00:00Quelles sont les tendances en matière de private equity ? Quel est l'état du marché ?
00:16On en parle tout de suite avec mon invité Franck Theia, cofondateur de TF Associés.
00:22Franck Theia, bonjour.
00:24Bonjour Arnaud.
00:24Alors aujourd'hui on est dans un contexte politique incertain. Quel est l'état du marché dans ce contexte du private equity ? Quelles sont les principales tendances ?
00:36Écoutez Arnaud, les choses auraient pu aller beaucoup mieux. Cela dit quand même, on est sur une année normalement où on devait avoir des tendances plutôt bonnes.
00:48On a des dernières évolutions, notamment politiques, qui ne permettent pas en tout cas en l'état d'expliquer assez précisément quel est l'état du marché.
01:01Cela dit, sur le plan économique, on a des incertitudes, notamment l'inflation, donc la hausse des taux qui fait que le coût du crédit augmente.
01:15Et donc les sorties ne sont pas toujours bien réglées. On a d'autres sujets aussi qui font qu'on est dans un, on va dire, sur une tendance plutôt ascendante.
01:33Sur quel sujet par exemple ?
01:35Par exemple, sur des investissements dans des domaines particuliers, notamment tout ce qui est énergie, on voit en tout cas que les investisseurs ont tendance à se désengager.
01:51Alors à cela s'ajoute aussi la crise politique. En une année, la France a connu plusieurs premiers ministres.
01:58Cinq premiers ministres, on va dire.
02:00Cinq premiers ministres, on va dire. Et donc cela n'ajoute pas en tout cas de bonnes nouvelles.
02:06Mais on peut dire quand même qu'au-delà de tout ça, la France est un pays qui est attractif.
02:11Donc le marché du private equity est un marché peut-être, en tout cas, qui revient plutôt sur de bonnes projections.
02:23Depuis le Covid, on sait que les gens s'engagent un peu plus.
02:27Qu'est-ce qui vous fait dire que le marché reste attractif pour les investisseurs financiers ?
02:33Alors, on est un pays qui plaît en termes d'investissement. On a des infrastructures qui sont solides. On a des talents, d'excellents talents.
02:46On a une main d'oeuvre qui est très qualifiée. On a des rendements aussi qui sont intéressants.
02:52Donc tout ça, c'est des aspects positifs qui, en tout cas, permettent de dire qu'on est sur un marché plutôt stable.
03:00Après, il y a des points aussi négatifs.
03:03Quels sont pour vous les moteurs pour, justement, aller dans des tendances plus vertueuses dans le marché du private equity ?
03:14Alors, le moteur, le numéro un, c'est que la France reprenne son rôle et qu'elle devient à nouveau très attractive.
03:25Vous voyez que dans l'actualité, on a une dégradation de la note de la France.
03:30Je me rappelle en 2013, quand il y a eu la première dégradation de son triple A. C'est un scandale à l'époque.
03:38Aujourd'hui, on passe de A à moins à A plus.
03:42Donc, ce qui, en tout cas, n'encourage pas les investissements étrangers.
03:48Et puis surtout, il y a la question de la fiscalité. Il y a la question des normes qu'il faut revoir.
03:53Pour vous, la fiscalité, c'est un gros sujet ?
03:55Alors, c'est un gros sujet. En l'État, on peut dire que tout va bien parce qu'on n'est pas les moins bien lotis.
04:01En revanche, quand on regarde un peu l'instabilité et, en tout cas, les projections politiques,
04:07notamment la possibilité de fiscaliser les plus riches ou l'augmentation de l'IS,
04:13ce sont des points qui font qu'on n'a pas de visibilité sur le point fiscal.
04:18Là-dessus, j'imagine que les investisseurs sont dans l'attente du prochain gouvernement
04:23et des premiers arbitrages pour voir, justement, quels seront les choix en matière de fiscalité.
04:30Oui. Alors, ils attendent impatiemment parce qu'on est sur des sujets qui ont un impact réel sur la rentabilité
04:41parce que ce n'est pas le même point quand on est sur 25% d'IS que quand on est sur 35% et autres.
04:48Et puis, surtout sur les questions de taxation, des investissements.
