- il y a 8 mois
Mercredi 7 janvier 2026, retrouvez Malo Bourel (Responsable Affaires publiques, Mouvement Impact France), Anne-Carole Coën (Cofondatrice, Kolet), Paul Le Dantec (Président, Ekho) et Corinne Lepage (avocate) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif et voici le sommaire.
00:15C'est l'avocate et ancienne ministre Corinne Lepage qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes, pour parler notamment des crédits carbone.
00:24Est-ce un risque ou une solution ? Elle vient d'y consacrer un livre très instructif.
00:28Auparavant, je reçois Malou Gourel, responsable des affaires publiques du mouvement Impact France.
00:33On parlera de l'avenir du pacte vert européen. Est-ce encore possible de simplifier les règlements sans renoncer à l'ambition environnementale de l'Union Européenne ?
00:42Réponse juste après ces titres. Dans notre débat, je vous propose de partir vers le secteur des télécoms.
00:50On verra comment le verdir, comment le rendre plus transparent.
00:52Et puis dans notre rubrique consacrée aux start-up éco-responsables, vous découvrirez Bioteos et ses purificateurs d'air à base d'algues.
01:03Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:05L'invité de ce Smart Impact, c'est Malou Gourel, bonjour.
01:15Bonjour.
01:16Vous êtes le responsable des affaires publiques du mouvement Impact France.
01:19On enregistre cette interview alors qu'on apprend qu'on va démarrer.
01:23On démarre cette année 2026 sans budget.
01:26Ce climat d'incertitude qui n'est pas nouveau, qui dure depuis 18 mois, depuis la dissolution, qu'est-ce qu'il provoque pour les entreprises ?
01:39Effectivement, ça fait maintenant plusieurs mois qu'on est dans une situation d'instabilité politique au niveau français et qu'il y a des conséquences très concrètes sur les entreprises, sur les dirigeants d'entreprises.
01:51Cette incertitude, elle a des répercussions directes sur les décisions qui sont prises par les entreprises, sur les investissements qu'elles font ou qu'elles ne font pas en ce moment,
02:02puisque quand on est dirigeant d'entreprises, on a besoin de pouvoir se projeter dans l'avenir.
02:07On a besoin d'avoir un cadre collectif qui soit partagé, qui puisse donner de la visibilité sur le court, le moyen, mais le long terme aussi, d'avoir un cap qui soit partagé.
02:18Et effectivement, la non-conclusion de la CMP aujourd'hui sur le budget...
02:25Donc la commission mixte paritaire sur le budget, député, sénateur, incapable de se mettre d'accord, ça provoque ce que, a priori, mais ça provoque l'hypothèse d'une loi spéciale,
02:35c'est-à-dire qu'en fait, on reconduit le budget de l'année précédente, il y a des secteurs, je vais penser par exemple à l'industrie de la défense, qui dépend beaucoup de commandes de l'État,
02:44bon ben voilà, c'est des milliards d'euros qui ne viendront pas.
02:47Complètement, et ça a des conséquences sur, vous parliez du secteur de la défense, en réalité ça a des conséquences sur tous les secteurs, toutes les filières de l'économie,
02:54et c'est bien regrettable.
02:56On a un enjeu aujourd'hui à retrouver un cap, retrouver une manière d'avancer ensemble,
03:04et ça doit passer, au vu de la situation et de la fragmentation de l'Assemblée nationale aujourd'hui,
03:08par des compromis, par un sens de la responsabilité au niveau du Parlement européen et des décideurs politiques,
03:16parce qu'on est dans une situation où on a vraiment besoin d'avancer aujourd'hui.
03:19Alors justement, et on attend beaucoup, également, vous avez commencé à l'évoquer, au niveau européen, des clarifications.
03:27Alors, il y a eu un vote le 13 novembre, l'adoption de la loi dite Omnibus,
03:32avec un potentiel retour en arrière sur un certain nombre d'ambitions environnementales du Green Deal, du pacte vert.
03:40Bon, il y a le Trilogue, donc ces réunions des représentants des États,
03:46chef d'État, chef de gouvernement, du Parlement et de la Commission européenne.
03:48Est-ce qu'il y a encore de l'espoir de redonner un peu d'ambition à ce pacte vert ?
03:54Il y a toujours de l'espoir, il faut toujours garder l'espoir.
03:58En réalité, ce qu'on voit, de manière générale, vous parliez d'Omnibus,
04:01c'est le premier grand acte politique du nouveau mandat de la Commission européenne, du Parlement européen,
04:09et du nouvel agenda européen, qui, après 5-6 années de pacte vert,
04:14de grandes réglementations vraiment structurantes pour ancrer cette transition environnementale et sociale
04:21au cœur de l'économie et au cœur de la société,
04:24on a un contexte économique qui est compliqué aujourd'hui,
04:28une croissance qui est en réalité en perte de vitesse,
04:31un tissu industriel qui se délite,
04:34et un nouvel agenda de la Commission européenne, en conséquence,
04:36qui vise à faire de la simplification un levier de compétitivité.
04:41En réalité...
04:43En considérant que le droit de l'environnement est celui qui complique le plus la vie des entreprises.
04:47C'est un peu, je schématise, mais pas loi.
04:50Exactement.
04:51Et ce qui est assez...
04:54Alors, la simplification en soi, ce n'est pas une mauvaise chose.
04:57Il y a quand même un consensus, de manière générale, dans le monde économique,
05:00quand on parle aux dirigeants,
05:01de complexité, de processus qui peuvent être parfois trop lourds,
05:05et donc c'est une réalité.
05:06Par contre, on ne peut pas en faire une vision politique.
05:10Il y a un enjeu de savoir qu'est-ce qu'on veut faire de cette simplification,
05:13et c'est peut-être l'impensé aujourd'hui au niveau européen.
05:16Est-ce qu'on souhaite déréguler ?
05:19Est-ce qu'on souhaite considérer que toute norme environnementale et sociale est mauvaise par principe ?
05:24Ou alors, est-ce qu'on veut aller dans une approche du cas par cas,
05:26pour considérer que peut-être sur certains processus,
05:30sur certaines procédures, on a trop de complexité et on veut...
05:34Oui.
05:34Alors, on va prendre un exemple.
05:36La CSRD, le bilan extra-financier.
05:41Bon, si rien ne bouge, il va de fait être réservé aux très grandes entreprises.
05:47Alors, certes, là encore, l'obligation, les 800 pages,
05:53la complexité de cette réglementation, elle est réelle,
05:58et beaucoup de chaînes d'entreprise disaient que c'est trop compliqué.
06:01Mais là, on est dans un retour de balancier tel que,
06:05si on réserve la CSRD aux très grandes entreprises,
06:08est-ce qu'on ne vide pas, finalement, cette réforme de sa substance ?
06:11C'est effectivement une bonne question.
06:13Je pense qu'il faut prendre la CSRD, prendre aussi le devoir de vigilance,
06:16et voir ce qui a été fait.
06:19Nous, depuis le début, on a alerté sur le fait que,
06:23bien sûr, il fallait aller vers un alignement,
06:26vers les réalités opérationnelles de ces réglementations.
06:28Il y avait quand même certaines lourdeurs sur la CSRD,
06:31sur le devoir de vigilance,
06:32mais il ne fallait pas vider de sa substance,
06:34notamment les ambitions de ces réglementations.
06:36Et on alertait, dès janvier, dès février,
06:39sur les risques potentiels qu'une réouverture sans étude d'impact
06:43et sans prise en compte des nouvelles réalités politiques
06:45au Parlement européen pouvait entraîner.
06:47Et on voit le résultat, aujourd'hui,
06:50avec une nouvelle alliance au Parlement européen
06:51entre une partie des libéraux,
06:54la droite conservatrice et le PPE,
06:56et les groupes d'extrême droite sur la CSRD,
07:01sur le devoir de vigilance,
07:02et sur, globalement, une grande partie,
07:04et on va voir ça aussi dans les semaines et les mois qui viennent,
07:07des textes qui ont des ambitions en matière de durabilité,
07:10de protection de l'environnement,
07:11qui a conduit, véritablement,
07:13à un affaiblissement stratégique de ces directives,
07:16qui sont des directives qui, pourtant,
07:19ont pour objectif de protéger nos entreprises,
07:22de les guider sur le chemin de la transition,
07:24de leur permettre d'avoir une grille de lecture commune
07:26pour mieux anticiper les risques,
07:28pour mieux piloter leurs activités.
07:30Donc, effectivement, on voit qu'il y a pas mal de choses
07:33qui n'ont pas été prises en compte
07:35au moment de la réouverture totale,
07:36et on voit, aujourd'hui, le résultat
07:37avec cet accord définitif
07:40qui a été validé par le Parlement européen
07:42il y a quelques jours, maintenant.
07:44Il est encore temps de faire évoluer cette décision,
07:48ou c'est trop tard ?
07:49Alors, là, aujourd'hui,
07:50on est au terme du processus décisionnel.
07:53On a eu un trilogue qui a eu lieu il y a quelques semaines.
07:56Donc, logiquement,
07:58l'accord définitif va être promulgué au niveau européen.
08:02Là où c'est encore intéressant,
08:04c'est sur les indicateurs de la CSRD,
08:06donc les indicateurs environnementaux, sociaux,
08:08sur lesquels les entreprises vont devoir reporter,
08:11vont devoir faire preuve de transparence.
