- il y a 3 mois
Ce lundi 20 octobre, Sandra Gandoin a reçu Chloé Hermary, fondatrice & CEO chez Ada Tech School, Benoït Serre, co-président du Cercle Humania, et Christine Artus, avocate associée au cabinet K&L Gates, dans l'émission Avec vous, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business, avec vous, les réponses à toutes vos questions dans l'entreprise. Sandra Gandouin.
00:13Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette émission avec vous, l'émission de la vie en entreprise.
00:17Que vous soyez patron, salarié, indépendant, vous connaissez le principe, vous nous écrivez à cette adresse.
00:22Avec vous, on est bfmbusiness.fr, vous pouvez également scanner le QR code qui va bientôt apparaître sur votre écran et vous tomber directement sur notre messagerie.
00:32Vos questions, on les traite sur un sujet par jour et on répond tous les jours à 12h30 sur BFM Business.
00:38Aujourd'hui, cette question, la formation est-elle en danger avec l'IA, le contexte économique, les entreprises se soucient-elles encore de notre formation, de notre employabilité aussi ?
00:49On va en parler avec mes experts du jour. Clou et Hermarie, vous êtes fondatrice et CEO chez Adatech School. Bonjour, ravie de vous retrouver.
00:57Vous nous rappelez très vite ce que c'est que l'Adatech School ?
00:59Adatech School, c'est un groupe de formation dans la tech et l'IA qui est présent à Paris, Nantes et Lyon et qui forme ou des personnes à se reconvertir vers les métiers de la tech
01:07ou des personnes à monter en compétences vers les compétences numériques et IA.
01:10À vos côtés, Benoît Serc, co-président du Cercle Humania et vous avez été aussi vice-président de la NDRH, l'Association Nationale des DRH pendant 10 ans.
01:18C'est quoi le Cercle Humania, Benoît ?
01:20En fait, c'est le premier cercle de réflexion RH en France sur les sujets de travail, d'emploi, social, etc. qui réunit à peu près 700 DRH d'entreprises.
01:29Et pour les questions juridiques, on va se tourner aujourd'hui vers Christine Artus.
01:33Bonjour Christine, avocate associée au cabinet K&L Gates. Vous allez bien ?
01:37Oui, très bien. Merci Sandra.
01:39Allez, c'est parti. On entre dans le vif du sujet tout de suite avec cette question d'Adrien pour vous, Chloé.
01:43Je suis développeur depuis 10 ans. Je me demande, avec tous les nouveaux métiers de l'IA, est-ce que nos formations ne sont pas déjà dépassées ?
01:51Alors, c'est vrai que l'IA aujourd'hui pose des questions sur à la fois le contenu des formations.
02:00Moi, la conviction que j'ai, c'est qu'on a cette approche ou cette idée et cette peur en ce moment que les métiers vont disparaître.
02:06Je pense qu'on s'oriente plutôt vers une transformation des métiers, qu'il est très probable que les fondamentaux de ces métiers restent.
02:14Dans le cas, par exemple, du développement informatique, on va continuer à construire des projets informatiques,
02:20créer des solutions, concevoir des solutions à destination des utilisateurs, découper des problèmes, etc.
02:27Donc, il faut quand même se dire que les métiers vont rester les mêmes.
02:32Néanmoins, effectivement, sur les sujets d'intelligence artificielle, c'est un challenge pour les organismes de formation qui doivent adapter leur contenu.
02:39Et nous sommes les premiers touchés à Adatex School pour le faire.
02:42Et aussi, ce qu'on observe, c'est qu'à la fois, il faut être extrêmement agile pour ces organismes de formation,
02:47mais il faut aussi, pour les apprenants, être aussi en capacité à s'adapter et à percevoir que le métier va évoluer.
02:55Benoît Serre, plus généralement, cette question de l'IS, mais ça concerne tout le secteur,
03:01en quoi l'IA, justement, bouleverse la formation et l'intégration ?
03:05En fait, l'IA, il touche la formation avant, après, pendant.
03:10Notamment, l'IA est très utile pour essayer de bien identifier les besoins en formation individuelle que les gens peuvent avoir.
03:17Quelquefois, dans une organisation, on a tendance à reformer les gens à des choses qu'ils savent déjà.
03:21Donc, on ne l'a pas le temps.
03:22Donc, ça, c'est une partie de sa vertu.
03:25Ça aussi, c'est plutôt votre partie pendant la formation elle-même.
03:28Ça permet de faire un certain nombre de choses.
03:30Et après, surtout, parce que l'IA est quand même très, très utile pour évaluer le niveau d'acquisition.
03:34Et donc, autrement dit, suit le niveau de compétence dont les gens deviennent plus aisés avec l'IA.
03:38À l'inverse, on le voit déjà, l'IA pose des...
03:42Enfin, c'est pas l'IA qui pose des problèmes, les choses ne sont pas responsables.
