- il y a 12 heures
D’ici à 2030, le secteur de la défense doit réussir à pourvoir près de 100 000 postes. Au-delà de la question des effectifs, ce sont aussi de nouvelles compétences qu’il va falloir faire émerger pour que la France puisse répondre aux enjeux des prochaines années. On en parle avec Emmanuelle Duez, codirectrice de l’ouvrage collectif Le commandement ne dort jamais (éditions de L’Aube), Caroline Riffard, directrice régionale adjointe de France Travail Île-de-France et Cyril Cuenot, spécialiste du secteur de la défense pour Sia.
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00:02Musique
00:12Le cercle RH pour s'intéresser à un sujet dont on parle beaucoup d'une manière un peu indirecte,
00:16les guerres qui traversent le monde, évidemment l'Ukraine, l'Iran, là, avec ce porte-avions,
00:22le déminage français qui va peut-être s'opérer, et avec évidemment une économie qui s'est transformée.
00:27Mais nous ne sommes plus en paix, et évidemment l'économie va s'adapter avec des recrutements puissants dans le
00:32secteur de la défense.
00:33Alors je ne parle pas que de militaires, on en parlera, je parle de techniciens, d'ouvriers, d'ingénieurs,
00:37de plein de métiers dont la défense a besoin, et il faut que le secteur se rende attractif,
00:43ce qui est un autre sujet. Il y a plus de 10 000 postes à pourvoir en ce moment,
00:46puis il y a un plan Marshall de 25 000 postes à créer. On en parle avec mes invités.
00:51Emmanuel Duez est avec nous, bonjour Emmanuel, ravie de vous accueillir, vous êtes souvent venu sur ce plateau,
00:55vous êtes entrepreneuse, Bosom Project, et autrice de ce livre,
01:00Le commandement ne dort jamais, édition de l'Aube. Merci d'être avec nous.
01:05Face à vous, Caroline Rifard, on parlait de l'accompagnement et du recrutement,
01:08directrice régionale adjointe France Travail, Île-de-France,
01:11et vous portez parmi d'autres ce grand plan de recrutement,
01:14et vous aurez un site dans ce grand salon international de l'armement,
01:18en Satori 2026, et vous aurez un site dans France Travail pour créer ce lien
01:23entre les entreprises de la défense et les salariés,
01:27avec aussi des job dating, avec une multitude d'activités,
01:32pour mettre en relation ces deux mondes.
01:35Avec moi, Marc Landré. Bonjour Marc.
01:37Bonjour.
01:37Très heureux de vous accueillir, associé SIA,
01:40qui évidemment analyse dans plein de secteurs, et notamment les secteurs de la défense,
01:44les transformations, on va en parler avec vous, et puis avec moi, Caroline de Seineville.
01:48Bonjour Caroline.
01:49Bonjour Arnaud.
01:49Comment ça va ?
01:50Très bien.
01:51C'est chaud quand même, un petit peu.
01:53Journaliste, décideur RH, quelques mots, quelques chiffres,
01:55comme ça qu'on voit un petit peu les trends globaux de ce que représente aujourd'hui
01:59cette transformation, cette accélération du recrutement.
02:03Vous l'avez évoqué en introduction, mais la filière doit recruter entre 25 000 et 30 000 personnes par an
02:07d'ici 2030 pour répondre aux enjeux du réarmement.
02:1110 000 postes non pourvus, vous l'avez évoqué.
02:13Et les pénuries, elles sont surtout chez les ingénieurs hautement qualifiés,
02:16donc en cybersécurité, robotique, système embarqué,
02:19et dans des postes de techniciens et ouvriers, de la chaudonnerie, la soudure, la mécanique,
02:23l'électronique et la maintenance.
02:24Il y a des grosses pénuries.
02:25Et on en reparlera sûrement, mais côté PME et TPE, c'est très difficile.
02:28La question des sous-traitants, je donnerai la parole dans un instant à Emmanuel Duez,
02:32mais juste côté France Travail, quand on parle du sujet de la défense,
02:34j'ai l'impression qu'on parle de l'industrie qui vient sur ce plateau et qui nous dit
02:37« Moi, si je veux créer de l'emploi et de la valeur, il faut que j'aie les salariés
02:41et les ouvriers,
02:41je ne les ai pas. »
02:43Et on entend la défense qui dit pareil.
02:44« Je n'ai pas les chaudronniers, je n'ai pas les techniciens âgés. »
02:47On est en galère quand même là.
