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  • il y a 9 heures
Un contrat de travail plus facile à casser peut-il permettre de faciliter l’entrée dans l’emploi des plus jeunes ? L’idée du CDI jeunes présentée par le MEDEF a été très rapidement critiquée par les syndicats salariés. Mais dans une logique de retour au plein emploi, existe-t-il de meilleures options ?

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Transcription
00:01...
00:12Le cercle est râche, le débat d'actu pour parler du CDI jeune.
00:15Alors moi j'avais couvert quand j'étais jeune journaliste le CPE,
00:18ça me rappelle quelques souvenirs, il y a 20 ans quand j'étais encore jeune,
00:23et ça a créé le même tollé, le même débat.
00:26On va en parler avec mes invités.
00:28Est-ce que c'est une fausse bonne idée, une vieille bonne idée ?
00:32Je ne sais pas.
00:33Véronique Reinsout est avec nous.
00:34Bonjour Véronique, très heureux de vous accueillir.
00:36Présidente de Backbone Consulting.
00:39Et vous avez toujours sous vos petits carnets vos notes pour nous éclairer aussi
00:42sur comment ont réagi les Français au moment de ce débat qui a pris très très vite.
00:47A vos côtés, Philippe Silberzane, bonjour Philippe, professeur EM Lyon Business School.
00:52On démarrait le débat avant le débat puisqu'on parlait des bullshit jobs de ces jeunes
00:56qui parfois dans certaines écoles de commerce peinaient aussi à rentrer dans l'entreprise
01:00avec l'IA qui est en train de grignoter les emplois.
01:03Et avec nous Mehdi Kossanel, Agi, avocat en droit social.
01:06Merci.
01:07Et je crois que c'est la première fois que vous venez sur le plateau de Smart Job.
01:11Sur ce plateau, en tout cas c'est un vrai plaisir de vous accueillir.
01:15Véronique, juste pour se rappeler la particularité de ce CDI 2.0,
01:19il pourrait être, il pourra ou pourrait, je mettrais plutôt pourrait,
01:23être rompu sans motif pendant les premières années de contrat
01:26avec une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté du salarié en cas de rupture.
01:30Ça c'est l'avocat qui va répondre.
01:31Mais comment ont réagi les Français qui ont peut-être des jeunes en emploi ou en recherche d'emploi ?
01:36Dans les Français, il y a les.
01:38Donc il y a les jeunes, les moins jeunes, les chefs d'entreprise.
01:41Chaque catégorie a réagi de façon différente.
01:44Mais globalement, il y a une forme d'unanimité pour dire que ça s'appelle une vieille fausse bonne idée.
01:48D'accord.
01:48Donc voilà, on a déjà gagné du temps.
01:50On a répondu à ma question.
01:51Ensuite, pourquoi ?
01:52Parce que les jeunes, ils le décrivent comme deux ans de période d'essai,
01:55c'est un peu compliqué pour se construire.
01:57Qu'au bout de six mois, quand vous prenez un stagiaire,
02:00vous commencez à avoir une idée quand même de la réalité,
02:02de sa capacité à apprendre et à s'organiser.
02:05Donc six mois, c'est déjà pas mal.
02:07Et puis, par ailleurs, il y a quelque chose chez les jeunes
02:10où, dans leur conversation, ils sont étonnés du fait que l'apprentissage
02:14ne soit pas plus une solution prônée.
02:16En particulier, comme nous vivons dans un monde où il n'y a pas forcément beaucoup de frontières,
02:21eh bien, on se compare assez facilement.
02:22Est-ce que c'est pour se rassurer ? Je ne sais pas.
02:24Mais en tout cas, on se compare.
02:25Et en particulier, les jeunes suisses expliquent combien le fait d'être un apprenti,
02:29ça n'est pas dévalorisant, voire même plutôt très valorisant.
02:33Et en France, ce n'est pas encore le cas, alors que l'apprentissage est une façon d'apprendre
02:39en ayant une logique de transmission du savoir et de l'expérience.
02:43Qui marchait très bien.
02:44Qui fonctionnait très bien, mais qui était plutôt...
02:46Non, mais c'était surtout, c'était souvent associé à des métiers manuels.
02:50Manuels, à l'origine.
02:51À l'origine, moins à des métiers intellectuels.
