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  • il y a 11 heures
Vendredi 28 novembre 2025, retrouvez John Pinte (Président, SNIIL), Angélique Chassy, (Professeure en économie à l’EM Normandie Spécialiste des conseils citoyens en santé), Hervé Bonnaud (Président, Nex&Com;) et Théo Deschamps-Peugeot (Chief Revenue Officer, Zoi) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Santé Futur, votre rendez-vous sur Bsmart for Change dédié à l'innovation et à l'avenir de la santé.
00:17Au sommaire, faut-il repenser les métiers du soin ?
00:21Alors que la pénurie de soignants s'aggrave en France, les métiers du soin semblent à un tournant infirmier, aide-soignant, auxiliaire de vie.
00:30Accompagnés désormais par les outils numériques et l'intelligence artificielle, tous participent à un écosystème du soin en pleine transformation.
00:39Pour en discuter, j'ai le plaisir d'accueillir John Pint, président du SNIL, syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux.
00:48Et Angélique Chassier, là également, docteur en sciences économiques, enseignante-chercheure à l'école de management de Normandie.
00:56Dans l'analyse du docteur Bono, Hervé a imaginé un hôpital sans soignants.
01:01Et puis comme toujours, nous terminerons l'émission avec la pépite santé.
01:05Aujourd'hui, je reçois la deep tech française ZOI, qui a créé un protocole de médecine préventive personnalisé.
01:13C'est parti pour une nouvelle émission.
01:14La France traverse une crise profonde du soin, des soignants épuisés, des postes non pourvus, des aides-soignants introuvables.
01:28Pourtant, les besoins de soins explosent du fait notamment du vieillissement de la population et de l'augmentation des maladies chroniques.
01:36Alors, faut-il repenser en profondeur les métiers du soin ?
01:39Et si le problème ne se limitait pas au manque, mais à la façon dont nous concevons et organisons le soin, c'est le thème de cette émission.
01:48Bonjour John.
01:49Bonjour.
01:50Bonjour Angélique.
01:52Bonjour.
01:52Merci à tous les deux d'être avec nous.
01:55John, pour commencer, la France connaît une pénurie de soignants, je ne l'ai que trop dit.
02:01Quelles en sont les principales causes ?
02:03Les causes, elles sont multiples et en fonction de chaque profession, nous n'avons pas les mêmes difficultés.
02:09Chez les infirmiers libéraux, puisque je représente les infirmiers libéraux, on le voit bien depuis quelques années, un nombre d'infirmiers libéraux sur le territoire qui est en baisse.
02:17Alors que les besoins, comme vous l'avez dit, en soins, en santé, sont en train d'exploser avec le vieillissement de la population, mais aussi la volonté de rester à domicile.
02:26Donc, les raisons, elles sont...
02:28On a eu, je pense, la crise sanitaire a été un déclencheur.
02:30Avec des professionnels qui s'épuisent, qui ont un manque de reconnaissance.
02:36Il y a eu une certaine autonomie, une certaine rapidité de réaction pendant la crise sanitaire.
02:41Et le retour à la vie réelle après cette crise sanitaire a été violent pour les professionnels.
02:46C'est-à-dire que des choses qui étaient facilitées sont redevenues compliquées.
02:49Et puis, en parallèle, on a eu une instabilité politique qui a fait que des textes n'avançaient pas.
02:55Et le manque de reconnaissance de ces professionnels s'est ancré vraiment dans l'histoire et fait qu'on a des professionnels qui sont épuisés, qui se sentent dévalorisés et qui, au lieu de lutter, vont quitter le métier.
03:10Et ça, c'est réellement inquiétant pour l'avenir.
03:13Est-ce que la formation est aussi au cœur du problème ?
03:16Oui, bien sûr, puisqu'on a une loi qui a été votée en juin, qui a mis beaucoup de temps à être votée, mais qui a été votée.
03:25On a encore des textes en attente, mais ça devrait se débloquer.
03:28Et qui va permettre de aussi revoir la formation infirmière.
03:32Donc, on a vraiment une réingénierie du métier.
03:34Le métier d'infirmier de demain se construit avec beaucoup plus d'autonomie, de possibilités de prévention, d'éducation à la santé.
03:43On a vraiment un champ qui se développe.
03:46Maintenant, il faut que les textes puissent sortir et la formation va aller avec.
03:51On va revenir justement sur cette loi infirmière de juin 2025.