08:13Et on a eu une réforme qui est en cours
08:15au niveau de la Commission européenne
08:16avec un premier draft,
08:19si on peut appeler ça comme ça,
08:21qui a été publié par l'EFRAC,
08:23qui doit être validé par la Commission européenne
08:25dans les prochaines semaines.
08:26Alors, l'Europe qui se présentait comme un peu le continent
08:30le mieux disant en matière de transformation environnementale
08:34est en train de faire marche arrière,
08:37en tout cas de mettre un sérieux coup de frein.
08:38Est-ce que ce n'est pas le mauvais timing,
08:40alors qu'à l'inverse,
08:42la Chine est en train d'accélérer sur ces questions-là ?
08:46Et non, alors là, c'est vraiment purement et simplement
08:48de gagner des parts de marché
08:50sur tout ce qui concerne notamment les énergies renouvelables.
08:53C'est sûr, et c'est encore une fois,
08:55et on peut le déplorer,
08:57le choix globalement du court terme
08:59qui a été fait et qui est fait depuis quelques semaines
09:02au niveau européen,
09:04au niveau français aussi en réalité.
09:07Je pense que quand on parle de simplification,
09:10quand on parle de dérégulation,
09:11on passe à côté quand même d'un enjeu qui est majeur
09:14et qui devrait tous nous alerter,
09:16c'est quel modèle de société,
09:18quel modèle économique on a envie d'avoir en Europe
09:20et qui pourrait rivaliser avec ces puissances émergentes,
09:22avec la Chine, avec les États-Unis.
09:25La question en réalité, elle n'est pas très compliquée.
09:27On a globalement deux solutions.
09:29La première, c'est est-ce qu'on préfère aller
09:31vers un modèle de compétitivité
09:32qui se fonde sur le bas prix,
09:34qui se fonde sur le moins-disant écologique et social,
09:37qui favorise globalement quand même
09:40les délocalisations dans les pays
09:42où la main-d'œuvre est moins chère,
09:44ou est-ce qu'on décide de faire en sorte
09:45que nos atouts,
09:48que ce qu'on sait faire de mieux en Europe,
09:50c'est-à-dire la qualité sociale, sanitaire, environnementale
09:53de nos produits et de nos services,
09:54deviennent des éléments véritablement différenciants
09:56et qu'on puisse avoir un modèle européen
10:01véritablement qui se distingue par cette exception-là.
10:04Et aujourd'hui, on est dans un entre-deux,
10:05on est vraiment au milieu du guet
10:06et on tend plutôt à aller vers cette première option
10:10plutôt que la seconde.
10:11Oui, parce qu'on a l'impression que finalement,
10:13ce sont plutôt les chefs d'entreprise
10:14qui disent « Attention, à force de nous imposer
10:18des réglementations,
10:19notamment des réglementations environnementales,
10:21vous allez nous affaiblir à un point tel
10:23que l'économie européenne va disparaître
10:27au profit d'autres puissances mondiales. »
10:30Vous, vous portez une voix dissonante
10:32d'une certaine façon,
10:33mais est-ce que ce n'est pas une voix minoritaire
10:35au sein des chefs d'entreprise en France ?
10:36Je ne sais pas si c'est une voix minoritaire
10:39dans la mesure où une norme environnementale
10:42est sociale, si elle n'apporte pas un gain de compétitivité,
10:45si elle n'apporte pas de la protection supplémentaire,
10:48notamment pour nos PME qui sont quand même
10:50confrontés à une concurrence assez déloyale
10:52de la part de concurrents extra-européens.
10:55Effectivement, ça pose un problème.
10:57Nous, ce qu'on dit, c'est que justement,
10:58la transition, l'impact, l'engagement des entreprises
11:01et nos standards sociaux environnementaux,
11:03ça doit devenir, ça ne va pas être une fin en soi,
11:06mais ça doit devenir de vrais avantages compétitifs
11:08pour nos entreprises.
11:08Et si les règles sont les mêmes pour tout le monde,
11:11et si ça peut procurer un avantage pour nos entreprises,
11:16je suis persuadé, et on est persuadé,
11:18que l'ensemble de l'écosystème économique français suivra.
11:21À condition que les clauses miroirs,
11:22elles soient vraiment appliquées,
11:24c'est-à-dire qu'on ferme le marché européen
11:26et ses 450 millions de consommateurs
11:28à des produits, de Chine ou d'ailleurs,
11:31qui ne répondent pas à ces critères environnementaux,
11:34dont on parle, et sociaux d'ailleurs.
11:36Il y a effectivement un sujet de réciprocité,
11:38il y a un sujet de modulation aussi,
11:41sans doute de la fiscalité,
11:43d'instaurer sans doute une forme de protectionnisme intelligent.
11:47C'est ce qui commence en réalité à être pensé au niveau européen,
11:51avec la préférence européenne,
11:53avec des propositions pour faire en sorte
11:57que les chaînes de valeur européennes,
11:59que les entreprises européennes puissent être favorisées
12:02par rapport aux entreprises extra-européennes,
12:05notamment dans la commande publique.
12:06Donc on voit qu'il y a quand même un chemin,
12:08on voit qu'il y a de plus en plus un consensus
12:10quand même politique sur ces sujets-là.
12:12On l'a vu en France sur la loi Fast Fashion,
12:14où on a eu un consensus entre tous les partis
12:16du Parlement français
12:18sur la volonté d'instaurer un mécanisme de bonus-malus
12:22pour faire en sorte que,
12:23on puisse sans doute pénaliser Chine et Tému,
12:27et faire en sorte que cet argent qui soit récupéré
12:30puisse aller dans les poches
12:33et puisse soutenir l'industrie française,
12:35puisse soutenir le made in France et le made in Europe.
12:38Donc on voit qu'il y a quand même un chemin
12:39qui peut créer du consensus.
12:40Merci beaucoup Malou Borel et à bientôt
12:43sur Be Smart for Change.
12:44On passe tout de suite à notre débat,
12:46le secteur des télécoms en question.
12:54Le débat de ce Smart Impact,
12:56on parle télécom avec Anne-Carle Keun.
12:58Bonjour.
12:59Bonjour.
12:59Bienvenue, vous êtes la cofondatrice de Colette
13:01et Paul Le Dantec, bonjour.
13:02Bienvenue à vous aussi,
13:03le président d'Eco.
13:04On va présenter vos entreprises respectives.
13:06Colette, en quelques mots ?
13:08Alors, Colette, c'est une application
13:09pour donner accès à Internet
13:12à tous les voyageurs
13:13pour que ça soit facile, simple,
13:15accessible et responsable.
13:17D'accord.
13:17Et Eco ?
13:18Donc Eco, une société de conseil en RSE
13:21spécialisée dans les infrastructures numériques.
13:24D'accord.
13:25Et donc, on va vraiment ensemble
13:27creuser ces enjeux
13:28de transformation environnementale
13:31du secteur des télécoms.
13:32Tiens, un chiffre sur la consommation numérique
13:34des Français en 2024.
13:36Chaque Français consommait en moyenne 17.
13:39Géo, c'est quoi déjà ?
13:40Giga.
13:41Giga octets par mois, merci beaucoup.
13:43Contre 8 en 2018.
13:45C'est exponentiel ?
13:47C'est-à-dire que ça va continuer
13:48d'augmenter dans les prochaines années ?
13:49On peut déjà le dire ?
13:50On peut l'imaginer.
13:51En tout cas, Internet est vraiment
13:53dans la vie de chacun d'entre nous
13:55et on en a besoin pour tout.
13:56Spéciellement quand on voyage,
13:58c'est vrai que contacter ses proches,
14:01trouver son chemin,
14:03trouver le restaurant qui va bien,
14:06les transports,
14:07aujourd'hui, on aurait du mal
14:09à se passer d'Internet, je crois.
14:10Et l'intelligence artificielle
14:12qu'on peut rajouter à l'équation,
14:13il va encore faire augmenter,
14:15parce que quand on voit en quelques mois
14:17à quel point l'usage de l'IA générative
14:20est rentré dans nos vies,
14:21c'est une technologie
14:23qui est consommatrice d'énergie.
14:25Il ne faut jamais l'oublier.
14:26C'est d'énergie, de données,
14:28donc de capacités réseaux.
14:30Et donc, c'est un des enjeux,
14:32une des raisons d'être de ma société,
14:34c'est de présenter les solutions
14:37et de regarder objectivement
14:40quelle est la situation,
14:41quelles sont les limites planétaires,
14:42comment le numérique impacte.
14:44Et du coup, peut-être travailler
14:46sur la sobriété des usages,
14:48qui ne va pas dans le bon sens
14:49par rapport à la tendance effectivement
14:50qui va vers l'évolution exponentielle
14:53de la donnée.
14:54Alors, il y a nos usages,
14:55et puis il y a comment le secteur
14:57aborde ces questions
14:59de transformation environnementale
15:01ou de réduction de son impact.
15:02Qu'est-ce que vous voyez émerger, vous ?
15:05Alors, déjà, on est sur un sujet
15:06qui était très peu regardé
15:10jusqu'il n'y a pas très longtemps,
15:12à part des grands opérateurs
15:13qui avaient des obligations réglementaires.
15:15C'était souvent traité au niveau
15:17de la communication.
