle,
26:17et puis la part aussi retail qui amène beaucoup d'écume spéculative
26:21sur ce marché, par exemple ?
26:23Non, mais c'est clair que l'or n'était pas forcément dans les radars
26:27en début d'année, en tout cas pour une grosse aussi spectaculaire.
26:32Ce qui est vrai, c'est que côté institutionnel,
26:34on a sous-estimé cette volonté, après Trump, finalement,
26:39de diversification, d'avoir des banques centrales,
26:42surtout pour les banques asiatiques,
26:43qui étaient très bas, en fait, en termes de détention d'or
26:45par rapport à leurs homologues occidentales.
26:48Et donc, on peut comprendre, je ne sais pas si c'est lié
26:51à cette tokenisation, effectivement, quand on parle à la fin.
26:55Mais en tout cas, de toute façon,
26:56elles avaient besoin de diversifier leurs réserves.
27:00Il y avait cette incertitude quand même sur le dollar,
27:06malgré tout, avec une volonté de l'administration américaine
27:09d'aller vers un dollar plus faible assez rapidement,
27:13de faire pression sur la banque centrale américaine.
27:15Donc, tout ça, c'était quand même de nature
27:17à inquiéter un certain nombre d'investisseurs.
27:21Et après, il y a une forme d'engouement spéculatif
27:27lié notamment à la facilité d'utilisation, maintenant, des ETF,
27:32qui fait qu'on peut spéculer, mettre du levier sur ce type de paris
27:37qu'on ne pouvait pas forcément faire il y a encore quelques années.
27:41Donc, tout était réuni, mais ça va…
27:44Ça se corrèle avec les actions ?
27:45Si ça devient en partie un actif spéculatif,
27:47on a vu que quand même, toutes ces dernières semaines,
27:49l'or montait avec les marchés d'action.
27:51La corrélation est un peu cassée depuis quelques jours, là, visiblement.
27:54Oui, mais elle va augmenter de facto,
27:58puisqu'il y aura davantage de présence d'or…
28:01Oui, même dans les portefeuilles de plus en plus d'investisseurs institutionnels ou autres.
28:09Et donc, lorsqu'il y aura des volontés de réduire le risque,
28:15ça ne profitera pas forcément à l'or comme par le passé.
28:18Oui, oui.
28:20Le statut de l'actif or change un peu ?
28:22Disons que l'or ne rapportant rien, physiquement parlant,
28:26il faut toujours l'avoir comme une assurance.
28:28Donc, une assurance contre quoi ?
28:30Une assurance contre un dollar qui, effectivement,
28:32pouvait faiblir cette année et peut-être encore l'année prochaine,
28:35parce que si Trump prend vraiment le contrôle de la Fed,
28:37ça reste un risque.
28:38C'est sûr.
28:39Protection aussi, assurance contre une sorte de dédollarisation du monde.
28:44Enfin, sur les questions de commerce international,
28:47il faut quand même rappeler qu'il y a une carte du monde qui est assez impressionnante.
28:50En fait, si on prend les pays qui commercent plus avec les US ou plus avec la Chine,
28:54à part le Mexique et quelques pays occidentaux,
28:58c'est tout le monde.
28:59Le premier partenaire commercial de la planète, c'est la Chine,
29:02ce n'est pas les États-Unis.
29:03Et on peut dire que tout ce que font les Américains en ce moment
29:04ne fait en fait qu'accentuer ça.
29:06Donc, ils se tirent un peu une balle dans le pied.
29:08Mais bon.
29:09Donc, du coup, le fait de commercer davantage avec la Chine
29:13et moins avec les États-Unis, ça donne moins envie d'avoir du dollar,
29:15d'autant plus que les États-Unis sont un peu impérialistes sur le dollar.
29:18C'est-à-dire que dès que vous commercez en dollar,
29:19il ne peut pas vous imposer des lois, des règles, des ceci, des cela.
29:22Donc, Stamper n'a plus vraiment envie de s'affranchir,
29:25surtout que les États-Unis ont coupé toutes les aides aux ONG, etc.
29:28Donc, on peut comprendre cette...
29:29Voilà.
29:30Et puis, le dernier point, c'est plus global.
29:32En fait, c'est dans des pays occidentaux qui ont des dettes colossales.
29:36On peut se dire aussi que la monnaie, bon...
29:39Un jour, on s'oriente vers des restructurations de dettes, etc.
29:43Éventuellement aussi de la planche à billets, on ne sait jamais.
29:44Donc, toute chose, Gérald, par ailleurs, un peu plus d'actifs réels,
29:48ça peut aider aussi.
29:49Oui.
29:49Bon.
29:49Et puis, la baisse des taux.
29:50Débasement.
29:51Alors, c'est l'idée quand même du débasement.
29:52Voilà.
29:53Et en plus, une relative baisse des taux
29:55qui rend les tensions d'or moins coûteuses
29:58que quand on avait des taux très élevés, comme depuis il y a deux ans.
30:00Oui.
30:01Bon.
30:01Il y a du mécanique quand même.
