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Mercredi 11 février 2026, retrouvez Olivia Coppin (coach formatrice, Les Bons Codes), Vincent Chevillot (directeur général, Gereso), Patrice Huiban (président, Nouvel essor français) et Sylvain Bersinger (économiste, -) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans Smart Job, votre rendez-vous emploi RH management, débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:16Bien dans son job, on s'intéresse au moral des RH. Comment vont-ils ? La réponse dans quelques instants avec Vincent Chevillot, le directeur général de Géréso,
00:24à travers un baromètre, une étude nationale qu'il va nous présenter dans quelques instants.
00:30Le cercle RH et site, on mettait un chef d'entreprise à la tête du pays pour remplacer un président politique.
00:37C'est une question qui a été posée aux Français à travers un sondage. On en parlera avec nos invités Sylvain Bersinger, Olivier Coppin et Patrice Huiband,
00:45le président de Nouvelle-Essor français. Voilà le programme. Tout de suite, c'est Bien Ensemble.
00:49Bien dans son job pour s'intéresser au moral des RH. Alors on a beaucoup parlé des RH pendant la période Covid parce que c'est eux qui étaient évidemment dans le care,
01:10dans l'accompagnement des collaborateurs. On parle moins des RH et pourtant ils accompagnent et pourtant ils travaillent.
01:16On en parle avec vous, Vincent Chevillot. Bonjour Vincent. Bonjour. Ravi de vous accueillir.
01:20Directeur général de Géréso. Alors Géréso vient assez régulièrement, la marque en tout cas, parce que vous êtes à la fois un organisme de formation,
01:27mais aussi un éditeur et avec des livres qui sont souvent très intéressants.
01:31Parlons de votre étude nationale, de ce baromètre, sixième baromètre. Comment vont-ils nos RH ?
01:38Eh bien, si vous avez regardé les chiffres qui ont été publiés officiellement à partir du 21 janvier, le moral n'est pas excellent.
01:46En fait, à peine la moitié se disent de bonnes, enfin avoir un moral bon ou très bon.
01:52Et c'est en recul de 10 points par rapport à l'année dernière. Donc 13 ans de cela.
01:59Et si on s'intéresse aux DRH et aux responsables RH, ils ne sont même qu'à 43% en chute de près de plus de 10 points aussi par rapport à l'année dernière.
02:10Ceux qui portent la stratégie RH, c'est la question que vous posez, sont-ils en train de décrocher ?
02:14Et là, on a une chute de 14 points.
02:16C'est cela.
02:16Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que les entreprises sont percutées par le contexte international, par le marasme économique français, par l'IA ? Qu'est-ce qui se passe ?
02:26Un peu tout cela. En fait, c'est un enchaînement et un cumul de missions nouvelles.
02:30Alors, on a eu le Covid qui a été un élément très important.
02:33Les RH ont vraiment été en premier plan.
02:35Donc, c'était une charge de travail très, très importante.
02:39On a rajouté à cela de l'économie qui allait bien pendant les deux, trois années post-Covid,
02:45avec des recrutements importants, avec besoin d'engager les nouveaux employés, les nouveaux collaborateurs.
02:53Mais maintenant, nous sommes dans une phase économique qui se porte moins bien.
02:57Et donc là, on est sur de la réorganisation, sur des plans sociaux.
03:03Et donc, nécessairement, tout cela pèse sur le moral des RH.
03:06Votre baromètre, cette étude nationale qui est vraiment passionnante, parle aussi d'une,
03:10non pas d'une rupture, mais quand même d'un écart générationnel.
03:13C'est quoi cet écart ? Comment vous l'expliquez ? Comment vous l'analysez ?
03:18Alors, sur cette étude, il y a plusieurs aspects où il y a des écarts importants sur l'aspect générationnel.
03:24Le premier axe, c'est bien sûr sur l'intelligence artificielle.
03:29Voilà, les juniors, ou en tout cas les moins de 30 ans, sont plutôt optimistes par rapport à l'utilisation de l'intelligence artificielle.
03:36Ce que je trouve assez paradoxal, puisque ce sera la génération qui sera probablement la plus touchée
03:41par rapport aux plus de 50 ans, qui, eux, sont plutôt méfiants par rapport à l'intelligence artificielle.
03:46Ils sont allés avec un téléphone portable et un ordinateur.
03:48C'est cela, c'est ce qu'on appelle les digital natives.
03:50Ils sont à l'aise avec tout cela.
03:51Ils l'utilisent depuis un moment.
03:52Et donc, voilà, pour eux, c'est assez naturel d'y aller.
03:56Dans les écarts, c'est aussi par rapport au moral.
04:00Le moral est plutôt meilleur chez les moins de 30 ans, mais plus fragile.
04:04Les plus de 50 ans, globalement, ont un moins bon moral, mais plus résilient.
04:09Et puis, en termes de reconnaissance, là, il y a un écart aussi générationnel assez appuyé,
04:13puisque les nouvelles générations attendent très rapidement des marques de reconnaissance
04:17quand les plus de 50 ans sont dans une espèce de désillusion silencieuse, on va dire.