02:48Alors effectivement, il n'y a pas d'ouvreté ou industrielle sans compétences
02:52et c'est la clé de notre réussite collective.
02:57Donc effectivement, l'industrie, c'est 29 filières,
03:01dont l'industrie de défense,
03:03on va avoir d'ici 2030 un million de départs à la retraite
03:07si on regarde toute l'industrie.
03:08Et l'armement n'en sera pas épargné.
03:11Donc on voit bien qu'on a un engagement assez volontariste
03:14à voir dès le plus jeune âge,
03:17pour aussi accompagner les parcours plutôt sur le temps long,
03:22mais aussi immédiatement, ça a été dit,
03:2410 000 offres actuellement disponibles,
03:27tout ça ne se fera pas sans une alliance avec l'ensemble des parties prenantes.
03:30Je précise quand même que pour ceux qui nous regardent,
03:32donc à ma génération, moi j'ai vécu en paix,
03:33Marc Landré fait partie de cette génération,
03:35où on pensait qu'il fallait réduire au minimum notre industrie de défense,
03:39que globalement tout allait bien dans le meilleur des mondes,
03:41sauf que depuis 5 ans, 6 ans,
03:43tout dérape et on voit bien évidemment les tensions qui nous occupent.
03:46Emmanuel, Marc, votre livre,
03:49« Le commandement de l'or jamais », édition de l'Aube,
03:52votre engagement d'entrepreneur,
03:54comment vous regardez ce monde qui est en train de basculer, justement ?
03:57Parce qu'au-delà des enjeux de recrutement,
03:59c'est un monde qui bascule là.
04:02Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
04:04on a 61 conflits armés,
04:0661 conflits armés qui impliquent un État,
04:09ce qui est le chiffre le plus élevé depuis la statistique en 1946.
04:15Donc on a changé de monde.
04:18Moi, le mot qui me vient en tête en vous écoutant,
04:20c'est le mot « souveraineté ».
04:21On est aujourd'hui dans ce qu'Edgar Morin aurait appelé la systémie,
04:26un système où les sujets humains, les sujets militaires,
04:29les sujets industriels, les sujets de talent
04:31sont totalement imbriqués pour ne faire qu'un.
04:34Et je pense que la France, elle est malade aujourd'hui,
04:36elle est handicapée de son approche silotée,
04:40à commencer par les sujets de souveraineté.
04:42Donc c'est ça que ça m'évoque, en fait.
04:43C'est finalement une militarisation du monde de l'entreprise,
04:50une militarisation ou au moins une prise de conscience
04:51un peu plus avancée de la société.
04:53Tu peux être effrayant, Emmanuel.
04:54Comme ça, dans l'absolu, tu peux être effrayant.
04:56C'est factuel, en fait.
04:56C'est factuel.
04:57C'est factuel et pour le coup,
04:59pour passer beaucoup de mon temps dans les conseils d'administration,
05:02aujourd'hui, ça fait partie de la réalité
05:04dans 100% des conseils d'administration.
05:05C'est-à-dire que le risque géopolitique
05:07est devenu un des risques majeurs
05:09dans la plupart des entreprises,
05:11tous secteurs d'activité confondus.
05:13Juste un mot, Marc, et même plusieurs.
05:15J'ai animé un débat avec le général Schill,
05:18qui est le chef d'état-major de l'armée de terre,
05:19et qui rencontrait pour la première fois
05:21le monde de la finance.
05:22Et c'était comme ça une rupture un peu
05:25du classicisme militaire,
05:26puisqu'il acceptait de rencontrer les fonds,
05:29les private equity.
05:30C'est intéressant.
05:31Là aussi, il y a un changement de paradigme
05:32de l'armée française qui est en train elle-même aussi
05:35de muter, de se transformer.
05:37Le monde mute, le monde change depuis 5 ans.
05:40On voit que le nombre de conflits armés a explosé.
05:42Maintenant, il n'est plus en dehors de l'Europe,
05:44il est arrivé sur le sol européen.
05:46La plupart des États ont multiplié
05:47entre 50% et 100% leur budget militaire.
05:50Sauf que les nouvelles solutions
05:52qui permettront de se protéger demain
05:56n'existent pas.
05:57Il faut les fabriquer.
05:57Et pour les fabriquer, il faut des hommes,
05:58il faut des talents, il faut des compétences.
