- il y a 3 mois
Samedi 18 octobre 2025, retrouvez Rémy Peyret (Head of AI, Primaa), Hervé Bonnaud (Président, Nex&Com;) et Elise Cabanes (Co-fondatrice & CEO, Epoca) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.
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00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Be Smart for Change.
00:11Aujourd'hui je vous retrouve depuis la maison des polytechniciens à Paris
00:15à l'occasion d'un événement dédié à l'innovation en santé.
00:19Au sommaire, en médecine, l'intelligence artificielle s'invite partout.
00:23Des outils toujours plus performants pour diagnostiquer, prédire, trier, alerter.
00:29On parle même de révolution du parcours de soins.
00:32Mais sur le terrain, que change réellement l'IA ?
00:35Pour répondre à ces questions, je reçois aujourd'hui Rémi Perret, Head of AI chez Prima.
00:41Il nous expliquera comment l'IA aide concrètement les médecins à mieux diagnostiquer les cancers
00:46et comment elles s'intègrent dans leurs pratiques au quotidien.
00:50Et comme chaque semaine, il y aura bien sûr l'analyse du docteur Bono.
00:54Et cette fois, Hervé s'interroge.
00:55Les parcours de soins sont-ils en train de devenir des parcours du combattant ?
01:00À l'heure où l'IA promet des miracles, certains patients peinent encore à obtenir un rendez-vous.
01:06Et puis la pépite santé du jour, c'est Epoca, une plateforme de télésurveillance gériatrique
01:10fondée par Élise Cabanes, médecin gériatre.
01:14Elle nous montrera comment la technologie peut aussi accompagner les personnes âgées
01:19avec humanité et respect.
01:25Et on commence avec notre séquence « Regards d'experts ».
01:29Bonjour Rémi, bienvenue dans Santé Futur.
01:32Bonjour Alix.
01:33Et Hervé est là bien sûr.
01:35Salut Hervé.
01:36Salut Alix.
01:36Ravie de te retrouver.
01:37Je suis ravi d'être là aussi.
01:38Super.
01:39Rémi, vous êtes responsable de l'intelligence artificielle chez Prima,
01:44une entreprise spécialisée dans l'anatomopathologie.
01:48Alors pour commencer, qu'est-ce que c'est ?
01:51Alors l'anatomopathologie, c'est une spécialité de la médecine
01:54qui consiste à analyser les tissus à un niveau microscopique.
01:59Et ça, ça permet de caractériser les pathologies.
02:03Donc c'est principalement utilisé dans l'oncologie où on va aller caractériser les tumeurs.
02:09C'est ça qui va derrière déterminer le traitement qui va être administré aux patients.
02:13Et alors concrètement, que fait Prima ?
02:15Alors concrètement, Prima va mettre en place des outils qui sont basés sur l'IA
02:20et qui vont guider les pathologistes dans leur analyse de l'image
02:25et dans l'établissement du diagnostic.
02:28Concrètement, ça se réalise avec des filtres
02:33qui vont être appliqués aux images numériques de tissus microscopiques
02:42pour leur mettre en évidence des zones d'intérêt,
02:46pour aller afficher certains objets,
02:50faire des comptages de cellules,
02:53mettre des mesures sur la lame.
02:57et ça va leur permettre d'accélérer le diagnostic
03:01et d'avoir aussi un diagnostic qui va être beaucoup plus fiable
03:03et beaucoup plus précis.
03:05Oui, justement, pourquoi c'est stratégique dans le parcours de soins précisément ?
03:10Dans le parcours de soins, c'est stratégique parce que ce moment du diagnostic,
03:13c'est un moment d'anxiété pour les patients.
03:15Donc, réduire les temps qui y sont consacrés, c'est intéressant.
03:23C'est aussi le diagnostic, un moment où on va avoir une analyse
03:27sur une image extrêmement complexe
03:31et donc cette analyse va être soumise à énormément de subjectivité.
03:36Donc, apporter une mesure objective sur cette donnée-là,
03:41ça va permettre de fiabiliser le diagnostic.
03:47Et justement, puisque c'est le cœur de vos compétences,
03:51en quoi l'IA peut-elle changer la donne dans cette discipline ?
03:56Alors, l'IA change la donne parce qu'en apportant cette fiabilité
04:02et ce gain de temps, on va améliorer le parcours de soins
04:14et on va aussi permettre aux laboratoires d'analyse biomédicale
04:21d'optimiser leur workflow.
04:23On va aussi pouvoir diminuer le besoin pour certains examens
04:33qui sont extrêmement chers,
04:37notamment des besoins en examens immunostochimiques.
04:42Ce sont des examens qui vont aller mettre en évidence
04:45certaines protéines sur des cellules.