03:45Mais la réalité de l'IA fait que les modèles d'intégration dans certaines entreprises sont très différents.
03:49Parce que des gens, des choses qui se faisaient un peu sur 2, 3, 4 mois,
03:54il fallait que les gens travaillent, qu'ils crunchent de la data, qu'ils fassent des choses comme ça,
03:57ils ne le font plus, en fait, parce que l'IA le fait tout seul.
03:59Ce qui fait qu'on perd deux choses, l'intégration dans un métier et la compréhension profonde de ce qu'ils font.
04:04Et ça, c'est sans doute quelque chose d'assez délicat pour le sujet.
04:10Parce que la conséquence, moi je le vois, la conséquence, c'est que certains vous sortent un truc très bien fait via l'IA,
04:16vous leur dites, mais qu'est-ce que tu penses de ça ?
04:17En fait, ils n'en pensent rien.
04:18Tandis que quand vous avez fait vous-même les choses, vous vous êtes fait forcément des convictions.
04:25Donc ça, c'est vraiment ça qu'il va falloir trouver.
04:28Un autre point sur les métiers, bien sûr que l'IA va transformer les métiers.
04:31Moi je pense que, et on le voit d'ailleurs dans beaucoup d'entreprises, moi je le fais aussi,
04:35c'est qu'on prend les métiers, on les découche par tâches et on regarde.
04:37Quelles sont les tâches qui basculent vers l'IA ? Quelles sont les tâches qui restent ?
04:40Les métiers se transforment, mais c'est la composition intérieure des métiers qui est en train de se transformer.
04:46Christine Guillemette vous demande, je suis chef d'entreprise d'une PME.
04:50Certains salariés n'ont pas eu de formation depuis plus de 6 ans.
04:54Peut-être que l'IA d'ailleurs pourrait l'aider, parce que là pour le coup,
04:57ça aide à avoir des formations plus rapides, des formes très intéressantes.
05:03Elle aimerait aussi savoir si elle risque quelque chose à ne pas former ses salariés.
05:06Alors, il y a une obligation de l'entreprise de former ses salariés de façon continue.
05:14Alors, de former adaptation au poste, donc s'il y a de l'IA, il faut une formation d'adaptation à l'IA.
05:21Et également de s'assurer du maintien du salarié dans ses compétences par rapport à son poste.
05:29Donc, il y a cette obligation-là et il y a deux autres obligations qui sont,
05:32et dans ce cadre, il y a une obligation qui est que tous les deux ans, c'est assez récent,
05:36il y a un entretien professionnel qui vise à évaluer l'évolution professionnelle du salarié dans l'entreprise, là pour le coup.
05:45Et tous les 6 ans, il y a une obligation légale de l'entreprise d'assurer un bilan de parcours professionnel.
05:52Donc là, c'est beaucoup plus global.
05:54C'est de s'assurer qu'est-ce que le salarié veut, quelles sont ses compétences,
05:59quelles sont les formations qu'il a eues ou qu'il souhaite.
06:02Et à défaut, en fait, il y a deux risques.
06:04Premièrement, il y a un risque, s'il n'y a pas eu de formation pendant 6 ans,
06:08de devoir abonder, donc financer ce qu'on appelle le CPF,
06:12donc c'est le compte personnel de formation du salarié,
06:15qu'il a acquis et qui poursuit pendant toute sa vie professionnelle,
06:18indépendamment de l'entreprise dans laquelle il est.
06:20Et là, l'entreprise doit financer, quelque part, ce compte.
06:25Mais c'est surtout qu'on voit de plus en plus dans les contentieux,
06:29notamment les contentieux de licenciement pour insuffisance professionnelle,
06:34insuffisance de résultats.
06:35On voit de plus en plus, en fait, cet argument de dire,
06:38écoutez, il n'a pas été formé ou elle n'a pas été formée.
06:42Et en fait, c'est la faute de l'entreprise.
06:44Elle engage sa responsabilité parce qu'elle n'a pas donné les moyens
06:47aux salariés de s'adapter, et notamment, sur l'IA, on va en avoir,
06:52ce qui fait que le juge, s'il n'y a pas eu de formation,
06:56va dire effectivement, et le licenciement est sans cause réelle et sérieuse.
07:01Simplement parce qu'il n'y a pas eu la formation adaptée au poste.
07:04Donc c'est ça le risque qu'encourt l'entreprise, finalement.
07:07C'est qu'en cas de contentieux, elle ne va pas pouvoir avoir gain de cause
07:11si elle n'a pas donné les formations nécessaires.
07:14C'est intéressant parce que ces entreprises...
07:16C'est un sentiment que j'ai, moi, mais vous allez me corriger peut-être, Benoît Serres.
07:20Est-ce que les gens sont assez formés ?
