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  • il y a 21 minutes
Mercredi 10 juin 2026, retrouvez Thierry Blandinières (PDG, InVivo), Sara De Belloy (Fondatrice, Les Pas Petits), Damien Duval (Directeur général, Cap France), Xavier Mennesson, (Directeur, Domaine Du Val) et Nicolas Defrenne (Directeur Général, Soren) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de celles et ceux qui font de
00:12la transformation environnementale et sociétale un axe fort de leur stratégie.
00:16Et voici le sommet, c'est Thierry Blondinière, le directeur général d'Invivo, qui sera l'invité du grand entretien
00:21tout à l'heure, 26 minutes,
00:22pour découvrir l'ambition régénératrice de l'un des plus grands groupes coopératifs agricoles français.
00:29Mais d'abord, je reçois Nicolas Defrennes, le directeur général de Sorren et co-organisme qui récupère les panneaux solaires
00:37en fin de vie.
00:37On verra qu'un certain nombre de préjugés ont la vie dure en matière de photovoltaïque.
00:42Dans notre débat, on parlera de tourisme, comment faire un levier de soutien à l'économie locale, comment limiter l
00:49'impact.
00:49On répond à ces questions dans une dizaine de minutes.
00:52Et puis, dans notre rubrique consacrée aux startups éco-responsables, vous découvrirez les pas-petits.
00:58Ce sont des chaussons pas comme les autres fabriqués en France.
01:01Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:10L'invité de notre Smart Impact, c'est Nicolas Defrennes. Bonjour.
01:14Bonjour.
01:14Bienvenue. Vous êtes le directeur général de Sorren et co-organisme qui récupère les panneaux solaires.
01:19en fin de vie.
01:20Alors, vous êtes déjà venu dans l'émission, mais je veux bien quand même que vous nous présentiez Sorren,
01:25expliquer son rôle dans la filière photovoltaïque en France.
01:29Alors, Sorren, c'est l'entité qui assure la collecte, le réemploi, le recyclage, la communication et l'éco-conception
01:38pour le compte de la filière photovoltaïque.
01:40Donc, on accompagne ce qu'on appelle les metteurs sur le marché, c'est-à-dire ceux qui fabriquent
01:43ou qui importent des panneaux photovoltaïques pour assurer leur gestion de fin de vie.
01:46Et ça va aujourd'hui plus loin puisqu'on est dans une logique vraiment d'économie circulaire
01:49depuis la loi anti-gaspillage et on a notamment des actions en termes d'éco-conception.
01:55C'est une filière qui se porte comment ?
01:57C'est une filière qui se porte bien, qui se développe extrêmement fort.
02:00L'année dernière, on a collecté 15 000 tonnes. C'était plus 50% par rapport à 2024.
02:052024, c'était déjà plus 80% par rapport à 2023.
02:08Mais c'est normal. Des panneaux solaires, on en met en masse depuis les années 2010.
02:11L'année dernière, c'était presque 500 000 tonnes.
02:13C'est le plus grand flux d'équipements électroniques mis sur le marché.
02:15Il y a plus de panneaux solaires en France que de français.
02:17C'est intéressant à savoir.
02:19Et donc, on doit les collecter 20 ans plus tard.
02:22Et donc, aujourd'hui, on est finalement au tout début d'une filière.
02:2515 000 tonnes cette année, mais en 2030, on va être aux alentours de 40 000 tonnes.
02:29Et d'ici 20 ans, c'est 400 000 tonnes.
02:31Donc, c'est aussi des enjeux industriels pour le futur de la France.
02:34Alors, on peut peut-être rappeler comment fonctionne un éco-organisme qui le finance.
02:39On est dans le cadre de la REB, de la responsabilité énergie du producteur.
02:42C'est la même chose, c'est ça ?
02:43Tout à fait.
02:43C'est ce qu'on appelle dans le langage courant pollueur-payeur, si vous voulez.
02:47En fait, c'est les Français qui financent à travers l'éco-participation.
02:50C'est vrai pour les panneaux photovoltaïques.
02:51C'est vrai pour tout un tas d'équipements.
02:53Quand vous l'achetez, vous allez payer quelques centimes ou quelques euros.
02:56Et en fait, cet argent, un petit peu comme le système de retraite,
02:58va permettre de payer les panneaux photovoltaïques lorsqu'ils arriveront en fin de vie.
03:02Pourquoi c'est essentiel de recycler les panneaux photovoltaïques en fin de vie ?
03:07Ensuite, on va prendre le temps de bien expliquer ce qui est recyclable.
03:11Presque tout est recyclable, on va le dire plusieurs fois dans cette émission.
03:14Pourquoi c'est important ?
03:15C'est un enjeu de souveraineté.
03:17La France et l'Europe, en général, ne se posent pas forcément de tous les matériaux critiques.
03:21Et les panneaux photovoltaïques contiennent de l'argent, du silicium, de l'aluminium.
03:26Ces produits, il faut qu'on arrive à les valoriser pour être plus indépendants
03:29et pouvoir, dans une logique circulaire, les remettre dans la production de nouveaux équipements.
03:33Juste un exemple, la quantité d'argent qui était nécessaire pour faire un panneau photovoltaïque il y a 10 ans
03:39a été divisée par 12 par rapport à aujourd'hui.
03:41Donc, vous recyclez un panneau photovoltaïque et vous récupérez l'argent,
03:44vous pourriez produire, avec la même quantité d'argent, 12 nouveaux panneaux photovoltaïques.
03:47Oui, effectivement.
03:48Et, tiens, puisqu'on parle de souveraineté, en ce moment, avec la quasi-fermeture du Détroit d'Ormousse,
03:53quel est l'impact de cette fermeture sur la filière ?
03:57Alors, les panneaux photovoltaïques en France sont principalement importés de Chine, aujourd'hui.
04:02Donc, il n'y a pas d'impact sur l'approvisionnement, mais il y a un impact plus fort encore
04:06sur la souveraineté.
04:07Pour vous donner un exemple, le déficit commercial de la France, l'année dernière,
04:10les imports de panneaux photovoltaïques, c'était environ 1 milliard d'euros.
04:12Somme qui est considérable.
04:14Mais si vous regardez l'énergie qui va être produite avec les panneaux photovoltaïques importés l'année dernière,
04:18c'est l'équivalent au prix actuel du pétrole de 28 milliards d'euros.
04:22Le déficit énergétique de la France par an, c'est 50 milliards d'euros.
04:26Donc, deux années de déficit commercial de panneaux photovoltaïques,
04:29ça efface une année entière de déficit commercial énergétique de la France.
04:33Donc, même si ce n'est pas la souveraineté totale, parce qu'on les importe encore,
04:36c'est un progrès considérable.
04:38Effectivement, d'où l'importance de bien recycler ces panneaux photovoltaïques.
04:42On va dévoiler dans un instant les résultats de votre baromètre annuel.
04:46C'est la cinquième édition, vous l'avez publiée fin avril.
04:49On va essayer de chasser un certain nombre d'idées reçues.
04:52Et donc, vous allez en partie répondre, mais qu'est-ce qui est recyclable
04:57dans un panneau photovoltaïque en fin de l'année ?
05:00Quasiment tout.
05:01Quasiment tout.
05:01Le taux de recyclage, c'est 94%.
05:03Vous arrivez rarement à 100%.
05:06Vous avez toujours des pertes par fraction.
05:08Aujourd'hui, un panneau photovoltaïque, c'est principalement du vert, grosso modo 70%.
05:12Ce n'est pas ce qui a la plus grande valeur.
05:14Vous avez l'aluminium aux alentours de 13%.
05:17Mais ce qui est le plus intéressant, c'est la valeur en 30%.
05:20C'est-à-dire que nous, au-delà du poids, ce qu'on cherche à capter, c'est un maximum
05:24de la valeur.
05:25Et une cellule photovoltaïque, c'est 60% de la valeur.
05:27C'est moins de 3% du poids.
05:29Nous, ce qu'on veut, c'est aller capter cette valeur,
05:31parce que c'est ça qui va permettre de créer de la valeur sur nos territoires.
05:34C'est ça qui va générer des emplois et qui est un axe de souveraineté,
05:38parce que ce sont des matériaux, à nouveau, dont on ne dispose pas naturellement sur nos territoires,
05:41ou en tout cas qu'on n'extrait pas quand on les a.
05:43Il faut des usines. Ils se recyclent où et comment, ces panneaux ?
05:49Aujourd'hui, on a 4 partenaires qui ont des usines en France.
05:52Un à Lille, un à Grenoble, un à Toulouse et un à Bordeaux.
05:57Il faut des usines, il faut des procédés qui sont dédiés.
06:00Pour bien recycler, il faut être adapté à la typologie de déchets.
06:04On a annoncé, il y a quelques semaines, la création d'un nouveau site à Toulouse
06:09de 16 000 tonnes de capacité de traitement
06:11qui va nous permettre de voir pour les prochaines années.
06:15Aujourd'hui, la capacité totale de recyclage en France,
06:17on va être aux alentours de 30 000 tonnes.
06:19Donc, on a encore un petit peu de marge pour les prochaines années.
06:22Mais vous voyez, on mentionnait les 500 000 tonnes de mission de marché l'année dernière.
06:25Il y a encore beaucoup d'usines à construire sur notre territoire
06:27si on veut être capable de les recycler.
06:28Et c'est ça aussi l'enjeu de la confiance qu'on doit pouvoir donner aux acteurs de la filière
06:36et aussi aux Français.
06:37C'est une énergie verte, mais une énergie n'est réellement verte
06:40que s'il y a une véritable économie circulaire derrière.
06:43Et donc, être en capacité d'avoir les financements et les outils industriels,
06:49c'est ça qui va permettre de déclencher aussi une accélération de la transition énergétique.
06:52Et donc, on en vient à ce baromètre, cinquième édition,
06:56avec notamment ces idées reçues sur les panneaux solaires.
07:00Moi, j'ai simplement sélectionné ces chiffres-là, il y en a beaucoup d'autres.
07:0446% des Français estiment qu'il est impossible de recycler un panneau solaire.
07:0931% envisagent un recyclage partiel et 22% seulement disent
07:12l'intégralité du panneau est recyclable.
07:16J'ai quand même été un peu surpris par un Français sur deux, quasiment,
07:19qui dit que ce n'est pas recyclable.
07:21Comment vous l'expliquez, ça ?
07:23Alors, le panneau photovoltaïque, ça reste lointain.
07:25Encore aujourd'hui, vous avez 11% des Français qui sont équipés.
07:28Vous avez 16% de plus qui souhaiteraient l'être.
07:32Mais pour beaucoup de gens, le panneau photovoltaïque,
07:34vous le voyez quand vous roulez sur l'autoroute ou vous êtes dans le train,
07:37il est un petit peu lointain.
07:38Ce n'est pas un produit du quotidien.
07:39Et on le voit même pour ce qui a été les produits du quotidien
07:42et pour lesquels c'est une évidence aujourd'hui qu'ils sont recyclables.