04:48Et ces examens-là, ils prennent du temps et ils sont chers.
04:52Donc, diminuer cette demande-là, c'est un réel impact.
04:55Aujourd'hui, vous diriez qu'il y a une vraie tension
04:57sur le diagnostic du cancer.
05:00Est-ce que vous avez des chiffres ou des repères à nous donner
05:02pour mesurer l'ampleur ?
05:05Alors, des chiffres, peut-être pas, mais ce que je peux vous dire...
05:08Ou un état d'élu, en tout cas.
05:09Ce que je peux vous dire, en tout cas, c'est que
05:11le nombre de cancers augmente drastiquement
05:16en France et dans la plupart des pays développés.
05:21Et à contrario, le nombre de médecins diminue aussi,
05:26notamment le nombre de pathologistes.
05:28Donc, on a une filière qui est vraiment en tension.
05:31Et donc, apporter de l'IA ici, c'est un réel intérêt.
05:35Et côté pratique, pour bien visualiser,
05:38à quoi il ressemble l'outil Prima ?
05:39L'outil Prima, c'est un outil qui va être intégré
05:43dans un visualisateur de lame.
05:46Donc, la lame, c'est la lamelle scannée, numérisée.
05:53Et donc, il y a des logiciels qui permettent d'interagir
05:55avec cette lame.
05:57L'outil Prima va être intégré à l'intérieur de ces logiciels-là
06:00et mettre un calque par-dessus
06:05pour pouvoir mettre en évidence les zones d'intérêt,
06:09par exemple, ou tout un tas d'autres features.
06:16Il va aussi pouvoir générer des comptes rendus
06:19rapides de certaines mesures sur l'échantillon.
06:26Et finalement, ça permet de détecter des lésions
06:28que l'œillement ne pourrait pas détecter ?
06:31Ça permet de détecter plus rapidement des lésions
06:34et de les détecter de façon complète.
06:38Ça permet aussi de détecter des objets
06:43qui sont tout petits sur des images qui sont énormes.
06:48Et donc, l'œil humain va pouvoir les rater assez facilement.
06:53Ça va aussi pouvoir fiabiliser un diagnostic
06:56en cas de doute.
07:01Et au-delà du cancer,
07:02quelles sont les pathologies sur lesquelles vous intervenez
07:05principalement ?
07:06Alors, nous, chez Prima,
07:08on est centré sur le cancer.
07:10Donc, ça va être le cancer du sein
07:12et le cancer de la peau.
07:14On va pouvoir classifier les tumeurs
07:16en différents sous-types,
07:19notamment pour le cancer de la peau,
07:21en mélanome ou en carcinome basocellulaire
07:23ou en carcinome épidermoïde.
07:26On va pouvoir aussi faire du comptage de mitoses.
07:31Tout ça, ce sont des choses
07:32qui vont permettre de caractériser le cancer
07:35dans sa globalité.
07:37Pour la peau, vous proposez le produit Cléoskin.
07:40En quoi est-ce qu'il est différent ?
07:42Parce qu'en préparant cette émission,
07:43vous m'avez dit que c'était assez inédit.
07:45Est-ce que vous pouvez me dire pourquoi ?
07:46Effectivement, on est les seuls au monde
07:48à avoir développé un produit
07:50qui va aider à caractériser le cancer de la peau.
07:55Il existe d'autres outils
07:56pour le cancer du sein,
08:00pour le cancer de la prostate.
08:02Mais Prima, on est les seuls
08:04à avoir développé un outil pour la peau.
08:09Il y a une véritable demande
08:11de la part des pathologistes
08:13pour avoir de l'aide sur ces lésions
08:14parce que ce sont des lésions
08:15qui sont extrêmement complexes
08:16et notamment les lésions pigmentées,
08:19donc les mélanomes,
08:20qui sont extrêmement complexes
08:22à repérer.
08:25Seul un oeil vraiment expert
08:27de la dermatopathologie
08:28pourra faire ce type de diagnostic.
08:31Oui, il y a un réel attrait,
08:31vous m'avez dit, aux Etats-Unis.
08:33Particulièrement aux Etats-Unis.
08:34Pourquoi plus la BAC ici ?
08:37Les Etats-Unis ont un système de santé
08:40qui est complètement différent
08:41du système de santé français, évidemment.
08:42Ils ont des énormes laboratoires
08:45et notamment en dermatopathologie
08:49qui vont brasser un nombre de cas
08:52très significatifs.
08:56Et donc avoir des logiciels comme ça
08:58qui leur permettent de faire un pré-tri
08:59pour flécher les cas de mélanome
09:05directement vers des experts,
09:09ça leur fait gagner un temps énorme.
09:10Et on mesure déjà les bénéfices cliniques
09:13dans les établissements
09:13avec lesquels vous travaillez ?
