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Vendredi 15 mai 2026, retrouvez Caroline de Senneville (journaliste, Décideurs RH), Julie Legoubin (Responsable diversité et inclusion, Schneider Electric France), Boris Smolic (directeur grands comptes épargne, Malakoff Humanis) et Jean de Calbiac (avocat en droit social) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:08Bonjour à tous, vous regardez SmartJob, votre rendez-vous emploi, RH et management sur Bsmart4Change.
00:13Aujourd'hui, on s'intéresse à la féminisation dans les métiers de l'industrie.
00:17On va s'intéresser au cas spécifique d'une très grande entreprise française, Schneider Electric.
00:22On va en parler en tout début d'émission avec mon invité.
00:25Et dans la seconde partie, un gros débat sur quelque chose qui paraît très simple, en tout cas qu'on
00:30connaît tous, la fiche de paye, mais qu'on ne lit quasiment pas en entier.
00:33On ne regarde que la ligne Salaire Net.
00:35On a sûrement tort, mais les experts vont tout nous dire en seconde partie d'émission.
00:40Caroline de Seineville sera avec moi, comme d'habitude, pour décrypter.
00:44Mais avant ça, tout de suite, on commence avec Bien dans son job.
01:00Féminiser les métiers de l'industrie, c'est une nécessité sur le plan économique, c'est une nécessité sociale aussi.
01:06C'est une question peut-être morale, éthique.
01:09Et on va en parler avec mon invité Julie Legoubin.
01:11Bonjour.
01:11Bonjour.
01:13Responsable, diversité, inclusion, dans une très grosse machine, Schneider Electric France.
01:20Ça représente quoi votre travail aujourd'hui chez Schneider Electric France, la féminisation ?
01:25À l'heure actuelle, combien de femmes travaillent dans vos équipes ?
01:29Alors la féminisation de nos métiers, c'est un vrai enjeu business, c'est un vrai enjeu compétence, c'est
01:34un vrai enjeu concurrentiel dans le marché dans lequel on opère.
01:38Aujourd'hui, chez Schneider Electric, c'est 32% de femmes.
01:41Est-ce qu'il y a un bon score à l'échelle de l'industrie ?
01:43Alors, ça peut être un bon score, parce que quand on compare cette statistique au métier technique, pure technique, on
01:49tombe à 20%.
01:50Donc on peut considérer qu'au global, on est un peu au-dessus.
01:53Mais l'enjeu reste fort, notamment parce qu'on doit donner et pouvoir offrir des opportunités à tous.
02:02On n'a pas à se priver de 50% de la population, finalement.
02:04Exactement.
02:05Et vous dites, c'est un enjeu business.
02:07Pourquoi c'est un enjeu business d'avoir forcément plus de femmes qui travaillent ?
02:11Ça rendrait les équipes plus efficaces ?
02:13Eh bien, en effet, il y a un certain nombre d'études qui le disent.
02:16Chez Schneider Electric, on est convaincu que si chacun se sent à sa place et contributeur de la chaîne de
02:22valeur de l'entreprise,
02:23du coup, ça apporte de la performance, ça apporte de l'innovation, ça apporte du plus concurrentiel.
02:28Donc voilà pour ça.
02:28Mais aussi parce qu'on sait qu'un environnement genré, c'est un environnement qui peut susciter du sexisme.
02:34Et on connaît les impacts néfastes du sexisme au travail.
02:38Donc travailler sur une mixité de genre au travail, c'est aussi un levier de prévention globale.
02:43C'est un levier de meilleure qualité de vie et de condition de travail.
02:46Là, on parle de mixité de genre, mais ça vaut pour toutes les catégories de mixité.
02:52Tous les profils, toutes les diversités, ça accompagne et ça aide chacun à se sentir librement lui-même
02:58et du coup, à être beaucoup plus moteur dans la performance et l'innovation de l'entreprise.
03:02Et là, dans votre discours, on sent que c'est dans l'air du temps, on sent que c'est
03:07positif, on sent que c'est bien de le faire.
03:09Et tout le monde le dit.
03:10Il y a un consensus, tout le monde dit qu'il faut féminiser les métiers de l'industrie.
03:14Pourquoi, malgré tout, c'est si dur, c'est si lent ?
03:18Eh bien, parce que les biais, les stéréotypes, la culture, tout ça, ça rayonne autour de nous.
03:24Et que, de manière consciente ou inconsciente, ça va influencer les choix qu'on va faire quand on est enfant,
03:29quand on est adolescent ou plus grand, vers des choix d'études ou de formation.
03:33Et que, spontanément, on ne va peut-être pas se diriger, quand on est une jeune fille, vers des métiers
03:37techniques.
03:38C'est un métier de maître.
03:39C'est plutôt à connotation masculine ou inversement, vers des métiers du soin, quand on est un jeune garçon.