03:54Angélique, côté citoyens et organisations, quel impact la pénurie a-t-elle sur l'expérience patient et la confiance dans le système de santé ?
04:06Alors nous, j'ai travaillé sur de nombreux sujets de recherche et plus précisément pour traiter la pénurie.
04:13On se rend compte qu'aujourd'hui, les citoyens se sentent complètement en défiance vis-à-vis des pouvoirs publics et des pouvoirs politiques.
04:23Parce que la désertification médicale ne se fait pas que du côté des politiques et des soignants.
04:29Elle se sent aussi du côté des citoyens.
04:32Et juste pour rappeler un petit peu ce que vient de dire John, on va dire que la crise démocratique a vraiment été très forte aussi suite à la crise du Covid.
04:42Puisque nous, on a réalisé une enquête justement post-Covid qui disait que 80% des citoyens préconisent une gouvernance plus respectueuse des aspirations populaires.
04:53Et justement, de pouvoir associer les citoyens à des décisions politiques plus fortes sur les territoires.
04:59Donc d'avoir des médecins un peu plus près de chez eux.
05:02John, pour en revenir à la loi infirmière de juin 2025, qui est les avenants au cours de négociations.
05:09Quels changements concrets sont attendus pour les infirmiers et les infirmières libéraux ?
05:14Alors d'un point de vue de la loi, c'est vraiment plus d'autonomie.
05:16Une reconnaissance de compétences qui sont pourtant appliquées au quotidien par les professionnels, mais qui n'étaient pas reconnues, qui n'étaient parfois même pas dans les textes.
05:25Donc ça, c'est vraiment le premier volet.
05:28Amener la profession vers plus d'autonomie.
05:30C'est-à-dire que ne pas toujours dépendre d'une prescription médicale pour prendre en charge certains patients.
05:35C'est faciliter l'accès aux soins.
05:37Et ça, c'est quelque chose qui rentre dans les compétences de la profession, mais qui, jusqu'à maintenant, n'étaient pas reconnues.
05:43Faire entrer la consultation infirmière, ça a été une grande bataille, puisque la consultation, jusqu'à maintenant, était une consultation médicale.
05:51Alors que la consultation infirmière existait depuis des décennies dans notre formation, mais jamais reconnue.
05:58Donc là, on rentre aussi vers la consultation infirmière.
06:00Donc c'est vraiment tout ce champ de plus de compétences, de reconnaissance de ces compétences, et puis d'autonomie.
06:09Parce qu'on va pouvoir aussi adapter certaines prescriptions, pas sur les médicaments, mais vraiment sur des examens complémentaires,
06:17pouvoir prendre en charge une plaie sans avoir systématiquement une prescription médicale.
06:21Donc c'est vraiment tout ce champ qui va permettre de valoriser nos compétences et mieux de les reconnaître.
06:26Ça, c'est sur le champ réglementaire. Sur la partie négociation, maintenant, c'est mieux valoriser la profession,
06:33puisqu'il y a quand même une difficulté de valorisation, et ça, il y a vraiment une urgence à agir.
06:38Mais c'est aussi reconnaître ces nouvelles compétences qui sont entrées dans la loi, dans le cadre de notre convention,
06:43qui régit, en fait, l'exercice libéral et la facturation des actes par les infirmières libérales.
06:48Et est-ce qu'on peut craindre que ces changements accentuent la charge administrative des soignants ?
06:53Alors ça, c'est le gros risque, et c'est ce à quoi on est vigilant, c'est-à-dire qu'il va y avoir, d'un autre côté, sûrement plus d'administratifs,
07:01mais il y a des choses qu'on peut lever. Il y a des contraintes administratives qui sont désuètes et qui ne servent à rien.
07:08Donc il faut vraiment réussir à les lever pour pouvoir simplifier le quotidien des professionnels de santé.
07:14Oui, sans compter l'aide des outils numériques et maintenant...
07:17Oui, mais c'est pareil, là encore, il y a des grosses difficultés sur les outils numériques, puisque...
07:20En termes de formation et d'appréhension des outils ?
07:22Oui, et c'est surtout d'interopérabilité des outils, c'est-à-dire que si je veux me coordonner avec certains professionnels de santé,
07:29je dois utiliser le même outil qu'eux, alors que je vais travailler avec une multitude d'infirmiers, de médecins,
07:36avec plusieurs autres professionnels de santé.
07:38Et on ne peut pas nous obliger à avoir différents outils.