06:00Et on ne les a pas, ou du moins on en a trop,
06:01parce que tout le monde recherche
06:03les mêmes compétences.
06:03Caroline le disait.
06:04Je veux dire, ce que recherche
06:05l'industrie automobile,
06:06c'est exactement ce que recherche
06:08l'industrie nucléaire,
06:09ce que recherche l'industrie de la défense.
06:10Et même, ça vaut pour un pays,
06:13mais ça vaut pour un continent.
06:14C'est-à-dire que les problèmes
06:15qu'on connaît en France,
06:16en vérité, il faut les élargir
06:17à l'échelle européenne.
06:18Et la filière RH qui n'existe pas aujourd'hui
06:22en France, dans le monde de la défense,
06:24en vérité, on ne doit pas la concevoir
06:25à l'échelle de l'hexagone,
06:27mais on doit la concevoir
06:28à l'échelle du continent européen,
06:30parce que les problématiques...
06:31C'est ambitieux, ça.
06:32Déjà, l'avion franco-allemand,
06:34pouf, il a disparu.
06:35Celui-là, on ne le verra pas.
06:36Mais on n'a pas le choix.
06:37On n'a pas le choix.
06:38Si on veut avoir,
06:39Emmanuel le disait,
06:40on parlait de souveraineté,
06:41si on veut avoir une souveraineté
06:43qui ne soit pas de papier
06:45ou qui ne soit pas de pacotille
06:47la puissance américaine d'un côté
06:48ou la puissance chinoise de l'autre.
06:50Il faut absolument
06:51qu'on se coordonne à l'échelle européenne
06:53et donc que,
06:54d'un point de vue des talents,
06:55d'un point de vue des people,
06:56des hommes et des femmes
06:57qui vont concevoir,
06:59monter ces programmes de défense
07:00pour renforcer notre souveraineté,
07:02il faut qu'on le fasse
07:03à une échelle qui est beaucoup plus large
07:04que la seule échelle nationale
07:05qui est trop petite
07:06et on n'aura pas en plus
07:08les moyens de les déployer.
07:09C'est Jean-Pierre Farrandou
07:10qui avait lancé,
07:11on l'avait d'ailleurs interviewé,
07:12qui avait évoqué ce sujet
07:13d'une accélération
07:15du recrutement dans la défense.
07:16Votre sujet,
07:16il est quand même aussi lié
07:18à des secteurs de concurrence.
07:20L'attractivité de la défense,
07:22elle n'est pas vraiment là.
07:24Les candidats,
07:25parfois, hésitent
07:26et vont plutôt
07:26vers une boîte privée
07:27que d'aller dans la défense.
07:28Comment ?
07:29Pas d'accord, Emmanuel ?
07:30Je pense que,
07:32malheureusement,
07:32vous dépeignez
07:33une situation économique
07:34meilleure que ce qu'elle n'est.
07:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:35vous avez 85%
07:36de travailleurs français
07:38qui ne sont pas
07:38ou peu engagés
07:40dans leur travail,
07:41quels que soient
07:41les secteurs d'activité.
07:43Oui, mais du coup,
07:45précisément,
07:45je pense que la défense,
07:46elle a quelque chose
07:46à proposer
07:47parce que c'est du concret,
07:49c'est du réel,
07:51il y a du sens,
07:52ne serait-ce que
07:52dans l'esprit d'équipage
07:54qu'on peut trouver
07:54dans les armées.
07:56Donc moi,
07:56je pense qu'au contraire,
07:57en fait,
07:57dans un pays
07:58où le travail
08:00est très malade,
08:02ça peut réenchanter
08:03le travail.
08:04En tout cas,
08:04c'est un secteur
08:06et c'est un enjeu
08:09qui incarne
08:09et qui prône
08:10l'émancipation,
08:11le dépassement de soi,
08:12le collectif.
08:13Le drapeau,
08:14la souveraineté,
08:14la nation.
08:15Et du coup,
08:16c'est une espèce
08:17de faille,
08:17ce patient temporel
08:18qui s'ouvre
08:18où, en effet,
08:19ça va être difficile
08:20parce qu'on ne peut pas
08:20le faire à l'échelle nationale
08:22et on part avec une balle
08:23d'angle de pied
08:24parce qu'on est aujourd'hui
08:25les derniers
08:25à l'échelle européenne
08:27en termes d'engagement
08:28par le travail
08:28et de productivité
08:29horaire du travail.
08:29Donc,
08:30on ne part quand même
08:30pas en étant
08:31les premiers de la classe.
