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  • il y a 7 mois
Lundi 27 octobre 2025, retrouvez Edwige Rey (Associée, Forvis Mazars en France), Valérie Besson (Associée, KPMG), Arnaud Gossement (avocat en droit de l'environnement) et Freddy Halet (fondateur, SENS) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00Bonjour, bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Et voici notre sommaire, c'est Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l'environnement,
00:17qui sera l'invité du grand entretien des contentieux lourds et médiatiques,
00:22comme l'autoroute A69 ou encore la condamnation récente de Total Energy,
00:26un droit de l'environnement qui s'étoffe des entreprises qui hésitent à communiquer,
00:31de peur d'être accusés de greenwashing, beaucoup de thèmes à aborder tout à l'heure.
00:35Mais auparavant, je reçois Edwige Rey, responsable RSE et développement durable du cabinet Forvis Mazars,
00:40qui publie son 15e baromètre RSE, 154 entreprises européennes y ont participé.
00:46Dans notre Zoom, on va décortiquer le rapport sur le système énergétique mondial réalisé par KPMG.
00:51La demande et les émissions de CO2 continuent d'augmenter, le boom des énergies renouvelables est réel mais insuffisant.
00:58Et puis dans notre rubrique consacrée aux startups responsables, vous découvrirez Sens,
01:03une appli 100% accessible aux personnes déficientes, visuelles ou auditives.
01:08Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact, tout de suite.
01:10L'invité de ce Smart Impact, c'est Edwige Rey, bonjour, bienvenue.
01:21Bonjour.
01:22Vous êtes associé, responsable RSE, développement durable du cabinet Forvis Mazars,
01:26leader international de l'audit, la fiscalité du conseil.
01:30On va parler de votre baromètre annuel, c'est la 15e édition déjà.
01:33Mais d'abord, peut-être quelques mots de la RSE, ce que ça représente pour un cabinet comme le vôtre.
01:38Alors pour nous, c'est assez important puisque en tant que cabinet, on a différents enjeux.
01:43Et le premier enjeu qu'on va avoir, c'est le capital humain.
01:46On a un métier de service, donc forcément, les collaborateurs, c'est ce qu'il y a de plus important pour nous,
01:50c'est d'avoir les bons collaborateurs avec les bonnes compétences.
01:53Donc soit il faut attirer les bonnes compétences et les bonnes expertises.
01:56Et nous, c'est vrai qu'on les fait grandir nos collaborateurs puisqu'on les prend tout jeunes
01:59et on les forme pour pouvoir qu'ils puissent nous accompagner sur la durée.
02:02Donc c'est un des piliers les plus importants de notre trajectoire et stratégie RSE.
02:06Le deuxième sujet, c'est tout ce qui est éthique et compliance,
02:09parce que la valeur d'un commissaire au compte, c'est quand même sa signature.
02:13Et donc il faut quand même qu'on garantisse toute l'indépendance associée à cette signature.
02:17Donc ça, c'est un des gros piliers.
02:18Et le dernier, on a quand même le sujet climat.
02:20Alors c'est vrai que dans le service, ce n'est pas le plus important.
02:22On n'est pas un industriel, mais pour autant...
02:24Vous n'avez pas des émissions directes très importantes.
02:26Exactement, mais on a des enjeux parce qu'on a des déplacements collaborateurs.
02:29Forcément, pour aller dans les entreprises, on utilise aussi du numérique.
02:33Et donc on a tout l'impact du scope 3, de la chaîne de valeur.
02:36Donc nous aussi, on doit travailler sur les sujets et on prend aussi pas mal d'engagements,
02:39comme les entreprises du baromètre, parce qu'on doit être exemplaires,
02:42comme les entreprises qu'on audite ou qu'on conseille.
02:45Est-ce qu'ils vous demandent, tiens, mais qu'est-ce que vous faites, vous, ces services ?
02:47Comme la plupart des fournisseurs, entre guillemets, ou prestataires,
02:51dans tous les appels d'offres, on nous demande notre stratégie RSE
02:54et on est noté, et c'est une partie de la note, pour obtenir potentiellement le marché.
02:59D'ailleurs, cette stratégie RSE, elle est placée sous la direction générale.
03:04C'est une stratégie, je n'arrive pas à poser ma question, mais vous l'avez comprise.
03:08C'est-à-dire que c'est vraiment intégré à la stratégie du cabinet ?
03:10Oui, aujourd'hui, c'est vraiment porté par notre directeur général qui la déploie,
03:14alors forcément avec les équipes, mais on veut que ça soit au plus haut du cabinet,
03:17parce qu'on a conscience, et on l'a vu chez nos clients pendant un certain nombre d'années,
03:21que le ton of the top est extrêmement important.
03:23Donc c'est lui qui donne le là, et après, à nous de déployer et de mettre en œuvre.
03:27Dans le baromètre, il y a les questions environnementales,
03:29puis il y a les questions sociétales, notamment les écarts de rémunération femmes-hommes.
03:33Est-ce que, tiens, ça c'est une question qui est abordée dans le cabinet ?
03:38Oui.
03:39Quel indice vous avez ?
03:40Alors, on n'a pas encore publié un rapport.
03:42Vous n'avez pas encore publié un rapport ?
03:43Non, mais on sait quelque chose sur lequel on est très attentif,
03:46à la fois dans les recrutements pour avoir un équilibre homme-femme le plus important.
03:50Et je pense, sans trop m'avancer, qu'on est plutôt bien équilibré,
03:54puisqu'on a vraiment des grilles qui ne font pas de distinction.
03:56Et comme pour toutes les entreprises, on tient compte,
03:58tes départs en congé maternité, etc.,
04:00et pouvoir permettre un rattrapage aux femmes.
04:03Parce que nous, notre enjeu, c'est d'avoir plus de femmes associées.
04:06Parce qu'aujourd'hui, on n'est pas encore à l'équilibre
04:07au niveau du top management et de l'association.
04:11Et donc, c'est de pousser nos collaboratrices à rester chez nous,
04:14à se projeter.
04:16Et donc, ça passe aussi par pas d'écart salarial.
04:19Merci beaucoup, déjà, pour ces questions sur le cabinet lui-même,
04:22sur Forvis Mazart, qui publie donc,
04:24c'était au mois de septembre, la 15e édition de ce baromètre RSE.
04:27Publication de 154 entreprises françaises et européennes,
04:32notamment des entreprises issues du CAC 40, du SBF 120.
04:36Déjà, est-ce qu'il y a une leçon principale
04:37que vous pouvez tirer de ce 15e baromètre ?
04:39Alors, la leçon, quand on a commencé à regarder les rapports,
04:43on avait un peu peur.
04:44Parce que l'année dernière, franchement,
04:45les entreprises n'étaient pas prêtes.
04:46Puis, on sentait qu'elles y allaient quand même à reculons.
04:48Et finalement, c'est quand même une réussite.
04:51Les rapports sont bien faits, répondent aux attendus.
04:54Là, vous parlez du respect de la directive CSRD.
04:58Exactement.
04:59Le rapport sur le bilan extra-financier.
05:01Exactement.
05:01L'exercice, déjà, lui-même, était quand même un peu périlleux
05:03parce qu'on est quand même passé de quelque chose d'assez volontaire
05:06où les entreprises pouvaient choisir ce qu'elles publiaient
05:08à un cadre normatif qui s'inspirait beaucoup du cadre financier
05:11qui est un cadre quand même assez rigide.
05:14Et le passage n'était pas simple.
05:15Et franchement, les entreprises, je pense,
05:16se sont interrogées longtemps si elles arrivaient à faire ce passage-là.
05:19Et elles l'ont fait.
05:20Et finalement, elles ont répondu à beaucoup de sujets.
05:22Alors, ce n'est pas parfait.
05:23Bien entendu, il y a des sujets où elles ont dit
05:25« ça, on n'a pas l'info.
05:26Là, on n'a pas de politique.
05:27Là, on n'a pas d'objectif. »
05:28Mais l'exercice a été bien fait.
05:29Et finalement, la marche était haute.
05:31Mais elles l'ont passé.
05:32Avec 33% des entreprises qui ont publié un plan de transition
05:35conforme aux exigences de la CSRD.
05:37Une entreprise sur quatre qui publie un plan aligné
05:39sur l'accord de Paris.
05:44Donc, vous étiez plutôt positivement surprise,
05:49on va dire ça comme ça,
05:50de la participation, de l'intégration.
05:53Et pourtant, on en a reçu beaucoup ici.
05:55Il y a eu un flou de critiques sur la complexité,
05:58les 800 pages.
05:59Et puis finalement, un Parlement européen
06:02qui est en train de revenir en arrière sur cette CSRD.
06:05Elles ont fait le travail, en fait.
06:06Elles auraient pu ne pas le faire
06:07puisque c'est un objectif de transparence.
06:08Donc, à l'arrivée, c'est vrai que ça a été, je pense,
06:10assez douloureux pour les entreprises.
06:12Je pense qu'on va le dire.
06:13L'exercice n'a pas été simple.
06:14Mais l'exercice a été bien fait.
06:15Aujourd'hui, il n'y a pas à rougir des rapports
06:17qui ont été publiés.
06:19Après, là où je vais rejoindre les entreprises,
06:21c'est que c'est quand même un document
06:22qui est extrêmement long,
06:24avec beaucoup d'informations
06:25et je dirais même presque trop d'informations.
06:27Et pour autant, moi, il y a des sujets
06:29où vous parliez du plan de transition.
06:30C'est quand même la première fois.
06:32Moi, j'ai 15 ans que je fais le baromètre
06:33que j'ai une donnée que je peux analyser
06:35sur les trajectoires des entreprises
06:37et comment elles le mettent en œuvre.
06:38Avant, c'était impossible dans les autres publications.
06:40Là, sur cette partie climat,
06:43je pense que la CSRD a atteint son objectif.
06:45On sait pourquoi, aujourd'hui,
06:47on n'est pas parti sur une bonne trajectoire
06:49pour atteindre les 1,5 degrés
06:51avec l'accord de Paris.
06:52Parce qu'en fait, les entreprises,
06:54malgré tous leurs efforts,
06:55elles n'y sont pas.
06:57Et c'est un constat, c'est comme ça.
06:58Ce n'est pas grave en soi.
06:59Et ça, on n'aurait pas pu le faire
07:00sans la CSRD, cette analyse-là.
07:02Donc, moi, je trouve que ce texte,
07:04il a des avantages.
07:05Il permet de savoir où on en est
07:06sur certains sujets,
07:07mais il y a trop d'informations qualitatives.
07:09On délaie, il y a des répétitions.
07:11Il faut vraiment réduire une partie du texte,
07:13finalement, pour aller à l'essentiel.
07:15Oui, au final, il y a une simplification,
07:18mais il y a surtout un décalage,
07:20voire une perte d'ambition
07:22sur la taille des entreprises
07:25qui vont y être soumises.
07:27Un certain, ce n'est pas encore.
07:27Ce n'est pas totalement sûr.
07:29C'est bien parti.
07:30C'est parti pour.
07:30Effectivement, il y a encore quelques étapes
07:32dans le processus européen.
07:35Mais est-ce que vous craignez
07:36que les entreprises qui se sont engagées là
07:38fassent marche arrière ?
07:40Ou alors, au contraire, vous dites
07:40« Non, elles ont fait l'effort une fois,
07:42maintenant, elles vont y aller. »
07:44C'est ce qu'elles nous disent, en fait.
07:45C'est lancé.
07:45Le plus dur, c'est le premier rapport.
07:48Donc là, en tout cas,
07:49les entreprises de la wagune,
07:50donc les entreprises cotées,
07:51elles ont fait l'exercice
07:52et donc elles vont continuer.