07:42À chaque fois, c'est des abonnements, à chaque fois, c'est passer d'un outil à un autre.
07:45Ça, c'est complètement désuet.
07:46Et puis le DMP, qui pourrait être un bon outil, apparaît maintenant d'un autre siècle.
07:50DMP, vous pouvez nous expliquer pour ceux qui ne connaissent pas.
07:52Le dossier médical partagé, c'est ce document, enfin ce dossier qui est informatique,
07:57sur lesquels sont entrées les données des patients.
08:00Donc leurs examens, leurs prescriptions de traitement.
08:03Tout cela va dans le DMP,
08:05sauf que l'accès à ce DMP est complexe pour les professionnels de santé.
08:11Et rechercher un document dedans, je vous dis, on est vraiment 30 ans en arrière.
08:16Angélique, du point de vue du citoyen, comment sont perçues ces transformations que vient d'évoquer John ?
08:23Justement, nous, on a travaillé sur une étude avec des médecins généralistes.
08:27Et donc, on était plusieurs chercheurs, justement, en gestion et en économie.
08:33Et on a travaillé sur l'acceptabilité des chatbots de santé en pré-diagnostic médical.
08:39Et on a eu des résultats très encourageants sur l'utilisation des chatbots de santé pour aider, justement, les médecins dans le diagnostic médical,
08:49pour les aider, justement, à gagner du temps, du temps utile, justement,
08:53pour permettre aux médecins de pouvoir se focaliser sur des maladies beaucoup plus importantes
09:01et de pouvoir, eh bien, laisser la main à des chatbots de santé sur ce qu'on appelle la bobologie.
09:08Bien sûr, ça ne retire rien la présence des médecins dans le diagnostic final.
09:12Mais les résultats ont été quand même très encourageants du côté des médecins,
09:16mais aussi du côté des citoyens, sur l'acceptabilité sociale, eh bien, de ces chatbots de santé,
09:21qui sont l'intelligence artificielle, justement, pour accompagner les médecins.
09:25Et le côté était vraiment très, très positif.
09:27John, vous émettez un certain scepticisme, vous me l'avez dit,
09:31mais est-ce que néanmoins, vous êtes d'accord avec cette idée que ça peut, in fine, soulager les soignants ?
09:36Alors, peut-être sur l'aide aux médecins, sur le diagnostic, sur les traitements adaptés,
09:41sur tout ce qui est intelligence artificielle.
09:43Mais quant aux infirmiers ?
09:43Sur les infirmiers, c'est beaucoup plus compliqué, parce qu'on est vraiment sur la relation avec le soignant,
09:50avec le soigné, pardon, sur du soin technique.
09:54Et ça, ce n'est pas l'IA qui va pouvoir nous aider.
09:55Alors, elle peut nous aider à optimiser nos tournées, c'est-à-dire,
09:59dans quel sens je prends tel patient ou tel patient.
10:02Il y a des outils qui vont nous aider,
10:04ou sur la facturation des actes pour essayer d'éviter des erreurs.
10:08Mais on est vraiment un métier de technicien et aussi de relation.
10:15On est les seuls professionnels de santé qui assurons les soins au domicile des patients,
10:197 jours sur 7.
10:20Donc, ça, on ne pourra pas nous l'enlever.
10:22Ce n'est pas l'IA qui va nous aider sur ce point-là.
10:25On voit aujourd'hui les frontières entre métiers du soin se brouiller.
10:28Est-ce qu'il faut protéger, selon vous, les identités professionnelles,
10:31ou est-ce qu'il faut encourager une certaine polyvalence ?
10:35Alors, ça, c'est tout l'enjeu du système de santé de demain, je pense.
10:39On s'arc-bouctous sur « ça, c'est mon précaré » et « les autres ne doivent pas y toucher ».
10:46On le voit bien, pour autant, on a besoin de gommer ces frontières.
10:51Nous, on demande aux médecins de nous laisser plus d'autonomie,
10:54de faire confiance aussi aux professionnels de santé, aux infirmiers aussi,
10:58d'accepter que d'autres professions aillent aussi sur leur champ de compétences.
11:04Je crois qu'à un moment, on ne peut plus se dire qu'on doit préserver…
11:07Quelles professions pourraient aller sur le champ de compétences des infirmiers ?
11:09On le voit bien, les aides-soignants ont pris une certaine autonomie
11:12sur des actes qui étaient avant réservés aux infirmiers.