03:45Donc, on sent le poids, quand même, de ces histoires et de cette norme un peu genrée qui va influencer
03:52les orientations.
03:53Ça veut dire que, là, on parle d'un sujet que vous traitez dans l'entreprise, mais en réalité, ça
03:59devrait se traiter à l'école.
04:00C'est un sujet sociétal.
04:01C'est un sujet sociétal.
04:02Et quand on s'engage, pour plus de mixité, dans les métiers, on s'engage, finalement, sur l'ensemble de
04:08l'écosystème,
04:08que ce soit au niveau de l'éducation, aussi de l'orientation et aussi de l'emploi.
04:13Donc, nous, en tant qu'entreprise, on a cette action citoyenne, avec plus de 150 ambassadrices des formations techniques.
04:19Qui vont dans des écoles ?
04:20Qui vont dans les écoles.
04:21Et dès le plus jeune âge, elles interviennent même en primaire.
04:24Ok.
04:25Justement, pour parler...
04:26J'allais dire maternelle, mais non, c'est encore un peu tôt, peut-être.
04:27Voilà.
04:28Mais même en primaire, pour parler de leur métier au féminin.
04:31Et influencer, justement, les choix d'orientation.
04:35Et puis, déverrouiller, peut-être, quelques blocages.
04:37Je dirais, ça joue aussi dans les familles, aussi.
04:40Exactement.
04:41Mais ça, c'est notamment le rapport...
04:42On ne peut pas rentrer dans les familles en tant qu'entreprise.
04:44Non, mais on voit des rapports, comme par exemple le rapport de l'état du sexisme en France,
04:48du Haut Conseil à l'égalité, qui mentionne cette dimension-là.
04:51Et à quel point, finalement, l'environnement personnel, familial, peut aussi influencer les choix.
04:56Exactement.
04:57Et comment vous travaillez au-delà des ambassadrices et des ambassadeurs ?
05:01Donc, il y a aussi des hommes, quand même, qui vont dans les écoles.
05:03Ce n'est pas que des femmes ?
05:04De plus en plus.
05:05De plus en plus.
05:06Mais c'est vrai que c'est un réseau qui, lui aussi, se mixifie.
05:10Donc, il y a des hommes qui...
05:11Qui vont aussi dans les écoles.
05:13Exactement.
05:13Mais au-delà de ça, à l'intérieur de vos équipes, donc, si j'ai bien compris,
05:16il y a un peu de réseautage, notamment pour faire informer sur les opportunités,
05:23notamment de postes en interne ?
05:25Alors, plus que du réseautage, il y a un sponsorship, un leadership engagé.
05:29C'est-à-dire qu'on a un PDG qui est engagé, un directeur général qui est engagé
05:33et qui est rôle modèle, puisqu'on a un comex, aujourd'hui, chez Schneider Electric,
05:37qui est mixte, de la même manière pour nos entités en France.
05:41Donc, ça montre aussi qu'on a des leaders qui montrent comment il faut faire
05:45et qui s'engagent sur le sujet.
05:47Et puis, on a des politiques sociales RH, des process RH qui vont veiller, justement,
05:52au fait qu'il y ait une égalité des chances tout au long de la carrière
05:56et que des femmes qui ont envie d'avoir des postes à responsabilité,
05:59des postes de vice-présidente, puissent aussi y accéder.
06:02Là, j'ai lu, vous visez, d'ici 2030, 40% de femmes dans les postes de leadership.
06:07Ça veut dire quoi, les postes de leadership ?
06:09C'est des postes de vice-président, donc c'est des postes, en effet, où on va avoir...
06:11C'est important, sur des succursales...
06:13Exactement. En tout cas, des postes avec des responsabilités qui sont élargies,
06:17qui sont conséquentes.
06:19Aujourd'hui, en France, on est à 32%.
06:22Donc, ça reste, en effet, quelque chose sur lequel on veut...
06:25Finalement, en 5 ans, faire 8% de plus, ça ne paraît pas si irréaliste.
06:30Non, au contraire. On parle de 25 postes, ce n'est pas tant que ça.
06:34C'est jouable. Et qu'est-ce qui pourrait encore vous empêcher d'y arriver ?
06:38Alors, c'est toujours un petit peu ces biens conscients
06:40qui vont, finalement, nous jouer des tours sans qu'on s'en rende compte consciemment.
06:44Donc, c'est vraiment cette acculturation, cet éveil des consciences.
06:48Attention à, finalement, l'idée reçue que, tiens, on a le bon candidat.
06:53Et parce qu'on a le bon candidat, finalement, on ne va pas les regarder ailleurs.
06:57Il y a d'autres candidats.
06:57Et s'il peut y avoir aussi d'autres candidates. Voilà.
07:00Merci beaucoup, Julie Legoubin.
07:02Donc, la féminisation des métiers de l'industrie, c'est un enjeu qui n'est pas seulement éthique et moral.