30:02C'est-à-dire qu'en fait, l'or qui est stocké dans les banques centrales,
30:06vous ne le reverrez plus avant des années.
30:08Et l'argent qui est consommé, même chose.
30:12C'est-à-dire qu'il y a beaucoup plus de consommation que...
30:14Pour l'argent.
30:15Pour l'argent que d'offres.
30:16Que de la production.
30:17Tout ça, ça fait une espèce d'entonnoir.
30:20Oui.
30:21Et c'est vrai que les Américains sont un peu gênés.
30:23C'est-à-dire qu'ils ont voulu faire baisser le dollar,
30:25puis ils se sont rendus compte que ça avait un impact sur les taux
30:28et que ça risquait de rendre difficile le placement.
30:31Donc, ils ont trouvé des artifices pour essayer de compenser ça.
30:33Et ça, tout ça, ça mène vers une forme de retour d'actifs réels quelque part.
30:39Bon, on dit justement sur les États-Unis, la dette et la réserve fédérale américaine.
30:44C'est la semaine de la Fed.
30:46Nous, je crois qu'on l'a tous dit plus ou moins autour de cette table.
30:49Le marché, on aura encore 25 points de base ce mois-ci.
30:53Est-ce que c'est possible qu'on enchaîne encore derrière avec une troisième baisse de taux ?
30:56Ça va être un peu la question, j'imagine, que le marché va se poser cette semaine.
31:01Et est-ce que la Banque centrale est fondée, légitime, à baisser ses taux
31:07au moment où l'inflation tourne encore autour de 3% aux États-Unis ?
31:12C'est vrai qu'on aurait pu se poser la question il y a quelque temps,
31:15mais je crois qu'on ne se la pose plus, tout simplement parce qu'on a quand même une Fed
31:21qui, certes, reste indépendante, mais commence quand même à préparer le terrain.
31:29Peut-être que si elle agit un peu avant la nomination du futur patron de la Fed,
31:37la marge d'ajustement ensuite sera un peu plus faible.
31:40Et c'est vrai aussi que les évolutions du marché de l'emploi,
31:43il faut quand même un tout petit peu les anticiper.
31:46On voit la tendance quand même de dégradation du marché de l'emploi
31:49depuis quelques temps, aux imprécisions statistiques près,
31:53parce qu'il y a quand même des ajustements monstrueux.
31:56Moins 900 000 emplois sur l'année dernière,
32:00enfin un peu à choix sur 2025, c'était énorme.
32:03Et donc, on peut quand même basculer de l'autre côté
32:07des créations d'emplois avec des destructions d'emplois.
32:10Il y a peut-être d'ailleurs des choses à imaginer du côté de l'IA,
32:14parce qu'on peut quand même imaginer que dans certains secteurs,
32:18ça va entraîner quelques baisses d'effectifs.
32:22En tout cas, les justifications qui sont abordées sont souvent liées à l'IA.
32:27Voilà, tout à fait.
32:28Bonnes ou mauvaises, mais elles peuvent...
32:30Dans un premier temps, c'est d'abord une vague de destruction d'emplois
32:32avant de créer peut-être de nouveaux emplois demain.
32:36Mais il y a un intervalle effectivement qui est plutôt négatif.
32:38Exactement.
32:38On a encore des taux réels aux États-Unis qui sont quand même assez élevés.
32:41Donc, la marge de baisse, elle semble quand même assez évidente.
32:45En tout cas, pour cette année, pour l'année prochaine,
32:48ça sera un peu dépendant du nouveau patron de la Fed.
32:53Alors, on parle beaucoup de Kevin Assett.
32:55Oui.
32:56D'un des deux, Kevin, parce qu'il y a deux.
32:57Il y a Walsh et Assett.
32:58Voilà.
32:59Qui pourraient être probablement plus proches des vues de Donald Trump
33:04qu'un certain nombre d'autres candidats.
33:06Donc, on verra.
33:07Mais en tout cas, c'est vrai que c'est ce que jouent un peu les investisseurs en ce moment.
33:12C'est-à-dire un rallye de fin d'année qui est encore dans une perspective assez claire
33:16par rapport à l'évolution des taux directeurs sur les prochains mois.
33:21Qu'est-ce que ça implique pour la Banque Centrale Européenne,
33:23alors qu'elle s'occupe de sa zone, j'entends,
33:25mais de voir une Fed qui est capable d'être en action à ce stade.
33:28Est-ce que la BCE regarde le train passer ou le marché n'attend plus grand-chose ?
33:34Peut-être qu'on est en train d'essayer de repricer une baisse de taux future
33:38de la Banque Centrale Européenne.
33:41Mais comment comprendre le message qui va sans doute être répété cette semaine
33:44de la BCE qui nous dit qu'elle est bien positionnée,
33:47qu'elle est confortable avec ses 2% de taux de dépôt ?
33:49Elle avait pris les devants et qu'elle attend de voir.
33:51Elle avait agi pendant que la Fed n'agissait pas, finalement.
