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Mercredi 7 octobre 2026, retrouvez Bernard Streit (président, Action Philippe Streit), Patrice Huiban (président, Nouvel essor français), Laurent Cappelletti (chercheur, CNAM) et Jean-Christophe Sciberras (Président, NewBridges) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:16Bien dans son job, on s'intéresse au handicap et à l'insertion professionnelle,
00:21l'accès des personnes en situation du handicap au travail et on va en parler avec Bernard Strait,
00:27il est notre invité, il est le président de l'Action, Philippe Strait, il lance sa première campagne de dons
00:32pour augmenter le nombre de salariés qui travaillent au sein de cette structure, il sera notre invité dans quelques instants.
00:38Le cercle RH, la crise des lycées évidemment vous la voyez chez vous, peut-être dans vos villes mais aussi
00:43à la télévision,
00:45est-ce une future crise de l'emploi ? Que cache ce malaise ? Que nous dit ce malaise ?
00:49On va en parler et on va essayer évidemment, nous sommes encore dans l'œil du cyclone,
00:53on va essayer d'y voir plus clair avec nos invités, Laurent Cappelletti, professeur au Hocknam,
00:58Patrice Huiband, il est président de Nouvel Essor français, puis nous sommes avec Jean-Christophe Sibéras,
01:02le président de New Bridges pour essayer d'observer ce qui se passe actuellement sur tout le territoire français.
01:09Voilà le programme, tout de suite c'est bien dans son job.
01:24Bien dans son job pour parler de l'accès à l'emploi aux personnes en situation de handicap.
01:30C'est parfois un parcours du combattant, mais des structures évidemment s'engagent pour les accueillir et leur rendre leur
01:37dignité.
01:37C'est le cas de l'association Action Philippe Streit qui lance sa première campagne de dons,
01:42qui fait appel à vous, vous les entreprises, vous les particuliers, font appel à votre générosité.
01:48Bernard Streit, merci d'avoir répondu à notre invitation.
01:51Merci, chère douane.
01:51Vous êtes le président, le fondateur d'Action Philippe Streit.
01:55Je rappelle la genèse, vous êtes un dirigeant, un capitaine d'industrie pendant près de 40 ans.
02:01Vous avez dirigé une très très belle entreprise, Delphingen.
02:04Et puis vous avez décidé, au moment où vous avez revendu cette très belle entreprise que vous avez créée,
02:09de vous consacrer intégralement à la cause du handicap et à l'emploi.
02:13Une campagne de dons, pourquoi ? Pourquoi vous lancez cette campagne de dons ?
02:17Alors, une campagne de dons parce que nous avons progressé rapidement,
02:21après avoir fait la promesse à mon frère de créer quelque chose pour les personnes en situation de handicap,
02:26lui-même étant handicapé.
02:27Nous avons créé rapidement 120 emplois.
02:31Mais vous êtes déjà projeté sur les 150 emplois.
02:33Oui, tout à fait, puisque le projet est 230 emplois.
02:35Mais 120 emplois dans un petit village rural du Doubs, qui est de 450 habitants et qui est dans la
02:43Bourgogne-Franche-Comté.
02:44Et nous avons rapidement fait l'acquisition d'un bâtiment où nous avons pu développer plusieurs activités pour donner du
02:52travail à des personnes en situation de handicap.
02:54On va voir les images de la maroquinerie.
02:55De la maroquinerie et de la téléphonie en service payant.
03:02On voit ces femmes qui travaillent le cuir, qui cousent sur des pièces très particulières.
03:06Je voudrais quand même, parce que vous êtes quelqu'un de très modeste,
03:09on a eu sur ce plateau beaucoup d'entreprises adaptées qui nous ont parlé, leur engagement aussi.
03:13Votre association, elle a quelque chose en plus parce que vous avez, et c'est vous qui l'avez conceptualisé,
03:18voulu créer un écosystème.
03:19C'est quoi l'idée que vous aviez en tête et que vous avez réussi à faire ?
03:22Alors l'écosystème, il est venu du fait que, déjà d'une part, parce qu'on est en zone rurale,
03:27et donc aider des personnes à se reconstruire par le travail, c'est déjà quelque chose d'original,
03:31surtout par les temps qui courent.
03:33Parce que le travail, ça guérit, le travail, ça reconstruit les individus, et j'en témoignerai tout à l'heure.
03:39Et donc, on a été confrontés à un certain nombre de sujets,
03:44entre autres, comment héberger ces personnes qui nous retrouvaient.
03:47On a eu un autre problème, c'était leur mobilité, certains n'avaient pas la possibilité de se déplacer.
03:51On a eu aussi certains qui avaient des enfants, donc il a fallu ouvrir une crèche pour qu'ils puissent
03:56mettre leurs enfants là,
03:57et ouvrir cette crèche au village en voisinant, pour que tout le monde puisse bénéficier de cette crèche.
04:03On s'est aperçu assez rapidement que ces personnes aussi continuent à souffrir.
04:07La souffrance ne les abandonne pas comme ça.
04:09Et donc, on a commencé à imaginer comment les soigner,
04:13et on est arrivé au bout de deux ans à construire un centre médico-sportif,
04:18où nous avons aujourd'hui quatre médecins, quatre kinés,
04:22on a aussi une psychologue, on a aussi un ostéopathe,
04:26on a également deux professeurs de sport adaptés,
04:29et les personnes peuvent se soigner pendant leur temps de travail.
04:31Et tout ce système-là est ouvert sur l'extérieur,
04:34et l'année dernière, simplement pour information,
04:36ils ont fait 40 000 visites médicales, en plus des visites médicales de nos collaborateurs.