02:54Et puis surtout, on est en face d'une génération qui souvent se sent stigmatisée.
02:59On parle souvent de la santé mentale des jeunes.
03:01Oui, il n'y a pas d'emploi.
03:03Oui, les entreprises ne leur ouvrent pas toujours les portes.
03:05Mais ils ont aussi une réalité d'un manque de confiance en eux, de stigmatisation perpétuelle.
03:09Et si on vous dit deux ans pour être confirmé,
03:12ça ne va pas vous aider à vous sentir en confiance et à donner le meilleur de vous-même.
03:15On a plein de sujets posés sur la table par Véronique, Médi et Philippe.
03:20Mais l'alternance, ça marchait très bien.
03:24Le MEDEF utilise l'argument, et moi j'ai lu la conférence de presse, j'ai essayé de relire.
03:28L'argument utilisé par le patron du MEDEF le 28 janvier au siège du MEDEF,
03:33c'était de dire que ça se destinait aux NIT.
03:36C'est-à-dire ceux qui n'avaient ni emploi, ni formation.
03:39Les 1,5 million de jeunes...
03:40L'alternance ?
03:40Non, le sujet du CDI jeunes.
03:43C'était quoi, un argussi ?
03:44Parce que j'ai eu le sentiment que c'était un peu fallacieux comme argument.
03:49D'abord, il faut reconnaître le mérite d'avoir posé le débat,
03:51parce qu'on a quand même une partie de la population dont personne ne se préoccupe.
03:55Donc je dirais qu'à minima, on pose enfin le débat sur la table.
03:58On abandonne une partie de la jeunesse.
04:01Plus d'un million et demi de jeunes quand même.
04:02Voilà, donc c'est quand même colossal.
04:03Des jeunes qui sont sans perspective aucune, avec des souffrances économiques et psychiques qui sont bien décrites.
04:09Donc il faut se féliciter d'abord que ce débat-là se posait.
04:12Après, est-ce que c'est la bonne réponse ?
04:14Là, effectivement, c'est en question, parce qu'on est dans une tradition bien française.
04:19On fait un système compliqué qui crée plein de problèmes.
04:22Et plutôt que de le résoudre, on va rajouter des rustines qui vont résoudre quelques problèmes et en créer encore
04:29plus d'autres.
04:30Et là, c'est vraiment cette logique.
04:32Donc comme souvent, ça part d'un bon sentiment, c'est déjà bien, mais on sait que l'enfer est
04:36pavé de bons sentiments.
04:38Et ça, ça n'est pas une solution à ça.
04:41Mais vos étudiants, mettons les pieds dans le plat, on découvre aujourd'hui que certains étudiants de Stanford,
04:46auparavant, ils étaient embauchés, ils mettaient le pied à Stanford, ils avaient un emploi.
04:50Là, aujourd'hui, on voit des études qui arrivent des États-Unis, on voit qu'ils mettent deux mois, trois
04:53mois, six mois,
04:54que les grandes entreprises Stanford, alors l'EM Lyon, j'imagine qu'ils sont tous embauchés avec des très bons
05:00professeurs.
05:01Mais on voit quand même qu'il y a des difficultés, même pour ces jeunes qui ne sont pas des
05:04NIT.
05:05Pour la première fois, effectivement, on a des diplômés qui ont des taux d'emploi inférieurs à des non-diplômés,
05:11à des plus faiblement diplômés.
05:12Donc ça, c'est un vrai retournement qui, en soi, pose question.
05:14Peut-être qu'on a une surdiplomation, la fabrique d'élites excessives, ça, c'est un vrai sujet.
05:21Mais je dirais qu'en termes de priorité, c'est quand même ces fameux NIT,
05:24c'est-à-dire ceux qui sont vraiment là, sans aucune perspective,
05:27parce que quelqu'un qui est diplômé, qui va rencontrer des difficultés,
05:31parce que peut-être le diplômé n'est pas bon.
05:32À terme ou le courant ?
05:33Voilà.
05:33Globalement, ce n'est pas les plus mal lotis, même s'il ne faut pas sous-estimer la difficulté que
05:37ça représente,
05:37on n'a plus s'endetter, etc.
05:38Donc là, il y a un vrai sujet, qui est aussi un sujet de société,
05:41parce qu'on a une surdiplomation, surtout en France.
