- il y a 5 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Wilfried Fonck, secrétaire nationale UFAP UNSA Justice. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00...
00:00Tu me demandes si la personne qui met ça à chaque fois qu'on parle prison,
00:13elle ne devrait pas la condamner à perpétuité la journée ?
00:16Il y a une autre chanson de Johnny.
00:17Avec une période de sûreté d'ailleurs, de rétention.
00:19Il y a la chanson 9 mètres carrés de Johnny qui aurait été encore plus adéquate.
00:22Nous sommes avec Wilfried Fonck, qui est secrétaire nationale UFAP, une sage justice.
00:27Bonjour M. Fonck.
00:28Bonjour.
00:28On va évoquer avec vous ce qui se passe en prison,
00:31parce qu'il y a différentes petites choses qui ont chagriné un peu les Français.
00:35Mais déjà, Gérald Darmanin, qui a repoussé sa visite à la prison de Nîmes,
00:41il a appris l'existence d'une table de massage dans l'établissement.
00:45Qu'est-ce que vous en dites ? Vous êtes au courant de cette histoire, j'imagine ?
00:48Nous, on a découvert la même chose, en fait, je n'ai pas dit en même temps que le ministre,
00:50mais ce qu'il faut garder en tête, c'est qu'à chaque fois qu'un ministre se déplace quelque part,
00:55il y a toujours une prévisite des services ministériels.
00:58Histoire de s'assurer qu'il n'y ait pas des choses comme une table de massage, par exemple, qui traînent.
01:03Pour autant, par rapport à cette table de massage, il faut savoir que c'est rentré dans le cahier des charges
01:07de la construction supplémentaire du bâtiment de la maison d'arrêt de Nîmes,
01:13et que ça avait été validé forcément au lieu, parce que sinon, derrière, il n'y aurait jamais eu cette table de massage.
01:18Donc, quand les services du ministre ont fait cette prévisite avant son arrivée,
01:23tout le monde a découvert ça, en fait, dans un salon de coiffure du quartier Femmes,
01:27en se demandant bien ce qu'elle faisait là.
01:28Et effectivement, quand on fouille un petit peu là-dedans,
01:31on se rend compte que c'est quelque chose qui était prévu dans la construction
01:35du dispositif d'accroissement de capacité d'établissement,
01:38qui avait été validé par la direction de l'administration pénitentiaire.
01:41C'est choquant ou pas qu'il y ait une table de massage ?
01:43Est-ce qu'elle ne devrait pas plutôt être à disposition des surveillants pénitentiaires ?
01:47Il est évident que les massages pour les personnels pénitentiaires pendant leur service,
01:50ça leur ferait le plus grand bien, ça, j'en doute pas,
01:52surtout vu le contexte dans lequel ils travaillent en ce moment.
01:55Après, derrière, il y a des choses assez surprenantes, parfois, en prison,
01:59mais il faut aussi se dire qu'on a vécu pendant des décennies
02:03avec des gardes des Sceaux qui étaient plus enclin, on va dire,
02:07à acheter la paix sociale à l'intérieur des établissements pénitentiaires.
02:10Et qu'aujourd'hui, on a un ministre de la justice
02:13qui, peu ou prou, essaye de remettre un peu d'ordre dans tout ça.
02:18Et le chantier est énorme, parce que, finalement,
02:21on va dire que depuis le milieu des années 80,
02:24rien n'a été fait pour remettre de l'ordre et de la discipline dans les prisons françaises.
02:28Alors, encore une question sur ce que l'on trouve en prison,
02:32parce qu'hier, on a eu une discussion sur ce détenu de la prison de Corbasse,
02:37c'est dans le Rhône, qui fêtait son anniversaire avec...
02:44Il y avait des petites bougies, des feux de Bengale, il y avait des gaz hilarants.
02:49Alors, en plus, il se filme avec le téléphone portable.
02:51Alors, tout ça, c'est avec la complicité des gardiens ?
02:54Ah non, absolument pas.
02:55Tout ça, ça entre parce que derrière, vous avez des parachutages
02:58qui sont effectués, notamment via les systèmes de drones.
