- il y a 4 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Pierre Gattaz, ancien président du Medef, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:04C'est l'ancien patron des patrons, le numéro 1 du MEDEF qui est avec nous, Pierre Gattaz,
00:09avec ce livre « Gagnez plus », c'est maintenant aux éditions Fayard.
00:13Bonjour M. Gattaz.
00:14Bonjour.
00:14Vous êtes chef d'entreprise, vous avez une société qui s'appelle Radial, une entreprise de composants électroniques.
00:19On va parler bien sûr de la chute de Bayrou, mais dans deux jours, il y a ce mouvement « Bloquons tout ».
00:23En tant que chef d'entreprise, est-ce que vous le craignez ?
00:26Oui, je le crains, parce que la chute d'entreprise, on a besoin de stabilité, on a besoin de sérénité, on a besoin d'harmonie.
00:34Et c'est un peu le livre que j'ai co-rédigé avec mes pères Fontanet, Maxime Ayache et Xavier Fontanet.
00:41L'idée, c'est qu'on peut réussir en France, mais on est dans une France en crise, comme dans toute une entreprise qui est en crise.
00:46Moi, j'ai connu Alcatel pendant 15 ans en crise, plan de restructuration, des salariés mécontents, des fournisseurs extrêmement mécontents dont j'étais.
00:53Après, il faut que le pays retrouve de la sérénité, il faut qu'on retrouve de la croissance, il faut qu'on retrouve une harmonie entre nous.
00:59Là, aujourd'hui, la boîte de pandeur de la dissolution a ouvert toutes les passions vides, toutes les passions insupportables.
01:05La lutte des classes revient, les machins.
01:07Mais si vous voulez, c'est le seul pays, j'ai beaucoup voyagé dans ma vie, on est le seul pays du monde depuis une quarantaine d'années,
01:13mais là, depuis la dissolution, c'est insupportable.
01:15C'est n'importe quoi, c'est des petites phrases, mais je dirais insensées.
01:19Qu'est-ce qui vous choque ?
01:20Vous voyez, le réflexe pavlovien de dire, on va taxer, on va tout taxer.
01:25La France est une sorte de baignoire avec des trous.
01:28Donc, vous pouvez rajouter de l'eau, de la taxe en haut, remplir encore pour taxer la taxe du Khmann, qui est une hérésie totale.
01:35Taxons, taxons.
01:36Ce réflexe pavlovien, mais complètement français, alors que tous les pays du monde, qu'on a étudiés dans notre livre...
01:41Mais il faut faire des économies.
01:44Alors après, il faut donner un sens à ces économies.
01:46C'est le but de ce bouquin.
01:47C'est de dire, ces économies, elles peuvent vous donner du pouvoir d'achat.
01:50On peut, à 30% à 10 ans, on peut refaire fonctionner l'ascenseur social.
01:54Parce que nous ne sommes pas des patrons ultra-libéraux, on n'est pas des patrons...
01:57Pardon, mais Emmanuel Macron, il a baissé les impôts ?
01:59Oui, mais il a fait une grosse erreur.
02:01Il a fait plusieurs erreurs.
02:02Il a fait une grosse erreur, c'est qu'il n'a pas du tout géré les dépenses.
02:04Quand vous êtes à la SNCF, quand vous êtes dans un ménage, quand vous êtes dans une entreprise,
02:09vous gérez le chiffre d'affaires d'un côté et toujours les dépenses de l'autre.
02:12Et c'est vrai, c'est la base.
02:14Emmanuel Macron a eu le Covid et les Gilles jaunes a géré.
02:17Le quoi qu'il en coûte, très bien.
02:18Mais tous les autres pays du monde ont arrêté le quoi qu'il en coûte.
02:20Ils ont géré, ils ont managé, ils ont plafonné.
02:23Bon, et nous, on est parti dans un délire, si vous voulez, qui n'a pas été géré.
02:26Première erreur.
02:27Deuxième erreur, la dissolution.
02:30La dissolution, moi, je lui en veux, personnellement.
02:32Parce qu'on a ouvert une boîte de Pandore.
02:34Et là, je dirais, il y a une fébrilité, une nervosité, mais que tous les Français entendent.
02:39Il y a un ras-le-bol, il y a même un dégoût de la politique.
02:41Mais si vous voulez, c'est pour ça, s'il faut attendre jusqu'à mai 2027, si vous voulez, cette sérénité, ça va être très très long.
02:46Vous êtes pour la démission, vous aussi ?
02:48Alors, moi, je suis pour la sérénité.
02:50La sérénité, c'est soit M. Bayrou continue, il a trouvé un accord avec les partis pour essayer de faire vivre le pays.
02:57Et surtout, si vous voulez, ce livre apporte des réformes.
03:00Il faut des réformes qui sont bénéfiques.
03:02Ce n'est pas répondu. Est-ce que vous êtes pour une présidentielle anticipée ?
03:05Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que je ne sais pas si c'est mieux ou si c'est moins bien.
03:08Ce que je sais, c'est qu'il faut que les partis politiques soient responsables.
03:11Vous dites qu'on ne peut pas attendre 2027 ?
03:13Moi, je dis qu'il faut que les partis politiques, notamment les extrêmes, que j'entends, tous les jours, dix fois par jour, avec des politiques politiciennes derrière.
03:22Je sens le clientéisme.
03:23Je sens qu'il faut garder le député. Il faut garder sa place de député. Moi, c'est ça que j'entends.
03:29Je veux rester avec mon salaire. Ce sont des gens qui sont souvent...
03:33Ne viennent pas des...
03:34Vous parlez de qui ?
03:34Je parle du PS.
03:35De tous les politiques, M. Gattaz.
03:36Je parle du PS.
03:37Ah, du PS.
03:38Si je peux me permettre sur le PS. J'ai connu le PS de François Hollande. Il a été très critiqué.
03:42J'ai été le premier à critiquer avec ses idées de taxer riche 75% qui ont fait rigoler toute la planète.
03:47Toute la planète qui a été déboutée.
03:49Et puis ensuite, je l'ai vu évoluer vers la social-démocratie.
03:52Et là, j'ai applaudi.
03:53J'ai vu des Bernard Cazeneuve. J'ai vu des Carole Delga. J'ai vu des Valls.
03:56Enfin, François Hollande, il n'a pas pu se représenter.
03:58Mais bien sûr, parce qu'il y a eu des frondeurs.
03:59Et moi, je trouve que ce qui manque terriblement, ce que j'ai vu en Allemagne,
04:03le PS allemand a fait ce qu'on appelle le Bad Gottesberg en 1959.
04:07Ils ont dit trotskisme, marquisme, on n'y va pas.
04:10C'est l'outil de travail qui est important.
04:12C'est l'entreprise qui est importante.
04:13Et ça, tous les...
04:14On a une gauche française en contre marxiste.
04:16Oui, mais bien sûr.
04:17Mais quand j'entends, si vous voulez...
04:18Mais attendez, on croit rêver.
04:20Moi, ce sont des déclarations de guerre à chaque fois.
