00:00On commence tout de suite ce Lex Inside avec l'intelligence collective au service de l'intelligence artificielle et pour en parler j'ai le plaisir de recevoir Frédéric Bergheimer associé de Seconda.
00:24Frédéric Bergheimer, bonjour. Bonjour Arnaud. Alors pour commencer, c'est bien de faire les définitions pour bien comprendre de quoi il s'agit. Qu'est-ce que l'intelligence collective ?
00:34Alors à notre sens, c'est effectivement le fait de pouvoir faire travailler différentes personnes ensemble, différents profils, différentes disciplines, pouvoir en fait enrichir par une agrégation de personnes,
00:46arriver à une intelligence en fait qui sera supérieure à une agence collective, qui sera supérieure justement à cette agrégation d'intelligence individuelle.
00:55Alors dans cette intelligence collective, il faut savoir poser les bonnes questions. Le juriste doit savoir poser les bonnes questions. Et comment s'y prendre pour poser les bonnes questions ?
01:05Alors déjà, il faut avant tout écouter pour effectivement savoir quel est le besoin de votre interlocuteur, comprendre le contexte du dossier, quel est son objectif.
01:14Ensuite, je pense qu'il faut avoir une vraie culture juridique, quelque chose d'effectivement de large pour pouvoir avoir déjà en tête les questions sous-jacentes,
01:23savoir quels seront les potentiels problématiques du dossier et aussi avoir une expérience, une expérience du droit, une expérience de la vie pour pouvoir avoir les bons réflexes.
01:34Puisque c'est effectivement en emmagasinant ces expériences qu'on arrive à pouvoir comprendre quelle est la bonne question qui est posée.
01:42Et c'est vrai qu'aujourd'hui, à notre sens, si vous posez une mauvaise question à l'IA, elle ne peut pas vous dire que c'est une mauvaise question.
01:48Donc la réponse qui vous sera donnée sera bonne, mais finalement ne sera pas celle recherchée.
01:54Et aujourd'hui, c'est vrai que c'est à travers l'intelligence collective, à travers le travail humain, qu'on arrive à pouvoir arriver à l'expression de besoin le plus utile et pouvoir accompagner son client.
02:05Alors justement, la pratique, l'amélioration des questions, ça vient aussi avec l'habitude des promptes.
02:12Concrètement, comment l'intelligence collective aide à formuler des questions de manière plus pertinente ?
02:19C'est ce qu'on a vu, c'est un peu cette idée de se dire que quand vous travaillez, quand vous avez l'habitude de travailler sur des dossiers,
02:26quand vous avez l'habitude d'aller échanger avec d'autres personnes, vous allez pouvoir enrichir votre propre pratique.
02:32Et avec l'aide de l'IA, vous allez aussi pouvoir récupérer ce qui a déjà été fait.
02:37Puisque finalement, aujourd'hui, l'IA, c'est l'agrégation de statistiques, de l'algorithme, voir déjà ce qui a été fait.
02:44Et en combinant donc l'intelligence collective et l'intelligence artificielle, on peut vraiment ouvrir des nouvelles pistes.
02:52Alors vous avez parlé de diversité des profils, de diversité des compétences.
02:57En quoi ça aide à être un développement pour enrichir la réflexion juridique ?
03:03Alors nous, on le voit chez Seconda, on a réuni aujourd'hui 85 experts qui sont à la fois des universitaires,
03:09donc des professeurs agrégés, des maîtres de conférences et des praticiens, qui sont des avocats à la cour,
03:13des collaborateurs et collaboratrices d'avocats au conseil.
03:16Et on voit au quotidien la puissance que ça peut avoir d'une part décloisonner entre le monde universitaire et le monde de la pratique,
03:23de manière un peu schématique, avoir des gens qui seront sur l'inventivité, la créativité, la recherche.
03:28Et de l'autre côté, avoir des praticiens aguerris à la pratique des tribunaux, aguerris à la pratique du conseil.
03:34Et aussi cette spécificité qu'on a d'avoir ces profils assez méconnus,
03:39que sont les collaboratrices et collaborateurs d'avocats au conseil,
03:42qui ont l'habitude de passer après l'avocat, d'avoir cette hauteur de vue,
03:46de pouvoir aussi combattre, de réfléchir sur les jurisprudences du conseil d'État,
03:52les jurisprudences de la cour de cassation.
03:54Et tous ensemble, on le voit nous vraiment au quotidien, ça crée vraiment des solutions, des ouvertures qui sont assez formidables.
04:02Comment on organise ça concrètement dans un cabinet d'avocats par exemple ?
04:06Alors nous c'est très simple, on a ce qu'on appelle une fédération de gens libres.
04:09Donc c'est des gens qu'on a réunis par leur expertise et par leur envie de travailler avec nous.
04:14Très simplement, nous quand on a une demande d'un client, on va avec mon associé échanger avec le client,
04:20justement pour comprendre bien son besoin, le définir de manière la plus fine possible.
04:25Et derrière, on va se retourner vers nos experts, qu'on appelle les secondants,
04:29et on va échanger avec eux, pareil, avec leur expertise, leur savoir,
04:32pour pouvoir monter une offre, pour pouvoir monter une proposition d'accompagnement à destination du client.
04:38Et ensuite, on travaille en mode projet.