07:23Est-ce que les entreprises appliquent cette obligation de formation
07:27autant qu'elles le devraient, de façon générale,
07:29quand on a une vue d'ensemble ?
07:30En fait, il y a deux sujets.
07:31Et d'un côté, toutes les entreprises forment,
07:34parce qu'il y a une somme de formation obligatoire qui est considérable.
07:36Et c'est un problème pour les PME ou les entreprises un peu plus grandes.
07:41C'est-à-dire que le budget formation, il est consommé par l'obligatoire.
07:43À 70% à peu près.
07:47Donc il ne reste que 30% pour les formations qui sont directement connectées
07:50aux métiers ou aux besoins de l'entreprise.
07:52C'est vraiment le premier sujet.
07:55Après, ce qui venait d'évoquer, c'est parce qu'il y a eu un changement de jurisprudence
07:58qui expliquait que l'entreprise devait prouver qu'elle avait fait le nécessaire
08:00pour que la personne ait les compétences.
08:02Au moment où elle l'a licencié pour insuffisance professionnelle,
08:04avant, ce n'était pas possible.
08:05Donc maintenant, cette espèce de changement, ça a fait la formation.
08:08Le troisième point, c'est qu'on voit quand même que l'enjeu de la formation monte
08:12beaucoup dans les entreprises.
08:14Simplement parce que, d'abord, la démographie est ce qu'elle est.
08:17Les métiers se transforment.
08:18Il y a des enjeux de mobilité interne qui sont extrêmement forts.
08:21Des transformations de métiers qui sont extrêmement rapides.
08:23Et donc, la formation continue est de plus en plus adaptée
08:28et de plus en plus captée par l'entreprise.
08:30Ce qui est un problème parce que ça signifie que les formations initiales et supérieures
08:33ne mettent pas la même vitesse à s'adapter aux besoins de l'entreprise.
08:36Ça, c'est un vrai problème typiquement français.
08:39Vous en pensez quoi, Chloé ?
08:40C'est ce qu'on se disait au début.
08:41En fait, effectivement, il faut trouver des systèmes de formation
08:44qui soient suffisamment agiles pour se transformer aux compétences.
08:48Or, on a construit des systèmes de formation français aujourd'hui de qualité,
08:51par exemple Calliope, par exemple des titres de certification professionnel,
08:55qui apportent énormément de rigidité aux organismes de formation
08:58pour pouvoir s'adapter.
09:00Aujourd'hui, il y a un enjeu quand même,
09:02et c'est encore plus vrai pour l'éducation nationale,
09:03qui est quand même ce qu'on appelle le mammouth,
09:05pour justement restructurer la formation et l'éducation et la formation initiale.
09:11Donc, il y a un enjeu de système.
09:13Il faut transformer quand même le système.
09:15C'est important de garder ces garde-fous
09:17qui nous permettent de créer des organismes de formation de qualité.
09:19On sait, c'est un des enjeux des dirigeants et des salariés,
09:22c'est de trouver des organismes de formation de qualité.
09:24Calliope est un label de qualité.
09:26Mais il ne faut pas pour autant entraver les organismes de formation
09:29dans leur adaptation de programmes, de compétences,
09:32parce que c'est bien ces acteurs-là qui vont pouvoir permettre
09:35la transformation des entreprises côte à côte
09:38avec la réalité des métiers, et il va falloir être agile.
09:41Dites-nous ce que vous en pensez sur notre adresse.
09:42On va parler, il y a un instant de budget aussi.
09:50Lucien vous demande, je suis DRH dans une PME,
09:52je vois les budgets de formation fondre avec la complexité du CPF.
09:55Est-ce que la formation ne devient pas un luxe ?
09:59Il est, mais finalement, la formation devient de plus en plus coûteuse
10:03parce qu'on va avoir et on anticipe une baisse des niveaux
10:05de prise en charge de l'État avec les réductions budgétaires, etc.
10:08Néanmoins, il y a eu beaucoup de réformes qui ont été faites
10:11ces dernières années pour essayer justement de simplifier
10:13tout de même le déploiement de ces budgets de formation
10:16via les opco, via le CPF au titre des individus.
10:20Moi, ce que je pense, c'est que qu'est-ce que coûte
10:22de ne pas former, finalement ?
10:23Et je pense que ça coûte beaucoup plus cher,
10:25à moyen terme, finalement, de ne pas former ses salariés
10:28parce que justement, on parle des enjeux de licenciement,
10:30on va reparler ensuite des enjeux de re-recrutement, etc.
10:33Et honnêtement, je pense très sincèrement
10:35que l'éducation, la formation initiale,
10:38n'est pas non plus en reste en termes de retard, finalement.
10:41Donc, en fait, l'enjeu va vraiment se passer
10:42dans les entreprises de pouvoir continuer à former
10:44ces salariés-là.
10:47Et donc, je pense qu'il est capital, justement,
10:49d'investir dans cette formation continue
10:51plutôt que de prendre du retard.
