- il y a 7 semaines
Lundi 5 janvier 2026, retrouvez Gilles Etcheberrigaray (Cofondateur, président et directeur des investissements, Elkano Asset management), Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain), Alain Pitous (Senior Advisor, AI for Alpha) et Olivier Raingeard (Directeur des investissements, Neuflize OBC) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change.
00:11Pour rester à l'écoute des marchés, chaque jour vous nous retrouvez en direct à 17h à la télévision, via vos box.
00:18Vous nous retrouvez dans la foulée, en replay, le soir sur bsmart.fr ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
00:25Au sommaire de cette édition ce soir, l'année 2026 qui démarre sur les chapeaux de roue avec déjà beaucoup de sujets pour la communauté des marchés et des investisseurs.
00:35Et Donald Trump qui est évidemment sur tous les fronts géopolitiques, bien sûr, le Venezuela, l'Iran, le Groenland.
00:43Mais des sujets également qui vont nous animer dans les prochains jours, les prochaines semaines.
00:47Quid de la décision de la Cour suprême sur la validité d'une bonne partie des tarifs douaniers qui ont été mis en place et décrétés par Donald Trump au cours de l'année 2025 ?
00:57Qui sera le prochain président de la Réserve fédérale américaine ?
01:01Ce sont encore des questions en suspens et qui sont des questions peut-être même encore plus importantes que la question du Venezuela pour les investisseurs et les marchés, en tout cas à court terme.
01:11Et puis bien sûr, nous ne l'oublions pas, mai 2026 sera une année électorale, demi-mandat pour Donald Trump et ses élections demi-mandats seront sans doute un fil rouge, un guide pour l'administration Trump jusqu'au mois de novembre prochain.
01:25En attendant, les marchés réagissent plutôt avec calme à la situation géopolitique et à la démonstration de force américaine au Venezuela.
01:33Mise à part quelques actifs ou quelques segments de marché, c'est un calme quand même plutôt global qui règne aujourd'hui, pas de mouvements de marché excessifs ou modérés.
01:44On notera que le pétrole progresse d'à peine 1% cet après-midi.
01:48L'or et l'argent, les métaux précieux dans leur ensemble, eux, continuent leur envolé, mais viennent confirmer une tendance qu'on a déjà vue tout au long de l'année 2025.
01:57Et sur les actions, là aussi, les équilibres sont préservés sans mouvements extraordinaires.
02:03Pauline Grattel vous apportera plus de détails sur cette séance pleine aujourd'hui sur les marchés.
02:10Et puis comme chaque lundi, nous reviendrons sur l'actualité très américaine dans notre dernier quart d'heure, notre quart d'heure américain du lundi.
02:17Pierre-Yves Dugas sera avec nous.
02:18Nous évoquerons notamment les sujets budgétaires alors que la grande et belle loi fiscale de Donald Trump entre en vigueur à partir de cette année.
02:28Qui en profitera le plus ? Qui en profitera le moins ?
02:32Réponse avec Pierre-Yves Dugas à partir de 17h45 en direct.
02:35Mais d'abord, tendance mon ami, comme chaque soir en ouverture de Smart Bourse, nous retrouvons Pauline Grattel qui vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
02:52Bonsoir Pauline.
02:52L'opération spéciale américaine au Venezuela aurait pu provoquer des mouvements de marché sans doute un peu plus importants que ceux qu'on observe.
03:00Oui, Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés à Caracas puis exfiltrés par les forces spéciales américaines ce week-end.
03:08Le président vénézuélien doit comparaître ce soir devant un juge aux Etats-Unis.
03:13Dans les faits, cela aurait bien pu affoler les marchés, mais à court terme, cela passe quasi inaperçu.
03:18Bon, effectivement, quand on regarde le pétrole, un secteur clé, quand les tensions géopolitiques sont à ce point élevées, les mouvements sur le pétrole restent très modérés.
03:31Oui, les cours du pétrole affichent une hausse modérée de 1% environ, avec un baril de Brent légèrement supérieur à 61 dollars cet après-midi.
03:39Malgré des réserves pléthoriques, le Venezuela ne pèse aujourd'hui pas grand-chose dans l'approvisionnement mondial et les marchés l'ont intégré depuis longtemps.
03:47En parallèle, l'OPEP+, qui a tenu sa réunion dimanche, a décidé de maintenir sa production.
03:52Qu'en est-il des autres grands marchés macro, à commencer par les marchés obligataires, Pauline ?
03:57Le rendement américain à 10 ans reste très stable, entre 4,15 et 4,20%.
04:02Les valeurs refuge sont recherchées, l'or grimpe de plus de 2%, autour de 4 450 dollars l'once, et l'argent continue de surperformer avec un gain de 6% en séance.
04:13La séance est globalement calme, donc, après cet événement majeur, politiquement, mais de second plan, économiquement.
04:19Bon, quelques secteurs, vous avez cité les métaux précieux, mais d'autres secteurs dans l'univers action réagissent quand même de manière significative.
04:26On pense au secteur de la défense ou encore aux majors pétrolières américaines.
04:29Oui, ConocoPhillips, ExxonMobil ou encore Chevron bondissent de 4%.
04:33En France, Thalès et Dassault Aviation sont en hausse de plus de 4% au cours de la séance.
04:39Safran gagne 2% environ.
04:41Rheinmetall, Leonardo, Sab ou encore Ensolt sont en tête du Stoxx 600.
04:45Bon, quelle tendance observe-t-on plus globalement sur les marchés actions au démarrage de cette semaine, Pauline ?
04:50Aux Etats-Unis, tout d'abord, les indices ouvrent en hausse de près de 1% pour le Dow Jones.
04:54En Europe, la tendance est globalement positive pour les grands indices.
04:58Le DAX inscrit un nouveau record et le CAC 40 évolue autour de l'équilibre, autour de 8200 points.
05:04A noter tout de même que l'indice VIX de la volatilité bondit de 5% autour de 15%.
05:09Et puis, du côté des marchés asiatiques, que faut-il retenir de cette séance aujourd'hui ?
05:14Ils ont clôturé en net hausse toujours portée par l'IA et par la tech avec un gain de 3% pour le Nikkei et de 2% pour le CSI 300.
05:22Le COSPI inscrit un nouveau record, comme les indices taïwanais et le MSCI Asie-Pacifique.
05:28Côté obligataire, les rendements japonais bondissent avec un 10 ans au niveau record de 2,10% et un 30 ans autour de 3,45%, là aussi au plus haut.
05:37La semaine macro sera chargée, notamment avec différentes mesures d'emploi aux Etats-Unis et le rapport complet sur le marché du travail en fin de semaine.
05:45Mais aujourd'hui, c'est l'ISM manufacturier américain qui a tiré l'attention.
05:48Oui, pour le mois de décembre, il ressort légèrement sous les attentes à 47,9%.
05:52C'est également inférieur au mois précédent.
05:54Quel sera le programme à l'agenda demain pour les investisseurs, Pauline ?
05:57Les investisseurs prendront connaissance demain des premières estimations d'inflation en France et en Allemagne pour le mois de décembre.
06:03On regardera aussi la version finale des PMI Services et Composites de la zone euro pour le mois de décembre.
06:09Tendance, mon ami, chaque sort en ouverture de Smart Bourse.
06:11Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
06:15Sous-titrage Société Radio-Canada
06:45Merci d'être avec nous pour cette émission de rentrée et de reprise et une actualité géopolitique déjà intense.
06:51Gilles, je me tourne vers vous.
06:53Qu'est-ce qu'on peut dire ?
06:54C'est un sujet assez récurrent, marché et géopolitique.
06:58On parle bien sûr notamment du cas vénézuélien avec cette démonstration de force,
07:02cette opération spéciale américaine au cours du week-end.
07:08Qu'est-ce qu'on peut dire de cette relation entre marché et géopolitique ?
07:11Et qu'est-ce qu'il faut retenir ou comprendre de la stratégie américaine concernant le Venezuela spécifiquement aujourd'hui ?
07:18Traditionnellement, la variable géopolitique c'est le prix du pétrole.
07:22Je veux dire, c'est quasiment la seule variable, on l'a vu dans le Golfe.
07:26Et on voit quand même qu'au cours des dernières années, elle est de moins en moins sensible.
07:29Et on le voit encore aujourd'hui.
07:32Parce qu'il ne faut pas se leurer.
07:34Je veux dire, la consommation mondiale de pétrole est en train de s'ajuster.
07:37Et on parlait de pic pétrole il y a dix ans, qui était le pic de production.
07:40Et là, on arrive à un pic de consommation.
07:42C'est le pic de la demande, là.
07:43Le pic de la demande de la consommation.
07:44Et on est probablement beaucoup plus près qu'on le croit de ce pic.
07:48Et en fait, un des acteurs majeurs était la Chine.
07:51Puisque la transformation des mobilités électriques en Chine a enlevé entre 1 million et 2 millions de berléris le jour en Asie.
07:57On voit à travers l'électrification massive globale dans un pays comme la Chine, la baisse de la demande de fossiles et de pétrole apparaître.
08:05Alors, ce n'est pas une baisse, mais c'est une absence de croissance.
08:07D'accord, une absence de croissance.
08:08Mais qui vient peser sur les prix du pétrole.
08:11Et qui, je crois, on fait prendre...
08:12Alors, les citoyens n'ont pas fait par bonté d'âme.
08:14C'est uniquement par un contrat de stratégie.