07:45Je pense aux piles, par exemple.
07:46Lorsque vous allez faire vos courses, vous voyez le bac de piles.
07:50Et malgré tout, ça a pris des années.
07:52Nous, on est une filière qui existe depuis 10 ans
07:54et qui vraiment se structure de manière industrielle forte depuis 5 à 6 ans.
07:59Et donc, on sait qu'on est sur un marathon,
08:01on est au début de l'histoire.
08:02Et je pense même au bac jaune,
08:04ça a pris du temps pour les Français pour maîtriser le geste de tri.
08:09On sait que demain, on ne va pas avoir la solution.
08:11Mais c'est important qu'on continue ce travail et qu'on accélère
08:14l'émission en termes de connexion.
08:16Et puis surtout, de travail avec les acteurs de la filière.
08:18C'est-à-dire, l'éco-organisme a quand même une certaine distance,
08:21malgré tout, au consommateur final, surtout sur un produit de ce type.
08:24Donc, c'est important qu'on fournisse aux acteurs de la filière
08:27qui vont être face à leur clé, mais aussi aux élus
08:29qui sont face à leurs administrés,
08:30qui vont être face à des projets.
08:33Et justement, dans le bar Rommel,
08:34vous avez deux tiers des Français qui disent que c'est une condition sine qua non.
08:37C'est-à-dire que si ce n'est pas recyclable, je n'achète pas.
08:40Exactement.
08:40Ce qui est logique, puisqu'on leur dit
08:42que la transition énergétique, c'est aussi un acte citoyen.
08:45S'ils n'ont pas le sentiment qu'on va au bout de l'exercice,
08:47ils vont se dire, comme dirait l'autre,
08:49c'est flou, donc il y a un loup.
08:51Eh bien, il faut qu'on arrive à les convaincre.
08:53Et c'est cet enjeu de confiance qui est très long,
08:55puisque la confiance, ça ne se décrète pas.
08:57Et donc, il va falloir la construire au quotidien
08:59avec un maximum d'acteurs, en les mobilisant
09:01pour faire passer le message.
09:03Et je n'ai aucun doute sur le fait que d'ici une dizaine d'années,
09:05on aura réussi.
09:06Mais il faut qu'on fasse l'effort et qu'on commence dès à présent.
09:10Il y a beaucoup de cadres, de chefs d'entreprise,
09:13de salariés qui nous regardent
09:16et qui, peut-être pour certains, sont équipés
09:19ou leur entreprise est équipée.
09:21Est-ce que les entreprises font ce travail de pédagogie ?
09:24Vous voyez ce que je veux dire ?
09:25Ou est-ce que, moi, je suis salarié d'une entreprise,
09:27il y a des panneaux photovoltaïques sur le parking ou sur le toit ?
09:30Je ne sais pas que ça va être recyclé derrière.
09:32Je pense que c'est une minorité d'entreprises qui le fait.
09:35Pour certaines, effectivement, c'est dans des démarches.
09:36Vous avez besoin de l'enlevier d'informations ?
09:37Absolument, parce qu'il faut que tout le monde s'y mette.
09:40C'est-à-dire que la transition énergétique,
09:41ça demande un effort national.
09:44Et si on veut y arriver,
09:45il faut pouvoir donner les bonnes informations aux gens
09:48pour qu'ils adhèrent.
09:49Et aujourd'hui, la question de l'adhésion,
09:52j'ai envie de dire, d'une certaine manière, elle est gagnée.
09:53Vous avez 83% des Français qui disent que l'électricité photovoltaïque
09:57est une énergie verte.
09:58Et aujourd'hui, économiquement, c'est la moins chère des énergies.
10:03Maintenant, ce n'est pas le seul objet pour eux,
10:05parce qu'ils se disent,
10:06on me demande de changer mon mode de vie,
10:08et finalement, j'ai aussi besoin d'avoir des bonnes raisons.
10:10Et pour avoir un effet d'entraînement,
10:12et là, c'est vraiment du changement sociétal,
10:14il faut que les gens soient parfaitement informés,
10:16ou en tout cas, qu'ils aient le sentiment.
10:18Et effectivement, on peut se rendre compte
10:19qu'on a amélioré, on voit une dynamique
10:23entre les différents baromètres,
10:24où il y a une compréhension qui s'améliore,
10:27mais qui montre qu'on n'est vraiment qu'au début du chemin,
10:30et qui demande aussi à nous, en tant qu'organisme,
10:32de réfléchir à nouveau à la manière dont on communique,
10:34pour essayer de toucher plus largement,
10:36et sans doute être plus pédagogique aussi.
10:38Donc, on va redire 94%, c'est ça,
10:41d'un panneau photovoltaïque, et recyclé.
10:43Qu'est-ce qu'ils deviennent, d'ailleurs, les matériaux derrière ?
10:45Ils sont revendus, ils sont valorisés,
10:48il y a des filières qui les demandent ?
10:50Absolument, il y a des filières qui émergent.
10:52Alors, le gros enjeu, quand vous recyclez de la matière,
10:54c'est d'avoir des industriels qui veulent incorporer de la matière recyclée.
10:57Et finalement, c'est presque ça qui est le plus dur.
10:58Mais aujourd'hui, une partie du verre peut être utilisée
11:01pour faire de la fibre optique.
11:04Le silicium peut être utilisé
11:05pour la production d'acier décarboné.
11:07Et j'ai découvert, alors, il y a deux jours,
11:10que, notamment, ce qu'on appelle les fingers,
11:12ce sont de très fins films,
11:15enfin, des fils d'argent, extrêmement fins,
11:17que vous pouvez voir quand vous regardez
11:18une cellule photovoltaïque de très près,
11:20peut être utilisé pour faire des outils médicaux
11:22qui ont besoin, justement,
11:26de fils d'une extrême finesse.
11:28Et lorsqu'on arrive à les valoriser,
11:29on a un opérateur, une start-up française,
11:32qui sait le faire, qui a seul le monde à savoir le faire,
11:34et elle a commencé à faire des tests là-dedans.
11:37Et, bon, j'étais agréablement surpris,
11:40mais on découvre des applications
11:41qu'on ne pourrait pas imaginer nous-mêmes naturellement.
11:44Et c'est un petit peu la beauté, justement,
11:46du marché du recyclage,
11:47c'est d'arriver à essayer de mettre en face
11:49des recycleurs qui vont sortir une fraction
11:52qui a déjà un certain nombre de propriétés,
11:54avec, justement, l'industriel qui recherche ses propriétés.
11:57Et là, ça fait de belles histoires.
11:58Merci beaucoup, Nicolas Defrené.
11:59A bientôt sur Bsmart4Chain.
12:01C'est l'heure de notre débat.
12:02On parle tourisme, tout de suite.
12:10C'est le débat de ce Smart Impact.
12:12On parle tourisme, tout de suite, avec Damien Duval.
12:14Bonjour.
12:15Bonjour.
12:15Bienvenue, vous êtes le directeur général de Cap France.
12:18Et puis avec nous, en duplex,
12:20Xavier Méneusson, qui est le fondateur du domaine Duval.
12:23C'est quoi Cap France, en quelques mots ?
12:25Cap France, c'est une jeune marque
12:26qui a été créée il y a 77 ans,
12:29donc qui regroupe 80 établissements uniquement en France.
12:33Ça représente à peu près 2 000 emplois,
12:36120 millions de chiffres d'affaires,
12:38avec une particularité, c'est qu'il n'y a aucun actionnariat.
12:42C'est détenu à 100% par les établissements eux-mêmes.
12:44C'est quel type d'établissement, d'ailleurs ?
12:46Alors, principalement, village vacances, hôtel club,
12:48et puis une part qu'on développe depuis quelques années,
12:51hôtel pur et camping.
12:53Xavier Méneusson, je veux bien que vous nous présentiez
12:55votre domaine, le domaine Duval.
12:57Il est où et c'est quoi ?
12:59Alors, le domaine Duval, c'est une résidence de tourisme
13:02située en Baie-de-Somme, donc à 15 kilomètres
13:04de Saint-Valéry-du-Crottois.
13:06C'est un domaine que j'ai créé en 2005,
13:08qui est composé de 30 maisons en bois,
13:11qui à l'époque étaient adossées à un golf,
13:14et effectivement, c'est un peu le projet aujourd'hui
13:19de reconvertir une partie de ce golf en réserve naturelle,
13:21mais je pense qu'on en discutera un peu plus précisément
13:24tout à l'heure.
13:25Et évidemment, on va y revenir.
13:28Vous aviez votre carrière, je crois que vous avez travaillé
13:31dans une multinationale, c'est ça ?
13:33Qu'est-ce qui vous a fait revenir d'abord dans cette région
13:36et puis partir sur un projet comme celui-là ?
13:40Il y a un côté, je dirais, très rural, très agricole,
13:44pour reprendre un terme un petit peu du moment,
13:46mais par exemple, cultiver l'espace où je me suis installé
13:49historiquement.
13:50Il y a eu un gloge qui s'était créé sur l'exploitation familiale.
13:53Moi, j'étais parti dans une multinationale de l'agro-pharmacie
13:56et puis 40 ans arrivant, la chose assez classique,
13:59envie de revenir chez soi, envie de revenir sur ses terres,
14:02envie d'être autonome, de créer son propre projet.
14:05Quelque chose d'assez classique,
14:07mais qui effectivement a été une formidable aventure.
14:10Alors, on va à la fois dans ce débat parler
14:12de retombées économiques touristiques
14:15et puis de l'impact environnemental des sites.
14:18D'abord sur les retombées économiques,
14:20Damien Duval, vous nous l'avez dit,
14:21c'est 80 sites en France, Cap France,
14:2315 000 lits répartis, montagnes, littorales et zones rurales.
14:30Le lien avec les territoires et l'impact économique de vos sites,
14:34comment vous l'évaluez ?
14:35Déjà, il est essentiel en tant qu'aménageur du territoire.
14:38Avec 77 ans sur place,
14:40ça se concrétise par des retombées qui sont directes,
14:44indirectes et induites.
14:45Et c'est vrai qu'on les sous-estime souvent,
14:46puisque quand on parle du tourisme et de l'hébergement en France,
14:49on a tendance à en parler qu'au mois de juin,
14:51quand l'été commence,
14:52comme si en fait la concentration ne se faisait que sur cette période-là.
14:55Donc elle est déjà toute l'année.
14:56Ça, c'est la première chose.
14:57La deuxième, 80% de notre dépense se fait au niveau local,
15:01à moins de 20 km du lieu d'implantation.
15:05Et le modèle de village de vacances et d'hôtel-club
15:08est de pousser à l'ouverture de nos clientèles
15:10vers le territoire d'implantation,
15:12puisque l'ensemble de la consommation de la clientèle,
15:15qui est de l'ordre de 20 à 30 euros par jour et par personne,
15:18se fait directement chez l'agriculteur,
15:20chez l'artisan, chez le commerçant.