03:00Aujourd'hui, toute l'immense majorité des produits et des objets interdits
03:06à l'intérieur des établissements pénitentiaires font l'objet d'une entrée via les drones.
03:11C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les drones, c'est devenu un véritable fléau pour nous.
03:15Ça remet en question la sécurité des personnels, la sécurité des structures.
03:18Et après, derrière, on se retrouve sur des réseaux sociaux
03:20avec des images comme tout le monde l'a vu.
03:22Alors, j'entends que ce soit choquant.
03:24Moi aussi, ça me choque.
03:25Mais ce qui me choque le plus, quelque part,
03:27c'est qu'on n'a toujours pas la capacité, au niveau de l'administration pénitentiaire,
03:31d'empêcher les téléphones portables de rentrer.
03:34Parce que s'il n'y avait pas de téléphones portables,
03:35il n'y aurait pas de mise en scène,
03:36il n'y aurait pas de diffusion sur les réseaux sociaux derrière.
03:38Donc, la vraie question, parce que depuis que les téléphones portables existent,
03:42les téléphones portables sont présents en prison.
03:44Ça fait 25 ans que je suis dans cette administration.
03:46Ça fait 25 ans que je connais les téléphones portables à l'intérieur des établissements.
03:50Aujourd'hui, le dernier chiffre qu'on avait eu,
03:51c'était en gros 53 ou 54 000 téléphones
03:54qui avaient été saisies.
03:56Saisies.
03:57Moi, j'ai coutume de dire par pure provocation,
03:59vous avez aujourd'hui quasiment 85 000 détenus,
04:02vous avez en gros 170 000 téléphones qui tournent.
04:05Voilà, c'est un peu comme les douanes.
04:06Vous-même, vous les saisissez ?
04:08J'imagine que vous les saisissez.
04:10150 kg de cocaïne, derrière, vous en avez 500 qui passent.
04:13Là, c'est le même principe avec tes téléphones.
04:14Et vous en saisissez tous les jours, vous.
04:16On en saisit, mais tous les jours,
04:17quelle que soit la structure, de toute façon.
04:19Des survols de drones, il ne se passe pas une journée
04:21sans qu'un établissement soit survolé par un drone
04:23avec une livraison derrière.
04:25Je vais vous donner encore d'exemples.
04:26Lundi, il y a eu une bagarre à la maison d'arrêt de Brest.
04:29Pourquoi ? Parce que fouille de cellules,
04:30saisie de téléphone portable,
04:32saisie de 300 grammes de résine de cannabis,
04:34résultat des courses, deux agents au tapis
04:36parce que ça provoque une bagarre en cellules.
04:38Voilà.
04:38Tant qu'on n'arrivera pas à mettre un terme
04:40à ces survols de drones
04:42et à ces entrées d'objets interdits,
04:44on ne s'en sortira pas.
04:45Donc, à un moment donné,
04:47oui, il va falloir prendre des décisions fortes
04:49au niveau du ministre.
04:49Quelles seraient les mesures pour, par exemple,
04:51empêcher les livraisons par drone ?
04:55Pour empêcher les livraisons par drone,
04:57c'est de doter les établissements
04:58à la fois de détecteurs et de brouilleurs.
05:01C'est aussi de pouvoir les intercepter.
05:03Aujourd'hui, on sait qu'il y a des moyens.
05:04On a développé des moyens technologiques,
05:06notamment via les Jeux Olympiques à Paris.
05:08La police nationale est équipée
05:09de technologies de haute pointe
05:13qu'aujourd'hui, l'administration pénitentiaire
05:15n'a pas à sa disposition.
05:16On met le focus, d'un point de vue médiatique,
05:19mais aussi d'un point de vue politique,
05:21sur les prisons françaises,
05:22en en faisant, quelque part,
05:24l'endroit où il y a plein de choses qui s'y passent,
05:27il y a de la corruption,
05:28il y a des téléphones, il y a ceci, il y a cela.
05:30Mais derrière, quels moyens on donne au personnel
05:31pour pouvoir faire leur mission ?
05:33Zéro.
05:33On a 6 milliards d'euros de budget par an.