08:17Puisqu'ils ne veulent plus être dépendants du pétrole vénézuélien.
08:19C'est un des premiers importateurs de pétrole vénézuélien ou iranien.
08:23Parce que c'est aussi un événement géopolitique qui passe inaperçu.
08:25L'Iran est peut-être en train de changer.
08:29Ils ne veulent plus dépendre de ce pétrole.
08:30Et donc, ils électrifient massivement avec un choix charbon, qui est moins bon,
08:35et une énergie renouvelable pour être indépendant stratégiquement en cas de problème avec Taïwan.
08:40Qui reste, je dirais, aujourd'hui, les deux événements géostratégiques susceptibles d'impacter les marchés développés.
08:45Aujourd'hui, c'est l'Ukraine et la Russie, d'un côté, pour l'Europe, et Taïwan, pour le monde.
08:51Parce qu'il ne faut pas oublier que Taïwan, c'est SMC, et c'est le plus grand fabricant uniquement à Taïwan de chips et de microprocesseurs.
09:00Au-delà de situations géostratégiques spécifiques, comme vous dites, l'Ukraine et Taïwan,
09:04le monde des marchés s'est quand même désensibilisé de ces questions géopolitiques.
09:10Oui, on s'est désensibilisé au pétrole, on est en train de se désensibiliser au pétrole,
09:14donc on se désensibilise à la géopolitique du Venezuela, mais surtout du Moyen-Orient.
09:21On a quand même une guerre au Moyen-Orient, en tout cas des échanges de missiles, sans que le pétrole bouge,
09:26elle est même baissée, ça montre bien que...
09:30Et je pense que les Saoudiens ont pris conscience du fait qu'on allait vers le pic de demande,
09:34et donc il fallait qu'ils vident leurs réserves, avant que la demande disparaisse trop.
09:39Maintenant, il y a une course à la vente de pétrole, et donc voilà, ça c'est la géostratégie.
09:45Après, pour le Venezuela, c'est aussi une histoire de pétrole, c'est une vision un peu différente des Américains.
09:49La vision américaine de Donald Trump, c'est de dire que plus le prix du pétrole se rabat, plus l'essence se rabasse,
09:54et donc ça veut dire que l'inflation sera perçue comme moins importante aux...
09:57Il y a des élections qui arrivent.
09:58Oui, qui arrivent en novembre, et l'inflation va être un élément majeur,
10:01parce que la grande déception des électeurs de Donald Trump par rapport à ce qui s'est passé en novembre,
10:05c'est sur le plan économique, sur l'inflation, et sur le manque d'intérêt, sur l'économie, et sur l'inflation qui montre...
10:11La question de l'affordability, c'est le sujet central, sans doute, politique, aujourd'hui, aux Etats-Unis.
10:17C'est un peu l'arroseur arrosé, puisque les Républicains ont montré le prix des oeufs du temps de Biden,
10:22maintenant on montre le prix du reste, voilà, et donc c'est le sujet numéro un,
10:26et pour Donald Trump, qui a une vision un peu simpliste et un peu datée d'économie,
10:30pour lui, baisser le prix du pétrole à travers la redirection des flux pétroliers vénézuéens...
10:34C'est rendu le pouvoir d'achat, c'est rendu le pouvoir d'achat, voilà.
10:36Et donc, il essaie de mettre la main sur le Venezuela pour l'enlever à la Chine,
10:41et aussi aux Russes, parce qu'il faut voir que le Venezuela était un des alliés majeurs de la Russie,
10:44et il a participé au blanchiment, s'il vous plaît.
10:47Bon, donc ça veut dire, à travers cette opération, il y a quand même l'idée de poursuivre différents objectifs,
10:54avec des horizons de temps parfois différents,
10:56mais en tout cas, il y a plusieurs intérêts pour l'administration américaine à mener cette opération,
11:01ou à avoir mené cette opération.
11:02Il y a deux évidents, un qui est évident à contrario,
11:05ils n'ont aucun intérêt pour la démocratie en tant que telle,
11:07puisqu'ils continuent de travailler avec les chavistes,
11:09par contre, ils veulent deux choses, c'est la sécurité,
11:11avec une doctrine d'Honro, donc remise à jour de...
11:14Donc Monroe version Donald Trump.
11:16Voilà, remise à jour en disant que tout ce qui est dans l'Amérique appartient aux Américains,
11:21et les autres ne doivent pas venir,
11:23et dans ce cadre-là, Cuba devient la cible suivante,
11:26déjà, c'est déjà été annoncé.
11:28Alors aussi la Colombie, apparemment, c'est un des plus à Donald Trump,
11:31et le Mexique, mais pour des raisons un peu différentes.
11:34Donc c'est la doctrine géostratégique,
11:37et donc vision de le pétrole vénézuéenien aux Américains
11:40pour avoir un pétrole moins cher,
11:41et donc une inflation plus basse.
11:43Alain, quelques réflexions là, encore un peu à chaud,
11:47dans ce qui est des événements de l'équation.
11:49Il y a du court terme, dans tout ce qui a été évoqué,
11:53je pense que c'est en route,
11:54le prix du pétrole, c'est vraiment un focus énorme pour Trump.
11:58Après, si on regarde un peu plus long,
12:00je ne sais pas dans quelle mesure c'est accepté par les uns et par les autres,
12:05ou si on cherche un peu sa place,
12:06mais il semble que Trump va mettre la main sur l'Amérique,
12:10au sens global du terme.
12:11Oui, Monroe, l'Amérique du Nord au Sud.
12:14Avec un combat quand même d'artillerie plus ou moins lourde avec les Chinois sur certains endroits,
12:20ils ont des ports au Pérou, etc.
12:23Il y a la Chine qui veut être le point central de l'Asie sur le plan économique,
12:28donc il va y avoir un combat avec l'Inde et le Japon,
12:31peut-être même sur Taïwan, il y aura ce combat du Japon
12:33qui ne voudra pas laisser la Chine s'installer là.
12:35On a au Moyen-Orient un combat qui, je pense,
12:41s'est fait sur une forme d'accord entre la Turquie et l'Arabie Saoudite
12:43pour calmer la zone, on va dire,
12:46et puis c'est au détriment de l'Iran et de tous ses satellites
12:50qui sont tombés les uns après les autres,
12:51avec le soutien, je pense, de la Turquie.
12:55Et après, il y a une zone relative des intérêts de Trump,
12:59c'est l'Europe, avec, tu veux recréer l'Empire russe,
13:04avec Pétrograd, je ne sais pas quoi, Kiev,
13:08ou je ne sais pas quel pays, de toute façon, ils confondent tout.
13:10Je pense qu'ils s'en désintéressent à peu près complètement.
13:13Donc il va y avoir un peu un combat européen-occidentaux
13:18contre Poutine pour essayer de se mettre là.
13:21Et puis il y aura une zone de non-droit total avec l'Afrique
13:25où ça va être terrible sur le plan des matières premières
13:27parce que c'est le combat des années qui viennent.
13:30Mené par la Russie, la Chine ?
13:32Mené par tout le monde.
13:32Mené par tout le monde qui va...
13:33Et les États-Unis qui reviennent aussi en Afrique.
13:35Qui commencent à revenir en Afrique de manière assez agressive.
13:38Donc on va avoir ce combat géopolitique
13:41qui va nous emmener, je pense, pendant 20 ans.
13:43Ce n'est pas du Trump, ce n'est pas de stratégie.
13:46Je pense que les autres présidents le faisaient de la même façon
13:48avec le sourire, mais ils le faisaient de la même façon,
13:50au fond, globalement, avec essentiellement leurs intérêts.
13:53Ça s'accélère beaucoup aujourd'hui
13:55parce qu'il y a une très forte demande d'énergie.
13:57Donc là, ça nous ramène un peu sur le court terme.
13:59Et on voit aujourd'hui toutes les valeurs liées à l'énergie aux États-Unis
14:02qui font entre 5 et 15% de hausse.
14:05Ça flambe, là.
14:06Et je ne parle pas seulement du pétrole.
14:08L'énergie au sens large.
14:09L'énergie au sens large.
14:11Et c'est toute la chaîne de valeurs.
14:13C'est ça ma question.
14:14Alors, on va peut-être essayer de lancer d'ailleurs
14:16une émission géopolitique sur Bismarck
14:17parce que ça devient quand même un sujet central.
14:19Et les marchés sont attentifs.
14:22Mais la question, quand on a ces visions un peu longues,
14:24ou qu'on développe ces visions un peu longues,
14:26Alain, qu'est-ce que ça veut dire
14:27quand on ramène ça au marché ?
14:29Je ne parle pas forcément des marchés dans leur immédiateté,
14:31mais sur des cycles longs.
14:33Qu'est-ce que c'est-à-dire des marchés plus fragmentés ?
14:35Chaque zone aura sa zone d'influence de marché ?
14:38Qu'est-ce que ça...
14:38Oui, on va essayer ça.
14:39Alors après, je pense que si on ramène ça au marché,
14:42la première chose, c'est l'énergie.
14:43Donc ça, c'est vraiment le sujet clé.
14:45Et la deuxième chose, c'est la manière dont on va se servir
14:47des banques centrales comme bras armés de ce truc-là.
14:51L'arme sur les marchés, c'est les banques centrales.