05:44Mais en termes, je dirais, d'urgence et d'importance sociale,
05:48c'est quand même, effectivement, ceux qui sont sous-qualifiés.
05:51Mehdi Kossanel agit, avocat en droit social.
05:53Là, on voit quand même, dans la particularité de ce fameux CDI jeune,
05:57CDI 2.0, comme il était appelé dans les médias,
05:59qu'on peut rompre le contrat sans motif.
06:03Et on l'entend souvent dans la bouche des patrons,
06:05qui disent « mais c'est compliqué, on ne peut pas se séparer de collaborateurs,
06:08une fois qu'on l'a banché en CDI, ça ne marche pas ».
06:10Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
06:12Mais en fait, c'est totalement faux.
06:13J'ai l'impression que c'est comme une ancienne qui revient depuis 20, 30 ans,
06:19on veut plus de flexibilité, le droit du travail est trop rigide,
06:22mais en fait, c'est totalement faux.
06:23Il est très volumineux, disons même.
06:24Alors, il est très volumineux, mais en fait, il est ultra souple maintenant en France.
06:28Aujourd'hui, je peux déroger à la convention collective,
06:30je peux créer mon droit du travail à mon entreprise,
06:33on dit simplement « il faut négocier ».
06:34Par contre, où je ne peux pas négocier, c'est le salaire minimum,
06:39certains impératifs, tu ne travailleras pas 7 jours sur 7, ni 24 heures sur 14.
06:42Non, on touche au salaire minimum.
06:43Oui, bien évidemment.
06:44Mais en réalité, le SMIC jeune, il existe déjà.
06:47Tout à l'heure, vous disiez que l'apprentissage devrait se développer.
06:49Mais depuis 2018, il a explosé.
06:52On est passé de 300 000.
06:53Alors, il ne régresse pas encore.
06:55Il ne régresse pourquoi ?
06:56Non, non, il régresse parce que, j'allais dire, les exonérations patronales et l'aubaine financière,
07:03elle est en train de baisser.
07:04Et c'est ça, en fait, qu'on s'aperçoit.
07:06C'est qu'elle est en train de baisser pour les apprentis qui sont Bac plus 3, Bac plus 4,
07:10Bac plus 5.
07:11Mais les Bac plus 2, ça existe toujours.
07:14Voilà.
07:15Exactement.
07:16Et donc, effectivement, ce CDI jeune, ça n'a aucun sens.
07:19Par contre, ce que vous disiez pas...
07:20Non, mais non, il soulevait un point, Philippe, intéressant.
07:22C'est une espèce de surdiplomation des gens qui viennent avec des diplômes d'école de commerce
07:25et puis finalement, on n'arrive pas à caser.
07:26Mais bien sûr.
07:27C'est pas le sujet qui est posé par le maire.
07:28Mais parce que le vrai sujet, en réalité, c'est pas simplement les diplômes, c'est aussi le savoir-être.
07:33Il y a probablement, au XXe siècle, au début du XXIe siècle,
07:37qu'on apprenait un métier, on avait certaines compétences techniques, intellectuelles,
07:40mais on apprenait aux côtés de personnes...
07:45Quel que soit le nom, on a appris comme ça.
07:47En vrai, aujourd'hui, c'est devenu beaucoup plus intangible.
07:52Véronique veut prendre la parole, mais Philippe, un mot sur cette question de l'alternance,
07:55parce que, ok, elle existe toujours, mais on voit que les exonérations ont baissé,
07:59l'aubaine fiscale, enfin, l'intérêt a baissé,
08:01et on voit bien qu'aujourd'hui, ça marche beaucoup moins,
08:04que les jeunes galèrent à trouver leur alternance.
08:06Comment vous l'expliquez ? C'est juste un problème de déficit ?
08:08Parce qu'on nous l'a vendu il y a trois ans, comme le Saint-Destin, ça cartonnait.
08:12Alors, c'est une super réforme, sauf qu'elle a principalement bénéficié au haut diplôme,
08:17au diplôme de l'enseignement supérieur,
08:19qui, encore une fois, sont ceux qui ont plus de chances de trouver quelque chose,
08:24et ceux qui auraient dû être la cible prioritaire.
08:26Encore une fois, les sous-qualifiés, ceux qui ont du mal,
08:29parce qu'ils n'ont pas nécessairement le capital social,
08:31enfin, encore une fois, les moins privilégiés,
08:33qui auraient vraiment dû être la cible de ça, en ont très peu profité.