05:35Monsieur Darmanin, c'est lui qui a organisé les JO.
05:38Maintenant, il est votre ministre de tutelle.
05:39Il devrait avoir les moyens de répondre à vos besoins.
05:43Vous l'avez interpellé sur ces besoins-là ?
05:44On l'interpelle constamment.
05:46Et qu'est-ce qu'il répond ?
05:47À part sur la table de massage ?
05:48Les réponses qu'on peut avoir sont toujours les mêmes.
05:51Contraintes budgétaires.
05:52Alors, OK, contraintes budgétaires.
05:54Donc, ça veut dire que derrière,
05:56en dehors du discours politique
05:57et derrière toute cette façade,
05:59voilà, quels moyens on va débloquer
06:01pour les personnels pénitentiaires ?
06:01C'est parce que vous n'avez pas encore payé votre DS7,
06:03il a dit le ministre.
06:04Écoutez, ça, j'en sais rien,
06:06mais nous, ce qu'on attend au-delà des véhicules de luxe,
06:09c'est surtout déjà d'avoir des véhicules
06:10pour pouvoir faire nos transferts,
06:12pour pouvoir équiper nos équipes régionales
06:14d'intervention et de sécurité,
06:16et disposer des matériels, on va dire,
06:17dernier cri, pour pouvoir justement
06:19exercer nos missions en toute sécurité.
06:21Mais vous dites qu'il n'y a pas de...
06:23Excusez-moi, je te laisse.
06:25Qu'il n'y a pas de corruption du personnel pénitentiaire
06:27sans vouloir globaliser.
06:29Il y en a.
06:30À la prison de Lutherbach,
06:31il y a eu des mises en examen en 2021
06:33pour complicité.
06:35Et quand même, on peut le voir aussi sur les réseaux,
06:37même s'il peut y avoir de la fabulation,
06:39il y a quand même des narcotrafiquants
06:41qui se vendent du fait que certains de leurs sbires
06:44se présentent pour passer le concours
06:47du gardien de la pénitentiaire
06:49et que certaines prisons ont pu être infiltrées.
06:52Alors, je ne globalise pas,
06:53je ne dis pas que ça arrive partout,
06:55mais je pense que la question de la corruption
06:56du personnel de prison aussi
07:01doit être posée sur la table.
07:02Je ne vais pas dire que ça n'existe pas,
07:04ça existe, on ne va pas se voyer la face.
07:06Pour autant, là, vous prenez un cas particulier
07:08qui est sur Lutherbach.
07:10Alors, on a plein d'autres cas
07:11qui ont été finalement mis sur la table
07:14et mis dans les médias.
07:16Mais derrière, quand on regarde les chiffres,
07:18aujourd'hui, des procédures judiciaires
07:20pour corruption,
07:23ça représente 0,3% des personnels pénitentiaires.
07:27En gros, une goutte d'eau dans l'océan
07:29par rapport au phénomène de corruption.
07:31Quand on trouve quelque chose,
07:32c'est qu'il y a le doux ou le tripe qui se passe derrière.
07:34Qu'on cesse de dire et de mettre à l'index
07:37des personnels qui sont déjà en sous-effectif,
07:40qui travaillent dans des conditions totalement inacceptables,
07:43auxquelles on confie un public
07:44qui n'est pas là par hasard.
07:45Oui, c'est vrai, il y a beaucoup de dépression,
07:47beaucoup de suicide aussi, c'est compliqué.
07:48Le public qu'on a en prison,
07:49il n'est pas là pour avoir filé 10 euros
07:51à un pauvre dans la rue.
07:52Il faut remettre quand même les choses
07:53dans le bon ordre.
07:55Arrêtons aussi de dire que finalement,
07:57les détenus, ce sont eux les victimes.
07:58Non, non, non, à un moment donné,
07:59il faut savoir raison garder.
08:01Donc, ok, oui, de la corruption, il y en a,
08:04mais moi, je vous dis, c'est un phénomène marginal.
08:06Ce qui rentre dans les prisons,
08:07ça rentre soit par les parloirs,
08:09parce que derrière, nous oublions,
08:11il n'y a plus de fouilles depuis 2009.