14:52Si on regarde, encore une fois,
14:54les Américains, Trump, est en train de mettre la main
14:57sur un système financier, monétaire, bancaire,
15:02les stable coins pour ajouter un peu de modernité dans tout ça,
15:05pour avoir une zone dollar toujours forte.
15:07Donc ça, c'est vraiment son point clé.
15:09Les Chinois sont en train de faire la même chose de leur côté
15:11avec une banque centrale qui est aux ordres.
15:12On a la banque centrale japonaise qui est aux ordres.
15:15Et puis, on a l'Europe, encore une fois,
15:17qui joue l'indépendance avec des gens qui croient
15:19qu'il faut être indépendant, que c'est super,
15:22que c'est l'alpha et l'oméga.
15:23Et on s'aperçoit que par rapport...
15:25On se plante aujourd'hui, ça nous plantera demain ?
15:27Ou est-ce qu'on essaye de tenir ou de maintenir aujourd'hui,
15:31c'est-à-dire l'idée que ça reste un peu respirable quand même ?
15:33Est-ce que c'est un choix qui peut payer aussi à moyen terme,
15:38moyen long terme ?
15:39Et moi, je pense qu'aujourd'hui, si on raisonne en se disant
15:41quels sont les deux enjeux, c'est l'énergie et la souveraineté de la défense,
15:46il faut que ça soit financé.
15:47Et ça ne peut pas être autrement qu'avec une incitation forte
15:49et un accord politique qui soit à la fois de la banque centrale
15:54qui remet de l'argent dans la machine et les politiques.
15:57Alors après, ils sont ce qu'ils sont, les politiques, je ne juge pas ça.
16:00Simplement, on n'a pas cette dynamique-là.
16:03Et je pense qu'on regarde les réactions sur l'invasion...
16:07Enfin, je ne sais pas sur l'invasion, c'est comme s'il y avait une invasion.
16:08Mais les yeux-là ?
16:09Non, l'opération spéciale.
16:10L'opération spéciale, voilà, c'est ça.
16:12L'opération spéciale vénézélienne.
16:14On y va totalement en ordre dispersé entre les Espagnols, les Italiens, les Français, les uns et les autres.
16:21Oui, mais c'est...
16:22Comment on peut avoir une dynamique économique ?
16:26Parce qu'il faut raisonner, ce n'est pas en faisant des exemptions fiscales
16:30et des bouchons qui ne se perdent pas qu'on va y arriver.
16:35Je plaisante avec ça, mais c'est terrible.
16:38Il faut être vraiment aligné.
16:39On n'est pas aligné aujourd'hui.
16:40Ça, c'est un vrai sujet.
16:41Il y a quand même des plans sur la table.
16:42Enfin, je veux dire, Next Generation EU, Rearm EU, le Chips Act.
16:47Il y a quand même des plans, ça, on sait faire, avec de l'argent et des enveloppes budgétaires qui vont avec.
16:53Et je ne compte même pas le plan allemand et l'Allemagne qui a connu un virage budgétaire historique, peut-être en 2025.
17:02Alors, je veux bien l'histoire des bouchons sur les bouteilles d'eau, effectivement.
17:05Non, mais je sais, mais on en est tous là.
17:07Mais derrière ça, il y a aussi d'autres histoires.
17:09Il y a d'autres histoires, mais pour le moment, elles mettent beaucoup de temps à venir.
17:13Ça commence, mais ce n'est pas encore ça.
17:15Olivier, vos réflexions sur ces sujets un peu géopolitiques, géostratégiques.
17:20Et puis, oui, ça nous amène à la place de l'Europe, au thème de l'autonomie stratégique pour l'Europe, de la souveraineté européenne.
17:26Et je vois quand même que c'est un thème qui se développe.
17:29Une des manières de le mesurer, c'est de voir le nombre de fonds qui sont lancés par des sociétés de gestion ces dernières semaines et ces derniers mois sur ce thème-là.
17:38Alors, quelques réflexions.
17:40Premier élément, ça confirme qu'on vit dans un monde de prédateurs.
17:43Tout le monde était plus ou moins au courant, mais c'est une nouvelle illustration de ce monde de prédateurs.
17:47Ça confirme également que c'est la première matérialisation de la nouvelle stratégie américaine sur sa stratégie de sécurité qui a été publiée l'année dernière.
17:58Et puis, c'est une nouvelle illustration d'un monde qui est en train de se fragmenter, comme vous le disiez, avec quatre dimensions politiques, économiques, financières.
18:08Et la dernière qui est en train de m'échapper, technologiques.
18:12Donc, ces quatre fragmentations sont là et sont en train de redessiner notre monde et notre système économique et financier mondial pour les probablement 20 prochaines années.
18:23L'Union européenne, là-dedans, elle est un peu coincée entre la Chine et les États-Unis.
18:29Elle est écrasée par la Chine d'un point de vue économique et elle est abandonnée par les États-Unis d'un point de vue de la défense.
18:36La bonne nouvelle, c'est qu'on a fait le constat, mais comme je le disais dans un papier, on est les champions du constat.
18:42On avait, par exemple, en 2015, le plan des cinq présidents pour achever l'Union européenne.
18:48On a, en 2024, le plan Draghi qui fait de nouveau un constat et qui propose près de 400 recommandations pour renforcer cette Union européenne.
19:00Nous avons la Commission européenne qui s'empare de ce plan début 2025 et qui indique vouloir le mettre en œuvre avec ce que vous indiquiez en termes de matérialité, une sécurité, une énergie, une union des marchés de capitaux, etc.
19:17Mais pour l'instant, quand on regarde ce qui a été réellement fait, peu a été fait.
19:25Vous avez des organismes qui s'intéressent à mesurer le taux d'exécution des recommandations du rapport Draghi.
19:36Et aujourd'hui, ces instituts estiment qu'on est à moins de 15% d'exécution de ces recommandations.
19:43Donc, il y a encore un chemin extrêmement long à parcourir pour renforcer cette Union européenne.
19:49Et le renforcement de cette Union européenne, il repose sur plusieurs piliers, combler l'écart en matière d'innovation.
19:56Rappelons-nous qu'aujourd'hui, 80% de la technologie qu'on utilise en Europe ne vient pas de l'Union européenne, mais vient du reste du monde.
20:05Poursuivre la feuille de route de la décarbonation, tout simplement parce qu'on n'a pas de pétrole et on n'a pas de gaz.
20:11Et puis enfin, renforcer notre sécurité et réduire les dépendances excessives.
20:17Donc, le chemin est long.
20:18Tout le monde est conscient du défi auquel l'Union européenne est confrontée.
20:24À voir maintenant si on réalisera et si on exécutera ce plan.
20:28Je reviens à tous ces fonds et toutes ces stratégies qui se lancent sur ce thème, Olivier, avec l'idée de lever de l'argent, justement.
20:36À ce stade, c'est difficile de dire si c'est juste un effet de mode ou si c'est vraiment un thème profond qui pourra accompagner l'investissement en Europe pendant plusieurs années.
20:47Ce ne sont pas que des levées de fonds qui vont permettre de réaliser et de finaliser cette union européenne.
20:57Certains gestionnaires d'actifs semblent y croire suffisamment, encore une fois, pour mettre ces stratégies sur la table, communiquer, etc.
21:03Oui, mais typiquement, il faudrait une union des marchés de capitaux ou ce qu'ils appellent aujourd'hui l'union de l'épargne et des investissements.
21:11Il faudrait faire en sorte d'avoir des réglementations européennes unifiées et éviter qu'on ait des différences de réglementation entre les pays.
21:22Il faudrait un marché de capitaux également qui ne soit plus le CAC 40 ou l'Eurostox ou le DAX, mais un vrai marché des capitaux.
21:32Il faudrait une désintermédiation beaucoup plus profonde de notre système financier.
21:37Rappelons aujourd'hui que le bilan des banques représente à peu près 400% du PIB européen.
21:42Aux États-Unis, le bilan des banques représente 100% du PIB américain.
21:47Donc on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail à faire.
21:50Et c'est juste une question de temps et ça peut prendre du temps et sans doute trop de temps parce que l'Europe exécute lentement, agit lentement.
21:57Ou c'est encore ainsi ? Est-ce qu'on se demande encore s'il y a la volonté politique d'aller au bout de l'histoire de ce point de vue-là ?
22:06Je pense, là c'est un point de vue très personnel, je pense qu'il manque encore une vision commune au sein des instances européennes et des pays européens pour aller dans cette direction.
22:20J'ai l'impression, moi le côté positif quand même, c'est qu'en 5 ans, depuis le Covid on va dire, et depuis l'épisode de Brexit,
22:31la question c'est plus je vais me débrouiller tout seul, c'est-à-dire qu'il y en a encore quelques-uns qui traînent comme ça,
22:35mais c'est comment on fait pour s'intégrer dans une Europe qui se développerait, qui ferait des avancées.
22:41Parce qu'on voit même Mélanie qui n'était quand même pas très chaude sur l'Europe,
22:44qui est devenue une fervente partizante de l'Europe et qui permet d'avancer sur ce thème-là.
22:48Elle est en train de valider le Mercosur.
22:51Oui, parce qu'elle joue sur son terrain, je trouve ça assez normal.
22:57Et l'autre point, je pense que c'est là qu'on voit qu'il manque cette dynamique de la Banque Centrale.
23:03C'est-à-dire que le jour où la Banque Centrale injecte massivement Mélanie Tau à zéro,
23:08il y a plein de sujets qui peuvent avancer assez facilement.