04:23Et à chaque fois, si vous voulez, je me dis,
04:25mais quand est-ce qu'on aura des socialistes à la Suédoise
04:28qui ont supprimé le statut des fonctionnaires à vie ?
04:31Quand est-ce qu'on aura des socialistes à l'Allemande ?
04:34Bad Gottesberg...
04:34Mais des socialistes de droite, quoi.
04:36Mais pas du tout.
04:37Ce sont des socialistes de gauche.
04:38Avec le bon, j'ai été servi, quand même.
04:39Ce sont des socialistes de gauche qui ont accepté l'entreprise
04:41et qui ont compris l'entreprise.
04:42Vous savez, je cite souvent la Chine.
04:44La Chine, vous avez vu Mao Zedong avec 50 millions de morts.
04:46Et puis d'un seul coup, vous avez un autre communiste
04:47qui est arrivé en 1978, Deng Xiaoping.
04:50Il a dit, bon, le communisme dure, machin,
04:52on va peut-être arrêter, on va regarder ce qui marche dans le monde.
04:54L'entreprise.
04:55Qu'est-ce qu'ils ont fait depuis 40 ans ?
04:57Ils ont mis le centre de leur stratégie.
05:01L'entreprise, le libéralisme, le capitalisme.
05:04Ils ont fait une économie qui fonctionne.
05:07Ils sont numéro 2 au monde.
05:08Ils ont sorti 700 millions de Chinois
05:10de l'extrême pauvreté de Mao Zedong.
05:13C'est l'entreprise.
05:14Donc ce que je dis, si vous voulez,
05:15c'est que libéralisme, capitalisme,
05:16c'est ni de gauche, ni de droite, c'est de concept.
05:18C'est le seul truc que je vois marcher
05:20sur tous les pays européens
05:22et sur les 38 pays de l'OCDE qui fonctionnent.
05:24Donc quand j'entends, c'est pas beau, c'est pas bien,
05:27cadeau aux entreprises,
05:28on va taxer les grosses locomotives,
05:29parce que les riches qu'on veut taxer là-haut,
05:31ce sont des locomotives économiques.
05:33Il y a des pays comme la Suisse ou l'Italie du Nord
05:35qui les récupèrent.
05:36Nous, on les fait fuir.
05:37Vous faites une différence entre le capitalisme productif
05:40et le capitalisme financiarisé,
05:41qui en réalité est celui qui détruit des vies
05:43et celui qui détruit l'environnement, etc.
05:46Mais je suis d'accord, parce que je ne suis pas un ultra-libéral.
05:48Moi, je suis même un patron humaniste.
05:50Je vais vous dire pourquoi.
05:51Comme mes trois pères qui ont créé le bouquin.
05:53Ça existe.
05:54Parce que quand vous vous battez,
05:55comme je l'ai fait pour garder mes quatre usines en France
05:57dans les composants électroniques,
05:58j'en ai rajouté une cinquième.
06:00Je suis parti de 70 millions il y a 30 ans.
06:03Je suis à 500 millions
06:04et j'exporte 90% de ma production.
06:06Avec mes ingénieurs, mes ouvriers,
06:08qui sont sans doute les meilleurs du monde.
06:09C'est ça que je préconise.
06:11Et en France ?
06:12Et en France.
06:13Donc j'ai bien sûr des usines.
06:14J'ai monté une usine au Mexique de 1000 personnes.
06:16On me l'a reproché.
06:16Mais j'ai dit,
06:17grâce à mon usine de 1000 personnes au Mexique,
06:20j'ai augmenté mes parts de marché,
06:21j'ai augmenté mes profits sur le marché américain
06:23et j'ai investi dans mes usines françaises
06:26en recherche et en développement et en investissement.
06:29Et ça, on ne l'explique pas.
06:30J'adorerais qu'on explique ça.
06:31Comment vous expliquez alors que le patronat
06:33est accompagné depuis pratiquement 40 ans
06:37les politiques de droite comme de gauche
06:39de désindustrialisation de la France ?
06:41On a expliqué que la plus belle des francs,
06:43ce serait la France sans usine.
06:44Le MEDEF et tous les patrons français
06:46ont accompagné cette politique ?
06:48C'est faux.
06:48C'est faux.
06:49Il y a eu quelques personnes.
06:50L'ancien patron d'Alcatel,
06:52que je ne citerai pas,
06:53qui a parlé de faiblesse.
06:54Ce que j'ai vu,
06:55c'est que la classe politique,
06:56qui est un culte,
06:57excusez-moi,
06:57mais cette classe politique,
06:59très souvent,
06:59alors pas tous,
07:00heureusement,
07:01il y a un arc républicain
07:02entre les centres gauches
07:04et...
07:05Bon,
07:06arrive à comprendre l'économie
07:07et l'entreprise.
07:08Et bravo,
07:08ils s'en forment à l'huile.
07:11M. Macron n'a pas tout compris.
07:12M. Macron a fait des très belles choses
07:14sur le Choose France,
07:15sur la chiffre d'affaires.
07:16Il n'a pas compris les dépenses.
07:18Alors, je reviens sur le patronat.
07:19Le patronat,
07:20si vous voulez,
07:20moi, j'ai été client d'Alcatel.
07:22J'ai été fournisseur d'Alcatel,
07:23d'Alsomme, etc.
07:25J'ai subi ces trucs-là.
07:26J'étais vraiment vent debout.
07:28Et c'est pour ça que je suis arrivé
07:29au MEDEF en 2013.
07:31Parce que j'ai vu
07:31toutes ces bêtises qui ont été faites.
07:33J'ai vu qu'en 2000,
07:34on parlait de l'économie,
07:35de l'intelligence
07:36dans les grandes écoles
07:38et dans la culture politique-économique.
07:41Ce qu'on enseigne peut-être
07:41à Sciences Po et à l'ENA.
07:43Il faut enseigner l'entreprise.
07:44Il faut enseigner le modèle suisse.
07:46Il faut enseigner l'Allemagne.
07:48Vous êtes, par exemple,
07:48pour la modération
07:49de l'évolution des salaires des patrons.
07:52Mais oui, des grands patrons.
07:53Ça se compte sur une doigt.
07:54Mais si vous voulez,
07:55on a vu quelques grands patrons,
07:57je ne connaissais pas souvent
07:58dans le milieu automobile d'ailleurs,
07:59on les a en tête,
08:01qui prennent des 40 ou 50 millions
08:04de salaires,
08:05si vous voulez,
08:05un an,
08:06pour planter leur boîte
08:06l'année suivante.
08:07Moi, je vais vous dire,
08:08je suis contre ça.
08:09Mais parce que ce sont des managers,
08:10ce ne sont pas des créateurs.
08:11Parce que ce sont des mercenaires.
08:12Vous dites qu'il faut éviter
08:12les comportements de mercenaires,
08:14de PDG,
08:15qui enjolivent leurs résultats
08:16pour toucher immédiatement
08:17à leur pacte.