04:41– Alors, il faut préciser que, comme tout département rural,
04:43vous êtes victime, comme tous les départements, d'une désertification médicale.
04:46– Exactement.
04:47– Donc ça sert aussi aux populations.
04:48– Aux populations.
04:49– Quand même, les personnes qui nous regardent et qui disent
04:51« mais ce qu'il fait est quand même à la fois unique, original et absolument incroyable,
04:55parce que tout ça, vous l'avez pensé en mémoire à votre frère, il faut le rappeler,
05:01vous voulez aller plus loin aujourd'hui,
05:02c'est-à-dire passer de 120 à 230 emplois,
05:06ça vous oblige à un énorme effort supplémentaire. »
05:08– Tout à fait. Alors, ce premier effort, il a été fait avec des dons d'amis,
05:12d'entrepreneurs du secteur,
05:14et puis ça nous demande un effort énorme pour passer de 130 à 230,
05:19c'est à peu près 2 millions qu'on recherche d'euros pour arriver à finaliser.
05:22– C'est 2 millions.
05:23– 2 millions d'euros pour finaliser ce projet.
05:25– Et je dois vous dire que c'est avec beaucoup d'émotion que je viens vous voir,
05:31M. Ardouin, en lançant ce premier appel aux dons, parce que ce n'est pas notre culture,
05:37ce n'est pas notre culture.
05:37Et je le fais avec le courage et la force que m'ont amené mes collaborateurs,
05:44en regardant dans les yeux leurs larmes qui sèchent,
05:47et puis aussi, plus tard, les yeux qui pétillent de satisfaction d'être chez nous.
05:53Et c'est ça qui me donne la force aujourd'hui de dire à tous les Français qui nous écoutent,
05:57à tous nos concitoyens, aidez-nous à finaliser ce projet à Hanteuil,
06:02et peut-être aussi, si tout va bien, à le dupliquer à travers la France.
06:06La France en a tellement besoin. Aidez-nous, aidez-nous.
06:09– Dupliquer ce modèle d'écosystème, je voudrais quand même, avant qu'on se quitte,
06:13qu'on n'oublie pas les 120 collaborateurs qui sont, pour certains, des cabossés de la vie.
06:19Des personnes à qui vous avez tendu la main et qui étaient des exclus de l'emploi.
06:23– Tout à fait. Alors, quand je parlais de ces personnes qui me donnent la force
06:28de venir témander un peu l'aide de la population,
06:31je pense à Xavier, à Lina, une jeune femme et un jeune homme.
06:38Xavier, lui, ingénieur des mines, cabossé par la vie,
06:41qui reste plus de 10 ans sans trouver de travail,
06:45personne ne veut l'embaucher, il a été tellement martyrisé, fracturé.
06:49Il rentre chez nous, Lina, c'est la même chose,
06:52et au bout de quelques mois, on les voit reprendre courage,
06:56reprendre confiance en eux, venir au travail en sifflotant.
06:59Franchement, c'est extraordinaire.
07:00Ça, ça me donne la force d'être face à vous, M. Ardouin,
07:03pour demander à tous nos concitoyens de nous aider.
07:06Parce que c'est quelque chose d'original, exceptionnel,
07:09ce qui est en train de se faire Hanteuil, exceptionnel.
07:10Et il faut aller voir à Hanteuil,
07:12le Douc est un très beau département par ailleurs,
07:14vous avez un projet, et il existe, il est naissant en gestation,
07:17il va grandir.
07:18Au milieu de ce beau bâtiment,
07:21vous avez créé une salle de spectacle.
07:22Oui.
07:23Et vous voulez en faire un lieu culturel
07:25dans lequel la restauration soit gérée,
07:27cette fois-ci par des jeunes, et moins jeunes d'ailleurs,
07:30en situation de handicap mental.
07:32Parlez-nous rapidement de ce projet,
07:34parce que déjà, c'est une des autres pierres essentielles
07:37à l'engagement des donateurs.
07:38Oui, mais c'est aussi une façon de tenir cette promesse,
07:41c'était à mon frère.
07:42Mon frère avait un handicap mental.
07:44Jusqu'à aujourd'hui, sur ces 120 personnes qu'on a recrutées,
07:48on a des personnes qui ont des gros problèmes physiques,
07:51mais pas mentaux.
07:52Et donc, il fallait fermer la boucle,
07:54il fallait tenir cette promesse coûte que coûte.
07:56Quand on a promis, il faut tenir sa promesse.
07:59C'est une promesse, ça engage.
07:59Et donc, à la réflexion, on s'est dit,
08:02c'est dans la partie cuisine, restauration, service,
08:07qu'on pourra aller employer ces hommes et ces femmes
08:10avec des petits trucs en plus, comme on dit, dans leur tête,
08:13mais qui pourront faire un service remarquable.
08:16Et donc, on aura des soirées-spectacles.
08:18On a déjà commencé à l'initiative d'une collègue,
08:23Anaïs qui va gérer cette salle
08:26et qui organise des soirées-spectacles-repas.
08:30Et c'est formidable.
08:31Quand on voit cette jeunesse-là,
08:33ça nous donne de la force.
08:36Cher Bernard, président d'Action Philippe Strait,
08:38si on veut faire un don,
08:39parce qu'il ne faut pas oublier que les entreprises,
08:41elles aussi, peuvent agir en direction de votre structure,
08:44qui est extraordinaire,
08:45tout simplement en donnant du travail
08:47aux services relations clients,
08:49parce qu'il y avait des salariés qui font de la relation client,
08:51puis de l'autre, on a vu les images,
08:52qui font de la maroquinerie.
08:53Donc, n'hésitez pas.
08:55Vous voulez avoir une politique RSE engagée, inclusive,
09:00tournez-vous vers Action Philippe Strait.