15:19Et ce qu'on constate depuis 3-4 ans,
15:21c'est qu'il y a massivement,
15:22de la part de tout l'écosystème,
15:24une prise de conscience,
15:25alors par la réglementation,
15:27mais aussi par les marchés,
15:28et aussi la prise de conscience
15:30de certaines entreprises à impact
15:32qui se développent de plus en plus
15:33pour pouvoir considérer
15:35le sujet de la RSE,
15:36en particulier environnementale,
15:38mais pas que,
15:38et pouvoir travailler là-dessus
15:40collectivement,
15:41alors qu'avant,
15:42c'était plutôt du travail indépendant
15:44de certains opérateurs isolés.
15:46Est-ce que ça fait partie
15:47de vos arguments,
15:50des solutions que vous proposez
15:52à vos clients,
15:54l'intégration des enjeux
15:56de transformation environnementale
15:58dans vos offres ?
15:59Alors, oui,
15:59on a beaucoup d'éducation
16:01à faire pour nos clients.
16:03Donc, la première chose,
16:04c'est intéressant
16:05de regarder la différence,
16:08en fait,
16:08entre la couverture réseau
16:10et la capacité
16:11à se connecter à Internet.
16:12Aujourd'hui, en France,
16:13il y a 8 millions de personnes
16:15qui sont illettrées du numérique,
16:17si je peux dire,
16:18si je puis dire ça.
16:20Donc, nous...
16:20Ils n'ont pas accès
16:21à un réseau Internet ?
16:21Non, ils ont accès,
16:22mais ils ne savent pas
16:23comment y avoir accès.
16:24Et donc, du coup,
16:25l'eSIM, déjà,
16:25c'est une notion qui fait peur.
16:27Peu de gens connaissent
16:28ce qu'est une eSIM.
16:29Et donc, le fait...
16:30C'est quoi une eSIM ?
16:31Une eSIM, c'est très simple.
16:32C'est comme une SIM physique,
16:33sauf que tout est digitalisé.
16:34Comme une petite carte SIM physique,
16:36c'est ce que vous proposez.
16:38Exactement.
16:38C'est des réglages
16:38à faire dans votre téléphone,
16:40mais c'est vrai que ça peut faire peur
16:41pour beaucoup d'entre nous
16:42qui ne sommes pas forcément
16:44à l'aise avec la technologie.
16:45Donc, notre premier enjeu
16:46chez Colette,
16:47c'est de vraiment éduquer
16:49ces gens-là
16:49et de se dire,
16:50en fait,
16:50ce n'est pas réservé
16:52à des gens
16:52qui sont très digital natives.
16:55C'est pour de 7 à 77 ans,
16:57n'importe qui va être en capacité
16:59de pouvoir installer cette eSIM.
17:00Et comment ?
17:01En leur donnant
17:02des petits tutoriels,
17:03des pas à pas,
17:04en les guidant.
17:05On a aujourd'hui
17:06un service client
17:07qui est disponible 24-7
17:08dans toutes les langues.
17:09On va faire bientôt
17:10de la voie, justement,
17:12qui va permettre de guider
17:13avec de l'intelligence artificielle
17:15pour savoir
17:16quels sont les paramètres
17:17à installer.
17:18Donc, vraiment,
17:18on essaye d'accompagner
17:19les gens
17:20pour comprendre
17:21comment ce nouvel usage
17:23peut être intégré
17:23dans les habitudes.
17:25Par définition,
17:26son impact environnemental
17:29est moindre ?
17:3046% de moins
17:31d'émissions de CO2
17:32unissime versus
17:33une SIM classique.
17:35il n'y a pas la production,
17:36il n'y a pas le transport,
17:37il n'y a pas le coût du plastique.
17:39Donc, oui,
17:40nous, notre enjeu,
17:40c'est vraiment
17:41de faire en sorte
17:42que ça devienne
17:43un usage
17:45et que tous les constructeurs
17:46et les opérateurs
17:47ne parlent que d'eSIM.
17:49Et l'iPhone avec l'iPhone Air
17:51a fait le premier pas
17:52puisque c'est un téléphone
17:53100% eSIM aujourd'hui.
17:55Si on parle d'une autre thématique
17:57qui est 5G, 4G,
17:59qu'est-ce qui consomme
18:02le moins d'énergie ?
18:04Alors, il y a plusieurs réponses
18:06à ça.
18:07La technologie 5G
18:08permet d'être plus efficace
18:10en énergie,
18:12en consommation énergétique
18:14par gigaoctet transporté.
18:15Le problème,
18:17c'est que la 5G
18:18ouvre,
18:20alors le problème,
18:20je ne sais pas si c'est un problème,
18:21mais en tout cas,
18:22la situation,
18:22c'est que ça ouvre
18:23à des usages supplémentaires.
18:24Donc, il y a ce fameux effet rebond
18:25qui fait que finalement,
18:27il y a une explosion des usages,
18:28donc une explosion
18:29de la consommation quand même.
18:30L'autre problématique qu'il y a,
18:32c'est que les technologies
18:33viennent en accumulation.
18:35Oui,
18:35ce n'est pas parce que
18:36ça ne remplace pas
18:37la 4G,
18:38c'est ça.
18:39Parce qu'il y a la compatibilité
18:40des terminaux,
18:41parce qu'il y a une histoire
18:41de capacité du réseau,
18:42enfin, plein de raisons à ça.
18:44Il y a des sujets
18:45d'extinction
18:45des premières technologies,
18:472G, 3G,
18:48mais pour l'instant,
18:49on est plutôt dans
18:50l'accumulation
18:51des technologies là-dessus.
18:52Oui,
18:52effectivement.
18:54Il y a plein de questions
18:55autour du secteur
18:56des télécoms.
18:57Donc là,
18:58on a parlé de 5G,
18:584G,
18:59on peut parler de recyclage,
19:01de reconditionnement
19:02des équipements électroniques.
19:03Moi,
19:03il y a une expression
19:04que j'emploie souvent ici
19:06qui est la logique
19:07de mine urbaine.
19:09Est-ce que c'est totalement
19:11infinitésimale aujourd'hui
19:12ou est-ce que c'est en train
19:13de prendre de la place ?
19:15Le fait de pouvoir
19:17recycler,
19:18reconditionner
19:19des équipements
19:20et éventuellement
19:21récupérer
19:22des matériaux,
19:24des métaux rares
19:24qui sont à l'intérieur.
19:26Alors,
19:26dans les infraréseaux,
19:27il y a le réseau
19:27et il y a les terminaux.
19:30Donc,
19:30effectivement,
19:30les terminaux,
19:31c'est aujourd'hui
19:32le gros de l'impact
19:33environnemental
19:35du numérique.
19:36Donc,
19:37c'est bien
19:37qu'on prenne en considération
19:38prioritairement
19:39ces sujets-là.
19:40Ce n'est pas pour ça
19:40qu'il faut oublier le réseau.
19:42On y reviendra après.
19:44Sur les sujets
19:44des terminaux,
19:45la première chose,
19:46c'est de pouvoir
19:46augmenter la durée de vie.
19:48Plus on augmente
19:48la durée de vie,
19:49moins on va consommer
19:50une matière
19:51pour en fabriquer
19:51des nouveaux
19:52et du coup,
19:54moins on aura besoin
19:54de recycler.
19:57Le recyclage,
19:58le reconditionnement
19:59et la réutilisation
20:00des terminaux,
20:00c'est en train
20:01de se développer
20:01mais ça a ses limites.
20:03Donc,
20:03vraiment,
20:03déjà,
20:04essayer de moins changer
20:05de terminaux
20:06et d'augmenter
20:06la durée de vie,
20:07c'est ça la priorité
20:08mais c'est pas mal
20:09en train de se développer.
20:10Sur les infrastructures réseau,
20:12c'est un peu moins le cas.
20:13On a quand même tendance
20:14à avoir des besoins
20:15croissants
20:16en termes de capacité,
20:17en termes de technologie
20:18donc il y a tendance
20:19à avoir plutôt
20:20des équipements neufs.
20:22Ces équipements neufs
20:23peuvent être faits
20:23à partir de matériaux
20:25reconditionnés
20:25mais c'est encore
20:26assez limité.
20:27Pour l'instant,
20:28les opérateurs télécoms
20:30qui soient dans les réseaux
20:31grands publics
20:32ou les réseaux entreprises
20:33ont tendance
20:33à utiliser des équipements neufs
20:35et les équipements
20:36en fin de vie
20:36ne sont pas encore
20:37vraiment dans un cycle
20:38verteux
20:39de reconditionnement
20:40voire même de recyclage
20:42mais c'est en train
20:42d'arriver petit à petit.
20:44Est-ce qu'on est toujours
20:45dans une logique
20:45d'obsolescence rapide
20:47des smartphones ?
20:49C'est vrai qu'on est rentré
20:50dans cette économie
20:51par l'habitude
20:54de changer son smartphone
20:56le plus souvent possible,
20:59de courir après la nouveauté.
21:01Est-ce que c'est encore la norme
21:02ou est-ce que c'est quand même
21:03en train de changer ?
21:05C'est ce que dit Paul.
21:06C'est vrai qu'on est toujours
21:08en recherche
21:09de la dernière nouveauté
21:11mais je pense qu'il y a
21:11une prise de conscience
21:12qui est en train de se faire.
21:13Et donc du coup,
21:14aujourd'hui,
21:15on voit le reconditionné
21:16explose.
21:17Donc les gens ont
21:18beaucoup plus conscience
21:19du fait que c'est important
21:20qu'on peut réparer,
21:22qu'on peut acheter
21:23en reconditionné
21:23et ça,
21:24ça va vraiment dans le bon sens.