08:36Donc, ce retour en arrière qu'on a va, effectivement, probablement affecter les études supérieures,
08:43mais l'effort doit apporter principalement...
08:46L'apprentissage, c'est une des grandes idées,
08:48enfin, c'est une idée extrêmement puissante,
08:50qui peut être une partie de la solution.
08:53De l'école et de l'entreprise.
08:53Voilà. Donc, on en connaît les vertus,
08:55mais il doit être dirigé en priorité sur ces cibles-là.
09:01Véronique Raïlsoud, qu'est-ce que vous en pensez de ça ?
09:02Parce que je vous sens plus hésitante sur le...
09:05D'abord, l'apprentissage et l'alternance,
09:06ça n'a pas les mêmes qualités et les mêmes vertus.
09:09L'alternance, c'est un sujet de subvention,
09:11mais il y a surtout un sujet de la réalité de l'entreprise.
09:13Avoir quelqu'un qui n'est pas tout le temps là,
09:15qui va s'absenter, alors selon les écoles, c'est...
09:1815, 15, une semaine, trois semaines.
09:20C'est pas toujours très clair, ça se négocie, c'est compliqué.
09:22C'est compliqué des écoles, en plus.
09:24Oui, c'est ça. Donc, c'est plus compliqué,
09:26et ça convient pas forcément à des métiers justement pour les hauts diplômés
09:30parce qu'on leur demande d'être très engagés dans l'entreprise
09:33et on va pas dire, ah ben là, c'est la semaine où je peux pas m'engager
09:36parce que, enfin bon, donc c'est un peu compliqué en termes d'organisation.
09:39Et en plus, accessoirement, ça ne touche pas les fameux needs
09:42puisqu'il faut être dans une école, donc ça ne fonctionne pas.
09:45En revanche, l'apprentissage, il a quelque chose d'intéressant.
09:47C'est pour ça que je vous disais, les jeunes eux-mêmes
09:49essayent d'être créatifs dans les solutions
09:50et disent, on pourrait imaginer des logiques d'apprentissage
09:53qui ne nécessitent pas forcément d'être à l'école à ce moment-là,
09:58qui est du compagnonnage.
10:00Le compagnonnage, on pense souvent au métier manuel,
10:02mais ça n'est pas forcément que ça.
10:03Les compagnons du Tour de France.
10:04Et donc, en fait, ils ont envie de proposer des solutions,
10:09de ne pas ressortir des vieilles chimères.
10:11Et par ailleurs, oui, être licencié,
10:14c'est pas si compliqué que ça.
10:15C'est un peu lourd pour l'entreprise,
10:17et tant mieux, ça protège.
10:19Ils sont plutôt dans une logique où, en fait,
10:21ils ont l'impression souvent d'être stigmatisés
10:23et leur sujet, c'est le premier emploi.
10:25C'est pas tant les stages,
10:26c'est pas tant trouver un moyen d'un.
10:29La première marche, elle est souvent compliquée.
10:32Ils entendent, je disais sur des forums de jeunes,
10:35où ils disaient, on dit tout le temps,
10:38on ne s'engage pas, les jeunes ne s'engagent pas.
10:40Les jeunes n'ont jamais été autant engagés.
10:44On va dire, ah oui, ce sont des gens
10:45qui n'acceptent plus les contraintes
10:49et ne veulent avoir que des droits
10:51et pas d'obligation.
10:51La chaîne Z, pointée du doigt.
10:53Ce qui, de nouveau, n'est pas tout à fait vrai
10:55quand on regarde.
10:56C'est plus qu'ils ont une notion de la hiérarchie
10:59qui est un peu différente,
11:00une envie d'avancer.
11:01On leur sort souvent le sujet de l'IA,
11:03alors que l'IA, c'est juste
11:06une tournure d'esprit,
11:07un apprentissage de comment est-ce que je dois réfléchir,
11:09mais la réalité, c'est que personne ne sait plus
11:11ou moins ce qui va évoluer
11:13dans un métier.
11:14On commence à avoir à 2-3 ans
11:15une réalité de vision,
11:17ça commence à se dessiner,
11:18mais ce n'est pas ça qui fait que les jeunes
11:19ne sont pas embauchés.