07:54Même certaines nous disent
07:54« Même s'il y a un changement de SRS
07:56qui sont les normes,
07:57les standards utilisés,
07:58non, ne changera pas grand-chose
07:59dans notre texte. »
08:00Donc, le plus dur, c'est la première année,
08:02on va dire sur le sujet.
08:03Là, elles vont continuer.
08:04Et après, c'est vrai que sur le fait
08:05qu'il y a un décalage de deux ans,
08:10comment des entreprises non cotées
08:12qui n'ont pas non plus les mêmes équipes
08:13que les directions RSE,
08:15le nombre de personnes
08:16à travailler sur ce sujet-là,
08:18c'est normal qu'elles aient
08:18un peu plus de temps
08:19et ça leur permet de se préparer.
08:20Et nous, on voit qu'elles se préparent
08:21pour être au bon niveau dans deux ans
08:23parce qu'elles voient
08:24que les entreprises cotées,
08:25qui sont parfois leur homologue
08:26en termes de taille également,
08:28elles, elles sont à un bon niveau.
08:29Donc, c'est bienvenu.
08:31Et pour les seuils,
08:32moi, je trouve que l'important,
08:33c'est qu'il y ait une publication.
08:34Parce que ce qu'on commence
08:35à voir aujourd'hui,
08:36notamment sur les aspects
08:36de bilan carbone et transition,
08:38c'est que ça ruisselle.
08:40Je dois être alignée
08:41à l'accord de Paris,
08:42je me suis engagée.
08:43En général, la partie Scope 3
08:44fournisseur à mon aval
08:45est très importante
08:46dans un bilan carbone.
08:47Donc, je demande à mes fournisseurs
08:49de faire des actions
08:49et de eux-mêmes
08:50d'être alignés, etc.
08:51Donc, on voit déjà
08:52ces actions-là aujourd'hui.
08:54Donc, l'important,
08:54c'est qu'il y en a qui publient,
08:55qui aient des objectifs.
08:56Et ensuite, ça va décliner
08:58et c'est ça qu'on cherche.
08:59À quel point c'est aussi
09:00un outil de comparaison
09:02des entreprises entre elles ?
09:04Est-ce que c'est trop tôt
09:05pour que ça en soit vraiment un ?
09:06C'en est un sur certains sujets.
09:08Le climat, c'en est un.
09:09On peut comparer aujourd'hui
09:10puisque les méthodes
09:11sont quand même assez homogènes.
09:13Il y en a d'autres, pas encore.
09:15Là, pour le coup,
09:15l'objectif n'est pas tout à fait atteint.
09:17Par exemple ?
09:17Sur les données sociales.
09:18On parlait de gender pay gap,
09:20le ratio d'équité notamment.
09:23Là, on a vu quand même
09:24qu'on avait beaucoup de méthodologies.
09:26Alors, le diable se cache dans les détails.
09:28Sur le papier, ça ressemble.
09:29Mais dans la réalité,
09:30il y a des écarts.
09:31Et moi, j'aurais du mal à comparer
09:32les ratios d'une entreprise à l'autre
09:34de manière fine
09:35parce qu'on sait que ce n'est pas
09:36les mêmes définitions.
09:37Donc, il y a quand même des sujets.
09:39On voit qu'il y a des nuances.
09:40Mais il y a quand même des points.
09:41Et tous les sujets environnementaux
09:43en font partie.
09:43Je trouve qu'on arrive quand même
09:45à comparer aux chiffres près.
09:47De toute façon, le bilan carbone,
09:48on sait qu'on n'est pas aux chiffres près.
09:49Mais on arrive quand même
09:50à comparer les entreprises.
09:51On va terminer dans un instant
09:54sur justement les questions
09:55sociales, sociétales.
09:57Mais est-ce que vous avez le sentiment,
09:58vous nous dites,
09:59ça fait 15 ans que vous suivez ça,
10:00que les efforts, je mets des guillemets,
10:03les plus faciles ont été faits
10:04par les entreprises.
10:05Et que là, on rentre dans une dimension
10:07qui est beaucoup plus compliquée.
10:08Et que peut-être,
10:08elles vont avoir du mal
10:09à s'engager sur des résultats
10:11pour la fin de la décennie,
10:13par exemple.
10:14Alors, elles s'engagent
10:15sur 2035.
10:16Elles s'engagent
10:16dans des résultats sur 2030.
10:18En tout cas, c'est l'obligation.
10:18Oui, c'est ça.
10:192030, c'est fait.
10:19Donc, qu'est-ce qu'on engage ?
10:20Mais après ?
10:21Alors, après, c'est plus compliqué.
10:23On attend aussi
10:23ce que l'Europe se positionne.
10:24Puisque nos objectifs de 2030
10:26sont aussi très liés
10:27aux ambitions
10:27de la Commission européenne.
10:29L'Europe est en train
10:29de se positionner.
10:30On va voir sur cours en atterri.
10:32Mais globalement,
10:33il y a quand même
10:33des ambitions à 2045-2050.
10:35Ce qu'on n'a pas,
10:36c'est comment on y passe.
10:38C'est-à-dire que 2030,
10:39on connaît l'ambition,
10:40on connaît les leviers.
10:41En tout cas,
10:41les entreprises les publient
10:42et comment elles les financent.
10:43Dans la plupart des cas,
10:452045-2050,
10:46on ne le sait pas.
10:46Mais l'ambition,
10:47elle est quand même là.
10:48Puis, il y a quand même
10:48toute une partie innovation.
10:49Je pense qu'on ne maîtrise pas
10:50aujourd'hui, après 2030,
10:52que les entreprises
10:53vont avoir du mal
10:54à publier des éléments concrets.
10:55Moi, je crois que c'est quand même
10:56lancé sur ces sujets-là.
10:58En tout cas,
10:59pour les entreprises,
11:00on dit vague une,
11:01grosse société cotée.
11:02Pour les plus petites,
11:03je pense que c'est plus compliqué.
11:04Sur l'écart de rémunération
11:06femmes-hommes,
11:07il y a ce chiffre
11:09que vous donnez,
11:09l'écart moyen de rémunération
11:10entre les femmes et les hommes,
11:11il est de 15%.
11:13Est-ce que,
11:13alors, vous nous disiez,
11:14en même temps,
11:15c'est compliqué,
11:16on donne ce chiffre,
11:17mais il n'est pas 100% fiable,
11:20c'est ça ?
11:20Parce que les méthodes
11:22ne sont pas forcément les mêmes.
11:23Ce n'est pas une question
11:24de fiabilité,
11:24puisque ça a été audité
11:26et c'est fiable.
11:27En soi,
11:27le chiffre qui est présenté,
11:28c'est le chiffre
11:28qui a été calculé
11:29selon la méthode
11:29que l'entreprise a définie
11:30avec la bonne donnée initiale.
11:33Par contre,
11:33il y a des nuances
11:34dans la manière de calculer.
11:35Est-ce que je prends
11:35hommes et femmes
11:36sans me faire des niveaux
11:39en fonction du type de poste,
11:41cadre, etc.
11:42Il y en a qui ont décomposé
11:43et qui ensuite ont fait
11:44un calcul moyen
11:45sur la décomposition.
11:46Ça ne donne pas le même chiffre
11:47que si on prend
11:48hommes, femmes
11:48et qu'on fait une moyenne
11:49sur le sujet.
11:50C'est pour ça que ce chiffre,
11:52il n'est pas faux
11:53parce que 15%
11:53quand on fait une moyenne,
11:54c'est l'ordre de grandeur
11:55qu'on a en tête.
11:56Mais après,
11:56si on veut comparer
11:57deux entreprises
11:58dans un même secteur,
11:59moi, j'aurais tendance à dire
12:00regardez les petites lignes
12:01qu'il y a marquées
12:01qui expliquent la méthodologie
12:03parce que finalement,
12:03on peut avoir 2-3%
12:05qui sont dus
12:06à la méthodologie utilisée.
12:08Dernier mot
12:09sur le ratio d'équité.
12:11Donc là,
12:12ça mesure l'écart
12:12entre la rémunération
12:13la plus élevée
12:14et la rémunération médiane.
12:16Alors là,
12:16c'est très hétérogène.
12:18Comment vous l'expliquez là aussi ?
12:19Parce qu'on a des périmètres différents.
12:20Il y en a qui ne l'ont calculé
12:21que sur la France.
12:22Il y en a qui ne l'ont calculé
12:23que sur certaines entreprises.
12:25Il y en a qui ont fait des calculs aussi
12:26en tenant compte
12:27des postes
12:29dans les entreprises.
12:30Et donc,
12:31à l'arrivée,
12:31on n'obtient pas du tout
12:32le même résultat.
12:33Et on a des écarts-types
12:33qui sont quand même énormes.
12:35Après,
12:35on sait qu'il y a des entreprises
12:36qui sont plus exposées
12:37où il y a des gros écarts
12:38de rémunération.
12:40Mais moi,
12:40c'est vrai,
12:40quand je prends ce chiffre-là,
12:41je ne suis pas capable
12:42de dire
12:43est-ce que c'est la bonne donnée
12:44et est-ce que finalement,
12:45à l'arrivée,
12:45c'est la méthodologie qui biaise
12:47parce que les entreprises
12:48ont pris des périmètres différents.
12:50moi,
12:50je considère que celle-là,
12:50elle n'est pas encore assez mature
12:51et que ça serait bien
12:52que la Commission européenne
12:53rajoute des éléments d'explication
12:55sur comment on calcule,
12:56quelle est la méthode
12:57pour qu'on puisse vraiment comparer.
12:58Donc,
12:58le message à la Commission européenne,
12:59c'est simplifier
13:00sur un certain nombre d'éléments
13:02mais de soigner
13:03un peu plus exigeant
13:04sur d'autres.
13:04plus précis,
13:05en tout cas,
13:05sur l'attendu
13:06et comment on calcule l'information
13:07parce que c'est vrai
13:08que nous,
13:08on est auditeur,
13:09on regarde cette info.
13:10On prend la définition
13:11de la Commission
13:12mais c'est vrai
13:12qu'il y a plein de moyens
13:13de calculer sur cette partie-là
13:15et ce n'est pas faux.
13:16C'est juste qu'on n'en fait
13:17pas grand-chose aujourd'hui
13:17de cet indicateur.
13:19Merci beaucoup Edwige Rey
13:20et à bientôt
13:21sur Bsmart for Change.
13:22On passe à notre Zoom.
13:23La demande mondiale
13:25en énergie
13:25qui continue d'augmenter.
13:34Le Zoom de ce Smart Impact
13:35consacré à la demande mondiale
13:37en énergie.
13:39J'accueille Valérie Besson.
13:39Bonjour.
13:40Bonjour.
13:40Heureux de vous retrouver
13:41sur ce plateau.
13:42Vous êtes associé
13:42chez KPMG.
13:43Vous publiez
13:44la 74e édition
13:46du rapport statistique mondial
13:48sur la demande en énergie.
13:51Alors,
13:51il y a une première leçon
13:52qu'on peut tirer
13:52pour la première fois
13:53depuis 2006.
13:55Toutes les principales
13:56sources énergiques,
13:57que ce soit
13:57les renouvelables
13:58ou les énergies fossiles,
14:00ont atteint
14:00des niveaux
14:01de consommation record.
14:03Comment vous l'expliquez, ça ?
14:04Alors,
14:05ce niveau de consommation record,
14:07effectivement,
14:07que vous soulignez
14:08sur toutes les énergies fossiles,
14:10bas carbone,
14:12il est principalement tiré
14:13par les économies
14:15en Asie,
14:17et notamment
14:18la Chine
14:20et l'Inde,
14:21où là,
14:21on voit
14:22des augmentations
14:24record
14:24de consommation
14:25d'énergie.