07:06C'est un enjeu économique, vous l'avez bien rappelé.
07:09Vrai enjeu business.
07:10Autre enjeu business qui est la fiche de paye.
07:13Tous les salariés de Schneider Electric ont sûrement des fiches de paye
07:16qui sont très bien rédigées avec beaucoup de lignes.
07:18Parce qu'il y a sûrement beaucoup d'avantages.
07:19Mais la plupart des salariés français ne comprennent pas forcément toutes les infos.
07:23On va essayer de décrypter ça avec mes invités.
07:38Si vous êtes salarié, vous en avez une.
07:40La question, c'est est-ce que vous la lisez ?
07:42Et surtout, est-ce que vous la comprenez ?
07:43Puisque la fiche de paye, ce n'est pas simplement l'information du salaire net.
07:47Il y a beaucoup d'autres lignes qui nous disent beaucoup de choses sur, notamment, vos cotisations.
07:52Un peu moins sur celles de l'entreprise, même s'il y en a.
07:55On va expliquer tout ça avec mes invités.
07:57Boris Smolik, bonjour.
07:59Bonjour.
07:59Vous êtes responsable, directeur grand compte pour Malakoff Humanis.
08:03Donc, directeur grand compte épargne, si je suis précis.
08:06Combien de fiches de paye chaque mois sont éditées par Malakoff Humanis ?
08:10Environ 10 000 salariés.
08:12Donc, ça fait beaucoup de travail pour le service etrage.
08:13Donc, je pense que c'est une équipe quand même assez consistante pour éditer tout ça.
08:18Oui, oui, oui, tout à fait.
08:19Et on a un contrat social qui est assez riche.
08:21Donc, beaucoup de lignes.
08:22Beaucoup de lignes à lire et à comprendre.
08:24À côté de vous, Jean de Calbiac, bonjour.
08:26Bonjour.
08:26Avocat en droit social.
08:28Donc, vous savez lire les fiches de paye.
08:30Et j'imagine que vous devez savoir lire les fiches de paye de vos clients,
08:34ou en tout cas des salariés de vos clients, quand vous les défendez, qu'il y a des contentieux.
08:37Vous allez nous expliquer, justement, dans ces 20 minutes qu'on va passer ensemble,
08:41parfois, si certaines erreurs sur les fiches de paye peuvent avoir des conséquences aussi,
08:45quand il y a des contentieux prud'homos.
08:47Et à côté de moi, comme tous les vendredis, Caroline de Seineville, bonjour.
08:51Bonjour, Nicolas.
08:51On va mettre les pieds dans le plat tout de suite.
08:53Combien de personnes lisent vraiment leurs fiches de paye chaque mois ?
08:56Beaucoup.
08:57Le Club Landois a publié une étude en septembre dernier sur la compréhension de la fiche de paye par les
09:03salariés français.
09:0564% d'entre la liste des réceptions de la fiche de paye.
09:09En revanche, concernant sa compréhension, ce n'est pas la même chose.
09:1383% ne lisent que la ligne relative aux salaires nets.
09:17Et seuls 13% déclarent comprendre toutes les cotisations qui sont inscrites sur la fiche de paye.
09:22Jean de Galbiac, on avait eu un Maxime Sbailly, du Club Landois, qui était venu présenter cette étude.
09:27C'était en octobre dernier.
09:28Il nous disait 15 millions de personnes la lisent, donc ça fait de la fiche de paye le magazine le
09:32plus lu de France.
09:33Mais si on ne lit qu'une seule ligne, si c'était comparable à un magazine, ça équivaudrait à regarder
09:38quoi dans ce magazine ?
09:40Alors justement, il y a plusieurs...
09:42C'est toute la question de comment est-ce qu'on est payé.
09:44Qu'est-ce qu'on regarde ?
09:45On peut regarder la première ligne, c'est-à-dire qu'on peut regarder le scélère boot, mais qui ne
09:50veut pas dire grand-chose.
09:51Et après, depuis l'entrée du prélèvement à la source, on va lire deux salaires nets.
09:56Un salaire net social et un salaire net effectivement payé aux salariés, c'est-à-dire salaire net après prélèvement
10:03à la source.
10:04Ce qui veut dire que le salaire brut, on ne le regarde pas forcément beaucoup, mais quand on est par
10:09exemple employeur,
10:10Boris Molick, le brut veut dire beaucoup plus de choses que le salaire net, non, au final ?
10:16Ça reste un élément déterminant, notamment dans le recrutement, puisqu'on parle toujours en salaire brut, éventuellement un salaire fixe.
10:24En tout cas, les employeurs.
10:25Les employeurs.
10:25Pas forcément les salaires à y ajustement.