09:01Oui, tout à fait.
09:02D'ailleurs, simplement pour rappeler à ces industriels
09:05qui nous écoutent et à tous...
09:06Et vous l'avez été, longtemps.
09:08On a été, et si vous voulez,
09:09on a construit ça autour de trois valeurs simples.
09:11La bienveillance, la patience et l'exigence.
09:15L'exigence d'un travail remarquable, bien fait,
09:18qui donne satisfaction à nos clients,
09:20et puis une exigence de comportement
09:21vis-à-vis des gens qui sont cabossés par la vie.
09:23On ne se reconstruit pas s'il y a quelqu'un
09:25qui gâche la vie des autres
09:26avec un comportement inadapté.
09:28Une harmonie.
09:29Merci Bernard Strait d'être venu nous rendre visite.
09:31Vous allez repartir dans le Doubs,
09:32votre belle région du Doubs.
09:34Retour à Anteuil,
09:35dans cet écosystème,
09:37il faut que vous alliez voir,
09:38peut-être par vous-même,
09:40à quoi ressemble ce lieu absolument unique.
09:43Merci de nous avoir rendu visite,
09:44cher Bernard Strait.
09:45et puis évidemment www.actionphilipstraight.com
09:49ou fr ?
09:51C'était un piège,
09:52c'était un piège.
09:53.com, n'hésitez pas.
09:55Merci à vous.
09:56Merci, merci M. Ardouin.
09:58On tourne une page,
09:58on s'intéresse évidemment à la grogne des d'IC1,
10:01pour grogne le mot étant un peu faible évidemment.
10:04Que se passe-t-il ?
10:05De quoi ce malaise est-il le nom ?
10:07On va en parler,
10:08et on va en débattre avec mes experts.
10:10C'est le Cercle RH,
10:11et c'est tout de suite.
10:24Le Cercle RH pour parler du sujet qui domine l'actualité,
10:28bien sûr,
10:29cette grève des lycéens,
10:30ces émeutes à certains endroits,
10:32ces destructions à d'autres,
10:33et des revendications.
10:35Que cache ce malaise ?
10:36De quoi ce malaise est-il le nom ?
10:39D'un mal-être,
10:40d'une tension,
10:41d'une fracture de notre société ?
10:43On va parler, bien sûr,
10:45des élèves,
10:46de ces lycéens qui sont dans la rue.
10:47On va peut-être parler aussi des professeurs.
10:49Ces professeurs qui,
10:51pour certains d'entre eux,
10:51sont solidaires d'ailleurs de ce mouvement de grève.
10:54On fait le point,
10:55en essayant d'avoir un minimum de recul,
10:58puisque les événements,
10:59au moment où je vous parle,
11:00ont lieu et se déroulent devant les lycées.
11:03Laurent Capeletti est avec nous.
11:04Bonjour Laurent.
11:05Bonjour.
11:05Très heureux de vous accueillir.
11:06Professeur au CNAM.
11:09On va parler avec vous, évidemment,
11:11de cette relation entre les élèves,
11:13leurs professeurs,
11:14de l'institution éducation nationale.
11:16À vos côtés, Patrice Huibant.
11:17Bonjour Patrice.
11:18Bonjour Ando.
11:19Très heureux de vous accueillir.
11:20Président de Nouvel Essor français.
11:22Et enfin, Jean-Christophe Sibéras,
11:24président de New Bridges.
11:25Je pense l'avoir bien prononcé cette fois-ci.
11:29On est au cœur du cyclone,
11:30donc on a assez peu de recul
11:32pour tenter sociologiquement
11:33de comprendre les tenants,
11:36en tout cas ce qui a sous-tendu
11:37ces tensions et ces violences graves.
11:41Commençons par vous, Laurent Capeletti.
11:42Comment vous regardez
11:44cette espèce d'embrasement
11:46dont certains commencent à nous expliquer
11:48qu'on est en train de dépasser 1968 ?
11:50Alors, 1968, c'était des pavés,
11:51et aujourd'hui, c'est des poubelles en plastique
11:53qui fondent.
11:53Mais est-ce qu'on est en train
11:54de dépasser le stade du mot grève
11:57pour passer au mode révolution des jeunes,
12:00révolution de jeunesse ?
12:03Oui, alors bon, il n'y a pas eu de 68,
12:06il y a eu 73 de Bray,
12:07il y a eu CPE, de Vaquay,
12:11donc on va dire que chaque dizaine d'années,
12:13il y a au moins trois grands mouvements lycéens.
12:17La particularité, si on comprend bien
12:19les revendications,
12:21c'est-à-dire que comme dans tout mouvement social,
12:22en fait, il y a des récupérations politiques,
12:25on va dire que c'est normal,
12:26c'est inévitable,
12:27et donc il faut creuser
12:28pour voir les revendications
12:30des lycéens eux-mêmes.
12:31Si je les ai bien entendues,
12:34on est sur des revendications
12:36de deux types.
12:37La première, sur les conditions de travail
12:40de la vie scolaire, en fait.
12:42Alors, je lisais une étude
12:43faite par des collègues sociologues
12:45parues dans le monde,
12:46donc les toilettes dégueulasses,
12:49les classes surchargées,
12:52l'humidité,
12:53etc.
12:54Donc il y a un certain nombre,
12:55j'allais dire,
12:56de dysfonctionnements
12:57structurels
12:58qu'il faut entendre.