08:14Depuis 2009, on a interdit
08:17aux personnels pénitentiaires
08:18de fouiller les détenus
08:19lorsqu'ils ont des contacts avec l'extérieur.
08:21Donc après, voilà ce à quoi on arrive,
08:24avec des gars qui ont des téléphones portables,
08:26qui font rentrer du gaz hilarant
08:27et qui se filment et qui se mettent en scène
08:28pour leur anniversaire.
08:29Tout cela au nom du respect de la dignité humaine,
08:32n'est-ce pas ?
08:32Antoine ?
08:33Alors, moi, j'ai deux questions,
08:35parce que le monde de la prison,
08:36c'est un monde que je ne connais pas,
08:38heureusement,
08:39et donc on se fait plein d'idées.
08:41Et donc, première question très pratique,
08:43c'est quand on trouve un téléphone portable
08:47dans la prison,
08:48dans la cellule d'un détenu,
08:50quelle est la sanction ?
08:51Et deuxième question,
08:52on entend parler de ces tours de karting,
08:55de tables de massage, etc.
08:57Est-ce que ça a une utilité,
08:59d'après vous,
09:00dans la vie de la prison ?
09:02Voilà, deux questions très pratiques pour comprendre.
09:03Alors, concernant les téléphones portables,
09:05effectivement,
09:05quand on saisit un téléphone portable,
09:07derrière, deux choses.
09:09Première sanction,
09:10la sanction administrative,
09:11c'est-à-dire qu'il y a un règlement intérieur
09:13pour les établissements pénitentiaires,
09:15avec un régime disciplinaire.
09:17Donc derrière,
09:17ça peut aller jusqu'à 30 jours
09:19de cellule du punition,
09:21ce qu'on appelle le quartier disciplinaire
09:23ou le mitard,
09:24dans le langage courant.
09:27Ensuite,
09:27il y a un signalement
09:28qui est effectué
09:29au niveau du parquet,
09:30parce que forcément,
09:31le téléphone portable
09:31étant un objet interdit
09:33dans les détentions,
09:34derrière,
09:34il y a aussi la possibilité
09:36d'encourir une sanction pénale.
09:38Donc ça,
09:39ça dépendra,
09:40derrière,
09:40l'encombrement du parquet
09:42et la manière
09:43dont il va y avoir une réaction.
09:45Moi,
09:46un citoyen,
09:46j'espère que celui
09:47qui est trouvé
09:47avec un téléphone
09:48dans sa cellule
09:49reprenne trois mois de plus
09:51à chaque fois
09:52qu'on trouve un téléphone.
09:52Et là,
09:53ça les dissuade répéter.
09:54Alors,
09:54je vous garantis
09:55que c'est ce qu'on aimerait aussi.
09:56Seulement aujourd'hui,
09:57je vais vous donner
09:58simplement deux chiffres.
10:0085 000 détenus,
10:0262 000 places
10:03sur population historique
10:06qui ne cesse d'augmenter
10:07tous les mois.
10:08En plus de ça,
10:09troisième des derniers chiffres,
10:114 000 postes vacants.
10:12C'est-à-dire,
10:13non pas des emplois
10:14que nous,
10:14on aimerait avoir,
10:15mais 4 000 emplois
10:16qui ne sont aujourd'hui
10:17pas couverts,
10:18pas pourvus.
10:20Donc là,
10:20la population pénale
10:21ne cesse d'augmenter,
10:23les effectifs en personnel
10:24ne cessent de descendre
10:25et derrière,
10:26on a un effet ciseau
10:28et on est bien
10:29dans l'incapacité
10:30aujourd'hui
10:30de pouvoir remplir
10:31l'ensemble de nos missions
10:33dans des conditions optimales.
10:35Donc,
10:35tout ce qui arrive aujourd'hui
10:36sur les sujets
10:37et notamment au niveau
10:38des médias,
10:39c'est qu'on est en train
10:40de payer le prix
10:41de l'inaction politique,
10:43du jean-foutisme politique
10:45qui date depuis 40 ans
10:47pour être pris en prison.