10:27Mais lorsqu'on fait une promesse d'embauche ou qu'on rédige un contrat, ce contrat est rédigé avec des
10:33rémunérations brutes,
10:34qu'elles soient sur le salaire fixe, le salaire éventuellement variable, s'il y a une part variable.
10:39Et il y a tout un tas de composantes qu'on va retrouver dedans, qui vont apparaître directement sur le
10:46butin de salaire,
10:47mais pas dans le contrat de travail.
10:48Tout ce qu'on appelle les avantages sociaux.
10:50On y viendra peut-être tout à l'heure, mais ils font partie.
10:53Ça va faire des lignes supplémentaires, mais qu'on ne détaille pas, en réalité, totalement dans le contrat de travail.
11:00Et c'est ça qui rend peut-être la lecture un peu plus compliquée pour les salariés.
11:05Certaines personnes, Jean de Colbiac, ils disent que la fiche de paye est limite plus importante que le contrat de
11:12travail à un certain stade.
11:13C'est-à-dire que c'est peut-être là où il y a les infos les plus importantes, surtout
11:17s'il y a des évolutions salariales,
11:19des avenants peut-être, ou même des accords oraux qui sont noués entre l'employeur et son salarié.
11:25Ce qui n'est pas forcément rajouté au contrat va l'être forcément sur la fiche de paye, que ce
11:30soit une augmentation salariale ou autre.
11:31Oui, c'est-à-dire qu'en fait, la fiche de paye va refléter la réalité de la situation d
11:36'un salarié à un moment donné.
11:38Donc, elle va refléter ces éléments. Qu'est-ce qu'elle va refléter ?
11:41Elle va refléter la rémunération brute.
11:43D'un point de vue contractuel et juridique, en fait, on se fie souvent à la rémunération brute,
11:46ne serait-ce que pour calculer une indemnité de départ ou pour des dommages à intérêts, on se réfère à
11:50la rémunération brute.
11:52Bien évidemment, le salarié va se voir par rapport au net, au net social.
11:56Et ça va faire naître chez lui, en fait, une question.
12:00Pourquoi y a-t-il une telle différence entre le brut et le net ?
12:03D'autant plus, et là, je vais me tourner encore vers le côté employeur,
12:07il y a une ligne qui n'est pas très explicite, cotisation patronale.
12:12Et c'est qu'une seule ligne, mais en fait, c'est une seule ligne qu'on pourrait ouvrir,
12:16et ce serait un tiroir quand même assez long.
12:18Et Maxime Sbailly du Club Langlois nous disait, il y a un petit problème avec cette ligne-là,
12:22c'est que les gens minimisent les vraies cotisations des employeurs dans le système social.
12:28Par exemple, dans cotisation patronale, on a quoi comme entrée ?
12:32On va avoir toutes les cotisations retraite, les cotisations chômage,
12:36on va avoir toutes les cotisations de notre système de protection sociale.
12:40Et donc, côté salarié, on voit aussi ces lignes-là, on cotise même à l'AGS,
12:44l'assurance garantie salaire, mais dans les cotisations patronales,
12:47il y a certaines lignes que nous, on ne voit pas, mais où l'employeur paye quand même chaque mois.
12:51Elles sont globalisées, puisqu'il y a eu une volonté du législateur, par les années passées,
12:55de simplifier la lecture du contrat de travail, et en simplifiant la lecture du contrat de travail,
13:00ça a été de compiler toutes ces cotisations patronales.
13:03Et donc, du coup, ça donne un côté un peu opaque à la réelle valeur du travail,
13:09et à ce que la relation de travail coûte à l'employeur.
13:15Et donc, elles sont effectivement globalisées.
13:18Et donc, à l'intérieur, il faudrait pouvoir distinguer, sous-distinguer,
13:23donc toutes les cotisations pour quel organisme de protection sociale ça finance, exactement.
13:30Et d'ailleurs ?
13:31D'ailleurs, ça représente quoi, en fait, comme conséquence,
13:34le fait qu'on ne comprenne pas les cotisations ?
13:36Justement, l'étude du Club Blondois montre que seuls 52% des salariés interrogés
13:40ont conscience que leur propre cotisation ne finance pas leur future pension de retraite.
13:45Ça, pour l'aspect retraite, oui.
13:46Ça, c'est un problème de compréhension de notre modèle de par répartition et capitalisation.
13:51Les gens pensent capitaliser, alors qu'en fait, on paye pour ceux qui sont actuellement retraités.
13:56On y reviendra peut-être après, mais il y a un truc peut-être plus grave, Jean de Calbiac,
14:01c'est si on ne comprend pas dans quoi l'entreprise, l'employeur cotise,
14:05peut-être que justement, on sous-évalue le coût que l'on a pour l'employeur.
14:09Le ratio, c'est combien entre le net qu'on reçoit et ce qu'on coûte vraiment à l'entreprise
14:14?
14:14Alors, c'est une question qui est très intéressante, puisqu'elle va justement dépendre de votre rémunération.