04:40Ça veut dire que voilà, on aura construit cette équipe,
04:42on va les faire travailler ensemble, on va faire des points d'étape,
04:45on va aller notamment réussir à construire des équipes qui sont pluridisciplinaires,
04:49parce que souvent les questions les plus compliquées sont pluridisciplinaires,
04:52avoir aussi des profils différents, donc universitaires et praticiens,
04:56pour à la fin, pouvoir avoir des prestations qui sont chez nous,
05:00par exemple, toutes est signée par Seconda, avec cette idée d'intelligence collective,
05:03c'est pas nommé, c'est tout le monde qui s'engage comme une éditoriale sur chaque travaux.
05:08Vous avez des exemples de réussite de projets comme ça, collectifs ?
05:12Un exemple qui me vient en tête, on avait un client final
05:15qui avait un modèle d'émission d'obligation qui était garanti par une fiducie.
05:21Ce mécanisme marchait très bien sous une forme de société
05:23et il voulait l'ouvrir à d'autres formes de société.
05:27Il y avait un article du Code de commerce qui semblait l'en empêcher,
05:30sauf qu'il n'y avait pas de doctrine, pas de jurisprudence,
05:33rien dans les travaux parlementaires,
05:34donc on a construit une équipe avec un professeur agrégé spécialisé en droits des sociétés,
05:39un collaborateur d'avocats au conseil spécialisé en droits civils et en fiducie,
05:43un avocat en droits des affaires.
05:45Et on a réfléchi ensemble, on a construit une réponse de juriste qui était la nôtre.
05:50Il n'y avait actuellement rien sur le sujet et on s'est engagé
05:53et on est dans une direction pour justement répondre à cette question qui n'était pas trangée.
05:58Comment on articule intelligence collective et intelligence artificielle
06:03pour tirer le meilleur des deux, j'ai envie de dire ?
06:06Je pense qu'aujourd'hui, l'intelligence collective et l'intelligence artificielle,
06:10on ne va pas s'en servir pour les mêmes choses, on ne va pas s'en servir pour les mêmes tâches.
06:14On va aller effectivement pouvoir, comme on vient de le voir avec l'intelligence collective,
06:18peut-être explorer des pistes qui n'ont pas encore été explorées.
06:23Et avec l'IA, ça va être très utile pour faire des tâches qui sont relativement répétitives,
06:27pour aller faciliter le travail.
06:30Mais demain, je ne saurais pas comment évoluer à l'IA,
06:33mais je sais que nous, on a aussi envie de pouvoir faire travailler les deux ensemble.
06:37Est-ce que vous avez un conseil à donner aux jeunes juristes qui nous regardent
06:41et qui aimeraient se lancer comme ça sur des projets
06:44en utilisant l'intelligence collective et l'intelligence artificielle ?
06:48La curiosité.
06:49Je pense que c'est vraiment une des qualités primordiales du juriste.
06:54Dès le début de son apprentissage, aller voir les autres matières,
06:58échanger avec ses camarades pour garder ce réflexe d'échanger à plusieurs
07:03et de savoir aussi quelle est la limite de ses compétences.
07:07Puisque finalement, il n'y a que les experts qui savent, qui ne savent pas.
07:11Et donc, c'est justement en restant curieux, en continuant à travailler avec les autres
07:14qu'on pourra attirer les dossiers les plus intéressants,
07:16les questions les plus complexes et, à sa manière, contribuer à l'évolution du droit.
07:21Comment vous voyez un peu, il y a cette peur parfois de l'intelligence artificielle
07:26qu'elle surclasse les humains.
07:29Comment vous voyez les développements ?
07:31Est-ce que justement l'intelligence collective peut nous permettre
07:34de, un peu, je dirais, domestiquer l'intelligence artificielle,
07:39de mieux vivre avec l'intelligence artificielle ?
07:44Je pense qu'effectivement, les deux doivent coexister, cohabiter avec chacun et chacune ses forces.
07:50Et puis, je pense que nous, c'est ce qu'on voit, tous nos travaux qui sont issus d'intelligence collective,
07:55on va les anonymiser, on va les mettre dans une base de données.
07:57Et avec l'IA, on va développer justement du savoir de plus en plus pertinent,
08:04de plus en plus complexe, pour demain pouvoir faire cohabiter les deux ensemble
08:09et enrichir encore la pratique juridique.
08:12Pour terminer, aujourd'hui, vous sentez que les professionnels du droit sont sensibles à l'intelligence collective ?
08:18Partout où je vais, tout le monde en parle, tout le monde essaye de prendre le sujet à bras-le-corps.
08:22Alors, je pense que c'est encore très neuf.
08:25L'allégorie, souvent, moi, qui me met en tête, c'est qu'on a un peu l'impression de découvrir le feu.
08:29Donc, d'un côté, ça brûle, ça émerveille.
08:32Et on essaye, dans sa pratique, chaque jour, de la mettre au quotidien, dans certaines tâches.
08:38Et vraiment, moi, les avocates et les avocats que je côtoie sont de plus en plus intrigués
08:44et ont envie de travailler avec l'IA.
08:45On va conclure là-dessus. Merci, Frédéric Bergheimer.
08:48Je rappelle que vous êtes associé chez Seconda.
08:50Merci, Arnaud.
08:51Tout de suite, on change de domaine.
08:53On va parler droit au titre restaurant en télétravail.
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