09:15Totalement.
09:16Alors on a fait des études cliniques
09:17qui démontrent qu'on peut gagner
09:19jusqu'à 50% de temps
09:21sur certaines tâches
09:23qui sont très longues.
09:26Et on peut aussi gagner
09:28jusqu'à 15% de précision
09:31sur le diagnostic.
09:33Pour prendre encore un peu plus
09:34de recul et dézoomer un peu,
09:36vous n'échapperez pas
09:39à cette fameuse question.
09:40Est-ce que l'IA va remplacer
09:41le médecin selon vous ?
09:43En tant que responsable,
09:44l'IA a qui d'autres demandés ?
09:46Alors, vraiment pas.
09:48Pour moi, c'est vraiment un mythe.
09:51Et l'objectif est vraiment
09:54que l'IA puisse accompagner le médecin.
09:57Qu'elle l'augmente.
09:58Qu'elle l'augmente.
09:59C'est l'idée du médecin augmenté.
10:02D'avoir un copilote
10:03pour guider le médecin,
10:05servir de garde-fou
10:07dans certains cas,
10:10éviter des oublis,
10:11s'assurer aussi
10:13qu'on a vraiment un diagnostic
10:15qui va être répétable et fiable.
10:19Donc, in fine,
10:19la décision reviendra toujours
10:21aux professionnels, aux humains.
10:23Et justement,
10:25comment réagissent
10:26les professionnels
10:28face à cet outil ?
10:30Eh bien, là-dessus,
10:32on a vu une vraie évolution
10:33depuis le début de Prima.
10:34C'est-à-dire qu'au début,
10:35ils étaient plutôt réticents ?
10:36Au début, ils étaient plutôt
10:37pas réticents,
10:38mais inquiets.
10:40Ils venaient nous voir
10:42en nous disant
10:42« En fait, moi, j'ai pas envie... »
10:43C'est quoi ?
10:43C'est des inquiétudes
10:44plus culturelles, pratiques ?
10:46Oui, je pense culturelles
10:47parce que n'ayant jamais utilisé
10:50d'outil d'IA,
10:51ils se disaient
10:52« L'IA va venir me remplacer
10:53et va me voler mon métier. »
10:55Maintenant qu'ils commencent
10:56à avoir un peu les outils,
10:58prendre un peu les outils en main
10:59et à voir ce que font les outils,
11:01ils se rendent compte
11:02que l'IA va être là
11:05pour les débarrasser
11:06de tâches qui ne les intéressent pas.
11:09Et ils vont pouvoir
11:10se concentrer sur le diagnostic
11:12qui est la tâche intéressante chez eux.
11:15Et du point de vue du patient,
11:17puisque ce sont quand même
11:18les premiers concernés,
11:20quels sont les effets concrets
11:22sur leur parcours de soins ?
11:23Est-ce que ça se traduit
11:24par un diagnostic plus rapide ?
11:27Moins d'anxiété ?
11:29Exactement, c'est tout à fait ça.
11:30On va réduire le temps
11:32de diagnostic dans le laboratoire
11:33d'Anapath
11:34et on va avoir un diagnostic
11:38plus précis,
11:39donc moins d'erreurs.
11:40Et où en est le déploiement
11:42aujourd'hui en France
11:43et à l'international ?
11:44Puisque vous êtes très présent
11:45aux Etats-Unis.
11:46Alors en France,
11:48on est bien installés.
11:50On a plusieurs partenaires,
11:53voire des grands partenaires
11:54comme l'Institut Gustave Roussy,
11:57qui est un grand centre anti-cancéreux.
12:01On a aussi l'Institut Curie,
12:05avec qui on travaille.
12:06et puis plusieurs autres CHU
12:11et laboratoires privés.
12:15Et puis on est aussi en Europe,
12:19avec plusieurs laboratoires
12:21en Belgique et en Suisse.
12:23Et les Etats-Unis, évidemment.
12:26D'où vient une demande plus forte finalement ?
12:28D'où vient une demande très forte
12:30sur Cléoskin.
12:31Et l'objectif, c'est vraiment
12:34d'attaquer ce marché
12:37d'ici la fin de l'année.
12:38Et en termes de projection,
12:39est-ce que vous développez
12:41d'autres outils ?
12:42Est-ce que vous visez
12:43d'autres organes,
12:44d'autres pathologies ?
12:45Totalement.
12:47On travaille sur notamment
12:49le cancer de la prostate
12:52et le cancer du col utérin.
12:55Comment vous priorisez ?
12:57Comment on priorise ?
12:58Par rapport à la quantité de données
13:01qui est disponible.
13:03Et donc aussi par rapport
13:04à l'incidence des pathologies.