33:56Vous voyez, l'enquête, c'est Bloomberg, ou un sondage auprès des économistes
33:59qui n'attendent plus rien de la BCE pour 12 à 24 mois, je crois, pendant 2 ans.
34:03Les économistes qui diraient que la BCE ne ferait plus rien pendant 2 ans.
34:07En fait, elle a atteint le taux neutre, comme elle le dit elle-même.
34:09Maintenant, en réalité, je pense que pour aller plus loin, il faudrait que ça se dégrade.
34:12C'est ça.
34:13Donc, elle attend.
34:15Elle ne va pas agir proactivement.
34:17On lui reprochera à post-tahier.
34:19Mais pour l'instant, comme on est au taux neutre,
34:22il se garde des munitions pour baisser si ça ne va vraiment pas bien.
34:26Exactement.
34:26Et pour l'instant, ça va...
34:27Il projette quand même une inflation à 1,5.
34:29Oui, mais côté inflation, il n'y a pas de problème.
34:33Une BCE qui projette une inflation à 1,5, on est quand même...
34:37Il pourrait.
34:38Pas à côté de la CIP.
34:39Non, mais en réalité, s'ils étaient la Fed, ils auraient pu baisser.
34:41Mais comme c'est la BCE et qu'ils sont prudents, gna gna gna.
34:45Mais a priori, à court terme en tout cas,
34:48je pense que pour qu'ils fassent quelque chose là, maintenant,
34:50ou peut-être même en fin d'année, il faudrait que ça se dégrade.
34:53Sinon, ils ne feront rien.
34:54Que l'euro monte fort contre dollars, par exemple.
34:57Oui, si la Fed continue à faire la surenchère l'année prochaine
34:59et que le dollar dévise complètement,
35:02peut-être que du coup, ils accéléreront aussi.
35:04Ça leur laissera aussi un petit peu de marge de manoeuvre.
35:06Sur ces jeux de banque centrale...
35:07Il y a aussi un problème, c'est...
35:09Je pense que nos amis de la Banque centrale européenne
35:11regardent avec effarment ce qui se passe en France.
35:14C'est-à-dire qu'en fait, imaginons qu'il y a un problème politique en France
35:17dans les trois mois qui viennent, ce qui est quand même largement possible.
35:21Ils seront peut-être bien contents d'avoir des munitions
35:22et de ne pas avoir agi proactivement en se disant que peut-être l'inflation, machin,
35:26et qu'il y a un problème politique qui les oblige à faire...
35:29Qu'il n'y ait pas de contagion sur les taux,
35:32qu'on n'aille pas chercher le mouton noir à travers l'Europe
35:35à coups de centaines de milliards, on va peut-être mieux éviter.
35:38Ça ne va pas assez mal.
35:39Oui, c'est ça, ça ne va pas assez mal.
35:40Je pense que c'est ça le sujet.
35:43En ceci étant, on parle de ralentissement du QT aux Etats-Unis.
35:49Oui, on va stopper la réduction du bilan.
35:51Mais ça, ce n'est pas étonnant.
35:52Oui, mais si les Etats-Unis le font,
35:54peut-être que la BCE pourrait être amenée à le faire.
35:57Ils ont bien tamponné déjà.
35:59Toujours pareil.
36:00Ils ont bien rechargé leurs munitions,
36:01alors nous, on a plus de mal à le faire.
36:03En attendant, tout va bien sur les marchés.
36:05Oui, oui, tant mieux, pourvu que ça dure.
36:08Donc là, je pense que...
36:09Non, non, mais là, s'il vous plaît, je pense que...
36:12Mais c'est fair price, c'est correct.
36:15Enfin, je veux dire, est-ce qu'on oublie de pricer des risques aujourd'hui ?
36:17Est-ce qu'il y a des canaries, effectivement ?
36:19Alors, on a parlé dans le private credit, etc.
36:22Est-ce que c'est des accidents normaux dans la vie d'un cycle,
36:25le marché, etc. ?
36:27Ou est-ce qu'on a déjà des niveaux d'alerte qui doivent résonner ?
36:30Je pense que le marché, il est en train de tamiser tout ça.
36:32C'est-à-dire qu'en fait, il y a aussi...
36:34Vous avez vu, la semaine dernière, c'était quand même assez spectaculaire.
36:37Dès que vous annonciez un bon résultat, c'était plutôt bien accueilli.
36:40Mais il ne fallait pas être du mauvais côté de la balance,
36:45parce que vous preniez un moins 10, moins 15.
36:46Donc, je pense que le marché, il fait ça...
36:49Il nettoie.
36:50Et en réalité, vous avez un panier de valeurs et de secteurs aux États-Unis
36:55qui font l'hype et qui font le bruit.
36:57Et c'est intact.
36:58Ça, c'est intact.
36:59En fait, si vous voulez...
37:01Il y a des évolutions quand même.
37:02Oui.
37:02Parce qu'effectivement, Qualcomm, on avait eu Oracle.
37:05Alors, moi, je trouve ça.
37:06Il y a des revenants, quoi.
