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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 10 septembre, les estimations de la réussite du gouvernement de Sébastien Lecornu tout en prenant compte de ses avantages et de ses défauts ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est Jean-Marie Daniel, on va bien sûr parler de Sébastien Lecornu, Premier ministre depuis hier soir.
00:05Est-ce qu'il est, selon vous, l'homme de la situation ? Est-ce qu'il va aggraver ou améliorer les choses, Emmanuel ?
00:11Sébastien Lecornu, c'est simple, c'est le choix le plus coûteux socialement, politiquement et économiquement pour la France.
00:17Socialement, parce que quand même, la veille d'une journée de mobilisation et de protestation comme aujourd'hui,
00:23dire aux Français, finalement, je ne tiens aucun compte de votre vote, de vos aspirations, que ce soit d'ailleurs à gauche ou à droite,
00:32c'est quand même un choix qui va être socialement générateur de colère et donc problématique.
00:37C'est un choix qui est politiquement coûteux parce qu'aucune opposition aujourd'hui n'est satisfaite
00:43et qu'il va y avoir des tractations sans fin, chacun va monnayer le plus cher possible son soutien.
00:50Ça veut dire que l'horizon politique ne s'éclaircit pas.
00:52Il faut savoir qu'une des raisons qui a fait pencher la balance en faveur de Sébastien Lecornu,
00:58ça a été notamment sa capacité à faire passer, avec la bienveillance de tous les grands partis, sa loi de programmation militaire.
01:05Mais la réalité, c'est que tout le monde était d'accord, c'était extrêmement consensuel comme sujet.
01:09Ça ne fait pas de lui un fin négociateur.
01:11Mais voilà, exactement, ça c'est une illusion.
01:13Et puis c'est le choix économiquement le plus coûteux parce que c'est le choix qui entretient
01:18ce qui coûte le plus cher à l'économie française aujourd'hui,
01:20c'est-à-dire l'incertitude politique.
01:23Ce coût, on le connaît, l'OFCE l'a chiffré, une douzaine de milliards d'euros,
01:27mais ça c'était jusqu'à il y a quelques semaines.
01:28Or on voit bien, si vous voulez, que tant qu'on n'est pas au clair sur les grandes stratégies
01:34et les grandes orientations de la politique économique,
01:36les ménages, ils épargnent et les chefs d'entreprise, ni ils embauchent, ni ils recrutent.
01:41Et que donc, ça va continuer à nous coûter cher.
01:43On était à une douzaine de milliards d'euros, nous dit l'OFCE.
01:46Là, si on se prend un demi-point durablement de hausse des taux d'intérêt
01:49par rapport à avant la dissolution, c'est encore un dixième de point de croissance,
01:52c'est encore 3 milliards.
01:53Donc la facture, pour le moment, elle commence à être salée pour l'économie française,
01:56une quinzaine de milliards d'euros.
01:58Et ce qui est dingue, c'est qu'on va finir par avoir cramé plus avec ce coût économique
02:05que tous les milliards qu'on essaye de chercher en économie budgétaire.
02:09Donc non, ce n'est pas un bon choix, Sébastien Lecornu.
02:11Jean-Marc ?
02:12Non, je ne suis pas d'accord avec ça.
02:13D'abord, je pense qu'effectivement, on surdétermine, on suranalyse la situation économique
02:20par rapport à la situation politique.
02:21On vient de parler du Japon, personne n'a remarqué qu'il n'y avait plus de Premier ministre
02:25au Japon.
02:25Le véritable problème du Japon, c'est les droits de douane de Trump.
02:28Il n'y a plus de Premier ministre au Japon.
02:29Ils sont dans la même situation que nous.
02:31On a besoin de gouvernement, Jean-Marc ?
02:32On a besoin d'un gouvernement pour prendre quelques décisions, mais tout ne dépend pas
02:36du gouvernement.
02:37Les gens qui se lèvent le matin pour aller travailler ne se demandent pas si le ministre
02:40de l'économie est content ou pas qu'il vienne travailler.
02:42Et donc, je pense qu'il y a effectivement une réalité qui est une réalité qui est
02:46liée à des problèmes plus structurels que l'existence ou la non-existence de tel
02:50ou tel individu et de tel ou tel, et la présence ou la non-présence de tel ou tel individu
02:54à Matignon.
02:54La deuxième chose que je mettrai en avant, c'est qu'effectivement, l'économie française
02:58a des problèmes qui sont des problèmes structurels et il y a un héritage qui est quand même
03:02le discours de Beyrou que la classe politique a subi, a vécu, où il dit « vous avez maintenant
03:07le choix entre le compromis ou l'impuissance ». Ça fait maintenant un peu plus d'un an que
03:11ça dure.
03:12Je pense que les gens ont réalisé que c'est ce choix-là qu'il va falloir.
03:15Ils ont choisi l'impuissance.
03:16Ils ont choisi l'impuissance, que pour sortir de l'impuissance, ils ont espéré qu'il
03:20y ait soit une nouvelle dissolution, soit une démission du président de la République.
03:24Celui-ci a annoncé que ce serait ni l'un ni l'autre, donc il va falloir essayer de
03:27trouver le compromis.