11:15Les pharmaciens sont venus aussi, je ne sais pas si je dois dire empiétés,
11:20puisque c'est un côté négatif, mais en tout cas, sont venus sur notre champ de compétences.
11:25Et nous, on réclame aussi aux médecins de nous lâcher un peu plus d'autonomie.
11:30Et je crois que c'est ce qui va contribuer à mieux faire fonctionner le système de santé.
11:34La problématique de la pénurie de soignants peut être aussi gommée
11:39par moins de frontières entre les métiers.
11:41Mais je crois que là, il y a encore un gros travail à faire de la part des professionnels de santé,
11:46mais aussi des pouvoirs publics qui ont tendance, malgré tout,
11:49à nous opposer dans des décisions qui ne sont pas concertées au préalable.
11:53Angélique, votre avis sur cette polyvalence,
11:56est-ce que ça pourrait améliorer la fluidité du parcours ?
12:00Ou est-ce que, au contraire, ça risque de brouiller la relation entre le patient et le soignant ?
12:05Déjà, il faut considérer le patient comme un patient partenaire, un patient citoyen.
12:11Et on voit bien aujourd'hui, à la fois dans la désertification médicale,
12:15c'est quand même le monde rural qui souffre aujourd'hui d'accompagnement médical.
12:20Donc, il est nécessaire, par exemple, d'utiliser des outils de l'intelligence artificielle,
12:25même si, bien sûr, je tiens à être prudente,
12:27qu'il faut toujours qu'il y ait le regard du médecin.
12:29Mais ça peut aider, justement, ces personnes à être actives aussi dans leur parcours de soins,
12:34de ne pas être mis de côté.
12:37Et de plus, ça permet aussi de prendre en compte que le patient, il a aussi une expertise.
12:43Et c'est ce qu'on a fait révéler dans un certain nombre d'études,
12:46c'est qu'on a tendance à croire que le patient, il est juste accompagné,
12:50mais le patient peut être aussi acteur de son parcours de soins.
12:53Il peut avoir aussi des avis sur les politiques publiques qui sont mises en place,
12:56mais aussi sur la manière dont, aujourd'hui, sa santé est gérée au quotidien.
13:02Et donc, c'est important de lui donner la parole
13:03et c'est important de reconnaître son expertise citoyenne,
13:06d'où l'enjeu de pouvoir avoir des instances où les citoyens peuvent aussi s'exprimer.
13:11Alors, je sais qu'il y a un certain nombre de lois qui ont été mises en place
13:13sur les conseils d'usagers, les conseils vie sociale, etc.
13:17Mais aujourd'hui, on sent qu'il y a quand même des restrictions
13:20qui font que les patients ne sont pas toujours très alertés
13:24ou ils sont représentés de manière indirecte
13:27et que ça n'influence pas les décisions médicales ou, en tout cas, organisationnelles.
13:32Donc, je pense qu'il faut plusieurs outils.
13:36Il faut plusieurs outils pour permettre, justement,
13:39ces patients partenaires, ces patients citoyens
13:41de pouvoir être acteurs de leur parcours de soins,
13:45donc d'être aussi au centre de ce qui est proposé.
13:48Et justement, Angélique, vous travaillez sur la mise en place de conseils de citoyens.
13:53De quoi s'agit-il exactement ?
13:56Les conseils de citoyens, ce sont des organisations de citoyens,
14:00dits lambda, qui sont organisées soit par des collectivités territoriales,
14:07soit par des institutions publiques.
14:10Ça peut être un hôpital qui organise un conseil de citoyens.
14:13Donc, souvent, ce sont des citoyens qui sont tirés hausseurs ou volontaires,
14:17qui sont réunis sur une instance
14:20où ils doivent travailler sur des politiques publiques,
14:23sur des politiques qui sont mises en place au sein d'une institution,
14:26au sein d'un territoire, mais aussi au niveau national.
14:29Je peux vous citer l'exemple des conventions citoyennes,
14:32je peux vous citer l'exemple des workshops,
14:36tout ce qui est instances citoyennes,
14:38donc les budgets participatifs, etc.
14:40Mais ce sont des instances citoyennes
14:42où les citoyens peuvent participer à la mise en place de politiques publiques.
14:47Ça évite, ça permet d'anticiper les crises,
14:50ça permet de gérer les crises, mais aussi de pouvoir les organiser.
14:54C'est ce qui a été remonté après la crise du Covid.