08:18Mais attendez,
08:18un ancien patron de Peugeot,
08:19il va arriver chez Kering
08:20pour 20 ou 30 millions.
08:21C'est sûr que c'est le moment
08:21d'en parler.
08:22Mais si vous voulez,
08:23je ne suis pas du tout
08:24à l'aise avec ça.
08:25Ce que je pense,
08:25c'est qu'il faut,
08:26de toute façon,
08:26que les ceux qui sont
08:28aux responsabilités,
08:29qui prennent des risques,
08:30qui ont des résultats,
08:31soient payés.
08:32Oui, c'est normal.
08:33Donc, les mesures
08:34de stock options, etc.,
08:35sont des mesures intéressantes.
08:36Pourquoi ?
08:37Parce que vous payez
08:37dans la durée.
08:39Vous payez dans la durée
08:39à 5-10 ans.
08:40Xavier Fontanet,
08:41qui a redressé merveilleusement
08:43bien Essilor
08:43et qui l'a développé
08:44à un groupe international,
08:46me dit,
08:46mais moi,
08:47j'ai été payé
08:47sur des stock options
08:48qui ont évolué positivement,
08:49comme les salariés,
08:50d'ailleurs,
08:51des Essilor
08:51qui sont actionnaires.
08:52Là aussi, on dit,
08:53il faut cultiver
08:54l'actionnariat salarié.
08:55Donc, il y a des belles choses
08:56qui se passent dans le monde
08:57qui fait que
08:58ce n'est pas seulement
08:59un patron
08:59qui doit récupérer
09:00tout le pactole
09:00sur un temps donné
09:02comme un mercenaire.
09:03Et moi, je suis contre
09:03les mercenaires.
09:04Je le dis.
09:05Charles ?
09:05Non, moi, je signe
09:06des deux mains, évidemment,
09:07ce que dit M. Gattaz.
09:09Et j'ai lu ce livre
09:11fort intéressant
09:12dans lequel il y a
09:12notamment beaucoup
09:13de chiffres
09:14et de propositions.
09:15Parce que je pense
09:16qu'effectivement,
09:17s'il y a cette espèce
09:18d'un...
09:18C'est quand même que...
09:21Et vous faites
09:23des propositions intéressantes
09:24là-dessus.
09:25Il y a des difficultés,
09:26notamment, je trouve,
09:27sur les salaires,
09:29sur un certain nombre
09:31de choses
09:31où les Français
09:32qui sont depuis
09:34des siècles
09:35un peuple extrêmement égalitaire
09:36sur lesquels
09:38ils ne veulent pas transiger.
09:39Et moi, je comprends ça
09:41et je pense que
09:41c'est aussi le rôle
09:42du patronat
09:43que de prendre ça en compte.
09:45C'est-à-dire que...
09:46D'où ce livre.
09:47Les salaires sont faibles.
09:48Les gens sont quand même
09:49mal payés dans l'ensemble.
09:50On le voit
09:51dans les comparaisons
09:52internationales.
09:53C'est dû d'une part
09:54au fait qu'il faut
09:56payer toutes les cotisations
09:57de notre incroyable
09:58usine à gaz publique.
10:00Ça, c'est sûr.
10:01Mais c'est dû aussi au fait
10:02qu'il y a parfois
10:04une mauvaise volonté
10:05aussi des patrons
10:06qui, dans l'atmosphère
10:08ouatée des conseils
10:09d'administration,
10:11vont plutôt
10:12pressuriser à la baisse
10:13sur les salaires.
10:14Et vous faites des propositions,
10:16je termine pas,
10:17vous faites des propositions
10:17intéressantes,
10:18notamment une qui est
10:19très intéressante,
10:20mais je crains
10:21qu'on en soit loin,
10:22mais c'est pas sûr,
10:23de repasser aux 39 heures.
10:24Parce que si on repasse
10:26aux 39 ou aux 40 heures,
10:28oui, ben oui,
10:29mais je trouve ça intéressant
10:30parce que ça permettrait
10:31d'une part
10:32de mieux financer
10:34notre système de retraite
10:36et notre système social
10:37dans son sens,
10:38puisqu'il y aurait plus d'heures
10:39sur lesquelles
10:40les cotisations passeraient
10:41et ça permettrait
10:42de payer davantage les gens.
10:43Si c'est 8%
10:44de salaire net
10:45que M. Gattaz
10:46voit dans ses 40 heures
10:48par semaine,
10:48si c'est encore
10:49pour aller nourrir
10:50la même machine infernale,
10:53soit de l'état obèse,
10:54soit d'un état social
10:55qui maintient les gens
10:56dans l'inactivité,
10:57moi je suis désolé,
10:58ça ne servira à rien
10:59que ce soit toujours
11:00les mêmes qui bossent 40 heures
11:01pour qu'il y en ait d'autres.
11:02Sur la question des salaires.
11:04Oui, je vais vous dire.
11:04Pourquoi autant de différences
11:06entre le brut et le net ?
11:08Je vais vous dire,
11:08parce qu'en fait,
11:09on a deux problèmes en France,
11:10c'est qu'on a un modèle social
11:11qui est devenu suranné,
11:12qui est très généreux.
11:13Quand vous partez à la retraite
11:14à 62 ans,
11:15quand vous avez une assurance chômage
11:16qui indemnise jusqu'à 24 mois,
11:19parfois plus,
11:20alors que la moyenne européenne
11:21c'est 12 mois,
11:22vous payez tout ça.
11:23Quand vous travaillez
11:24que 35 heures par semaine
11:25avec un ton d'emploi
11:26des jeunes qui est très faible,
11:27on a un gros chômage
11:28des jeunes à 20%,
11:29des seniors qui partent trop tôt,
11:31eh bien vous payez
11:32dans votre coût du travail,
11:34le départ à la retraite très tôt,
11:36l'assurance chômage très généreuse
11:37et un bloc de sécurité sociale
11:38qui n'est pas mis en compétition.
11:40Qui est bien,
11:41qui est très bien,
11:41tout le monde adore,
11:42mais il ne faut pas s'étonner ensuite
11:43que les salaires nets
11:44soient très faibles.
11:46Et puis vous avez de l'autre côté
11:47la serbe publique
11:48et l'État-providence
11:48où là vous avez 57%
11:50de dépenses publiques.
11:51La moyenne européenne c'est 49.
11:53La moyenne des pays de l'OCDE
11:54on doit être autour de 40.
11:56Donc vous avez
11:57un million de fonctionnaires en trop.
11:59Un million de fonctionnaires en trop ?
12:00Oui mais je vais vous dire,
12:01alors on me dit
12:02c'est très simple,
12:04il faut garder les régaliens,
12:06il faut garder les magistrats,
12:07mon épouse est magistrate,
12:09je sais de quoi je parle,
12:10il y a sans doute
12:12des moyens supplémentaires
12:12à mettre dans les régaliens,
12:14c'est-à-dire les 4 fonctions régaliennes
12:15de l'État,
12:15la police,
12:17l'armée,
12:17la justice
12:18et les affaires publiques.