08:32Mais néanmoins,
08:33je trouve que
08:34quand on se plonge
08:35dans les armées
08:35et qu'on regarde
08:36la qualité du leadership
08:37qu'on dirait,
08:37c'est tout l'objectif
08:39du commandement
08:39Ne dors jamais,
08:41on se dit qu'il y a
08:42probablement quelque chose
08:43à faire d'un point de vue RH
08:44mais également
08:45d'un point de vue
08:46un peu réveil
08:47du cœur de la France.
08:48Mais c'est un sujet
08:48que vous portez,
08:49chez France Travail,
08:50au-delà de faire matcher
08:50une offre,
08:51un secteur
08:52et des salariés
08:53qui vont venir se présenter,
08:54il faut avoir ce discours
08:55qu'évoque Emmanuel,
08:56c'est-à-dire l'idée
08:57comme ça
08:57d'un métier
08:58qui vous dépasse,
08:59qui est un peu plus grand
09:00que vous finalement.
09:00C'est effectivement
09:01le travail qu'on a conduit
09:03avec le J4,
09:04le groupement
09:04des industriels de l'armement.
09:05C'est tous les industriels.
09:07Terrestres,
09:07voilà,
09:08parce qu'effectivement,
09:09et je vous rejoins,
09:10il y a la raison d'être
09:11de l'entreprise.
09:12Alors,
09:12l'armée
09:13et la défense,
09:14pour les plus jeunes,
09:16ça peut parler
09:17ou ne pas parler.
09:18Donc,
09:18c'est aussi réenchanter
09:20le désir
09:21d'aller dans ces filières-là,
09:22le désir d'aller
09:23dans l'industrie
09:24où il y a
09:24un pouvoir aussi
09:26d'évolution réelle
09:28avec des conditions
09:29de travail
09:30qui sont
09:30mieux encadrées
09:31peut-être que
09:31dans d'autres filières.
09:33En tout cas,
09:33déjà,
09:34créer l'envie
09:35d'aller dans ces secteurs-là,
09:37c'est fondamental.
09:37Envie d'avoir envie,
09:38oui.
09:38Mais c'est déterminant,
09:40c'est la base.
09:42Peut-être que Caroline
09:43pourra en parler,
09:43il y a un papier du monde,
09:44je sais que tu voulais en parler,
09:46mais sur la difficulté
09:47des PME,
09:48des boîtes sous-traitantes
09:49qui se plaignaient
09:49parce que les commandes
09:50sont longues,
09:51on en parlera peut-être,
09:52le financement limité,
09:54la DGA,
09:55espèce de gros machin
09:56administratif
09:57qui fait qu'à côté,
09:58il y a des petites boîtes
09:59de start-up
09:59qui veulent vendre
10:00leur drone
10:00et qui n'y arrivent pas.
10:01C'est aussi ça
10:02l'économie de la défense.
10:03C'est 4 500 entreprises.
10:04Eh oui.
10:06Caroline,
10:06vous vouliez racheter
10:06quelque chose ?
10:07Oui,
10:07mais déjà,
10:07il y a un enjeu,
10:08je pense,
10:08de rapprocher
10:09les parcours de formation
10:09avec l'industrie de défense
10:10et les petites entreprises
10:11n'ont pas les moyens
10:12de Safran ou Thalès
10:13qui ont ouvert
10:13leur propre centre de formation.
10:15Il y a une enquête
10:15qui avait été menée
10:16par l'observatoire
10:17de la défense
10:17du comité Richelieu
10:18et à peu près
10:19la moitié des répondants
10:20qui est PME et ETI
10:21disaient ne pas réussir
10:23à recruter
10:23pour remplir
10:24leur carnet de commandes.
10:25Mais pour être concret,
10:26parce que là,
10:27on est dans l'idée
10:28d'un beau métier,
10:29le travail d'équipe,
10:30la nation,
10:31le drapeau,
10:31enfin finalement,
10:32des valeurs qui avaient,
10:32je le redis,
10:33un peu disparues
10:34de notre mental
10:34depuis presque 30 ans.
10:3670 ans.
10:3770 ans,
10:38depuis 45,
10:38depuis la paix.
10:40Comment on réinsuffle cela ?
10:42Ça passe par,
10:43évidemment,
10:43le travail de France Travail,
10:44mais ça va au-delà.