10:48Pourriez-vous rappeler
10:48le salaire net
10:49d'un agent pénitentiaire,
10:51on va dire,
10:52débutant ?
10:53Aujourd'hui,
10:53en début de carrière,
10:54en gros,
10:54c'est 1 800 euros
10:55à prime incluse.
10:56Prime incluse,
10:57voilà.
10:58Voilà.
10:58Alors,
10:58qui aujourd'hui va aller
10:59pour 1 800 euros
11:01se prendre la tête
11:02avec 160 détenus
11:04dans un étage,
11:05se faire insulter,
11:06cracher dessus,
11:07menacer,
11:08voir sa famille
11:09menacer pour 1 800 euros,
11:11voir avoir des vacances
11:13d'été au mois d'octobre,
11:15parce que si vous avez
11:15des enfants,
11:16vous ne croyez pas
11:16que vous allez être
11:17en vacances juillet-août.
11:18Ça,
11:18ça vous arrive
11:19une fois tous les 5 ans,
11:20de ne pas avoir
11:21de week-end,
11:21un week-end tous les 2 mois.
11:24À un moment donné,
11:24il faut arrêter.
11:25Il faut donc,
11:26je rappelle que vous êtes
11:27secrétaire nationale
11:28UFAP,
11:28une sage-justice.
11:30Il y a la canicule en ce moment,
11:31ça rend votre travail
11:32encore plus compliqué,
11:33j'imagine ?
11:34C'est déjà compliqué,
11:35on va dire,
11:35pour la population générale.
11:36Alors forcément,
11:37derrière,
11:37dans le milieu carcéral,
11:39ça va prendre aussi
11:40une coloration
11:41encore différente.
11:43C'est-à-dire que
11:43les conditions de détention
11:45qui sont les conditions
11:46de travail des personnels
11:47vont encore plus se dégrader.
11:49On a des bâtiments
11:50aujourd'hui
11:51qui ne sont pas du tout
11:52adaptés
11:52à ce type
11:53d'événements climatiques.
11:55C'est-à-dire que
11:55quand il fait
11:5640 degrés dehors,
11:58vous avez quasiment
11:5942,
11:5943 degrés
12:00à l'intérieur des cellules,
12:01à l'intérieur des coursives.
12:02Vous ajoutez à cela
12:03la surpopulation carcérale,
12:05vous êtes...
12:073 ou 4 par cellule,
12:08la moindre contrariété,
12:10ça part en bagarre
12:11qui intervient les personnels
12:12qui forcément,
12:13eux, vont prendre des risques.
12:14Alors,
12:14on essaye tant bien que mal
12:15au niveau de l'administration
12:16pénitentiaire
12:17d'amoindrir l'impact.
12:19Mais quand vous êtes
12:19sur une cour de promenade
12:20en plein après-midi
12:21qui fait 38 degrés,
12:23il n'y a pas d'arbre,
12:24il n'y a pas d'ombre.
12:26Donc imaginez derrière
12:27la complexité de la situation
12:30parce que pour des raisons
12:31de sécurité,
12:32ce n'est pas possible
12:32de faire ce genre de choses.
12:33Question supplémentaire.
12:35Les malades en prison aujourd'hui,
12:36est-ce qu'il y a des gens
12:37qui ne devraient pas être en prison,
12:38qui devraient être à l'extérieur
12:40ou dans d'autres bâtiments
12:41pour y être soignés ?
12:42Aujourd'hui,
12:43vous avez des gens
12:44qui n'ont pas leur place en prison
12:45et puis vous avez des gens
12:46qui ne sont pas en prison
12:46et qui devraient y être.
12:47Ça, c'est une évidence.
12:49Mais au niveau psychiatrie,
12:50ça tombe bien que vous en parliez.
12:52Le 10 juillet dernier,
12:53l'Assemblée nationale
12:54a rendu un rapport
12:56justement sur la prise en charge
12:57des troubles psychiatriques,
12:59notamment au milieu carcéral.
13:00On se rend compte de quoi aujourd'hui ?
13:02Que la prison française
13:03est en train de devenir
13:04le substitut d'un système psychiatrique français
13:08totalement en ruine,
13:11totalement à l'abandon.