15:22Et ça, c'est notre objet social en tant que marque française.
15:27Et c'est naturel ?
15:30C'est-à-dire que les clients le font naturellement ?
15:32Parce qu'on pourrait se dire,
15:33je viens dans un village de vacances,
15:34je ne m'occupe de rien,
15:35je n'ai pas de course à faire ailleurs, etc.
15:37Je ne m'occupe de rien, oui, c'est le concept.
15:40Ce qui est sûr, c'est que tout va se jouer sur l'animation
15:43et sur le programme que vous proposez.
15:45Soit vous faites un programme qui est centré uniquement
15:47sur votre propre établissement,
15:49et effectivement la dépense clientèle n'a peu d'impact,
15:52soit vous allez avoir un programme de découverte,
15:55de randonnée,
15:55où vous faites participer par exemple des accompagnateurs
15:57de moyenne montagne,
15:59où vous allez faire une découverte sur un agriculteur
16:02qui lui-même nous apporte notre production de restauration,
16:06et c'est là où vous faites jouer un écosystème
16:08avec un impact économique central.
16:10Xavier Meneçon, est-ce que vous cherchez à mesurer
16:14l'impact économique d'un domaine comme le vôtre
16:16dans la région ?
16:19Oui, tout à fait.
16:20Alors nous, on part des bases de consommation
16:23qui nous sont données par Atout France,
16:25et globalement, on estime que, bon an, mal an,
16:28on redonne à l'économie locale
16:30à peu près un million d'euros,
16:32qui est effectivement redistribué
16:33dans toutes les multiples activités,
16:35que ce soit des restaurants,
16:37que ce soit des prestataires d'activités de nature,
16:40que ce soit des commerçants, etc.
16:42Et donc cette notion de faire partager le territoire
16:45à tout ce bonus économique,
16:47pour nous c'est aussi une chose essentielle,
16:48et on l'accompagne,
16:49puisque effectivement on essaye,
16:52lors des séjours de nos clients,
16:53de leur donner vraiment à la fois les bonnes adresses
16:56pour aller au restaurant,
16:57pour aller se restaurer ou autre,
16:59et en même temps pour vivre des expériences
17:01qui vont effectivement là un peu les déconnecter
17:04de leur environnement classique, urbain,
17:06puisqu'effectivement on accueille une clientèle
17:08essentiellement urbaine et familiale.
17:12Comment vous, Damien Duval,
17:13vous êtes prescripteur ?
17:16Là aussi j'imagine qu'il y a des listes,
17:17des clients qui vous demandent.
17:19Il y a la question du coût.
17:20Est-ce que vous faites volontairement des choix
17:22de prestataires qui sont accessibles ?
17:27Comment vous gérez cette question-là ?
17:29Dans notre modèle,
17:31l'ensemble des activités,
17:33y compris dans le coût initial du séjour,
17:36donc le client n'a pas à débourser plus,
17:38et c'est l'objet aussi de l'ouverture sur le territoire.
17:41Non, c'est la fidélité,
17:43c'est la fidélité avec nos partenaires locaux
17:46sur le long terme,
17:47qui fait que les prix sont complètement accessibles aujourd'hui.
17:49Et l'impact se mesure,
17:52alors il se mesure aussi en valeur économique,
17:54il se mesure aussi la valeur économique,
17:56par de la création d'emplois.
17:58Les dernières études montraient que
18:00pour le montant dépensé par établissement,
18:04donc l'équivalent d'un emploi,
18:05en générait quasiment trois
18:07directement à moins de 20 km sur le territoire.
18:10Et je pense que les élus, les collectivités,
18:12en règle générale, nos institutionnels,
18:13sont aujourd'hui plus attentifs à la création d'emplois,
18:16ou du moins autant attentifs
18:17que à la création de valeur ajoutée.
18:19Alors on a parlé d'impact économique,
18:21on va parler d'impact environnemental.
18:22Maintenant, Xavier Meneçon,
18:23vous avez signé une tribune
18:25dans laquelle vous en appelez à une sorte
18:27d'honnêteté collective sur le sujet de la biodiversité.
18:32Le tourisme, c'est une activité qui abîme la nature,
18:36c'est ce que vous dites dans cette tribune ?
18:39De part nature, de toute façon, il faut être lucide.
18:41Dès que vous arrivez sur un terrain qui est naturel,
18:43et que vous faites quelque impact,
18:45que ce soit au niveau humain,
18:46que ce soit de la construction,
18:47que ce soit du passage humain,
18:50forcément vous avez un impact.
18:51Alors après, je ne veux pas tomber non plus dans le côté pervers,
18:54il faut figer tout et mettre tout sous globe.
18:56Je crois simplement qu'il faut être lucide,
18:58de dire que globalement aujourd'hui,
19:00dès qu'on a une activité,
19:01forcément il y aura un impact.
19:02Mais ce qu'il faut, c'est le faire intelligemment,
19:04et surtout en respectant et en prenant toutes les bonnes manières
19:08pour qu'effectivement cet impact soit le plus doux
19:11et le plus respectueux possible.
19:13Mais je crois qu'on ne peut pas uniquement être sur...
19:15C'est un peu la mode de la compensation.
19:17Globalement, je construis ça,
19:19mais finalement je compense en...
19:20Il n'y a pas que ça, c'est aussi au départ,
19:23le développement économique et touristique,
19:25il doit continuer,
19:26mais dès le départ, il doit vraiment être complètement géré,
19:30optimisé pour que l'impact soit le moins fort.
19:32Et là, on peut avoir plein de solutions qui sont résilientes.
19:37Effectivement, le débat actuel sur la notion d'énergie, etc.,
19:41et puis la nouvelle prise de conscience va nous donner aussi du grain à moudre
19:45pour que ce message-là soit aujourd'hui opérationnel.
19:47Je veux bien qu'on prenne l'exemple de votre domaine,
19:50le domaine du Val.
19:51C'est donc un ancien golf que vous avez transformé en réserve naturelle,
19:54c'est ça ?
19:55Alors là, il y a quoi ?
19:56Il y a un gain de biodiversité que moi j'imagine ?
20:00Alors, il y a deux dimensions.
20:01Il y a une dimension sur la construction même du domaine
20:03où j'ai essayé d'avoir des bonnes pratiques.
20:05Alors, c'est pareil, j'ai complètement conscience
20:07qu'à partir du moment où j'ai créé sur un terrain vert,
20:09j'ai eu un impact.
20:10Voilà, vous le voyez à l'écran.
20:12Mais on a fait des constructions pilotées.
20:14Et ça, c'était un choix vraiment fort au départ
20:16pour éviter de complètement dénaturer
20:17avec des murs de soutènement en béton.
20:20Après, effectivement, l'opportunité de reconversion du golf,
20:22c'était pour moi un véritable sens à ma fin de carrière.
20:27Je suis un peu en fin de carrière en disant,
20:28« Voilà, j'ai un écrin », parce que c'était un véritable écrin de nature,
20:32avec beaucoup de biotopes différents,
20:34avec des plans d'eau, avec des zones humides, avec des bosquets.
20:37Et je me suis dit, de toute façon, qu'est-ce que je peux faire de ça ?
20:40Je ne peux rien en faire commercialement,
20:42et ce n'était pas dans l'objectif.
20:43Donc, je vais essayer effectivement de maximiser ce lieu
20:48qui était déjà naturellement un support de biodiversité exceptionnel
20:52pour vraiment faire quelque chose qui puisse traverser, je dirais, le temps,
20:57et que ce soit quelque chose qui puisse se faire dans la transmission.
20:59Alors, vous allez me dire, il y a un côté peut-être un peu…
21:04Je ne sais pas comment le dire,
21:05mais c'est quelque chose qui me porte vraiment.
21:07Et en fait, c'est ça, c'est amener quelque chose au niveau du bien commun,
21:10et surtout que ça se transmette après moi.
21:13Voilà, je suis juste de passage,
21:15et je voudrais que mes enfants ou mes petits-enfants
21:17soient fiers un petit peu de ce qu'on a pu laisser à ce niveau-là.
21:20– Damien Duval, comment vous d'abord analysez,
21:24mesurez l'impact de vos villages-vacances,
21:26et puis ensuite, à partir de ce constat, comment vous le faites baisser ?
21:29– Je suis d'accord avec monsieur, il faut être lucide,
21:32il y a toujours toute activité à un impact.
21:34En revanche, dans la partie environnementale,
21:38on sous-estime la partie sociale, la partie économique.
21:42C'est-à-dire que quand on parle de RSE,
21:43c'est une responsabilité sociale et environnementale.
21:45Donc, on ne peut pas juste limiter notre impact,
21:48qu'il soit négatif ou positif, au seul environnement.
21:52J'entends le fait qu'on a un impact environnemental,
21:54où effectivement, on fait un certain nombre d'efforts
21:56sur zéro phyto, sur des pratiques de produits écolabélisés,
22:00sur de la prévention aussi auprès de nos clients,
22:03et ce n'est pas du greenwashing,
22:04c'est quelque chose qui est vraiment appliqué par nos équipes.
22:07Sur le plan social, on résume beaucoup le tourisme
22:11par un impact négatif lié au surtourisme.
22:15C'est quelque chose qu'on entend souvent depuis post-Covid,
22:18et je vous dirais plus principalement à chaque début de saison.
22:22Je considère qu'il n'y a pas de surtourisme,
22:24il y a de la surfréquentation sur certaines destinations,
22:29et la question n'est pas de savoir s'il y a du surtourisme,
22:31c'est comment on régule les flux et l'impact que cela peut avoir
22:35sur certaines destinations.
22:36En revanche, la plupart de nos territoires ruraux,
22:39aujourd'hui, vivent exclusivement de cette activité,
22:42et je pense qu'on sous-estime l'impact,
22:45et sur le plan environnemental, au contraire,
22:47on permet de maintenir des services,
22:50des services publics, des services scolaires,
22:53et ensuite de pouvoir maintenir de l'emploi,
22:56et donc la préservation de ces territoires.
22:58Mais il y a quand même, quand on parle de surtourisme,
23:01de surfréquentation,
23:02il y a un défi, qui est un défi d'ailleurs des collectivités,
23:07ou des sites en question,
23:09d'inciter les touristes, les clients,
23:13à aller voir ailleurs, à élargir un peu,
23:15faire quelques kilomètres d'un côté ou de l'autre,
23:18pour découvrir d'autres sites,
23:20et pas forcément le site de la région.
23:22Et quand on parle généralement du tourisme en France,
23:24on va prendre deux, trois spots,
23:25on va vous parler de la Côte d'Azur, du Mont-Saint-Michel, de Paris,
23:28et pourtant, on ne parle jamais de ces territoires
23:30qui, toute l'année, font du tourisme.