21:26Nous, c'est vrai que chez Colette,
21:28on a besoin de téléphones compatibles.
21:30Donc c'est plutôt des téléphones
21:31nouvelle génération.
21:33Mais c'est vrai qu'une fois
21:34qu'on a cette compatibilité
21:36qui est en train de vraiment
21:37augmenter de manière significative,
21:39ensuite,
21:39on peut garder son téléphone.
21:41Et nous,
21:41ce qu'on disait avant Plateau,
21:44on a une eSIM unique.
21:45Donc on n'a pas besoin
21:46de rechanger d'eSIM
21:47à chaque fois qu'on change de pays.
21:49Donc ça,
21:49ça participe justement
21:51à la sobriété numérique.
21:52Alors, vous proposez à vos clients
21:53de faire don
21:54de leur data non utilisée,
21:56c'est ça ?
21:56Oui, exactement.
21:57De quoi on parle ?
21:58Alors, de quoi on parle ?
21:59Déjà, on a une fonctionnalité
22:00qui permet de partager de la data
22:02avec n'importe qui.
22:04Donc l'objectif,
22:04c'est vraiment
22:05d'aller à l'opposé
22:06de ce qui s'est fait
22:07chez les opérateurs,
22:08c'est-à-dire
22:08on va donner de l'accessibilité
22:10la plus totale
22:11et on va donner la possibilité
22:14de plus vous acheter
22:15de gigaoctets,
22:16moins c'est cher.
22:17Donc du coup,
22:18le fait de pouvoir acheter
22:19des gros paquets de giga,
22:20si je puis dire,
22:21va vous permettre
22:23de partager
22:23avec votre famille,
22:25vos proches
22:25et donc vous allez
22:26leur envoyer de la data
22:28mais pas uniquement
22:29votre famille et vos proches,
22:30une association.
22:32À partir du moment
22:33où vous avez un email,
22:35vous pouvez leur partager
22:36très facilement de la data.
22:37Et donc du coup,
22:38ça va permettre
22:38de petit à petit
22:40œuvrer pour réduire
22:42cette fracture numérique.
22:43Encore une fois,
22:43on l'a dit,
22:44en France,
22:448 millions de personnes
22:45qui ne savent pas
22:46utiliser Internet.
22:47dans le monde,
22:483 milliards de personnes
22:49qui n'ont pas accès
22:50à Internet,
22:51c'est énorme.
22:51Donc notre enjeu
22:52chez Colette,
22:53c'est aussi de participer
22:54à réduire
22:55cette fracture numérique.
22:56Donc on essaye de le faire,
22:58on est au tout début,
22:59on veut également
23:00travailler avec des associations,
23:01les pouvoirs publics
23:02pour que tout cela change
23:04parce que,
23:05comme on l'a dit
23:05au début du débat,
23:07Internet,
23:07c'est un outil
23:08d'ouverture sur le monde,
23:10sur l'éducation,
23:10sur beaucoup de choses.
23:11Bien sûr.
23:12Je vois qu'on parle
23:14des labels,
23:14qu'on ouvre un chapitre
23:15consacré aux labels,
23:16aux normes environnementales.
23:20Comment vous les évaluez,
23:21Paul Odantèque ?
23:22Est-ce qu'ils sont suffisants
23:23pour transformer durablement
23:26ce secteur des télécoms ?
23:28Alors déjà,
23:28les labels,
23:30à quoi ils servent ?
23:31Ils servent à avoir un tampon
23:33qui valide le fait
23:35que l'entreprise travaille
23:37de manière respectueuse
23:39des critères de la RSE.
23:41Il y en a plusieurs.
23:44Souvent,
23:44c'est des labels généralistes.
23:45On parlait tout à l'heure
23:46de Bicorp,
23:47qui est un label
23:47très international.
23:49Donc ça,
23:49vous en parliez
23:50avant l'émission.
23:51Donc vous nous expliquerez
23:52pourquoi vous avez choisi
23:53d'aller à Bicorp.
23:54On en parlait avant l'émission.
23:57En France,
23:59des labels dans les télécoms,
24:00il n'y en a pas.
24:01Il y a le label numérique responsable
24:03qui est plutôt
24:04sur les services numériques.
24:06Qu'il en faudrait ?
24:07Alors,
24:08c'est une vraie question.
24:09Aujourd'hui,
24:10la priorité,
24:12c'est surtout
24:12qu'on puisse travailler
24:12collectivement,
24:13qu'on évalue les choses
24:14de la même manière
24:15et qu'on ait le même niveau
24:17de maturité sur les sujets,
24:18qu'on puisse travailler
24:19vraiment sur toute la chaîne
24:20de valeur,
24:21puisqu'on est dans
24:22une organisation
24:22assez complexe,
24:23les télécoms,
24:24qui fédère
24:25un certain nombre
24:25d'entreprises,
24:26des très petites,
24:27des moyennes
24:27et des grandes entreprises
24:28qui travaillent entre elles
24:29et qui doivent travailler
24:30de manière verteuse entre elles.
24:32Donc c'est ça la priorité.
24:33Après,
24:33je comprends qu'il y a
24:34un moment donné
24:34où il faille justifier
24:35par des tampons,
24:36par des labels,
24:37les choses.
24:38Aujourd'hui,
24:38il y a quelque chose
24:39qui est assez standard
24:40dans les télécoms,
24:41c'est plutôt de la notation
24:42et une notation Ecovadis,
24:44notamment parce qu'ils ont
24:45des connecteurs
24:46qui viennent vérifier
24:47en interconnection,
24:49en relation client-fournisseur,
24:51ce que fait bien
24:51ou mal
24:52les clients et les fournisseurs.
24:53Et alors,
24:53vous avez fait le choix
24:54du label Bicorp,
24:56pourquoi ?
24:57Parce qu'on est
24:57une entreprise internationale,
24:59donc Colette est présente
24:59dans plus de 190 pays,
25:01donc c'était très important
25:02pour nous
25:02de pouvoir avoir un label
25:04qui est reconnu mondialement,
25:05ce qui est le cas de Bicorp.
25:07On travaille avec des entreprises
25:08partout dans le monde
25:09et donc du coup,
25:11le fait de décider
25:12dès le début de l'entreprise
25:13de mettre Bicorp
25:15dans la roadmap,
25:17ça nous a permis
25:17de vraiment
25:18se positionner
25:19très bien
25:20sur les questions
25:21de gouvernance,
25:22de parties provenantes
25:23de clients.
25:24C'est un outil de progression aussi,
25:25on a une note
25:26et on essaye de l'améliorer.
25:27Exactement,
25:27on doit avoir
25:28minimum 80 points,
25:30alors le système
25:30est en train de changer,
25:31minimum 80 points
25:32et puis on soumet,
25:33on est audité,
25:34nous on est dans
25:34la phase d'audit,
25:35donc on aura,
25:36j'espère,
25:36le tampon de certification
25:38début 2026,
25:40mais c'est un cadre
25:41très intéressant
25:42pour vraiment
25:43construire
25:44une entreprise
25:45qui justement
25:46va pouvoir être
25:48plus durable.
25:48Merci beaucoup
25:49à tous les deux
25:50et à bientôt
25:51sur Bsmart4Change.
25:53C'est l'heure
25:53du grand entretien
25:54de ce Smart Impact
25:56avec Corinne Lepage.
26:01Prête pour l'impact,
26:02c'est la question
26:03que je pose
26:03chaque jour
26:04à une personnalité
26:05qui compte
26:05dans notre économie
26:07et je reçois
26:07aujourd'hui
26:08Corinne Lepage,
26:08bonjour,
26:09ravi de vous accueillir,
26:11avocate en droit
26:12de l'environnement,
26:13ancienne ministre,
26:13évidemment vous avez
26:14publié au printemps
26:15dernier,
26:16Crédit et marché carbone,
26:17risque ou solution
26:17aux éditions,
26:18la miliaison
26:19et on y s'en consacrera
26:20évidemment
26:21un chapitre important
26:22de ce grand entretien.
26:24Un mot quand même
26:24de ce climat
26:25d'incertitude politique
26:27et budgétaire
26:28qui règne en France
26:29depuis des mois.
26:32Quelles conséquences
26:33ça a ?
26:34Est-ce que vous avez
26:34l'impression
26:35que l'environnement
26:36est le grand sacrifié
26:39de l'incertitude politique ?
26:41Alors oui,
26:42mais au-delà de ça,
26:44je dirais
26:44qu'on est tous
26:45les sacrifiés
26:45de cette incertitude politique.
26:47Moi,
26:47ce qui me frappe,
26:48c'est l'atonie
26:48de l'économie.
26:49Moi,
26:49je veux bien
26:50qu'on nous annonce
26:50un taux de croissance
26:51de 0,9%.
26:52Je voudrais bien
26:53savoir où il est,
26:54peut-être dans les industries
26:54de défense,
26:55mais pour le reste,
26:56je travaille quand même
26:57beaucoup avec le monde
26:58économique,
26:58en particulier celui
27:00de l'énergie.
27:01Très franchement,
27:02c'est une catastrophe
27:03absolue.
27:04C'est-à-dire que les entreprises
27:05licencies n'ont pas
27:06de vision,
27:07on n'a pas de PPE,
27:08on n'a rien du tout.
27:10Et ce qui est vrai
27:10dans ce secteur
27:11est vrai dans
27:11beaucoup d'autres secteurs.