10:46C'est les écoles,
10:47c'est les écoles de formation,
10:48c'est les profs,
10:49c'est l'encadrement,
10:49comment on fait concrètement ?
10:50Et l'image aussi du secteur,
10:51c'est ce que vous disiez,
10:52l'image du secteur de la défense.
10:54Et ça commence par l'éducation nationale
10:56qui a créé des classes défense
10:58qui sont là aussi
10:59pour donner aussi
11:00à voir sur ce secteur
11:01et puis dans le financement
11:03des formations
11:04parce que France Travail
11:05est le deuxième financeur
11:07de formation.
11:08Donc il y a aussi
11:09comment on s'adapte
11:10parce que vous avez raison,
11:11on ne recrute pas
11:11dans une PME.
11:12J'y étais encore
11:13il y a deux jours,
11:14on ne recrute pas
11:15dans une PME
11:15parce qu'il n'y a pas
11:16les services RH associés
11:18et c'est là
11:18où on doit avoir
11:19une valeur ajoutée collective
11:20parce que je pense
11:22que le chef d'entreprise
11:23doit être débarrassé
11:24de la charge mentale
11:26sur ces sujets-là,
11:27faire confiance
11:28aux services
11:29à disposition collectif
11:31pour qu'il y ait
11:32une vraie offre de services
11:34proposée
11:34et sortir de cette difficulté
11:37liée à l'hétérogénéité
11:38des ressources.
11:39Marc Landré.
11:40Je crois qu'on a
11:40un problème de conception
11:42de ce que sera
11:43la guerre demain.
11:44La guerre demain
11:44n'est pas la guerre d'hier.
11:45La guerre demain,
11:46ce ne sera pas
11:47une guerre de projection
11:47d'hommes et de femmes
11:48sur un terrain militaire.
11:49On le voit,
11:49c'est une guerre de drones,
11:51c'est une guerre d'IA,
11:52c'est une guerre d'intox,
11:53c'est une guerre de stratégie
11:54et donc ça veut dire
11:56que, évidemment informationnelle,
11:58ça veut dire que
11:59les compétences
11:59qui vont être recherchées
12:00demain ne sont pas
12:01des compétences
12:02telles qu'on les pensait
12:03il y a 50 ou plus ans.
12:05Donc, en vérité,
12:05demain, l'industrie
12:07de la défense,
12:08ça ne va pas être
12:09des militaires.
12:10Ce ne sont pas des gens
12:10à qui on va apprendre
12:11à faire la guerre,
12:12à qui on va apprendre
12:12à tuer.
12:13On va leur apprendre
12:14à coder,
12:15on va leur apprendre
12:15à utiliser
12:16des process numériques.
12:18On voit en Ukraine
12:19que le char qui avait disparu,
12:20si je peux me permettre,
12:21Emmanuel, je sentais
12:22qu'elle allait,
12:22le char avait disparu,
12:23on les avait rangés au garage
12:24et on voit qu'en Ukraine,
12:25le drone a fait son apparition
12:26de manière massive,
12:28mais le char est là.
12:29C'est-à-dire qu'on ressort
12:29le char,
12:31on s'envoie des obus,
12:33c'est intéressant ça.
12:34Moi, je trouve que
12:34pour répondre à l'appel d'air
12:36dont on a besoin,
12:38en fait,
12:38le premier remède à activer,
12:40c'est celui de la politique.
12:42C'est-à-dire qu'il nous faut
12:43des leaders politiques
12:45au niveau des enjeux
12:46et du contexte international,
12:47en capacité de faire comprendre
12:50que la souveraineté,
12:51ce n'est pas se rabougrir sur soi,
12:53mais c'est préserver
12:54son indépendance,
12:55sa liberté,
12:56sa civilisation
12:56qui s'est faite
12:57sur le tel des humanités.
12:59Ce sont des leaders militaires
13:02qui sont aujourd'hui
13:03un peu cachés quand même,
13:04qu'on garde derrière.
13:07Ils s'ouvrent doucement quand même.
13:08Je parlais du général Chine,
13:10c'était intéressant.
13:10Je pense qu'ils sont plus cachés
13:12qu'ils ne se cachent.
13:13En tout cas,
13:14c'est très intéressant
13:15de les exposer,
13:16donc il faut les inviter ici,
13:17parce que quand vous invitez
13:19un Pierre Vendier,
13:20par exemple,
13:21un Éric Malbruneau
13:22ou un Marc-Antoine de Saint-Germain
13:23qui sont trois amiraux,
13:25vous avez déjà,
13:26un,
13:26une énorme claque
13:27en termes de lecture géostratégique.