14:20Et c'est une particularité du droit de la Sécurité sociale française,
14:23c'est qu'en fait, on a des cotisations qu'on appelle les cotisations plafonnées.
14:27Dit autrement, alors, en plus avec un effet également d'exception qui est lié à des réductions Fillon.
14:34Mais c'est-à-dire que votre taux entre le net et le brut va être plus faible pour une
14:40haute rémunération
14:41et plus fort pour une faible rémunération.
14:43Et il est d'autant plus dommage que les salariés ne perçoivent pas l'importance des cotisations sociales patronales
14:49que ces cotisations sociales patronales, et on le fait, puisque nous, en fait, on fait beaucoup d'études
14:53entre les pays dans le cadre de la mise en place de plans de rémunération,
14:58ce sont les cotisations qui sont les plus importantes en Europe.
15:00C'est-à-dire qu'on est à un des niveaux de cotisation sociale patronale le plus important en Europe.
15:05Et le fait que les gens n'aient pas conscience de ça, est-ce que dans l'étude du Club
15:10Landois,
15:10ça a des conséquences sociales, je pense notamment aux gens qui se plaignent de ne pas être assez bien payés
15:14ou de penser que leur patron, par exemple, est un peu radin pour parler vulgairement.
15:18Ils n'ont pas conscience qu'en moyenne, ils coûtent deux fois plus cher à leur employeur que leur salaire
15:23?
15:23Ça, c'est pour jusqu'à quel niveau de rémunération ?
15:25Qu'on va coûter deux fois ce qui apparaît sur le...
15:28Alors, graduellement, vous avez des cotisations qui sont calculées jusque sur la base d'un plafond de la sécurité sociale,
15:34et après, vous avez des cotisations, notamment à Gercarco, qui sont payées jusqu'à 8 fois le plafond annuel de
15:43la sécurité sociale.
15:44Mais en fait, ce qui est frappant, c'est que finalement, on est dans des jeux de plusieurs poches qui
15:49se compensent.
15:50Et on le voit lorsqu'on fait les simulations.
15:52Et qu'est-ce que nous apprennent les simulations qu'on fait entre les pays européens ?
15:55C'est qu'en Europe, la France n'est pas forcément le pays le plus taxé.
16:00Vous allez par exemple en Angleterre, vous allez payer plus d'impôts en Angleterre ou en Allemagne qu'en France.
16:05Mais il y a moins de cotisations de sécurité sociale.
16:07Donc en fait, on a un effet transfert de charges.
16:10C'est que finalement, l'État reporte en France sur les entreprises,
16:15ce qui est payé directement par les salariés dans d'autres pays par le biais de l'impôt sur le
16:22revenu.
16:22Donc c'est terriblement efficace au niveau peut-être du consensus social.
16:26Mais le coût est un peu, est un coût qui est déguisé.
16:29Il y a un petit coût moral aussi.
16:31C'est que parfois, on minimise aussi ce que l'entreprise va apporter aux différentes composantes du système social.
16:37Si on devait conseiller à des gens de regarder leur fiche de paye et de leur dire,
16:41voilà, regardez pas le salaire, mais regardez les autres infos,
16:44quelles seraient les trois grosses infos clés à regarder chaque mois si on ne devait en choisir que trois ?
16:49Vous allez me dire qu'il y a plus, mais si on devait en choisir trois ?
16:52Alors, il y a tous les systèmes de protection sociale que vont être les régimes de santé et de prévoyance.
16:59Puisque l'employeur, chômage également, mais l'employeur a l'obligation de co-financer ses régimes.
17:05Et selon l'entreprise à laquelle on va appartenir, cet effort va être plus ou moins conséquent.
17:09C'est-à-dire qu'à minima, ça doit être de 50%.
17:11Mais il y a des mutuelles, des complémentaires.
17:14Et parfois, il y a des entreprises qui vont jusqu'à 90, voire 100% de la prise en charge.
17:20Donc ça restitue nécessairement du pouvoir d'achat.
17:22Ça, il faut pouvoir le regarder sur son bulletin de salaire.
17:26Les autres éléments, c'est tout ce qui ne va pas être fiscalisé.
17:28Puisqu'on va avoir tout un tas de dispositifs d'avantages sociaux.
17:34Donc on a parlé de la santé, on a parlé de la prévoyance, mais il y a de la retraite
17:38supplémentaire.
17:39Il y a des choses comme ça qui ne sont pas soumises à charge, ou très peu, simplement à ces
17:44GCRDS et à exonérer d'impôts.
17:47Et donc ces éléments-là, on a du mal à bien les repérer sur le contrat de travail.
17:52On a du mal à les repérer, ou est-ce que culturellement, on a du mal à s'y intéresser
17:55?
17:55Parce que là, vous parlez d'une rémunération qui, en fait, est beaucoup plus tardive.