37:07Il y a des revenants, voilà.
37:08Et les très grands, si vous regardez,
37:10ils ne sont pas forcément excessivement chôles.
37:12Oui, tout à fait, oui.
37:13Et si vous regardez tout ce panier-là de valeurs
37:15qui ont tiré le marché quand même pendant des années,
37:17ça va plutôt pas mal.
37:18Et on parle de bulles, mais il n'y a pas de bulles sur ces valeurs-là.
37:21Par contre, à côté de ça, vous avez tout un tas de valeurs.
37:23Vous prenez quelques thématiques autour de l'énergie,
37:27autour du quantique, etc.
37:29Fission, fission, d'héber.
37:31Qui sont à des prix, mais complètement délirants.
37:34Une boîte de fission qui se paye 18 milliards.
37:36Zéro chiffre d'affaires depuis le début.
37:38Au clos.
37:39Au début, quoi.
37:41IonQ, c'est pareil.
37:42Ça se paye, je ne sais pas combien de fois.
37:44Vous avez Palantir qui se paye 400 fois le chiffre d'affaires.
37:47Donc, il y a des moments.
37:49Et c'est vrai que ça, ça entraîne un peu un bruit de bulles.
37:52Parce qu'effectivement, sur quelques valeurs, comme ça, il y a un bruit de bulle.
37:55Mais encore, moi, c'est quelque chose que je dis souvent aux États-Unis pour la valorisation.
37:59Les marchés cotés valorisent comme le private equity.
38:02C'est-à-dire qu'en fait, les investisseurs qui sont dedans ne vont pas vous vendre ces valeurs-là 40 fois les résultats.
38:07Puisqu'ils ne font pas de résultats, eux, ils se disent, si, j'attends.
38:10Et puis, le truc, c'est que, et c'est ça ce qui se passe, moi, je trouve, ce que j'entends des gérants, c'est qu'au début de la hausse, il y a des ajustements, on prend un peu de cash, machin de ça.
38:21Puis, à un moment donné, quand vous avez tellement gagné, vous vous laissez porter, vous ne vendez plus.
38:24Puis, vous attendez que ça se passe, quoi.
38:25Et vous faites de la perte.
38:26Vous êtes assez bas.
38:27Bah oui, de toute façon, donc, c'est pas bien grave, quoi.
38:30Allons-y, quoi.
38:30Après, ce qui est intéressant, Nuno, c'est quand même, on fera le bilan de 2025 quand le temps viendra.
38:35Mais quand même, on est tous focalisés sur l'IA, le Nasdaq.
38:38Alors oui, il y a des petites boîtes comme ça, à quelques milliards de capis, qui peuvent s'envoler de 1000% en 4 jours.
38:43Alors, la semaine dernière, c'était Beyond Meat, le retour de Beyond Meat, 1000% en 4 jours.
38:46Ça, c'est pas vraiment de la tech.
38:47Bon, voilà.
38:48Non, mais c'est pas rentable, en tout cas.
38:51Et à cause de ça, le Cospi, c'est plus 70% cette année.
38:55L'Ibex, en Espagne, c'est plus 35%.
38:57Le Futsimib, ça doit être à un plus 20 ou plus 25.
39:01Le DAX, pareil, c'est un plus 20.
39:02Enfin, il y a plein de, j'allais dire, d'écosystèmes plus traditionnels qui ont délivré des sacrées performances.
39:08Oui, ça a commencé par les émergents qui, cette année, font mieux qu'en dollars que les marchés développés.
39:14Donc ça, c'est quand même l'effet baisse du dollar, baisse des taux.
39:20Et c'est, on s'appuie sur un truc qui est solide.
39:23Là aussi, ma question, c'est est-ce que c'est un cycle ?
39:25Est-ce que c'est une tendance longue ?
39:27Est-ce que derrière...
39:27Là, c'est les moins chers, en moyenne, évidemment.
39:32Donc là, il y a des opportunités, clairement, de revenir un petit peu sélectivement.
39:37Ça reste valable.
39:38L'éclatine, bon, ça ne se paye pas super cher.
39:43La Corée, il y a quand même...
39:45Bon, là, c'est très dominé par une valeur, évidemment, la tech.
39:48Donc on peut trouver un peu de tout dans les marchés émergents.
39:53Et c'est vrai qu'il y a d'autres pays en Europe qui ont quand même profité de retours d'appétit assez importants.
40:02Mais l'Europe, ça se paye un peu plus que la moyenne historique.
40:06Mais ça reste également...
40:08Nous, on a plutôt renforcé, on est revenu surpondéré.
40:12Après avoir hésité un peu sur le mois d'octobre, on a été neutre.
40:15On attendait un peu une consolidation, elle n'est pas venue.
40:18On a remis un petit peu de risque sur l'Europe et les émergents, en laissant la position américaine neutre.
40:25Ça a changé, oui.
40:26Bon, voilà.
40:27Et puis, on est assez confortable.
40:29Mais c'est plutôt sur ces marchés-là qu'on a envie de se renforcer, effectivement, aujourd'hui.