04:23On parlera des sujets auxquels sont confrontés les RH.
04:28Et on voit qu'il y a des choses qui ont un petit peu évolué, notamment sur les enjeux environnementaux.
04:31Mais un mot, quand même, sur leur charge de travail, leur charge mentale.
04:35On voit quand même, et c'est très, très clairement dit, une surcharge de travail
04:40et des facteurs de stress qui ont largement progressé.
04:42Ça, vous l'avez dans l'étude aussi.
04:44Tout à fait.
04:44Pour les raisons dont je vous parlais, parce qu'il y a aussi les obligations réglementaires
04:51qui sont lourdes au niveau des RH.
04:53Les partenaires sociaux.
04:54Il y a justement, là, nous sortons d'une période de négociation annuelle obligatoire,
04:59donc avec les partenaires sociaux, on touche justement à la rémunération.
05:04Il y a eu franchement des pressions assez fortes de la part des partenaires sociaux,
05:09surtout sur la période inflationniste, mais qui n'étaient pas toujours corrélées
05:13à une bonne santé économique.
05:14Et là, c'était difficile pour les RH de tenir.
05:17Et puis, je vous le dis, là, très, très, enfin, sur les derniers moments,
05:22plutôt sur des sujets de réorganisation qui ne sont pas les sujets les plus enthousiasmants.
05:27Ce qui est intéressant, c'est que les sujets, alors on vient de l'évoquer,
05:30qui vient faire fil rouge avant de nous quitter, c'est que les sujets IA occupent une grande place
05:35des sujets traités par l'IRH.
05:37Et on voit qu'en creux, les questions d'environnement biodiv sont passées derrière.
05:42Alors qu'il y a quelques années sur ce plateau, dans notre émission,
05:47c'était un sujet de priorité, c'est fini.
05:50C'est incroyable, ça.
05:51J'avoue que j'ai demandé à deux fois qu'on recalcule, qu'on recalcule encore,
05:54pour être sûr, puisque 22% environnement, mais si on regarde les moins de 30 ans,
06:01c'est 6%. Moins de 6% des moins de 30 ans sont intéressés par les enjeux environnementaux.
06:07Et c'est vrai que ce n'est pas l'image que l'on se fait des moins de 30 ans.
06:10Donc on pensait que c'était un sujet qui était relativement important,
06:14qui est un peu relayé au second plan par rapport à toutes les autres problématiques actuellement.
06:18Alors, on l'a évoqué, l'IA et tous ces sujets-là, évidemment, les percutent.
06:22Mais on voit quand même aussi, et ça c'est intéressant,
06:24c'est que l'entreprise n'est pas coupée du monde.
06:26Les enjeux économiques, la situation internationale, l'Iran et les guerres,
06:32elles ont un impact sur nos RH.
06:34Oui, clairement. En fait, on a 93% des professionnels RH qui se disent stressés.
06:40On monte à 99% quand on regarde la fonction publique.
06:43Donc quasiment tous les professionnels RH de la fonction publique ont eu une période de stress.
06:47Nous ne les oublions pas.
06:48Voilà, nous ne les oublions pas.
06:49Et si jamais on regarde qui a déclaré très stressé,
06:54c'est 55% des professionnels RH.
06:57Mais tout cela fait partie aussi d'un environnement global.
06:59L'environnement politique, économique, au niveau international et national,
07:03c'est vrai que c'est anxiogène.
07:06Et donc les professionnels RH ne sont pas hors sol.
07:09Ils ont aussi cette problématique de stress.
07:12Maintenant, normalement, les professionnels RH sont des vecteurs de bien-être au niveau des salariés.
07:19Qu'ils soient à ce niveau de stress, ce n'est pas très bon pour l'avenir des entreprises.
07:23Donc prenez soin, prendre soin de ces RH et eux aussi, qu'ils puissent être accompagnés.
07:28Ils puissent prendre soin ensuite.
07:29Voilà, pour qu'ensuite ils puissent prendre soin.
07:31Merci Vincent Chauvidot d'être venu nous rendre visite.
07:33C'est un vrai plaisir.
07:34Directeur général de Gérezot, c'est vous, Gérezot, qui portez ce baromètre.
07:38Et puis je précise que vous êtes vice-président de la NDRH Paris-Sennes
07:42et trésorier des acteurs de la compétence qui sont deux très belles institutions.
07:46Merci de nous avoir rendu visite.
07:48On tourne une page, c'est tout de suite le cercle RH et j'accueille mes invités pour débattre justement de cette question d'actu.
07:55Et si on mettait un chef d'entreprise, un dirigeant pour diriger le pays ?
07:59Ça c'est une question intéressante et on va en parler avec mes invités, c'est tout de suite.
08:02Le débat d'actu avec une question qui intéresse les chefs d'entreprise
08:19parce que dans un sondage, près de 6 Français sur 10 pensent qu'un patron ferait un bon président de la République.