13:29Ils sont brillantissimes.
13:30Sans aucune complaisance.
13:31Deux,
13:31vous avez une leçon de stratégie.
13:33Trois,
13:33vous avez l'incarnation du leadership.
13:35Et déjà,
13:35commencer par ça,
13:36ça ouvre un appel d'air
13:38et une envie,
13:39pas simplement que pour les jeunes d'ailleurs,
13:40parce qu'il y a des grosses réflexions
13:42en ce moment
13:42au sein des armées
13:44sur la réserve
13:44et la réserve,
13:45elle concerne tout le monde.
13:46C'est-à-dire que c'est du patriotisme
13:47à remettre dans nos têtes
13:48et à mettre très loin finalement
13:50de Zemmour,
13:51Knafow,
13:51le RN,
13:52etc.
13:53Ils se sont effectivement emparés
13:55de ce concept de souveraineté.
13:56Je suis tout à fait d'accord.
13:57Et le drapeau au passage.
13:59Il faut changer complètement
14:00le logiciel de recrutement
14:01et de mobilisation
14:02des individus
14:03dans le cadre de confirmer
14:04qu'ils vont changer de forme.
14:06Vous parliez de la réserve.
14:07Il y a énormément de possibilités.
14:09Aujourd'hui,
14:09en vérité,
14:10les talents,
14:10ils existent.
14:11Il faut simplement
14:11aller les chercher,
14:12les trouver,
14:12les convaincre.
14:13Et donc,
14:13c'est trois.
14:14Et les payer ?
14:15Les payer,
14:16franchement,
14:17les payer,
14:17l'argent,
14:18il suffit de bien l'orienter
14:20et il suffit de le décider.
14:22Le problème,
14:22c'est d'aller chercher
14:23les compétences
14:24là où elles existent.
14:25Je vais prendre deux exemples
14:27très pratico-pratiques
14:28de ce qui a été fait
14:29en France et ailleurs
14:30pour montrer que c'est possible.
14:31En France,
14:31c'est le nucléaire,
14:32la mobilisation pour le nucléaire,
14:33notamment avec France Travail.
14:37Le programme nucléaire
14:37qui avait été laissé
14:38en Acher pendant des décennies.
14:40Ça ressemble un peu
14:40à la guerre.
14:41Il y a eu une vraie mobilisation
14:42de l'ensemble des acteurs
14:43avec la création
14:44d'une université du nucléaire
14:45pour être capable
14:46d'aller chercher
14:473, 4 000, 5 000 personnes
14:48à horizon de 10 ans
14:49pour pouvoir fournir
14:50la main d'oeuvre,
14:52le talent dont on avait besoin.
14:53Donc, c'est possible
14:54à partir du moment
14:55où l'ensemble de la filière
14:56le décide
14:56et se met autour de la table
14:57pour essayer de le faire.
14:58Ça, c'est le premier point.
14:59Le deuxième point,
14:59regardez ce qui s'est passé
15:00à Détroit, aux Etats-Unis.
15:01Détroit, ville
15:03totalement saccagée,
15:03sinistrée, post-automobile.
15:05Ils ont décidé,
15:06ils se sont dit
15:06on va en faire quelque chose.
15:07Ils ont transformé Détroit
15:08d'une ville auto
15:09en une ville de défense.
15:10Et donc, ils sont allés chercher
15:11les viviers de compétences
15:12là où elles existaient,
15:14là où elles existaient,
15:14dans l'automobile.
15:15Ils les ont reconvertis
15:17dans le monde de la défense
15:18et aujourd'hui,
15:19Détroit est une capitale mondiale
15:21de la défense
15:22qui compte dans l'écosystème
15:23parce qu'elle a su penser
15:25stratégie à moyen terme
15:26et reconvertir des gens
15:27qui avaient des compétences similaires.
15:29Je ne vous pose pas la question
15:30côté France Travail
15:30parce que je ne pense pas que...
15:32Mais est-ce qu'on va réutiliser
15:33les salariés de l'automobile
15:34puisque les Chinois
15:34sont en train d'envahir le marché ?
15:35C'est exactement ce que j'avais dit.
15:37C'est déjà le mouvement.
15:38Le mouvement se passe en Allemagne
15:40avec Volkswagen
15:41qui se réoriente sur la défense.