13:07Donc pour avoir le plus gros impact
13:10sur les laboratoires,
13:12on privilégie les pathologies
13:13dans un premier temps,
13:15en tout cas,
13:15qui ont le plus de cas.
13:18Hervé, c'est à toi.
13:21Ça m'intéresse beaucoup
13:22ce que vous racontez
13:22parce que dans mon parcours
13:24de médecin,
13:24j'ai fait six mois
13:25d'anatomo-pathologie
13:26avant de trouver ma voie
13:27et j'ai fait autre chose.
13:28Je me souviens que c'était
13:29hyper compliqué.
13:30Je lise des larmes,
13:31des frottis,
13:31des trucs.
13:32Vous connaissez ça par cœur.
13:34Effectivement,
13:34il y a le côté
13:34ça va plus vite.
13:35Moi, je trouve qu'il y avait
13:36deux autres sources
13:36d'inquiétude potentielle.
13:38C'était les faux positifs
13:38et les faux négatifs.
13:40Je disais qu'il y a quelque chose
13:41alors qu'il n'y a rien
13:41ou je disais qu'il n'y a rien
13:42alors qu'il y a quelque chose.
13:43Et ça, il y avait de quoi
13:44avoir un doute légitime.
13:46En fait, ma question qui vient,
13:47c'est comment vous allez réussir
13:49à démontrer l'intérêt
13:50de votre technologie
13:51dont je ne doute pas
13:52pour obtenir un prix,
13:55un remboursement,
13:56etc.
13:57Puisqu'on va vous dire
13:58la référence,
13:59c'est quoi ?
13:59C'est l'anatomopathologiste
14:01qui a une bonne vision
14:02versus votre IA
14:03qui est formidable.
14:04Mais vous risquez
14:05d'opposer les genres.
14:06Si on démontre
14:07que l'IA,
14:07c'est mieux que l'homme,
14:08ça va râler.
14:09Donc, comment vous allez faire
14:10pour vos essais cliniques ?
14:12Mais l'idée n'est pas
14:14de démontrer que l'IA
14:15est mieux que l'homme.
14:15L'idée est de démontrer
14:16que l'homme est meilleur
14:18avec l'IA.
14:19C'est vraiment cette idée
14:20de travailler main dans la main,
14:22du médecin augmenté.
14:24Et ça, on le démontre
14:25dans des études cliniques
14:27où on a le médecin
14:29qui travaille avec l'IA
14:30et le médecin qui travaille
14:32sans l'IA.
14:33Et on compare les résultats.
14:34Et on voit véritablement
14:35qu'il y a une amélioration
14:38du diagnostic du médecin
14:40qui utilise l'IA.
14:41Et en plus d'une amélioration
14:42du diagnostic,
14:43il y a une plus grande confiance
14:45du médecin en son diagnostic.
14:48D'accord.
14:48Et vous êtes déjà utilisé
14:50dans des laboratoires privés,
14:52des cliniques privées,
14:52des hôpitaux,
14:53je ne sais pas,
14:53en France, aux USA ?
14:54Oui, en France principalement
14:57et puis en Belgique aussi.
14:59On est utilisé en routine.
15:02Merci beaucoup.
15:02Rémi, vous restez avec nous.
15:03On passe tout de suite
15:04à l'analyse du Dr Bono.
15:06Et c'est le moment
15:11de prendre un peu de hauteur
15:12avec l'œil d'Hervé.
15:14Et Hervé, en médecine,
15:15il y a et partout.
15:16Et elle promet beaucoup.
15:17Elle promet beaucoup
15:18et je trouve même
15:19qu'on ne parle plus que de ça.
15:21C'est bien
15:22et c'est peut-être
15:22un peu fatigant par moments,
15:23mais c'est vraiment
15:24la révolution actuelle.
15:25Le diagnostic,
15:26les pratiques,
15:27la prise en charge,
15:28le parcours de soins,
15:29tout bouge.
15:29Et c'est merveilleux.
15:31Et en même temps,
15:32il y a l'envers du décor.
15:33L'envers du décor,
15:34il est de deux ordres.
15:36L'OMS nous parle
15:36d'une épidémie de solitude
15:38qui est liée en partie
15:39à la désertification médicale.
15:42Donc, c'est un joli paradoxe.
15:43La technologie s'emballe,
15:45l'accès aux médecins s'éloigne.
15:47Donc, le parcours...
15:49Oui, c'est ce pourquoi
15:49tu nous dis que
15:50le parcours du soin,
15:51du patient,
15:52semble devenir parfois
15:53un véritable parcours
15:54du combattant.
15:55Complètement.
15:56Et sans prendre
15:57des exemples très compliqués,
15:58on veut consulter
15:59un dermatologue en France,
16:00dans certains départements.