08:24C'est-à-dire quelqu'un qui soit un gestionnaire qui renvoie et on aura le débat au déficit budgétaire
08:28à la manière dont nos hommes politiques peuvent comme ça mal utiliser les deniers publics.
08:34C'est un sujet alors assez récurrent depuis une trentaine d'années avec la société civile,
08:39les chefs d'entreprise qui deviennent ministres.
08:41On en parle avec mes invités.
08:43Quel est leur point de vue justement quand on leur pose la question ici sur le plateau ?
08:47Olivia Coppin, ravi de vous accueillir, ravi de vous retrouver.
08:49Il y a longtemps, vous n'étiez pas venu sur le plateau de Smart Job.
08:53Coach en management, les bons codes, c'est le nom de votre entreprise.
08:56À vos côtés, Sylvain Bersinger.
08:58Bonjour Sylvain, très heureux de vous retrouver.
09:00Économiste Bersingéco, j'aime bien le titre, je ne m'en lasse pas de Bersingéco,
09:05Bersingéthorix qui sonne évidemment pareil.
09:08Analyse économique et on va vous écouter sur est-ce que c'est bien réel
09:12que les dirigeants gèreraient mieux le pays qu'un politique sur sucre ?
09:18Et puis Patrice Huiban est avec nous, c'est la première fois que vous venez sur le plateau de Smart Job.
09:21Autant il y a quelques habitués.
09:23Merci de nous faire le plaisir de venir.
09:25Président de Nouvel Essor, vous avez beaucoup écrit.
09:28Alors votre parcours est intéressant parce que vous venez de l'armée.
09:31Vous avez écrit armée dans l'actif, vous avez été mis sur plusieurs théâtres d'opérations
09:35et puis vous avez basculé ensuite dans d'autres univers, dont celui de l'entreprise,
09:40avec un livre armé, Le bon modèle, sorti chez Studirama, et Osons changer de modèle français.
09:47Je commence par vous, tiens.
09:48Dans ce livre, vous évoquiez déjà l'idée que nos présidents, c'est-à-dire nos élus,
09:54démocratiquement élus par le peuple, politiques, professionnels,
09:58n'étaient peut-être pas les bons candidats pour gérer un pays.
10:01– Écoutez, je ne sais pas si un chef d'entreprise sera un meilleur chef de l'État.
10:07En revanche, pour nous, il y a trois qualités cardinales pour un bon chef de l'État.
10:11Tout d'abord, il faut travailler.
10:13Il faut bosser dans tous nos métiers.
10:15Ceux qui nous écoutent le savent, ceux qui nous regardent le savent.
10:17Pour être bon, il faut travailler.
10:18Ce n'est pas parce qu'on travaille qu'on est bon.
10:19– Donc un chef d'État ne bosse pas ? Enfin, un politique ne bosse pas ?
10:21– Non, mais je n'ai pas dit ça.
10:23J'ai dit que déjà, je parle du chef de l'État un peu idéal.
10:26Donc c'est quelqu'un qui bosse ses dossiers.
10:27Et attention, avant d'arriver aux manettes,
10:29parce qu'une fois que vous arrivez aux manettes,
10:31c'est le grand 8 d'effet de Florent, si vous me permettez l'expression.
10:33Vous êtes au-dessus au siège.
10:34C'est avant que vous devez travailler.
10:36Et quand on regarde l'histoire,
10:37comment De Gaulle, en 1958,
10:39alors que la France était sous tutelle du Fonds monétaire international,
10:42on l'oublie souvent,
10:43comment il a amorcé un sursaut spectaculaire en six mois,
10:46en tant que d'année présente du Conseil de la Quatrième,
10:48c'est en signant plus d'une ordonnance par jour.
10:50Mais quand vous réussissez à signer plus d'une ordonnance par jour
10:53avec des réformes relativement cohérentes,
10:56ça veut dire qu'avant, pendant des années, vous avez travaillé.
10:58Et pendant ces 12 ans de traversée du désert,
11:00il avait travaillé le discours de Bayeux de 1946,
11:02préservé la Constitution,
11:03le discours de Saint-Étienne de 1948,
11:06qui traçait la voie, je dirais,
11:08la voie gaullienne entre socialisme et capitalisme.
11:10Je vois où vous m'emmenez,
11:11le Gaule était le général, c'est un militaire.
11:13Vous me dites que c'est un militaire travailleur
11:15et qui a dirigé le pays, je vois bien.
11:17Vous répondez à ma question de toute manière.
11:19Peu importe qu'il soit un militaire,
11:20qu'il soit chef d'entreprise,
11:21je veux dire, d'abord, il faut travailler ses dossiers
11:23de manière à, une fois arrivé aux manettes,
11:25pouvoir initier un sursaut.
11:26Deuxièmement, il faut être courageux.
11:28Mais pour être courageux, il faut être habité par son pays.
11:30Habité par le service de son pays.
11:31Avoir la passion de servir et mépriser ceux qui se servent.
11:34Donc ça, c'est le deuxième point.