13:00Et moi, je m'étonne, en fait,
13:02qu'on n'ait pas mis en place
13:03depuis le temps,
13:04puisque donc ça fait 40 ans
13:05que régulièrement tout ça dure,
13:07qu'on n'ait pas mis en place
13:08une espèce de
13:09QV,
13:11QVCT,
13:12S,
13:12qualité de la vie
13:13au travail scolaire,
13:15avec une écoute
13:16assez permanente,
13:17en fait,
13:17des baromètres,
13:19des élèves,
13:19des lycéens,
13:20pour au moins traiter
13:21ce qu'on peut traiter localement
13:23et ce qu'on ne peut pas
13:23leur remonter aux régions
13:24et à l'État
13:25pour voir ce qu'on peut faire.
13:26Et deuxièmement,
13:27dans les revendications,
13:27il y a du ressenti,
13:29de l'inquiétude,
13:31de l'angoisse,
13:32et ça,
13:33ça se traite
13:33non pas par des transformations,
13:35mais en fait,
13:36par de l'écoute,
13:37de l'explication,
13:38du sens,
13:38etc.
13:39Donc je crois qu'il y a les...
13:40En tout cas,
13:40il faut s'en occuper.
13:41Ça, c'est évident,
13:42parce que sinon,
13:43si on ne s'en occupe pas,
13:44il se passe ce qu'il se passe,
13:45c'est-à-dire,
13:45deux ans, trois ans,
13:46quatre ans,
13:46il ne se passe rien
13:47et puis tout d'un coup...
13:48Ça explose.
13:48Et là, ça explose.
13:50J'ai écouté Alain Bauer,
13:51ça m'a fait sourire,
13:52je le reprends,
13:53parce qu'il disait,
13:54c'est quand même assez paradoxal,
13:55un mouvement de lycéens
13:57qui veulent plus de profs,
13:59plus de cours,
13:59et il dit,
14:00moi,
14:00si j'étais à leur place,
14:01j'aurais demandé,
14:02et moi aussi d'ailleurs,
14:02j'aurais demandé moins de profs
14:03et moins de cours.
14:04Vous ne trouvez pas ça surprenant ?
14:05Parce que c'est une espèce de jeunesse
14:06qui explique qu'ils n'ont pas
14:08de profs de français,
14:09ils n'ont pas de profs de maths
14:09et qu'ils en voudraient un.
14:11Ça dit aussi leur angoisse
14:12de l'avenir,
14:13puisque s'ils n'ont pas de profs,
14:14ils ne peuvent pas travailler
14:15dans de meilleures conditions
14:16et donc accéder à un emploi convenable.
14:18Est-ce que vous le lisez comme ça ?
14:19Oui, tout à fait.
14:21Quelque part,
14:21il y a une part positive,
14:22c'est l'envie de pouvoir
14:24bien se former,
14:25mieux se former,
14:25mais je dirais qu'il y a
14:26un phénomène à la fois
14:27conjoncturel et structurel.
14:29Conjoncturel,
14:29on a l'arrivée
14:30des classes nombreuses
14:30des années 2010,
14:312011, 2012.
14:32On a eu beaucoup de naissances
14:34à ce moment-là.
14:34Donc là,
14:35conjoncturellement,
14:36il y a des classes surchargées
14:37ou plus chargées
14:37comme d'habitude.
14:38C'est exactement
14:39au collège, lycée.
14:40Des causes plus structurelles,
14:41c'est-à-dire l'absence de réforme
14:42de notre système éducatif
14:43puisque ce n'est pas
14:44une question de moyens financiers.
14:45La dépense intérieure d'éducation
14:46qui va au-delà
14:47du budget de l'État,
14:48c'est près de 200 milliards d'euros
14:49et c'est au-dessus
14:50de la moyenne OCDE.
14:52Mais après,
14:52quand on regarde ensuite
14:59les plus inégalitaires
15:00de l'OCDE
15:01et c'est peut-être aussi
15:02ce qui nourrit
15:02l'angoisse
15:03et de nos jeunes
15:05aujourd'hui en partie.
15:06Vous êtes d'accord
15:06avec ces deux analyses croisées ?
15:08La QVCTS
15:09qui est un concept
15:11déposé par Laurent Capelletti
15:12il y a quelques instants.
15:13Mais les débats
15:15qu'on a sur le monde du travail
15:16reportés au monde scolaire
15:18et puis un modèle éducatif
15:21pour le dire un peu cash
15:22à bout de souffle.
15:23Et les étudiants,
15:24les élèves en fait
15:25s'en aperçoivent.
15:25En sont d'ailleurs
15:26les premières victimes.
15:29Je crois que la comparaison
15:30avec le monde du travail
15:31est très intéressante.
15:32C'est quoi les revendications ?
15:34Conditions de travail.
15:35C'est des trucs
15:35qu'on entend dans les boîtes.
15:39Mon vestiaire est dégueulasse,
15:40les bouches sont sales.
15:41Deux,
15:41qu'est-ce que je deviens ?
15:42L'emploi.
15:43C'est quoi mon emploi de demain ?
15:45Et trois,
15:45un truc important
15:47avec l'histoire de parcours sub,
15:48c'est pas clair.
15:49Il y a une opacité.
15:50C'est exact.
15:51Ce qu'on veut,
15:51c'est la transparence.
15:53C'est une des revendications.
15:54La confiance,
15:54c'est-à-dire
15:55on a des algorithmes
15:56qui nous gouvernent
15:57et on ne sait pas très bien
15:58où ça va nous mener.
15:59Donc c'est assez intéressant
16:01et en même temps,
16:02ça montre bien
16:04la gravité des choses
16:05parce que là,
16:08on ne se bat pas
16:08contre une réforme
16:09qui vient de sortir,
16:11que le gouvernement
16:11a trouvée dans sa poche.
16:12Pas du tout.
16:13On se bat
16:14sur le cœur du truc.
16:16D'ailleurs,
16:17il y a assez peu
16:17de politique là-dedans.