23:32J'entends la fameuse diagonale du vide,
23:35c'est tellement péjoratif quand on en parle,
23:37mais aller dans le Lot, aller dans le Gers,
23:39aller dans les Alpes de Haute-Provence,
23:41un certain nombre de régions aujourd'hui,
23:43qui vivent du tourisme toute l'année,
23:44et pourtant, qui arrivent à avoir du flux,
23:47mais qui est un flux maîtrisé,
23:48aussi peut-être parce que c'est encore un marché de niche,
23:51comme on dit,
23:51mais regardez sur l'été,
23:54la montagne, l'arrière-pays,
23:55est de plus en plus recherchée par les touristes,
23:58par les clients,
23:59à nous de justement faire un juste équilibre
24:01entre les attentes d'un territoire,
24:03de son environnement,
24:04et les attentes économiques.
24:06Xavier Ménesson,
24:06peut-être un mot sur cette notion
24:09de surtourisme,
24:10ou de surfréquentation,
24:12est-ce que mécaniquement,
24:14il n'y a pas un certain nombre de ces clients
24:18qui vont s'en détourner,
24:20tellement ça devient invivable ou quoi ?
24:23Oui,
24:24il y a deux dimensions,
24:25c'est effectivement cette dimension,
24:27je dirais,
24:28des sites instagrammables,
24:30c'est ça,
24:30c'est que là aussi,
24:31on est victime un petit peu
24:33de ces nouveaux médias,
24:34qui font qu'un site instagrammable,
24:36aujourd'hui,
24:37effectivement,
24:37il draine les flux,
24:38et là,
24:39je partage complètement l'avis
24:40de M. Duval,
24:41sur le fait qu'en fait,
24:43aujourd'hui,
24:43ce n'est pas un problème de surtourisme,
24:44c'est un problème de répartition
24:45et de gestion des flux,
24:47et aussi,
24:48effectivement,
24:49moi,
24:49je le vois bien à mon niveau,
24:50je ne suis pas sur la baie de Somme,
24:51je suis à 17 kilomètres à l'intérieur,
24:53donc mon enjeu,
24:54c'est effectivement que les gens,
24:55ils aient envie de venir chez moi,
24:56même s'ils n'ont pas une vue mer,
24:58et globalement,
25:00ça,
25:00on pourra arriver à le faire
25:02en mettant en avant
25:03tout ce qu'on est capable de faire
25:04sur l'arrière-pays,
25:05avec ces visites,
25:06des choses qui sont quand même
25:07assez intéressantes,
25:09les vieilles églises,
25:10les vieux châteaux,
25:11etc.,
25:11mais toujours en s'appuyant pour nous
25:13sur la baie de Somme,
25:14qui reste le phare,
25:14mais après,
25:15je pense qu'à partir du moment,
25:17on a une vraie politique de gestion
25:19des spots un petit peu tendance
25:21qui sont vraiment focus,
25:23en mettant ces outils de régulation,
25:25peut-être sur ça qu'un spot
25:26qui, là,
25:27au niveau,
25:28je dirais,
25:30sensibilité naturelle
25:30et ont besoin
25:31d'un peu plus de protection,
25:32pourquoi pas cela ?
25:33Et bien,
25:33effectivement,
25:34les fermer temporairement,
25:35etc.,
25:35pour être vraiment dans une notion
25:36de protection de la nature,
25:38mais je crois qu'en fait,
25:40tout dépend,
25:41enfin,
25:41on peut gérer cette notion
25:42de sur-tourisme
25:42plutôt vers une gestion
25:43de maîtrise du tourisme
25:45et de gestion des flux
25:46et de mise en avant
25:47du rétro-littoral
25:48ou de l'intérieur des terres.
25:49Merci beaucoup
25:51à tous les deux
25:52et à bientôt
25:52sur Be Smart for Change.
25:54C'est l'heure du grand entretien
25:55de ce Smart Impact
25:57avec Thierry Blandinière,
25:58le directeur général
25:59d'Invivo.
26:04Prêt pour l'impact ?
26:05C'est la question que je pose
26:06chaque jour
26:06à une personnalité
26:07qui compte dans notre économie.
26:09Et je reçois aujourd'hui
26:10Thierry Blandinière.
26:11Bonjour.
26:11Bonjour.
26:11Le directeur général d'Invivo.
26:14Je veux bien que vous nous présentiez
26:15Invivo pour commencer
26:16en quelques mots.
26:17En quelques mots.
26:18Invivo,
26:18c'est l'Union Nationale
26:19des Coopératives à la base.
26:20C'est une union de services,
26:21on a un service coopérative,
26:22c'est-à-dire qu'on vend
26:23des intrants
26:23et puis on leur achète aussi
26:25et leur collecte
26:26pour l'exporter
26:26dans le monde entier.
26:27Ça, c'est deux métiers statutaires.
26:29Ensuite, on s'est diversifié
26:30pour créer un groupe
26:31agricole et industriel
26:32avec le rachat
26:33de groupes soufflés.
26:34Donc, on intervient
26:35sur toute la filière
26:36blé et orche,
26:37donc de la semence
26:39jusqu'à la baguette de pain.
26:40Donc, on est le premier
26:41meunier français,
26:42premier malteur européen
26:44et puis on est aussi
26:45très présent dans le retail,
26:47donc c'est à côté,
26:48mais il faut le dire
26:48avec Jardin Land
26:49et Gambert.
26:50Ok, très bien.
26:51Avec quelques chiffres,
26:52on a les chiffres 24, 25,
26:53chiffre d'affaires
26:5411,4 milliards d'euros,
26:56un effectif autour
26:56de 15 000 collaborateurs,
26:58une présence dans 38 pays
26:58et 163 coopératives sociétaires.
27:01Qu'est-ce que ça change,
27:03ce mot-là, coopérative ?
27:04À quel point ça change la donne ?
27:06C'est important
27:07parce que quand on parle
27:08de collectif aujourd'hui,
27:09si on veut changer d'échelle,
27:11si on veut essayer
27:11d'avancer sur les transformations
27:13aujourd'hui de l'agriculture,
27:15on ne peut pas le faire tout seul.
27:16Donc, d'abord,
27:17c'est les agriculteurs,
27:18mais aussi,
27:18c'est les organisations agricoles
27:19qui doivent se mobiliser
27:20pour essayer de transformer,
27:23de rentrer dans
27:23les grandes transformations,
27:24les grandes transitions
27:25agricoles, environnementales.
27:27Et donc,
27:28l'Union nationale sert à ça,
27:29c'est-à-dire qu'on réunit
27:30l'ensemble
27:30des 200 coopératives françaises
27:32pour partager des solutions
27:34et essayer d'engager
27:36les adhérents agricoles,
27:37donc les agriculteurs,
27:38de ces coopératives
27:39dans ces programmes
27:40de transformation,
27:41en essayant de les sécuriser aussi
27:42autant que faire se peut
27:43sur les modèles économiques.
27:44Ça veut dire quoi,
27:45une coopérative ?
27:46Ça veut dire qu'il n'y a pas
27:47d'actionnaires ?
27:48Ça veut dire comment ça fonctionne ?
27:49Les actionnaires sont des agriculteurs
27:51qui sont sociétaires
27:53de leur coopérative,
27:54ils sont à la fois clients,
27:56ils sont fournisseurs
27:58et ils sont aussi actionnaires,
27:59donc ils ont trois casquettes.
28:00C'est un modèle quand même.
28:01C'est un modèle tout à fait particulier.
28:03Qui est original.
28:03Mais c'est comme un modèle mutualiste
28:06en fait de banque.
28:07Et souvent d'ailleurs,
28:08quand je discute
28:09avec des représentants
28:10de banques mutualistes,
28:11ils parlent de temps long.
28:12Est-ce que vous avez ce sentiment aussi ?
28:14Est-ce que l'organisation en coopérative
28:17vous permet d'être
28:18un peu moins court-termiste ?
28:20C'est exactement ça.
28:21Et c'est une force en fait.
28:22C'est une force.
28:23On voit bien qu'aujourd'hui
28:24dans le monde,
28:25les gouvernements
28:26qui pensent le temps long
28:28maîtrisent un peu leur destin,
28:30ne subissent pas à l'actualité
28:31le court terme.
28:32Si on voit la Chine,
28:33comment est organisée la Chine ?
28:34Alors malheureusement,
28:35c'est pas très démocratique.
28:36C'est pas démocratique,
28:37mais en fait,
28:38ils pensent le temps long.
28:38Donc on peut être démocratique
28:39et aussi peut-être s'inspirer
28:41certains modèles
28:41qui pensent le temps long.
28:42Et le monde coopératif,
28:43c'est ça.
28:44C'est essayer de penser le temps long.
28:45On vit tout le temps
28:46avec des crises.
28:48Tous les ans,
28:49il y a une nouvelle crise.
28:49C'est assez incroyable
28:50depuis 4 ans.
28:51Dernier impacté.
28:52On se dit,
28:52mais quand même,
28:53le point d'arrivée,
28:54ça va être quoi ?
28:54Comment on embarque
28:55notre groupe,
28:57nos adhérents ?
28:58Et donc,
28:59comment on réfléchit au futur ?
29:00Et on s'accroche à ça
29:01parce que ça donne une espérance
29:02en fait en disant
29:03nourrir,
29:04ça va être essentiel.
29:06Nourrir,
29:06c'est essentiel.
29:07Donc,
29:07les agriculteurs sont essentiels.
29:09Vous êtes essentiels.
29:09À partir de là,
29:10comment on construit l'avenir ?
29:11Et alors,
29:12justement,
29:12comment vous,
29:16l'agriculture française
29:17dans,
29:18on va dire,
29:19temps long,
29:19c'est quoi ?
29:19C'est 20 ans,
29:2020 ans,
29:2125 ans ?
29:22Est-ce qu'elle sera
29:23tout biologique ?
29:24Est-ce qu'on sera encore
29:25dans une agriculture conventionnelle ?
29:26Est-ce qu'il y aura
29:27une troisième voie ?
29:27Comment vous l'imaginez, ça ?
29:29C'est une bonne question.
29:30Qui a la réponse ?
29:31Mais en tout cas,
29:32on voit les trajectoires.
29:34On a fait une étude
29:35Résilience 2050
29:36qui mesure les impacts
29:39climatiques,
29:39notamment sur les cultures.
29:41Comment vont évoluer
29:42les cultures demain
29:43dans le sud de la France ?
29:44Imaginez qu'en 2050,
29:46on aura le climat
29:47de Barcelone à Périgueux.
29:49Donc,
29:49vous imaginez les impacts
29:50sur les cultures du sud-ouest.
29:52Donc,
29:53il faut vraiment penser
29:53l'avenir et dire
29:55qu'est-ce qu'on va produire
29:56dans ces régions ?
29:56Comment va s'adapter ?
29:57Qu'est-ce qu'on produit ?
29:58Qu'est-ce qu'on plante ?
29:59Qu'est-ce qu'on produit ?