12:19Après vous avez
12:20un million quatre
12:22de fonctionnaires
12:23dans les territoires,
12:24vous avez six couches
12:25dans les territoires,
12:25c'est un scandale absolu.
12:27En Suisse vous en avez trois,
12:28vous avez la commune,
12:29le canton
12:29et le national,
12:30le fédéral en Suisse.
12:31Nous on a la communauté,
12:32la communauté de communes,
12:33l'agglomération,
12:34le département,
12:35la région,
12:35mais vous vous rendez compte ?
12:36Moins de fonctionnaires,
12:37ce n'est pas moins de profs
12:38et moins de policiers pour vous.
12:39Mais bien sûr que non,
12:40c'est ce que je vous dis,
12:40c'est le gras,
12:41c'est moins de strats.
12:43Dans l'hôpital public,
12:44il y a des emplois,
12:45ce sont des emplois,
12:45tous ces gens-là aussi.
12:46Mais alors justement,
12:47là ils vous écoutent
12:48et ils se disent,
12:48enfin qu'est-ce que je vais te dire ?
12:49J'ai deux mesures,
12:50deux réformes dans les 30,
12:51parce qu'il y a beaucoup de choses
12:52et on pourrait presque
12:53les prendre une par une.
12:54Un, je relance l'industrie à fond.
12:56Pourquoi ?
12:56Parce que quand je discute
12:58avec des jeunes,
12:58y compris avec les miens,
12:59ils me disent,
13:00c'est horrible,
13:00papa, machin,
13:01le climat,
13:02on va tous mourir,
13:04Poutine qui fait la guerre,
13:06Trump qui nous aime plus,
13:07etc.
13:08Qu'est-ce qu'on va faire demain ?
13:09Bon, je dis,
13:09écoutez,
13:10ce sont des crises
13:11qu'il faut transformer
13:12en opportunités,
13:12en opportunités de croissance.
13:14Tout le bloc militaire,
13:16nous sommes les champions européens,
13:18il faut continuer sur le militaire,
13:19ce sont des technologies duales,
13:21il y a plein de choses à faire
13:21pour se défendre,
13:23mieux,
13:23cybersécurité,
13:24etc.
13:24Tout le bloc climat,
13:25environnement,
13:26eau,
13:26recyclage,
13:27retraitement des eaux,
13:29tout ce que vous voulez,
13:30ce sont des croissances,
13:31des pistes de croissance formidables
13:33d'une filière à recréer.
13:34On a plein d'outils,
13:35on a plein de start-up,
13:36on a plein de PME là-dedans,
13:37il faut les booster.
13:38Toute la partie santé,
13:39agroalimentaire,
13:40alimentaire,
13:40etc.
13:41Énorme sujet,
13:42on a plein de talents,
13:43tout ce qui est mieux vivre,
13:45mieux travailler,
13:46mieux se transporter,
13:47de façon propre,
13:48etc.
13:48Ce sont des filières exceptionnelles.
13:50Qu'est-ce qui manque
13:51pour les booster ?
13:51Qu'est-ce qui manque ?
13:52C'est l'industrie,
13:53on est descendu à 10%.
13:54De façon honteuse,
13:57je suis d'accord,
13:58qui ont laissé...
14:00Et des politiques aussi.
14:01C'est les politiques.
14:02Et la culture,
14:03si vous voulez,
14:03moi j'ai entendu pendant 40 ans,
14:05aux informations de 20 heures,
14:07des fermetures d'usines,
14:08des petites dames qui pleuraient,
14:09qui perdent leur poste,
14:10et moi j'étais malheureux
14:11parce que moi je faisais l'inverse,
14:12je gardais mes usines
14:13et je montais en gamme.
14:14Donc si vous voulez,
14:15j'ai vécu extrêmement mal
14:16les 30 dernières années
14:17où on est passé de 20% du PIB
14:19dans l'industrie à 10%.
14:20Qu'est-ce qu'il faut faire ?
14:21Il faut remonter à 15.
14:2215 c'est possible.
14:23Oui mais pardon,
14:23Pierre Gattaz et Macron
14:24avaient dit ça,
14:25tous les politiques
14:25quand ils arrivent au pouvoir
14:26promettent de réindustrialiser la France.
14:28Il faut le faire,
14:29il faut écouter les patrons,
14:30il faut écouter les gens
14:31qui sont sur le terrain
14:32et il faut surtout gérer
14:33les dépenses publiques de la France.
14:34Comme on redresse les 15%,
14:36vous recréez un million d'emplois
14:38en remontant à 15%
14:39et vous recréez sans doute encore
14:41un million dans les services
14:42associés à la industrie.
14:42Donc ça veut dire
14:43que vous sortez cette masse
14:44de fonctionnaires en cours,
14:45vous la reformez
14:46et vous la mettez dans l'industrie.
14:48D'ailleurs un jeune aujourd'hui
14:49n'aurait pas d'être fonctionnaire.
14:50Mais tous les fonctionnaires
14:51et les hauts fonctionnaires qu'on voit,
14:52ils ont été replacés
14:53dans les 1200 agents de l'État
14:54où ils ont 10 personnes,
14:56ça coûte une fortune,
14:57ça sert à quoi ?
14:58A rien,
14:58ce ne sont pas des productifs.
15:00Moi je pense qu'il faut faire rêver
15:01les jeunes en disant
15:02mais ce sont des défis merveilleux.
15:03Oui mais Pierre Gattaz.
15:04Et deuxièmement,
15:04je fais une deuxième réforme,
15:05excusez-moi,
15:06je ne remplace pas un fonctionnaire
15:07sur deux.
15:07Pourquoi ?
15:08Parce que vous avez en gros
15:09170 000 fonctionnaires
15:10qui partent à la retraite.
15:11On a pris dans le bouquin
15:1270 000 fonctionnaires
15:13qu'on ne remplace pas.
15:14X 70 000 euros
15:16chargés à fonctionnaires,
15:17ça fait 5 milliards
15:18par an d'économie.
15:20Sur 10 ans,
15:20ça fait 50 milliards.
15:22Et là pareil,
15:22si vous voulez,
15:23vous utilisez le management,
15:24il n'y a pas de management,
15:25il n'y a pas de RH.
15:25Moi j'ai plein de gens
15:26dans ma famille
15:27qui sont fonctionnaires.
15:28Ils sont engagés,
15:28ils bossent comme des malades,
15:29ils sont très mal payés
15:30et ils n'ont pas de management,
15:32ils n'ont pas de RH.
15:33Nous dans nos boîtes,
15:33on fait du management,
15:34de la qualité totale,
15:35de la participation,
15:37de la motivation,
15:37on donne des primes,
15:38on donne des bonus,
15:39on aide.
15:40C'est extraordinaire ce qu'on fait.
15:42Et moi ce que je vois
15:42dans l'administration,
15:43c'est qu'on ne fait pas tout ça.
15:44Et il y a plein de fonctionnaires
15:45qui m'écrivent.
15:45Les gens sont malheureux
15:45dans l'administration.