16:19C'est très, très...
16:20J'allais dire,
16:21c'est une révolte professionnelle
16:22avant l'heure
16:23pour des gens
16:23qui ne sont pas encore...
16:24Mais qui fait penser
16:25à des choses.
16:25Alors après,
16:27les questions,
16:27c'est comment
16:28on peut peut-être y venir aussi,
16:30c'est comment répondre à ça ?
16:31C'est-à-dire,
16:31c'est quoi les réponses
16:32qu'on peut apporter ?
16:34Le ministre a lancé
16:35une plateforme
16:36où chacun peut s'exprimer
16:36du grand débat national
16:38des lycéens.
16:39Bon, pourquoi pas ?
16:39Mais il y a un truc
16:40qu'on a, nous,
16:41quand même en France,
16:42on le dit,
16:43c'est que les proviseurs
16:45n'ont pas beaucoup...
16:47Ce n'est pas eux
16:48qui ont les réponses.
16:49Non.
16:50Or,
16:51ils n'ont pas...
16:52Ils ne gèrent pas...
16:53Grand débat.
16:53Ils ne gèrent pas les effectifs,
16:54ils ne gèrent pas le recrutement.
16:57En termes budgétaires,
16:58quand on...
16:59La comptabilité publique,
17:00c'est indémerdable
17:01quand on voulait réparer
17:02des trucs, etc.
17:03Donc, en fait,
17:04on a un système
17:04qui, en termes de réponses,
17:08structurelles,
17:09pas des bricolages,
17:11on va ouvrir une plateforme,
17:13etc.
17:13Mais des réponses structurelles,
17:14ça suppose effectivement
17:15une organisation.
17:16On décentralise,
17:17on donne les moyens aux gens
17:18qui sont là
17:19pour répondre aux gens.
17:20Parce que,
17:20très honnêtement,
17:21vous êtes ministre,
17:22vous allez regarder les réponses
17:24dans les millions
17:25ou les milliers de...
17:26J'espère.
17:27J'espère qu'on va lui faire
17:28un digest, le ministre.
17:29Voilà.
17:30Non, mais attendez,
17:30il va se mettre demain
17:31devant l'ordinateur
17:32du début à la fin.
17:33Non, mais attendez,
17:34ce qu'il faut,
17:35c'est effectivement
17:35d'avoir un système
17:36comme dans les boîtes
17:37où on décentralise,
17:38on donne les leviers
17:39aux managers de proximité.
17:41Proviseurs, c'est...
17:41Donc, il faut un CSE S.
17:43Bien sûr.
17:45Un CSE scolaire.
17:46Mais un CSE,
17:47un vrai CSE,
17:48c'est-à-dire
17:48où on en fasse de soi
17:49la personne qui décide.
17:51Mais aujourd'hui,
17:52quand vous allez
17:53dans un conseil
17:53d'administration du proviseur,
17:55il décide rien,
17:56il va vous dire
17:56c'est la région
17:57qui s'occupe
17:58de me donner des sous
17:59ou qui m'en donne pas,
18:00etc.
18:01Et si on mettait
18:01les pieds dans le plat
18:02parce qu'il y a
18:03ces élèves inquiets,
18:05climat,
18:05on a beaucoup parlé
18:06de ces sujets
18:06avant les révoltes lycéennes,
18:09ces angoisses climatiques,
18:10l'IA, l'emploi,
18:12on vient de l'évoquer.
18:13Un mot quand même
18:13sur les professeurs.
18:14Je me tourne vers vous
18:15parce qu'il y a
18:15des professeurs au CNAM,
18:17des professeurs.
18:18Je regardais le prix
18:19d'embauche
18:20d'un contractuel
18:21qui sont très sollicités
18:23ces derniers temps,
18:241 600 euros
18:26pour enseigner
18:27devant une classe
18:27de 35 élèves.
18:29Enfin,
18:30je veux dire,
18:30objectivement,
18:31on se dit qu'après tout,
18:33ces professeurs
18:33prennent aussi position
18:34peut-être pour ce mouvement
18:35social lycéen
18:36et qu'après tout,
18:37pas tous,
18:38mais peut-être que certains
18:39encouragent à la révolte
18:40parce qu'eux-mêmes
18:41sont devenus des prolétaires
18:42en fait du système.
18:43Vous n'avez pas
18:44cette impression-là ?
18:45Je ne parle pas des agrégés,
18:46je ne parle pas
18:46des professeurs
18:47d'Henri IV.
18:47Je parle de ce vacataire
18:49qui va aller en Seine-Saint-Denis
18:50pour 1 650 euros.
18:52Oui,
18:53alors je vais répondre
18:54tout de suite
18:55à votre question
18:56sur le premier point
18:57en disant qu'effectivement,
18:58on se rend compte
18:59que pour clore là-dessus
19:00qu'il y a un problème
19:01d'organisation
19:02au niveau local.
19:03Je regardais les chiffres
19:05quand même
19:05avant de venir.
19:07En nombre d'enseignants
19:08par rapport au nombre
19:09de lycéens,
19:11en fait,
19:11il y en a
19:121 pour 11 en France,
19:141 pour 12 en Allemagne.
19:15C'est quasiment pareil.
19:17Au niveau
19:18de l'argent investi
19:19par élève
19:20au lycée,
19:21c'est 12 à 13 000
19:24en France
19:25et 19 000
19:26en Allemagne.
19:27Ce que je veux dire par là,
19:28c'est qu'à quantité
19:29d'enseignants équivalente,
19:31nous avons
19:32des problèmes
19:33que d'autres pays,
19:35notamment l'Allemagne,
19:36n'a pas.