40:32C'est plutôt dans ces zones-là.
40:33Oui, parce qu'on pense notamment sur les bénéfices, ça va se croiser l'année prochaine avec les États-Unis.
40:38C'est-à-dire que l'écart va se réduire énormément.
40:41Tout simplement parce que l'euro, on n'aura pas l'effet de renchérissement de l'euro contre dollar.
40:45On n'aura pas l'impact droit de douane en plus.
40:49Donc, on devrait avoir des croissances bénéficiaires.
40:51On aura de la croissance bénéficiaire, enfin !
40:54Et puis après, vous faites un sondage.
40:55Excusez-moi, je vous coupe deux secondes.
40:56Vous faites un sondage, vous demandez à 100 gérants si les marchés baissent de 10 %, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
41:01Il y en a 95 qui vont vous dire, j'achète.
41:03Oui !
41:04On a baissé de 10, là.
41:06C'est autre chose, mais en tout cas, il y a un mur d'achat dès que les marchés baissent.
41:10Beaucoup de liquidités.
41:12L'orita, il achète beaucoup.
41:13L'orita, il achète beaucoup, oui, tout à fait.
41:14Énormément, ça, bien sûr.
41:15Et donc, on va avoir une dynamique bénéficiaire en notre faveur, enfin, peut-être, là, dans les prochains mois.
41:20Oui, l'année prochaine, vraisemblablement, oui.
41:22En Europe versus les USA.
41:23On espère, parce qu'en fait, quand on regarde la performance...
41:25Là, on est à zéro, là.
41:26La performance des marchés européens.
41:27C'est trois ans ou quatre ans qu'on est à zéro, qu'on finit les années...
41:29Ces derniers, les marchés européens ont essentiellement fait du re-rating.
41:32On a gagné deux, trois points de multiple.
41:34Alors, en précisant quand même que les banques ont une vraie croissance de résultats...
41:39Elle, il n'y a pas de re-rating.
41:40Malgré les croissances à plus 30, plus 50, plus 60, selon les grands noms, on est encore sur des valorisations qui sont tout à fait raisonnables.
41:47Et ça, c'est assez intéressant.
41:48Parce que, quelque part, sauf effondrement des taux ou crise systémique, je pense que les banques européennes restent globalement assez abordables.
41:55Et vont payer à nouveau un trimestre, je ne sais pas, ça fait des dizaines de trimestres qu'elles battent les attentes,
41:59que les analystes relèvent les espérances bénéficiaires sur le secteur bancaire en Europe.
42:04Il y a une bonne dynamique de résultats.
42:05Et là, ça va encore se vérifier.
42:07Donc, bonne dynamique de résultats.
42:08Il y a la digitalisation qui permet quand même d'améliorer les coûts.
42:11On a des business models qui sont moins sur le net interest income et davantage sur le fee income,
42:16avec la gestion d'actifs, avec la banque assurance, avec pas mal de choses.
42:21Et du coup, en fait, la capacité de visite est toujours là.
42:23Et puis, bon, même les réseaux d'agences bancaires, ils sont en grande réduction.
42:26Enfin, ils optimisent quand même pas mal leur mix.
42:29La rentabilité sur les fonds propres, elle est très bonne.
42:32Ce qui s'est passé sur les banques, c'est bon, on a eu le bain de sang de 2008.
42:35Puis après, il y a eu un rebond, mais très court, pendant six mois.
42:39Et puis après, il ne s'est pas passé grand-chose.
42:40Et puis, pendant surtout 2010-2015, quand elles ont recommencé à gagner un peu d'argent,
42:44tout est parti dans les fonds propres, avec BAL3, BAL4, etc.
42:46Et à partir de 2015, elles ont commencé à mieux gagner leur vie.
42:51Mais là encore, jusqu'entre 2015 et 2020, c'était encore, non, non, il ne faut pas distribuer, etc.
42:56L'inversion de la courbe des taux.
42:57Et puis, voilà, en plus, tout le monde a créé leur valeur.
42:59Donc, en 2020, puis après le Covid, en 2021, les banques étaient au fond de la mine.
43:04C'était trois fois plus bas.
43:05Enfin, en BAL4, même si on prend la multiplication du nombre d'actions à cause de 2008.
43:09En fait, c'était cinq fois plus bas que le plus haut de 2008.
43:12Et puis, depuis, on a repris quasiment, on a quasiment doublé.
43:16Mais on est encore loin des plus hauts, même en tant qu'on de la division.
43:20Mais ça peut être un cycle comme 2000-2007, qui a été un cycle ultra portant.
43:22Oui, mais à l'époque, en 2007, qui était porté par de mauvaises raisons.
43:26C'est-à-dire, une prise de risque excessif, avec des capitaux insuffisants.
43:30Aujourd'hui, on a une rentabilité sur son front propre qui a deux chiffres.
43:32C'est mieux que 2000-2007.
43:34Aujourd'hui, on peut dire qu'elles reviennent plus vers une valeur raisonnable,
43:37mais avec une dynamique de résultats qui est toujours là.
