00:00Emmanuel fait ses petites remarques de fin 2, c'est donc pas assez complet sur le PMI, c'est ce que vous voulez dire ?
00:05Bah écoutez, vous vous réécouterez à 7h30, vous aurez peut-être la suite.
00:08Emmanuel, on va parler du réchauffement climatique, vous êtes face à Jean-Marie Agnel ce matin,
00:12faites attention, vous savez que Jean-Marc est très sensible sur les questions climatiques.
00:15Et cette tribune de Donald Trump-Pierre, ça a duré 50 minutes, avec notamment des attaques sur l'Europe,
00:21qui a réduit son empreinte carbone, il nous dit bravo, du coup vous vous êtes privé de nombreux emplois,
00:25beaucoup d'usines ont fermé, tous ces sacrifices annulés pour l'augmentation mondiale des émissions de CO2.
00:31Est-ce qu'on s'est tiré une balle dans le pied sur les questions de réchauffement climatique ?
00:34Bah là-dessus, il n'a pas complètement tort Donald Trump.
00:37Moi il y a deux points dans son discours qui m'ont frappé, alors bon, un discours complètement dingue,
00:42il faut bien le reconnaître avec des digressions complètement folles, etc.
00:46Mais il y a deux points qui m'ont marqué, et vous allez voir, ça se rejoint.
00:50Un, son attaque en règle contre l'ONU, son inefficacité.
00:54On va en reparler avec Marie-Cécile Neuf dans un instant.
00:56Oui, mais derrière ça, il y a quoi ?
00:58Il y a une attaque contre l'inefficacité du multilatéralisme en général.
01:02Et qu'est-ce qu'il nous dit ?
01:04Il nous dit finalement l'OMC, regardez ça marche pas non plus, regardez les COP, ça marche pas non plus.
01:10Et moi je suis sensible à ce qu'ont publié hier tout un tas d'institutions à l'approche de la prochaine COP,
01:18et le recensement de ces pays qui sont des gros producteurs d'énergie fossile et qui annoncent presque tous une forte augmentation de leur production d'énergie fossile,
01:30puisque sur les 20 plus gros producteurs de gaz, charbon, pétrole, il y en a 17 qui prévoient d'augmenter la production d'au moins une énergie d'ici à 2030.
01:37Et le résultat, c'est que malgré tous les appels des dernières COP, finalement, à réduire notre utilisation des énergies fossiles,
01:45la réalité c'est quoi ? C'est que la production de ces énergies sera presque deux fois plus élevée en 2030 que ce qui serait nécessaire pour tenir le fameux objectif des 2%.
01:53Mais ça, est-ce que ça veut dire que l'Europe a tort ?
01:55Donc, oui, parce que face à ce qui est complètement dingue, c'est sa négation du réchauffement climatique, c'est là où c'est complètement fou.
02:03Mais par contre, quand il dit la stratégie européenne, ça ne marche pas, il a raison, puisque cette stratégie européenne, ça a consisté à quoi ?
02:11Ça a consisté à partir de cette orthodoxie, de cet écologisme bruxellois, et un peu partout en Europe, et notamment en France, ça a été comme ça,
02:20ça a consisté à dire, on vous fixe des objectifs délirants et débrouillez-vous pour les atteindre.
02:26On voit les ravages que c'est en train de produire sur l'industrie automobile, je ne reviens pas sur tout ce qui a été annoncé encore hier.
02:31Donc, oui, il y a un moment où il faut s'interroger sur c'est quoi la bonne façon de faire cette transition énergétique.
02:37Et si l'Europe meurt en bonne santé sur le plan environnemental, ça lui fera une belle jambe.
02:43Donc, moi, je pense qu'encore une fois, comme sur beaucoup de sujets, Trump, il nous pousse à revoir finalement nos logiciels.
02:49Jean-Marie Daniel.
02:51Là où je pourrais rejoindre Emmanuel, c'est sur le fait que Trump, effectivement, pose des questions, et de façon assez pertinente.
02:57Est-ce qu'on a utilisé les bons outils pour lutter contre le réchauffement climatique ?
03:00Est-ce qu'il y a un réchauffement climatique ?
03:02De même, quand il dit, écoutez, effectivement, l'ONU, ça ne sert à rien.
03:05De même, quand il constate qu'il va falloir rendre l'Amérique great again,
03:09parce que l'Amérique, selon ma thèse, est en train de sombrer.
03:13Mais alors, les outils qu'il met en avant, les réponses sont totalement absurdes.
03:17C'est-à-dire que, alors, outre le caractère un peu déplacé de certains de ses propos,
03:21enfin, je veux dire, les leçons qu'il fait à l'Europe sur l'immigration, ça ne le regarde pas, c'est bon.
03:27Et sur le réchauffement climatique, il n'était pas dans la vallée de la Garonne ou dans la vallée du Rhône cet été.
03:33C'est-à-dire qu'il y a quand même des éléments qui font que...
03:37Avec quoi, trop de voitures, c'est ça que vous voulez dire ?
03:39Non, il faisait trop chaud.
03:40Ah oui, il faisait trop chaud.
03:41Il faisait trop chaud.
03:42Mais ça, Jean-Marie, on est d'accord, la contestation du réchauffement climatique...
03:45Il faisait trop chaud, donc il faut réagir.
03:46Et donc, je pense qu'effectivement, sans vouloir me citer systématiquement, mais dans mon éditorial des échos de ce matin,
03:53j'explique bien qu'à partir d'une thèse d'un économiste turc qui s'appelle Danny Rodry,
03:58on peut avoir trois attitudes face à ce qui se passe dans l'économie mondiale.