11:20L'IA...
11:21Allez-y, allez-y.
11:22Ce qui est heureux, en fait,
11:23c'est que cette stigmatisation des jeunes,
11:25Laurence Parizeau, à l'époque,
11:26au nom du BNF,
11:28nous disait, c'est scandalé,
11:29il ne faut surtout pas faire ça.
11:31C'est étonnant que 20 ans après,
11:33hop, à bras calabra,
11:34on ressort.
11:34Ça montre que c'est plutôt
11:35de la provoque, en réalité.
11:37Oui, je ne sais pas s'il y avait
11:39de la provoque dans l'esprit du BNF,
11:40mais il y avait quand même l'idée
11:41de poser sur la table
11:42un sujet,
11:43auprès du ministre du Travail,
11:45du Premier ministre,
11:46de dire,
11:47et il évoque longuement,
11:48la question des NIT.
11:49L'IA,
11:50Philippe Zilberzan,
11:51quand même,
11:51vous avez des étudiants face à vous,
11:53avec des profs qui se disent
11:54« Ben non, on ne peut plus les noter,
11:55puisque globalement,
11:55tout le monde a l'IA,
11:56la pédagogie a changé. »
11:58Non, non, je suis enseignante
11:59à Sciences Po et je...
12:00Ça note ?
12:01Bien sûr,
12:01mais moi, je ne leur interdis pas du tout
12:03de se servir de l'IA.
12:04Au contraire,
12:05vous les obligez à travailler sur la...
12:06Je vais noter la réalité
12:07de l'utilisation de l'IA,
12:09de la pertinence,
12:09de la place qu'ils ont donnée.
12:11C'est de toute façon
12:11un outil qui est là.
12:12Donc, moi,
12:13ce qui m'intéresse,
12:13c'est de voir l'appréhension
12:14qu'ils ont du sujet,
12:15la compréhension qu'ils ont
12:16et comment...
12:17Et leur raisonnement.
12:18Leur raisonnement
12:19et la place qu'ils donnent à l'IA.
12:21Et ensuite,
12:22vous avez toujours besoin
12:24de juniors,
12:25le fait que les juniors
12:26ne font pas...
12:26Vraiment ça ?
12:27Bien sûr.
12:27On embauche toujours des juniors,
12:29on a toujours des stagiaires.
12:30La seule chose,
12:31c'est qu'on ne leur demande pas
12:31de faire ce qu'un IA peut faire.
12:33On leur demande
12:34de vérifier ce que l'IA
12:39est loin que la réalité
12:40de ce que l'IA peut proposer.
12:41De comprendre la mécanique
12:43d'auto-apprentissage
12:44par les LLM.
12:45Enfin bref,
12:46on leur demande.
12:47Les postures,
12:48les soft skills
12:48dans vos cabinets.
12:51Vous en prenez aussi ?
12:52Parce qu'on nous dit
12:52les avocats,
12:53avec l'IA,
12:54de toute façon,
12:54globalement,
12:54tous les métiers
12:56à tâches un peu rébarbatifs,
12:57c'est géré par l'IA.
12:58Tout ce qui est rébarbatif,
12:59bien sûr,
13:00c'est gérer une grosse partie
13:01par l'IA.
13:01Mais être avocat,
13:03ce n'est pas que ça.
13:04Heureusement.
13:04Vous êtes déjà dans l'IA,
13:05donc, si on entend bien.
13:09On a des apprentis,
13:10ils viennent justement
13:11avec nous
13:13vérifier ce que dit l'IA
13:13ou se positionner
13:15par rapport à l'IA,
13:16réfléchir avec nous,
13:17parce qu'un cerveau,
13:17c'est important,
13:18se positionner,
13:19apprendre les relations
13:20avec des clients,
13:21des magistrats,
13:22des confrères,
13:23prendre des positions,
13:24apprendre de la stratégie
13:24parce que l'IA
13:25ne sait pas le faire.
13:26Bref,
13:27un ensemble de choses
13:27qui sont essentielles.
13:29Philippe,
13:29sur l'IA,
13:30vos étudiants,
13:31vous leur enseignez
13:32le management ?
13:33Alors moi,
13:34je leur enseigne
13:35à totalement maîtriser l'IA
13:37et à savoir totalement
13:38s'en passer.
13:39Je pense qu'il faut
13:40vraiment les deux.