15:46Le new management public,
15:47ça existe et ça en a flingué.
15:49Vous restez avec nous.
15:50Question dans un instant
15:51de Bruno Poncé,
15:52notre cheminot.
15:53Et puis il y a un point
15:54qu'on n'a pas abordé pour le moment.
15:56C'est-à-dire globalement
15:57la situation de la France.
15:59Est-ce qu'on peut être mis sous tutelle ?
16:02Est-ce que c'est catastrophique
16:04si on se fait dégrader
16:04par des agences ?
16:05On a nos questions,
16:07vous avez vos réponses.
16:08Restez avec nous.
16:08Pierre Gattas,
16:09« Gagnez plus, c'est maintenant. »
16:10Le livre aux éditions Fayard.
16:12A tout de suite.
16:14On continue notre discussion
16:15sur l'état de la France
16:17qu'il convient de faire.
16:18C'est Pierre Gattas,
16:19l'ancien patron des patrons
16:20qui est avec nous
16:21avec ce livre
16:22« Gagnez plus, c'est maintenant. »
16:23aux éditions Fayard.
16:24Il vous l'a dit,
16:25il croit à la réindustrialisation du pays.
16:27Pour ça, il faut faire des réformes,
16:29il faut avoir du courage,
16:29il faut baisser les dépenses.
16:31Il a dialogué avec Charles,
16:32avec Barbara.
16:33Bruno Poncé, Cheminot,
16:34Vierzon, vous connaissez Vierzon ?
16:36Non.
16:37On aurait y aller
16:38comme dans la chanson
16:39de Brel.
16:41Alors, Bruno ?
16:42Moi, je vous écoute
16:42et c'est vrai qu'on pourrait
16:43des fois être un peu d'accord
16:44avec vous sur le fait
16:45qu'il faut réindustrialiser la France.
16:46Après, il y a eu
16:48des gouvernements de droite,
16:50ils n'ont pas fait ça.
16:51Au contraire, je pense même
16:51qu'ils ont continué à accélérer.
16:53Après, moi, je vois qu'en France,
16:54on a un capitalisme assisté, en fait.
16:56On a un capitalisme qui,
16:57sous couvert de pouvoir embaucher
16:58des jeunes ou des vieux,
17:00demande des subventions,
17:01demande des crédits d'impôts
17:02ou demande même des niches fiscales.
17:03Et en fait, aujourd'hui,
17:04c'est quand même 211 milliards
17:05et ça s'est acté
17:06parce que c'est quand même
17:06une commission sénatoriale
17:08dirigée par un sénateur de droite.
17:09On n'est pas quand même
17:10sur Mao Tse-Tung
17:11qui fait un truc.
17:12Et après, il y a un autre sujet.
17:13Vous nous dites aussi,
17:14il faut réindustrialiser,
17:15moi j'entends,
17:15mais regardez, en France,
17:16on est dans un pays
17:17où quand vous n'avez plus
17:18de 54-55 ans,
17:19vous n'avez plus le droit de travailler.
17:21C'est-à-dire que public ou privé,
17:22d'un seul coup, 55 ans,
17:23bam, vous êtes trop vieux pour bosser.
17:25Je vois, là, en Allemagne,
17:26ils parlent de refaire venir
17:27des vieux au boulot,
17:28des gens de plus de 60 piges,
17:29mais avec des subventions de l'État.
17:31À un moment donné,
17:31moi je trouve qu'il n'y a pas
17:33de patron vertueux.
17:34Si vous pensez qu'il n'y a pas
17:35d'ouvriers vertueux,
17:35moi je pense qu'il n'y a pas
17:36de patron vertueux.
17:37On le voit dans le groupe
17:38Bernard Arnault,
17:39chez Lupiana,
17:40qui est quand même une marque de luxe.
17:41On voit qu'il y a
17:41Yves Bayot Noir
17:42et que c'est l'esclavagisme.
17:43On voit dans des marques de champagne
17:44où il y a trois patrons viticoles
17:47qui se retrouvent avec de la prison ferme
17:49parce qu'ils ont fait
17:50de la traite d'esclaves.
17:51À un moment donné,
17:51je trouve qu'il n'y a pas
17:52de patron vertueux.
17:53Moi, j'en voudrais dire
17:53qu'à un moment donné,
17:54vous nous expliquez.
17:54Il n'y a pas de patron vertueux.
17:55La parole est à la défense.
17:57C'est-à-dire à moi.
17:58D'abord, dans toutes les populations,
17:59vous avez des gens
18:00qui sont des voyous,
18:01qui sont des concitaires, etc.
18:02Donc là, vous pouvez prendre
18:03tout le monde,
18:03les polytechniciens,
18:04les énarques,
18:05les ouvriers.
18:06Donc il y a forcément des gens
18:07qui ne sont pas bien
18:08et qui ne sont pas éthiques.
18:09Ça, c'est le premier point.
18:10De même point,
18:10vous avez parlé des aides
18:11des subventions.
18:13Moi, j'ai une idée très claire.
18:14D'abord, ce n'est pas 211 milliards,
18:15c'est une centaine de milliards,
18:16entre 50 et 100.
18:18Deuxièmement,
18:18ce ne sont pas des aides
18:19ni des subventions.
18:20Ce sont des réajustements
18:21d'une fiscalité énorme.
18:23Quand vous avez 5% de plus
18:25de préaliments obligatoires,
18:26c'est-à-dire 351,
18:27150 milliards de trop
18:28sur la tête,
18:28et c'est un minimum,
18:30par rapport à vos concurrents allemands,
18:31etc.,
18:31de la moyenne européenne...
18:33Donc en fait,
18:33on vous donne
18:34ce qu'on reprend de l'autre.
18:35En fait, c'est idiot.
18:36Moi, je dis,
18:36mais gardez vos subventions,
18:38gardez vos aides
18:38à la condition...
18:38Donc plus de subventions,
18:39mais on baisse les impôts.
18:40À la condition que vous mettiez
18:41au niveau de l'Europe,
18:42de la fiscalité européenne,
18:44c'est-à-dire préaliment obligatoire,
18:45autour de 40%.
18:47Et là,
18:48et ce n'est pas pornographique,
18:49parce que vous avez l'OCDE
18:50qui est à encore 5 points de moins.
18:53Donc moi,
18:53ce que je dis,
18:53le deal,
18:54c'est vous gardez
18:55le crédit impôt recherche quand même.
18:56Je crois que c'est
18:56une dizaine de milliards,
18:57entre 10 et 20.
18:58Parce que ça,
18:59tous les pays d'Europe,
18:59tous les pays du monde,
19:00les Américains en tête,
19:01les Japonais, etc.,
19:02financent de la recherche
19:04et de l'innovation
19:04pour inventer le futur.
19:06Vous mettez,
19:07on va dire,
19:0720 milliards de trop
19:08sur les 100 dont on parle.
19:10Il y a 80 milliards.
19:11Moi, je dis,
19:11baisser toute la fiscalité française
19:12grâce...
19:13Et plus d'aide.