16:02Le délai moyen
16:03est de 36 jours,
16:04voire 90 jours
16:05dans certains départements.
16:07Un ophtalmo,
16:08c'est en moyenne
16:0920 jours pour une urgence
16:10et 87 jours
16:11la durée médiane
16:13pour caler un rendez-vous.
16:15Quand même,
16:15ça fait un peu peur.
16:17Et l'autre point parallèle,
16:18c'est la fracture numérique
16:19qui s'installe.
16:20Parce qu'on dit,
16:21il y a, c'est formidable,
16:22il n'y a qu'à télécharger
16:23ceci, cela,
16:24scanner le QR code
16:25et tout ça.
16:26ce n'est pas si simple
16:28de converser
16:28avec un chatbot,
16:30de télécharger une appli,
16:31etc.
16:32Et j'ai regardé
16:33les études faites
16:34notamment par l'INSEE,
16:35qui met en place
16:35un baromètre numérique
16:36sur 15 millions de personnes.
16:39Tout le monde
16:39est concerné
16:40par le numérique.
16:4160% des patients
16:43ont plus de 70 ans.
16:45Vous voyez où je veux en venir.
16:47Et 70 ans,
16:49à 15-70 ans,
16:50plus de 80% des patients
16:52supportent une maladie.
16:55Ça veut dire que
16:56plus on vieillit,
16:57plus on est malade,
16:58plus on a besoin
16:59d'accéder au numérique.
16:59C'est compliqué.
17:00Et par ailleurs,
17:01on sait qu'une personne
17:02de plus de 75 ans sur deux
17:04n'utilise jamais Internet.
17:06Donc vous voyez,
17:07le problème arrive.
17:07On est obligé d'y aller
17:08et on ne peut pas.
17:10Et parmi celles
17:10qui utilisent Internet,
17:12près d'un tiers
17:12ne sont pas capables
17:13de faire la démarche
17:14toutes seules.
17:15Ils ont besoin
17:15d'un aidant de leur fille,
17:17leur petite fille
17:17pour dire,
17:18et c'est des trucs bêtes,
17:19prendre rendez-vous
17:20sur Doctolib.
17:21Ça paraît simple,
17:22ça ne l'est pas tant que ça
17:23quand on a 75 ans
17:24et qu'on est malade
17:25et qu'on ne voit pas bien
17:26et tout ça.
17:27Et donc chez eux,
17:28le parcours de soins numériques
17:30devient un labyrinthe
17:32administratif et technologique.
17:34Ils s'y perdent
17:35et ils ont envie de pleurer.
17:37Donc c'est paradoxal aussi.
17:39LIA nous rapproche
17:40de data,
17:41mais elle éloigne
17:42les humains.
17:45Voilà,
17:45donc on a des zones
17:46qui deviennent
17:47des formes
17:48de pansements numériques.
17:50Alors,
17:50autre réflexion parallèle
17:51que m'a inspiré ce sujet,
17:53c'est des mots
17:54qui changent de sens
17:55quand on change une lettre.
17:56En anglais,
17:57on a deux mots
17:58qui ont presque le même sens,
17:59c'est le cure
18:00et le care.
18:01To cure,
18:02n'est-ce pas,
18:02c'est guérir
18:03et c'est vraiment
18:04la médecine de la maladie.
18:05Donc c'est là
18:06où on va parler
18:06de l'IA,
18:07des avancées technologiques,
18:08le diagnostic,
18:09le traitement,
18:10et tout est vrai
18:10et c'est formidable.
18:12Et dans le parcours de soins,
18:13c'est clairement
18:13tout ce qui peut être
18:14augmenté grâce à l'IA
18:15qui va être intéressant.
18:17La chirurgie,
18:18le diagnostic,
18:19on en parlait juste avant,
18:20tout me va bien là.
18:22Le care,
18:22c'est autre chose.
18:23Care,
18:23c'est prendre attention
18:24à la personne,
18:25l'écouter,
18:26vraiment prendre soin d'elle,
18:29c'est la médecine du malade.
18:31Il va bien falloir
18:31qu'on arrive à réconcilier
18:32le cure et le care.
18:35Et en français,
18:36ça m'a intéressé
18:37de voir que c'est pareil.
18:38À une lettre près,
18:39tout change.
18:40Le mot penser avec un E,
18:42où on pense à l'être humain,
18:44ou penser avec un A,
18:45où on soigne la maladie.
18:47Et voilà.
18:47Donc entre la France
18:48et l'Angleterre,
18:49à un mot près,
18:50c'est la même histoire.
18:51Donc voilà.
18:52Donc en conclusion,
18:53tout ça, c'est formidable.
18:55L'IA nous promet des merveilles,
18:57mais il y a sans doute
18:58des limites.
19:00Le monde bouge.