17:59Quand on parle de cotisation retraite, c'est-à-dire qu'on doit se projeter sur, grâce au salaire d
18:05'aujourd'hui,
18:05combien je vais gagner quand je ne travaillerai plus, et ça, les gens s'y intéressent.
18:08Sur la retraite, vous avez parfaitement raison.
18:09En revanche, sur les régimes de santé et de prévoyance, c'est immédiat.
18:12Puisque ce sont des cotisations mensuelles.
18:14Ce sont des cotisations mensuelles, et donc ça restitue du pouvoir d'achat.
18:17Vous avez les frais de transport, de la même manière, quand on parle du pass Navigo.
18:2150% normalement.
18:2250% normalement, mais on a des entreprises, et c'est là où on mesure la qualité du contrat social,
18:27qui vont au-delà, et qui peuvent prendre l'intégralité.
18:30C'est RSE, on peut l'habiller comme on le souhaite.
18:33Ça, c'est les accords inter-entreprise qui vont se refléter sur la fiche de paye.
18:37Exactement.
18:37Et l'autre élément qui est très important, qu'il faudrait regarder sur le bulletin de salaire,
18:41c'est tout ce qui va concerner le partage de la valeur.
18:43Le partage de la valeur, que vont être l'intéressement, la participation,
18:47éventuellement les primes Macron, qu'on appelait les primes Macron,
18:50qui sont désocialisées pour partie et défiscalisées.
18:53On va avoir des abondements que l'on peut capter sur certains dispositifs d'épargne salariale.
18:57Et tout ça, on ne le verra jamais dans la fiche de paye.
19:01Enfin, on le voit sur une ligne spécifique.
19:03Mais ce ne sera pas dans le salaire net.
19:04Ce ne sera pas dans le salaire net, puisque c'est transféré immédiatement.
19:08Vous avez une ligne en haut de bulletin qui vient vous l'attribuer,
19:12et une ligne en bas de bulletin qui vient vous le retirer,
19:15puisque c'est versé à un organisme d'épargne, dont on fait partie, nous, Malakoff,
19:22d'épargne salariale ou d'épargne retraite.
19:24Et donc, ces éléments-là, il faut être capable de les réintégrer.
19:27Et c'est pour ça que les DRH ont compris que la lecture du bulletin de salaire à elle seule
19:32ne suffisait pas.
19:33C'est pour ça qu'ils font des BSI, des bulletins sociaux individuels.
19:37et qui va donner cette vision sur trois rubriques différentes.
19:43Le salaire fixe et éventuellement variable pour ceux et celles qui ont une part variable.
19:47Les avantages sociaux, que j'évoquais tout à l'heure,
19:50et qui là, cette fois-ci, vont être valorisés par l'employeur en plus de la rémunération.
19:54Par des entreprises vraiment bien disantes,
19:56parce qu'on imagine que beaucoup d'entreprises ne vont pas le faire.
19:59Caroline, je me tourne vers vous.
20:01C'est un enjeu d'éducation financière, d'apprendre à lire sa fiche de paye ou pas.
20:05Et c'est la responsabilité de qui de l'enseigner aux salariés ?
20:09Peut-être dès la plus jeune en France, d'ailleurs.
20:12Mais c'est pour ça que le Club Landois avait organisé un événement,
20:15« T'as vu ton aide » l'été dernier.
20:16Voilà, c'était la conférence avec l'étude.
20:18Oui, et qui a été ouvert à tout sur la commune de Saint-Ouen
20:21pour pouvoir sensibiliser à ces enjeux.
20:23Après, l'employeur a aussi sûrement cette responsabilité de sensibiliser.
20:28Parce que dans l'étude, on montre notamment que près de 50% des salariés
20:31n'ont pas conscience que les cotisations patronales rentrent dans leur salaire.
20:34Donc voilà, il y a un vrai sujet aussi de sensibiliser sur ces questions.
20:37Là, ça ressemble presque à de la marque employeur,
20:38quand vous l'expliquez, le DRH,
20:41qui va expliquer tous les gains qui sont au-delà du salaire.
20:44Mais je m'intéresse à une autre chose,
20:46c'est les erreurs potentielles sur la fiche de paye.
20:49Puisque l'étude du Club Landois nous dit
20:50que la plupart des gens ne sont pas en mesure d'identifier,
20:53de repérer et de comprendre une erreur.
20:55Les erreurs créées sur la fiche de paye,
20:57quand il y a une affaire qui va être contentieux jusqu'en justice au prud'homme,
21:02ça a quelles conséquences, par exemple, sur un contentieux,
21:05une erreur sur une fiche de paye ?
21:06Qui est responsable ?
21:07Alors, il y a deux types d'erreurs que l'on voit fréquemment.
21:12On a parfois des erreurs dans la répartition de taux de cotisation,
21:16notamment parfois dans des régimes assez anciens
21:18qui n'ont pas été mis à jour.