14:26Il y a un lien direct
14:28entre cette consommation
14:29d'énergie
14:30et la montée
14:32en puissance économique,
14:33c'est une lapalissade
14:34d'un pays,
14:35d'un groupe de pays,
14:36d'une région du monde ?
14:37Vous êtes exactement
14:38spot-on.
14:40C'est effectivement
14:41le...
14:43On rebat les cartes
14:43au niveau
14:44géopolitique,
14:46économique,
14:46et on voit
14:47le transfert,
14:48le basculement
14:48vers l'Est
14:49de ce rebasculement
14:53avec la consommation
14:54d'énergie.
14:56Le système énergétique
14:57mondial,
14:58il reste dominé
14:58par le trio
14:59pétrole,
15:00gaz,
15:00charbon,
15:00à quel point ?
15:01C'est 86%
15:03aujourd'hui
15:03de la consommation
15:05mondiale.
15:0786% ?
15:08Ça veut dire quoi ?
15:09Ça veut dire
15:09que la bascule,
15:10elle est lente,
15:11elle est amorcée,
15:12elle va être difficile
15:13à faire ?
15:14Alors,
15:15la bascule,
15:15elle est effectivement
15:16amorcée,
15:18et on voit d'ailleurs
15:19que le gaz
15:20prend plus de place
15:22dans cette consommation.
15:23Aujourd'hui,
15:24c'est 25%
15:25de la consommation
15:25primaire
15:26en tant qu'énergie
15:27plus de transition
15:29et de complémentarité
15:31avec le basculement
15:33vers les énergies
15:35renouvelables.
15:37D'accord,
15:37avec une expression,
15:40enfin,
15:41je vais le dire
15:41en anglais
15:42puis ensuite
15:42on va essayer
15:42de le traduire,
15:43« disorderly energy transition »,
15:45une transition énergétique
15:47désordonnée,
15:48c'est ça ?
15:48Alors,
15:48qu'est-ce que vous entendez
15:49par là ?
15:50Oui,
15:50effectivement,
15:51on voit qu'en fonction
15:52des zones géographiques,
15:54on a des basculements
15:56qui sont divergents,
15:57on voit le poids
15:58de la Chine
15:59qui aujourd'hui
16:01représente 57%
16:03des capacités additionnelles
16:05sur les énergies
16:07renouvelables,
16:08c'est remarquable.
16:09On y reviendra là-dessus.
16:10Voilà.
16:11Et puis,
16:12effectivement,
16:14des pays
16:14qui ont essayé
16:16de,
16:18comment dirais-je,
16:18d'accélérer
16:19le renouvelable,
16:21on a les US aussi
16:22avec l'Inflation Reduction Act,
16:24on verra
16:24ce que ça donne
16:25maintenant
16:25que Trump
16:26est revenu
16:27en arrière
16:28sur le sujet.
16:31C'est trop tôt
16:32pour savoir
16:32ce que la politique,
16:34le drill,
16:34le baby drill
16:35de Donald Trump
16:36peut avoir
16:37comme conséquence
16:38sur le continent Amérique,
16:40sur les Etats-Unis.
16:40C'est un peu trop tôt.
16:42Malgré tout,
16:42quand même,
16:43on voit que
16:44ce soit sur les US
16:45ou l'Europe,
16:46on est en croissance
16:47un peu moins rapide
16:49sur le développement
16:50des énergies renouvelables
16:51parce qu'il y a
16:52des bottlenecks.
16:53Il y a des bottlenecks
16:53sur les infras,
16:55pour les raccordements
16:56notamment.
16:57Et puis,
16:58il y a une forte demande,
17:00donc une tension
17:01sur la chaîne de valeur,
17:03sur la supply chain
17:04et puis des coûts
17:06qui augmentent
17:07compte tenu
17:08de cette demande
17:09accrue
17:10et qui font
17:11qu'aujourd'hui
17:12on n'est pas
17:13au niveau attendu
17:14sur les énergies
17:16renouvelables.
17:17Alors,
17:17on va ouvrir
17:18un chapitre consacré
17:19à l'électrification,
17:20l'électricité
17:20qui connaît
17:21une croissance
17:22plus rapide
17:23que la demande énergétique
17:24globale.
17:25Alors,
17:26vous parliez
17:26d'infra,
17:26d'infrastructures,
17:27qu'est-ce que ça signifie
17:28concrètement
17:29justement
17:29pour les infrastructures ?
17:32Elles sont en train
17:33de s'adapter ?
17:33Elles doivent s'adapter ?
17:34Effectivement,
17:35elles sont en train
17:36de s'adapter
17:36mais c'est une demande
17:38d'investissement colossale
17:40donc avec des besoins
17:42de financement
17:43significatifs.
17:46Voilà,
17:47donc adapter
17:47ces infras
17:48sur le raccordement
17:51des énergies
17:52ou des énergies éoliennes,
17:53des énergies solaires,
17:55le stockage aussi,
17:56le besoin de stockage
17:57puisqu'on est sur
17:58des énergies intermittentes
18:00d'où
18:01plutôt
18:03ce que je vous mentionnais
18:04sur aussi
18:04la complémentarité
18:05avec le gaz.
18:07Avec dans ce rapport
18:08une augmentation
18:09notée
18:10des émissions
18:11de CO2
18:12malgré le développement
18:13des énergies renouvelables
18:14parce qu'il y a un vrai
18:15développement
18:15des énergies renouvelables
18:16donc comment
18:17on explique
18:18ce qui peut sembler
18:19un paradoxe ?
18:20Alors,
18:21parce qu'elles n'évoluent pas
18:22suffisamment vite,
18:23elles ne permettent pas
18:25de compenser
18:27cette croissance
18:28de consommation
18:29d'énergie.
18:31C'est principalement
18:32le sujet.
18:33Aujourd'hui,
18:34on voit que
18:34ces consommations
18:35d'énergie renouvelable,
18:37cette production
18:38d'énergie renouvelable
18:39s'additionnent
18:39finalement
18:40au reste
18:41des énergies fossiles.
18:44Donc,
18:44on est sur une addition
18:46plutôt qu'une réduction
18:48de consommation.
18:50Avec une vraie progression.
18:52Si on prend les chiffres
18:52du début des années 90,
18:54les renouvelables
18:56ne représentaient
18:56que 3%
18:57du mix énergétique mondial.
19:00Aujourd'hui,
19:00on est à peu près
19:00à combien ?
19:02Aujourd'hui,
19:03on est à peu près
19:05à 8%.
19:05Oui,
19:05c'est ça,
19:06on est autour
19:06de 8%.
19:08Donc,
19:08c'est un développement
19:10qui est quand même
19:10spectaculaire.
19:11C'est d'abord l'éolien,
19:12c'est d'abord le solaire,
19:13c'est un peu tout.
19:14On compte là-dedans
19:15à la fois l'éolien,
19:17le solaire,
19:18mais il ne faut pas oublier
19:18non plus l'hydroélectrique
19:20qui est une part significative,
19:22notamment en France,
19:23mais on le voit aussi
19:24en Chine
19:25où ils développent
19:26énormément
19:27l'hydroélectrique.
19:29Avec pas mal
19:30d'inégalités
19:31selon les régions du monde,
19:32quels sont les facteurs
19:34qui limitent finalement
19:35la diffusion
19:35des énergies renouvelables ?
19:38Notamment,
19:39on va parler
19:39de la Chine après,
19:40mais notamment
19:40dans des pays
19:42qui sont en cours
19:43de développement,
19:43qu'est-ce qui empêche
19:45ces pays-là
19:45à basculer
19:46un peu plus rapidement
19:47vers des énergies renouvelables ?
19:49Est-ce qu'il y a,
19:50quand on est en croissance,
19:52comment je peux dire ça,
19:53une plus grande facilité
19:55à aller vers le fossile
19:57que vers les énergies renouvelables ?
19:59Il est certain
20:00que les énergies fossiles,
20:03c'est directement disponible.
20:05Il y a une question
20:06de coût aussi.
20:08On voit bien que
20:09dans la recherche
20:12de souveraineté énergétique
20:14avec les tensions géopolitiques,
20:17on voit bien
20:18qu'on a vu
20:20la progression du charbon.
20:22Parce que le charbon
20:23est disponible,
20:23parce que le charbon
20:24n'est pas cher.
20:25Donc dans ces pays
20:27qui cherchent
20:28à se développer,
20:30le coût est important
20:32pour être compétitif
20:34d'un point de vue économique,
20:35mais aussi
20:36pour les populations.
20:38Et les infrastructures
20:39existent déjà.
20:39Les circuits de distribution
20:41du fossile existent déjà.
20:42Exactement.
20:43On est sur des énergies
20:46complètement matures.
20:47Alors que le renouvelable,
20:49comme je l'ai dit tout à l'heure,
20:50il faut développer
20:51les infreints.
20:53Et alors,
20:54si on reste sur
20:54la transition énergétique
20:57et donc les énergies renouvelables,
20:59il faut quand même
20:59passer du temps
21:00pour parler de la Chine.
21:01Vous nous avez donné
21:02un chiffre tout à l'heure.
21:03À quel point la Chine
21:04accélère
21:05et devient
21:06une sorte de champion
21:07mondial des énergies renouvelables ?
21:09Il devient champion
21:10toutes énergies confondues.
21:13Champion des énergies renouvelables,
21:15ce que j'ai dit tout à l'heure,
21:1657% des capacités additionnelles
21:19sur le renouvelable.
21:20Donc ça veut dire quoi ?
21:21Aujourd'hui,
21:23c'est le plus gros générateur
21:25d'énergie renouvelable au monde.
21:27D'accord.
21:28la Chine.
21:29La Chine.
21:30L'Europe investit deux fois moins.
21:33C'est la deuxième année consécutive
21:34que la Chine investit plus
21:38que le reste du monde
21:39sur les énergies renouvelables.
21:41Que tout le reste du monde.
21:42On prend la Chine d'un côté,
21:43les investissements,
21:44on prend le reste de la planète,
21:46c'est moins en termes d'investissement.
21:47pour la deuxième année consécutive.
21:50Donc c'est une stratégie énergétique
21:53remarquable.
21:54On voit qu'il ne néglige aucune énergie
21:58basée sur la souveraineté énergétique,
22:03basée sur la résilience
22:04et basée sur ce que j'ai dit tout à l'heure,
22:07donc les coûts,
22:08la nécessité d'avoir une énergie
22:11accessible à la fois pour les populations
22:14et pour la compétitivité économique du pays.
22:18Est-ce que ça veut dire que la Chine
22:20produit quand même plus d'énergie
22:22grâce aux renouvelables
22:23que grâce aux fossiles aujourd'hui
22:25ou alors ça reste quand même un pays
22:26qui consomme plus de fossiles ?
22:28On consomme toujours plus de fossiles.
22:30Beaucoup plus de fossiles,
22:31malgré les investissements très lourds.
22:32Aujourd'hui, si vous regardez
22:33la production électrique de la Chine,
22:3658% ce sont les centrales à charbon
22:40qui fournissent l'électricité de la Chine.
22:42Mais bon, elle est quand même en train,
22:44c'est un pays qui est quand même
22:45en train de basculer beaucoup plus vite
22:47que le reste du monde,
22:48on l'a bien compris,
22:49avec, vous avez commencé à l'évoquer,
22:51la question des conséquences géopolitiques
22:53sur la consommation d'énergie
22:56et peut-être sur les énergies fossiles,
22:58notamment le pétrole.