43:39Le seul truc qui pourrait enrayer la dynamique, c'est une remontée des risques sur les crédits.
43:46Aujourd'hui, ils sont très, très bas.
43:47Et en fait, elles ont été tellement droguées avec BAL4 qu'elles n'ont plus le droit de faire trop de risques.
43:53Donc, le risque crédit est très bien maîtrisé.
43:55En Europe, la qualité du secteur bancaire et de la thématique restent intactes.
43:59On garde les banques, Alain ?
44:00Oui, bof.
44:02Ça fait mieux que le Nasdaq depuis 2020 ?
44:05Oui, c'est très bien.
44:05Continue alors.
44:06En revanche, l'auto, pour nous, c'est bon.
44:12L'auto, la chimie, parce que l'énergie est trop chère, tout simplement.
44:16Et l'auto, parce qu'on est complètement dépassé.
44:18C'est un prix, non ?
44:18Juste pour les banques, il ne faut pas qu'il y ait un problème sur le souverain, quand même.
44:22Oui, bien sûr.
44:23Ça tient.
44:24Oui, tout va bien.
44:25Oui, c'est pour ça, pour cette raison, qu'on évite un peu les banques françaises, quand même.
44:29Est-ce que, dernière question, est-ce que les publications d'entreprises peuvent entretenir l'idée d'une rotation sectorielle dans nos marchés, alors qu'on a été tirés par les banques, par l'industrie, des infras en général ?
44:43Est-ce qu'on peut retrouver quelque chose de plus défensif, de plus tourné vers la qualité, par exemple ?
44:48Oui, il y a un secteur qu'on a repondéré ces derniers mois, c'est la pharmacie.
44:53La santé, c'est vrai qu'il y a probablement un peu moins d'incertitudes.
44:58On voit, en plus des opérations de M&A, qui vient d'annoncer une opération à 12 milliards, quand même.
45:09Il y a un peu d'animation sur ce secteur, qui était quand même...
45:14C'est encore un secteur de croissance, même si la croissance est plus faible.
45:18Et presque value.
45:20Et là aussi, des deals avec l'administration américaine, qui peuvent offrir un peu de visibilité, notamment sur le fait des médicaments.
45:25C'est ça, c'est le deal Pfizer qui a monté le secteur de 5, derrière, mais le secteur globalement a rebondi de 100, parce qu'on s'est rendu compte...
45:33C'est quand même un secteur aussi, l'innovation va arriver dans la vraie vie, quand même.
45:38Ce qui est quand même, c'est normalement.
45:40Il y a des pas de la dimension IA, et pas tellement price.
45:43Non, non, non, il y a des pipelines intéressants.
45:45Oui, c'est ça.
45:46Il y a très bien plu, je crois, la semaine dernière.
45:48Merci beaucoup, messieurs.
45:49Merci d'avoir été avec nous ce soir pour entamer cette semaine chargée avec de gros enjeux sur la macro, les banques centrales et les résultats d'entreprise.
45:56Nuno Texera était avec nous.
45:58Vega IS, Alain Dubrul, Clarisco et Alain Pitous, senior advisor ESG.
46:02Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
46:09Chaque lundi, le thème, c'est l'actualité politique et économique américaine.
46:14Et c'est donc notre quart d'heure américain.
46:16Nous retrouvons à distance, en visio, notre correspondant américain, Pierre-Yves Dugas, qui est avec nous en direct.
46:22Bonsoir, Pierre-Yves.
46:23Merci beaucoup d'être avec nous chaque lundi pour décrypter la vie politique, économique, tumultueuse parfois des États-Unis.
46:30On reviendra dans quelques instants avec vous sur ce 27e jour de paralysie administrative et budgétaire, ce fameux shutdown.
46:38Mais d'abord, petit pas de côté pour nous rappeler combien l'Amérique reste un pays profondément capitaliste, Pierre-Yves.
46:47Alors oui, les New-Yorkais sont, semble-t-il, sur le point de choisir un socialiste comme maire,
46:53ce qui nous promet quand même des moments intéressants entre la communauté d'affaires new-yorkaise et City Hall.
47:03J'ai voulu chercher, revenir sur les fondamentaux du capitalisme américain.
47:09Alors il y a plusieurs moyens simples d'essayer de le faire.
47:13Nos petits concurrents américains, vous savez, les chaînes télévisées financières,
47:19Fox Business, 200 000 personnes regardent chaque jour.
47:26CNBC, à peu près autant. Fox est d'ailleurs passé légèrement devant CNBC.
47:31Donc il y a déjà 400 000 personnes, 400 000 Américains qui regardent ces deux chaînes le matin, presque autant que nous, vous voyez.
47:39Une autre manière de comparer, pour vous donner un ordre d'idée,
47:43Good Morning America sur ABC, qui est le grand show télévisé du matin,
47:47c'est 2 700 000.
47:50Alors, les Américains sont-ils, malgré ce que certains veulent nous faire croire,
47:55toujours aussi capitalistes qu'avant ?