13:41Passionnant.
13:41C'est-à-dire que
13:42quand on regarde,
13:43par exemple,
13:43ce qui se passe
13:44dans des écoles d'art,
13:45les bonnes écoles d'art,
13:47la première année,
13:47vous ne touchez pas
13:48un ordinateur.
13:49C'est gomme,
13:50crayon, stylo.
13:51Parce qu'on sait
13:51qu'un bon utilisateur d'IA,
13:54c'est quelqu'un
13:54qui a les bases,
13:56fondamentalement.
13:56Et les bases,
13:56elles s'apprennent
13:57avec la main,
13:58avec le regard,
13:58avec la gomme.
13:59Un château de variété
14:00passe par le classique.
14:01On apprend des gammes,
14:03rien ne change.
14:04Comme bluesman.
14:05Et une fois que vous avez
14:06les bases de votre métier,
14:08vous serez un meilleur
14:09utilisateur de l'IA.
14:10C'est-à-dire que vous ferez
14:10de meilleurs promptes,
14:11vous évaluerez mieux
14:13les résultats,
14:13et vous saurez
14:14quand utiliser
14:16ou ne pas utiliser l'IA.
14:17Ce sont un peu
14:18les trois grandes...
14:18Vous leur appreniez
14:19un esprit critique sur l'IA,
14:20une forme de philosophie
14:21autour de ça.
14:22Oui, c'est surtout...
14:23C'est comme un outil.
14:24C'est-à-dire que moi,
14:25je peux prendre un marteau
14:26et si je me débrouille mal,
14:27ça finit sur mon doigt.
14:28Donc, je dois apprendre
14:29à utiliser le marteau,
14:30savoir ce qu'il fait,
14:30ce qu'il ne peut pas faire,
14:32savoir comment je l'utilise,
14:33etc.
14:33C'est donc un outil
14:34très sophistiqué,
14:35mais ça reste un outil.
14:37Et si on n'a pas les bases,
14:39on va être un mauvais
14:40utilisateur de l'outil.
14:41Donc, en design, par exemple,
14:42on sait que les meilleurs
14:43utilisateurs de l'IA
14:44sont ceux qui ont
14:45les meilleures bases,
14:46encore une fois.
14:47Et ça sera pareil en musique,
14:48en comptabilité, etc.
14:49Mais avant de nous quitter,
14:50quand même,
14:50on évoquait l'INIT,
14:52cette jeunesse
14:53dont on ne sait pas trop
14:54comment l'attraper.
14:55Il y a des ONG
14:56qui travaillent dessus,
14:57il y a des fondations
14:57qui travaillent sur ces jeunes,
14:58mais il n'y a pas
14:59de politique publique
15:00sur ces jeunes en rupture.
15:02Et on l'évoquait tout à l'heure,
15:03parfois, dans des addictions
15:04qui basculent dans la délinquance.
15:07Qu'est-ce que vous disent ?
15:08Et je ne sais pas
15:09si vous avez son déliqueur,
15:10mais comment les Français,
15:11les Français,
15:12regardent ce sujet
15:13ou est-ce qu'ils en ont
15:14même conscience ?
15:15Parce qu'on est souvent
15:15le nez sur notre guidon,
15:16on veut faire notre école,
15:18grandir et marcher.
15:19Mais on a quand même
15:20un million et demi de jeunes
15:21qui sont complètement
15:22sur le quai, quoi.
15:22Alors après,
15:23c'est toujours pareil.
15:24On a une vision différente
15:26selon la proximité
15:27que l'on a
15:27avec le sujet
15:28qu'on étudie.
15:28Donc les gens
15:29ne peuvent pas vous parler
15:30de la même façon
15:30de leur enfant
15:31et des jeunes
15:33et de leur jeune.
15:34C'est vrai.
15:35Et puis,
15:35il y a aussi une réalité
15:36d'une différence
15:37parce que jeune,
15:38c'est quoi ?
15:39À partir de 15 ans,
15:40à partir de 20 ans,
15:41à partir de 30 ans...
15:42Les vieux, c'est quel âge ?
15:43Voilà, les vieux,
15:44on va dire que
15:45c'est à partir de 102 ans.
15:47103, 104, je suis d'accord.
15:48Mais globalement,
15:49on voit bien
15:50qu'il y a des perceptions
15:51très différentes.