29:59Et du coup,
30:00si on réfléchit à
30:01qu'est-ce qu'on plante,
30:01c'est comment on prend en compte
30:03du coup,
30:03une nouvelle agriculture
30:05plus en phase
30:05avec les enjeux environnementaux
30:07et la qualité des sols,
30:08la biodiversité,
30:09c'est essentiel.
30:10Et donc,
30:14comme on est sur le temps long
30:16dans l'agriculture
30:16et qu'il faut du temps
30:17pour lancer des cultures,
30:20c'est maintenant
30:21qu'on doit prendre des décisions.
30:23Et ça,
30:23ce n'est pas évident,
30:24c'est pour donner des trajectoires.
30:25Donc,
30:25quel type de ferme ?
30:27Quelle taille ?
30:28Quel prix ?
30:29Quelle compétitivité ?
30:30Quel modèle économique ?
30:32Et ce sont des questions
30:33qui sont compliquées
30:34et complexes
30:35parce qu'il y a des enjeux,
30:36bien évidemment,
30:38environnementaux certes,
30:38mais aussi sociétaux.
30:40Comment va évoluer
30:41la ferme France ?
30:42Mais ça dépend des régions.
30:43Oui.
30:43Vous parlez d'agriculture
30:46régénératrice.
30:47Voilà.
30:48Le mot est beau,
30:48mais qu'est-ce que ça veut dire ?
30:50Ça fait longtemps
30:50qu'on en parle.
30:51Donc,
30:51la question,
30:52c'est comment,
30:52effectivement,
30:53on en fait une agriculture
30:55compétitive
30:55et qui donne du sens
30:57parce qu'on a besoin
30:58de travailler
30:58la qualité des sols.
30:59Les sols sont pauvres
31:00et donc,
31:00il faut régénérer les sols.
31:02À partir de là,
31:02il faut rentrer dans un schéma
31:03de rotation de culture.
31:04C'est-à-dire qu'on ne peut pas
31:05faire simplement
31:05une seule culture
31:06avec de l'engrais
31:07et puis l'agriculture conventionnelle,
31:10les phyto,
31:10etc.
31:11Certes,
31:12il faut de l'engrais,
31:12mais il faut produire différemment.
31:14Donc,
31:14comment produire différemment ?
31:15Ça veut dire qu'il faut rentrer
31:16dans un schéma
31:17de rotation de culture.
31:18Je fais du blé,
31:19je fais des légumineuses,
31:20je travaille mes sols
31:22sur des cycles
31:22de 5-6 ans.
31:23Donc,
31:24pour l'agriculteur,
31:25c'est un changement
31:25de modèle économique complet.
31:26L'agriculteur qui était
31:27dans la logique
31:28de dire je produis régulièrement
31:29mes céréales tous les ans
31:31va devoir changer
31:32et produire différemment
31:33et d'autres cultures.
31:34Donc,
31:35la question qui est posée
31:36par l'agriculteur,
31:37c'est qu'il dit
31:37mais finalement,
31:40est-ce qu'il y a un marché en face ?
31:42Qu'est-ce que je vais gagner
31:43dans l'affaire ?
31:44Il y a quand même pas mal
31:44d'agriculteurs qui sont passés au bio
31:45et qui malheureusement
31:47ont dû décentrer.
31:47Et on voit bien la limite,
31:48effectivement,
31:48il y a un consommateur,
31:50il y a un pouvoir d'achat
31:51et il y a un prix.
31:52Donc,
31:52la question c'est
31:53comment on transforme l'agriculture
31:54mais en maintenant les prix
31:55sans trop les augmenter.
31:57Sinon,
31:57ça ne passera pas
31:58sur les volumes.
31:59Donc,
31:59l'idée,
32:00c'est de travailler
32:01ces rotations de culture
32:02et d'avoir effectivement
32:04des coopératives
32:04et c'est là
32:05où on retrouve le modèle
32:06des industriels
32:07qui contractualisent
32:08sur un schéma
32:09de rotation de culture
32:10d'une manière pluriannuelle
32:12pour sécuriser
32:13un revenu à l'hectare
32:14à l'agriculteur.
32:14Et c'est ça l'enjeu.
32:15Et l'agriculteur,
32:16si on le sécurise
32:17dans son revenu minimum garanti
32:18à l'hectare,
32:20il peut s'engager,
32:21il va s'engager.
32:21Parce que,
32:22pour l'instant,
32:23vous avez encore pas mal
32:24d'agriculteurs,
32:25de vos interlocuteurs
32:26qui voient dans
32:28effectivement
32:28ces enjeux de régénération,
32:30de transition écologique
32:31plus une contrainte
32:32qu'une opportunité économique.
32:35Mais parce qu'en fait,
32:36ils demandent aux opérateurs
32:38qui mettent en marché
32:39de s'engager.
32:40En disant,
32:41regardez le bio,
32:42qu'on a des aides,
32:44les aides publiques,
32:45c'est très bien,
32:45mais si en face,
32:46il n'y a pas le marché,
32:46qu'est-ce qu'on fait ?
32:48On ne vend plus,
32:49on déclasse les produits.
32:50Et donc,
32:51la crainte des agriculteurs,
32:52c'est effectivement,
32:53si on est trop dogmatique,
32:54c'est de forcer la production,
32:56mais qu'il n'y ait pas
32:56de marché en face.
32:57Donc,
32:58les coopératives
32:59ou les négoces
33:00ou la filière,
33:01les filières agroalimentaires,
33:03doivent s'engager
33:05qui comprennent le marché,
33:07qui comprennent le consommateur,
33:08qui ont une logique
33:09de marketing,
33:11à orienter les agriculteurs
33:13dans la bonne direction.
33:14En disant,
33:14mais ne vous inquiétez pas,
33:15si on va là,
33:16il y aura un marché
33:16qui sera pérenne.
33:17Ce n'est pas toujours facile,
33:17mais c'est exactement ça.
33:19Et l'agriculteur,
33:20s'il a des contrats,
33:21s'il est sécurisé
33:22sur son revenu,
33:22il va y aller.
33:24Avec ou sans
33:27intrants,
33:29pesticides, etc.
33:30Parce que ça,
33:30c'est quand même
33:31une question assez majeure.
33:32Par exemple,
33:33décision à la fois
33:34européenne,
33:35française,
33:36surtout française,
33:37de réintroduction
33:37des néonicotinoïdes.
33:39Alors,
33:39c'est essentiellement
33:40pour les betteraviers
33:41et les noisotiers.
33:43Est-ce que,
33:44je vais poser une question,
33:46comment je peux la poser ?
33:47Est-ce qu'ils ont suffisamment
33:49investi
33:49pour trouver une alternative ?
33:51Parce qu'ils nous disent
33:51qu'on ne peut pas s'en passer.
33:53J'entends cet argument,
33:54mais est-ce qu'il y a eu,
33:55de la part de la filière,
33:56peut-être d'un groupe
33:57comme l'autre,
33:57suffisamment d'investissement
33:58pour trouver une alternative ?
34:00Pas assez.
34:01Parce qu'effectivement,
34:02il y a des groupes
34:03comme le nôtre,
34:03mais il y a tous nos fournisseurs,
34:05les grands groupes
34:07qui font des intrants
34:09traitements phytosanitaires,
34:11qui doivent investir
34:12en recherche et développement
34:13pour essayer
34:14de faire baisser
34:15l'impact
34:15de ces phytosanitaires
34:17ou de ces engrais
34:19à base de pétrole
34:20ou de gaz.
34:21Et donc,
34:22la question qui se pose,
34:23c'est de se dire
34:25comment on met assez d'argent,
34:26y compris dans la recherche,
34:28y compris dans la semence,
34:29est-ce qu'il y a assez d'argent
34:31fléché dans cette direction-là ?
34:33La réponse est non,
34:34aujourd'hui.
34:34Donc, quelque part,
34:35on est un peu
34:37dans des solutions,
34:38mais qui ne sont pas
34:39complètement finies.
34:40Et donc,
34:40on est vraiment
34:41dans une période de transition.
34:42Donc, il faut massivement
34:43investir plus dans la recherche.
34:45L'INRAE,
34:45ils travaillent en France,
34:46mais aussi les grandes entreprises
34:48pour trouver des solutions.
34:49Par exemple,
34:50sur les betterins,
34:51la génétique de la betterins
34:52pourrait,
34:53à un moment,
34:54évoluer
34:55pour éviter qu'il y ait un traitement
34:56parce que la plante
34:57sera plus résistante.
34:58Donc, il y a des travaux
34:59qui sont actuellement en recherche
35:00et c'est la solution
35:01qui permettra d'éviter
35:02d'utiliser
35:04les phytosanitaires
35:05dont vous parliez.
35:05Mais il faut du temps,
35:06peut-être qu'il faut 5 ans,
35:076 ans.
35:08Là, il y a une solution
35:08devant nous
35:09qui est génétique.
35:10Oui, on a pris du retard
35:11parce que
35:12quand il n'y a pas la pression,
35:13il y a aussi le confort.
35:15Donc, du coup,
35:15on dit
35:16on a le temps.
35:16Mais quand il y a une pression,
35:17alors une pression,
35:18on va dire,
35:19intelligente,
35:21pas trop contraignante
35:22et à un point d'arrivée,
35:24ça engage les transformations.
35:26Alors, vous parliez d'engrais,
35:27d'engrais pétrochimiques,
35:28ça m'amène
35:28à ouvrir
35:30un chapitre
35:31actualité
35:31avec peut-être
35:32les conséquences
35:33de 3 mois et demi
35:34de quasi-fermeture
35:36des 3 dormous.
35:39Ça a une conséquence là,
35:41directe,
35:41sur les prix ?
35:42C'est une conséquence
35:43pour nous
35:44sur les prix
35:45mais pas sur les volumes
35:46puisqu'on n'est pas
35:46directement concerné
35:47par ces zones du monde
35:48sur l'approvisionnement
35:49de nos engrais
35:50qui viennent principalement
35:51alors que avant
35:52c'était la Russie
35:52mais on a arrêté
35:53et du coup,
35:54on a basculé sur le Maroc,
35:55Etats-Unis,
35:57pays d'Europe du Nord.
35:58Donc,
35:59l'incidence que l'on a aujourd'hui
36:00c'est sur les prix
36:03qui sont quand même significatifs.
36:05Donc,
36:05l'agriculteur se pose des questions
36:07à quel prix
36:08doit-il acheter
36:08son engrais maintenant
36:10pour les cultures d'automne ?
36:12Parce que c'est là
36:12où ça va se jouer.
36:13Et là,
36:14vous avez beaucoup d'agriculteurs
36:15qui attendaient des engrais
36:16à 600,
36:16700 euros la tonne
36:17alors qu'on était
36:18à 250,
36:18300
36:20et que le cours
36:21des céréales
36:21reste stable.
36:22Pourquoi je planterais ?
36:25J'ai intérêt
36:25à faire l'impasse
36:26sur les cultures.
36:27Et ça,
36:27c'est dans le jeu.