10:53On prend aussi un risque quand on est patron
10:55et qu'on forme ses salariés.
10:56Christian vous demande, Christine,
10:59« Je suis employeur d'une PME,
11:03j'investis dans des formations,
11:04mais je crains que mes salariés partent ailleurs. »
11:06Et ça, c'est intéressant.
11:08« Est-ce que je peux me protéger ? »
11:09Ah oui, on travaille l'employabilité ici.
11:13Oui, tout à fait.
11:14C'est vrai que parfois, j'ai des clients
11:16qui me disent, voilà, tel profil,
11:20on veut le garder, on veut investir,
11:21on veut lui offrir une formation
11:23qui a un coût supplémentaire
11:25que ce que prévoit la loi
11:27ou la convention collective.
11:29Mais la crainte, c'est qu'une fois
11:31que le salarié a cette formation,
11:33bénéficie de cette formation,
11:35il s'en aille.
11:36Alors, nous, ce qu'on propose
11:37d'un point de vue juridique,
11:38mais c'est toujours très délicat quand même,
11:41c'est ce qu'on appelle la clause
11:43dédiée formation,
11:44qu'on voit de moins en moins quand même
11:45dans les contrats.
11:47C'est une clause par laquelle, en fait,
11:50c'est un win-win,
11:51c'est-à-dire je te donne une formation
11:53qui me coûte de l'argent
11:55au-delà de ce que m'impose la loi,
11:57mais en contrepartie,
11:58je vais te demander de rester
12:00un certain temps.
12:01À défaut, tu me rembourseras.
12:03Et la question qui est,
12:05qu'est-ce qu'on veut dire
12:06par un certain temps
12:07et qu'est-ce qu'on veut dire
12:08par tu me rembourseras.
12:12Donc, il y a des conditions,
12:13c'est-à-dire qu'il faut d'abord
12:14conclure un accord écrit
12:16avec le salarié
12:17avant le début de la formation.
12:20La possibilité de rembourser une somme,
12:23il faut que ce soit proportionnel
12:25au but poursuivi,
12:26c'est-à-dire que si une formation
12:28est très très chère,
12:30mais que le salarié gagne
12:32une rémunération normale,
12:37on ne va pas lui demander
12:37de tout rembourser,
12:38ce n'est pas possible.
12:40Et il ne faut pas que cette clause
12:42empêche le salarié de démissionner.
12:44Le salarié doit toujours avoir,
12:46dans la relation de travail,
12:47le droit de démissionner.
12:49Donc, si cette clause fait
12:50que le salarié va dire
12:51« Ah ben non,
12:52moi, je vais devoir rembourser
12:53100 000 euros,
12:56je ne vais pas démissionner. »
12:57Et l'idée, c'est aussi
12:59en fonction des formations
13:01et du coup,
13:02d'évaluer la durée.
13:03Ça ne peut pas être
13:04pour la vie éternelle
13:06que le salarié ne puisse pas partir.
13:08Donc, c'est important
13:10parce qu'il y a toujours...
13:11Moi, je vois que le salarié,
13:12il est d'accord au début,
13:14normal, il a la formation,
13:15puis tout d'un coup,
13:15il a une opportunité,
13:16il n'avait pas forcément
13:17la volonté de partir.
13:19Il a une opportunité
13:20de doubler son salaire,
13:22de faire du télétravail.
13:24Donc, il a envie de partir.
13:26Et souvent, après,
13:27on a un peu de contentieux
13:28sur l'exécution
13:30de cette clause.
13:31Et la difficulté derrière,
13:33c'est que c'est le juge.
13:34Le juge va considérer
13:36soit les valables,
13:37soit réduire le montant,
13:39soit réduire la durée
13:40en fonction de la formation
13:42et du but poursuivi
13:44par l'entreprise.
13:44Ça pose la question,
13:45en effet, de l'après.
13:46Pourquoi je forme mes salariés ?
13:48Est-ce que c'est pour les rendre
13:49meilleurs ?
13:50S'ils sont meilleurs,
13:50ils sont plus employables ?
13:52Il y a une vraie question
13:52sur la formation.
13:54Ça n'arrête pas
13:54à la formation, Benoît Serre.
13:56Oui, d'abord,
13:56une entreprise ne peut jamais
13:57se plaindre d'avoir
13:58des salariés employables.
13:59C'est un intérêt premier.
14:01Les clauses de formation,
14:02d'abord,
14:03on les utilise de moins en moins
14:03parce que ça ne marche jamais.
14:05Parce que le fond du sujet,
14:06c'est pourquoi quelqu'un
14:07qu'on a formé
14:08veut s'en aller.
14:09C'est ce que vous dites.
14:10C'est-à-dire que le sujet,
14:11c'est que vous formez les gens
14:12pour le plaisir de les former,
14:13ça ne sert à rien.