11:35C'est très important parce que
11:36si vous voulez être fort avec l'effort,
11:39enfin pardon, si vous voulez être,
11:40oui, c'est ça, fort avec l'effort
11:41et bienveillant envers les faibles,
11:42c'est-à-dire que là, il faut s'attaquer à des lobbies
11:44qui, si vous me parlez de l'expression,
11:45font la laine sur le dos des Français.
11:47Patrice, n'utilisez pas toutes vos cartouches.
11:49Sylvain et Olivia,
11:50vous en pensez quoi à ce sujet ?
11:51D'abord, l'économiste,
11:52c'est ensuite celle qui est coach
11:53et qui observe aussi les entreprises de l'intérieur
11:55en les accompagnant.
11:56L'économiste,
11:57parce que la question qui était posée aux Français
11:59dans le fiducial,
12:00c'était un chef d'entreprise
12:02pour permettre au pays d'aller mieux
12:06et notamment lutter contre, je cite,
12:08la folie fiscale.
12:09C'est-à-dire qu'il y a cette espèce d'agacement
12:11chez les Français de se dire
12:12on crée des taxes et qu'il y a un problème
12:14sans réformer réellement
12:15et qu'un chef d'entreprise
12:17ne pourrait pas le faire
12:18puisque, par essence,
12:19il serait en redressement judiciaire
12:21puis en dépôt de bilan
12:22de manière assez simple.
12:23Qu'est-ce que vous en pensez, vous,
12:24à travers vos yeux d'économiste ?
12:25Je pense qu'un chef d'entreprise
12:27peut faire un bon responsable politique
12:29à mon président
12:29à condition qu'il adopte une vision globale.
12:32Ce que je veux dire par là,
12:33c'est que quand vous êtes chef d'entreprise,
12:34ce que vous faites dans votre entreprise
12:35n'a pas d'influence
12:37sur le reste de l'économie.
12:38Donc quand vous pilotez le pays,
12:39tout ce que vous faites
12:40sur les salaires, la fiscalité,
12:42les droits de douane,
12:42si on pense à Trump,
12:43plein de choses,
12:44en fait, va avoir des effets
12:45un peu boomerang
12:46sur d'autres variables de l'économie.
12:47Donc le chef d'entreprise
12:48peut tout à fait être un bon président,
12:50mais il ne faut pas
12:51qu'il garde des yeux
12:52uniquement de chef d'entreprise,
12:53il faut qu'il garde des yeux globales
12:54en se disant,
12:55OK, je fais ça,
12:56mais quelles peuvent être
12:56toutes les boucles de rétroaction ?
12:57Ça veut dire qu'il n'aurait pas
12:58la compétence,
12:59si je dis bien ce que vous dites,
13:00il n'a pas cette vision à transporter.
13:02Il peut l'acquérir, voilà.
13:03Je dis donc qu'en tant que chef d'entreprise,
13:05on n'a pas besoin
13:06d'avoir cette vision.
13:07Quand moi je gère
13:07ma toute petite entreprise,
13:08ce que je fais n'a aucun impact
13:10macroéconomique,
13:11donc je ne me préoccupe que de moi.
13:12Quand vous dirigez un pays,
13:13tout ce que vous faites
13:14va avoir des impacts
13:15en cascade
13:16sur d'autres variables économiques.
13:17Et des conséquences invisibles
13:18parfois, oui,
13:18ou inattendues.
13:19Olivier, vous en pensez quoi
13:20de cette question ?
13:21Parce qu'encore une fois,
13:22on y reviendra,
13:23mais est-ce qu'il y a
13:23un peu de populisme ?
13:24Est-ce que les Français
13:26en ont un peu marre
13:26de leur classe politique,
13:27finalement jettent tout
13:28alors qu'il y a des politiques
13:29qui travaillent,
13:30il y a des politiques
13:30qui bossent leur dossier ?
13:31Qu'est-ce que vous en pensez ?
13:33Oui, c'est un vieux débat
13:34entre cette image
13:35du politique,
13:36une espèce d'élite
13:38qui se sert,
13:39on l'a entendu.
13:39Finalement,
13:40de privilégier,
13:41déconnecter de la réalité,
13:42avec d'ailleurs,
13:43c'est intéressant
13:43parce que c'est plutôt
13:44l'image de l'entrepreneur,
13:45du chef d'entreprise,
13:46donc ce n'est pas
13:46le grand patron,
13:47donc c'est vraiment celui
13:47qui a les mains dans le camp
13:48qui serait proche aussi
13:51peut-être des difficultés
13:52des Français au quotidien.
13:53Ce n'est pas totalement faux.
13:54Et dans une société de l'image,
13:55dans une société de l'émotion,
13:56cette proximité
13:57créerait davantage de confiance.
13:59Comme vous le dis,
13:59je pense qu'il faut faire
14:00assez attention aussi
14:01à ce genre de raccourci.
14:02Le temps politique
14:03est un temps long.