04:02Une attitude que j'appelle une attitude du passé, qui est celle de Donald Trump,
04:05qui consiste à préserver, au nom de sa souveraineté, un appareil industriel,
04:09au nom du fait que les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole,
04:12nié leur réchauffement climatique, s'accrocher à une situation.
04:15C'est rendre l'Amérique great again sur la base de ce qu'elle a été et non pas de ce qu'elle pourrait être.
04:20Et puis, il y a le comportement des Chinois qui consiste à être dans le présent immédiat,
04:24à chercher à tout prix, à exporter quoi qu'il arrive,
04:26et à sacrifier au passage le destin et la vie quotidienne de la population.
04:29Et puis, il y a ce que font les Européens.
04:31Et je pense que les Européens ont compris deux choses.
04:33La première chose, effectivement, c'est que sur le plan démographique,
04:36ils vont avoir un problème, donc c'est leur rapport à l'immigration qu'il a dénoncé.
04:39Et sur le plan de la construction de l'avenir,
04:42c'est quand même le rapport au réchauffement climatique,
04:44avec un outil qui est la taxe carbone,
04:46et puis avec un certain nombre de dispositions.
04:48Et là où les Européens auraient tort,
04:50c'est de se laisser impressionner par ce discours délirant
04:52du premier producteur mondial de pétrole.
04:54Donc vous ne reviendriez pas sur les agendas de l'Europe ?
04:57Mais pas du tout.
04:58Non, Jean-Marc, il dit non.
04:59Mais oui, mais je le sais bien, mais il se trompe.
05:01Il se trompe.
05:01Moi, je trouve que, regardez, Donald Trump,
05:03comment il a fait changer d'avis l'Europe sur la défense.
05:06Il a fait plus pour la cohésion, la construction et la sécurité de l'Europe
05:11que n'importe quelle commission européenne depuis 30 ans.
05:13Parce qu'on va enfin se rendre compte qu'il faut qu'on fasse plus pour notre défense.
05:16Et on va finir par réaliser que la stratégie de transition énergétique
05:22qu'on a mis en place, encore une fois, est complètement folle.
05:25Parce que, mine de rien, ce qui se passe,
05:27c'est que pendant que Trump délire à l'Assemblée de l'ONU,
05:31il y a une économie américaine de la transition écologique
05:35qui prospère et qu'on n'empêche pas de prospérer.
05:38Aujourd'hui, en Europe et en France,
05:41on est sur une vision totalement idéologique de cette transition écologique
05:44qui empêche même les entreprises de s'y adonner.
05:47Donc, plutôt que de dire, vous allez faire ça et débrouillez-vous,
05:51vous voyez bien que chez les ménages, ça ne marche pas parce qu'il n'y a pas d'argent.
05:53Et chez les entreprises, ça ne marche pas parce qu'on leur impose
05:55des tels contraintes qu'on ne leur permet pas
05:57de faire cette transition écologique.
05:59Et comme, en plus, on n'a pas la taxe carbone,
06:01et si je ne me trompe pas, bien évidemment, c'est la seule solution.
06:05Je cite, enfin, Jean-Marc ne me contredira pas.
06:07Les économistes vous disent,
06:09si vous voulez changer les comportements des gens,
06:11il n'y a que deux solutions, la dictature ou les prix.
06:13La dictature, il ne faut pas trop le souhaiter, et les prix.
06:15Mais la taxe carbone, c'est faire accepter aux gens.
06:18Si vous partez du principe que,
06:19ce que vous disent les économistes du climat,
06:22c'est qu'aujourd'hui, une taxe raisonnable,
06:23ce serait 250 euros la tonne,
06:25ça fait quand même 2500 euros par Français
06:27et par consommateur et par an.
06:29Ça fait 40 centimes de plus le litre d'essence.
06:32Et Jean-Marc va nous dire que ce n'est pas assez.
06:33Ce n'est pas assez, il faut aller à 4 euros.
06:35Exactement, il faut aller à 4 euros.
06:36C'est ce que payait le boomer,
06:37l'ineffable boomer qui a vécu une vie de cocagne.
06:40À 4 euros ?
06:42L'équivalent de 4 euros.
06:43Il avait un SMIC en 1970 à 3,30 francs et il payait le litre d'essence à 1,10 francs.
06:48Et je pense qu'effectivement, l'Europe n'a pas à se laisser impressionner,
06:52y compris sur la défense.
06:53C'est-à-dire que je comprends l'attitude de Donald Trump,
06:55qui en a marre de payer, d'être un peu le mercenaire de la défense occidentale.
07:00Mais il y a un moment où, de toute façon,
07:02tout ça ne sait que des imprécations
07:04et que l'Europe doit continuer à adopter une stratégie
07:07en conforme avec sa démographie,
07:10son excédent extérieur, son épargne
07:12et le réchauffement climatique.
07:14En tout cas, sur les investissements dans le renouvelable,
07:16ce n'est pas à cause de Donald Trump, si tout est coincé,
07:17c'est à cause de la PPE qui n'arrive pas à être mis en place.
07:21Ça fait deux ans qu'on attend une loi, deux ans de retard.
07:24On en reparlera.
07:25Mais sauf que la PPE, ça fait partie, encore une fois,
07:27de cette stratégie européenne délirante.
07:29Délirante vers la transition écologique.
07:31Je vous dis juste qu'on aura Jules Nisson,
07:32qui sera avec nous.
07:33Eh bien, formidable.
07:34Du président du syndicat des énergies renouvelables à 8h.
07:37À demain, Emmanuel.
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