14:14Si vous les formez
14:15dans une perspective professionnelle
14:16que vous leur donnez,
14:17dans un champ de responsabilité
14:19supplémentaire
14:20que vous leur donnez
14:20avec un impact de rémunération,
14:22quelquefois,
14:24sincèrement,
14:24il n'y a pas de raison
14:25qu'ils s'en aillent en fait.
14:26Après, vous avez toujours des...
14:27Pardon ?
14:28Ça fidélise la formation.
14:29Oui, de toute façon,
14:29le premier critère de fidélisation,
14:31ce n'est pas l'argent,
14:32c'est la perspective professionnelle.
14:33La formation en fait partie.
14:34Mais par contre,
14:35il faut que ça s'inscrive
14:37dans quelque chose
14:38qui est construit
14:39avec le salarié,
14:40avec son équipe, etc.
14:41C'est ce que je disais tout à l'heure
14:42sur les formations obligatoires
14:43qui sont venues un petit peu
14:44et on a tellement,
14:44dans tous les sens,
14:45la compliance,
14:46le truc, le machin,
14:48ce qui fait que la formation
14:49a perdu un peu de son sens.
14:50Donc, si vous envoyez quelqu'un
14:52à une formation très chère
14:54de MBA,
14:55j'imagine qu'on prévoit avant
14:57où est-ce qu'il ira après.
14:58Exactement, il y a un poste derrière,
14:59c'est ça que ça veut dire.
15:00C'est ça.
15:01Bon, donc,
15:02après, moi je pense
15:04que les clauses de déformation,
15:05les clauses de non-concurrence,
15:06tout ça, sont des trucs
15:07un petit peu ringards.
15:09Et de toute façon,
15:10avec la démographie
15:12qui nous attend,
15:13ça ne marchera plus du tout.
15:14Les clauses de non-concurrence
15:15sont un profit,
15:16ça ne marche pas
15:16parce que l'entreprise
15:17qui embauche
15:17rachète la clause de non-concurrence
15:18aux salariés.
15:19Ça ne marche pas.
15:21Ce qu'il faut,
15:21c'est donner des raisons
15:22aux gens de rester.
15:23Et c'était une question
15:23qui s'était posée au moment
15:24où ça allait mieux,
15:25vous savez, en 23-24,
15:26où tout le monde se barrait.
15:28Moi, je disais,
15:28mais c'est marrant,
15:29comment ça se fait
15:30que dans telle ou telle entreprise,
15:31dès que ça va mieux,
15:32la première idée des gens,
15:33c'est s'en poser une question
15:34à l'entreprise,
15:35pas à l'individu.
15:36Oui, oui, en effet.
15:37Dans quelle démarche
15:38ils font des formations,
15:39clouées chez vous ?
15:40Est-ce qu'on fait une formation
15:41pour changer de vie ?
15:42Est-ce qu'on fait une formation
15:43à la demande de l'entreprise
15:44pour accéder à un poste
15:46qui se trouve juste derrière
15:47et il nous manque
15:47un petit escalier,
15:49une petite marche ?
15:51Ils viennent vous voir
15:51dans quel état d'esprit
15:53les gens,
15:53les entreprises ?
15:55Alors, c'est amusant
15:55parce que justement,
15:56nous, on s'est créés
15:56en 2019,
15:58donc pré-Covid,
15:58et on a eu trois premières
15:59années d'activité
16:00qui étaient exactement
16:01dans cette période-là,
16:02pleine emploi
16:03avec une vraie mobilité
16:05avec des sorties
16:07d'entreprise.
16:09Nous, on s'adresse
16:09à des individus historiquement,
16:11à des individus
16:12qui veulent se former
16:13et donc on avait
16:14une très forte demande
16:15évidemment contextuelle
16:16au Covid
16:17qui était
16:17je veux changer de métier,
16:18je veux changer de job,
16:20crise de sens,
16:21d'épanouissement.
16:22Ce qui est intéressant,
16:23c'est que toutes et tous
16:24n'ont pas quitté
16:25leur entreprise.
16:27Comme on formait
16:27des développeurs
16:28et développeuses
16:29et que c'était un métier
16:29avec beaucoup de débouchés,
16:30on avait beaucoup
16:33d'apprenants et d'apprenants
16:33qui ne quittaient pas
16:34leur entreprise
16:34et qui quittaient
16:35simplement le métier
16:36et ils faisaient
16:37de la mobilité interne.
16:38Mais par contre,
16:38vraiment ce à quoi
16:39j'assiste avec Ada,
16:41c'est que la question
16:42c'est est-ce que la formation
16:43est en danger ?
16:44En vérité,
16:45je pense que la formation
16:46est absolument centrale
16:48aujourd'hui pour les enjeux
16:49d'employabilité
16:50et de compétences.