22:59On a appris il y a quelques jours
23:00que Donald Trump, par exemple,
23:02avait décidé de sanctions
23:03contre deux des principaux groupes pétroliers russes.
23:06à quel point ça impacte,
23:09là, on parlait tout à l'heure
23:13de transition énergétique désordonnée,
23:15à quel point ça impacte le marché,
23:17d'une manière générale,
23:18des énergies fossiles, ces sanctions ?
23:19Alors, ces sanctions font suite
23:22aussi aux différentes sanctions
23:23qu'on a pu avoir par le passé,
23:26voilà, sur l'Europe.
23:28On a vu que les impacts étaient
23:30somme toute limités,
23:33puisque les flux des énergies sanctionnées
23:38partent sur d'autres zones géographiques.
23:42Notamment la Chine.
23:43Notamment la Chine.
23:44Et l'Inde.
23:44Notamment l'Inde, voilà.
23:47Des deux pays qui achètent
23:49le plus de pétrole russe aujourd'hui.
23:52Voilà, exactement.
23:53Et c'est vrai pour le gaz aussi.
23:55Donc, impact limité, je dirais.
24:00Ensuite, ces tensions géopolitiques,
24:03elles poussent les différents pays
24:07à se recentrer et à accélérer
24:10sur la souveraineté énergétique.
24:13Donc, le renouvelable est une des sources
24:17d'énergie qui permet d'assurer
24:19la souveraineté énergétique.
24:22Ça veut dire qu'on a, heureusement,
24:24ça fait 74 éditions de ce rapport.
24:27Donc, il y a ce recul.
24:28Ça veut dire que vous avez vu depuis 4 ans,
24:31depuis le début de la guerre en Ukraine,
24:32une accélération de la transition
24:34vers du renouvelable,
24:36clairement liée à l'augmentation
24:37des prix de l'énergie,
24:39aux sanctions, etc.
24:41En Europe ?
24:42En Europe, on a vu,
24:46alors on a parlé du renouvelable,
24:47mais on voit aussi le regain d'intérêt
24:49pour le nucléaire.
24:49Bien sûr.
24:50Sur ces énergies-là.
24:52Donc, effectivement,
24:54on se recentre sur ces énergies.
24:58Merci beaucoup Valérie Besson.
25:00À bientôt sur Bsmart for Change.
25:01On passe au grand entretien
25:02de ce Smart Impact
25:03avec l'avocat Arnaud Gossman.
25:05Prêt pour l'impact ?
25:10C'est la question que je pose chaque jour
25:12à une personnalité qui compte
25:14dans l'économie de la société française.
25:16Je reçois aujourd'hui Arnaud Gossman.
25:17Bonjour.
25:18Bonjour.
25:18Bienvenue.
25:19Vous êtes avocat en droit de l'environnement,
25:20fondateur du cabinet Gossman.
25:22Vous l'avez créé il y a une douzaine d'années,
25:23mais alors vous suivez ces questions
25:24depuis un peu plus longtemps,
25:26plus de 20 ans.
25:27Vous étiez même négociateur.
25:28J'ai appris ça en préparant l'interview
25:30du Grenelle de l'environnement en 2007.
25:32Quelle leçon vous tirez avec le recul du temps ?
25:37Est-ce que vous vous dites
25:38j'ai servi à quelque chose,
25:39le droit de l'environnement
25:40fait quand même bouger les lignes ?
25:42Je ne sais pas si j'ai servi à quelque chose,
25:43ce serait aux autres de le dire.
25:45Ce qui est certain,
25:46c'est que le droit de l'environnement
25:47a beaucoup évolué depuis.
25:49Il fait souvent peur,
25:50puisque quand on parle de droit de l'environnement,
25:51du code de l'environnement,
25:52on imagine beaucoup de normes,
25:54beaucoup de complexités,
25:55des risques judiciaires.
25:57Ce n'est pas faux, ça existe aussi.
25:58Mais c'est aussi des opportunités.
26:00Ce sont des nouveaux marchés
26:01qui se sont ouverts.
26:02Je pense par exemple
26:03à tout ce qui concerne
26:04les économies d'énergie,
26:05certificat d'économie d'énergie, etc.
26:07C'est aussi la production d'énergie renouvelable,
26:09même si évidemment
26:10on aimerait qu'elle se développe plus vite.
26:11Malgré tout,
26:12avant 2006,
26:13on était à zéro
26:14et aujourd'hui,
26:15on a quand même beaucoup augmenté
26:16en matière d'éolien,
26:17de solaire,
26:17de méthanisation.
26:18Si on regarde le chemin parcouru,
26:20on se rassure,
26:21même si aujourd'hui,
26:22effectivement,
26:22on sent qu'il y a
26:23une interrogation
26:25de la part des citoyens
26:26sur la nécessité
26:27d'accélérer
26:28en matière de transition écologique.
26:30Vous disiez,
26:31je vais vous citer,
26:31les textes sont souvent composés
26:33soit de pétitions de principes,
26:34soit à l'inverse
26:35de règles excessivement compliquées,
26:37difficiles à mettre en œuvre.
26:38Donc là,
26:39on parle des lois
26:40qui créent cette norme environnementale,
26:42ce droit de l'environnement.
26:43Résultat,
26:44la norme environnementale,
26:45elle finit par desservir
26:46sa propre cause
26:46en produisant l'effet inverse
26:48à celui recherché.
26:49C'est-à-dire que c'est soit
26:50trop flou,
26:51soit ultra compliqué,
26:53c'est ça ?
26:53Et là,
26:53vous parlez du travail
26:54des législateurs
26:55d'une certaine façon.
26:56Oui,
26:56effectivement,
26:57lorsque je vais aux auditions
26:59par des parlementaires
27:00qui m'interrogent
27:01sur les projets de loi
27:02relatifs à l'environnement,
27:03j'ai l'habitude de leur rappeler
27:05qu'ils n'écrivent pas
27:06que pour des très grandes entreprises
27:07qui ont des services juridiques
27:08très fournis,
27:09qui sont en mesure
27:10d'analyser tous ces textes.
27:12On peut imaginer,
27:12effectivement,
27:13que pour la plupart
27:13des PME,
27:14TPE,
27:15elles ne sont même pas informées
27:17de l'existence de ces lois,
27:18même si nul n'est censé
27:19ignorer la loi.
27:20Et bien souvent,
27:20effectivement,
27:21elles n'ont pas les outils,
27:22elles n'ont pas de juriste
27:23pour pouvoir analyser
27:24tous ces textes,
27:26les appliquer,
27:27ne pas courir de risque,
27:28mais aussi profiter
27:29des opportunités.
27:30Donc il faut quoi ?
27:31Le simplifier,
27:32ce droit de l'environnement ?
27:33Alors évidemment,
27:33ça va dépendre des textes,
27:34ma question est trop générale,
27:35mais il nécessiterait,
27:37même si c'est un jeune droit,
27:39en quelque sorte,
27:39d'être simplifié aujourd'hui ?
27:41Alors très sincèrement,
27:42ça fait des années
27:43qu'on essaye de voter
27:43des lois de simplification,
27:45ça fait des années
27:45que ça ne marche pas.
27:46Je pense que ça fait 35 ans
27:47que je fais ce métier,
27:47qu'on me promet le choc
27:48de simplification
27:49et que je ne le vois pas arriver.
27:50Et il ne viendra pas.
27:51Il ne viendra pas.
27:52Pourquoi ?
27:52Parce que les entreprises
27:53elles-mêmes
27:54ont leur part de responsabilité.
27:55Les entreprises elles-mêmes
27:56saisissent les parlementaires,
27:57les sénateurs ou les députés
27:58pour leur demander
27:59d'adopter des règles
28:00pour leur propre activité,
28:01notamment pour réguler
28:02la concurrence
28:03vis-à-vis d'entreprises étrangères,
28:05etc.
28:05Donc non,
28:06on ne va pas simplifier drastiquement
28:07le droit de l'environnement,
28:08c'est faux.
28:09C'est pour ça que j'espère
28:11que les entreprises
28:12vont enfin comprendre
28:13pour certaines
28:13qu'il faut recruter
28:14des juristes.
28:15Je suis également
28:16professeur à la fac
28:17et je forme,
28:19je participe
28:20à la formation
28:20de jeunes gens
28:21très brillants.
28:22Et ces personnes-là
28:24sont en mesure
28:24d'aider les entreprises.
28:25On n'imagine pas
28:26une entreprise
28:26construire un immeuble
28:28sans maçon,
28:29sans carreleur,
28:29sans architecte.
28:30Et certaines entreprises
28:31essayent de se débrouiller
28:32avec le code de l'environnement
28:33sans juriste.
28:34Ça ne marche pas.
28:35Et je vois une vraie différence
28:36dans mon métier
28:36entre celles qui ont recruté
28:37des juristes
28:38et celles qui ne l'ont pas fait.
28:40Des juristes spécialisés
28:41en droit de l'environnement
28:42ou pas forcément ?
28:43Quand vous avez
28:44un service juridique,
28:44vous êtes une PME,
28:45vous ne pouvez pas forcément
28:46recruter un juriste
28:47par spécialité.
28:48Mais au moins un juriste
28:49qui a reçu
28:50une formation en droit de l'environnement,
28:51qui va avoir les bons réflexes,
28:53qui va savoir sonner l'alarme,
28:56savoir qui saisir
28:57ou chercher l'information,
28:58ça change tout
28:59pour une entreprise.
29:00Bon, s'il y a un groupe
29:00qui a des juristes
29:01spécialisés en droit de l'environnement,
29:03c'est le groupe Total,
29:03Total Énergie,
29:04qui vient d'être condamné
29:07par le tribunal de Paris.
29:08Le groupe,
29:09je vais simplifier,
29:10mais trompait les consommateurs
29:11en se présentant
29:12comme un acteur majeur
29:13de la transition
29:13vers la neutralité carbone.
29:14Déjà, qu'est-ce qu'on peut dire
29:15du jugement ?
29:17C'est une première ?
29:19Alors oui, c'est une première.
29:20Parce que le cadre juridique
29:21du greenwashing
29:22est assez raison.
29:23Au niveau européen,
29:23il date de 2024.
29:24De quoi s'agit-il ?
29:25Une entreprise a le droit
29:26de s'exprimer,
29:27a le droit d'informer
29:28ses salariés,
29:29ses clients,
29:30ses fournisseurs,
29:31ses actionnaires.
29:31Aucun souci là-dessus,
29:32ce jugement ne le remet pas en cause.
29:34Mais il y a des moments
29:34où elle s'adresse
29:35à des consommateurs.
29:36Elle s'adresse à des consommateurs
29:37par des communications commerciales
29:39pour leur vendre des produits,
29:40des biens,
29:41des services.
29:42Lorsqu'elle fait ça,
29:42précisément dans ses communications commerciales,
29:45et qu'elle parle d'environnement,
29:47soit pour indiquer
29:47que ces produits sont bons
29:49pour la planète,
29:49soit qu'ils ne sont pas nocifs
29:51pour la planète,
29:52elle rentre dans un cadre juridique
29:53qu'on appelle celui
29:54des allégations environnementales.
29:56Ces allégations environnementales
29:57ne doivent pas être trompeuses.
29:59Parce que si elles sont trompeuses,
30:00elles relèvent de la sanction
30:01des pratiques commerciales trompeuses.
30:03C'est ce qui s'est passé
30:04avec cette entreprise.
30:04Effectivement,
30:05le tribunal judiciaire de Paris
30:06a rejeté un certain nombre
30:08de griefs
30:09des associations requérantes,
30:11notamment lorsque cette entreprise
30:12totale, pour ne pas la citer,
30:14parle de gaz
30:15ou d'agrocarburant.