15:51Il y a aussi des réalités
15:53très différentes
15:54selon les lieux de vie.
15:56Ça a créé
15:57une grande catégorie
15:58des jeunes,
15:58mais ce n'est pas la même chose
15:59quand vous habitez
16:00dans une grande ville
16:00rurale ou pas,
16:03des types de métiers
16:04que vous avez envie de faire.
16:04Il y a des métiers
16:05qui, vos élèves,
16:06pour grande partie,
16:07ne savent pas exactement
16:08quel sera leur métier demain.
16:09Donc c'est un mindset
16:10qu'on va leur apprendre,
16:11une façon d'appréhender
16:12les problématiques.
16:13Il y en a d'autres,
16:13ce sont des métiers
16:14extrêmement précis
16:15comme les agriculteurs,
16:17par exemple,
16:17qui ne font plus le métier
16:18comme on le faisait hier,
16:19mais qui est une réalité
16:22très technique aussi.
16:23Et c'est d'ailleurs
16:24l'un des sujets
16:25qui est peu abordés
16:26dans les propositions
16:27du MEDEF,
16:28mais vous avez
16:29les filières professionnelles
16:32qui sont souvent
16:33là encore décriées
16:34ou en tout cas
16:34mal vécues par les parents
16:36quand on leur annonce
16:36que leur enfant
16:37va faire une filière professionnelle,
16:39alors que souvent,
16:40c'est là où on trouve
16:40le plus de travail
16:41pour le moment.
16:41Avec des emplois bien rémunérés.
16:42Avec des emplois
16:43extrêmement bien rémunérés,
16:44mais il ne faut pas se tromper
16:45parce que quand vous avez
16:46commencé à être électricien,
16:47si tout d'un coup,
16:48vous vous dites
16:48en fait,
16:48j'aurais bien fait de la mécanique,
16:50c'est pas la même chose.
16:51Donc c'est un sujet
16:53d'orientation aussi.
16:54Vous êtes des chefs d'entreprise,
16:55vous êtes à la tête
16:56d'un cabinet,
16:57vous enseignez.
16:58Est-ce qu'il y a
16:58l'inquiétude
16:58quand vous regardez
16:59ce sujet lancé par le MEDEF,
17:01au-delà du fait
17:01que c'est une vieille
17:02mauvaise idée
17:03et qu'assez rapidement
17:04d'ailleurs le MEDEF
17:05l'a remis dans sa poche,
17:07est-ce qu'il y a
17:07une inquiétude,
17:08je dirais,
17:09un peu existentielle
17:10sur la relation
17:11des jeunes au travail ?
17:12En tout cas,
17:13dans mon agence,
17:14non.
17:15Il y a une réalité
17:15qui sont jeunes.
17:16En tant que chef d'entreprise,
17:17ils sont jeunes.
17:18Les jeunes,
17:18vous l'avez dit,
17:19dans une case,
17:20la GNZ,
17:21ça n'existe pas.
17:21Je crois qu'il faut arrêter.
17:22Ils sont tous différents.
17:24Ce n'est pas vrai
17:25qu'ils ne sont pas motivés.
17:25Il n'y a pas une sociologie
17:26un peu typologique
17:27dans la manière de...
17:28Je ne crois pas du tout.
17:28Je suis administratrice
17:29de l'Institut de l'engagement
17:30et on voit que
17:32les jeunes sont très variés,
17:34ont des modalités
17:35d'engagement très variées.
17:36Donc en fait,
17:37il y a une réalité.
17:38Les jeunes,
17:38ils ont envie de travailler.
17:40C'est plus par moments
17:40à décalage.
17:41J'ai l'impression
17:42qu'on ne croit pas tous
17:42des mêmes jeunes
17:43parce que les NIS,
17:44en fait,
17:44ce sont ceux
17:44qui n'ont même pas eu
17:45de CAP,
17:46même pas eu de BPM.
17:47Et les grandes orientations
17:48des politiques publiques,
17:51c'est justement,
17:51tout le monde est d'accord,
17:52même les économistes,
17:53disent qu'en fait,
17:54il y a un mauvais problème
17:55qui a été traité.
17:56On parle de l'apprentissage
17:58de l'alternance
17:59pour ceux qui sont déjà
18:00un peu dans un système
18:02là-dessus.