16:51Les gens ont envie
16:53de se former,
16:53les individus ont envie
16:54de se former,
16:55ils ont envie
16:55d'occuper des postes différents,
16:57ils savent qu'ils ont
16:58la formation pour le faire.
16:59Je pense que la réforme
17:00du CPF a été vraiment
17:01en ce sens-là
17:02pour les aider
17:03à mener ces projets-là
17:04et donc il y a
17:05une vraie volonté
17:06finalement,
17:07en tout cas des individus
17:08de profiter de la formation
17:09pour avoir des carrières
17:11qui sont longues
17:12et des carrières
17:13qui sont davantage
17:14épanouissantes.
17:15Vous disiez tout à l'heure
17:15la crise démographique
17:17rend la formation stratégique.
17:18Pourquoi Benoît Serre ?
17:20Sous le double effet
17:21de l'IA
17:21et du fait qu'il y aura
17:23de moins en moins
17:24de candidats au recrutement
17:25puisqu'il y a de moins en moins
17:26de décence.
17:26Celui qui n'est pas né
17:27en 2023,
17:28on sait qu'il n'a pas
17:2920 ans en 2043.
17:32Ça, au moins,
17:32c'est l'avantage.
17:34Ce qui fait que les entreprises
17:34ont un enjeu
17:35de fidélisation énorme
17:36puisque vous l'avez dit
17:37tout à l'heure,
17:38trouver des gens
17:38à recruter déjà aujourd'hui,
17:40ça coûte cher,
17:41mais alors demain,
17:42ça coûtera encore plus cher.
17:43La difficulté,
17:43c'est que ce n'est pas
17:44le régime dans lequel
17:45on vit, nous les entreprises,
17:47depuis 40 ans.
17:48On vit dans un régime
17:49jusqu'en 2012
17:49avec une démographie
17:50plutôt favorable
17:51par rapport aux autres
17:51pays d'Europe,
17:52mais surtout avec le chômage
17:53de masse.
17:54Donc à la limite,
17:54trouver des gens,
17:54c'était facile.
17:55Là, la démographie
17:56qui est terrible
17:57fait que de toute façon,
17:58la mécanique va faire
17:59que malgré les moments
18:02que nous vivons,
18:03la mécanique va faire
18:04baisser le chômage
18:04de manière stratégique.
18:06Alors l'autre raison
18:07pour laquelle stratégique,
18:08c'est l'IA.
18:08Autrement dit,
18:09c'est des nouveaux métiers
18:09ou des nouvelles manières
18:11de faire des métiers existants.
18:13Donc là aussi,
18:13parce que sinon,
18:14vous aurez un problème
18:14de productivité.
18:15Vous savez que la productivité
18:16en France s'est écroulée
18:17et vous aurez donc
18:18un problème de compétitivité.
18:19Je mets juste un dernier point
18:20qu'il faut faire très attention
18:21parce qu'il y a
18:22de plus en plus de métiers
18:23qui peuvent se faire à distance
18:24et aujourd'hui,
18:25on assiste à un mouvement
18:26qu'on appelle
18:26la mondialisation des compétences.
18:28Et la France,
18:30si elle est classée
18:30septième en termes de qualité
18:32des formations initiales
18:33qu'elle donne,
18:34elle est 37e en termes
18:35de capacité à garder
18:36ses talents chez elle.
18:37Donc les enjeux des entreprises,
18:39ça va être de former,
18:39d'accompagner et de créer
18:40des parcs plutôt qu'à
18:41pour que les gens restent
18:42non seulement dans leur entreprise
18:43mais également dans le pays
18:44si c'est possible.
18:45Oui, ce serait bien effectivement.
18:46Un patron néanmoins,
18:47ça fait des choix.
18:48Christine Valentine vous dit,
18:49je suis RH dans une grande entreprise,
18:50j'ai des salariés qui demandent
18:51à suivre une formation
18:53pendant leur temps de travail
18:54durant une période
18:55de forte activité.
18:56Est-ce que je suis obligée
18:57de leur accorder à ce moment-là ?
19:00Alors, les dispositions légales
19:02poussent de plus en plus
19:04à la formation
19:04au continu professionnel.
19:07Donc, il y a deux situations.
19:09Soit c'est hors du temps de travail
19:11et effectivement,
19:12l'entreprise n'a pas grand-chose
19:14à dire,
19:14il n'y a pas besoin
19:15d'obtenir une autorisation
19:16de l'entreprise.
19:18Quand c'est pendant le temps de travail,
19:20il y a une procédure.
19:21Alors, ça dépend de la durée
19:22de la formation demandée.
19:24Donc, si c'est une formation
19:26de moins de six mois,
19:27il faut demander par écrit
19:29à l'entreprise
19:30l'autorisation
19:31de faire cette formation
19:3260 jours avant,
19:35donc c'est deux mois avant.