14:05Le temps de l'entreprise,
14:06du chef d'entreprise,
14:07quand on met en place
14:08des choses dans son entreprise,
14:10sur un an ou deux,
14:11on en voit déjà
14:12les bénéfices,
14:13ce qui n'est pas forcément
14:13le cas à l'échelle
14:15d'un pays.
14:16Donc attention aussi
14:17à cette espèce
14:18de populisme
14:19qu'il peut y avoir
14:19où il faudrait avoir
14:20finalement des solutions
14:21simples, clés en main.
14:23Cela dit,
14:24on ne dirige pas un pays
14:25comme on dirige une entreprise.
14:27Il suffit de voir
14:27ce qui se passe
14:28outre-Atlantique
14:29pour avoir cette idée
14:31du businessman.
14:33Vous le disiez justement
14:33tout à l'heure,
14:34le sens de l'État.
14:36Le businessman,
14:37la Trump Tower.
14:39Et pas uniquement
14:40faire du business.
14:41Quand même,
14:41je me tourne vers vous
14:42parce qu'on avance
14:43un peu dans le débat,
14:44Patrice Huibon,
14:45mais on a eu quand même
14:47des cas.
14:48Il y a Michel-Édouard Leclerc
14:49qui a fait un petit pas
14:50et puis finalement
14:51qui a un peu reculé
14:52assez rapidement quand même.
14:53On a senti
14:53qu'il voulait y aller.
14:54Il dirigeait
14:56une très belle entreprise
14:57au nom éponyme.
14:59Je me souviens
14:59de Francis Maire,
15:00vous devez vous en souvenir,
15:01qui est quand même
15:02un chef d'entreprise,
15:03grand patron,
15:04grand capitaine.
15:06Honnêtement,
15:06au ministère de l'Économie,
15:07vous vous souvenez,
15:08il n'a pas fait long feu.
15:10Il n'avait pas les codes,
15:11il n'avait pas les clés.
15:12C'est un vrai sujet quand même.
15:13Vous qui venez
15:14du monde de l'entreprise,
15:15il y a des clés,
15:16il y a des codes.
15:17Alors moi,
15:17j'ai la chance
15:18d'avoir fait les deux connu.
15:20Oui,
15:20enfin,
15:20je n'ai pas les trois
15:21en bonheur,
15:21mais en tout cas,
15:23je connais l'administration,
15:24je dialogue
15:26avec des chefs d'entreprise.
15:27Alors,
15:28outre les trois qualités
15:28que j'évoquais tout à l'heure,
15:29donc on a parlé,
15:30il faut être travailleur,
15:31il faut bosser ses dossiers,
15:32il faut être courageux
15:33et il faut être intègre.
15:33Quand on dit intègre,
15:34c'est aussi être cohérent
15:35entre ce qu'on dit
15:35et ce qu'on fait.
15:36Bon,
15:36ça,
15:36c'est des qualités cardinales.
15:38Mais l'autre souci
15:38pour un chef d'entreprise,
15:40de mon point de vue,
15:40vu la situation
15:41de la France aujourd'hui,
15:42c'est la question
15:43de la maîtrise
15:44de l'administration
15:44parce que le nœud gordien
15:45du sursaut national
15:46de notre point de vue,
15:47c'est une réforme intelligente
15:48et ciblée de la sphère publique,
15:49puissante de la sphère publique.
15:50Et pour ça,
15:51non seulement il faut travailler
15:52la réforme de l'État
15:53au sens large,
15:54État,
15:54collectivité,
15:54sécurité sociale,
15:56avant d'être manètre.
15:56Certains ont essayé,
15:57c'était pas cher à l'entreprise,
15:58Nicolas Sarkozy,
15:59vous les supprimer
15:59des départements,
16:00vous vous rappelez ?
16:00Non seulement il faut travailler
16:01ces dossiers avant,
16:03mais ensuite,
16:04il faut, je dirais,
16:05maîtriser la réforme
16:06pour pas finalement
16:07que l'administration
16:07prenne le dessus
16:08parce que si la politique
16:09est faible,
16:09ce qui se passe,
16:10c'est que l'administration
16:10prenne le dessus.
16:11Ce qui est le cas aujourd'hui ?
16:12Ce qui peut être le cas aujourd'hui,
16:14quand vous ne travaillez pas
16:14vos dossiers,
16:15je me permets,
16:16quand vous regardez le programme
16:17d'Emmanuel Macron en 2017,
16:18déjà il a dit
16:18que la politique
16:19c'était mystique.
16:20Ensuite, il a dit
16:21qu'un programme
16:21ne servait à rien.
16:22Alors le programme,
16:22ce n'est pas forcément fondamental
16:23pour être élu,
16:24mais c'est fondamental
16:25et pour exercer le pouvoir.
16:26Vous regardez à posteriori
16:27ces 17 pages
16:28essentiellement des photos de lui
16:29avec des mesures,
16:30excusez-moi,
16:31je le trouve un peu démagogique.
16:32Vous l'aimez bien.
16:32Non mais,
16:33on voit le bilan aujourd'hui.
16:35C'est un...