30:16Mais pour ce qui est effectivement
30:18du pétrole,
30:19le tribunal judiciaire de Paris
30:20a considéré que
30:21totale n'était pas en mesure
30:22de justifier ces allégations
30:24lorsqu'elles s'adressent
30:25à des consommateurs
30:26et lorsqu'elles prétendent
30:29notamment qu'elles vont parvenir
30:30à la neutralité carbone.
30:31C'est-à-dire qu'une entreprise
30:32a le droit de dire
30:33« je m'engage pour la neutralité carbone ».
30:35Mais si elle vend un produit
30:36en disant « c'est sûr,
30:37je vais y arriver »,
30:38là, il y a un problème.
30:40Donc, s'engager, oui,
30:41prétendre que c'est bon,
30:42on va le faire, c'est sûr,
30:43pour vendre un produit,
30:44l'annonce est du greenwashing.
30:45Alors, quand on parle d'allégation,
30:47c'est seulement verbal
30:48ou alors ça peut être aussi
30:50le visuel qu'une entreprise choisit
30:52pour une campagne de communication ?
30:53Alors, évidemment,
30:54c'est ça qu'il faut bien rappeler
30:56aux téléspectateurs.
30:57C'est-à-dire qu'en fait,
30:57une allégation,
30:58c'est évidemment des mots,
30:59ça peut être des phrases
30:59que vous allez diffuser
31:01sur un réseau social,
31:02à la télévision,
31:03à la radio,
31:04sur un texte écrit,
31:05un papier, n'importe quoi.
31:07Mais ça peut être aussi
31:08des sons, des images.
31:09Si jamais vous vendez
31:10des bidons
31:11qui ne sont pas en verre,
31:12évidemment,
31:13c'est une allégation environnementale.
31:14Le logo lui-même,
31:15la marque elle-même,
31:17ou alors même des mises en scène.
31:18Si vous faites rouler
31:19un véhicule très polluant
31:20dans un environnement
31:21constitué de montagnes
31:22et de prairies,
31:23là aussi,
31:24c'est une allégation environnementale.
31:25Ce n'est pas interdit,
31:26mais il faut justifier.
31:27Vous avez le droit
31:28de vendre des bidons verts,
31:29mais simplement,
31:29il faut justifier
31:30qu'ils sont plus écolos
31:31que les autres
31:31et que le message
31:33qui l'accompagne,
31:34achetez-le parce qu'il est bon
31:35pour la planète,
31:36est justifié.
31:36On ne peut pas tromper
31:37le consommateur.
31:38Alors,
31:38il y a des contrôles
31:40et il y a un organisme
31:42qui s'appelle
31:42la DGCCRF
31:43qui fait ce travail
31:46et qui a remis
31:46un bilan
31:48le 1er octobre
31:49de cette année.
31:51Plus de 3 000
31:52établissements contrôlés
31:53en 2023,
31:54en 2024.
31:55Je vais citer
31:55la répression des fraudes,
31:57une utilisation récurrente
31:59d'allégations environnementales
32:00trop génériques,
32:01imprécises,
32:02voire injustifiées
32:02ou totalement interdites,
32:04susceptibles
32:04de tromper les consommateurs.
32:05Est-ce que vous dites,
32:07bon,
32:07il va y avoir
32:08tous les cas de figure,
32:08mais il y a des entreprises
32:09qui veulent sciemment tromper
32:11et puis il y en a
32:12qui le font
32:12parce que justement
32:13elles sont mal conseillées
32:14ou elles voudraient bien faire
32:16mais elles n'utilisent pas
32:17les bons mots.
32:18Oui, c'est ça.
32:18En fait,
32:19ce communiqué de presse
32:20de la DGCCRF
32:22qui est ce service
32:22du ministère de l'économie
32:23qui s'occupe
32:24de la répression des fraudes
32:24notamment,
32:26est à la fois inquiétant
32:26et rassurant.
32:27Inquiétant parce que
32:28sur la période 2023-2024,
32:30elle note qu'il y a encore
32:3115% des communications
32:32commerciales
32:33qui comportent des allégations
32:34trompeuses.
32:36Trompeuses,
32:36mais pas forcément
32:37parce que la personne
32:37a eu l'intention de tromper.
32:39Ça peut être parce que
32:40elle a été floue,
32:41elle a été générique,
32:43elle a utilisé des mots creux
32:44et surtout,
32:44elle n'est pas capable
32:45de justifier ce qu'elle dit.
32:46Donc, c'est beaucoup trop évidemment
32:47parce que 15%
32:48de ces allégations,
32:49ça veut dire qu'il y a
32:50derrière des centaines
32:51voire des milliers de consommateurs
32:52qui ont pu être trompés,
32:53acheter un produit
32:54qu'ils pensaient vert
32:55ou pas nocif
32:56et qui ne l'étaient pas.
32:57Maintenant,
32:58c'est que 15% aussi.
32:59C'est que 15% aussi
33:00et on note dans cette enquête
33:01que les entreprises
33:03qui vraiment souhaitent
33:04tromper le consommateur
33:05en réalité
33:05sont assez peu nombreuses.
33:07C'est pour ça
33:07que mon message aux entreprises
33:08en tant que juriste,
33:09ça serait de ne pas
33:11s'inquiéter outre mesure
33:12du risque judiciaire.
33:14Des contentieux
33:15comme celui
33:15qui s'est déroulé hier,
33:16c'est un contentieux
33:17qu'il faut analyser,
33:18c'est un contentieux
33:18extraordinairement important
33:19mais au quotidien,
33:21le gendarme,
33:22c'est l'administration,
33:23c'est la DGCCRF
33:25qui peut passer
33:25dans des magasins,
33:26vérifier sur les présentoirs
33:27de vente des produits,
33:29vos publicités,
33:29ce que vous dites
33:30sur vos sites internet,
33:31c'est elle qui peut
33:32effectivement vous adresser.
33:33Est-ce que vous voyez
33:34de plus en plus d'entreprises
33:35qui viennent vous voir,
33:37vous, vos collègues
33:38spécialistes de droit
33:38de l'environnement
33:39pour dire
33:39ok, on agit,
33:42on fait des choses bien,
33:43on ne peut pas tout faire bien,
33:44comment on peut en parler ?
33:45Oui, alors il y a eu
33:46un avant ou un après
33:47l'été 2023.
33:50L'été 2023,
33:50la DGCCRF
33:51a épinglé une entreprise
33:52et a fait du name and shame,
33:54c'est-à-dire qu'elle a
33:54sur son site internet,
33:56c'est quand même
33:56le site internet
33:56du ministère des Finances
33:57qui a autorité
33:59sur les entreprises,
34:00les entreprises,
34:01personne ne veut se fâcher
34:01avec Bercy,
34:02bien entendu,
34:02on comprend,
34:04elle a épinglé
34:04une entreprise
34:05qui vendait du matériel
34:06de l'iterie
34:06respectueux de l'environnement,
34:08qui est une allégation interdite
34:09parce que trop floue,
34:10trop générale.
34:11Et c'est sûr que ça,
34:12ça fait peur.
34:13Et j'ai vu un avant
34:14et un après,
34:15et mes confrères aussi,
34:16c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
34:17des entreprises,
34:17par exemple,
34:18lorsqu'elles veulent acheter
34:18une autre entreprise
34:19avec une marque
34:20qui comporte
34:21une allégation environnementale,
34:23des produits
34:24qui sont peints en verre
34:25avec des messages
34:26relatifs à l'environnement,
34:28aujourd'hui,
34:28on s'interroge
34:29sur la valeur
34:29d'une entreprise
34:30de ce type-là.
34:31Si cette entreprise
34:31est capable de justifier
34:32le cycle de vie
34:33des produits,
34:34les allégations
34:35qu'elle profère,
34:35pas de souci.
34:36Au contraire,
34:37ça augmente sa valeur.
34:38Si elle n'est pas capable,
34:39là, effectivement,
34:39ça peut avoir des conséquences
34:40sur la négociation.
34:41Alors, on a ces contrôles
34:43de la DGCCRF,
34:45on a cette décision
34:47du tribunal judiciaire de Paris,
34:49et puis en même temps,
34:50il y a la Commission européenne
34:51qui est en train
34:52de simplifier
34:53et qui retire
34:54la directive européenne
34:55qui encadre le greenwashing,
34:56c'est ça ?
34:57Donc, on a des vents contraires,
35:00en quelque sorte ?
35:01Oui, alors, effectivement,
35:02la Commission européenne
35:03a mis dans les tuyaux
35:04une première directive
35:05qui, elle, a été adoptée
35:06le 28 février 2024
35:07sur les allégations
35:09environnementales.
35:10C'est celle qui a été
35:11appliquée hier
35:11par le tribunal judiciaire
35:12de Paris, pas que,
35:13mais il a appliqué
35:14notamment ce texte,
35:15et qui va entrer en vigueur
35:16en 2026.
35:17Donc, en 2026,
35:18il faut que les entreprises
35:18soient prêtes
35:19à contrôler leurs allégations
35:21et être capables
35:21de les justifier,
35:22et il y a un organisme
35:24public indépendant
35:24qui sera mis en place
35:25pour vérifier la véracité
35:27de ces allégations.
35:28Il est exact
35:29que parmi les entreprises,
35:31certaines se disent
35:33« Tiens, il y a une marche
35:34à prendre,
35:35il y a un train à prendre,
35:36on va effectivement
35:37avoir un discours
35:38sur l'environnement
35:39et ça va nous faire
35:39une plus-value
35:40sur le marché
35:41puisqu'on va être capable
35:42de faire mieux
35:42que nos concurrents,
35:43notamment étrangers,
35:45qui fabriquent des produits
35:46parfois dans des conditions
35:47environnementales
35:48et humaines
35:48tout à fait inacceptables.
35:50Et puis,
35:50il y en a d'autres
35:51qui se disent
35:51qu'elles n'y arriveront pas
35:52et qui ont pu effectivement
35:54faire pression
35:54sur la Commission européenne
35:55et certains députés
35:56du Parlement européen.
35:57Et la deuxième directive
35:58qui devait préciser les choses,
36:00pour faire simple,
36:01a été retirée.
36:02Mais ça n'empêche
36:03que vous voyez
36:04ce jugement...
36:04Il y a quand même
36:05un mouvement de fond.
36:05Oui, bien sûr.
36:07Et ce jugement
36:07du tribunal judiciaire de Paris
36:08le démontre.
36:09Cette deuxième directive
36:10devait préciser les choses,
36:11mais la première
36:11fait déjà beaucoup.
36:12Mais est-ce qu'il y a quand même...
36:13Parce que moi,
36:14je le vois ici,
36:15on est une bonne vigie
36:16des entreprises
36:18dans leur politique RSE
36:19et je vois des entreprises
36:20qui disent
36:21« Mais on hésite
36:21à communiquer. »
36:23Et on fait des choses bien,
36:25on ne fait pas tout bien,
36:26donc on hésite à communiquer.
36:27Et c'est un peu
36:28le risque
36:29de la judiciarisation.
36:32Je trouve ça très bien
36:33de combattre le greenwashing,
36:34mais c'est très bien aussi
36:35que des entreprises
36:36puissent dire
36:37« Regardez ce que je fais de bien
36:38parce que ça incite
36:39d'autres à y aller aussi. »
36:40Il faut réaliser
36:41un équilibre
36:42entre la lutte
36:43contre le greenwashing.
36:44Je n'aime pas
36:45les anglicismes,
36:46mais on parle
36:46d'écho-blanchiment aussi
36:47en bon français.
36:48C'est beaucoup plus joli
36:49en bon français,
36:50vous avez raison.