14:57Quand on a questionné des médecins sur la manière dont la gestion du Covid avait été faite,
15:02elle avait été mise en avance,
15:03ce qui avait eu une très très grosse frustration
15:05de ne pas avoir été proche des citoyens
15:09pour savoir concrètement ce qu'ils vivaient sur le terrain,
15:11pour éviter des décisions qui ont été parfois très douloureuses,
15:15par exemple sur la fermeture des EHPAD,
15:17sur la fermeture des commerces,
15:19sur la fermeture des écoles.
15:20Peut-être qu'il aurait été intéressant d'adapter un peu plus
15:25les politiques publiques sur la réalité du quotidien.
15:27Et ça, ça a manqué.
15:29Il aurait été intéressant d'avoir un conseil citoyen
15:31à côté du conseil scientifique,
15:32mais également côté du président de la République.
15:37John, c'est déjà la fin de cet échange.
15:39S'il fallait retenir une mesure concrète
15:41pour améliorer la qualité de vie au travail
15:45et donc retenir les soignants ?
15:47Je crois que ça ne peut pas être une seule mesure, malheureusement.
15:49La plus urgente.
15:51La plus urgente.
15:52Si on veut retenir les professionnels sur le terrain,
15:56ça va être une valorisation des compétences.
15:58Je crois que ça, c'est vraiment ce qui est attendu
15:59par les professionnels en urgence.
16:02Mais derrière, c'est aussi repenser le métier de demain.
16:05La loi commence à nous amener vers cela.
16:07Maintenant, il va falloir aussi que les professionnels
16:09s'emparent de ces nouvelles compétences.
16:11Et là, on sait que ça va être un long chemin,
16:12mais je crois que c'est vraiment ces deux volets
16:15qui sont essentiels.
16:16Restez avec nous, on passe à l'analyse du Dr Bono.
16:23On place donc à l'analyse du Dr Bono.
16:27Hervé nous a rejoints.
16:28Salut Hervé.
16:28Salut Elix.
16:29Et Hervé, tu as imaginé un hôpital sans soignants.
16:32J'ai imaginé, disons que quand on m'a proposé ce thème,
16:36je me suis dit, waouh, quelle drôle d'idée.
16:38C'est n'importe quoi.
16:39C'est comme imaginer une voiture sans conducteur
16:43ou un orchestre sans musicien.
16:45Et puis d'un coup, je me suis dit, mais quel mauvais exemple.
16:47J'écoutais tout à l'heure la radio.
16:5034% des disques sur 10 heures
16:53sont entièrement faits par l'intelligence artificielle.
16:56Et on a un groupe de rock qui a sorti,
16:58qui a été vu un million de fois sur Spotify,
16:59The Velvet Sundown, un truc pas mal d'ailleurs,
17:03comme son, années 70.
17:04Entièrement rien.
17:05Un peu country, mais pas mal à écouter.
17:07Donc, ben non, la musique sans musicien, c'est possible.
17:11Et vous connaissez les taxis robots aux USA ?
17:14Oui.
17:14Il y a déjà 2000 qui tournent dans toutes les grandes villes.
17:16Il y en a 1000 en Chine.
17:18Et il y en a plein qui arrivent,
17:19sponsorisés par Uber, Amazon, Tesla et compagnie.
17:23Donc finalement, pourquoi pas un hôpital sans soignant ?
17:27Et d'ailleurs, à l'hôpital, on a déjà des tas de robots,
17:31des chatbots pour accueillir, pour lire les radios,
17:34pour opérer même, pour tenir compagnie aux patients.
17:37Enfin, tout ça est un peu étrange,
17:38mais en fait, ça s'explique politiquement.
17:41Se passer des soignants, c'est assez tentant, finalement.
17:44C'est ça que je me suis dit.
17:45J'essaie de trouver une bonne raison à ça.
17:46Parce qu'ils dorment pas, ils râlent pas,
17:48ils font pas grève, il n'y a pas besoin de les former,
17:50il n'y a pas besoin de les augmenter.
17:51Donc en fait, je vois une société tout à fait délicieuse se profiler.
17:55En fait, la vraie question à se poser, c'est quoi un soignant ?
17:58Ah ben, c'est quoi un soignant ?
17:59Ben voilà, si on demande à un économiste,
18:01un soignant, c'est un centre de coût.
18:03Si on demande à un ministre, c'est une variable de justement.
18:06Mais si on demande à un patient,
18:07c'est quelqu'un qui veut qu'on lui tienne la main.