27:13Alors,
27:13en plus de cela,
27:14s'ajoute ce phénomène
27:15de backlash
27:16auquel vous faisiez allusion
27:17il y a un instant,
27:19qui, à mon sens,
27:21nous fait reculer
27:23gravement,
27:24non seulement
27:25pour des raisons
27:26écologiques évidentes,
27:27mais même pour des raisons
27:28économiques.
27:29C'est-à-dire que
27:30nous avions déjà
27:31du mal,
27:32en Europe,
27:33à aligner
27:34nos industries,
27:36nos activités économiques
27:38sur nos ambitions
27:39environnementales.
27:40Là, maintenant,
27:41on casse
27:42ces ambitions
27:42environnementales,
27:43c'est-à-dire que
27:44tous ceux qui ont fait
27:44des efforts,
27:45je pense en particulier
27:46à une partie
27:47de l'automobile,
27:48puisqu'on a beaucoup
27:48parlé de ça
27:49il n'y a pas longtemps,
27:50se retrouvent
27:53quelque part
27:53gorgeant comme devant,
27:54ceux qui ont fait
27:55des investissements,
27:56ça ne sert à rien.
27:57Les autres disent
27:58vous pouvez toujours courir
28:00parce que nous
28:00on ne va pas investir
28:01en ces périodes.
28:02Et donc,
28:03au lieu de regarder
28:04vers la Chine
28:05qui est en train
28:05de tailler des croupières
28:06à tout point de vue,
28:07on regarde vers
28:08les Etats-Unis
28:08qui reviennent
28:10en arrière de 30 ans.
28:12Je veux dire
28:13que tout ça
28:13est extrêmement préoccupant
28:15au-delà même
28:15de convictions environnementales.
28:17On y reviendra
28:18en détail
28:18sur ce retour de bâton
28:21et puis sur les conséquences
28:22vraiment en matière
28:24réglementaire
28:25au niveau européen.
28:28Mais alors,
28:28on va effectivement
28:29se concentrer un peu
28:29sur les stratégies énergétiques.
28:31Alors,
28:31la France a enfin publié,
28:33c'était mi-décembre,
28:34la stratégie nationale
28:35bas carbone
28:36avec plusieurs années
28:37de retard.
28:38Deux ans,
28:38un peu plus de deux ans
28:39de retard.
28:40Votre avis déjà,
28:41votre avis général
28:42sur cette stratégie ?
28:42Si vous voulez,
28:44je me suis beaucoup
28:45occupée de ce sujet
28:46parce que j'avais initié
28:48devant le Conseil d'État
28:48l'affaire Grande-Sainte
28:49qui a donné lieu
28:50à la première condamnation,
28:52enfin il y en a eu trois
28:52en réalité,
28:54du gouvernement
28:55pour qu'il suive
28:56sa trajectoire.
28:57Je viens de relancer
28:58une nouvelle procédure
28:59pour l'association APE
29:01parce que,
29:02évidemment,
29:03la trajectoire a changé
29:04puisque maintenant
29:04nous avons les objectifs
29:06qui sont passés
29:07de 40 à 55%
29:09de réduction
29:09d'émissions
29:10de gaz à effet de serre
29:10pour 2030
29:12et on n'y est évidemment
29:13pas du tout.
29:14On en est très loin.
29:14Alors la SNBC 3
29:16annonce 5% de réduction
29:17par an,
29:18moi je veux bien,
29:18on a fait un 8 cette année,
29:20d'accord.
29:21On est plutôt en train
29:22de...
29:22On est en train
29:23de dégringoler.
29:23Oui, c'est-à-dire
29:24on faisait quoi ?
29:24On a fait 4.
29:264-8 l'année précédente
29:28donc c'était plutôt pas mal
29:29et là on a dégringolé
29:31et je ne vois pas
29:31qu'on ne dégrincole pas
29:32encore un peu plus
29:33donc tout ça
29:33reste totalement théorique
29:35parce que dans le même temps
29:37il y a des incertitudes
29:38sur ma prix Fresno
29:39il y a des incertitudes
29:40sur les C2E
29:41il y en a qui veulent
29:42mettre un terme à l'ADEME
29:45je veux dire
29:45que c'est la foire
29:47de grand n'importe quoi.
29:48Donc les objectifs
29:49sont illusoires
29:50c'est quoi ?
29:51C'est un manque de moyens ?
29:53Enfin de volonté politique
29:55et donc de moyens ?
29:56Je pense que c'est l'un et l'autre
29:57alors c'est vrai
29:58que la France est dans
29:58une situation budgétaire
29:59calamiteuse
30:00tout le monde en est bien
30:02tout le monde en est bien conscient
30:03ça c'est une réalité
30:04mais au-delà de ça
30:06il n'y a pas de volonté politique
30:08mais il n'y a pas
30:08de volonté politique
30:09tout court
30:10c'est-à-dire qu'on a vraiment
30:11l'impression d'être en face
30:12d'une politique du chien crevé
30:13au fil de l'eau
30:14où on a un Premier ministre
30:16qui a des qualités
30:18d'abord c'est courageux
30:19d'accepter d'être Premier ministre
30:20de la France en ce moment
30:21franchement
30:22on peut le remercier
30:23parce que c'est pas un cadeau
30:24mais en dehors de ça
30:26il a des pressions
30:27de la droite
30:27et de l'extrême droite
30:28qui l'empêchent
30:30d'avancer
30:31notamment pour la PPE
30:32c'est une évidence
30:35et moi ce qui me frappe
30:37beaucoup
30:37c'est que
30:38ces questions environnementales
30:39qui devraient être
30:40des questions
30:41assez consensuelles
30:42en réalité
30:43parce que
30:44c'est vraiment
30:44l'intérêt général
30:45de nos générations
30:46et surtout de celles
30:47qui viennent
30:47c'est les conditions
30:49de notre développement économique
30:50c'est les conditions
30:51de notre vie
30:52tout court
30:53donc on devrait arriver
30:54à trouver des consensus
30:55devient un sujet
30:56totalement idéologique
30:57et polarisant
30:58c'est vraiment devenu
30:59et plus il est idéologique
31:01et moins on le traite
31:02donc je veux dire
31:03pour moi c'est catastrophique
31:04et la faute
31:05on revient bien sûr
31:06à l'extrême droite
31:06mais pas que
31:07je veux dire par là
31:08que les positions
31:09des écologistes
31:12Marine Tourdelier
31:13en tête
31:14mettant en avant
31:17des sujets
31:17qui n'ont strictement
31:18rien à voir
31:19avec les sujets
31:19environnementaux
31:20détournent en réalité
31:21toute une partie
31:23de l'électorat
31:24de l'électorat
31:25c'est pas très grave
31:25ils n'ont pas de voix
31:26tant pis
31:27mais donnent
31:28une connotation
31:30extrêmement marquée
31:32sur le plan politique
31:33aux questions environnementales
31:34alors que ça ne devrait
31:35pas être le cas
31:36et ça
31:36pour moi
31:37c'est vraiment catastrophique
31:38et ça se concrétise
31:41notamment
31:41dans cette PPO
31:43dont vous parliez
31:44loi de programmation
31:45pluriannuelle
31:46de l'énergie
31:48alors qu'on attend
31:49là aussi
31:49c'est l'arlésienne
31:51ça fait combien d'années
31:52deux ans et demi
31:52comme la SNBC3
31:54avec quand même
31:54un vrai sujet
31:55puisque la France
31:56veut relancer
31:56le nucléaire
31:57sauf qu'il n'y a pas de bol
31:58c'est que dans
31:58la PP2
32:00donc la précédente
32:01qui est toujours
32:02en vigueur
32:03on devait fermer
32:04je ne sais combien
32:06on était sur la logique
32:07précédente
32:0715 réacteurs
32:09donc et là
32:09on veut en construire
32:10avec en difficulté
32:12un très grand coût
32:13au moins six
32:14au moins six
32:15si nouveau
32:15et pour le secteur
32:18des énergies renouvelables
32:20quelle conséquence
32:21ça a de ne pas avoir
32:22cette vision
32:23d'avenir
32:24je dirais que
32:24pour moi
32:25il y a deux sujets
32:26il y a d'abord
32:27le sujet
32:27qui est purement
32:28celui
32:29d'ordre économique
32:30côté producteur
32:32côté offre
32:33le fait est que
32:35la plupart des projets
32:36sont à l'arrêt
32:36parce que les gens
32:37si on parle
32:40de projets
32:41individuels
32:42locaux
32:43d'autoconsommation
32:44collective
32:44qui est quand même
32:45quelque chose
32:45de très important
32:46qui a beaucoup
32:47d'avantages
32:47de sociétés
32:50locales d'énergie
32:51tout ça
32:51comme les règles
32:53du jeu
32:54les règles fiscales
32:55les règles de subvention
32:56changent tous les matins
32:57et que
32:58toutes les semaines
32:59on a un député
33:00ou un sénateur
33:01qui arrive en disant
33:02il faut mettre un moratoire
33:03sur le renouvelable
33:04il ne faut plus les aider
33:05il ne faut plus rien faire
33:06c'est pas très engageant
33:07quant aux projets
33:09les plus importants
33:10ils sortent à beaucoup
33:11de difficultés réglementaires
33:13parce qu'on a
33:14une loi d'accélération
33:15mais qui est plutôt
33:16une loi de désaccélération
33:18à mon sens
33:18c'est à dire
33:19qui bloque tout
33:20et donc mener à bien
33:21un projet aujourd'hui
33:22en France
33:23nous on accompagne
33:23énormément de sociétés
33:25notamment dans le PV
33:26dans le photovoltaïque
33:27ou dans l'agrivoltaïsme
33:28c'est franchement
33:29le parcours du combattant
33:30vous ajoutez à cela
33:31Enedis qui est médicien
33:33et qui ne raccorde pas
33:34ou qui dit
33:35je raccorderai dans 3 ans
33:364 ans 5 ans 6 ans
33:37qui bloquent les projets
33:39des collectivités territoriales
33:41j'ai au moins deux exemples
33:42sous les yeux
33:42les projets des collectivités
33:45territoriales
33:46en disant
33:46ben non pas de chance
33:47on a réservé
33:48l'accès à d'autres projets
33:50donc vous
33:50vos projets
33:51vous attendrez pour les faire
33:52ce n'est pas tolérable
33:54ça c'est du côté
33:54de l'offre
33:55si je puis dire
33:56et il y a le côté
33:56de la demande
33:57côté de la demande
33:59personne ne se pose
34:01trop la question
34:01de la position
34:02de l'utilisateur
34:04c'est pour ça
34:04que j'ai contribué
34:05à créer une association
34:06qui s'appelle
34:06Futur
34:07Fédération des utilisateurs
34:08d'énergie renouvelable
34:09parce que
34:11le point de vue
34:12des utilisateurs
34:13il est quand même
34:13très intéressant
34:14et de pouvoir
34:16se dire
34:17qu'on souhaite
34:17avoir une électricité
34:19la moins chère possible
34:20et la plus décarbonée possible
34:21c'est quand même intéressant
34:23or pour le moment
34:24l'électricité
34:25n'est pas très chère
34:25en France
34:26le prix de gros
34:27de l'électricité
34:28n'est pas cher
34:28sauf que
34:30ça va changer
34:31et ça va changer
34:31parce que
34:32l'orientation
34:33que nous prenons
34:34va faire
34:35que c'est
34:36l'usager
34:37et le contribuable
34:38qui vont payer
34:38qui vont payer
34:40un nucléaire
34:43un mégawatt-heure nucléaire
34:44à 100 euros
34:45comme on veut
34:46nous le vendre
34:47qui va en revenir
34:48à 150
34:4850 euros de différence
34:50vont être payés
34:50par qui ?