23:11Alors ça aura des effets de bord, mais qu'est-ce qui vaut mieux ?
23:14L'action de la Banque Centrale ne peut être que la conséquence d'une volonté politique qui a été clarifiée, unifiée.
23:20Moi, je me mets à la place d'une bancaire centrale ou d'un banquier central comme Christine Lagarde.
23:24On n'a pas envie de mettre la charrue avant les voeux quand même.
23:26D'accord, mais ça éviterait de mettre en place des trucs récessifs à droite à gauche.
23:30La France va s'arrêter avec toutes les conneries qu'on a en train de mettre en place.
23:32Je suis également assez convaincu qu'on a besoin en Europe de taux d'intérêt réels court terme négatifs.
23:43Au moins pour le monde.
23:44Et ça forgera une volonté politique ?
23:46Non, compte tenu des besoins de financement que nous avons sur tous les enjeux dont on vient de parler.
23:54Donc, premier enjeu de 2026, que la Banque Centrale Européenne sorte du statu quo confortable dans lequel elle s'est enfermée.
23:59Non, probablement, probablement, sur cette volonté politique, elle va avoir du mal à émerger avec une France qui n'est pas en bon état politiquement.
24:09D'accord, donc premier enjeu, remettre de l'ordre dans les finances publiques françaises pour permettre à la Banque Centrale Européenne de reprendre une action ?
24:17Pour permettre à la France de restaurer sa crédibilité vis-à-vis de ses partenaires et en particulier vis-à-vis de son partenaire allemand.
24:23Et que les deux pays décident d'une feuille de route bien établie, appuient sur une stratégie monétaire agressive.
24:31Gilles ?
24:32Oui.
24:32Non, je veux dire...
24:33Discut de l'ordre.
24:35Disons que, un, il y a des choses qui sont faites, parce qu'on a un truc aussi prosaïque que la production d'obus de 155 mm,
24:42qui sont le cœur de ce qui se passe en Ukraine.
24:44On est passé de 80 000 à 500 ou 600 000 produits par annuel.
24:47Je veux dire, l'Ukraine, maintenant, s'appuie uniquement sur la production d'obus européenne quasiment,
24:52ce qui était inexistante il y a trois ans.
24:54Il n'y a pas partout où...
24:56C'est quoi ça ? C'est l'embryon...
24:57Enfin, c'est ce qu'on...
24:58L'Europe de la Défense, qu'on n'a jamais voulu nommer comme étant l'Europe de la Défense, qui est en train de se construire.
25:05Alors, je ramène ça au marché, effectivement.
25:07Avec les banques, c'est l'autre secteur qui a le plus progressé en 2025 en Europe, le secteur de la Défense.
25:12C'est la Défense, tout à fait, à juste titre.
25:14Il y a eu des investissements massifs.
25:15Dans certains endroits, ça a mieux marché, les munitions, parce que c'était un endroit qui était déjà...
25:19Il n'y a plus que deux ou trois producteurs en Europe.
25:21Donc, ça a été fait assez facilement.
25:23Là où il y a plusieurs producteurs en Europe, on a déjà plus de problèmes.
25:26On voit sur les tangles, on voit sur le SCAF, on voit sur des choses comme ça,
25:29où les enjeux de politique industrielle, où chacun, quand même, a envie de maintenir ce qui est chez soi et d'arriver sur...
25:36Donc là, il n'y a pas de vision commune.
25:37Mais c'est aussi, quelque part, des jalousous, des parimètres nationaux, qui est sur des choses comme l'artillerie et les explosifs, par exemple.
25:46Il y a eu un effort énorme de faits.
25:47Après, sur la Défense, hormis l'aérien, je veux dire, aujourd'hui, les principaux producteurs de tanks en Occident sont en Corée du Sud et en Europe.
25:55véhicules blindés, c'est pareil.
25:58C'est même British, qui est British, pas Aerospace, mais qui fabrique les tolls et véhicules blindés américains.
26:06Les principaux constructeurs navals restent en Europe, à en cours des constructeurs navals, ce qui n'a pas exactement les Etats-Unis.
26:12Il y a reste sur l'aérien et le renseignement, où on est dépendant sur les Etats-Unis.
26:15Et ce qui forge aussi la position européenne par rapport à l'enjeu de l'Ukraine, qui est l'enjeu numéro un pour la sécurité européenne aujourd'hui.
26:21Je veux dire, le fait que l'Ukraine tienne, avec tous les enjeux au niveau des drones et la nouvelle configuration, la guerre moderne, est l'enjeu sécuritaire numéro un pour l'Europe.
26:31Et ça vous dit que ça doit attirer des investissements ?
26:33Ça doit, normalement, encore une fois, je reviens aux performances de marché, je reviens à la logique de marché, c'est quelque chose qui doit pouvoir encore fonctionner pour un investisseur ?
26:41Ça dépend de ce qui se passe, l'enjeu numéro un pour l'Europe, c'est ce qui va se passer, je pense, en 2026, entre l'Ukraine et la Russie.
26:49Bon, et donc, si ça se calme, voir si ça s'arrête, qu'est-ce que ça implique pour les marchés ?
26:53Le marché est allé trop loin en mettant un prix trop élevé sur certaines valeurs de la défense ?
26:56Ça dépend comment ça s'arrête.
26:59D'accord.
26:59Si on s'arrête sur une version coréenne, je veux dire, l'industrie de la défense coréenne ne s'est pas arrêtée avec l'armistice de 53.
27:07Au contraire.
27:10Et donc, je pense qu'il y aura un peu moins de fièvre devant l'immédiat, je veux dire, donc, effectivement, une urgence.
27:16Mais derrière, le but, c'est d'avoir une Ukraine qui se défende avec une armée, on parle de 600-800 000 hommes, ce qui est déjà énorme et qu'il va falloir financer.
27:23C'est la deuxième armée de l'OTAN, si on est à 800 000 hommes, même devant les Turcs.
27:27Donc, ça devient une armée énorme.
27:31Donc, je veux dire que l'appétit pour la défense durera tant que la Russie existera dans sa version agressive actuelle.
27:38Si la Russie, un, il y a un cessez-le-feu, et deux, évolue politiquement et dans son impérialisme, je veux dire, historique, qui redendise, ça changera la donne stratégique pour l'Europe.
27:50Une fois que la Russie disparaît militairement, si elle disparaît militairement, il n'y a plus de menaces directes sur l'Europe.
27:57À part le Groenland, éventuellement, avec l'Amérique, ce qui change complètement la donne dans l'autre sens.
28:01Mais voilà, donc, pour moi, oui, il y a eu un réveil brutal et inattendu, à la fois sur la guerre et après la rupture stratégique américaine.
28:12Les choses sont en route.
28:14Les choses ne sont pas aussi noires, en termes de savoir-faire et de capacité de production.
28:19Parce qu'il faut, maintenant, il faut savoir, effectivement, si un pays accepte de sacrifier ses blindés contre ses avions, ou inversement.
28:25Et c'est là où on rentre dans le dur des négociations européennes.
28:27C'est là où il n'y a pas de perspective jointe.
28:29Mais ce n'est pas...
28:30Un point qu'on peut noter, Alain, là, je me tourne vers vous, c'est quand même qu'au fur et à mesure de ce réveil brutal,
28:36la souveraineté s'est alignée avec les enjeux de soutenabilité.
28:42D'une certaine manière, un secteur comme la défense, qui a toujours été historiquement exclu,
28:47d'un certain nombre de stratégies.
28:49Alors, je n'ose plus dire ESG, mais c'est dans votre titre, l'acronyme survie, grâce à vous, Alain.
28:57On parle de soutenabilité, d'autonomie stratégique.
29:01C'est ce qu'on disait en début d'émission.
29:03Je veux dire, ce n'est pas pour les beaux yeux de la planète qu'on le fait,
29:06mais c'est parce qu'il y a une question d'indépendance.
29:08Et de ce point de vue-là, l'Europe est capable quand même de bouger.
29:11Oui, mais la défense, pour moi, c'est un sujet totalement régalien.
29:19On ne va pas parler de ça ici, aujourd'hui.
29:21Ça ne devrait pas être coté.
29:22Ce n'est pas ça, mais c'est un sujet qui dépasse largement nos petits problèmes de boursiers,
29:28de notre PEA et tout ça.
29:30Là, pour le coup, on s'est rendu compte qu'on n'était plus en train de parler des mêmes choses.
29:35Nous, on était avec nos histoires à plat, et puis en fait, on a des volumes à je ne sais pas combien de dimensions
29:40avec la tech, la cybersécurité, des problèmes d'investissement massif.
29:44L'ESG, là-dedans, c'est vraiment un sous-sujet.
29:47Par contre, là où l'ESG est...
29:49Pour moi, l'enjeu de l'ESG, c'est tout ce qui est autour de l'énergie.
29:55Et là, on retrouve la problématique de souveraineté.
29:58Et d'ailleurs, encore une fois, avec des manques en grid.
30:03C'est sans doute un meilleur exemple, mais cette idée d'alignement, quand même.
30:05Là, pour le coup, si on n'avait pas eu ce problème de dépendance avec la Russie,
30:13on n'en serait pas là.
30:14C'est-à-dire que les histoires de Nord Stream et compagnie, ça nous a quand même bien plantés.
30:19Et je pense que, et ça, c'est des sujets...