16:36La suppression,
16:37la taxe d'habitation
16:39et vous séparez
16:40le décideur du payeur.
16:41Qui revient d'ailleurs.
16:42Comment voulez-vous
16:43responsabiliser les acteurs ?
16:44On va élire nos maires.
16:45Vous savez que les maires
16:46n'ont la main
16:46que sur 30% ou 40%
16:48de leur budget.
16:48En gros,
16:48la taxe foncière des ménages,
16:50la cotisation foncière
16:50des entreprises,
16:51c'est tout.
16:51Mais il y a quand même
16:52un sujet,
16:53je m'interroge
16:53et je vous interroge,
16:54c'est que,
16:56à contrario,
16:57les Français considèrent
16:58dans le sondage fiducial
16:59que les hommes politiques
17:01qui dirigent notre pays
17:02et quand ils disent,
17:03ils parlent des gouvernements,
17:04des ministres,
17:05ils parlent aussi des députés,
17:06ne savent pas parler
17:07et ne comprennent pas
17:08la réalité.
17:09Et là,
17:09je renvoie le sujet
17:10qui fait écho.
17:12En fait,
17:12c'est une classe politique,
17:14c'est ce qu'on lit
17:14et qui est déconnectée,
17:15qui ne sait pas
17:16comment vivent les entrepreneurs
17:17et d'où les énormes
17:18malentendus agriculteurs
17:19qui disent la même chose.
17:20Comment vous regardez ça aussi ?
17:21Est-ce qu'il y a des chiffres
17:22qui montrent effectivement
17:23qu'il y a cette défase
17:24qui viendrait justifier
17:25des absurdités fiscales,
17:27des choses complètement aberrantes
17:28et les entrepreneurs disent
17:29mais attendez,
17:30pourquoi vous faites ça ?
17:31Concertez-nous
17:31et ils ne le font pas.
17:33Je pense que,
17:34je ne sais pas
17:34si les politiques sont déconnectées
17:36mais c'est vrai
17:36qu'ils apparaissent déconnectés.
17:37Après,
17:37la question,
17:38c'est aussi
17:38quel est leur levier d'action ?
17:40Si vous êtes un député
17:40aujourd'hui à l'Assemblée,
17:41on voit la pagaille que c'est
17:42pour ne serait-ce que voter un budget,
17:44vous avez peut-être des convictions
17:44comme dit monsieur,
17:45vous avez peut-être travaillé,
17:46vous avez peut-être intègre,
17:46etc.
17:47Mais si vous avez des situations
17:49de blocage politique
17:49pour avoir toutes les bonnes idées
17:50que vous voulez
17:51et toutes les qualités
17:53que vous voulez,
17:53vous n'aurez pas forcément
17:54à les mettre en place.
17:55Je vous rejoins tout à fait,
17:56il y a un problème.
17:58Tant qu'on ne réforme pas
17:59l'administration
17:59de manière plus générale,
18:01en fait,
18:01vous avez beau être un politique
18:02qui a plein de bonnes volontés
18:04et très proche de la réalité,
18:05vous n'arrivez pas
18:06à changer les choses.
18:06Mais pour faire écho
18:07à ce que dit Patrice, Olivia,
18:09il y a le débat de l'autorité.
18:10Je ne veux pas emmener Patrice
18:11sur l'idée qu'un militaire
18:12peut-être dirigerait le pays
18:12puisqu'on se souvient
18:13de l'idée du général de Villiers.
18:16Vous vous rappelez,
18:16cette hypothèse
18:17était montée très fortement
18:18au moment où le président Macron
18:20s'en était séparé.
18:23Comment vous regardez ce sujet ?
18:25Est-ce qu'il n'y a pas un rapport
18:25à l'autorité des politiques
18:27qui n'ont plus l'autorité,
18:28qui n'ont plus les leviers de pouvoir
18:29et qu'un chef d'entreprise,
18:30par essence,
18:31en tout cas dans l'inconscient des Français,
18:33il a l'autorité,
18:34il a le pouvoir
18:34et il décide ?
18:36En tout cas, oui,
18:36c'est sûr que finalement,
18:38en politique,
18:39le ressenti va l'emporter
18:40sur la réalité.
18:41Je ne sais pas
18:41si c'est une réalité en soi,
18:43mais en tout cas,
18:43dans le ressenti des Français,
18:44dans la perception,
18:46il y a vraiment cette idée
18:47que finalement,
18:48les décisions prises
18:49par les politiques
18:50n'ont pas un impact positif
18:52sur le quotidien des Français.
18:53Et sur celui des entrepreneurs.
18:54Et qu'il y a un décalage.
18:55Et ça, c'est vraiment quelque chose...
18:57C'est un sujet politique,
18:58c'est un sujet démocratique
18:59parce que c'est aussi
19:00la voie royale
19:01pour le populisme
19:02et les partis extrêmes.
19:04Mais en tout cas,
19:04il y a vraiment ce décalage
19:05entre les Français,
19:07leur quotidien
19:08et cette élite politique
19:10qui prendrait des décisions
19:11qui finalement manqueraient
19:12de bon sens.