34:51Par nous et moi
34:52par le contribuable
34:53et 100 euros
34:54c'est beaucoup plus cher
34:55que ce que vous allez acheter
34:56dans quelques années
34:58votre mégawatt-heure
34:59renouvelable
35:00avec la petite batterie
35:01qui va bien
35:02donc
35:02on va vous obliger
35:04à payer
35:05en fait
35:06comme usager
35:07et comme contribuable
35:08un choix énergétique
35:10qui sur le plan
35:10de la souveraineté
35:11on peut tout à fait
35:12défendre le sujet
35:13mais sur le plan
35:14économique et financier
35:15ça ne tient pas la route
35:15un quart de seconde
35:16Alors on va parler
35:17des crédits carbone
35:18dans un instant
35:19du marché de ces crédits carbone
35:20mais je voudrais d'abord
35:21qu'on se pose
35:22pour faire un peu
35:23le bilan
35:23des accords de Paris
35:25on a fêté le 12 décembre
35:26les 10 ans
35:27de l'accord de Paris
35:28et justement
35:28celui qui était à votre place
35:29la semaine dernière
35:30Frédéric Pasture
35:31le directeur général
35:31de Columbus Café
35:33a une question à ce sujet
35:34Bonjour Corinne Lepage
35:35j'ai une question
35:36pour vous
35:37aujourd'hui
35:38on est en train
35:39de fêter les 10 ans
35:40des accords de Paris
35:41qui avaient lancé
35:42une vraie dynamique
35:43à cette époque
35:44sur tout ce que ça peut représenter
35:46en termes d'engagement
35:48de RSE
35:48de faire évoluer les choses
35:50pour protéger notre planète
35:52et je trouve qu'aujourd'hui
35:54cette dynamique
35:54s'affaiblit
35:55en tout cas ses souffles
35:56donc je voulais savoir
35:56comment
35:57vous voyez les choses
35:58comment cette dynamique
35:59pourrait être relancée
36:00aujourd'hui
36:00avec le contexte
36:01qu'on connaît
36:02et tout ce qui a été fait
36:04depuis 10 ans
36:04Merci pour cette question
36:07c'est dommage
36:08j'ai pas amené
36:09ma baguette magique
36:10bon d'abord
36:13je pense qu'il y a
36:16différents sujets
36:17le sujet des COP
36:18incontestablement
36:19ça fait 3 COP
36:20que ça marche pas
36:21regardons les choses
36:22enfin
36:22c'était pas déjà
36:24génial avant
36:24et très souvent
36:26pour avoir participé
36:27personnellement
36:27à une dizaine de COP
36:28je me suis dit
36:29dans certaines d'entre elles
36:30pas celle de Paris
36:31par exemple
36:31mais d'autres
36:32qu'on avait
36:33le tout petit avancé
36:34suffisant
36:35pour en faire une nouvelle
36:36sinon il n'y aurait pas
36:37une nouvelle COP
36:38parce que c'était bloqué
36:39en même temps
36:40c'est un des rares lieux
36:41où il y a un multilatéralisme
36:43qui fonctionne encore
36:44c'est un moment
36:45où on discute
36:46des états des lieux
36:47qui rappellent quand même
36:49un certain nombre
36:49d'évidences
36:50que certains ont tendance
36:51à oublier
36:52donc moi je suis
36:54pour maintenir ces COP
36:55mais je pense que
36:56ce qui a été envisagé
36:57au Brésil
36:57c'est à dire
36:58d'avoir en fait
36:59des COP
36:59à géométrie variable
37:00c'est à dire des gens
37:01qui sont plus engagés
37:02que d'autres
37:03et qui tirent
37:04c'est pas mal
37:05c'est ce qu'on fait en Europe
37:06en Europe
37:07l'euro c'est pas pour tout le monde
37:08c'est ceux qui ont voulu le faire
37:09mais je pense qu'il faut aller
37:10dans cette direction
37:11ça c'est le niveau
37:12multilatéral
37:13ensuite il y a le niveau
37:15des entreprises
37:16alors les entreprises
37:17évidemment
37:18il y a des
37:19attitudes très variées
37:22les entreprises
37:23liées aux fossiles
37:24c'est une catastrophe
37:24parce qu'ils continuent
37:26à investir
37:26beaucoup plus
37:27dans le fossile
37:28que dans le renouvelable
37:29et ils ont même
37:31détérioré
37:32leurs objectifs
37:34que ce soit
37:35Shell ou Total
37:35par rapport à ce qui était
37:36initialement prévu
37:37par contre
37:38dans le monde économique
37:40de manière plus large
37:41je trouve même si
37:43bien sûr je suis de très près
37:44la CSRD
37:46on va en parler
37:47de ce bilan
37:48et ce qui sera financier
37:49bien sûr
37:49bien sûr
37:50je trouve quand même
37:51que dans le monde économique
37:53ces questions là
37:54ont pris vraiment
37:55de l'ampleur
37:55il n'y a pas vraiment
37:56une entreprise aujourd'hui
37:57qui ne se pose pas
37:58la question de savoir
37:59ce que le climat
37:59va faire pour elle
38:00même si c'est une petite entreprise
38:02et puis il y a
38:03le niveau du public
38:04et même si les français
38:06ont des difficultés
38:07même si les européens
38:08ont des difficultés économiques
38:09la préoccupation
38:11climatique
38:12est devenue
38:12quelque chose
38:13de tout à fait majeur
38:14oui mais
38:14elle ne se transforme pas
38:16en bulletin de vote
38:17c'est ce qu'on a vu
38:18aux élections européennes
38:19non
38:19elle ne se transforme pas
38:20au bulletin de vote
38:21pourquoi ?