19:36Donc,
19:37c'est bien
19:37qu'il y ait un problème
19:37d'organisation,
19:38de management
19:39et donc là-dessus,
19:40il faut effectivement,
19:41qui passe aussi
19:42par l'écoute
19:42des lycéens.
19:43Il faut mettre en place
19:44des processus.
19:45En parlant d'entreprise,
19:46beaucoup de profs,
19:46dont certains sont mes amis,
19:48ont quitté
19:48l'éducation nationale
19:49sans avoir été accueillis
19:50par un RH,
19:51ni off-bordé
19:53par un RH
19:54qui s'est dit
19:55tiens,
19:55mais pourquoi vous partez ?
19:56Vous êtes un très bel agrégé,
19:57vous quittez,
19:57personne ne lui a demandé.
19:59C'est hallucinant.
20:00Voilà,
20:00alors sur les salaires,
20:01maintenant,
20:01j'ai regardé en fait
20:02les modèles
20:03où les enseignants,
20:04notamment de lycées,
20:05sont bien payés.
20:06Donc,
20:07il y a deux cas en Europe,
20:08il y a encore le Danemark,
20:09on reparle du Danemark.
20:11C'est notre data,
20:11le Danemark.
20:12Après 15 ans,
20:146500 euros de salaire.
20:16En Allemagne,
20:17pareil.
20:17En France,
20:18deux fois moins.
20:193 500 euros
20:21après 15 ans de carrière,
20:22donc en lycée.
20:23Donc,
20:23ça veut dire,
20:24en fait,
20:24qu'ils sont plus payés.
20:25Donc,
20:25il y a un investissement,
20:27j'allais dire,
20:28de l'État
20:28et des régions.
20:30plus forts
20:31sur les enseignants,
20:32notamment de lycées.
20:33Comment font-ils
20:34pour financer ça ?
20:35En fait,
20:35c'est ça la grande question.
20:37C'est pas qu'ils ont
20:38moins de dépenses sociales.
20:39Ils en ont à peu près
20:40en proportion équivalent à nous.
20:42C'est qu'en fait,
20:43ils ont beaucoup plus
20:43de ressources.
20:45Et on revient
20:46sur cette question
20:47qui est
20:48le PIB,
20:50la croissance,
20:51le travail, etc.
20:51vous nous dites gentiment
20:52qu'on est devenu un pays pauvre
20:53et qu'on n'a plus les moyens
20:54de nos ambitions.
20:54Ce que je dis,
20:55c'est que
20:56les mêmes qui,
20:57beaucoup de ceux
20:58qui voudraient des salaires
20:59pour enseignants supérieurs,
21:01et moi,
21:02je suis complètement d'accord,
21:04en même temps,
21:04disent
21:06restons
21:06à ne pas travailler
21:08longtemps,
21:10continuons
21:11avec un taux d'activité
21:12bas,
21:13etc.
21:13La seule solution
21:15pour payer
21:16mieux les enseignants,
21:17c'est bien sûr
21:18des décisions politiques
21:19et c'est des décisions
21:20de créer plus de richesses.
21:22on en revient à...
21:23Je résume,
21:24c'est un peu caricatural.
21:25qu'on a sur l'entreprise.
21:26Si on veut augmenter
21:27les salaires des collaborateurs,
21:29il faut que l'entreprise
21:30crée de la richesse
21:31parce que sinon,
21:31ça ne marche pas.
21:33Dans quel état d'esprit
21:33vous êtes ?
21:34Vous dites
21:35on a un peu abandonné
21:36notre modèle éducatif
21:37et très paradoxalement,
21:39tout en augmentant régulièrement
21:40le budget,
21:40en disant facialement,
21:41regardez,
21:42on n'abandonne pas
21:43l'éducation nationale,
21:44le budget progresse,
21:45il y a plus d'argent
21:46et pourtant,
21:46on voit des professeurs
21:48mal aimés,
21:50souvent démissionnaires,
21:51dépressifs pour certains.
21:53On a oublié
21:54parmi les revendications
21:55des lycéens,
21:55je l'ai oublié,
21:55les enjeux de santé mentale
21:57et de charge excessive
21:59du travail.
22:00C'est-à-dire que c'est un vrai sujet
22:00équilibre vie pro, vie perso
22:02puisqu'on reste dans la...
22:03on file la métaphore.
22:04Dans quel état d'esprit
22:05vous êtes là ?
22:06Vous dites
22:06il y a une solution à tout ça
22:08parce que écouter,
22:09ok,
22:09recevoir les doléances,
22:10d'accord,
22:11mais on n'a plus les moyens
22:12de...
22:13On a les moyens
22:14de nos ambitions ?
22:14Il y a une réponse
22:16à court terme,
22:17c'est l'écoute,
22:17c'est la condition
22:18de ne pas les mettre
22:19sous cloche
22:20comme pour le grand débord
22:21de Médicin.
22:21Tout à fait.
22:22Mais après,
22:23à moyen terme,
22:24ce sont des réformes structurelles,
22:24il faut faire un pacte
22:25avec les médecins,
22:27avec les enseignants.
22:28C'est un autre sujet
22:29important par ailleurs.
22:29C'est un autre sujet
22:30important.
22:30On parle de 5 milliards d'euros
22:32par exemple
22:32pour augmenter de 500 euros net
22:34l'ensemble des enseignants,
22:36du public et du privé
22:37sous contrat.
22:38Mais vous savez,
22:40on dépense bien au moins
22:415 milliards d'euros
22:41pour décarboner
22:42une électricité déjà décarbonée.
22:44Donc quelque part,
22:45c'est une question
22:45de choix politique
22:45et un pacte avec les enseignants.