19:12Je pense que ce qu'on admire
19:13chez le chef d'entreprise,
19:15c'est cette espèce de bon sens,
19:16cette logique,
19:17ce côté très pragmatique.
19:19Et pour certains Français,
19:20il y a des solutions
19:21qui peuvent paraître très simples
19:22sur le plan fiscal,
19:23sur d'autres sujets également.
19:24Et ils ne comprennent pas
19:25pourquoi ces solutions
19:26ne sont pas appliquées.
19:27Sur la taxe d'habitation,
19:28vous avez vu,
19:28il y a un sondage récent
19:29qu'il y a près de 40%
19:30des Français
19:30qui sont plutôt assez contents
19:31que la taxe d'habitation revienne.
19:33Au nom d'eux,
19:34ça permettra de financer
19:35nos collectivités.
19:36Enfin, c'est une petite parenthèse.
19:38Est-ce qu'il faut un chef d'entreprise,
19:40vous qui avez une connaissance
19:41de cet univers,
19:42ou là je reviens
19:43sur vos premiers amours,
19:44est-ce qu'un militaire
19:45dans le contexte
19:46dans lequel nous sommes
19:46pourrait aussi,
19:48et vous parliez du général Le Gaulle
19:49par essence,
19:50pourrait diriger le pays
19:51comme le général Le Gaulle
19:52a pu le faire.
19:53Il a pris des décisions économiques,
19:54politiques, stratégiques,
19:56et les pays se portaient
19:56plutôt pas mal.
19:57Disons qu'il faut être habité
19:58par son pays.
19:59Je reviens là-dessus
19:59pour être courageux
20:00parce qu'il y a deux solutions
20:01en fait,
20:02vu la situation du pays.
20:02C'est soit vous dites aux Français
20:03je vous fais les poches,
20:05c'est la punition collective,
20:06ce qui a commencé,
20:07le malus automobile,
20:08le déremboursement
20:08des consultations médicales,
20:10on parle éventuellement
20:11des indexés,
20:12les retraites,
20:12c'est des sujets qui...
20:13Voilà, bon.
20:14Ou soit vous allez m'aider
20:15à remettre de l'ordre
20:16dans la boutique
20:17avec des mesures finalement
20:18assez simples.
20:19Même le BDF est d'accord
20:20par exemple pour supprimer
20:21les 2300 aides publiques
20:23aux entreprises
20:23qui profitent à 70%
20:25aux grands groupes.
20:26Je n'ai rien contre
20:26les grands groupes,
20:27on est très fiers
20:27de nos grands groupes,
20:28mais ils peuvent optimiser
20:29avec leurs filets à l'étranger,
20:31ils font leur chiffre d'affaires,
20:32leur croissance plutôt
20:33en dehors de la France
20:33voire même de l'Europe.
20:35Et ceux qui subissent
20:37en fait,
20:37ce sont les petites
20:38et moyennes entreprises,
20:39en gros les moins
20:40de 5000 salariés
20:40qui ont emploi
20:41à 70% des actifs du privé.
20:43Vous supprimez
20:43ces 2300 aides
20:44et les 100 milliards,
20:45vous les appliquez
20:46à l'euro près,
20:47attention,
20:47en baisse de taux,
20:48vous tout de suite,
20:49avec même 5 à 7 milliards
20:51je dirais
20:51de gains budgétaires
20:52en frais de gestion
20:53à l'État,
20:54vous donnez
20:54un ballon d'oxygène
20:55dans ce qui constitue
20:56le cœur du réacteur
20:57économique,
20:58les PME.
20:58Vous en pensez quoi ?
21:00Ce sujet-là,
21:00parce que vous voyez,
21:01ça c'est des choses concrètes
21:02et je me demande même
21:03si Patrice ne pourrait pas
21:05se présenter
21:05à la tête du pays.
21:07Enfin je veux dire,
21:07à travers ce mode
21:08de proposition
21:09qui pourrait être porté
21:10par un chef d'entreprise,
21:12vous en pensez quoi ?
21:13Vous l'économie,
21:13c'est possible,
21:14on peut les faire,
21:14ces gains ?
21:15Pourquoi c'est si compliqué
21:16à faire ?
21:19C'est qu'il y aura
21:19des résistances
21:20extrêmement fortes
21:20parce qu'en fait
21:21dès que vous avez
21:22une aide,
21:22je suis d'accord,
21:23il y a seulement
21:23plein d'aides
21:23qu'on pourrait raboter,
21:25qui sont inefficaces,
21:26qui sont des effets d'aubaine,
21:27etc.
21:27Le problème,
21:28c'est qu'il y a beaucoup
21:28de gens qui bénéficient
21:30de toutes ces aides.
21:31Et donc le problème,
21:31c'est que pourquoi
21:32est-ce qu'on a un millefeuille,
21:33un gruyère d'aides
21:34de diverses et variées ?
21:35Incompréhensibles.