19:36Et si c'est une formation
19:37qui est six mois et plus,
19:39il faut demander 120 jours avant,
19:41donc à peu près
19:42quatre mois avant.
19:43L'entreprise, après,
19:45il faut justifier la formation.
19:46Et ensuite,
19:50l'entreprise a un délai
19:51d'un mois pour répondre.
19:53Alors, la loi,
19:54ça montre qu'elle est vraiment
19:55pour la formation
19:57parce que,
19:59de façon assez exceptionnelle
20:00dans le code du travail,
20:01c'est que le défaut de réponse
20:03de l'entreprise
20:04vaut acceptation
20:05de la formation.
20:07Donc, l'employeur
20:08qui serait négligent
20:09et qui ne voudrait pas répondre,
20:10en fait,
20:12on n'a pas besoin
20:13de son autorisation formelle.
20:14le fait qu'ils ne disent rien,
20:17au bout de 30 jours,
20:18ça vaut acceptation.
20:21Donc, voilà.
20:23Donc, effectivement,
20:23les entreprises,
20:24il y a quelques jurisprudences
20:27sur les raisons,
20:28les motifs valables
20:28de refus de l'entreprise.
20:31Alors, ça va être,
20:32par exemple,
20:33sur l'activité.
20:36C'est-à-dire,
20:36c'est une période
20:37très forte.
20:39Là, on est dans ce cas de figure.
20:40Voilà.
20:41Une période très, très forte
20:42et l'entreprise
20:44n'a pas d'autres moyens
20:46que cette personne
20:47a absolument besoin.
20:48Donc, l'entreprise
20:49peut justifier,
20:51mais pas d'un refus
20:52de la formation.
20:53C'est-à-dire,
20:54c'est pas
20:54je refuse votre formation
20:56pour des raisons
20:57X, Y, Z
20:57parce que c'est la période
20:59de forte activité,
21:00vous le savez.
21:01C'est je refuse aujourd'hui.
21:03Mais il a le droit
21:04de reporter à plus tard,
21:05à une période
21:06moins chargée.
21:07Et c'est ça,
21:08toute la difficulté
21:09pour l'entreprise
21:09et notamment,
21:10comme vous le disiez,
21:11pour les PME.
21:12Parce qu'il y a
21:13un poste de DAF,
21:15il n'y en a pas 10 000.
21:17Si le DAF
21:17demande une formation
21:196 mois
21:19ou plus de 6 mois,
21:22il faut que l'entreprise
21:22s'organise.
21:23Voilà.
21:24Ça demande une organisation.
21:25Elle va être obligée.
21:26Une question de Cédric
21:27pour vous, Chloé.
21:28J'ai 25 ans,
21:28je suis en alternance.
21:29On parle beaucoup
21:30de formation initiale,
21:31mais est-ce que la vraie
21:32formation aujourd'hui,
21:33finalement,
21:33ne se fait pas surtout
21:34en entreprise ?
21:36C'est tout ce qu'on se dit.
21:37Dès lors que la transformation
21:39des métiers et des compétences
21:40galopent,
21:41va très vite,
21:41s'accélère.
21:43On a aujourd'hui
21:43un vrai sujet
21:44avec la formation initiale.
21:46Ce qu'on observe
21:47côté formation initiale,
21:48c'est qu'aujourd'hui,
21:49on a un recul
21:50des choix d'orientation
21:51vers les bacs plus 5,
21:53d'écoles privées.
21:54On a une réémergence
21:56des étudiants post-bac
21:58qui vont d'abord
21:59choisir une licence,
22:00souvent la fac,
22:01moins coûteuse,
22:02pour ensuite aller composer
22:03avec des masseurs
22:04spécialisés, etc.
22:06Ce qui a du sens,
22:06parce que quand on a 18 ans,
22:08on connaît très peu
22:08les métiers,
22:09d'ailleurs on sait
22:10qu'ils évoluent très vite,
22:11et donc de pouvoir
22:12avoir cette approche
22:13quasiment comme
22:14de la formation continue,
22:15de composer son parcours.
22:17Moi, dans ce contexte-là,
22:18je suis une fervente
22:21défenseuse du modèle
22:22d'alternance, justement.
22:24En fait, l'idée,
22:24c'est de pouvoir composer
22:25des parcours de formation
22:26même initiale,
22:27plus progressifs,
22:29plus proches de l'idée
22:30que se font des élèves
22:31et des étudiants
22:32du marché de l'entreprise,
22:33et la meilleure manière
22:34de faire ça, c'est l'alternance.
22:36C'est un dispositif en France
22:37qui permet aux apprenants
22:39et aux élèves
22:39d'être financés,
22:41d'être on the job
22:42la plupart du temps,
22:44et d'avoir une formation
22:45qui est exactement adaptée
22:47à ce qu'ils vivent
22:47quotidiennement dans l'entreprise.