22:48En contrepartie
22:48de ces 500 euros,
22:50ce qui les rapprocherait
22:50de la moyenne OCDE
22:51en termes de rémunération,
22:52vous avez une autonomie
22:53des chefs d'établissement.
22:54C'est-à-dire,
22:54dans n'importe quelle
22:55organisation publique,
22:56privée qui fonctionne bien,
22:58on fixe le cap
23:00au niveau national,
23:01c'est-à-dire
23:01les programmes scolaires
23:02à Paris,
23:03le contenu des examens
23:04et après le comment,
23:05c'est le chef d'établissement.
23:06Heure de travail, Patrice ?
23:07On travaille plus ?
23:08Égalène Royal en 2007
23:09avait dit,
23:09c'est très bien,
23:10il faut les payer plus,
23:11mais il faut qu'ils soient
23:11un peu plus présents
23:12dans l'établissement.
23:12On en revient au pivot.
23:14Il faut déconcentrer le système.
23:15Il faut que le pivot
23:16soit le chef d'établissement.
23:17Comme je répète,
23:18n'importe quelle organisation
23:19qui tourne bien
23:20public-privé,
23:21c'est-à-dire recrutement
23:21des enseignants,
23:22évaluation des enseignants,
23:23adaptation pédagogique
23:25sous couvert
23:25d'un contrat d'objectif
23:27et de moyens
23:27avec le rectorat.
23:29Il travaille plus ou pas ?
23:30C'est-à-dire ?
23:31Plus d'heures de travail
23:32dans l'établissement ?
23:32Après,
23:33s'il y a des heures de soutien,
23:35etc.,
23:35avec des heures supplémentaires...
23:36Non, parce que c'est 18 heures,
23:37un agrégé,
23:38c'est 12 heures.
23:39Vous voyez ce que ça...
23:3915 heures.
23:40Vous voyez sur un salarié,
23:42puisqu'on me file de la métaphore,
23:43on n'est plus à 35,
23:44on est à 15.
23:45Est-ce qu'on doit aussi
23:46être dans du donnant-donnant ?
23:47C'est dans le temps de présence
23:48qu'il faut jouer.
23:49D'accord.
23:49Parce qu'il y a aussi
23:50des temps de correction, etc.
23:51C'est le temps de présence
23:52dans l'établissement.
23:52On est d'accord.
23:52Il faut faire notamment
23:53du soutien individualisé
23:54et obligatoire
23:55pour les élèves en difficulté.
23:56Là, pardon,
23:57je termine juste
23:58sur ces propositions.
23:59La carte scolaire,
24:00c'est synonyme
24:01de ghetto éducatif.
24:02Donc, ce que nous,
24:03on propose,
24:04c'est de mettre
24:04une même fourchette
24:05d'élèves boursiers
24:06dans tous les établissements.
24:07Remettre des thermomètres
24:08dans le système, justement.
24:09On parle d'évaluation
24:09des enseignants.
24:11Et dans les classes aussi,
24:11parce qu'il fait froid, disent-ils.
24:12Alors, plus d'évaluation
24:13des enseignants.
24:15Ils sont évalués
24:15tous les 5-7 ans
24:16par un inspecteur
24:16sans prévenir à l'avance.
24:17C'est le chef d'établissement
24:18qui doit établir
24:19la note pédagogique
24:20et la note administrative.
24:20Tout à fait.
24:21C'est lui qui doit être
24:22au centre du système.
24:22Dans le meilleur des cas
24:23tous les 7 ans.
24:23Et il n'y a plus de thermomètre,
24:25on en revient aux lycéens,
24:27pour les élèves.
24:28C'est du contrôle continu
24:28en permanence.
24:30Et on repousse la sélection
24:31à l'anonymat des facultés,
24:32notamment en licence.
24:33Et ensuite,
24:34c'est remettre le paquet
24:35sur le primaire.
24:36Parce que, comme ça a été dit,
24:37on dépense beaucoup plus
24:38par élève en collège-lycée
24:39et beaucoup moins en primaire.
24:40Vous avez un programme
24:41du ministre
24:41d'éducation nationale.
24:42Non, mais tout à fait.
24:43Mais juste pour terminer là-dessus,
24:44la reproduction sociale
24:45se fait en primaire.
24:46Donc, on focalise
24:47sur les fondamentaux.
24:49Tous les devoirs,
24:49on applique la circulaire
24:50des années 50.
24:51Tous les devoirs
24:52sont faits à l'école
24:53avec un encadrement
24:55de proximité
24:56des étudiants
24:56et des profs payants.
24:57Donc, des profs
24:58plus présents.
24:59Exactement.
24:59Jean-Christophe,
25:00juste attendez.
25:01Plus de présence des profs,
25:02parce que là,
25:03on voit aussi des professeurs
25:04qui sont dans le cortège.
25:04Il y a les parents d'élèves
25:05pour certains.
25:06Des profs qui soutiennent,
25:07qui sont parfois
25:08assez proches
25:11plus présents
25:12dans les classes,
25:13dans l'établissement
25:14pour travailler
25:15aux côtés des élèves.
25:17Bien sûr.
25:17Qu'est-ce qui fait la force
25:19souvent des groupes,
25:20des collectifs,
25:21c'est quand les gens
25:22sont ensemble.
25:23Or, on a un système
25:24où les enseignants
25:26qui ont beaucoup de travail,
25:27parce que même
25:27quand on est agrégé,
25:28ça fait quand même du boulot.
25:29Mais je veux dire,
25:31entre faire son boulot
25:32de prof,
25:33mais l'élève peut venir
25:34toquer à votre porte
25:35et venir voir vous rencontrer,
25:36ça, ça n'existe pas.
25:37On sait que dans d'autres pays,
25:39effectivement,
25:40le travail personnel
25:41de l'enseignant,
25:42il se fait quand même
25:42dans l'école.