19:00Donc aujourd'hui,
19:01je veux juste vous dire
19:02take care,
19:02prenez soin de vous.
19:04Merci Hervé.
19:05Rémi, là, à chaud,
19:07qu'est-ce que vous pensez
19:09de l'analyse du docteur Bono ?
19:12Je suis tout à fait d'accord
19:13avec ce qu'il dit.
19:14Maintenant,
19:14l'objectif de l'IA,
19:18ça va être aussi
19:19de rapprocher le médecin,
19:22le patient du médecin
19:26et notamment
19:27avec un diagnostic de précision.
19:32On va avoir une médecine de précision
19:34qui est bien plus spécialisée
19:36pour le cas du patient.
19:39Mais comment éviter justement
19:40que cette technologie,
19:43aussi prometteuse soit-elle,
19:45n'éloigne les patients finalement ?
19:47Le sujet, c'est le délai
19:48de mise en place.
19:50L'IA, c'est une explosion,
19:51une révolution.
19:52Évidemment,
19:53des jeunes geeks comprennent tout.
19:56Mais le sujet,
19:57c'est que les malades,
19:58ils n'ont pas 23 ans,
19:59ils n'ont pas fait un MBA
20:00en intelligence artificielle.
20:02Ils n'arrivent pas
20:03à se connecter à Doctolib.
20:04Quand on voit ça,
20:05on voit la fracture numérique
20:06et l'IA, c'est bien,
20:07mais ça devient aussi complexe.
20:10Juste l'interface.
20:13Oui, bien sûr.
20:16Pour moi,
20:17il y a une différence
20:17entre le numérique
20:19et l'IA en elle-même.
20:21Donc, l'accès au numérique,
20:22effectivement,
20:23pour les patients
20:24dans leur parcours de soins,
20:26ça peut être un frein.
20:28Maintenant,
20:28moi, là où je suis convaincu,
20:30c'est que l'IA peut apporter,
20:33grâce à de l'aide
20:34du côté des soignants,
20:37un meilleur parcours de soins
20:38pour les patients.
20:40Merci beaucoup, Rémi.
20:41Rémi Perret,
20:42Head of AI chez Prima.
20:45Merci d'avoir répondu présent.
20:47Merci à toi, Hervé.
20:48À dans deux semaines ?
20:48Volontiers, c'est passionnant.
20:50Et on fait place
20:51à la pépite santé.
20:56Et on termine cette émission
20:57avec la pépite santé du jour.
21:00Et aujourd'hui,
21:00elle nous emmène
21:01chez les personnes âgées.
21:03J'ai le plaisir
21:03de recevoir
21:04Élise Cabane,
21:06médecin et fondatrice
21:07d'Epoca,
21:08une solution
21:09de télésurveillance
21:10dédiée aux personnes âgées.
21:12Bonjour Élise
21:12et bienvenue.
21:13Bonjour à tous.
21:15Élise,
21:15je le disais,
21:16vous êtes médecin,
21:17gériatre et entrepreneuse.
21:19Qu'est-ce qui vous a poussé
21:21à créer Epoca ?
21:24Être fille
21:25ou petite fille
21:27de patients âgés malades,
21:30être médecin
21:32et avoir fait un serment
21:33qu'il faut savoir assumer.
21:35Voilà,
21:36c'est ce serment
21:36qui m'amenait là.
21:37Parce que ça répondait
21:38à quel besoin manque
21:41identifié ?
21:42En fait,
21:42c'est la promesse
21:43qu'on fait
21:44le jour où on devient médecin
21:46de continuer toujours
21:47à améliorer la santé
21:49et la qualité des soins
21:50pour ces malades.
21:51Et effectivement,
21:52en tant que médecin ingérial,
21:53anciennement hospitalière,
21:55il y a un moment
21:57où j'étais effectivement
21:58assez frustrée
21:58des allers-retours
21:59permanents de mes patients,
22:01l'impression de ne pas faire
22:01le métier comme j'aimerais,
22:03d'avoir du mal
22:03à accompagner
22:05le parcours de santé,
22:06avoir mes collègues aussi
22:07de ville en difficulté.
22:09Et donc,
22:09il fallait pour moi
22:10repenser le modèle
22:11pour me réengager
22:12dans ce métier.
22:13Et alors justement,
22:14cette solution de télésurveillance,
22:15elle consiste en quoi ?
22:17Elle consiste en,
22:18on va dire,
22:18en un dispositif
22:19qu'on dit triptyque,
22:20c'est-à-dire qu'il y a
22:21d'une part
22:21une plateforme
22:22de télésurveillance médicale
22:23qui n'est pas que de télésurveillance.
22:25En fait,
22:25c'est un plan personnalisé
22:26de santé actionné.