04:52Donc, oui, les investisseurs sont dans les certains blocs. Ils attendent.
04:55Et il faut dire qu'il y avait quand même de meilleures projections pour 2025.
05:00C'est vrai que la dernière des solutions a peut-être un peu de trop.
05:05Cela dit, on attend.
05:06Quelles seraient les bonnes mesures ?
05:10Les bonnes mesures, ce serait déjà, je pense, de les rassurer,
05:15de relancer un petit peu l'économie par des mesures plutôt concrètes.
05:22Peut-être soit de stabiliser la fiscalité ou en tout cas de donner des gages
05:27qui donneraient confiance aux investisseurs.
05:29Aujourd'hui, est-ce que vous avez des conseils à formuler aux investisseurs
05:35pour assurer les prochaines levées de fonds ou cessions en toute sérénité, entre guillemets ?
05:42Alors, il faut dire qu'aujourd'hui, on est sur un écosystème qui est assez différent.
05:50Je pense qu'il faut commencer par faire des deux diligences approfondies
05:53parce qu'on ne peut pas se permettre, en tout cas, en l'état actuel des choses,
05:59de laisser passer des choses qui pourraient avoir un impact sur l'investissement.
06:05Donc, ça, c'est la première des choses à faire.
06:07Pour les levées de fonds, donc pour ceux qui souhaitent lever des fonds,
06:10je pense qu'on peut aller sur des BSAR.
06:12Donc, c'est des bons de souscription à investissement rapide
06:15qui permettent de lever des fonds, mais de laisser la valorisation dans le temps.
06:22Donc, de mettre des conditions qui permettraient, en tout cas,
06:26de pouvoir indexer les valorisations sur des événements futurs à venir,
06:36des événements futurs.
06:38Et puis, de l'autre côté, en tout cas, en termes de cessions pures,
06:41on pourra revoir les modalités, notamment éviter les financements cash.
06:48On pourra aller sur du crédit vendeur, des clauses de rachète,
06:52des clauses de earn-out, des clauses de complément de prix
06:54qui permettent de modéliser le prix de cession
06:59et faire un deal qui respectera, en tout cas, un équilibre
07:05aussi bien pour les cédants que pour les cessionnaires.
07:09Donc, on voit qu'il y a plein d'outils qui permettent
07:11de réaliser encore des opérations.
07:14Mais dans ce contexte, ça peut être aussi une opportunité de marché,
07:18de faire l'acquisition d'une société dans un contexte
07:21où il y a des incertitudes politiques et économiques.
07:25Je lisais dans un grand quotidien économique
07:27le cofondateur de KKR qui disait justement
07:32que ça pouvait être une opportunité à saisir dans ces moments de crise.
07:37Effectivement, de façon générale, les temps de crise sont des opportunités
07:44parce que l'écosystème permet notamment de moduler,
07:50permet de pouvoir se concentrer sur des cibles plus intéressants,
07:59avoir de meilleurs rendements.
08:00En revanche, je pense que toute la partie préalable aux cessions,
08:07aux investissements doivent être analysées dans le détail.
08:12Mais bien sûr qu'on est sur des valorisations avec des grandes décortes.
08:17Donc, c'est plutôt intéressant.
08:19On est aussi sur, en l'absence de liquidités,
08:25il y a des facilités de paiement, notamment comme le crédit vendeur,
08:29qui permet tout de suite de mettre sa main sur une cible
08:32et puis de différer le paiement.
08:34Donc oui, on est aussi de l'autre côté sur des opportunités.
08:38Aujourd'hui, rapidement, les secteurs qui peuvent être intéressants,
08:41c'est l'énergie, la santé, ces secteurs un peu dynamiques, c'est ça ?
08:43Oui, et surtout, le meilleur d'entre eux en ce moment,
08:46ce serait l'intelligence artificielle.
08:49En France, on a quand même des talents,
08:52que ce soit dans la Silicon Valley ou même ici en France.
08:55En tout cas, il y a des expertises à prendre.
08:59On va conclure là-dessus.
09:00Merci Franck Teya.
09:01Je rappelle que vous êtes associé, cofondateur de TF Associés.
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