18:10Et d'ailleurs, ça me fait penser à une jolie citation de Louis Pasteur
18:12qui parlait des infirmiers et des infirmières.
18:16Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours.
18:19Alors, écoutez, c'est pas forcément ce que fera le mieux le robot.
18:23On nous promet des lits connectés, des piluliers intelligents,
18:27des diagnostics automatisés.
18:29C'est formidable.
18:30Mais peut-être qu'un jour, on va se dire que c'est bien de soigner des organes,
18:33c'est peut-être mieux de soigner des individus dans leur intégralité,
18:37voire s'occuper de leur âme, de leur souffrance.
18:39Et donc, face aux murs qui nous arrivent dans le nez,
18:44je m'attends à ce que nos politiques nous déclarent bientôt.
18:47Il nous faut des nouveaux patients.
18:50Des nouveaux patients, des nouveaux soignants et des soignants augmentés.
18:54Alors, je suis d'accord avec le concept.
18:56Le problème, c'est qu'en termes de formation, il va falloir qu'on change deux trucs.
19:00Il faut donc qu'on ait des nouveaux soignants parfaitement formés à l'IA
19:04et à tous les objets connectés.
19:06Et je me suis amusé à regarder, vous savez,
19:08quel est l'âge moyen des loyers des facultés de médecine ?
19:1060 ans.
19:12Ce n'est pas une caricature et ce n'est pas une méchanceté.
19:14Peut-être que ça s'explique.
19:16Comment est-ce que ces gens-là, sans leur faire offense,
19:19vont apprendre les IA à leurs internes de 25 ans ?
19:23C'est un peu complexe.
19:25L'autre point, à mon avis, qu'il va falloir développer,
19:29c'est la psychologie, l'accompagnement psychologique des malades par les soignants.
19:34Personnellement, quand j'ai fait mes études de médecine,
19:36je peux vous dire qu'il n'y avait pas, à part quand on faisait psychiatrie,
19:39on n'avait pas de cours de psychologie des patients.
19:42Donc, actuellement, j'ai vu qu'en 10 ans de médecine,
19:46un étudiant a droit à quelques dizaines d'heures de formation.
19:49J'ai essayé de regarder pour les infirmiers et infirmières.
19:51Ce n'est pas clair.
19:52Ils disent dans le premier semestre, il faudrait qu'il y ait des heures,
19:55mais ce n'est même pas marqué du tout dans le deuxième semestre.
19:57Donc, je ne sais pas.
19:58Ce qui prouve bien que ce n'est pas la grande priorité de tout ça, hélas.
20:01parce que ça, c'est une tâche qui ne pourra pas être sous-traitée à des humanoïdes.
20:05Et tu sembles nous rappeler la célèbre formule « gouverner, c'est prévoir ».
20:09Absolument, rien n'est mis en place.
20:11Et quand on voit la vitesse exponentielle d'évolution de l'IA,
20:16on peut se dire que ça va coincer dans pas longtemps.
20:18et que bientôt, à l'hôpital, les seuls êtres humains, ce seront les malades.
20:26Heureusement, il faut être positif.
20:28J'ai eu une illumination et je me suis dit « mais il n'y aura plus de soignants à l'hôpital ».
20:34Mais ce n'est pas grave du tout.
20:35Avec la médecine personnalisée, prédictive, boostée par les IA,
20:39il n'y aura plus de patients non plus.
20:40Merci beaucoup Hervé.
20:43C'était un petit peu plus long que prévu.
20:45Donc, rapidement, John, je vous ai senti réagir à chaud.
20:49Oui, parce qu'effectivement, on sait très bien qu' l'IA va prendre de la place,
20:54même dans la profession infirmière.
20:56On n'arrive peut-être pas encore à imaginer.
20:58Pour autant, je pense que soigner des humains ne peut se faire qu'avec des humains.
21:04Comme vous l'avez dit, l'écoute, ce n'est pas une IA qui va être complètement neutre,
21:09qui ne va pas exprimer ses sentiments, qui va pouvoir discuter avec le patient, l'écouter.
21:15Je crois que ça, c'est vraiment le quotidien de la profession et du métier d'infirmier.
21:20C'est-à-dire que oui, il y a le soin, mais au travers du soin,
21:24on a énormément de sens qu'on développe.
21:26Par exemple, l'odorat nous sert dans notre quotidien.
21:30On a énormément de sens.
21:31Et donc, je crois que ça, l'IA ne pourra pas le remplacer.