22:28C'est-à-dire que
22:28c'est une plateforme
22:29qui soutient opérationnellement
22:31la réalisation
22:32du plan de santé
22:33des personnes
22:33de façon personnalisée,
22:35qui est soutenue
22:37par une capacité logistique
22:38parce qu'effectivement,
22:39pour assurer
22:41ce plan de santé,
22:41il faut parfois relever
22:42un certain nombre de données
22:43qui nécessitent
22:44des dispositifs médicaux
22:45à domicile
22:46chez des patients
22:46qui ne savent pas forcément
22:47son service,
22:48s'en servir,
22:49qui peuvent être seuls
22:49ou avoir des troubles
22:50de la mémoire.
22:51Et donc,
22:51il faut soutenir
22:52tout ce process.
22:54Et puis,
22:54le troisième pied
22:56de notre dispositif,
22:57c'est une équipe médicale
22:58et paramédicale
22:59qui viennent en support
23:00des partenaires de ville
23:01et des partenaires hospitaliers,
23:04à la fois dans l'accompagnement
23:05de cette transformation
23:06du métier,
23:07puisqu'effectivement,
23:08la télésurveillance médicale,
23:10l'algorithmie
23:11de surveillance
23:11et d'accompagnement
23:12de la santé des personnes,
23:13ça reste quelque chose
23:14d'assez nouveau
23:14sur lequel on ne peut pas
23:17faire les choses brutalement.
23:20Et donc,
23:20ça s'accompagne
23:20et c'est un petit peu
23:21ce que fait notre équipe
23:22au quotidien.
23:23Et donc,
23:23ça,
23:23c'est sur papier,
23:24mais plus concrètement,
23:25au quotidien,
23:26comment est-ce que ça s'applique ?
23:27Alors,
23:27au quotidien,
23:28avec nos partenaires métiers,
23:30donc des SIAD,
23:30des établissements,
23:31des hôpitaux,
23:32des HAD,
23:33des CRT,
23:35on évalue,
23:37enfin,
23:37ça commence par un process
23:38de repérage
23:39de certaines indications
23:40de patients
23:41qui sont particulièrement
23:42instables,
23:43qui vont souvent
23:43à l'hôpital
23:44et aux urgences,
23:45et qui se voient proposer
23:46le dispositif
23:47pour être accompagnés
23:48au quotidien
23:49à leur domicile,
23:51quel que soit le lieu
23:52d'ailleurs de vie en question.
23:54Une évaluation initiale,
23:56360 a lieu
23:57pendant deux heures
23:58à domicile,
23:58donc l'enjeu,
23:58c'est vraiment
23:59de voir le patient
23:59dans sa santé globale,
24:01c'est un état de bien-être
24:02physique,
24:02psychique,
24:03social et environnemental,
24:04et donc on ne peut pas
24:05se soustraire
24:07à la nécessité
24:08de connaître bien
24:09l'environnement des malades,
24:11et l'ensemble
24:11de ces données,
24:12ensuite,
24:12permettent,
24:13en fait,
24:13de structurer
24:14les besoins du patient
24:15dans son accompagnement
24:16et dans son plan de santé,
24:18et de programmer,
24:19en fait,
24:20les éléments à faire,
24:21donc les actions à mener,
24:22les choses à surveiller,
24:24et également
24:24les alertes,
24:25en fait,
24:26qui doivent pouvoir
24:27solliciter les professionnels
24:29de telle sorte
24:30à réaliser le plan de santé
24:32et l'ajuster
24:32en permanence
24:33sur le fil.
24:34Et justement,
24:35quel type de signaux,
24:36d'alertes,
24:36est-ce que vous êtes capable
24:37de détecter à distance ?
24:39Alors,
24:39c'est très varié,
24:40et c'est sous la main
24:41du professionnel de santé,
24:43il peut décider,
24:44effectivement,
24:44de mettre des algorithmes
24:45d'alertes sur de l'arythmie,
24:47par exemple,
24:47sur le dépistage
24:48de blocs auriculo-ventriculaires,
24:50c'est-à-dire
24:50de ralentissements,
24:52parfois brutaux,
24:52qui peuvent survenir,
24:54de problèmes de pacemaker,
24:55de problèmes d'infection,
24:57de problèmes de douleur,
24:58de problèmes,
24:59aussi,
24:59dans l'accompagnement palliatif,
25:01d'inconfort,
25:01par exemple,
25:02ou de modifications
25:03du cycle nidéméral,
25:07c'est-à-dire
25:07des activités
25:08du jour.
25:10Enfin,
25:10c'est très varié,
25:11il y a une centaine
25:11d'algorithmes différents
25:12qui sont à la main
25:13du professionnel.