38:21parce qu'il y a
38:22d'autres préoccupations
38:24liées à la sécurité
38:26individuelle des gens
38:27liées à la géopolitique
38:30liées aux menaces
38:31de la Russie
38:32liées à la cybercriminalité
38:35liées au narcotrafic
38:36tout ça tourne autour
38:37de la sécurité
38:38qui pour les gens
38:40est vraiment
38:40extrêmement préoccupante
38:41et on peut tout à fait
38:42le comprendre
38:44sauf qu'il ne faut pas
38:45perdre de vue
38:46que les sujets
38:47dont nous parlons
38:47sont aussi des sujets
38:48de sécurité
38:49sont des sujets
38:50de sécurité
38:51d'abord de vie
38:52parce que vous risquez
38:53vous risquez
38:54un éboulement
38:55une inondation
38:56tout ce que vous voudrez
38:56mettre en votre vie
38:57en péril
38:58des sujets de santé publique
38:59vous avez entièrement raison
39:00et des sujets
39:01de modèle de développement
39:02économique
39:03le rapport de Davos
39:06l'année dernière
39:072025
39:07je n'ai pas encore vu
39:08Sud 26
39:09mettez en 2035
39:12parmi les 4 premiers risques
39:14la catastrophe climatique
39:18la pénurie de ressources
39:20qui était le numéro 2
39:22la pollution chimique
39:24qui était le numéro 3
39:26et le 4ème
39:28l'effondrement
39:29d'un écosystème
39:30et le 5ème
39:31c'était la désinformation
39:33c'était le 1er
39:34cette année
39:35donc voilà
39:36quand on se projette
39:38un peu
39:38on se rend bien compte
39:39que c'est vraiment
39:39une question de sécurité
39:41première
39:41mais c'est vrai
39:42que dans les difficultés
39:44quotidiennes
39:45que rencontrent
39:45nos concitoyens
39:46cela apparaît moins
39:48et puis
39:48il faut rendre
39:49les choses possibles
39:50elles ne le sont pas toujours
39:51alors sur le climat géopolitique
39:53vous disiez
39:54il y a quelques mois
39:55on va relire cette phrase
39:57je n'ai pas le luxe
39:58de la désespérance
39:59non
39:59j'aime beaucoup cette formule
40:00mais quand vous entendez
40:03Donald Trump
40:04à la tribune des Nations Unies
40:05dire
40:06le réchauffement
40:08c'est l'arnaque du siècle
40:09est-ce que vous n'avez pas
40:10quand même
40:11un peu de
40:11un peu de désespérance
40:13je pense qu'on ne peut pas
40:15avoir ce luxe là
40:16ce type est
40:17un danger pour l'humanité
40:20je crois que
40:21je le dis très clairement
40:22il y a des choses
40:22qui peuvent être
40:24pas mal
40:25mais franchement
40:25il n'y en a pas beaucoup
40:26enfin à mes yeux
40:26il n'y en a pas beaucoup
40:27les Américains ont le point de vue
40:29qui est le leur
40:30et que je respecte
40:31évidemment c'est la démocratie
40:32ils ont élu deux fois
40:33et la dernière encore plus massivement
40:35mais je me dis
40:35que c'est un très mauvais moment
40:36à passer
40:36mais que l'histoire
40:38est faite
40:39de mouvements pendulaires
40:41et que si
40:43effectivement
40:43le mouvement woke
40:45est allé à de telles extrémités
40:47que je comprends
40:50qu'on se révolte
40:51contre cela
40:51et ça nous entraîne
40:53à des excès
40:54majeurs
40:55comme ceux de Trump
40:56on va revenir à autre chose
40:58alors on aura perdu
40:59beaucoup de temps
41:00on aura perdu
41:01beaucoup d'argent
41:02peut-être
41:02un certain nombre de gens
41:04mais on reviendra
41:05à quelque chose
41:06de plus
41:07central
41:08pour une raison simple
41:09c'est que les faits sont têtus
41:10et que c'est pas parce que
41:11Trump dit
41:12que le dérèglement climatique
41:13est un tac annular
41:14que le dérèglement climatique
41:15ne continue pas
41:16à produire ses effets
41:17c'est tout
41:18on va parler
41:21de la question du carbone
41:22effectivement
41:23puisque vous avez publié
41:23au printemps ce livre
41:24crédit et marché carbone
41:25risque ou solution
41:26c'est édité
41:27chez l'ami
41:28liaison
41:29qu'est-ce que vous répondez
41:30tiens finalement
41:31c'est plus
41:31c'est plus une solution
41:32qu'un risque
41:33après avoir
41:34étudié précisément
41:35l'état de ce marché
41:37alors ce livre
41:38vient d'être traduit
41:39en anglais
41:39pour ceux qui ont envie
41:40de l'avoir en anglais
41:41c'est incontestablement
41:44des risques
41:46pourquoi ?
41:47d'abord parce qu'il y a eu
41:47des crédits fantômes
41:48en quantité
41:49parce que
41:51tous ces nouveaux marchés
41:53pour les margoulins
41:55c'est un lieu
41:56absolument génial
41:57parce que
41:59le marché
42:00or
42:00je parle pas
42:01des marchés étatiques
42:02c'est-à-dire
42:03l'échange de quotas d'émissions
42:04qui est très régulé
42:05où il n'y a
42:05en principe pas de problème
42:06mais
42:07les marchés volontaires
42:09c'était quand même
42:09assez peu de choses
42:10et c'est en train de changer
42:12pourquoi ?
42:13parce que
42:13les accords de Paris
42:14dont on a parlé tout à l'heure
42:15ont justement prévu
42:17une disposition
42:18qui est article 6
42:19qui organise
42:20des marchés carbone
42:22au niveau
42:22onusien
42:23au niveau planétaire
42:24et que
42:25progressivement
42:26on s'est mis d'accord
42:27sur un encadrement
42:28assez complet
42:30de ce système
42:31et donc ça va devenir
42:32quelque chose
42:32de très important
42:33donc les risques
42:34oui
42:35mais
42:35là aussi
42:36je crois qu'il n'y a pas le choix
42:37on ne peut pas se passer
42:39de ce levier
42:40non
42:40et ce n'est pas moi
42:41qui le dit
42:41c'est le GIEC
42:42pourquoi est-ce qu'on n'a pas le choix
42:44parce que
42:45pour plusieurs raisons
42:45la première
42:46il faut se souvenir
42:47quand on parle de neutralité carbone
42:49ça ne veut pas dire
42:49qu'on n'émettra plus
42:50une tonne de carbone
42:51en 2050
42:52ben oui
42:53il faut quand même rappeler
42:54cette évidence
42:55ça veut dire que
42:56chaque tonne
42:57devrait être compensée
42:58comment ?
42:59alors Mère Nature
42:59est très généreuse
43:00et nous a donné
43:01des moyens de compenser
43:02qui s'appellent
43:03la mer, le sol
43:04et la forêt
43:05sauf que pas de bol
43:06depuis une dizaine d'années
43:09ces puits de carbone
43:10c'est comme ça que ça s'appelle
43:11se détériore à une vitesse accélérée
43:13à telle enseigne
43:14que certaines forêts
43:15deviennent aujourd'hui
43:15émettrices
43:16de gaz à effet de serre
43:17et non plus captatrices
43:18de gaz à effet de serre
43:19donc
43:20si on ne veut pas doubler
43:21les efforts à faire
43:22il faut bien trouver
43:24des moyens
43:25de renforcer
43:27ces puits de carbone
43:27ça c'est le premier point
43:29le deuxième point
43:30c'est qu'on a
43:33des déséquilibres
43:35considérables
43:36entre le nord et le sud
43:37et qu'un des moyens
43:38pour le sud
43:38de faire les efforts
43:41qu'on lui demande
43:42et qui évidemment
43:43ne peuvent pas du tout
43:44être les mêmes
43:44que les nôtres
43:45c'est précisément
43:47d'utiliser au mieux
43:48des ressources naturelles
43:49extraordinaires
43:50qu'ils ont
43:51qu'il s'agisse
43:52des forêts
43:53qu'il s'agisse
43:53des mangroves
43:54un hectare de mangroves
43:57c'est 4 hectares de forêts
43:58en termes de capteurs
43:59de carbone
44:00donc
44:01de les aider
44:02à renforcer
44:03tout ce système
44:03qui va bénéficier
44:04à tout le monde
44:05et ça
44:06ça s'appelle
44:06des crédits carbone
44:07et puis
44:08il y a les évolutions
44:09technologiques
44:10certaines un peu
44:12à mon avis
44:12extrêmement dangereuses
44:14style
44:14de ce qu'on appelle
44:15la géoingénierie
44:16qui consiste
44:17à aller en semencer
44:18les nuages
44:19et je ne sais quoi
44:19qui sont irréversibles
44:22c'est à dire
44:22que si on fait une ânerie
44:23c'est pour nous
44:24on ne saura pas
44:25revenir en arrière
44:26par contre
44:27il y a des systèmes
44:28technologiques
44:28de capture du carbone
44:30et de stockage
44:31en souterrain du carbone
44:32ou de stockage
44:33dans des produits
44:34qui se développent
44:36qui sont coûteux
44:37mais qui
44:39à condition
44:40d'être encadrés
44:41et ne jamais
44:41se substituer
44:42à l'atténuation
44:43permettent
44:43à des industries
44:45qui sont très
44:46énergivores
44:47je pense à l'acier
44:48je pense à l'automobile
44:49je pense
44:50à l'aluminium
44:51etc
44:52qui permettent
44:53de compenser
44:54les émissions
44:55qu'ils ne pourront pas
44:56éviter
44:56parce qu'ils ne pourront
44:57pas les éviter
44:57alors là aussi
44:58il ne faut pas trop
44:59se bercer d'illusions
45:00et on revient à la question
45:01des risques
45:01c'est que les évaluations
45:03qui ont été faites
45:04des capacités planétaires
45:06de stockage
45:06en souterrain
45:07de ce carbone
45:07apparaissent quand même
45:09très très très
45:10surévaluées
45:10mais enfin
45:11elles existent
45:11et donc on ne peut pas
45:12s'en passer
45:13et je pense qu'on ne peut
45:14pas s'en passer