36:50Et de l'autre côté,
36:51c'est ce qu'on appelle
36:52le greenwashing,
36:53c'est-à-dire
36:53le fait de garder
36:54le silence
36:55sur l'environnement.
36:55Et effectivement,
36:56vous avez des entreprises
36:57aujourd'hui,
36:57j'en ai déjà rencontré
36:58comme vous,
36:59qui me disent
37:00« C'est compliqué,
37:01on a des risques
37:02réputationnels,
37:03on ne veut pas y aller,
37:04on arrête de parler
37:04d'environnement. »
37:05Et ça,
37:06c'est catastrophique.
37:06C'est catastrophique
37:07pour l'entreprise,
37:08ses salariés
37:09peuvent le regretter
37:09et puis le client,
37:11le consommateur,
37:12a besoin
37:12qu'on lui parle
37:12d'environnement,
37:13il a besoin
37:13d'une information
37:14environnementale,
37:15il a besoin aussi
37:15de comparer
37:16les entreprises
37:16sur le caractère
37:18bon pour la santé
37:19vers bon pour l'environnement
37:21des produits,
37:22biens et services
37:23qui sont fournis.
37:24Donc il faut absolument
37:24combattre le greenwashing
37:25mais aussi le greenwashing
37:27et de ce point de vue-là,
37:28le juge hier me paraît
37:29avoir réalisé
37:30un bon équilibre
37:31parce que ce jugement,
37:32il ne va pas contraindre
37:33les finances de cette société,
37:34soyons clairs.
37:35Ce n'est pas 8 000 euros
37:36de préjudice moral
37:36pour les associations
37:37ni même une publication
37:39sur le site internet
37:40de la société
37:40qui va la faire couler.
37:41Mais c'est un avertissement.
37:43C'est un avertissement.
37:44Derrière,
37:44il y a aussi le travail
37:45de la DGCCRF
37:46dont on a parlé
37:46et puis je vois aussi
37:48des fournisseurs
37:50ou des co-contractants
37:51qui disent à une entreprise,
37:52ça m'est déjà arrivé
37:53de faire de l'audit de contrat,
37:54qui disent moi je veux bien
37:55passer un contrat avec vous
37:55pour vous acheter vos produits,
37:57etc.
37:57Mais je veux des garanties
37:58sur le caractère environnemental,
38:00sanitaire
38:00de ce que vous vendez.
38:02Donc ça peut être aussi
38:02des personnes privées
38:03qui exercent cette pression
38:05anti-greenwashing
38:06sur les entreprises.
38:07Donc c'est le sens de l'histoire.
38:09Mais oui, attention
38:10à ne pas non plus
38:11faire fuir les entreprises,
38:12c'est sûr.
38:13Il y a un autre dossier
38:13qui est vraiment emblématique,
38:15c'est celui de l'autoroute A69.
38:17En mai dernier,
38:18la Cour d'appel administratif
38:19de Toulouse autorisait
38:20la reprise du chantier.
38:22La Cour se prononçait
38:23sur un recours en urgence
38:24déposé par l'État
38:25pour redémarrer ce chantier
38:27qui fait plus de 50 kilomètres.
38:30Recours qui avait été déposé
38:31après une décision
38:32du tribunal administratif
38:33qui doit encore trancher
38:34sur le fond ce dossier.
38:35Je crois que c'est
38:35dans plusieurs mois.
38:36On a vraiment l'impression,
38:37on est un peu balotté
38:38quand on ne suit pas comme vous
38:40de très près le dossier de la A69.
38:42Vous, vous dites quoi ?
38:43Vous dites que le bras de fer,
38:44il ne peut pas être gagné
38:45par l'État
38:46et ceux qui construisent
38:47cette autoroute ?
38:48Alors, on est dans un pays
38:50qui est marqué
38:50par le principe
38:51de séparation des pouvoirs.
38:52Il est très clair
38:53que c'est à l'État,
38:54à ses élus,
38:55au Parlement,
38:57à son gouvernement
38:57sous le contrôle du Parlement,
38:59de créer des politiques publiques,
39:00de faire des grands choix
39:01pour la nation,
39:02notamment en matière
39:03d'équipements de mobilité,
39:05autoroutes,
39:05sillon ferroviaire,
39:06etc.
39:07Dans cette affaire,
39:08effectivement,
39:08le juge administratif
39:09a considéré
39:10qu'on pouvait reprendre
39:12les travaux.
39:13Donc, les travaux reprennent
39:13alors même qu'on ne sait pas encore
39:15si la légalité
39:16de l'autorisation
39:17est certaine.
39:17Ce qui peut paraître
39:18un petit peu compliqué,
39:19mais effectivement,
39:20par le jeu des procédures,
39:21on en arrive là.
39:22Mais c'est intéressant,
39:22cette affaire aussi,
39:23par rapport à ce qu'on se disait
39:24sur le greenwashing,
39:25puisque vous avez,
39:26pour ces grands projets
39:27d'infrastructure,
39:28je me rappelle aussi
39:28du projet d'aéroport
39:29Notre-Dame-des-Landes,
39:30des élus qui vont vous dire
39:31que cette autoroute est verte,
39:32cet aéroport est bas carbone.
39:35Et ça, aujourd'hui,
39:36typiquement,
39:36c'est quelque chose
39:37qu'il va falloir arrêter de faire.
39:40Vous pouvez défendre
39:40une autoroute,
39:41c'est votre droit,
39:41mais dire qu'une autoroute
39:42est bonne pour l'environnement,
39:44ça, il va falloir arrêter.
39:45Là, je suis d'accord avec vous.
39:46En revanche,
39:46on peut peut-être dire
39:47qu'elle est bonne
39:48pour l'économie de la région.
39:50Après, on peut en débattre,
39:52tout le monde n'est pas d'accord,
39:53et ça fait des mois
39:53que dans la région,
39:55on en débat,
39:56mais ça peut être un argument.
39:57C'était peut-être bon
39:58pour l'économie de la région,
39:59selon des calculs
40:00qui ont été réalisés
40:01il y a 30 ans.
40:01Parce que le problème
40:02de tous ces projets,
40:03ce sont des projets
40:04qui sont vieux.
40:05Le projet d'aéroport
40:06Notre-Dame-des-Landes,
40:07avant qu'il soit arrêté
40:08par Édouard Philippe,
40:09Premier ministre,
40:09il datait des années 70.
40:11Et ce projet d'autoroute,
40:12il a 30 ans aussi.
40:13Donc, le problème,
40:14c'est qu'on fait
40:15des évaluations économiques
40:16et environnementales
40:16de projets,
40:17on décide de les faire,
40:18mais la réalisation
40:19se fait vraiment
40:20bien plus tard.
40:21Donc, ce délai
40:22entre l'idée
40:23et la conception,
40:24il va falloir le réduire
40:25un jour.
40:26Et puis, malgré tout,
40:27ce n'est pas le sens
40:28de l'histoire aujourd'hui
40:28de faire des autoroutes.
40:29Il faut quand même dire
40:30aux citoyens
40:30que si on veut réduire
40:31nos émissions de gaz
40:32à effet de serre,
40:32on ne peut pas plus
40:33prendre sa voiture.
40:34Mais puisqu'on parle
40:34de régions,
40:35puisqu'on parle d'élus,
40:36c'est vrai que moi,
40:38j'ai aussi une émission
40:38pour la chaîne Publique Sénat,
40:41donc je croise quand même
40:42pas mal de sénateurs
40:43qui sont en lien
40:44avec des maires,
40:45des élus locaux
40:46qui combattent,
40:47mais alors vraiment,
40:48régulièrement,
40:49et ils sont nombreux,
40:50l'objectif de zéro
40:52artificialisation nette
40:53en 2050 en disant
40:55« Mais moi,
40:55dans ma petite ville,
40:57c'est un frein
40:58à la croissance ».
40:59Est-ce que ce texte,
41:01il fait partie
41:03des textes trop flous,
41:05trop compliqués
41:05dont on parlait
41:06tout à l'heure,
41:08est-ce que c'est
41:09un frein à la croissance
41:09ou pas,
41:10ce zéro artificialisation ?
41:13Le vrai frein
41:13à la croissance,
41:14c'est le jour
41:15où les assureurs
41:16n'assureront plus,
41:17c'est le jour
41:18où l'État
41:18ne pourra plus réassurer
41:20parce que les catastrophes
41:21naturelles aujourd'hui
41:22se multiplient,
41:23sont de plus en plus intenses.
41:24Regardez celle
41:24qui s'est passée
41:25dans le Val d'Oise
41:25lundi dernier,
41:2620 octobre.
41:28Une tornade,
41:29on en a entre
41:2940 et 50 par an.
41:31Le problème,
41:32c'est que ces tornades
41:33arrivent dans des milieux
41:34qui sont de plus en plus
41:35urbanisés.
41:36Ce n'est pas la tornade
41:36en elle-même
41:37qui pose un souci,
41:37c'est le fait
41:38que quand elle frappe
41:38une rue,
41:39elle démolit des voitures,
41:41elle peut ensuite
41:41arracher du mobilier public
41:43qui va percuter des personnes
41:44et là,
41:44c'est là où on a
41:45des morts et des blessés.
41:46Pareil quand vous avez
41:47une inondation,
41:47vous avez une vague
41:49de submersion
41:50comme à la faute sur mer
41:50avec ce drame absolu.
41:52Pareil à la vallée
41:54de la Roya
41:54près de Nice,
41:55lorsqu'on a des sécheresses,
41:57le problème,
41:57c'est que nous artificialisons
41:58de plus de 300 km²
42:00chaque année
42:01notre territoire.
42:01Ça fait un département
42:02tous les dix ans.
42:03Et lorsqu'on est sur un sol
42:05qui est recouvert de béton,
42:06il ne joue plus sa fonction
42:07d'absorption d'eau,
42:09de lutte contre
42:10ces catastrophes naturelles
42:11et leurs conséquences.
42:12Et ça,
42:13c'est un coût.
42:13On parle de milliards
42:14et d'assureurs
42:15qui vous disent
42:15attention,
42:16on ne pourra plus assurer.
42:17Vous avez déjà des communes
42:18en France,
42:20j'entendais un chiffre
42:20d'à peu près 1500 communes
42:22qui n'arrivent plus
42:22à s'assurer.
42:23Et quand vous n'arrivez plus
42:24à vous assurer,
42:25vous ne pouvez pas avoir
42:26une activité économique
42:26et il n'y a pas
42:27de croissance économique.
42:31L'une est la condition
42:32de l'autre.
42:34On sait qu'on a
42:34un réchauffement climatique,
42:35un changement climatique
42:36et que ces événements
42:37vont être de plus en plus fréquents
42:38et ils ont un coût.
42:40Cette thématique rejoint
42:41la question
42:42que celui qui était
42:43à votre place
42:43la semaine dernière,
42:45Grégory Sion,
42:45le directeur général
42:46de la marque,
42:47Pierre Evacance,
42:48a choisi de vous poser.
42:49On l'écoute.
42:50Bonjour Arnaud.
42:52En tant qu'avocat expert
42:53en droit de l'environnement,
42:54j'ai une question
42:55qui est importante pour nous.
42:58Je voulais savoir
42:59comment est-ce que
42:59vous pensez
43:00qu'on pourrait
43:01avec des dispositifs
43:02ou avec vos idées
43:03associer en fait
43:05le respect de l'environnement
43:06qui est ultra important
43:08avec garder la possibilité
43:10de développer l'économie
43:12en local
43:12et de continuer
43:13à peut-être
43:14faire quelques constructions
43:16notamment à la montagne ?
43:18Alors,
43:18ma première réponse
43:20à cette excellente question,
43:21c'est de recruter des juristes.