18:03Mais en réalité,
18:04c'est l'orientation en soi
18:06qu'il faut aller réformer.
18:08Le vrai problème,
18:08c'est une très très longue politique.
18:10Ce n'est pas dans deux ans
18:12qu'on aura des résultats.
18:12Donc ça veut dire
18:13que c'est très très long.
18:14Ce million et demi de jeunes
18:15dont on ne sait plus quoi faire,
18:16on ne va pas régler le problème
18:17dans un mandat présidentiel.
18:19On ne sait plus quoi faire.
18:20Mais sous prétexte
18:21qu'on ne va pas le résoudre immédiatement,
18:23on ne va jamais le résoudre.
18:23C'est un peu le problème.
18:24On ne s'y attelle jamais ?
18:26Comme c'est compliqué,
18:27on se dit,
18:27on va essayer de trouver
18:28un fixe rapide
18:30sous forme d'une espèce
18:31de gimmick
18:31comme on sait tellement bien faire
18:32en France
18:32avec un plan,
18:33trois mesures
18:34et puis un petit peu
18:34de subventions
18:35avec de l'argent qu'on n'a pas.
18:36Et une fois de plus,
18:37on aura rejeté,
18:38alors peut-être qu'effectivement
18:40c'est une mauvaise idée,
18:41mais on n'a rien à la place
18:42et donc on va tous rejeter
18:43la mauvaise idée,
18:44on ne va rien faire
18:45parce qu'il faudrait investir,
18:47etc.,
18:48il faudrait travailler
18:48et comme ce n'est pas
18:50une mesure phare,
18:51on va laisser passer
18:52le choix médiatéralement.
18:53Il existe quand même
18:54des contrats d'orientation
18:55où justement les NITS
18:56on la récupère.
18:57Le vrai problème,
18:57c'est que ça ne touche pas
18:58son public.
18:59Et donc,
19:00c'est ça le vrai problème
19:01et en plus personne ne le connaît.
19:02Et ça a un coût très élevé
19:03quand même d'accompagner.
19:04Mais quand on regarde,
19:06parce que les femmes NITS
19:07s'expriment,
19:07eux,
19:08ils ont envie
19:08de contrats d'apprentissage,
19:10ils ont bien compris
19:11qu'ils étaient sortis du système
19:12mais ils ont envie,
19:13ils sont un peu perdus
19:14face aux démarches
19:15à effectuer.
19:16Argument,
19:17je le redis,
19:18parce que le MEDEF
19:18a été quand même
19:19brocardé sur cette mesure
19:20il y a dix jours
19:21qui avait déjà disparu
19:22de l'actualité
19:23et au final,
19:24elle posait quand même
19:25ce sujet
19:26de la place
19:26de ces jeunes
19:2818-25
19:29sortis des écrans
19:31et qui sont désinsérés
19:32et il va falloir un jour
19:33qu'on s'en occupe
19:34et qu'on en fasse d'ailleurs
19:35un débat sur SmartJob.
19:36Je ne sais pas si on réglera
19:36le problème
19:37mais il faudra en débattre.
19:39Merci à vous trois.
19:39Merci Véronique Raïd,
19:40sous le président de Backbone Consulting,
19:42prof à Sciences Po
19:43et qui laisse les étudiantes
19:44utiliser l'IA
19:45mais c'est important
19:45de l'entendre
19:46de la bouche
19:47des professeurs,
19:47des enseignants.
19:48Merci à Philippe Ziberzan.
19:49Ils peuvent utiliser l'IA
19:51mais ils doivent s'en séparer
19:52très vite.
19:53C'est ça.
19:54Savoir s'en séparer.
19:54Savoir s'en séparer.
19:55Professeur à l'EM Lyon
19:56Business School
19:57et merci à Mehdi Kossanel
19:58Agi
19:59d'être venu avocat
20:00en droit social
20:01et qui embauche des jeunes.
20:02Bien sûr.
20:03Ça c'est important.
20:04Merci à vous trois.
20:05Merci aux équipes.
20:06Merci à Angel
20:06à la réalisation.
20:07Merci à Paul au son
20:08et merci évidemment
20:09à Nicolas Juchat
20:10qui était dans mon oreille.
20:12Merci à vous.
20:12Merci de votre fidélité.
20:13Je vous dis à très très bientôt.
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