19:13Et plus d'aide.
19:14Et plus d'aide.
19:15On n'a pas besoin d'aide,
19:16on a besoin d'aide.
19:17Vous avez embauché
19:17des seigneurs, alors ?
19:20Et les jeunes.
19:21Chômage des jeunes
19:21et des seigneurs.
19:22Mais bien sûr,
19:23on a deux problèmes.
19:23On a un taux d'emploi
19:25de 20% des jeunes.
19:26Restons là-dessus.
19:27Qu'est-ce qu'on fait les Suisses ?
19:28Les Suisses,
19:3217 ans sont en apprentissage
19:34professionnel.
19:35Nous, qu'est-ce qu'on a fait
19:35depuis 40 ans ?
19:36Et j'en ai même discuté
19:37avec certains ministres
19:38de l'éducation socialiste
19:40de l'époque.
19:41Ils s'en foutaient royalement.
19:42Elles s'en foutaient royalement.
19:43Et ça m'a gêné
19:44parce que c'est la force
19:45de la Suisse
19:45et la force de l'Allemagne
19:46de former les apprentis
19:47à partir de 17 ans.
19:48Alors, il faut reconnaître
19:48l'apprentissage
19:49et développer sous Macron.
19:50Mais bien sûr,
19:51et grâce aussi un petit peu à moi
19:53parce qu'on a poussé.
19:54On est passé 200 000 apprentis
19:55quand j'étais...
19:56Oui, mais c'est beaucoup
19:57d'apprentis dans le tertiaire.
19:58Oui, je suis tout à fait d'accord.
20:00Ce n'est pas des apprentis plombiers
20:01et ce n'est pas des apprentis
20:02dans l'industrie.
20:03Donc, il faut arrêter aussi.
20:04Ça va dans les banques
20:05et compagnie.
20:06Mais elle a parfaitement raison.
20:07Vous avez parfaitement raison,
20:08chère madame.
20:09On est monté à un million
20:10sauf qu'on a assez peu
20:11encore d'industriels.
20:12Mais ça va revenir.
20:14Attention, les tours
20:14de passe-passe de Macron.
20:15Si on va remonter
20:16sur l'industrie...
20:17Et le chômage des...
20:18Il fallait passer 50 ans
20:19et trouver un boulot.
20:20Et les chômages des plus vieux,
20:21si vous voulez,
20:21on s'est aperçu,
20:22lorsque Sarkozy est passé
20:23de 60 à 62 ans
20:24à sa retraite,
20:25déjà qu'il y a eu un effet
20:26qui se coule,
20:27comme on dit,
20:28que les vieux partaient
20:29plus tard à la retraite.
20:30Plus on l'allonge
20:31la durée de départ,
20:33plus les gens restent au boulot.
20:34Je propose d'aller
20:35jusqu'à 67 ans.
20:36C'est l'âge pivot.
20:37S'il y a des gens
20:38qui, les métiers pénibles,
20:39il faut en tenir compte,
20:40les plombiers,
20:40les couvreurs, etc.
20:41Bien sûr, sur les chantiers,
20:42il faut qu'ils partent
20:43plus tôt à la retraite.
20:44C'est évident.
20:45Par contre,
20:46il y aura des gens
20:46qui voudront partir plus tôt
20:47pour des condenses personnelles.
20:49Ils auront un malus,
20:50comme ça existe
20:50dans tous les pays européens.
20:51Il y a des gens
20:52dans tous les pays européens,
20:53en Suède, etc.,
20:54qu'ils partent plus tôt,
20:56ils partent avec moins d'argent.
20:57Et puis, ils bricolent,
20:58ils ont d'autres emplois
20:59s'ils veulent,
20:59ils complètent.
21:00C'est ça qu'il faut faire.
21:01Et je dis que plus on reculera
21:03l'âge de la retraite
21:03et plus on régulera problème.
21:05Troisième mesure,
21:06il faut plafonner les charges
21:07des vieux,
21:08des seigneurs,
21:08excusez-moi,
21:09dont je fais partie.
21:10Pourquoi ?
21:11Parce que je vois en Allemagne,
21:12je vois en Angleterre,
21:13je vois aux Pays-Bas
21:14qu'ils ont plafonné
21:16les charges sociales
21:18à un pourcentage donné.
21:19Ce qui fait qu'on me dit souvent,
21:20et j'ai comparé ça
21:21dans les propres filiales de Radial,
21:23on peut se payer
21:23trois ingénieurs en Allemagne,
21:25seigneurs,
21:25ou aux Pays-Bas,
21:26contre deux en France.
21:27Donc ça veut dire
21:27que ça devient rentable
21:28d'embaucher
21:29ou de maintenir un seigneur.
21:30Mais c'est très important
21:31parce qu'ils ont la sagesse,
21:34ils ont l'expérience
21:34et en plus,
21:35ils peuvent former des jeunes.
21:37Dans mon ambition,
21:37dans notre ambition
21:38de réindustriser le pays
21:39sur les grands défis
21:41de sociétés
21:41dont les jeunes craignent,
21:42il sera très important
21:45d'embaucher,
21:46de garder les plus expérimentés.
21:48Moi, dans ma société radiale,
21:51je fais très attention
21:51à ce qu'ils ne partent pas trop vite.
21:53Bien évidemment,
21:53parce que j'ai besoin d'eux
21:54pour qu'ils forment les jeunes.
21:55C'est un savoir-faire.
21:56Mais sur le travail,
21:58puisque c'est le titre
21:59à votre travail,
21:59« Mérite d'être bien payé ».
22:00Oui.
22:01Vous étiez pour ou contre
22:02les deux jours fériés ?
22:03Je parle un peu au passé
22:04parce que comme Bayrou va sauter,
22:06les deux jours fériés travaillés.
22:08Mais fondamentalement contre.
22:09Pourquoi ?
22:09Parce que je dis
22:10qu'il faut que le travail paye.
22:11Une heure de plus,
22:12il faut que ce soit payé.
22:13Donc deux journées
22:14de plus de congés,
22:15il faut que ce soit payé.
22:16Il faut réenchanter le travail.
22:18Moi, je le dis souvent,
22:19j'étais avec un chanteur
22:20tati il y a une semaine
22:21ou quinze jours
22:21qui m'a dit,
22:22« M. Gattach,
22:22j'en peux plus,
22:23je bosse 12 heures par jour,
22:24je gagne autant
22:25que mon beau-frère
22:26qui est devant la télé
22:26à regarder le foot
22:27toute la journée au chômage. »
22:28Mais regardez,
22:29c'est ça ce que vous disent
22:29les Français.
22:30C'est ça qu'on nous dit.
22:38Mais bien sûr,
22:39pourquoi je suis pour repasser
22:40à 40 heures ?
22:41Parce que ça fait 8%
22:42de plus net.
22:43Il faut savoir,
22:43si les Français veulent garder
22:45un modèle social hyper généreux
22:46où en fait,
22:47on va travailler jusqu'à 62 ans,
22:48les chômages à 24%,
22:5035 heures par semaine
22:51avec des salaires réquiqui.