03:29Et le personnage de Sébastien Lecornu a deux avantages.
03:31Le premier, c'est que les deux précédents étaient nés sous Vincent Oriole.
03:35Personne ne se souvient de quand exactement Vincent Oriole était à la tête de ce pays,
03:41quand il était président de la République.
03:43Là au moins, il est né sous François Mitterrand.
03:44Il a 39 ans.
03:45Il n'a même pas 40 ans, il est assez jeune.
03:48Il a un passé qui est assez court, mais qui est assez actif.
03:51Il a effectivement été le négociateur des problèmes, des programmes militaires,
03:55mais il a été aussi un des hommes clés de l'affaire des Gilets jaunes.
03:58Donc c'est quelqu'un qui a une certaine réputation d'une ouverture d'esprit.
04:04Oui, mais vous dites, Lecornu ou son frère, c'est pareil.
04:06Oui, le véritable enjeu pour moi, c'est effectivement ce que je disais hier.
04:10C'est que ce qu'a dit Bérou hier, qui était déterminant,
04:14c'est le fait qu'il l'ait dit, c'est l'impuissance ou le compromis.
04:18Et j'ai apporté un diagnostic, maintenant, personne ne peut nier le fait que la dette est là,
04:25que le déficit extérieur est là, et dire qu'on va manquer de consommation.
04:29Et c'est non.
04:30Les gens ont compris.
04:30Donc là, vous dites qu'on n'a pas tout perdu, quand même.
04:32On n'a pas tout perdu, on ne part pas de zéro, et je pense que les gens ont conscience que l'enjeu,
04:35c'est pas, est-ce qu'on ne pourrait pas augmenter encore le pouvoir d'achat sans travailler ?
04:38Est-ce qu'on ne pourrait pas continuer à avoir une vie qui est une vie de...
04:42Vous n'écoutez pas assez le Parti Socialiste ?
04:44Oui, oui, le Parti Socialiste, c'est 1,5% de l'élection présidentielle.
04:48Alors, d'abord, je ne vois pas en quoi, finalement, le choix de Sébastien Lecornu
04:52n'est pas la perpétuation du choix de l'impuissance,
04:55puisque ce ne sera sans doute pas celui du compromis,
04:57puisque personne ne veut de compromis.
04:59Et puis après, ce que dit Jean-Marc sur la place du politique,
05:02dans l'économie, dans le quotidien des gens, ça c'est vrai en régime de croisière.
05:05Sauf que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, quand vous regardez les enquêtes
05:07qui sont faites auprès des patrons, prenez l'enquête BPE auprès des petites et moyennes entreprises,
05:1260% des patrons vous disent que l'incertitude politique
05:16a un impact fort sur leur activité.
05:18Donc, on n'est pas en régime de croisière,
05:20on est en situation de crise politique qui est plus forte encore que la crise économique.
05:24Et puis, pardon, dans la surévaluation du court bilan de M. Lecornu dans son histoire,
05:30déjà, sa loi de programmation militaire, encore une fois,
05:32c'était quand même la loi la plus facile à faire passer de toutes ces dernières années.
05:35Et puis, rions sur l'affaire des Gilets jaunes,
05:37parce que Jean-Marc est bien placé pour le savoir.
05:39Celui qui calculait, Jean-Marc, en Macron, etc.,
05:44qu'est-ce qui a mis fin aux Gilets jaunes ?
05:46Ce n'est certainement pas les grands débats dont l'idée géniale a germé dans le cerveau de M. Lecornu.
05:51C'est quand même l'échec.
05:51C'est du quoi qu'il en coûte.
05:5210 milliards d'abord de chèques.
05:5417 milliards.
05:55Le Macron, c'est 17 milliards.
05:56Et bien voilà.
05:57Mais c'est ça qui a sauvé Camille.
05:58Oui, enfin, il y a eu le grand débat après.
06:00Les grands débats, ça n'a certainement rien.
06:01Juste pour conclure, deux choses.
06:03La première, c'est que la croissance, la dernière évaluation de la Banque de France,
06:05montre qu'il y a une forme d'inertie de la croissance.
06:07On est à 0,3%.
06:08Derrière le discours qui est où on ne va pas investir, on regarde la réalité,
06:12c'est que quand vous êtes un patron, vous regardez votre demande,
06:15vous regardez les anticipations que vous faites,
06:17la capacité à écouler votre stock.
06:19Et la deuxième embarque que je ferai, c'est qu'effectivement,
06:22l'histoire du compromis, je pense que maintenant,
06:25la classe politique a le sentiment,
06:27et notamment les gens qui veulent gagner les élections...
06:29Et on cherche le plus petit, plus petit, plus petit compromis.
06:31Qui veulent gagner en 2027,
06:33ils ont intérêt à ce qu'on soit débarrassé d'un certain nombre de problèmes.
06:36Vous aussi, vous êtes né sous Vincent Auriol,
06:38et vous aussi, vous êtes naïveté, pourtant, toujours confondante, mon cher Jean-Marc.
06:42Je suis né sous René Cotty.
06:45Encore une erreur !
06:46Encore une erreur !
06:49Je ne vous dirai pas sous qui je suis née, personnellement.
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