21:34Et juste pour faire très court, je pense qu'on a besoin d'une stabilité politique
21:40de façon à repenser le système de santé.
21:43Je crois que ça, c'est réellement essentiel.
21:45Il faudra une réforme qui soit courageuse, ambitieuse.
21:49Et je ne sais pas si on a pour l'instant les personnes qui seront en mesure de le faire.
21:52Merci, John.
21:53Angélique, rapidement, je suis navrée.
21:54On n'a plus beaucoup de temps sur ce que Hervé nous a dit.
21:57Je vais juste dire en trois pans, la dernière loi de la sécurité sociale encourage la télémédecine.
22:04Donc, il faut prendre en compte ces évolutions.
22:06Et puis, je sais que les médecins veulent travailler beaucoup avec une certaine pluridisciplinarité.
22:12Donc, c'est important d'associer les citoyens à l'évolution de ces nouvelles technologies.
22:17Et puis, je tiens juste à dire que dans la santé mentale actuellement,
22:20les chapeaux de santé font un boss du tonnerre.
22:24Ils sont très performants dans la santé mentale, même accompagnés de médecins en psychiatrie.
22:28Ils disent qu'ils sont tip-top.
22:30Et donc, ça aussi, c'est à prendre en compte.
22:33Et puis, juste pour finir, nos dernières études ont bien démontré
22:37que qu'à la soit du côté des soignants que du côté des patients,
22:41il y a une volonté d'être accompagnés par l'IA parce que c'est ce qu'ils appellent le temps utile.
22:46Et donc, tout ça, bien sûr, ça a été encadré.
22:48Et puis, il faut évoluer, mais tout en mettant aussi les citoyens au cœur de ce système.
22:54Donc, il faut aussi leur donner la parole.
22:56Merci beaucoup.
22:57Merci, Angélique.
22:58Angélique Chassi, docteur en sciences économiques,
23:01enseignante-chercheure à l'École de Management de Normandie.
23:04Et merci à vous, John.
23:05John Pint, président du SNIL,
23:07Syndicat national des infirmiers et des infirmières libéraux.
23:11Merci beaucoup.
23:12On passe à la pépite santé.
23:13Et place à notre pépite santé, Hervé est toujours avec nous, bien sûr.
23:23Et j'ai le plaisir d'accueillir Théo Deschamps-Peugeot,
23:25chief revenu officer chez ZOI.
23:28Bonjour et bienvenue.
23:29Merci.
23:29ZOI a ouvert son premier centre de bilan de santé en novembre 2023.
23:34L'idée est d'offrir à chaque membre un check-up complet.
23:38Vous vous présentez comme une médecine préventive, personnalisée, haut de gamme.
23:42Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement en quoi consiste votre protocole
23:48entre le centre et l'application digitale ?
23:51Bien sûr.
23:53ZOI est né du constat que tout le monde subit son mode de vie.
23:56Moi, le premier, on a une alimentation inadaptée.
23:59On va un peu trop au restaurant, on consomme trop d'aliments transformés.
24:03On est trop sédentaire, pas assez d'activités physiques.
24:07Exposé aux écrans, exposé au stress, exposé à la pollution.
24:09Bref, tout ça a un impact, trois impacts très clairs sur notre santé.
24:14La première, c'est que notre qualité de vie au quotidien, on est plus fatigué,
24:17on a moins d'énergie, est impactée.
24:20La deuxième, c'est qu'on perd des années de vie en bonne santé.
24:22L'espérance de vie en bonne santé est seulement de 63 ans.
24:25C'est une statistique qu'on connaît assez peu.
24:27Et on perd des années de vie tout court parce que 80% des décès prématurés
24:31liés à des pathologies chroniques, cardiovasculaires, oncologie,
24:35pourraient être évités par le changement de nos comportements.
24:38Zeuil, c'est la réponse à ces trois défis.
24:42On va commencer par le check-up que vous avez évoqué.
24:44On va collecter plusieurs milliers de points de données
24:46à travers plusieurs dizaines d'examens, d'imageries, de points,
24:50des examens cliniques et des examens fonctionnels
24:53pour bâtir le mode d'emploi de votre santé, grosso modo.
24:58Et ensuite, on va vous accompagner, nos personnels soignants
25:01et notre application digitale va vous accompagner pendant un an
25:04pour mettre en place ce fameux mode d'emploi de votre corps, de votre santé.
25:08C'est un plan d'action personnalisé qui va vous permettre d'améliorer votre quotidien,
25:12gagner en énergie, récupérer, retrouver le sommeil, mieux gérer le stress, par exemple.