22:49On le sait,
22:50c'est un dispositif
22:50qui a été questionné
22:51justement dans les choix
22:53budgétaires récemment,
22:55mais qu'on appelle
22:56à conserver,
22:58parce que je pense
22:58qu'à l'ère de l'IA
22:59et de la transformation
23:02des entreprises,
23:03d'alternance,
23:04c'est un dispositif formidable.
23:05Oui, effectivement,
23:06et très évolutif.
23:08Vous l'avez dit,
23:09ça me fait penser
23:09à ce livre
23:10« Ne faites plus d'études »
23:11dont on parle beaucoup
23:12en ce moment,
23:12de Laurent Alexandré.
23:13Je pense qu'on aura
23:14toujours besoin
23:14de fondamentaux.
23:16Une base,
23:16effectivement,
23:17peut-être,
23:18surtout à cet âge-là,
23:19en formation initiale,
23:20entre 18 et 21 ans,
23:21où on cherche énormément,
23:23il faut acquérir
23:24surtout de la maturité
23:25d'ailleurs,
23:26mais c'est aussi
23:26apprendre autrement
23:27à l'ère de l'IA,
23:28et effectivement,
23:29ça va probablement
23:30tout changer.
23:31Votre avis,
23:32Benoît Serres,
23:32sur cette question,
23:33qu'est-ce qu'on fait
23:34aujourd'hui ?
23:34Qu'est-ce que vous conseilleriez ?
23:35Le problème qu'on a,
23:37c'est qu'on a
23:38trois mondes de formation
23:39qui se parlent
23:39assez peu en réalité.
23:41Vous avez le monde
23:41de l'éducation,
23:43l'école,
23:44vous avez le monde
23:44de la formation professionnelle
23:46ou supérieure,
23:47et vous avez le monde
23:48de la formation continue.
23:50Et c'est totalement
23:50parallélisé.
23:52Et là où vous avez raison,
23:53c'est que le seul endroit
23:54où ça ne l'est pas,
23:55c'est l'alternance
23:56et l'apprentissage.
23:57Or, pour des raisons budgétaires,
23:58on ne va pas rentrer
23:59dans le débat
23:59parce qu'on n'entend
24:00parler que de ça.
24:01N'empêche que la France
24:02avait enfin compris
24:03que l'alternance
24:04et l'apprentissage
24:04constituait une chance
24:05énorme pour des jeunes.
24:07Oui, ça coûte très cher,
24:08mais enfin,
24:08je pense qu'il faut
24:09raisonner un peu
24:10moyen terme.
24:10C'était pragmatique
24:11en tout cas.
24:12D'abord, ça permet
24:13à des gens d'atteindre
24:14des niveaux d'études
24:15qu'ils n'auraient jamais
24:15atteints en raison
24:16de leur coût.
24:17C'est un ascenseur social
24:18et on ne peut pas dire
24:18que ce social soit
24:19en grande forme en ce moment.
24:21La deuxième vertu,
24:22c'est que ça permet
24:23à des jeunes
24:24de voir ce que c'est
24:25qu'un métier,
24:26de le voir concrètement
24:27tout en se formant.
24:28Autrement dit,
24:28d'avoir un modèle applicatif.
24:30La troisième raison,
24:32c'est le taux de transformation.
24:33C'est la meilleure voie
24:34vers l'emploi aujourd'hui.
24:37Donc, tous ces gens-là,
24:39un jour,
24:39s'ils trouvent un job plus vite,
24:42ils paieront des cotisations sociales,
24:44ils consommeront
24:45parce qu'ils auront
24:45une rémunération.
24:46Enfin, faire ce calcul,
24:47je sais que ça coûte cher,
24:48ça coûte 12 milliards.
24:49D'accord ?
24:50On a une dette
24:51de 3 400 milliards.
24:5312 milliards
24:53pour l'avenir des jeunes
24:54en emploi dans ce pays,
24:57ce n'est pas trop cher payé,
24:58c'est moins cher
24:58que la réforme des retraites.
24:59Qu'on met au plus tôt
25:00les jeunes au travail
25:01pour qu'ils sachent
25:02ce qu'ils veulent faire
25:03et que ce soit concret.
25:04Le message est passé.
25:05Merci Benoît Serres.
25:06Merci à tous les trois
25:07d'être venus dans cette émission.
25:08Chloé Hermari,
25:09fondatrice et CEO
25:10de l'Adatec School.
25:11Benoît Serres,
25:12coprésident du Cercle
25:13Humania
25:13et Christine Artus,
25:14avocate associée
25:15au cabinet Ken Elgates.
25:16Merci à tous les trois.
25:17Émission à retrouver en podcast
25:18et en replay
25:19sur notre appli
25:20et notre site.
25:21Je vous retrouve tous les jours
25:22sur BFM Business
25:23à 12h30.
25:23Très bonne journée.
25:27Avec vous
25:28sur BFM Business.
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