36:29Ou faire autre chose,
36:29ou faire l'impasse
36:30parce que de toute façon,
36:31c'est à perte.
36:32Sauf si les cours
36:32des céréales augmentent.
36:34Alors justement,
36:34vous disiez...
36:35ce n'est pas le cas aujourd'hui.
36:36C'était une interview
36:36du mois de mars,
36:37fin mars,
36:37on va avoir certainement
36:39une inflation sur les céréales
36:40à la rentrée
36:41de manière significative
36:42pour le consommateur.
36:43L'augmentation des prix,
36:44elle se fera en janvier
36:45ou à la rentrée.
36:46Tout dépend de la réunion
36:47de cette guerre en Iran,
36:48évidemment.
36:49Donc là,
36:49malheureusement,
36:50cette guerre,
36:50elle dure.
36:52Oui et non,
36:52parce qu'il y a
36:53des discussions aujourd'hui.
36:54Si j'écoute
36:55le président américain,
36:57je peux comprendre
36:58que le 15 juin,
36:59il arrêtait tout
37:00et que ça en partait
37:01Soyons optimistes.
37:02Il a une coupe du monde
37:03à organiser,
37:03c'est vrai que c'est compliqué
37:04d'être devant les projecteurs
37:07de l'actualité mondiale
37:08en étant en guerre.
37:09Pour négocier,
37:09il faut être deux,
37:10je suis où l'accord,
37:10donc forcément,
37:11en face,
37:11ils ne sont peut-être pas d'accord.
37:12Et espérons que ça se termine.
37:14Mais cette inflation,
37:15elle est écrite ?
37:16Oui, parce qu'elle est embarquée.
37:17Parce que regardez,
37:18les agriculteurs,
37:19déjà dans les zones,
37:20on va dire,
37:21africaines,
37:22Australie,
37:22peuvent plus payer
37:23l'engrais à ce prix-là.
37:24Donc,
37:25ils vont moins produire.
37:26Si on produit moins,
37:27mondialement,
37:27vous allez avoir
37:28un déséquilibre
37:29offre et demande
37:29et mécaniquement,
37:30les cours des céréales
37:32à Chicago ont monté.
37:33Et je vous rappelle,
37:34et je ne veux pas
37:35effrayer personne
37:36ce matin,
37:37mais après la guerre
37:39en Ukraine,
37:39le blé était monté
37:40à 440 euros la tonne.
37:42Aujourd'hui,
37:43on est à 180.
37:44Et vous avez vu
37:45l'inflation,
37:46pendant deux ans,
37:47les produits alimentaires
37:49ont augmenté
37:49de 12 à 15 %.
37:51Voilà,
37:51on y est.
37:53J'espère que ce ne sera pas
37:54comme ça,
37:54je le souhaite vraiment.
37:56Mais mécaniquement,
37:57quand on regarde
37:57ce qui va se passer,
37:59moins de production
37:59parce que les engrais
38:00sont trop chers,
38:00mécaniquement,
38:01les prix vont monter.
38:02Le temps que les meuniers
38:04achètent leur blé,
38:06etc.,
38:06vous avez toute l'inertie
38:07du système
38:07de la transformation
38:08qui nous amène
38:09en début d'année,
38:102027.
38:11Ça nous ramène finalement
38:13à ce qu'on disait précédemment
38:14et à cet enjeu
38:15de souveraineté.
38:16C'est-à-dire que plus on réussit
38:18cette transformation
38:20en agriculture régénératrice
38:21dont vous parlez,
38:22moins on sera dépendant
38:23de ces engrais,
38:25pétrochimie,
38:25etc.
38:25De ces engrais,
38:26mais oui et non,
38:27parce qu'il y a quand même
38:27une logique de prix mondialisé.
38:29Oui.
38:30On n'est pas sur des marchés
38:31fermés.
38:32Donc si je prends les céréales,
38:34ce n'est pas la France
38:35qui fait le prix des céréales.
38:36Même si on était
38:37complètement fermé,
38:38ça ne serait pas...
38:38Ou alors il faudrait revenir
38:39au quota d'avant
38:41où il y a des stockages stratégiques
38:42comme ça se passe
38:43aujourd'hui en Inde
38:44où quelque part
38:45on maintient un prix
38:47d'État quelque part.
38:49Le prix de la baguette,
38:50je vous rappelle,
38:50dans les années 70,
38:52était réglementé.
38:54C'était,
38:54je ne sais plus combien,
38:55un franc,
38:56j'ai dit n'importe quoi,
38:56mais c'était réglementé.
38:57Et donc,
38:58on ne va pas revenir à ça.
38:59Non, je ne pense pas
38:59qu'on reviendra en arrière.
39:00Il me semble.
39:01Bien qu'aujourd'hui,
39:02il faut faire attention
39:02à ce qu'on dit,
39:03mais quand même,
39:03on ne va pas revenir à ça.
39:05Donc du coup,
39:05il y aura quand même
39:05cette inflation.
39:07L'important,
39:07c'est l'offre-la-demande.
39:08C'est la mondialisation.
39:09On est dans la mondialisation
39:10et les prix,
39:11c'est un équilibre
39:12offre-demande
39:13qui est mondialisé.
39:14Mais est-ce qu'on peut garder,
39:15parce qu'en ce moment,
39:16il y a des vrais enjeux
39:16de balance commerciale agricole
39:19et de souveraineté,
39:20est-ce qu'on peut garder
39:21ou recréer
39:23une agriculture française
39:26souveraine
39:26ou plus souveraine ?
39:27Ou ça vous semble
39:29daté comme vision ?
39:30Je pense que
39:31quand on parle de souveraineté,
39:34de quoi on parle ?
39:34Parce qu'en fait,
39:36la souveraineté,
39:37par exemple,
39:37sur les céréales,
39:38on est exportateur.
39:39Donc quelque part,
39:40la souveraineté,
39:40ça nous permet aussi
39:41de rayonner à l'international
39:43et c'est un enjeu aussi
39:44du rayonnement de la France
39:45à l'international
39:46sur un savoir-faire
39:47qui est la filière blé.
39:48Quand on parle d'importer,
39:49par exemple,
39:50des oranges,
39:51on ne sera jamais
39:51souverain en orange,
39:52ça vient du Maroc.
39:53Donc après,
39:54ça dépend de comment on parle.
39:55Mais sur l'essentiel,
39:56je pense vraiment
39:57que la France
39:57est un grand pays agricole
39:58qui a un potentiel incroyable.
40:00Il faut juste
40:02le prendre en compte,
40:03l'organiser,
40:04gagner en compétitivité
40:06dans nos infrastructures
40:07parce qu'il y a
40:07énormément d'intermédiaires
40:08aujourd'hui
40:09qui coûtent
40:09dans la chaîne de valeur
40:11et puis penser le temps long
40:12et je pense qu'on peut
40:13être souverain
40:14à l'échelle française
40:15dans certaines cultures
40:16et on peut être souverain
40:17surtout à l'échelle européenne
40:19parce que là,
40:19ça permet de mixer
40:21les différentes filières.
40:22Et on peut être souverain
40:23dans la logique
40:23où notre agriculture
40:24pourrait être
40:25beaucoup plus vertueuse
40:26à l'échelle européenne
40:28et du coup,
40:28on pourrait peut-être
40:29travailler un système
40:30de taxes
40:31parce que c'est à la mode
40:31à l'importation
40:32pour quelque part
40:33bloquer certains produits
40:35en mettant des taxes
40:36peut-être pas très chères
40:37pour créer de l'inflation
40:38mais symboliques
40:38qui pourraient monter
40:39pour des importations
40:41qui ne respectent pas
40:42les cahiers des charges européens.
40:43Une dernière question
40:44d'actu
40:45vous parliez de céréales
40:47qui concernent l'Ukraine
40:48et donc les céréales
40:50puisque l'Union européenne
40:51relance, active
40:52le processus
40:52d'adhésion
40:53de l'Ukraine.
40:55Moi, je juge
40:56que symboliquement
40:57c'est essentiel
40:59mais après
41:01pour un secteur
41:02en l'occurrence
41:03les céréales françaises
41:04c'est quand même
41:04un sacré concurrent
41:05l'Ukraine.
41:06C'est un sacré concurrent
41:08tout est possible
41:09mais il faut qu'ils respectent
41:10les normes européennes
41:11même si
41:12ok, leurs terres
41:13sont plus riches
41:13sont plus compétitives
41:14bon, ça fait partie du jeu
41:16encore faut-il
41:16qu'ils respectent
41:17les normes européennes
41:18qui s'inscrivent
41:18dans la même logique européenne
41:20ils n'auront pas besoin d'aide
41:21ils sont compétitifs
41:22mais au moins
41:22qu'ils fassent
41:23les efforts environnementaux
41:24ils ne les font pas
41:25pour l'instant
41:25ils ne les font pas suffisamment
41:27bon, c'est bon
41:27de toute façon
41:29un processus d'adhésion
41:30c'est un processus long
41:31mais sur le long terme
41:32pourquoi pas
41:33mais du coup
41:33ça va nous obliger
41:34d'investir en Ukraine
41:35nous aussi
41:35c'est pour ça qu'on y est déjà
41:36on y était déjà
41:38bon, maintenant
41:39on va essayer de réactiver
41:40parce que du coup
41:41un groupe comme une Vivo
41:42doit être européen
41:43ce qui nous permet
41:44de faciliter
41:45la fluidité
41:46de la liquidité du marché
41:47vous voyez
41:47et donc il faut qu'on soit présent
41:49aussi en Ukraine
41:49à Odessa
41:50si ça repart
41:51ce serait plutôt une bonne nouvelle
41:52à nous d'équilibrer l'ensemble
41:53On va parler un peu
41:54de financement
41:56de la transition
41:57de la transformation
41:59de notre agriculture
42:00et c'est la question
42:01que l'une de nos invités
42:03la semaine dernière
42:04Mario Heinzer
42:04qui est directrice générale
42:06de fermes d'avenir
42:07a voulu vous poser
42:08Bonjour Céry
42:09et bien nous
42:10chez fermes d'avenir
42:11on voulait savoir
42:11si vous seriez prêt
42:12à expérimenter
42:13la comptabilité écologique
42:14au sein de vos fermes
42:15avec nous
42:15c'est tout simple
42:17la comptabilité écologique
42:18est-ce que
42:19vous en avez déjà entendu parler
42:21est-ce que ça
42:21pourrait vous intéresser ?