45:14mais ce qu'il faut
45:15c'est être extrêmement
45:16regardant
45:17et contrôlant
45:19sur tous ces systèmes
45:20alors on parle
45:21d'Europe là
45:22il nous reste
45:23six minutes
45:24on va ouvrir
45:24le chapitre européen
45:25puis ensuite
45:25on parlera du droit
45:26de l'environnement
45:27tiens
45:27et de votre métier
45:29d'avocate
45:29sur le retour en arrière
45:34on ne peut pas
45:35employer un autre terme
45:36sur notamment
45:37le bilan extra-financier
45:38la CSRD
45:40cette loi omnibus
45:41qui a été votée
45:42à la fin de l'année 2025
45:44alors on peut
45:46on peut le lire
45:46de deux façons
45:47on peut se dire
45:47c'est le résultat
45:48des élections européennes
45:49finalement
45:50les listes qui portaient
45:52une ambition environnementale
45:53ont perdu
45:54donc c'est logique
45:54ce qui est en train
45:55de se passer
45:55ou alors on peut
45:57l'analyser
45:57vous avez commencé
45:58à le dire tout à l'heure
45:59en parlant de la Chine
45:59comme une espèce
46:00de contresens historique
46:03de prendre ce virage
46:04aujourd'hui
46:05alors moi je pense
46:05que c'est un contresens historique
46:07mais qui s'explique
46:07précisément
46:08par l'idéologisation
46:10du sujet environnemental
46:12ce qui ne doit pas être le cas
46:13mais c'est le cas
46:14et si on a un si mauvais texte
46:16sur la CS3D
46:16la CSRD
46:17je rappelle
46:18la CS3D
46:18c'est la vigilance
46:19c'est la vigilance
46:19c'est le devoir de vigilance
46:20la CSRD a été
46:22très abîmée
46:24mais moins que
46:24la CS3D
46:25qui est vraiment
46:26réduite à sa plus simple expression
46:28c'est parce que
46:29il y avait une logique
46:30pardon je vous interrompe
46:30mais dans la CS3D
46:32dans le devoir de vigilance
46:32il y avait une logique
46:33d'extraterritorialité
46:34qui était quand même
46:35très intéressante
46:36très importante
46:36qui permettait d'avoir
46:37un levier d'efficacité
46:38à force de céder
46:39à tout ce que
46:40M. Trump demande
46:40à Mme von der Leyen
46:42on arrive à cela
46:42et à une alliance
46:44contre nature
46:45PPE
46:46extrême droite
46:47qui fait que
46:48c'est ce texte-là
46:49qui a été voté
46:50donc ce qui est très dommage
46:52c'est que
46:52la précédente législature
46:54était arrivée
46:55à quelque chose
46:55de très cohérent
46:56dans le pacte vert
46:58que ce soit la taxonomie
47:00que ce soit CSRD
47:01que ce soit CS3D
47:02que ce soit
47:03toutes les lois
47:03qui ont été votées
47:04et c'est tout ça
47:05qui est progressivement démonté
47:07c'est-à-dire qu'on va perdre
47:0810 ans
47:08ou 15 ans
47:09c'est extrêmement dommage
47:11alors moi je fais partie
47:12des gens qui sont
47:13pleins d'espoir
47:13puisque j'ai suivi
47:15la formation
47:16pour être auditeur
47:16de durabilité
47:17et que
47:18si la H2A
47:20veut bien
47:21à la fin de l'année
47:22au début de l'année prochaine
47:23nous serons
47:23le cabinet sera
47:24un des deux cabinets
47:25d'avocats français
47:26est
47:27organisme tiers indépendant
47:31et auditeur
47:32de durabilité
47:33ça veut dire
47:33qu'on y croit
47:34mais très franchement
47:36ça ne va pas
47:37dans ce sens-là
47:38mais je reviens
47:40au bilan extra-financier
47:42puisque
47:42si ça ne bouge pas
47:44ça va être réservé
47:44aux très très grandes entreprises
47:46mais
47:47d'une certaine façon
47:49les très très grandes entreprises
47:50les grands comptes
47:51elles ont des sous-traitants
47:53et par capillarité
47:54ça va arriver
47:55jusqu'au PME
47:56vous avez raison
47:57et vous avez d'autant plus raison
48:00que
48:00je vais m'expliquer
48:01dans un instant
48:02vous avez raison
48:02sur ce qu'on appelle
48:03la chaîne de valeur
48:04c'est-à-dire que
48:05les très grandes entreprises
48:06vont demander
48:06à leurs sous-traitants
48:07de leur certifier
48:10un certain nombre de choses
48:12autour du carbone
48:14autour des droits humains
48:15autour d'un certain nombre
48:16de points de l'eau
48:17par exemple
48:17qui est un sujet
48:18de plus en plus important
48:19ou de la matière première
48:20mais à cela s'ajoute
48:22le fait que
48:23l'Europe a mis au point
48:24un système
48:25qui s'appelle le VSME
48:27qui est un système
48:28d'audit de volontaires
48:30à destination des PME
48:32qui à mon avis
48:33va connaître un grand succès
48:34d'abord c'est volontaire
48:35donc c'est très malléable
48:37ensuite les données
48:39vous pouvez commencer
48:40à faire une VSME
48:41avec une douzaine de données
48:42contre 300 ESRS
48:45et on vient de 1500
48:46bon on est à 300
48:48là c'est une dizaine
48:49ou une quinzaine
48:49certains disent
48:50ouais c'est nul
48:52c'est beaucoup trop faible
48:54ben écoutez c'est déjà ça
48:55moi je vois pas
48:56des choses comme ça
48:56et donc ça oui
48:57et donc c'est volontaire
48:58et donc des entreprises
48:59qui pourront mettre en avant
49:00voilà
49:01et qui pourront faire
49:02cette VSME
49:03et donc répondre
49:05aux grandes entreprises
49:07qui leur demanderont
49:07quelque chose
49:08et d'autre part
49:09aller demander
49:10des fonds communautaires
49:11parce qu'il y en a quand même
49:12beaucoup sur ces sujets
49:13en disant
49:14ben voilà j'ai fait cet effort là
49:15donc moi je suis assez optimiste
49:17sur le fait que ce système là
49:19se développe
49:20bon je termine tiens
49:21avec une citation
49:22elle date de juin 2019
49:24et je veux savoir
49:24si vous le diriez encore
49:25aujourd'hui en France
49:26on assiste à une régression
49:27continue
49:28du droit de l'environnement
49:30voilà ce que vous disiez
49:31au monde en juin 2019
49:33est-ce que c'est toujours vrai
49:33aujourd'hui ?
49:34c'est encore pire
49:34c'est encore pire
49:35oui on a
49:36vraiment en 10 ans
49:37on a assisté
49:39à une déconstruction
49:43à échelle industrielle
49:45du droit de l'environnement français
49:47alors moi je veux bien
49:48qu'il y ait trop de normes
49:50mais oui
49:50c'est ce que j'allais vous dire
49:51et pourtant on passe
49:51notre temps à vous dire
49:52il y a trop de
49:53alors vous voyez
49:54la démocratie
49:55ce qu'on appelle
49:55la démocratie environnementale
49:56est passée à la moulinette
49:57il n'y a plus d'enquête publique
49:58c'est quasiment presque pas
50:00le champ des études d'impact
50:02c'est considérablement restreint
50:04les entreprises
50:06qui étaient soumises
50:07à autorisation
50:08ne le sont plus qu'agrément
50:09celles qui étaient agrément
50:10à simple déclaration
50:11aujourd'hui
50:12sur les grandes allées
50:13les méga fermes
50:15de milliers de bêtes
50:16on ne veut plus
50:17d'autorisation du tout
50:18quasi
50:18sur ce qui se passe
50:21sur les pesticides
50:21et la chimie
50:22c'est une catastrophe
50:23absolue
50:24absolue
50:25mais il n'y a pas
50:26que la France
50:26l'Europe aussi
50:27est en train de vouloir
50:27revenir là-dessus
50:28pourquoi c'est une catastrophe
50:30absolue ?
50:31parce que
50:31les présomptions
50:33parce que dans le domaine
50:34de la santé environnementale
50:35on n'en a jamais de preuve
50:36on n'aurait jamais la preuve
50:37que le cancer de monsieur Machin
50:38est lié à la fumée
50:39à la cigarette
50:40qu'il a fumée
50:41c'est impossible
50:41de faire la preuve
50:42par contre on peut avoir
50:43des présomptions très fortes
50:45voyez-vous
50:45sur le glyphosate
50:46je donne cet exemple-là
50:48parce qu'il est parlant
50:49l'étude principale
50:52produite en 2000
50:53qui a servi de base
50:55à toutes les autorisations
50:56de mise sur le marché
50:57vient d'être
50:58rétractée
50:59retirée
51:01pourquoi ?
51:02parce que
51:03l'organisme
51:04qu'il a publié
51:05s'est rendu compte
51:05que c'était Monsanto
51:06qui l'avait écrit
51:07et pas les auteurs
51:08que le peu
51:09que les auteurs avaient écrit
51:10ils avaient été payés
51:11par Monsanto
51:12pour le faire
51:13que troisièmement
51:14ils n'ont pas pris en compte
51:14les études existantes
51:15à la date
51:16à laquelle
51:17cette étude
51:18avait été faite
51:18et c'est l'étude de base
51:20l'étude de référence
51:21pour le glyphosate
51:22sur sa cancérogénicité
51:23et sa génotoxicité
51:25voilà
51:25donc si vous voulez
51:26quand on est dans un système
51:27pareil
51:28on ne s'interroge pas
51:30sur le point de savoir
51:30pourquoi il y a tant de cancers
51:32tant de maladies dégénératives
51:33et tant de gens
51:34qui ne sont pas bien
51:34aujourd'hui
51:35merci beaucoup
51:36Corinne Lepage
51:37et à bientôt
51:37sur Bismarck for Change
51:39on passe à notre rubrique
51:40Smartize tout de suite
51:41et à bientôt
51:43kom ...
51:43bordées
51:45la bonne
51:46chambre
51:49bat
51:54s'impliqui
51:56la bonne
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