21:21L'erreur qui est quand même la plus fréquente,
21:24c'est l'erreur en matière de retraite complémentaire,
21:27que l'on voit souvent en termes de cotisation à GERC-ARCO.
21:30Donc, ça fait référence à deux cas spécifiques auxquels...
21:34Des cas spécifiques ?
21:36C'est un, le cas des salariés expatriés,
21:38et donc notamment l'obligation pour l'employeur,
21:40dans certains cas, de maintenir les cotisations à ses salariés expatriés.
21:45Et c'est aussi parfois le cas lorsqu'on a des opérations supplémentaires
21:48ou complémentaires de la GERC-ARCO.
21:51Mais dans ce cas-là, l'erreur est redoutable,
21:53puisque la prescription, notamment en matière de retraite complémentaire,
21:57la Cour de cassation nous le rappelle,
21:59ne part pas à partir du moment où on a édité le bulletin de paille,
22:02mais elle part au moment du départ à la retraite.
22:05Donc, on l'a souvent lors des comptes en cieux
22:07pour des caisses de retraite à GERC-ARCO.
22:10On a des comptes en cieux avec des bulletins de paille
22:12qui datent des années 80-90,
22:16et où on est attrait en justice pour maintenant,
22:20donc en 2026,
22:22et la Cour de cassation nous dit que la prescription ne court pas.
22:24Et ce qui est d'autant plus regrettable pour les entreprises,
22:27c'est que lorsque les entreprises se caissent,
22:29se tournent vers les caisses de retraite à GERC-ARCO,
22:32parfois celles-ci ne disposent plus des données,
22:34n'ont plus les points, la répartition des points,
22:37donc ça pose de très problèmes.
22:38Les règles étaient différentes,
22:39les infos nécessaires ont changé,
22:42enfin ça doit être un sacré casse-tête
22:44pour les servicaires dans ces cas-là.
22:46Qui peut gérer ce type de problématiques
22:49quand ça arrive au prud'homme ?
22:50On a l'obligation d'archiver,
22:54de conserver les bulletins de salaire,
22:55donc forcément on doit le faire avec des conseils
23:00qui nous accompagnent là-dedans
23:02et pour pouvoir rétablir une situation
23:05telle qu'elle aurait dû être si erreur il y a eu.
23:08Toute erreur, c'est la responsabilité de l'entreprise
23:10sur la fiche de paille, on est d'accord Maître ?
23:12Oui, je vous dirais qu'il y a quand même deux types d'erreurs.
23:16On a l'erreur qui est un peu juridique,
23:18mais moi je dirais que le bulletin de paille est quand même une sorte de thermomètre.
23:21C'est le thermomètre de la complexité de notre droit à la paille.
23:25Vous avez fait part de votre étude en disant que 13% des salariés
23:29comprenaient leur bulletin de paille.
23:31Pas beaucoup ?
23:32Non, je me permets de mettre en cause ce pourcentage
23:34qui me paraît extrêmement élevé.
23:37Il est plus facile pour un juriste français,
23:39on l'a vu dans nos études,
23:41de comprendre un bulletin de paille émis aux Etats-Unis
23:44ou en Grande-Bretagne,
23:46que de comprendre un bulletin de paille émis en France.
23:50C'est vraiment le thermomètre de deux points.
23:54C'est un, la complexité et surtout du niveau de prélèvement.
23:59Et ça me revient à une question.
24:01C'est finalement, pourquoi est-ce que c'est si complexe ?
24:03Est-ce que c'est si complexe ?
24:05Parce que finalement, il y a des erreurs administratives ?
24:08Ou est-ce que c'est si complexe ?
24:10Puisque finalement, on veut un peu cacher aux employés français
24:14le coût de leur modèle social actuel.
24:17En gros, c'est qu'on le maintiendrait complexe
24:19pour pas que les gens viennent soulever le tapis en fait
24:22et regarder la poussière en dessous.
24:23Je ne dis pas du tout que c'est fait à dessein.
24:26Mais en fait, on en arrive à la conclusion.
24:28C'est-à-dire qu'un salarié, lorsqu'il regarde son bulletin de paille,
24:32ne comprend pas que parfois, il y a entre le coût employeur
24:35et le net perçu pour le salarié, un ratio de 2 à 2,5
24:40qui est absolument compliqué.
24:42Et le seul qui le comprenne, ce sont actuellement les URSAF
24:45qui s'engouffrent justement dans ce problème.
24:48Puisqu'on assiste, puisque vous parliez des erreurs,
24:50on a les erreurs devant le conseil de Prud'homme.
24:52Mais on a les URSAF qui se saisissent de ces erreurs
24:55devant les bulletins de paille
24:56et qui après avoir un peu modéré leur contrôle
24:58dans les années post-Covid,
25:01recommencent de façon de plus en plus intense
25:03à faire des contrôles et des contrôles d'assiettes
25:06avec des données en confrontant les données DSN,
25:09les données du bulletin de paille.