22:53C'est ça le problème.
22:54C'est que tout ça,
22:55il faut le payer.
22:56Et moi, je dis,
22:56ben non,
22:57il faut faire comme...
22:57Mais encore une fois,
22:58si le reste n'est pas réformé,
23:00ça ne servira à rien
23:00de faire parier les gens plus.
23:01Si c'est pour garder
23:02le même système, non.
23:03Les 30 mesures sont très cohérentes
23:05les unes aux autres.
23:05Mais c'est un programme présidentiel ?
23:06Ça fait 450 milliards d'économies,
23:09c'est à 15%.
23:09Si c'est pour que
23:10tous ceux qui bossent
23:11bossent encore plus ?
23:12C'est un programme présidentiel ?
23:13C'est un programme pour...
23:15Vous vous préparez pour 2027 ?
23:16Absolument pas,
23:16je n'ai ni l'ambition
23:17ni le talent pour le faire.
23:18Mais par contre,
23:18ce que je sais,
23:19c'est que moi,
23:19je souffre.
23:20Et comme tous les Français,
23:21je vois un pays merveilleux,
23:23je vois un pays
23:23avec des talents de fou,
23:24je vois un pays
23:25qui pourrait faire un carton
23:26dans toutes les filières
23:27que je connaisse
23:27et qu'on a des industrialisés
23:29avec des gens
23:30qui malheureusement
23:31sont dans une guerre
23:32picro-colline politicienne
23:34toute la journée.
23:35La dissolution nous amplifie
23:36tout ça.
23:37Et donc,
23:37il faut revenir
23:37comme les Italiens
23:38le font avec Mélanie.
23:39Il faut le faire
23:40comme les Suisses,
23:40comme les Allemands
23:41l'ont fait avec Schroeder
23:43qui est un socialiste
23:44qui a fait des réformes
23:45fondées formidables.
23:46Vous accepteriez quand même
23:47d'être ministre
23:48ou quelque chose comme ça ?
23:50Est-ce que vous accepteriez
23:51quand même d'être ministre
23:51ou quelque chose comme ça ?
23:52Non,
23:53mais moi je suis un...
23:54Alors,
23:54si vous voulez,
23:55je vais vous dire...
23:56Pour une mission précise
23:57des limites...
23:58Pour une mission...
23:59Non,
23:59mais moi je vous dis,
24:00c'est pas ma cup of tea
24:01comme on dit,
24:02j'ai pas d'égo,
24:02je n'ai pas de plan politique,
24:04je n'ai pas de...
24:05Il n'y a que des coups à prendre.
24:06Il y a accessoirement
24:06vous êtes chef d'entreprise
24:07de travailler.
24:08Par contre,
24:08je vais vous dire un truc,
24:09c'est que si un jour
24:10M. Mélenchon vient au pouvoir
24:11ou est proche du pouvoir
24:12avec les idées
24:13de Venezuela
24:14avec la haine
24:15qu'il veut transporter,
24:16avec le chaos
24:17qu'il veut amener
24:17parce qu'il n'y a que son ambition
24:19uniquement personnelle
24:20qu'il fait
24:20et ses 300 000 euros
24:21de salaire
24:22qu'il a quand même.
24:23Parce que si vous voulez,
24:24M. Mélenchon,
24:25je pense que c'est quelqu'un
24:26d'extrêmement dangereux
24:27pour le pays.
24:28Et là,
24:28s'il s'approche du pouvoir
24:29de près ou de loin,
24:30je pense que là,
24:31il faudra que les patrons,
24:32que les patrons petits,
24:33moyens et grands,
24:33paysans,
24:34toutes les forces vivent,
24:34y compris avec nos salariés,
24:35ça fait quand même
24:3624 millions de personnes,
24:37là il faut s'organiser.
24:38– Pas ce barrage de leur corps.
24:39– Mais là,
24:39il faut s'organiser.
24:39– Vous avez plus peur,
24:40attendez,
24:41vous avez plus peur de Mélenchon
24:42que de Bardella ?
24:44– Oui,
24:44mais oui,
24:45mais bien sûr que oui,
24:47mais bien sûr que oui,
24:48tous les lancers,
24:48on n'est pas de compte.
24:49– Mais pourquoi ?
24:50Parce que si vous voulez,
24:51M. Bardella,
24:51alors c'est l'extrême droite,
24:53certes,
24:53son programme économique est nul.
24:54Excusez-moi,
24:55quand on veut partir à la retraite
24:56à 62 ans avec un programme
24:57qui n'est pas précis
24:58sur le plan économique,
24:59moi j'attends toujours
25:00le programme du Front National.
25:02– Ils sont très ambigus,
25:03ils sont à gauche.
25:03– Ils sont hyper ambigus
25:04et je pense qu'ils ont
25:05un programme économique de gauche.
25:06Excusez-moi,
25:06je ne fais pas de politique,
25:07j'en fais un petit peu quand même.
25:08Moi je veux juste un programme
25:09qui préserve l'outil de travail
25:10et l'entreprise
25:11et la croissance.
25:12– Mais parce qu'il est électorat
25:13du Rassemblement National,
25:14c'est la France qui est
25:14contre M. Gattaz.
25:14– Et des sociodémocrates
25:16à l'Allemande ou à la Suède,
25:17on l'ont fait
25:17et les communes chinois l'ont fait.
25:19Pourquoi pas les Français,
25:19y compris le gauche ?
25:20J'entends pas ça
25:21ni à l'extrême droite,
25:22ni à l'extrême gauche,
25:23ni au PS.
25:23– Pour terminer,
25:24on a eu le constat
25:25de François Bayrou,
25:25il a rappelé son constat
25:26sur la dette,
25:27mais on a d'autres voix
25:29qui disaient
25:29attention,
25:30la France risque
25:31une mise sous tutelle,
25:32une catastrophe.
25:34Est-ce que c'est vrai ou pas ?
25:35– Moi, j'y crois,
25:36si vous voulez,
25:36j'y crois malheureusement
25:37et je pense que
25:38si on continue comme ça
25:40le délire,
25:40le délire politique-politicien
25:42avec des gens
25:43qui n'ont jamais géré
25:44l'entreprise,
25:45qui n'ont jamais
25:45traité en le privé
25:46pour la plupart d'entre eux,
25:48qui ont des concepts
25:49d'intellectuel
25:50qui nous a cassé
25:52depuis 40 ans,
25:53moi j'en peux plus,
25:54si vous voulez.
25:55Donc je pense qu'en effet,
25:56il faut se battre,
25:57d'où ce livre,
25:58d'où mes interventions
25:58en médias et radio
26:00qui sont le plus possible
26:01la politique.
26:02Moi, je défends
26:02mes salariés
26:04et l'empire des normes.
26:06– Mais M. Gattaz
26:07et l'empire des normes
26:08de l'Union européenne,
26:09vous ne pensez pas
26:09que ça vous est tout possible ?
26:11– Si, bien sûr.
26:11– Mais bien sûr.