15:44Ça sera pareil
15:45et Renault, par exemple,
15:46est déjà dans le mouvement.
15:47Engagé.
15:48Engagé sur le sujet.
15:49Moi, juste, peut-être,
15:50se donner aussi un repère.
15:52La compétence, il y a 30 ans,
15:55en 1983,
15:55la durée de la compétence
15:56était 30 ans.
15:57Maintenant, c'est deux ans.
15:58Ça veut dire aussi
15:59que les entreprises
16:00doivent garantir
16:02pour fidéliser
16:03que la compétence
16:04s'adapte aussi
16:06aux évolutions
16:07du marché.
16:08Mais excuse-moi,
16:08il y a un sujet
16:09qu'on n'a pas évoqué
16:09mais c'est un peu
16:10l'éléphant au milieu de la pièce.
16:11On se bat contre qui, là ?
16:12Parce qu'on est en train
16:13de préparer une sorte
16:14d'économie de guerre.
16:15On a tous un discours
16:15un peu martial.
16:16On s'accroche le drapeau
16:18de l'arbre au pied.
16:20On le connaît.
16:21Il est où ?
16:22Je veux dire, c'est quoi ?
16:23L'ennemi, il est partout
16:23et on le connaît.
16:24C'est les nouveaux impérialismes
16:25du XXIe siècle.
16:26C'est ceux qui veulent reconquérir
16:28les terrains perdus d'avant.
16:29Les États-Unis,
16:30c'est la Russie,
16:31c'est la Chine.
16:32À la limite,
16:32on n'a même pas besoin
16:33de les identifier plus.
16:34On sait qu'ils sont là.
16:34Donc le danger est là.
16:35Le danger est là.
16:36Il n'est pas virtuel.
16:37On le voit en Ukraine.
16:38On le voit au Moyen-Orient.
16:40On le voit,
16:41il suffit d'aller se promener
16:43en Asie,
16:43la Chine,
16:44ce qui se passe aux alentours.
16:46La menace,
16:46elle n'est pas virtuelle.
16:48Elle est réelle.
16:49Les morts,
16:49ils se comptent.
16:54On est au-delà maintenant
16:55du réveil psychologique.
16:57La guerre est une réalité.
16:59Et puis la guerre hybride
17:00et la guerre informationnelle,
17:01c'est déjà une réalité en France.
17:04C'est une grande partie
17:05de l'effort des militaires actuels
17:07de faire ce grand écart
17:09entre quand même,
17:10à la fin,
17:11c'est des corps qui meurent.
17:12Donc ça,
17:13il ne faut pas l'oublier.
17:14Et de l'autre côté,
17:16la capacité à faire
17:17du renseignement sur les ouvertes,
17:19à maîtriser les très hautes technologies,
17:22à travailler aussi.
17:23Ça, c'est un gros défi
17:24pour les armées demain,
17:25mais en mode dégradé
17:26dans un monde hyper-hiaïsé
17:28où il faut savoir,
17:29en fait,
17:30réagir comme si on était
17:31au milieu du désert
17:32sans aucun outil,
17:32ce qui nécessite
17:33des aptitudes professionnelles
17:35et une maturité
17:35qu'on n'a pas
17:36quand on a 20 ans.
17:37Donc il y a cette espèce
17:38de grand écart aujourd'hui
17:39à adresser en termes de compétences.
17:40Et vos équipes sur le terrain,
17:41Caroline,
17:41je vous donne la parole.
17:42Il y a peut-être quelque chose
17:42qu'on n'a pas évoqué non plus,
17:43mais les PME et ETI
17:44disent qu'un de leurs enjeux,
17:45c'est aussi l'attractivité
17:46des territoires
17:47pour pouvoir attirer
17:48les talents.
17:49Je pense à Bourges
17:50qui est un territoire militaire.
17:52Exactement.
17:52La Bretagne,
17:53on parle avec la cyber.
17:54Mais concrètement,
17:55les jeunes,
17:55pour en venir à nos jeunes,
17:56on parle des jeunes Z,
17:57ou les vieux,
17:58ou les jeunes,
18:15pour les réarmer.
18:16Ça, c'est un sujet
18:17que vous avez.
18:17Vous avez des gens
18:18qui viennent et qui vous disent
18:19moi, je n'ai pas envie
18:19de bosser pour la défense,
18:20moi, je n'ai pas envie
18:22parce qu'ils ont été éduqués
18:23dans cette espèce
18:24d'économie de la paix.