30:21Là aussi, on est encore parti pour des trucs à 10 ou 15 ans.
30:24On le voit parce qu'on produit de l'énergie renouvelable,
30:27mais on ne sait pas la mettre dans les secteurs, dans le réseau, de manière intelligente.
30:33J'ai vu les chiffres que vous avez publiés, là.
30:33Mais c'est dingue, quoi.
30:35On se dit, mais c'est vraiment les gens qui réfléchissent.
30:38Mais moi, je n'en reviens pas, quoi.
30:40Parce que c'est des trucs qu'on entend depuis 10 ans.
30:43L'investissement dans les réseaux n'a pas été fait pour absorber toute l'énergie renouvelable
30:47qu'on est capable d'injecter aujourd'hui.
30:48Oui, parce qu'en plus, on a fait ça avec des subventions.
30:51C'est-à-dire qu'on a subventionné un truc...
30:52L'électrification s'est déroulée du câble et du câble et du câble.
30:55Bien sûr, c'est totalement de l'infrastructure.
30:58Il y a des enjeux stratégiques.
30:59Parce que si on voit le plan de connexion qu'a fait l'Union européenne,
31:02qu'est-ce que c'est aujourd'hui ?
31:03Il y a une excellente production de renouvelables en Espagne
31:06et un déficit en Allemagne à cause des russes.
31:08Aujourd'hui, l'Union européenne dit,
31:10OK, il faut aller redéziner l'Espagne.
31:11Mais au milieu, il y a la France, c'est son droit nucléaire,
31:13qui a battu ses records d'exportation en 2026,
31:15qui n'a aucune envie que les renouvelables espagnols alimentent l'industrie.
31:22On est trop content de leur vendre notre énergie.
31:23Voilà, et donc, c'est ça la problématique.
31:26C'est terrible, quoi.
31:27Donc, il y a des pays qui ont mené des stratégies...
31:29On a réglé son soin à l'Europe, là.
31:31Non, non, mais c'est pas le gire.
31:33Il y a des pays qui ont mené des stratégies
31:36qui ont été complètement déconnectés.
31:38Les Espagnols, les revenables, les Allemands dans la sortie du nucléaire,
31:41les Français dans le maintien nucléaire.
31:42Et derrière, on a des choix qui sont envers positifs, négatifs,
31:45tout ça, qu'on essaie de réparer derrière.
31:47Avec des gens qui ont des positions gagnantes et d'autres positions perdantes,
31:50qui ne sont pas forcément les mêmes sur les sujets,
31:51et qui essaient de gérer leur position.
31:54Oui, mais là aussi, il n'y a qu'à faire des subventions,
31:56autant que ce soit la Banque centrale,
31:57qui permette de faire ses investissements à zéro.
31:59Vous faites ça, et vous faites une Europe
32:01où on aligne au plus bas les taux d'impôt des sociétés.
32:06Quitte à faire des subventions, là aussi, de l'Europe.
32:08C'est bien ce qu'on a fait.
32:09Parce que tout le monde est là en train de dire,
32:10« Oh, l'Espagne, le miracle espagnol, le miracle italien. »
32:12Vous enlevez les subventions européennes.
32:15Le miracle, il n'y est plus.
32:16Donc, on sait bien que pour relancer...
32:18C'est-à-dire que souvent, il y a souvent ce truc,
32:20la France, comme ça va mal, un jour, il y aura le FMI.
32:22Moi, je ne crois pas.
32:23Simplement, il y aura l'Europe.
32:26Et il faut trouver...
32:26Les partenaires, c'est eux qui vont venir déjà.
32:28Bon, vous vous mettez avec un vrai gouvernement,
32:32un vrai président,
32:32et puis, on va vous offrir un vrai financement.
32:35Et comme ils ont fait en Italie, en fait.
32:37Donc, il faut qu'il y ait ça.
32:38Mais ça, c'est un truc...
32:40Il faut un truc politique fort de la Banque Centrale.
32:43Ça viendra de là.
32:44Bon, malgré cet exercice de reality check,
32:47grâce à vous,
32:49la réalité des marchés,
32:51c'est qu'on a vécu encore une année 2025
32:53superbe,
32:55avec des performances positives
32:57positives sur la quasi-totalité
32:59des classes d'actifs.
33:00Alors, modulo le dollar, bien sûr.
33:02Je crois que le bitcoin n'a pas dû terminer en hausse 2025.
33:05Le pétrole...
33:06La particularité, c'est que l'or physique
33:07est la première classe d'actifs,
33:09et l'or virtuel est la dernière classe d'actifs en 2020.
33:11Oui, d'accord.
33:13Enfin, en tout cas,
33:16des performances,
33:17toutes classes d'actifs confondues,
33:18et parfois encore des performances à deux chiffres.
33:22Qu'est-ce que ça implique
33:23pour l'investissement
33:24et la conduite des investissements en 2026,
33:26Olivier ?
33:27Alors, c'est vrai que 2025 est une très belle année,
33:29mais c'était une année quand même très compliquée,
33:31à plusieurs titres.
33:31On a déjà eu une correction de très grande ampleur
33:34au mois de février, mars, avril,
33:37avec un choc qui posait la question
33:39de savoir si on ne rentrait pas
33:40dans un grand marché baissier.
33:42Deuxième élément,
33:43quand on regarde à l'intérieur des marchés,
33:45en particulier du marché américain
33:47et du marché européen,
33:48on constate qu'il n'y a que quelques secteurs
33:51qui surperforment le marché dans son ensemble.
33:54Donc, aux États-Unis,
33:55on a les services aux communications,
33:57la tech,
33:58en Europe,
33:58on a les financières
33:59et l'industrie au sein duquel
34:02le secteur de la défense
34:03est un fort contributeur.
34:05Et puis, troisième élément,
34:06lorsque vous regardez au niveau des valeurs,
34:09vous constatez qu'aux États-Unis,
34:10vous avez à peu près 70%
34:12des valeurs de l'indice américain
34:14qui sous-performent l'indice,
34:16et en Europe,
34:17on est autour de 60%.
34:19Donc, une très belle année,
34:20mais une année somme toute très compliquée.
34:242026,
34:25pour nous,
34:26les sujets sont les suivants.
34:27D'abord,
34:28le régime macro aux États-Unis
34:32et la politique monétaire
34:34de la Banque centrale américaine.
34:36Parce que le régime macro aux États-Unis,
34:38aujourd'hui,
34:39nous semble assez bien assis
34:40sur quelques facteurs
34:42forts et connus
34:44pour les prochains mois.
34:45On a la Big Beautiful Bill
34:47qui va soutenir l'économie américaine.
34:50On a les investissements
34:52en intelligence artificielle annoncés
34:54qui vont continuer de se déployer
34:56au moins sur l'année 2026.
35:01On a un prix du baril de pétrole
35:03qui est en train de baisser.
35:04C'est quand même un facteur de soutien
35:05aux consommateurs américains.
35:07Et on a une Banque centrale américaine
35:09qui est en train de baisser un peu les taux.
35:12Donc, on a un melting pot assez favorable
35:14pour notre économie américaine.
35:15On se pose la question
35:17de savoir jusqu'où
35:19la Banque centrale américaine va aller
35:20et si celle-ci va perdre
35:22ou pas son indépendance.
35:23Trump va-t-il mettre la main
35:25sur cette Banque centrale américaine ?
35:26Le jeu est très ouvert
35:27de ce point de vue-là ?
35:28Le jeu me semble assez ouvert.
35:31Et il ne faut pas nécessairement douter
35:33de la volonté de l'administration Trump
35:36d'avoir une économie américaine
35:37très booming
35:38d'ici à la fin de l'année 2026.
35:42S'il faut remettre du carburant,
35:44on en remettra ?
35:45On en remettra du carburant.
35:46Très, très, très probablement.
35:49Et nous pensons que l'administration Trump
35:51veut absolument une économie
35:53très booming,
35:55quitte à créer des déséquilibres macro-financiers
35:58à un horizon 5 ans.
36:00qui seront autant de dangers demain pour les marchés ?
36:02Qui seront autant de dangers après-demain pour les marchés.
36:06Qui poseront des questions.
36:09Sur l'Europe, on voit deux éléments
36:13qui peuvent avoir un impact puissant sur les marchés.
36:17C'est d'abord ses avancées ou non dans cette Union européenne plus compétitive.
36:23Et ensuite, le conflit russo-ekrénien.
36:26Puisque si on constatait un cessez-le-feu,
36:29ça serait probablement un puissant levier
36:33à une surperformance des marchés européens
36:35et un regain d'intérêt des grands investisseurs internationaux
36:40pour les marchés européens.
36:44Et puis enfin, dans le reste du monde,
36:45ce qui va retenir notre attention,
36:49c'est ce qui se passe au Japon.
36:50Pas nécessairement en Chine,
36:51puisque la Chine nous semble être toujours
36:53dans cette dynamique de ralentissement structurel,
36:57de sa croissance, mais ralentissement maîtrisé.
37:00Mais ce qui se passe au Japon,
37:02en particulier du côté de la politique monétaire
37:04et des taux longs japonais.
37:06Avec là aussi une volonté de relance budgétaire en parallèle.
37:10menée par la nouvelle première ministre japonaise.
37:14Dans une vision globale macro,
37:15que vous portez chez Elkan OEM,
37:16avec une stratégie globale macro,
37:18quels sont les grands marchés macro ?