25:16Aujourd'hui, vous êtes en mesure de mesurer l'efficacité de votre protocole sur la santé ?
25:23Tout à fait. C'est comme ça que nous mesurons le succès chez Oeil
25:27parce que les membres reviennent nous voir tous les ans pour faire le point sur leur santé.
25:31Et donc, nous mesurons l'évolution, l'impact sur leur santé des recommandations qui ont été faites.
25:37Deux KPIs, si je puis dire, très importants.
25:4151% de nos membres améliorent leur santé cardiovasculaire
25:45ou diminuent leur risque cardiovasculaire.
25:47Ce sont des scores normés, type score 2, etc. que nous calculons.
25:50Et nous avons 76% de nos membres qui améliorent immunité, équilibre hormonal et équilibre métabolique également.
25:58Et vous travaillez avec des professionnels de santé ou juste une expérience haut de gamme ?
26:03Non, non. Alors, on se défend d'être haut de gamme.
26:07Vous rencontrez énormément de professionnels de santé.
26:10Quand vous venez chez Oeil, vous ne rencontrez que des professionnels de santé.
26:12Médecins généralistes, radiologues, cardiologues, ophtalmo.
26:16Et ce sont ces différents médecins qui vont réaliser les examens.
26:20Ensuite, centraliser la donnée pour l'analyser de manière croisée.
26:24Et le médecin généraliste, qui est votre médecin référent chez Oeil, joue un rôle très particulier.
26:27C'est lui qui prépare le mode d'emploi de votre corps, qui vous le restitue,
26:31et qui vous répond pendant un an si vous auriez des questions ou des ajustements à faire.
26:35Hervé, la dernière question te revient.
26:36Oui, j'ai discuté de votre cas avec des médecins hospitaliers et des professeurs thérapeutiques.
26:41Ce qui les fait râler, je peux vous le dire, c'est le prix.
26:43Ils disent 3600 euros par personne, c'est scandaleux, c'est pas républicain, c'est pas égalitaire.
26:47Donc ça veut dire médecine préventive de riches, et là-dessus, la prévention pour les pauvres.
26:52Ça va être la grande critique, j'imagine, qu'on vous adresse ?
26:55C'est une critique récurrente.
26:56Alors, Oeil est entreprise à mission.
26:58Donc juridiquement, nous devons travailler chaque année pour la démocratisation de la santé préventive personnalisée.
27:03C'est ce que nous faisons par trois biais.
27:04Le premier, c'est que le protocole que nous réalisons, qui coûte effectivement, qui est onéreux, coûte beaucoup moins cher que si vous étiez amené à le faire dans la nature.
27:14Ça, c'est le premier point.
27:16Le deuxième point, c'est que de la donnée, de la technologie que nous accumulons, nous faisons avancer la recherche en santé préventive,
27:23ce qui va nous permettre, au fur et à mesure, de baisser le prix de notre approche,
27:27avec un objectif de proposer ça comme une live box, un abonnement Internet, si vous voulez, à 50-70 euros par mois, en fait, pour un membre.
27:36Et la troisième chose, c'est que nous mettons à disposition gratuitement toutes les données de chez Oeil,
27:40qui sont pseudonymisées, bien sûr, auprès des institutions de recherche publique,
27:44pour faire avancer la recherche en santé préventive.
27:46Donc, vous voyez comme un acteur de santé grand public, pas comme un club privé de médecine ?
27:53Bien sûr. Alors, vous mentionnez notre check-up historique, qui est à 3 600 euros.
27:57On se rend compte que pour des populations plus jeunes, qui ne sont pas concernées par un dépistage complet,
28:02mais qui ont déjà envie de maîtriser leur trajectoire de santé,
28:04on peut déjà améliorer leur sommeil, leur niveau d'énergie, réduire les déséquilibres métaboliques, améliorer leur immunité.
28:11On a lancé une nouvelle offre, qui est à moins de 1 000 euros aujourd'hui,
28:14et qui permet justement aux plus jeunes de prendre en main leur santé,
28:17de manière préventive et proactive, le plus tôt possible, et c'est plus accessible.
28:21Merci beaucoup Théo.
28:22Théo Deschamps Peugeot, Chief Revenu Officer chez Zoï.
28:26Merci à toi Hervé.
28:28Merci Alex.
28:29À très bientôt sur Bsmart4Change.
28:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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