18:25Comment vous faites là ?
18:26Alors, peut-être se dire
18:29que par exemple,
18:30si on prend l'industrie,
18:31il y a du civil
18:32et du militaire
18:32dans une PME.
18:34Et que quand on fait un boulon,
18:35celui qui fait le boulon,
18:36il ne sait pas forcément
18:38pour qui...
18:39Il sait qu'il bosse
18:39pour l'industrie de défense
18:40quand même en général.
18:41Oui, mais on ne sait pas
18:42pour qui et on ne sait pas
18:43parce que ça aussi,
18:43c'est dans la chaîne,
18:45la supply chain,
18:46il y a aussi le sujet
18:47de garantir une forme
18:48de secret dans la mise en œuvre.
18:52Moi, je voulais juste
18:53revenir sur la souveraineté
18:54parce qu'on parle de l'industrie,
18:55mais il y a la souveraineté alimentaire,
18:57il y a la souveraineté
18:58en termes de transport
18:59parce qu'au-delà
19:00de faire des pièces,
19:02il faut pouvoir les déplacer
19:03et avoir tous les réseaux
19:05fluviaux, terrestres,
19:08ferroviaires.
19:09Et donc, il y a aussi
19:09une économie à sécuriser
19:11et là aussi,
19:13vous vous évoquiez
19:13les silos,
19:15on a aussi à avoir
19:15une approche commune.
19:17Donc ça, c'est sûr,
19:18il nous reste très peu de temps,
19:19mais c'est quoi ?
19:19C'est à 10 ans ?
19:20On est à 10 ans,
19:21dans les projections,
19:23il y a 10 000 emplois
19:23à pourvoir, 25 000 à créer...
19:24Il y en a 1 million
19:25de départs à la retraite
19:26d'ici 2030, donc...
19:27Donc c'est à 5 ans.
19:29Et le réarmement des esprits,
19:30je pense qu'il est maintenant.
19:31Vous avez vu cette enquête
19:32Malakoff-Médéric 2025,
19:3445% des travailleurs
19:36sont en détresse psychologique.
19:37Tout à fait.
19:38Dernier chiffre, Malakoff.
19:39On part de loin quand même.
19:40Donc redonner du sens
19:41que vous évoquez.
19:42Ça, c'est une urgence absolue.
19:43Merci à vous.
19:44Et c'est des programmes
19:44à moyen terme
19:45parce que ça va très très vite.
19:46Je veux dire,
19:47qui aurait cru il y a 5 ans
19:48qu'on allait avoir
19:49la guerre en Europe ?
19:49Personne.
19:50C'est vrai.
19:50Et donc, qui pensait
19:51que sur la guerre informatique,
19:53que Mythos,
19:54d'Entropie,
19:55qu'elle allait être capable
19:56de lever un certain nombre
19:57de failles
19:57dans les protections
19:58de toutes les entreprises ?
19:59Tout va très vite.
19:59Très très vite.
20:00Ça s'est accéléré.
20:0110 000 emplois.
20:02France Travail sera présent
20:03à Satori 2026,
20:04qui est un salon exceptionnel.
20:05Pour ceux qui s'intéressent
20:06à tous ces sujets,
20:06c'est un salon absolument dingue.
20:08Merci à vous,
20:08Emmanuel Duez,
20:10entrepreneuse
20:10de Bosom Project
20:11avec ce livre passionnant
20:13« Le commandement ne dort jamais »
20:15édition de l'Aube.
20:16Merci à vous,
20:17chère Caroline.
20:17Merci à vous,
20:17Caroline Rifard.
20:19Vous serez peut-être présente
20:19à Satori ?
20:20Ah oui, je suis jeudi.
20:21Eh bien voilà.
20:22On ira jeudi.
20:23Directrice régionale Adjointe,
20:24France Travail,
20:24Île-de-France.
20:25Merci à Marc Landré.
20:26Sia, on ne dit plus,
20:27Sia Partner.
20:28Non, on ne dit plus.
20:28Je n'ai pas fait l'erreur.
20:29C'est très bien.
20:30C'est parfait.
20:30On reste focus.
20:31Merci à l'équipe,
20:32merci à Nicolas Juchat,
20:33Léa évidemment,
20:34et merci à Charles à la réalisation,
20:35et merci à Alexis Ausson,
20:37merci à vous pour votre fidélité.
20:39Je vous dis à bientôt.
20:39Bye bye.
20:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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