37:20Qu'est-ce que vous attendez des grands marchés macro en 2026 ?
37:22Sur l'Europe, on est d'accord.
37:24Sur nous, je pense qu'il peut y avoir...
37:26La Russie est en train de s'épuiser économiquement.
37:28L'Ukraine est déjà épuisée.
37:30Il peut y avoir un accord russo-ukrainien.
37:32Et selon la qualité de cet accord,
37:34les marchés européens peuvent en bénéficier.
37:36Il y a un vrai potentiel de soulagement
37:39pour les prix des actifs européens.
37:42Et puis, c'est dynamique.
37:43Il va falloir construire l'Ukraine,
37:44l'armée, créer l'Ukraine.
37:46Enfin, je veux dire, ça crée...
37:47Le marché n'a pas totalement anticipé encore toute cette situation.
37:50Non.
37:51On en parle quand même,
37:52de repoussurer l'Ukraine, etc.
37:54Mais aujourd'hui, on ne peut pas.
37:55D'accord, mais certaines valeurs ont déjà profité de ça.
37:59Oui, mais ça peut s'accélérer avec la perspective de la décision.
38:02Donc, ce potentiel, il n'est pas épuisé.
38:03Voilà.
38:03Au détriment, éventuellement, un peu des facteurs de défense en premier temps.
38:06Mais voilà.
38:07Ça, c'est...
38:08Les Etats-Unis, je veux dire, aujourd'hui, clairement,
38:10le consensus mondial, c'est sur l'accélération inflationniste.
38:12Avec l'équipe Trump, effectivement, prête à faire tout ce qu'il faut pour...
38:17Après, là, il y a deux problèmes, je dirais, face à ça.
38:20Et donc, avec la hausse des matières premières, des métaux précieux.
38:24Et on a une rotation, aujourd'hui, vers l'industrie,
38:26on le voit depuis quelques jours, au détriment de l'AI.
38:30Pour moi, l'AI, enfin, c'est une vieille rangaine,
38:32mais l'AI va être l'enjeu.
38:33Parce que c'est l'année 2026 où l'AI doit montrer sa rentabilité.
38:36On parle de 500 milliards de dollars d'investissement.
38:39La rentabilité des CAPEX, c'est un sujet de 2026.
38:41De toute façon, elle est déjà.
38:42On l'a vu sur les résultats de Meta.
38:44On l'a vu.
38:45Et on voit, d'ailleurs, un décrochage depuis novembre
38:47entre les hyperscaleurs, Microsoft, Meta, qui ne font plus rien.
38:52Alors, on va parler de Tesla, mais ça sera un autre très amusant.
38:54Parce que Tesla, avec deux années de suite à faire en baisse sur l'automobile,
38:57reste à 300 PE.
38:59Donc, on va voir si Trump va faire des miracles encore une fois au prochain résultat.
39:04Mais là, il va falloir qu'il gère son corps business en rétraction
39:07et un PE de 300.
39:08Mais ça, ça a une autre affaire.
39:12Donc, les hyperscaleurs ne font plus rien ?
39:14Ils ne font plus rien.
39:14Il n'y a plus qu'aujourd'hui, ce qui maintient le Nasdaq
39:17au niveau, c'est les sémiconducteurs.
39:21Sémiconducteurs, premier secteur du marché américain, 11%,
39:23qui est un secteur parmi les plus cycliques, normalement, de l'histoire.
39:27Et donc, qu'ils essaient de transformer en croissance structurelle.
39:31Si jamais ça s'arrête, le réveil risque d'être difficile.
39:35Et aujourd'hui, on voit sur le marché américain
39:37une consolidation à plat,
39:39avec une stabilisation de Nasdaq
39:41au profit de nouveaux secteurs, industries.
39:44Oui, mais il n'y a pas la taille.
39:45Quand il va falloir sortir un 1,6 milliard de Tesla,
39:48ce n'est pas Chevron, Conoco.
39:50Les gens ne vont pas voler à Chevron, Conoco ou Boeing.
39:53Parce que peut-être Boeing, avec le dollar, va en bénéficier.
39:56Je veux dire, donc, il y a un risque majeur
39:58que la rotation commence dans l'ordre
40:00et finisse dans le désordre.
40:02Ou comme on parle à Axtérix,
40:04ils commencent avec la tortue
40:06et finissent avec la tactique du lièvre.
40:08Voilà.
40:08C'est ça le problème.
40:11C'est qu'aujourd'hui, il y a quand même 38% du marché
40:14qui est lié à la tech.
40:15Si jamais l'AI, ça s'évapore...
40:19On n'a pas un marché assez large
40:20en dehors des e-Pescaler ou des Max 7
40:22pour absorber tout ce qu'on pourrait retirer
40:24éventuellement de ce segment-là.
40:25Et d'ailleurs, voilà.
40:27Et c'est ça le risque.
40:28Pour moi, le risque est que là,
40:29et que quelque part, l'effet de richesse...
40:32Aujourd'hui, 10% de la population américaine,
40:34les 10% les plus riches font 50% de la construction.
40:35Et donc, c'est uniquement parce qu'ils ont eu un effet de richesse,
40:39essentiellement l'action, pas sur l'immobilier,
40:40parce que l'immobilier est quand même...
40:41Et si jamais on se retourne sur cet effet de richesse,
40:44l'impact sur la consommation américaine
40:45risque quand même d'être assez important.
40:47Et il ne faut pas oublier que l'Amérique,
40:49c'est le consommateur de dernier ressort de la planète,
40:51chinoise, européenne, tout ce qu'il y a.
40:53Donc, c'est avant tout un risque...
40:55Là, j'entends, mais l'enchaînement,
40:57c'est risque de marché qui pourrait devenir
40:58un risque macro pour les États-Unis.
41:00Tout à fait.
41:01Et donc, impliquer une action peut-être plus forte
41:03de la Banque centrale américaine
41:05capable de...
41:06Enfin, en un sens, même si elle est très agressive,
41:08elle ne sera pas capable de redresser...
41:10Donc, il y a un rendez-vous quand même douloureux
41:12devant nous sur le marché américain, selon vous ?
41:14Dans un premier temps, on est dans l'accélération inflationniste.
41:17C'est le consensus.
41:18Donc, l'effet nominal va...
41:19Voilà.
41:20Et après, le risque, c'est que l'AI soit par rendez-vous en 2026.
41:24Alain ?
41:24Oui, j'entends tout ça.
41:26Je suis d'accord avec ces différents points.
41:29Après, moi, ce que je...
41:31Il y a ce qu'on pense et ce qui peut arriver
41:33avec tous les tels risques qu'on imagine...
41:37Enfin, ça fait...
41:38Depuis 2009, on fait des émissions comme ça.
41:40Donc, on va bientôt fêter nos 20 ans !
41:42Oui !
41:4320 ans à imaginer les risques qu'il peut y avoir.
41:45Oui, c'est ça.
41:46Payer pour imaginer des risques.
41:48Oui, mais...
41:48Ah, ben, c'est déjà...
41:49Et de temps en temps, quand ça arrive...
41:52On est bien content d'y avoir pensé, oui.
41:54Complètement.
41:54Il faut avoir les issues de secours.
41:56Alors, on fait quoi les risques ?
41:57Alors, avant de faire les risques,
41:59moi, je pense qu'il faut regarder
42:00comment sont les investisseurs aujourd'hui.
42:02C'est-à-dire qu'en fait, pour moi,
42:03l'image que j'ai...
42:04Tout à l'heure, quand on parlait de...
42:05Vous savez, on parlait de la géostratégie,
42:07les plaques tectoniques, machin...
42:08Et puis, de temps en temps,
42:08il y a une coulée de lave, quelque part.
42:11Et puis, c'est assez inarrêtable.
42:12Et c'est un peu ça, les marchés.
42:13C'est-à-dire qu'en fait,
42:14si on regarde statistiquement...
42:16Vous savez, moi, je travaille avec Aifor Alpha,
42:18qui est assez régulièrement.
42:20L'ami Jean-Jacques qui vient...
42:23Floréat des Trophées de l'innovation LBPAM,
42:25en novembre 2025.
42:27Exactement.
42:27Et donc, très belle entreprise, d'ailleurs.
42:30Et donc, en fait, c'est riscone.
42:34C'est-à-dire qu'en fait, depuis un moment...
42:36C'est riscone du retail aux institutionnels.
42:39On l'a vu, le dernier sondage Boffin
42:40montre quand même que le niveau de cash
42:42est au plus bas historique
42:43dans les portefeuilles institutionnels
42:44en fin d'année.
42:45Parce qu'en fait, si vous regardez,
42:47la mécanique de dégradation,
42:49elle n'est pas en place.
42:50C'est-à-dire qu'en fait,
42:51vous regardez les commodities,
42:54c'est légèrement riscone.
42:55malgré...
42:56Bon, grâce aux métaux précieux.
42:57Oui, c'est ça.
42:57Bon, voilà, mais quand même...
42:58Le cuivre est au plus haut aujourd'hui.
43:00Oui, oui, c'est ça.
43:00C'est pas les métaux industriels.
43:02C'est les métaux industriels.
43:03C'est ça, c'est riscone.
43:06Matières premières agricoles sont aux fraises,
43:07l'énergie pas terrible.
43:09Donc, voilà, c'est le seul endroit
43:10où c'est pas vraiment génial.
43:12Mais tous les autres, on est...