42:23ça pose la question
42:24du financement
42:27le financement
42:27le levier de financement
42:28qui serait idéal
42:29ce sont les crédits carbone
42:31aujourd'hui
42:31ça ne fonctionne pas bien
42:32parce qu'on a du mal
42:33à faire un marché mondial
42:34du crédit carbone
42:35le crédit carbone
42:35c'est valoriser
42:36la qualité des sols
42:38qui capte du carbone
42:39au sol
42:39et donc il y a un prix
42:40de marché
42:41qui est trop bas
42:41aujourd'hui
42:42qui ne fonctionne pas
42:43et pour différentes raisons
42:45mais il faudrait relancer
42:46cette idée
42:47c'est-à-dire
42:47dès l'instant
42:48on commence à avoir
42:48des crédits carbone
42:49c'est un revenu complémentaire
42:51pour l'agriculteur
42:51dès l'instant
42:52où il s'engage
42:52dans les grandes transitions
42:53et là il y a des leviers
42:54qui sont très intéressants
42:55alors pour que ça fonctionne
42:56il faudrait avoir
42:57des crédits carbone
42:58autour de 50 dollars minimum
42:59pour 50 euros
43:00la tonne
43:01en termes de marché
43:02on est autour de 20
43:0430 maxi
43:05et encore
43:06et c'est pas fluide
43:06et qu'est-ce qui fait
43:07que les cours
43:10sont aussi bas ?
43:10parce qu'on n'a pas créé
43:11le marché
43:12la place de marché
43:12de crédits carbone
43:13qui fonctionne
43:14aujourd'hui
43:15les grandes entreprises
43:16compensent
43:17font de la compensation
43:18dans leur bilan
43:20sur les crédits carbone
43:21par exemple
43:22dans l'ambérique du Sud
43:23sur les mangroves
43:24etc.
43:25à 7 dollars
43:26mais du coup
43:26il faudrait valoriser
43:27les crédits carbone
43:28dans l'agriculture
43:29parce que l'agriculture
43:31ça a un sens
43:31ça entourit la planète
43:33et donc si on arrivait
43:34à créer ce cercle vertueux
43:35de dire à ces grands groupes
43:37qui font de la compensation
43:38aujourd'hui
43:39de flécher leur compensation
43:40vers du crédit carbone
43:41agricole
43:42on aura un levier
43:43financier formidable
43:44la transition
43:45la transformation
43:46elle coûte cher
43:47dans tous les secteurs
43:48notamment l'agriculture
43:48qui porte le coup
43:50aujourd'hui
43:52principalement ?
43:52ce sont les opérateurs
43:53c'est Invivo
43:54qui financent
43:55il faut trouver
43:56des partenaires financiers
43:57aussi
43:57ce sont les filières
43:58agroalimentaires
43:59donc c'est beaucoup
44:00d'argent effectivement
44:01engagé
44:01c'est sûr qu'il en manque
44:02toujours
44:03on n'en a jamais assez
44:03donc il y a des choix
44:05à faire
44:05des priorités
44:06c'est vrai que
44:07quand on investit
44:08on cherche plutôt
44:08un retour rapide
44:09sur 5-7 ans
44:10donc investir sur le temps
44:11long
44:1110-15 ans
44:12aujourd'hui
44:13pour les opérateurs
44:13économiques
44:14c'est extrêmement difficile
44:15sans avoir des aides
44:15des structures
44:16est-ce qu'il faudrait
44:17que ce coût
44:18il soit mieux partagé
44:19peut-être par exemple
44:20avec la grande distribution
44:22ou même nous
44:23consommateurs
44:24ça repose la question
44:25du prix quoi
44:25ah bah oui oui
44:26j'ai vu la chaîne de valeur
44:28et puis le camembert
44:29avec les différentes marges
44:31bon sur l'étude
44:32qui a été faite
44:33par le Sénat
44:34ouais
44:35et j'ai vu les réactions
44:36aussi des distributeurs
44:37et de beaucoup
44:38oui
44:39qui considéraient
44:39qu'ils étaient
44:40injustement montrés
44:41du lois
44:41mais bon
44:42une part de vérité
44:43quelque part
44:44parce qu'en fait
44:44les marges nettes
44:45c'est à 1%
44:46mais vous savez
44:47on est en filière
44:47on ne gagne pas
44:48beaucoup d'argent
44:49chacun se bat
44:50pour gagner 1 ou 2%
44:51de résultats nets
44:51à chaque étape
44:52de la filière
44:53donc si vous prenez
44:54les marges brutes
44:55ça paraît considérable
44:56mais derrière
44:56il faut financer
44:57des capex
44:58pour ouvrir des magasins
44:59il faut qu'ils financent
45:01aussi leurs capex
45:01les outils industriels
45:02c'est très cher
45:03tout ça il faut le financer
45:04et ça garantit
45:05la sécurité alimentaire
45:06mais les marges
45:06ne sont pas très importantes
45:08donc quelque part
45:09tout est très très tendu
45:11on est sur des métiers
45:12de centimiers
45:13et puis le consommateur
45:15il n'a pas envie
45:15de payer trop cher
45:16et l'agriculteur
45:17il veut quand même
45:17avoir son revenu
45:18pour produire
45:18et au milieu
45:19vous avez une chaîne
45:21alimentaire
45:22peut-être
45:22qui mériterait
45:23d'être un peu plus concentré
45:24pour être plus compétitif
45:25c'est le travail
45:26sur lequel on est aujourd'hui
45:27mais cette agriculture
45:29régénératrice
45:29que vous prônez
45:32pour changer d'échelle
45:34il va falloir quand même
45:35un soutien financier
45:38un peu plus massif
45:39alors c'est quoi
45:40c'est les pouvoirs publics
45:41c'est...
45:42alors il y a la PAC
45:43donc il y a quand même
45:44des aides
45:44donc la PAC
45:45c'est un grand débat
45:46c'est en négociation
45:47aujourd'hui
45:48sur la PAC 2032
45:49comment flécher les aides
45:51dans ce texte
45:52de l'agriculture
45:53c'est un vrai débat politique
45:55ça aussi
45:55qui n'est pas simple
45:56donc je vous l'accorde
45:58et ensuite
45:58une fois qu'on a la PAC
45:59il peut y avoir
46:00des leviers financiers
46:02avec des endettements
46:04vous voyez
46:04porter des CAPEX
46:05des partenaires financiers
46:06des clients
46:07qui peuvent aider à financer
46:08donc en fait
46:09on peut structurer tout ça
46:10si je prends par exemple
46:11je vous donne trois chiffres
46:12vous allez vite comprendre
46:13parce qu'on a l'étude
46:14on a pas mal de fermes pilotes
46:15on sait exactement
46:16de comment on parle en fait
46:17si on veut transformer
46:19un agriculteur
46:19qui aujourd'hui
46:20fait des céréales
46:21de manière classique
46:22en agriculteur
46:23qui devient
46:23s'engage sur un programme
46:24d'agriculture génératrice
46:25sur 5 ans
46:26avec ses rotations de culture
46:27avec les légumineuses
46:29il y a des impacts
46:29de marge brute
46:30on sait qu'il va perdre
46:32potentiellement
46:33enfin le risque
46:34qu'il perde entre 150 euros
46:35et 200 euros l'hectare
46:37parfois
46:38dans certaines rotations de culture
46:39la question c'est
46:40comment on lui garantit
46:41qu'il ne les perdra pas
46:42si jamais il les perd
46:43et comment on finance
46:44cette garantie
46:45donc il y a trois leviers
46:46je reviens sur
46:47les crédits carbone
46:48donc si on arrive à avoir
46:49des crédits carbone
46:50à 50 euros
46:5160 euros
46:52ça compenserait le risque
46:53du coup il serait sécurisé
46:54et ensuite il y a
46:56les contrats des clients
46:57c'est-à-dire qu'on pourrait
46:57contractualiser nous
46:58en tant qu'industriel
46:59sur 5 ans
47:00un prix moyen
47:01qui éviterait la volatilité
47:03et ensuite
47:04des aides publiques
47:05vous voyez
47:05sur 150 euros
47:0750 euros
47:07les crédits carbone
47:0950 euros
47:09le client
47:10qui pourrait payer
47:11et répercuter
47:12au consommateur
47:12et 50 euros
47:13par des aides publiques
47:14qui se réfléchissent
47:15pour soutenir
47:15ce type d'agriculture
47:16il y a certains agriculteurs
47:18qui ne peuvent même pas
47:20imaginer le faire
47:21parce qu'ils sont en difficulté
47:22parce que
47:23donc
47:23j'imagine que
47:24arriver avec un discours
47:26comme le autre
47:26ou des questions
47:27il est bien gentil le journaliste
47:29il y a peut-être des gens
47:29qui nous regardent
47:30il est bien gentil
47:30mais moi je ne peux pas
47:31j'ai zéro marge
47:32etc
47:33je me paye à peine
47:34c'est là où le rôle
47:35des coopératives est essentiel
47:36parce qu'une coopérative
47:38est capable de travailler
47:39avec tout type d'agriculteurs
47:40pour l'engager
47:41en mutualisant ses moyens
47:43et quelque part
47:44en mutualisant aussi les aides
47:46pour aider tel ou tel agriculteur
47:47qui rentrerait dans ce processus
47:49c'est l'intérêt
47:50des unions de coopératives
47:51d'accord
47:52donc ça permet
47:53mutualiser les moyens
47:53et embarquer
47:54ça permet aux agriculteurs
47:55les plus en difficulté
47:56de malgré tout
47:57être éventuellement embarqués
47:58ça a eu garantie
47:59il produit
48:00il est sûr de vendre
48:01alors la question
48:02c'est le prix de marché
48:03mais un agriculteur indépendant
48:04s'il n'a pas sa coopérative
48:05à qui vend-il ?