13:12C'est-à-dire qu'on va aller mettre en prison
13:14aujourd'hui des individus
13:15qui sont malades,
13:16qui n'y ont pas leur place,
13:17qui devraient faire l'objet
13:18d'une prise en charge médicale
13:20sur du long terme
13:21dans des établissements spécialisés.
13:22Mais on ne peut pas le faire
13:24tout simplement
13:25parce qu'on ne dispose pas des lits.
13:27Voilà le vrai principe.
13:29Mais qu'en même temps,
13:29on est bien obligé
13:30de les enfermer
13:30parce qu'ils représentent un danger
13:31pour eux-mêmes et pour la société.
13:33Seulement les personnels pénitentiaires
13:35et notamment les personnels de surveillance
13:36ne sont pas des personnels
13:38infirmiers psychiatriques.
13:40Et résultat,
13:41on aggrave ces personnes
13:42parce que du coup,
13:42on les bourre de cachetons
13:43et ils sont encore plus malades.
13:46On va dire,
13:46leur maladie mentale
13:47s'aggrave aussi en prison.
13:48La prison ne va pas faire en sorte
13:49que ça va les soigner.
13:50Mais derrière,
13:51encore une fois,
13:51ce sont les personnels
13:52qui doivent gérer la folie.
13:54Une dernière question
13:54sur les étrangers,
13:56nombre d'étrangers en prison.
13:57Ça a été évoqué
13:58notamment dans les Gégés
14:00dans les Grands Gueux.
14:00Un quart des prisonniers
14:02sont des étrangers
14:03et ne devraient pas
14:05être dans les prisons françaises.
14:07Je ne vous demande pas
14:07de faire de la politique
14:08mais si vous y êtes
14:09effectivement confrontés.
14:10Effectivement,
14:10oui,
14:11on est confrontés
14:11à ce genre de choses.
14:12Alors aujourd'hui,
14:13c'est des décisions politiques
14:15qui doivent être prises.
14:16Vous l'avez très bien dit.
14:18Derrière,
14:18nous,
14:19effectivement,
14:20on fait avec.
14:21Vous avez,
14:22voilà,
14:22nous,
14:22quand on nous envoie quelqu'un
14:23avec un bon pour écrou,
14:25nous avons l'obligation
14:26de le prendre
14:27et de l'écrouer.
14:27Alors oui,
14:29ça produit sûrement,
14:30ça contribue de toute façon
14:32à la surpopulation carcérale.
14:34Mais après,
14:34derrière,
14:35c'est une décision politique.
14:37Est-ce qu'effectivement
14:37quelqu'un qui est étranger
14:38en France
14:39et qui est condamné pénalement,
14:40est-ce qu'il doit purger
14:41sa peine en France
14:42ou est-ce qu'il doit purger
14:43sa peine à l'étranger ?
14:44Question.
14:45Moi,
14:45je n'ai pas la réponse.
14:46Nous,
14:47on est là
14:47en tant que personnel
14:48pénitentiaire
14:48pour exécuter
14:50les décisions
14:50de justice.
14:52C'est tout.
14:53Merci de ces explications.
14:55Merci d'avoir été avec nous.
14:56Je le rappelle,
14:57Wilfried Fonck,
14:57secrétaire national
14:58lui fait une sa justice
14:59d'avoir une fois de plus
15:01ouvert la porte des prisons
15:02pour comprendre
15:04le quotidien
15:04auquel vous êtes confrontés
15:06avec Abel Boyi
15:09et avec Barbara Lefe.
15:10Ça pourrait être une solution
15:11pour lutter contre
15:11la surpopulation.
15:13Vous voyez,
15:14un peu une opération
15:14porte ouverte
15:15ou un update
15:16un peu plus.com.
15:16Madame Belloubille
15:17a déjà fait
15:18l'expération porte ouverte
15:19et on s'en rappelle.
15:19Et on est en train
15:20d'en payer les conséquences
15:21aujourd'hui
15:22parce que l'effet boomerang,
15:23on se le prend.
15:23Exactement.
15:24Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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