25:44Et donc,
25:44l'enseignant,
25:45on va au restaurant
25:47ou au self ensemble.
25:48Enfin, je veux dire,
25:49c'est des lieux communs
25:50qu'on partage.
25:50Et il a un bureau.
25:51J'ai envie de dire,
25:52pardonnez-moi,
25:53mais dans les entreprises,
25:55quand les gens
25:55ne sont pas là,
25:56qu'ils ne se voient pas,
25:57qu'ils ne se parlent pas,
25:57ça merde.
25:58Là, c'est un peu pareil
25:58notre système.
25:59Et là,
26:00tout ça ne coûte pas très cher
26:02en même temps.
26:03En soi,
26:04je n'ai pas dit
26:04qu'il ne fallait pas
26:04revaloriser les enseignants.
26:06Mais je veux dire,
26:07des questions
26:07d'organisation du travail.
26:09Vous voyez,
26:09par exemple,
26:10il a été dit
26:10que pour les élèves,
26:11il y a la question
26:12des horaires aussi,
26:13de l'amplitude.
26:14C'est ça.
26:15Mais il a été dit,
26:16les gamins,
26:17on les fait venir trop tôt.
26:18Ils arrivent fatigués le matin.
26:19C'est vrai.
26:20À 8h,
26:20quand vous avez des cours
26:21à 8h,
26:21à 9h.
26:23Là,
26:23il y aura peut-être
26:24un débat
26:24avec les professeurs.
26:26Le débat qu'on a
26:27est intéressant.
26:28Le contrat,
26:29mais surtout,
26:30surtout,
26:31franchement,
26:31qu'est-ce qui marche ?
26:32C'est souvent
26:32quand on arrive
26:33à trouver des solutions
26:34ensemble.
26:35Les gens qui sont concernés,
26:37si on leur dit
26:38circulaire,
26:38machin,
26:39de trucs,
26:40ça ne va pas le faire.
26:41Donc,
26:41trouvons des solutions
26:42qui soient modulaires
26:43et décentralisées.
26:45Professeurs,
26:46encadrement,
26:47proviseurs,
26:47mais avec un vrai budget,
26:49des vrais moyens
26:50pour les enseignants.
26:52Conclusion,
26:52je retiens de ce débat
26:53et vous l'éclairez
26:54d'une autre lumière
26:55au-delà des grenades
26:56et des violences
26:57qui passent
26:57sur les chaînes d'info.
26:58On voit quand même
26:59cette transposition
27:00à des enjeux
27:01très travail,
27:02qu'on peut transposer
27:04en conclusion.
27:05Je retrouve ça,
27:06c'est passionnant.
27:07Et je rajouterais
27:08que probablement
27:09qu'en France,
27:10on souffre aussi
27:11du fait qu'au lycée,
27:12nous avons très peu
27:13d'apprentissage.
27:15Dans les pays
27:16dont on parle,
27:17Danemark,
27:18Allemagne,
27:1950%,
27:2050%
27:21des lycéens
27:22sont en apprentissage.
27:24Ce qui fait que...
27:25Sur le terrain,
27:25donc,
27:26en entreprise.
27:27En France,
27:28c'est 10%.
27:2910%.
27:30Et très peu
27:31aussi finalement
27:32les filières techniques.
27:33Ça veut dire aussi
27:34que dans ces revendications
27:37lycéennes,
27:37il y a aussi
27:38un besoin de concret,
27:39j'en suis convaincu,
27:40qui s'exprime,
27:41un besoin de proximité
27:43aussi avec le monde
27:44du travail
27:45et du réel.
27:46Alors que l'IA
27:47est en train,
27:48nous dit-on,
27:48de nous empoisonner,
27:49de nous agripper.
27:51On va poursuivre
27:51ce débat passionnant
27:52parce que vous soulevez
27:53des sujets
27:53qui peuvent d'ailleurs
27:55peut-être inspirer
27:55le ministre
27:56d'Éducation nationale,
27:57c'est-à-dire oser
27:57faire la transposition
27:58entre le monde du travail
27:59et le monde de l'éducation.
28:01Ce n'est pas deux mondes
28:02totalement séparés.
28:02Merci à vous,
28:03Patrice Huiment.
28:04Deux secondes.
28:04Je stabilisais aussi
28:05les programmes
28:06et les méthodes
28:06parce que les enseignants
28:07n'en peuvent plus
28:08des circulaires
28:08tous les jours.
28:09Et donc nous,
28:10ce qu'on propose par exemple,
28:11c'est de confier
28:11l'élaboration des programmes
28:12à l'Institut de France,
28:14ces cinq académies,
28:15et avec 150 professeurs
28:17agrégés de leur discipline
28:18tirés au sort.
28:19Ça permet de dépolitiser
28:20et de stabiliser les programmes.
28:21Oui, les comités théodules
28:22d'experts aux cheveux blancs
28:24qui font tomber
28:24les programmes.
28:25Merci à vous trois
28:26de nous avoir éclairés.
28:27C'était un débat passionnant.
28:28Merci Laurent Capeletti,
28:29professeur Ocnam.
28:30Merci à vous,
28:30Patrice Huiment,
28:32président de Nouvelle Estreur français
28:33et Jean-Christophe Sibéras,
28:34président de New Bridges.
28:36Merci à vous.
28:37Et évidemment,
28:38on va suivre
28:38et on va continuer
28:39à suivre ce mouvement lycéen.
28:41Merci à Nicolas Juchat.
28:43Merci à Mani à la réalisation.
28:44Merci à Paul Hausson.
28:45Merci à vous
28:45pour votre fidélité.
28:46Bye bye.