47:57Eh bien oui.
47:59C'est frappant même de voir que la proportion d'Américains qui détiennent des actions,
48:03soit directement dans le portefeuille, soit par le biais de CICAF, je crois,
48:08on appelle ça en français, de Mutual France, de fonds mutuels,
48:11est à peu près stable depuis au moins 20 ans.
48:14En 1998, cette proportion était de 62 %, c'est la même aujourd'hui.
48:19On a observé de légères variations, en particulier à la suite de la crise de 2008,
48:25et entre 2013 et 2016, cette proportion, qui est de 62 aujourd'hui, était tombée à 52.
48:31Mais 52, comme point le plus bas depuis 25 ans, plus de 25 ans, c'est tout de même assez élevé.
48:39Je ne sais plus quelle est la proportion en France, mais je crois que c'est beaucoup moins.
48:43Quand on regarde comment cet actionnariat populaire s'éclate en fonction de critères socio-économiques,
48:50alors là, je suis désolé de le dire pour les woke, mais le genre n'entre pas en ligne de compte.
48:58Les femmes comme les hommes détiennent en proportion autant d'actions aux États-Unis,
49:05de même que les préférences politiques ne font pas de différence.
49:11Ça, c'est peut-être plus surprenant.
49:13Il y a vraiment un consensus social autour de la détention d'actions, c'est ce que vous dites, Pierre-Yves.
49:19Exactement. Les démocrates sont tout aussi capitalistes que les républicains, je sais.
49:23C'est un sujet de désespoir pour certains grands esprits.
49:28Alors, plus on est riche, plus on a un niveau d'éducation élevé,
49:34d'ailleurs les choses sont étroitement liées, plus on détient d'actions.
49:38Quelques chiffres.
49:4252%, donc, c'était le point le plus bas auquel on est arrivé entre 2013 et 2016.
49:4784% des diplômés de l'université sont détenteurs d'actions aux États-Unis.
49:5387% des personnes qui déclarent des revenus annuels supérieurs à 100 000 dollars sont détenteurs d'actions.
50:01Ça n'est pas très surprenant.
50:03Moi, ce qui m'a le plus surpris dans ces chiffres,
50:05que j'ai pris dans un sondage réalisé par la société Gallup,
50:08qui fait le même sondage depuis plus de 30 ans,
50:11ce qui nous permet donc de comparer d'une année sur l'autre,
50:13c'est qu'il y a un élément socio-économique qui intervient
50:18et qui semble vraiment déterminant dans la décision de détenir des actions en portefeuille,
50:24c'est celui du statut marital.
50:27Quand on est célibataire,
50:29quand on est célibataire,
50:31la proportion de détenteurs d'actions tombe à 49%.
50:35Quand on est marié,
50:36elle grimpe à 77%.
50:38Alors là, si j'étais étudiant en doctorat de sociologie,
50:44de socio-économie,
50:46je me pencherais sur cet étrange phénomène.
50:49Et puis, vous me voyez venir,
50:53il y a d'autres catégories
50:54qui sont couramment détaillées dans les statistiques américaines,
50:58qui sont, je crois, souvent interdites en France,
51:01en fonction de l'ethnie,
51:02qui nous permettent de dire que, oui, les Blancs,
51:06souvent parce que ce sont aussi parmi les Blancs
51:10que l'on compte les plus riches, d'ailleurs,
51:12les Blancs détiennent plus d'actions en proportion que les Noirs,
51:1670% pour les Blancs adultes,
51:20pour les Afro-Américains adultes,
51:22la proportion est de 53%.
51:25Pour les Hispaniques adultes,
51:28elle est de 38%.
51:29Vous voyez que même dans ces catégories
51:31qui parfois sont stéréotypées,
51:33y compris dans la presse américaine,
51:36le capitalisme est quand même quelque chose
51:39qui fait consensus.
51:41Bon, un consensus capitaliste préservé aux États-Unis.
51:45On pourra s'en réjouir, Pierre-Yves.
51:47Les États-Unis, il n'en reste pas moins,
51:50qui vivent au rythme de la paralysie.
51:52Alors, je ne sais pas dans quelle mesure
51:53ça affecte le quotidien des Américains aujourd'hui.
51:55En tout cas, cette paralysie budgétaire,
51:57elle se poursuit.
51:5827e jour aujourd'hui.
52:00Faut-il comprendre que la situation de shutdown
52:03satisfait le camp majoritaire
52:07et la présidence à la Maison-Blanche, Pierre-Yves ?
52:12Alors, écoutez, le président Trump,
52:15ça n'a pas l'air de l'empêcher de dormir.
52:17Il profite de cette situation
52:18pour afficher beaucoup d'activités à l'international.
52:24Le shutdown ne l'empêche pas d'aller en Israël,
52:26d'aller en Égypte.
52:28Il était en Malaisie au cours du week-end.
52:30Il est au Japon aujourd'hui,
52:32où il a rencontré l'empereur,
52:33qu'il a d'ailleurs qualifié de « great man ».