43:13Alors, on est loin...
43:14Enfin, par rapport aux statistiques,
43:16on est assez loin de l'exubérance.
43:18On est...
43:19Dans nos statistiques,
43:20on est à moins 1.
43:21Pour être vraiment exubérant,
43:22il faut être à moins 1,50 dans les statistiques
43:24qu'on suit chez RISCELIA.
43:26J'ai eu...
43:27Et il faudra le faire.
43:28Il faudra le faire.
43:28Ah oui, c'était il y a 20 ans.
43:29Oui, c'est encore là, n'importe quoi.
43:31Parce qu'on a parlé de Jean-Jacques, etc.
43:32Et donc, et tous les...
43:35Voilà, c'est organisé vraiment riscone.
43:38Il faudrait que ça se dégrade d'abord sur le crédit,
43:40puis après que ça entame...
43:41Vous dites qu'il y a une séquence.
43:43Et la séquence n'est pas en place.
43:44Pour retourner des positions,
43:45il y a une séquence.
43:46Elle n'est pas en place aujourd'hui.
43:47De temps en temps,
43:48il y a du bruit sur les actions.
43:50Alors, de temps en temps,
43:51on passe riscone, riscof sur les actions.
43:53Mais le reste reste imperturbable.
43:56Parce que les institutionnels ont bien vu
43:58ce que ça coûtait de vendre.
43:59C'est-à-dire qu'après, on cavale,
44:01on est content,
44:01on a vendu des taulons US à 4,30.
44:04Et puis, on est là comme un couillon
44:06pour essayer de se rattraper
44:07pendant des semaines et des semaines.
44:08Et de temps en temps,
44:08il y a un petit blip,
44:09on arrive à refaire.
44:10Puis pendant ce temps-là,
44:11on a loupé tout le portage.
44:12Vous voyez, c'est ce genre de choses.
44:13Moi, le high yield,
44:14ça fait une éternité
44:15et que c'est un peu cher.
44:17Un peu cher.
44:18Mais malgré tout,
44:19ça continue d'être positif
44:20parce qu'il y a des flux qui arrivent.
44:21Donc, il y a cette situation-là.
44:23Et aujourd'hui,
44:24on ne voit pas arriver de problème.
44:27Et le dernier problème qui est eu,
44:28c'est en avril l'année dernière
44:29ou mars ou avril,
44:29je ne sais plus quand,
44:29l'Afrique Trump a fait sa libération.
44:30C'est avril, pardon.
44:33Et ça, c'est totalement...
44:35Ça sort de nulle part.
44:37Et puis, ça a duré un mois.
44:39Et puis, c'était balayé
44:39par la coulée de lave
44:41qui remporte tout sur son passage.
44:43Donc, aller s'amuser
44:44à faire le malin,
44:45c'est très risqué.
44:47Par contre,
44:48et là, moi, je pense
44:49que 2026, ça va être ça.
44:50Est-ce qu'il va y avoir
44:51un truc un peu genre
44:52Libération Day,
44:53un truc comme ça ?
44:54Et attention à ce que
44:56ça n'enclenche pas
44:57ce que vous décrivez tout à l'heure.
44:58C'était...
44:59C'est ce que disait Olivier.
45:00Libération Day,
45:00on s'est quand même demandé
45:01si ce n'était pas le début
45:01d'un grand marché baissier.
45:02J'évoquais aussi l'idée
45:03de dire le marché
45:04qui influence la macro.
45:06Et on pourrait avoir ça.
45:07Et donc, ça veut dire quoi
45:08en termes de gestion ?
45:09Moi, je pense que
45:09rester investi
45:10sur son objectif,
45:11je pense que c'est
45:12la moindre des choses.
45:13Par contre,
45:13ne pas s'amuser
45:14à aller coller
45:15dans des trucs illiquides.
45:16Parce que si jamais
45:17ça se referme
45:18pour une raison
45:18ou pour une autre
45:19et que ça dure plus
45:19qu'un mois ou deux,
45:22là, on va péter
45:23nos risques off
45:23qui avaient quand même
45:25bien cramé.
45:26À l'époque,
45:27avril,
45:27on était quand même
45:28montés à trois.
45:28Ce qui est rarement arrivé
45:30dans nos indicateurs.
45:32Oui, c'est allé très vite.
45:33C'est très violent
45:34et très beau.
45:34C'est le caractéristique
45:35du monde actuel.
45:37C'est-à-dire que
45:37le risque décroche.
45:40C'est-à-dire qu'on n'a pas
45:40le risque
45:42qui n'est pas le continu.
45:43Oui, je comprends.
45:44C'est non linéaire.
45:44C'est non linéaire.
45:46Tout est non linéaire.
45:46On restera sur cette idée
45:47de non linéarité
45:48comme perspective
45:49pour les marcheurs 2026.
45:51Merci beaucoup, messieurs,
45:51d'avoir été les invités
45:52de Planète Marché
45:53ce soir dans SmartBourse
45:54sur Bismarck.
46:00Le dernier quart d'heure
46:01de SmartBourse
46:01chaque lundi,
46:02c'est notre quart d'heure
46:03américain consacré
46:04à l'actualité politique,
46:06économique, américaine
46:08et Pierre-Yves Dugas
46:09que nous retrouvons
46:09à distance.
46:10Notre correspondant américain.
46:12Bonsoir et bienvenue
46:13Pierre-Yves.
46:14Tous mes meilleurs voeux
46:15pour cette nouvelle année
46:172026.
46:18Avant d'évoquer 2026
46:19avec vous,
46:20Pierre-Yves,
46:21petit retour en arrière
46:22sur l'année 2025
46:23et j'aime bien
46:23cette histoire
46:24dans les marchés.
46:25Alors, est-ce que c'est
46:26un changement profond
46:27ou est-ce que c'est
46:28une parenthèse ?
46:30En tout cas,
46:31le retail à la main
46:32et quand je dis le retail,
46:33ce sont les investisseurs
46:35particuliers
46:36qui, en 2025,
46:38ont sans doute
46:38mieux navigué
46:39que les grands investisseurs
46:41institutionnels
46:41et autres gestionnaires
46:42d'actifs
46:43dans l'univers des marchés,
46:44Pierre-Yves.
46:46Oui, c'est un phénomène
46:47manifeste en 2025
46:50et qui a toute chance
46:51de continuer en 2026.
46:55Sa manifestation
46:56la plus spectaculaire
46:57s'est produite
46:58au mois d'avril.
46:59on en parlait
46:59à l'instant
47:00avec nos invités.
47:04Le 3 avril,
47:06quand le marché
47:06perd 5%,
47:08les particuliers
47:10sont acheteurs
47:11nets.
47:12Ils ont injecté
47:13ce jour-là
47:133 milliards de dollars
47:15de flux
47:16dans des actions
47:18et ça a duré
47:19tout le mois
47:20et les institutionnels
47:22se sont laissés
47:23dans un premier temps
47:24déborder.
47:25ils ont eu peur
47:26des annonces
47:27faites par Donald Trump
47:28ce jour-là
47:29en matière
47:30de droits de douane,
47:30annonces qui étaient
47:31bien plus inquiétantes
47:32que ce qu'ils avaient
47:34anticipé,
47:35mais les particuliers,
47:36eux,
47:37ont sauté à pieds joints
47:38sur l'occasion
47:39de « buy the dip »
47:40comme on dit
47:41en anglais,
47:42c'est-à-dire
47:42de profiter
47:43de ce creux
47:45pour rafler
47:47des actions
47:47qui étaient
47:47brusquement soldées.
47:49Et les institutionnels
47:50ont été
47:50à la traîne
47:51et ont dû ensuite
47:53prendre plusieurs semaines
47:54avant de rattraper
47:56tout cela.
47:57Les particuliers
47:59représentent
48:00plus de 20%
48:01du volume
48:02de transactions
48:02désormais,
48:03c'est plus
48:04qu'il y a
48:04quelques années
48:05et ils jouent
48:07un rôle moteur.
48:08Vous savez,
48:09traditionnellement,
48:09on dit à Wall Street
48:10avec une certaine
48:11condescendance,
48:12il y a le « smart money »,
48:14c'est les institutionnels
48:15qui disposent
48:16de moyens
48:17et d'informations
48:17considérables,
48:19notamment sur
48:20les flux
48:22de la clientèle
48:24institutionnels,
48:26etc.,
48:27sans parler
48:28de leur puissance
48:29de recherche
48:30et de leur réseau
48:30d'information.
48:32Et puis,
48:32il y a le « dumb money »,
48:33l'argent idiot
48:34qui,
48:36traditionnellement,
48:36en tout cas pendant
48:37des décennies,
48:38a été l'argent
48:39des particuliers
48:40qui ont toujours
48:40raté le creux
48:42de la vague
48:42et sont arrivés
48:43trop tard.
48:44Le contraire
48:45s'est produit
48:45à la sortie
48:46du confinement.
48:47Ce sont,
48:48en 2020,
48:50déjà
48:50les investisseurs
48:52particuliers
48:53qui ont les premiers
48:54compris
48:54que le moment
48:56était venu
48:56d'acheter
48:57et les institutionnels
48:58se sont retrouvés
48:59en retard.
49:01La même chose
49:02s'est produite
49:02cette année
49:03au mois d'avril.