43:23J'en ai déjà parlé,
43:24on ne va pas revenir dessus,
43:25mais il est évident
43:25qu'une entreprise
43:27comme Pierre Evacance
43:27qui a besoin d'immeubles
43:28pour construire,
43:29qui a besoin
43:30de loger ses clients,
43:31elle a besoin de juristes
43:32pour bien faire les choses.
43:34La deuxième chose,
43:34c'est de ne pas penser
43:35qu'aujourd'hui,
43:36on ne peut pas construire.
43:37On peut construire,
43:38mais il faut construire
43:38là où on a déjà construit.
43:40Faire de la rénovation,
43:42rénover des bâtiments
43:43de manière à changer
43:44leur destination
43:45plus facilement,
43:46c'est possible.
43:46Et donc,
43:47aujourd'hui,
43:47il faut simplement
43:48identifier les lieux
43:49où on peut construire.
43:50Et l'État,
43:50effectivement,
43:51peut donner un coup de pouce
43:51parce qu'aujourd'hui,
43:53parfois,
43:53c'est presque plus simple
43:54d'aller construire
43:54dans des espaces naturels
43:55que d'aller construire
43:56dans des lieux
43:57qui sont peut-être
43:57un peu pollués
43:58et qui créent des risques
43:59pour la santé.
44:00Donc,
44:00il y a certainement
44:01un paradoxe à lever.
44:02Il faut pouvoir construire,
44:03bien entendu,
44:04mais on va devoir choisir
44:05ce qu'on construit,
44:05pas construire n'importe quoi.
44:07Est-ce qu'on a besoin
44:08en région Île-de-France
44:08de davantage de surface
44:09de bureau à une époque
44:11où le télétravail se développe ?
44:13On voit que des quartiers
44:14comme la Défense
44:14ont une grande partie
44:15de leurs bureaux
44:16qui sont inoccupés,
44:17des commerces qui ferment
44:18à cause de ça.
44:19Il faut être intelligent,
44:20pas la fuite en avant
44:21comme c'était le cas
44:22par le passé
44:23en disant
44:24on va construire
44:24pour construire.
44:25Aujourd'hui,
44:26il faut se demander
44:26pourquoi est-ce qu'on construit ?
44:28C'est presque un modèle,
44:30je rassure la question
44:31des régions de montagne,
44:32c'est presque un modèle économique
44:33à réinventer
44:35d'une certaine façon,
44:36c'est-à-dire
44:36qui n'est pas basé
44:38que sur le ski,
44:39que sur la neige
44:40parce qu'il en tombe
44:42de moins en moins
44:43et notamment
44:44dans les stations
44:44de moyenne montagne.
44:46Ça rejoint
44:46parce que là,
44:48on se dit
44:48ok,
44:50vous allez nous dire
44:51qu'il y a des passoires thermiques
44:52donc il suffit
44:53de les rénover,
44:53il n'y a pas besoin
44:54de construire
44:54de nouveaux immeubles
44:56en montagne,
44:58il faut penser
44:59la montagne autrement
45:00en quelque sorte.
45:01La montagne,
45:02c'est un espace
45:02extrêmement sensible
45:03qui fait l'objet
45:04d'une législation
45:04depuis 1985
45:05pour la protéger
45:07et quand vous allez
45:07à la montagne,
45:08ce n'est pas pour voir
45:09des parkings,
45:10des supermarchés.
45:12C'est d'autant plus vrai
45:12qu'aujourd'hui,
45:13lorsque vous allez
45:14à la montagne,
45:15il faut que ces stations
45:15de ski,
45:16elles se sont déjà engagées
45:16à le faire,
45:17d'ailleurs,
45:17multiplient les offres.
45:18C'est-à-dire que vous n'allez
45:19pas faire que du ski,
45:20effectivement,
45:20on sait que le ski
45:21à terme est condamné,
45:23il faut quand même le dire
45:23que la neige de culture
45:24a un impact environnemental,
45:26mais c'est une opportunité
45:27comme tout en matière
45:28d'écologie.
45:28On va pouvoir aller
45:29à la montagne
45:29pour faire autre chose
45:30que du ski.
45:31Ça m'est déjà arrivé
45:31de partir avec des amis
45:32à la montagne
45:32dont certains n'aiment pas le ski
45:34et se sentent prisonniers
45:34pendant une semaine
45:35à part aller boire
45:36du vin chaud,
45:37ce qui est déjà très bien,
45:38ils ne pouvaient pas
45:38faire autre chose.
45:39Donc aujourd'hui,
45:39vous pourrez aller
45:40à la montagne
45:41peut-être pour faire autre chose,
45:42du trail si vous aimez
45:42la course à pied,
45:43du VTT,
45:45des randonnées,
45:46des raquettes,
45:46plein, plein, plein de choses
45:47sont possibles en montagne.
45:48J'adore la montagne
45:49et je pense qu'on ne va pas
45:50vendre du rêve de montagne
45:52avec du béton.
45:55Aujourd'hui,
45:56on voit bien
45:56qu'il y a des stations
45:57qui tirent leur épingle du jeu
45:58alors même qu'elles sont
45:59en basse altitude
45:59parce qu'elles vous vendent
46:01des paysages féériques
46:02de chalets en bois,
46:03d'une nature préservée
46:04et pourquoi pas aussi
46:05recruter des guides
46:07pour permettre
46:08de découvrir cette faune,
46:09cette flore,
46:09ces lacs magnifiques.
46:11Vous voyez par exemple
46:12quand je vais sur les réseaux sociaux
46:13parce que je suis un peu vieux
46:15mais ma fille me montre ça,
46:16je vois bien
46:16que les images féériques
46:17de montagne
46:18que certains influenceurs
46:19présentent,
46:20ce ne sont pas des images
46:21de béton,
46:22ce sont des images
46:22de paysages magnifiques.
46:25Mais en général enneigées.
46:27Pas toujours
46:28et d'ailleurs
46:28de moins en moins enneigées
46:29surtout en 1800.
46:30Oui, c'est sûr
46:31mais les campagnes
46:32de publicité
46:33des stations
46:34ça reste quand même
46:34basé sur le ski.
46:36Oui mais les choses changent
46:37quand même aujourd'hui
46:37très sincèrement
46:38et Dieu sait
46:39si j'adore le ski,
46:40les choses changent.
46:41On sait qu'on ne va pas
46:42pouvoir skier comme avant
46:43ou que c'est une toute petite minorité
46:44qui va pouvoir continuer à skier.
46:46Le budget ski
46:46est quand même phénoménal,
46:47c'est moins de 10%
46:48des Français
46:48qui vont skier.
46:50La montagne ne va pas vivre
46:51avec moins de 10% des Français
46:52donc il faut changer.
46:54Je reviens à des questions
46:55plus générales
46:55sur le droit,
46:56le droit de l'environnement.
46:57Est-ce que c'est pour vous
46:58le levier le plus efficace
46:59aujourd'hui pour protéger
47:00l'environnement ?
47:01Non ?
47:01Non, pas du tout.
47:03Un levier très efficace
47:04c'est votre métier
47:04par exemple Thomas Hugues.
47:06Informer,
47:07parler d'écologie
47:08dans les médias.
47:09Malheureusement aujourd'hui
47:09je sais que vous faites
47:11beaucoup
47:11mais malheureusement
47:13toutes les chaînes,
47:13toutes les émissions
47:14ne parlent pas d'environnement
47:15et puis parler autrement
47:17d'environnement.
47:18C'est-à-dire que
47:18l'environnement
47:19est au cœur
47:20de toute chose pour moi.
47:21Il ne faut pas simplement
47:22parler de l'environnement
47:23comme c'était
47:23le chapitre d'un livre
47:24mais en parler
47:25dans tous les chapitres du livre.
47:27Par exemple
47:27dans l'activité économique
47:28des entreprises,
47:29vous avez raison
47:30de parler d'environnement.
47:31Il faut parler de l'environnement
47:32pour notre santé,
47:34pour notre éducation.
47:35Qu'est-ce qu'on mange ?
47:36Qu'est-ce qu'on respire ?
47:37Dans quel métier
47:38va-t-on travailler
47:39le plus demain ?
47:40L'environnement
47:41c'est une question
47:41en fait à la racine
47:43de toutes les autres
47:43questions de société.
47:44Ce n'est pas juste
47:45une branche de l'arbre
47:46c'est une racine.
47:47En parler plus,
47:48en parler différemment.
47:50L'éducation à l'environnement
47:51c'est fondamental.
47:52Dans les familles,
47:53dans les écoles,
47:54les entreprises,
47:54les universités,
47:55parler d'environnement
47:56et en parler
47:57de manière positive.
47:58Le constat est terrible.
47:59C'était la question
48:00que j'allais vous poser
48:00parce qu'on est quand même
48:02dans une période
48:03où on voit des électeurs
48:04en Europe,
48:06aux Etats-Unis
48:07qui ont plutôt poussé
48:08des listes
48:08qui vont parfois
48:10jusqu'au climato-scepticisme
48:12ou au climato-complotisme.
48:13Donc les mots
48:15qu'on choisit
48:16pour parler d'environnement
48:16ils sont importants.
48:18Alors ceci étant,
48:18les sondages se contredisent
48:19parce que là je vois
48:20l'organisation
48:21Réseau Action Climat
48:22a sorti un sondage
48:23la semaine dernière
48:24très intéressant
48:25où on voyait qu'en réalité
48:26vous avez près de 80%
48:26des Français
48:27qui s'intéressent
48:27à l'environnement
48:28qui ont envie de faire plus.
48:30Pareil, il y avait un sondage
48:31Oui mais qui ne votent pas
48:31pour les listes
48:32qui sont les plus ambitieuses
48:33en matière environnementale.
48:34Le problème c'est qu'effectivement
48:36il y a un décalage
48:37entre les politiques
48:37et leurs offres
48:38et le reste de la population.
48:40Moi je suis affligé
48:41par le niveau
48:41du débat politique actuel
48:42où tout tourne autour
48:44des personnes
48:44qui va être Premier ministre
48:45ou pas Premier ministre
48:46enfin je veux dire
48:46à l'échelle de la société
48:47à l'échelle de l'histoire
48:48vous imaginez
48:49ce que les historiens
48:50dans 200 ans
48:50vont penser de nos débats
48:51aujourd'hui
48:52pour savoir
48:53si tel Premier ministre
48:53va durer deux jours
48:55ou deux mois.
48:57Ce n'est pas du tout
48:57à la hauteur
48:58et effectivement
48:58l'offre politique
48:59est assez désuète
49:00et oui
49:00il y a des contradictions
49:02parfois des personnes
49:03qui s'inquiètent
49:03pour l'environnement
49:04et qui votent
49:05pour des partis
49:05qui sont à rebours
49:06de la transition écologique
49:07il y a un souci.
49:09Pour autant
49:09il y a aussi
49:10des tas de signaux positifs
49:11et il faut en parler.
49:12Oui et nous
49:13on en parle
49:13on est vraiment là
49:15pour le faire
49:16le plus souvent possible
49:17et notamment
49:18de ce qui apparaît
49:19presque comme un
49:20je ne sais pas
49:21si c'est le bon terme
49:22mais un combat culturel
49:23quand vous entendez
49:24Donald Trump
49:25à la tribune
49:26des Nations Unies
49:27proférer
49:29la phrase suivante
49:30le changement climatique
49:32est la pire arnaque
49:33du siècle
49:33il devient
49:35le roi
49:37idolâtré
49:39des climato-sceptiques
49:40mondiaux.
49:42Alors là
49:42je vois
49:42un vrai décalage
49:43entre ce que je constate
49:44dans les entreprises
49:45que j'accompagne
49:46et c'est le chant du cygne.