25:10Ce qui conduit à des redressements pour les entreprises.
25:12Et finalement, le principal risque pour les entreprises actuellement,
25:15ça va être notamment le contrôle et le contentieux URSAF
25:18sur une législation qui est particulièrement complexe.
25:20Ça veut dire que chaque mois, vos services RH,
25:23avant d'appuyer sur envoyer ou de déposer,
25:25plutôt maintenant on dépose les fiches de paille
25:27sur des coffres forts numériques,
25:28avant de déposer, il y a un double, triple, quadruple check
25:31parce que chaque erreur peut avoir des coûts assez importants.
25:35C'est un enjeu très fort cette fiche de paille pour les entreprises.
25:38Ah oui, oui, c'est un enjeu très très fort
25:39et c'est pour ça qu'on a une première étape
25:43qui consiste à faire une pré-paye et la contrôler
25:45et ensuite la valider une dernière fois
25:49avant les virements et l'envoi dans les coffres forts électroniques.
25:52Petite question d'actualité, l'IA là-dedans,
25:54elle va vous aider un peu ou pas ?
25:56Très certainement, on n'en a pas encore mesuré pleinement les conséquences.
26:01Elle pourra faire des erreurs l'IA aussi.
26:03Elle pourra faire des erreurs
26:04et ce qui voudra dire qu'on devra nous aussi contrôler l'IA.
26:07Et donc voilà, tout ça, pour tout vous dire,
26:11on ne l'a pas du tout utilisé encore en paille.
26:13Alors il y a quelques lignes importantes
26:15que les gens ne calculent pas forcément sur leur fiche de paille
26:18mais qui en disent beaucoup quand même sur notre modèle social
26:20et qui peuvent mettre en lumière des choses qui fonctionnent très bien.
26:24trois lettres, A, G, S, si je dis A, G, S, fiche de paille.
26:28Qu'est-ce que les salariés devraient comprendre
26:30quand ils lisent cette ligne ?
26:31Qu'est-ce qu'ils cotisent ? Pourquoi ?
26:33Quand on cotise, la cotisation A, G, S,
26:35les gens n'y pensent pas forcément
26:37mais à un moment dans leur vie, ça peut être très intéressant d'avoir cotisé.
26:41L'assurance garantie salaire.
26:43Justement, c'est le propre de l'assurance.
26:45C'est-à-dire qu'en fait, on a vraiment quelque chose qui est assurantiel
26:47qui ne va pas s'appliquer à tout le monde
26:49et qui va couvrir quelques grands risques.
26:52Et justement, ce qui est amusant,
26:53c'est que finalement la cotisation qui est la plus petite
26:55est également la cotisation qui est finalement la plus efficace.
26:59Ce qui montre qu'en fait, on peut faire beaucoup
27:01et qu'on peut être efficace avec finalement peu.
27:04Le reste, en fait, on n'est pas sur de l'assurance.
27:06C'est qu'en fait, on n'est pas sur...
27:07Même nos mécanismes ont été un peu dévoyés.
27:09On parle d'assurance complémentaire santé.
27:12Mais l'assurance complémentaire santé,
27:14finalement, on est un peu dans l'achat de prestations
27:17qui vont être redistribuées aux salariés.
27:19Donc, on n'a pas ce côté aléatoire.
27:22C'est de la rémunération globale.
27:23On est sur une rémunération globale pour les salariés,
27:25mais on n'est pas vraiment sur un mouvement assurantiel.
27:28C'est passionnant.
27:29C'est technique aussi.
27:30Je pense que les gens n'auront pas encore tout compris
27:32sur la fiche de paye.
27:34Mais en fait, ce n'est pas qu'un salaire.
27:36Cette fiche de paye s'en dit beaucoup
27:37sur notre relation de travail
27:39avec notre employeur.
27:40Ça, on dit beaucoup sur la qualité aussi
27:41de ce que l'employeur peut nous donner.
27:43Je pense qu'on en reparlera
27:45parce qu'il y a encore beaucoup à dire.
27:46Merci, Caroline, de m'avoir accompagnée.
27:48Merci, Jean de Calbiac,
27:50donc avocat en droit social.
27:52Et bien sûr, merci, Boris Smolik.
27:55Donc, responsable directeur,
27:56grand compte épargne chez Malakoff Humanis.
27:58À très bientôt sur Bsmart.
28:01L'émission est terminée.
28:02Arnoi Ardouin s'est de retour la semaine prochaine.
28:05D'ici là, regardez nos programmes.
28:07À très bientôt sur Bsmart.
28:09Sous-titrage Société Radio-Canada
28:11Sous-titrage Société Radio-Canada
28:18...
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