26:12– Est-ce que la France
26:14a mis sous tutelle ?
26:15– Est-ce que la France
26:16peut être sous la tutelle
26:17du IFMI ?
26:17Certains disent que,
26:18finalement,
26:19il faudrait peut-être ça,
26:19ça sera le seul moyen
26:20de répondre.
26:21– Avant ça, je pense
26:22que les taux d'intérêt
26:22risquent de monter au plafond.
26:24Et ça, c'est très très malsain
26:25parce que vous allez avoir
26:26des taux d'intérêt
26:27qui vont passer de 50 milliards
26:28à 100 milliards assez vite.
26:29– C'est-à-dire que le remboursement
26:30– Mais ça va être
26:31de plus en plus difficile.
26:32– De la dette,
26:32ce sera plus cher.
26:33– Et donc,
26:33ça sera de plus en plus cher.
26:34– Mais ça fait quoi
26:36pour le français ?
26:36– Mais vous avez deux choix.
26:38Là, vous allez taxer encore plus.
26:39Là, vous allez dire
26:39s'il faudra mettre
26:4110 IFL sur la tête,
26:42il va falloir que...
26:43Voilà.
26:43Alors ça, c'est le truc délirant
26:44parce que là,
26:45vous vous enterrez...
26:46– Surtout, on va se calper
26:47tout le monde,
26:48on va baisser les salaires
26:48comme en Grèce.
26:49– Vous vous enterrez
26:50de plus en plus vite
26:50à faire ça.
26:51Et l'autre idée,
26:52puisqu'on préconise
26:53tous les gens à peu près
26:54raisonnables,
26:55y compris de l'extérieur,
26:57disent mais il faut faire
26:57des économies, les gars.
26:58Et les Suédois l'ont fait,
26:59les Suisses l'ont fait,
27:00les Canadiens l'ont fait,
27:00tout le monde l'a fait.
27:01Donc, il faudra passer
27:02par une phase d'économie.
27:03Si jamais ça ne se fait pas
27:04pour des questions
27:04politiques, politiciennes
27:05d'enlisement,
27:07moi, je crains
27:08que les taux d'intérêt
27:08montent au plafond
27:09et qu'un jour,
27:10le FMI frappe à la porte.
27:11Ou alors,
27:12l'autre solution,
27:13c'est qu'il y a un mille
27:13français qui arrive.
27:15Avec la tronçonneuse ?
27:16Peut-être qu'il faut ça.
27:17Mais si vous voulez...
27:19Gattaz 2027.
27:20Non, parce que
27:21c'est pas mon...
27:22Non, moi, je suis industriel.
27:23Beaucoup disent
27:24que finalement,
27:24il faudrait un mille
27:25français à la tronçonneuse.
27:26Il existe ou pas ?
27:27Mais je ne le vois pas.
27:28Je ne le vois pas.
27:28Par contre, si vous voulez,
27:29je pense que tenir les Français,
27:30c'est-à-dire d'avoir un discours,
27:32je dirais, c'est possible,
27:33d'espoir, d'enthousiasme,
27:35y compris pour nos jeunes
27:36qui sont plus espérés aujourd'hui.
27:37D'accord, mais Pierre Gattaz,
27:38même la droite est assez étatiste.
27:43Dire à droite,
27:44est-ce qu'il y aurait une offre
27:45au libérage, etc.
27:46Édouard Philippe,
27:47il est assez étatiste.
27:48Oui, mais il n'y a pas
27:49qu'Édouard Philippe,
27:50à droite,
27:50il y a le centre-gauche,
27:51il y a le centre-droite,
27:53et il y a toute la droite.
27:54Bon, il y a sans doute
27:54des gens, des personnalités
27:55qui, quand je discute avec eux...
27:57Vous avez du mal
27:58à citer des noms quand même.
27:59Mais je ne veux pas
27:59parce que je ne veux pas
28:00citer des noms
28:01parce que je ne suis pas politique
28:02et je ne veux pas faire politique.
28:03Je vous dis juste
28:04qu'il y a plein de gens
28:05très raisonnables
28:05dans ce cercle-là,
28:06y compris M. Montebourg,
28:08figurez-vous,
28:09qui était un fondeur
28:09du Parti Socialiste
28:10à une époque très latin,
28:12qui me dit
28:12je suis multi-entrepreneur,
28:14je suis entrepreneur,
28:15il défend...
28:15Oui, il fait du miel.
28:16Non, mais il fait du miel,
28:17mais il fait du nucléaire.
28:18Il m'a dit, moi,
28:18je...
28:19Il y a découvert le privé, quoi.
28:20Je défends la loi d'Utrecht, etc.
28:22Donc vous avez des gens
28:23qui ont découvert l'entreprise,
28:25y compris à gauche,
28:26et que je félicite,
28:26et que j'applaudis.
28:28Donc je suis prêt.
28:29Si vous voulez,
28:29vous voyez,
28:30il faut...
28:31Il ne faut pas non plus
28:32caricaturer les étatistes.
28:34Je veux dire,
28:34on a besoin d'un État fort,
28:35on a besoin d'un État
28:36qui est resserré sur le régalien.
28:37C'est ce qu'a défendu M. Gattas.
28:39C'est ce qu'a défendu M. Gattas.
28:40C'est ce que je dis.
28:40Mais les étatistes,
28:42c'est l'État partout,
28:42et mal.
28:43Si vous voulez,
28:44l'étatisme top-down,
28:46ça ne marche pas,
28:46ça ne marche plus.
28:47Il faudra donner le pouvoir
28:48aux gens en bas.
28:51C'est très important.
28:52Moi, j'aime beaucoup
28:52le modèle suisse
28:53parce qu'il est fédéral.
28:54Alors c'est très compliqué,
28:54on ne peut pas le transposer
28:55en France.
28:56Mais si vous voulez,
28:56c'est les cantons,
28:57c'est les régions,
28:58c'est les landers
28:58qui ont le pouvoir.
28:59Et ils ont des dépenses publiques
29:00extrêmement faibles.
29:0135% du PIB.
29:02Nous, c'est 57%.
29:03Merci Pierre Gattas.
29:05Merci d'avoir été avec nous.
29:06Gagnez plus.
29:07C'est maintenant aux éditions Fayard.
29:08Merci d'être venu défendre.
29:10Vous parlez des entrepreneurs.
29:11J'ai vu que vous étiez
29:11face aux entrepreneurs.
29:13C'est le 11 septembre,
29:14je crois.
29:14C'est Arcachon,
29:16les forces vives de l'industrie.
29:18Force française de l'industrie,
29:19avec Gilles Lataf, etc.
29:20Il y a un grand rout sur l'industrie,
29:22pour la promotion de l'industrie.
29:23Et je suis très, très fier
29:24d'être le parrain
29:25de cette initiative à Arcachon.
29:27Le 11 septembre,
29:28ça s'appelle
29:28La plage aux entrepreneurs.
29:29Le 11 septembre,
29:30la France sera peut-être bloquée.
29:31Merci Pierre Gattas.
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