49:48Vous avez
49:49effectivement
49:49pardon de l'expression
49:50une génération
49:51de vieux mâles blancs
49:52un peu séniles
49:53qui accèdent au pouvoir
49:55essentiellement
49:56grâce à un vote masculin
49:57il faut quand même
49:57le dire aussi
49:58on a l'impression
49:59que ces personnes
50:00ont peur
50:01du monde qui vient
50:02d'un monde
50:02beaucoup plus égalitaire
50:05en matière d'écologie
50:06en matière de féminisme
50:07et dans les entreprises
50:08regardez aussi
50:09il ne s'agit pas
50:10de faire de l'essentialisme
50:11mais l'accès
50:12des femmes
50:13des jeunes femmes
50:14aux fonctions
50:15de responsabilités
50:16et notamment
50:17au département
50:17RSE
50:18développement durable
50:19communication droit
50:21vous avez des jeunes femmes
50:22des moins jeunes d'ailleurs
50:23qui sont tout à fait compétentes
50:25et qui portent aussi
50:26un autre discours
50:27que ce discours
50:28de domination
50:28de consumérisme
50:30viriliste
50:31un peu désuet
50:32je pense que
50:35aujourd'hui
50:35sincèrement
50:36cette génération
50:37de ces hommes là
50:38va disparaître
50:39oui mais elle trouve
50:40des relais
50:41sur des réseaux sociaux
50:42qui eux sont consommés
50:43par les jeunes générations
50:44oui et puis il y a cette série
50:45notamment
50:46qui a beaucoup fait parler
50:47d'elle
50:47adolescence
50:48qui décrit très bien
50:48ce risque
50:49lié à des masculinistes
50:51qui essayent
50:52d'endoctriner
50:53nos jeunes garçons
50:54mais très sincèrement
50:56je pense quand même
50:56que l'impact
50:57est minoritaire
50:58aujourd'hui
50:58dans des pays
50:59type OCDE
51:00pas dans le monde entier
51:01bien entendu
51:01les droits des femmes
51:02sont loin d'être
51:03généralisés dans le monde
51:04mais ce qu'on appelle
51:05l'écoféminisme
51:06c'est à dire
51:07cette idée de Françoise Daubonne
51:08de faire progresser
51:09l'écologie
51:10grâce au progrès
51:11des droits des femmes
51:12il s'est toujours constaté
51:13dans l'histoire
51:14dans les années 70
51:15vous avez les premières lois
51:16en matière d'environnement
51:16et aussi
51:17on a la loi sur l'IVG
51:19et on va avoir
51:20dans ce même contexte
51:22des lois sur la contraception
51:23qui vont faire progresser
51:25les droits des femmes
51:25le droit d'avoir
51:26un compte bancaire
51:27de consommer librement
51:28sans l'accord de votre mari
51:29etc.
51:30les deux vont de pair
51:31et pour moi
51:32c'est une grande source
51:33d'optimisme
51:34et on termine
51:34sur de l'optimisme
51:36merci beaucoup
51:37Arnaud Gossman
51:38et à bientôt
51:38sur Be Smart for Change
51:40on passe tout de suite
51:40à notre rubrique
51:41Smart Ideas
51:42Smart Ideas
51:50c'est notre rubrique
51:51Startup et Innovation
51:52j'accueille Freddy Allais
51:53bonjour
51:53bonjour
51:54vous êtes le fondateur
51:55de Sens
51:55vous avez créé
51:56en 2021
51:57plusieurs années
51:58de recherche et développement
51:58ensuite
51:59pour aboutir à quoi
52:00c'est une appli
52:01c'est ça Sens ?
52:02oui
52:02c'est une application
52:03donc 100% gratuite
52:05et accessible
52:06en fait pour le public
52:07déficient sensoriel
52:08donc malentendant
52:10malvoyant
52:11aveugle
52:11et sourd
52:12comment ça marche ?
52:14c'est quoi cette appli ?
52:15alors c'est une application
52:16qui est venue du terrain
52:17des établissements
52:19que je dirige
52:19donc à Angers
52:20le centre Charles Blouin
52:21pour les jeunes sourds
52:22et malentendants
52:23et Montéclair
52:23pour les jeunes aveugles
52:24et malvoyants
52:25on s'est rendu compte
52:26qu'une fois qu'ils sortaient
52:27de nos établissements
52:27spécialisés
52:28peu de réponses
52:29étaient adaptées
52:30et accessibles pour eux
52:31donc on a été chercher
52:32auprès d'eux
52:33leurs besoins
52:33toutes les questions
52:34qui se posaient
52:35une fois qu'ils étaient
52:36seuls dans la société
52:37donc c'est une application
52:38qui leur donne des réponses
52:40donc accessibles
52:41en langue des signes
52:42en langue française
52:43par les complétés
52:44avec la synthèse vocale
52:45avec des vidéos
52:46facilitatrices
52:47sur des thématiques
52:48du quotidien
52:49telles le budget
52:50l'emploi
52:51leurs droits
52:52les transports
52:53etc
52:54ça a pris plusieurs années
52:56de R&D
52:56pourquoi c'était compliqué ?
52:58en fait au début
52:59nous on a répondu
53:00à un appel à projet
53:01de l'agence régionale
53:02de santé
53:03Pays de la Loire
53:04et donc on a fait
53:05une petite appli
53:07au tout départ
53:08on était plutôt parti
53:09sur quelque chose
53:09de local
53:10et puis à fort de trouver
53:11d'autres partenaires
53:12qui ont trouvé
53:13l'idée plutôt intéressante
53:14sur le territoire national
53:15on a continué
53:16à créer des rubriques
53:17des articles
53:18pour aujourd'hui
53:19vraiment arriver
53:20sur une version stabilisée
53:22qui vient de sortir
53:23la nouvelle version
53:24la nouvelle version
53:25en gros la version finale
53:27elle est sortie avec la nouvelle rubrique
53:28culture loisirs
53:30qui est sortie le même jour
53:31le 30 septembre dernier
53:32Quels sont les principaux bénéfices
53:35sur les retours d'expérience
53:36puisqu'il y a la nouvelle version
53:37qui sort
53:38mais il y a aussi celle
53:39que vous utilisiez localement
53:40depuis longtemps
53:41quel retour d'expérience
53:42vous avez ?
53:43à quel point ça change ?
53:44à quel point ça change ?
53:46c'est qu'aujourd'hui
53:46on parle beaucoup d'autonomie
53:48pour les personnes
53:48en situation de handicap
53:49de participation sociale
53:51aujourd'hui les jeunes
53:52qui sortent
53:53de ces établissements
53:54ils peuvent être autonomes
53:56dans cette recherche d'infos
53:57et le meilleur retour
53:59qui résume
54:00je trouve un peu
54:00cette philosophie
54:01de l'application
54:02déjà qui est faite
54:03par les jeunes
54:03pour les jeunes
54:04c'est un jeune déficient visuel
54:06de Paris
54:08qui m'a dit
54:08mais en fait
54:08votre application
54:09c'est comme un rond-point
54:10c'est-à-dire qu'elle nous envoie
54:12vers la bonne information
54:13parce que les moteurs
54:14de recherche sur internet
54:15souvent on peut envoyer
54:16sur des sites
54:17pas officiels
54:18et c'est compliqué
54:18de voir ce qui est vrai
54:20ou faux
54:20dans les informations
54:21Est-ce que c'est un outil
54:23d'insertion professionnelle
54:24oui parce que dedans
54:25on a notamment
54:26une catégorie
54:27sur l'emploi
54:28et des questions de base
54:30que les jeunes se posaient
54:31c'est quoi
54:31un bulletin
54:32de salaire
54:33par contre
54:34c'est quoi
54:34le France Travail
54:36c'est quoi
54:37un arrêt de travail
54:38la médecine du travail
54:39toutes ces questions-là
54:40qu'on pense
54:41pour nous aujourd'hui
54:42simples de réponse
54:43pour eux
54:44c'est pas si simple que ça
54:45et on se rend compte
54:46aussi que
54:46les jeunes lambda
54:47n'ont pas non plus
54:49toutes les réponses
54:49à ces questions
54:50Est-ce que la population
54:52de déficients visuels
54:53ou de déficients définites
54:54elle est plus au chômage
54:55que les autres
54:56est-ce que ça reste
54:57une réalité ou pas ?
54:58Oui
54:59aujourd'hui c'est
54:59vraiment une réalité
55:01on essaie nous
55:01de créer des dispositifs
55:02dans l'establissement
55:03pour l'insertion de l'emploi
55:04mais on sent que c'est
55:05toujours un frein
55:0610 ans après avoir créé
55:08un service
55:09aujourd'hui
55:10on se repose encore
55:10les questions
55:11avec les acteurs locaux
55:12avec les entreprises
55:13notamment en termes
55:14on le voit bien
55:14d'accessibilité numérique
55:15pour les déficients visuels
55:16où il faut adapter les postes
55:19et c'est compliqué
55:19et puis pour les déficients auditifs
55:21quelqu'un qui est sourd
55:22avec la langue des signes française
55:23comment communiquer
55:25avec l'autre
55:25et on se rend compte
55:26que souvent
55:26ils ont un emploi
55:27et on les retrouve
55:28trois mois après
55:29au chômage
55:29Un mot du modèle économique
55:32de Sens
55:33vous l'avez dit
55:33c'est une application
55:35100% gratuite
55:36comment vous la financez ?
55:37Eh bien en gros
55:38on est allant chercher
55:39les partenaires
55:39aujourd'hui on a des partenaires
55:41vraiment solides
55:42qui nous ont suivi
55:43la fondation Visio
55:44la fondation pour l'audition
55:45la mutualité française
55:46et les seuls bénéfiques
55:48qu'on va avoir
55:49c'est vraiment le bénéfice humain
55:49c'est-à-dire que tout l'argent
55:51qu'on récupère de partenaires
55:52on le réinvestit
55:53dans le développement
55:53de l'application
55:54c'est vraiment
55:54l'objectif pour nous
55:56c'est améliorer leur quotidien
55:58Un dernier mot
55:58tiens sur les données
56:00parce que j'imagine
56:00qu'il y a des données personnelles
56:02d'utilisateurs
56:03comment vous les protégez
56:06comment vous les utilisez ?
56:07Alors justement
56:08on n'a pas de données personnelles
56:09c'est vraiment le but
56:10aujourd'hui
56:11on a des données
56:12on va dire chiffrées
56:13sur les téléchargements
56:14ou autres
56:14mais on ne rentre pas
56:15de données personnelles
56:16tête à terme
56:17sur les futurs développements
56:18la seule donnée qu'on demandera
56:19c'est peut-être l'âge
56:19parce qu'aujourd'hui
56:20on a des questions
56:20de personnes plus âgées
56:21qui ont des questions
56:23par exemple
56:24sur quand je deviens parent
56:25ce à quoi j'ai le droit
56:27ou la question de la retraite
56:28une fois qu'on est en retraite
56:29il y a plein de choses
56:30plein de démarches à faire
56:31ça sera peut-être
56:31une nouvelle thématique
56:32donc la tranche d'âge
56:33pourra aussi permettre
56:34de filtrer à terme
56:35peut-être les thématiques
56:36qui ressortiront
56:37sur l'application
56:37Merci beaucoup
56:38Frédéric Allais
56:39bon vent à votre application
56:41sens à bientôt
56:43sur Bsmart4Change
56:44Voilà c'est la fin
56:44de ce Smart Impact
56:46Merci à toutes et à tous
56:47de votre fidélité
56:48à Bsmart4Change
56:50J'y arrive
56:50Salut
56:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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