48:06il est au marché
48:07donc il y a quand même
48:08une sécurité
48:09une coopérative
48:11vend des intrants
48:12mais l'agriculteur
48:13ne paye pas ses intrants
48:14il les paye
48:15neuf mois après
48:15par compensation
48:16donc la coopérative
48:17fait la banque
48:18oui
48:19bien compris
48:20bien compris
48:20il nous reste
48:212 minutes 30
48:22on va parler
48:23d'intelligence artificielle
48:24dans un instant
48:25mais je voudrais quand même
48:25évoquer la question
48:26de la transmission
48:27parce qu'il y a
48:28une génération d'agriculteurs
48:29qui part à la retraite
48:31c'est quand même
48:32un défi
48:33un défi majeur
48:34là aussi à relever
48:35c'est un challenge majeur
48:38après il faut aussi
48:39réfléchir à la taille
48:40d'exploitation
48:40et dire
48:41de quelle exploitation
48:43sur quelle exploitation
48:45le jeune va s'investir
48:46parce que
48:46il faudra en profiter
48:49pour agrandir
48:49un peu les exploitations
48:50ça dépend des régions
48:51mais il faut qu'elle reste
48:52compétitive sur l'exploitation
48:53et quand on
48:54je parlais de l'étude
48:552050
48:55on a regardé
48:56les tailles d'exploitation
48:57des fermes
48:58et vous regardez
48:59depuis
49:0120 ans
49:02les tailles ont doublé
49:03il y a moins
49:05d'agriculteurs
49:05mais le potentiel
49:06de production
49:06reste là
49:07et donc quand on se projette
49:08ça va être pareil
49:09donc pourquoi
49:10ça se passe comme ça
49:11parce que la seule façon
49:12de maintenir un revenu
49:13puisque les charges augmentent
49:15puisque les charges
49:16environnementales augmentent
49:17et qu'on ne peut pas
49:18monter les prix
49:18c'est d'écraser
49:19nos coûts fixes
49:20et donc ça se fait
49:22naturellement
49:22et donc le jeune agriculteur
49:24il faut qu'il s'inscrive
49:25dans cette trajectoire
49:25et s'il s'inscrit
49:27dans cette trajectoire
49:28s'il est aidé
49:28il aura une ferme
49:29compétitive demain
49:30et je pense que
49:31dans ce temps-là
49:32il trouvera des financements
49:33une ferme compétitive
49:34et qui utilisera
49:35de plus en plus
49:36les données
49:37la data
49:37c'est déjà le cas
49:39c'est déjà le cas
49:40mais oui oui
49:41aujourd'hui il y a des applications
49:42nous on a lancé
49:43plein d'applications
49:44qui font que l'agriculteur
49:45il peut rentrer ses datas
49:46son cahier des charges
49:47tout ça c'est crunché
49:48dans les IA
49:49on lui renvoie du prédictif
49:50sur voilà ce qu'il faut faire
49:51voilà comment il faut en semer
49:53la technologie
49:53c'est formidable
49:54ça permet d'utiliser moins d'intrants
49:56aussi
49:56oui bien sûr
49:57parce que ça permet
49:57de développer une agriculture
49:58de précision
49:59donc sécuriser
50:00en disant
50:00là sur tel endroit
50:02de la parcelle
50:03c'est pas la peine
50:04il n'y a pas besoin
50:05de rajouter d'intrants
50:06pas d'engrais
50:06ça va fonctionner
50:07alors qu'aujourd'hui
50:08enfin aujourd'hui
50:09plutôt hier
50:10parce que maintenant
50:10on est plutôt
50:11dans l'agriculture de précision
50:12qui s'est vraiment développée
50:13hier en fait
50:14par sécurité
50:14il traitait de la même façon
50:17tous les hectares
50:18de ces parcelles
50:19là il peut
50:20ajuster
50:21en fonction du potentiel
50:22agronomique du sol
50:24pratiquement au mètre carré près
50:26aujourd'hui
50:27et ça veut dire
50:28c'est 1%
50:2920%
50:2930% d'intrants en moins
50:30parfois
50:31oui ça veut dire
50:31nous sur les fermes pilotes
50:3220-25% d'intrants en moins
50:34donc 25% de résultats en plus
50:36si le rendement est garanti
50:38c'est du coût
50:40il a intérêt
50:41il faut juste le rassurer en fait
50:43c'est vertueux
50:44et bien on termine là dessus
50:45merci beaucoup
50:46Thierry Biongnier
50:46merci beaucoup pour l'invitation
50:47et à bientôt sur Miss Smart4Chain
50:49on passe tout de suite
50:49à notre rubrique
50:50start-up
50:57Smart Ideas
50:58avec Sarah Debelois
50:59bonjour
50:59bonjour Thomas
51:00merci pour l'invitation
51:01bienvenue
51:02vous êtes la fondatrice
51:03des Pas Petits
51:03vous l'avez créé en 2019
51:05c'est quoi l'histoire
51:06pourquoi vous l'avez créé ?
51:08les Pas Petits
51:09c'est une marque de chaussons souples
51:10et en fait
51:10c'est un petit peu
51:11une convergence
51:12entre l'envie de créer
51:14un chausson
51:14qui correspond à un besoin
51:15non identifié
51:16et qui m'a été
51:18pour lequel j'ai été confrontée
51:20pour ma fille
51:20et aussi une envie
51:21d'entreprendre
51:22que j'avais depuis longtemps
51:24depuis quelques années
51:25j'avais une envie
51:25d'autonomie d'entreprendre
51:26donc les deux ont fait
51:27que j'ai créé cette marque
51:28alors qu'est-ce qu'ils ont
51:30de particulier ces chaussons ?
51:31alors ils sont très très souples
51:32très très fins
51:33donc en fait
51:33j'ai créé un chausson
51:34sensation pieds nus
51:36je ne sais pas
51:36si vous connaissez
51:37un peu la mouvance barefoot
51:39donc c'est vraiment
51:40l'importance
51:40de respecter
51:41cette sensation pieds nus
51:42en fait le mieux
51:43pour l'enfant
51:44c'est le pieds nus
51:44et à défaut
51:45si on ne peut pas
51:46pour x ou y raison
51:47c'est d'avoir un chausson
51:48qui correspond à ça
51:49donc en fait
51:50la semelle
51:50elle mesure 3 mm d'épaisseur
51:52donc c'est comme si
51:53on n'avait rien
51:53et en fait
51:54l'enfant
51:55peut vraiment tout ressentir
51:58les différents types de sols
52:00et du coup
52:01développer sa motricité
52:02en fonction
52:02et se muscler en fonction
52:03donc c'est vraiment ça
52:04la base du chausson
52:06quel rôle
52:07les professionnels
52:09de santé
52:10ont joué
52:11dans à la fois
52:11la conception du produit
52:13et puis votre
52:14votre approche générale
52:16ce qui est très
52:17intéressant dans mon histoire
52:19c'est que je les ai approchés
52:20pour une approche personnelle
52:21pour mes enfants
52:22qui ont marché très tard
52:22et donc du coup
52:24de là
52:25je me suis
52:25j'ai vraiment compris
52:26l'importance
52:27de cette sensation pieds
52:28nus
52:28donc au départ
52:29c'était personnel
52:30je leur expliquais le projet
52:31et ils m'ont suivi
52:32dans la démarche professionnelle
52:34donc il y a eu
52:34beaucoup de podologues
52:36de kinés
52:36d'ostéos
52:38de pédiatres
52:39et en fait
52:40eux m'ont vraiment donné
52:41cette importance
52:43un peu scientifique
52:44de cette sensation pieds nus
52:45et comment l'appréhender
52:46parce qu'il y a aussi
52:47la place des orteils
52:48il faut laisser la place
52:49pour que le pied
52:51prenne la place
52:51et en fait
52:52on n'a pas confiance
52:54que nous
52:54dans nos chaussures actuelles
52:55on est un peu comprimés
52:56les pieds ne sont pas libres
52:58et donc c'est toute cette connaissance
53:00que j'ai apprise grâce à eux
53:01je suis en train d'essayer
53:02de bouger mes orteils
53:03vous me dites ça
53:04c'est vrai qu'on est bien contraints
53:06la santé du pied
53:07de l'enfant
53:08c'est vrai que
53:08c'est quoi ?
53:09c'est méconnu
53:10de l'immense majorité
53:11des parents aujourd'hui
53:12ou ça commence à bouger ?
53:13ça commence à bouger
53:14mais je ne sais pas
53:15si vous avez en tête
53:16des mamans
53:17des mamies
53:17qui vous disent
53:18mais non
53:18pour apprendre à marcher
53:19il faut qu'il soit bien
53:20bien ancré dans sa chaussure
53:22bien coincé
53:24et en fait
53:25ça a bougé
53:26parce qu'avant
53:26quand les enfants
53:27apprenaient à marcher
53:28les bébés
53:29ils ne s'étaient pas musclés
53:30avant
53:30on les hissait
53:31on les propulsait
53:32vers la marche
53:32et en effet
53:33la cheville n'était pas musclée
53:34le pied non plus
53:35et ça avait une importance
53:36d'être bien maintenu
53:39maintenant en fait
53:40on passe par toutes les étapes
53:41de motricité libre
53:42donc le bébé
53:43il va faire du quatre pattes
53:44il va ramper
53:44il va être au sol
53:46et donc en fait
53:47il va se muscler
53:48et au moment où on va
53:49l'aider à faire ses premiers pas
53:51il est déjà musclé
53:51donc en fait
53:52il n'y a plus besoin
53:54d'être maintenu
53:55donc il peut avoir
53:56une chaussure très souple
53:56un chausson très souple
53:57pieds nus
53:58chaussons
53:59ou chaussures très souples
54:00mais en général
54:01on recommande les chaussures
54:02au moment de l'apprentissage
54:04de la marche
54:04même un petit peu après
54:05et donc c'est en train de bouger
54:07mais c'est vrai que
54:08c'est encore
54:09c'est tout nouveau
54:10bon
54:10et donc
54:11l'entreprise existe
54:13depuis 2019
54:14et aujourd'hui
54:15il y a même des chaussons
54:16pour adultes
54:16c'est ça ?
54:17parce qu'en fait
54:18les adultes aussi
54:19ont le droit d'avoir
54:20la sensation pieds nus
54:21de tout ressentir
54:22et d'être protégés
54:24en fait le but du chausson
54:25c'est protéger
54:26contre plein de choses
54:26par exemple un bout de verre
54:27qui va traîner sur la plage
54:29parce que je ne l'ai pas dit
54:30mais on a des chaussons
54:31qui vont à l'extérieur
54:32piscine, plage, mer
54:33éviter des glissades
54:34on peut nager avec
54:35donc ça évite de laisser
54:36ses tongs
54:37dans la piscine
54:37on nage
54:38on ressort avec
54:40des verrues
54:41enfin des choses
54:41ça protège de tout
54:42tout en respectant
54:43cette sensation pieds nus
54:44et donc du coup
54:45quand j'ai lancé
54:45je m'arrête aux enfants
54:46de 4-5 ans
54:47puis on m'a demandé
54:48d'aller jusqu'aux jeunes
54:509-10 ans
54:51et puis après
54:52on m'a demandé
54:52pour les adultes
54:53donc je me suis lancée
54:54jusqu'au 42
54:55et au-delà du 42
54:56on fait sur mesure
54:57puisqu'on fait
54:58tout est confectionné
55:00dans les Hauts-de-France
55:00du coup ça permet aussi
55:01d'être très réactif
55:02par rapport aux demandes
55:03un peu particulières
55:04qu'on pourrait avoir
55:05comment ils sont distribués
55:06vos chaussons
55:07on les trouve comment ?
55:08en ligne
55:08sur le site
55:09lespaspetits.com
55:10et on a un réseau
55:11de distributeurs
55:12de revendeurs
55:13donc ça peut être
55:14des chausseurs
55:14ça peut être des chausseurs
55:15spécialisés dans la sensation
55:16pieds nus
55:18ou des concept stores
55:19et on a la chance aussi
55:21d'être vendus
55:21au bon marché
55:22depuis deux ans maintenant
55:24donc on peut nous trouver
55:25un peu partout
55:26merci beaucoup
55:27Sarah de Belloy
55:28et bon vent
55:29aux pas petits
55:31on vous souhaite
55:32le meilleur
55:33voilà c'est la fin
55:34de ce Smart Impact
55:35merci à toutes et à tous
55:36de votre fidélité
55:38à la chaîne des affaires
55:39à la chaîne des audacieuses
55:40et les audacieux
55:40salut
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