52:37Alors que, si j'ai bien compris,
52:39la culture japonaise,
52:40l'empereur japonais est un dieu.
52:42Mais « great man »,
52:43l'empereur n'a pas l'air de lui en tenir rigueur.
52:45Alors, beaucoup d'activités, donc, pour Donald Trump,
52:49qui ne se laissent pas du tout paralyser par ce shutdown.
52:52Shutdown qui, je dirais pour l'Américain moyen,
52:55présente le plus gros d'inconvénients
52:57que l'annulation de 1 400 vols par jour,
53:00ou le retard important de 1 400 vols par jour,
53:03parce qu'il y a beaucoup d'absentéisme,
53:05car les aiguilleurs du ciel
53:07doivent continuer de travailler sans être payés.
53:10Nous sommes le 27 octobre,
53:11ça dure depuis 27 jours,
53:13et ça commence à faire long.
53:14Qu'est-ce qui va se passer ?
53:16Une date importante, c'est le 1er novembre.
53:19Le 1er novembre,
53:21au lendemain de Halloween,
53:24s'ouvre la fenêtre
53:25de shopping
53:27de l'assurance maladie
53:29pour les Américains.
53:31Les Américains qui doivent aller,
53:33ce n'est pas le cas de tous les Américains,
53:35mais ceux dont l'assurance n'est pas couverte
53:37par leur employeur,
53:38et qui doivent être sur le marché privé de l'assurance
53:41pour acheter à compter du 1er janvier
53:45une assurance ou la faire renouveler,
53:48ont une fenêtre entre le 1er novembre et la fin décembre.
53:51Cette fenêtre va s'ouvrir,
53:53et si l'on en croit ce que nous dit la presse démocrate,
53:58les primes d'assurance vont exploser.
54:01Elles vont exploser, en particulier,
54:03parce qu'il y a quelque chose
54:04comme 24 millions d'Américains
54:06qui ont besoin de subventions
54:08pour accéder à cette assurance maladie privée,
54:12et dont ces subventions vont disparaître,
54:15car au cours du mois de juillet,
54:16dans la grande loi de Donald Trump,
54:18ces subventions ont été éliminées.
54:21Donc, peut-être que beaucoup d'Américains
54:23vont se réveiller début novembre
54:25en s'apercevant qu'à partir du 1er janvier,
54:27ils vont devoir payer beaucoup plus cher,
54:29et que ça va changer le rapport de force,
54:31parce que, pour l'instant, dans les sondages,
54:34les Américains qui sont consultés,
54:37qui est le plus responsable
54:38de cette situation de blocage ?
54:40Les Républicains sont à 45%,
54:43et les Démocrates sont à 39%,
54:44ce qui n'est pas un écart très significatif,
54:47et qui montre que ce grand soulèvement
54:49d'impopularité sur lequel les Démocrates comptaient,
54:53pour le moment, ne s'est pas vraiment produit.
54:55Tout ça aura un coût macroéconomique,
54:57il faudra le mesurer en temps et en heure,
54:59Pierre-Yves, mais un mois quand même,
55:01ça dure dans un moment où la consommation
55:04est un point clé de la dynamique
55:08de la croissance américaine ?
55:10C'est très mauvais pour les salons de coiffure
55:13à Washington,
55:14c'est très mauvais pour les restaurants
55:16à Washington,
55:17c'est très mauvais pour les stations-services,
55:19c'est très agréable pour circuler
55:21dans Washington.
55:2115 milliards de dollars par semaine,
55:27c'est le coût que l'on estime pour l'ensemble
55:30de l'économie américaine de ce shutdown,
55:32c'est difficile à mesurer parce qu'une fois
55:34que le shutdown s'arrête,
55:35les fonctionnaires, en particulier ceux
55:38que l'on a obligés à travailler sans salaire
55:41pendant déjà 27 jours,
55:43vont être payés rétroactivement,
55:45donc ils vont surconsommer au cours des semaines
55:49qui vont suivre à la fin du shutdown,
55:51ne pouvant rattraper qu'en partie
55:52ce qu'ils n'auront pas pu dépenser,
55:55les restaurants qui sont vides aujourd'hui
55:57ne seront pas deux fois plus pleins,
55:59ça n'est pas possible.
55:59Et oui, c'est même encore plus vrai
56:01pour le coiffeur,
56:02on a raté une coupe chez le coiffeur,
56:05on ne va pas aller en faire deux,
56:07je vous regarde en même temps,
56:08Pierre, on ne va pas aller en faire deux
56:09une fois qu'on aura été payé
56:11après la fin du shutdown.
56:12Merci beaucoup Pierre.
56:13Je fais beaucoup d'économie de coiffeur.
56:16Merci pour cette chronique hebdomadaire
56:18de la vie économique et politique américaine
56:20sur l'antenne de Bismarck for Change
56:22dans Smartboard chaque lundi 17h45
56:24si vous nous suivez en direct,
56:25ce quart d'heure américain
56:26que vous retrouvez bien sûr,
56:28comme tout le reste,
56:29en replay sur bismarck.fr.
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