25:13Et justement,
25:14vous dites que
25:14la télésurveillance
25:15peut réduire
25:15les hospitalisations,
25:18les éviter,
25:19et on parle
25:19de quel type
25:20d'hospitalisation ?
25:21Alors,
25:21elle ne peut pas,
25:22elle le fait.
25:23Ça,
25:24c'est un long travail.
25:25Pour nous,
25:26il n'était pas question
25:26de parler
25:26sans avoir commencé
25:27à travailler
25:28sur la preuve.
25:29Donc,
25:29on a pu effectivement
25:30étudier
25:31les patients
25:32par rapport
25:33à leur parcours
25:34de l'année N-1.
25:35Souvent,
25:35quand on vieillit,
25:36les choses se dégradent
25:37dans le temps.
25:38Donc,
25:39comparer le patient
25:39à son année précédente,
25:41c'est souvent
25:41une bonne façon
25:41et on a pu montrer
25:42que de toute évidence,
25:43on réduit de façon massive
25:44les réhospitalisations
25:46et les nouveaux passages
25:46aux urgences.
25:47Et tout au long
25:48de ce parcours,
25:49quels sont les médecins
25:50impliqués ?
25:51Quel type de médecin ?
25:52Alors,
25:53c'est ce qu'on appelle
25:54l'opérateur médical.
25:55Dans le cadre
25:55de la télésurance gériatrique,
25:57il y a deux types
25:58d'opérateurs
25:58aujourd'hui chez nous.
25:59Le gériatre hospitalier
26:00ou l'urgentiste,
26:02qui sont un peu
26:04le binôme
26:06d'accompagnement
26:08de l'hôpital
26:09vers la ville
26:10et puis le médecin traitant
26:12qui est aussi
26:12le grand opérateur
26:13du dispositif
26:14puisque c'est vers lui
26:15que l'ensemble
26:16des situations
26:17et des problématiques
26:18vont remonter.
26:19Et les aidants,
26:20ils sont mis
26:20dans la boucle également ?
26:21Bien sûr, oui.
26:22On sait que c'est
26:22un vrai sujet.
26:23Oui, bien sûr.
26:24L'ensemble du cercle de soins
26:25est sollicité.
26:26C'est un travail collaboratif.
26:27Alors,
26:28on parle d'opérateurs
26:29dans ce qui est
26:29de la prescription
26:30et de la réaction
26:30quand il s'agit
26:31de décompensation médicale.
26:34Mais effectivement,
26:34les infirmiers,
26:35les auxiliaires de vie,
26:36les dents principales
26:37du patient
26:37sont évidemment
26:38des forces actives
26:40dans la prise en charge
26:41et absolument au socle
26:42pour que tout fonctionne.
26:44Et alors,
26:44les premiers concernés,
26:45les personnes âgées,
26:46comment est-ce qu'ils réagissent ?
26:48Est-ce qu'ils sont
26:48plutôt hostiles au début ?
26:50Est-ce qu'il faut les convaincre ?
26:52Alors,
26:53on a beaucoup...
26:54Enfin, nous,
26:54la moyenne d'âge
26:54des patients qu'on suit
26:55est de 87 ans.
26:56Donc, on a des vrais âgés.
26:58Beaucoup ont des troubles cognitifs,
27:01donc c'est difficile
27:02d'avoir un retour
27:03parfaitement
27:04évident
27:07sur la perception
27:09qu'ils en ont.
27:09Ce qu'on peut juste dire,
27:10c'est qu'en tout cas,
27:11on a zéro décrochage
27:13notamment des dispositifs
27:15connectés par les patients,
27:17même ceux qui ont
27:17des troubles cognitifs.
27:18Donc, a priori,
27:19c'est très bien toléré.
27:20L'acceptabilité est excellente.
27:21Et en termes de décrochage,
27:22on a moins de 4%
27:23d'abandon
27:24à un an,
27:26en sachant que les suivis
27:27d'abandon,
27:28c'est six mois.
27:29Donc, ça veut dire
27:29qu'on a déjà eu le temps
27:30en plus d'être efficace
27:31sur ces malades.
27:32La satisfaction est massive.
27:34On a plus de 97%
27:35de satisfaction
27:36des patients
27:36et des familles.
27:37Donc, on peut considérer
27:38que c'est un dispositif
27:39qui est très bien accepté.
27:41Et je pense qu'il faut
27:42arrêter de mélanger
27:43technophobie
27:44et techno-capacité,
27:47en fait,
27:48qui sont deux éléments
27:49très, très différents.
27:50Merci beaucoup, Élise.
27:51C'est déjà à la fin
27:52de cette interview.
27:54Élise Cabane,
27:55médecin et fondatrice
27:56d'Epoca.
27:57Merci de nous avoir suivis
27:58sur Bsmart for Change.
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