49:03JP Morgan
49:04a fait des calculs
49:05et a observé
49:06qu'une forte proportion
49:08de portefeuille
49:09d'investisseurs individuels
49:11a battu
49:12les indices
49:13cette année
49:14et a battu
49:15des professionnels.
49:17Et c'est intéressant
49:17de voir
49:18que deux phénomènes.
49:19D'abord,
49:20les particuliers
49:21maintenant
49:22sont sur tous
49:23les marchés.
49:24Les cryptos,
49:26les marchés
49:27de matières premières
49:28et par le biais
49:29de fonds cotés
49:30des marchés
49:31qui étaient
49:32jusqu'à présent
49:32réservés aux professionnels
49:34par le private equity.
49:37Deuxième phénomène
49:38intéressant,
49:38ils sont de plus en plus jeunes.
49:40Il y a une statistique
49:41qui m'a fait tomber
49:42de ma chaise
49:42qui, je pense,
49:45vous surprendra,
49:47Grégoire.
49:47Je m'accroche.
49:48On a posé la question
49:50en 2015
49:51à des Américains
49:52entre 22 et 25 ans.
49:55On leur a demandé
49:55avez-vous
49:56dans votre compte chèque
49:57puisé
49:58pour investir
49:59dans des actions ?
50:01En 2015,
50:026% d'entre eux
50:03l'avaient fait.
50:05En 2025,
50:07un tiers
50:07l'a fait.
50:11Ils ont découvert
50:12la bourse
50:12au moment du confinement,
50:13ils s'embêtaient
50:14à la maison
50:15et ils ont
50:15toutes sortes
50:16d'applis
50:16qui sont conçues
50:17pour les jeunes.
50:20Itoro,
50:21Robin Hood,
50:23Jean Passe
50:23et des meilleurs.
50:25Ils sont accros
50:26d'une forme
50:27de boursicotage
50:29qui leur rappelle
50:30le jeu,
50:31le casino
50:31et les paris sportifs.
50:33Ce n'est pas forcément
50:34une bonne nouvelle.
50:36Et ils sont là
50:37pour rester
50:37et ils sont
50:38d'autant plus jeunes
50:39qu'ils n'ont pas connu
50:40comme certains
50:42usagers
50:43suivi mon regard.
50:45Le pic
50:46du Nasdaq
50:47en 2000
50:48et le Nasdaq
50:50qui,
50:50de 2000
50:50à 2022,
50:51a perdu 78%.
50:53Ils étaient trop petits
50:54pour s'en rappeler.
50:56Et on a également
50:57oublié de leur dire
50:58probablement
50:59qu'avant
51:00que le Nasdaq
51:01ne retrouve
51:02son niveau
51:02de 2000,
51:03il a fallu attendre
51:042015.
51:05Nous avons,
51:06avec l'apparition
51:07de cette nouvelle génération
51:09d'investisseurs
51:11accros
51:11d'applis
51:12d'investissement,
51:13un phénomène
51:14qui participe
51:15un peu
51:15à un put
51:16qui vient
51:17prendre
51:18à contre-pied
51:20beaucoup d'institutionnels
51:21qui se croyaient
51:22très forts
51:23et plus intelligents
51:23que les autres.
51:24Très intéressant
51:25comme phénomène
51:26et comme vous le dites,
51:27c'est vrai que
51:28la confiance
51:29est auto-entretenue
51:30pour une génération
51:30qui n'a connu
51:31que des marchés montants
51:33et beaucoup
51:33de ces achats
51:34se font également
51:35avec des effets
51:36de levier
51:36très importants.
51:37On achète
51:38à crédit
51:39des actions
51:39ou des actifs risqués
51:40aujourd'hui
51:41notamment
51:41aux Etats-Unis.
51:44Pierre-Yves,
51:44pendant que la France
51:45opère
51:46en ce début d'année
51:47sans budget,
51:48les Etats-Unis
51:48vont opérer
51:49en 2026
51:50sous l'apanage
51:52de la grande
51:53et belle loi budgétaire
51:56victoire
51:58de Donald Trump,
51:59bien sûr.
52:00Peut-être l'occasion
52:01d'en redire un mot
52:03et de savoir
52:04ou repréciser
52:05ceux qui vont
52:06en profiter
52:07le plus
52:07versus ceux
52:08qui en profiteront
52:09peut-être le moins.
52:11Alors,
52:13c'est une très bonne idée.
52:15Je vais faire
52:16juste un pas
52:16en arrière
52:17pour rappeler
52:18le système
52:19systématique
52:20qui je crois
52:21est maintenant
52:21en vigueur
52:22en France aussi
52:22mais qui est
52:23vraiment traditionnel
52:24et qui joue
52:24un rôle très important
52:25dans les liquidités
52:26des ménages américains
52:27qui est la retenue
52:28systématique
52:29à la source
52:29de l'impôt.
52:32La grande loi
52:34fourre-tout
52:35de Donald Trump
52:36a été votée
52:37en juillet
52:37mais les ajustements
52:39sur le prélèvement
52:40tous les 15 jours
52:41qui est fait
52:42sur le salaire
52:43que perçoivent
52:44les Américains
52:45n'a pas été fait.
52:47En gros,
52:48nous avons
52:48les deux tiers
52:49des contribuables
52:50d'Américains
52:50qui ont trop payé
52:51en 2025
52:53et donc
52:53ils vont récupérer
52:54en 2026
52:56pour les deux tiers
52:58d'entre eux
52:59ce surcoût
53:01fiscal.
53:03C'est beaucoup
53:03d'argent,
53:04c'est 125 milliards
53:06de dollars.
53:07À cela
53:08va s'ajouter
53:09les nouvelles
53:10baisses d'impôts
53:11qui entrent en vigueur
53:12qui frappent
53:13en particulier
53:14les Américains
53:15qui dépendent
53:16de pourboire
53:17et tout cela
53:19va injecter
53:20potentiellement
53:21dans la consommation
53:22ou dans l'investissement
53:23et dans l'épargne
53:24beaucoup de liquidités
53:26supplémentaires
53:27et cela va faire
53:28plaisir aux Américains
53:30qui payent
53:30des impôts.
53:31Alors,
53:32bien entendu,
53:34c'est le problème
53:35classique
53:36de la stimulation
53:38de la consommation
53:39par la baisse
53:40d'impôts
53:40qui n'en profitent
53:41que par définition
53:42ceux qui payent
53:42des impôts
53:43et par définition
53:44ceux qui payent
53:45des impôts
53:45ce sont les gens
53:46qui sont plutôt riches
53:47parce que les pauvres
53:48ne payent pas d'impôts.
53:49Donc,
53:50nous avons un phénomène
53:51qui va être
53:51de manière comptable
53:53extrêmement stimulatif
53:55de la consommation
53:56mais qui va surtout
53:57favoriser les riches
53:58parce que les pauvres
53:59au contraire
54:00vont être victimes
54:01à l'inverse
54:02de limitations
54:04qui ont été introduites
54:06dans cette loi
54:07chère à Donald Trump
54:09en juillet
54:09limitation
54:10ou augmentation
54:11ou réduction
54:12en tout cas
54:13des avantages sociaux
54:14qui leur étaient consentis
54:15notamment
54:16au titre du programme
54:17de l'aide alimentaire
54:18Food Stamps
54:19et suppression
54:21des subventions
54:23accordées aux Américains
54:24qui sont obligés
54:25de souscrire
54:26à une police
54:28d'assurance maladie.
54:29Ce qui veut dire
54:30en net net
54:31qu'en gros
54:3130% des Américains
54:34les plus pauvres
54:35vont perdre
54:36du pouvoir d'achat
54:3730% au milieu
54:39vont à peu près
54:40être en situation neutre
54:41et les 30%
54:42les plus riches
54:42eux vont en bénéficier.
54:44Et les chiffres
54:45sont importants
54:46les estimations
54:46du labo
54:48de recherche
54:49de l'université
54:49de Yale
54:50sont assez édifiantes.
54:53Pour les 10%
54:54les plus pauvres
54:54c'est une perte nette
54:56sur 12 mois
54:57de 2200 dollars
54:58à peu près.
54:59Pour les 10%
55:01les plus riches
55:01c'est un gain net
55:03de 9700 dollars.
55:05Donc nous avons
55:06on le sait
55:07depuis déjà maintenant
55:08plusieurs trimestres
55:09en gros
55:10les 10% américains
55:11les plus riches
55:12qui représentent
55:1350% de la consommation
55:14ce phénomène
55:15risque
55:16de s'aggraver
55:18et l'écart
55:19entre les plus riches
55:19et les plus pauvres
55:20en termes de capacité
55:21à consommer
55:22va encore
55:23se creuser
55:25d'où effectivement
55:27ce risque
55:28de voir une économie
55:29américaine
55:30qui continue
55:30de croître
55:31mais qui est dépendante
55:32de la bonne humeur
55:33des riches
55:33qui en cas
55:35de coup de grisou
55:36sur les marchés
55:37boursiers
55:37pourrait avoir
55:38un effet richesse
55:39qui joue à la baisse.
55:40Merci beaucoup Pierre-Yves
55:41merci pour ce décryptage
55:43hebdomadaire
55:44des enjeux américains
55:45dans ce quart d'heure
55:46américain
55:46Pierre-Yves Dugas
55:47notre correspondant
55:48américain
55:49avec nous
55:50chaque lundi
55:50dans Smart Bourse
55:51sur Bsmart
55:52en direct
55:53à 17h45
55:54si vous nous suivez
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