21:36Incompréhensibles,
21:37parce qu'il y a quand même
21:37des gens,
21:38cet argent,
21:38il ne va pas nulle part.
21:40Et le problème,
21:40c'est que dès que vous faites
21:41une réforme,
21:42des réformes d'ampleur,
21:43il y a évidemment
21:44une levée de bouclier
21:45instantanée,
21:46et c'est toute la difficulté
21:47quand vous voulez réformer,
21:48parce qu'on dit toujours
21:49que nos politiques
21:50ne font rien,
21:50mais ce qu'on ne veut pas voir,
21:52c'est que quand ils font des choses,
21:54il y a toujours aussi
21:55une opposition qui est là.
21:57Donc je suis assez d'accord
21:57avec ce que vous dites,
21:58de remettre à plat les aides.
22:00La difficulté,
22:01c'est d'avoir la force politique,
22:03la capacité politique
22:04de pouvoir le faire,
22:05en tordant le bras
22:06à certains intérêts
22:07qui évidemment vont s'y opposer.
22:09Et ça, ce n'est pas facile,
22:09on le voit bien,
22:10on n'arrive même pas
22:10à faire voter un budget,
22:11alors réformer toutes les aides publiques,
22:13c'est quand même difficile.
22:14En tout cas,
22:15le MEDEF est d'accord.
22:16Ce qui m'a assez surpris,
22:17parce que c'est l'organisation patronale
22:18la plus représentative en France,
22:20on est bien d'accord,
22:21mais...
22:21La CPME n'est pas loin,
22:22mais elle reste encore leader.
22:24Voilà, c'est ça.
22:25Et cela étant,
22:26les grands groupes
22:27ont quand même
22:28une forte influence.
22:30Et j'ai lu récemment
22:31que le MEDEF
22:32était prêt à faire ce bing-bang.
22:34Donc je veux dire,
22:34si on a le MEDEF avec soi,
22:36sachant que ce n'est pas
22:36les salariés qui vont être contre,
22:37au contraire,
22:38puisque les PME
22:39emploient 70% des actifs,
22:41donc je pense qu'il y a une piste.
22:42Mais vous savez,
22:42il y a d'autres pistes aussi,
22:43sur la santé notamment.
22:44Juste un mot,
22:45avant qu'on se quitte,
22:45parce qu'il y a un peu un débat,
22:47j'ai lu ce papier,
22:47j'avais posé la question
22:48à une avocate d'un grand cabinet
22:49il y a quelques semaines
22:50sur ce plateau.
22:51On a le sentiment
22:52qu'une partie des Français,
22:53notamment des entrepreneurs,
22:54font un peu ces sessions
22:55du monde politique.
22:56Ils se disent,
22:57bon, voilà,
22:59laissons les politiques
23:04et que finalement,
23:05on est un peu dans un monde
23:05qui se fracture
23:06avec des entrepreneurs,
23:07des chefs d'entreprise,
23:08qui développent,
23:09qui s'engagent,
23:10qui gagnent leur vie
23:11et qui laissent
23:12le politique de côté.
23:13Ça, c'est grave, ça.
23:15Oui, oui, non.
23:16Alors oui,
23:17parce que dans le sens,
23:18de toute façon,
23:19quand on est à son compte,
23:20quand on est chef d'entreprise,
23:21les décisions politiques
23:22nous impactent de plein fouet,
23:23notamment sur l'impôt,
23:24le plan fiscal, etc.
23:26Et après, aussi,
23:27dans la manière de s'engager,
23:28aussi de faire du business,
23:30c'est aussi une manière
23:30aussi de faire de la politique.
23:32On demande...
23:32Je pense que finalement,
23:33les deux demandes...
23:34Donc c'est faux ce que je dis ?
23:36Enfin, à la fois,
23:36c'est faux et c'est vrai ?
23:37Pourquoi on a un Leclerc aujourd'hui
23:38qui s'explique ?
23:38Parce que ça fait 15 ans
23:40qu'on demande aux entreprises aussi
23:41de rendre des comptes
23:42sur leur impact sociétal,
23:44sur leur impact...
23:44De tout faire, tout.
23:45Donc je pense qu'il faut trouver...
23:47De toute façon,
23:48la réponse,
23:49elle est nuancée,
23:50elle est...
23:50Voilà.
23:51Mais effectivement,
23:52si on regarde
23:52les grandes avancées,
23:54notamment par exemple
23:55sur l'égalité homme-femme,
23:56sur l'égalité salariale
23:57dans les entreprises...
23:58Ça, c'est la puissance publique.
23:58C'est l'impulsion politique
24:00et pas l'entrepreneur
24:01et l'entreprise elle-même
24:02qui s'est autorégulée.
24:03Ça, c'est vrai.
24:03Donc c'est...
24:04C'est des quotas.
24:04Voilà.
24:05C'est aussi à prendre...
24:06Mais Sylvain Bersinger,
24:07vous qui observez l'économie
24:08à travers les études
24:09que vous fournissez
24:10à vos clients,
24:11vous n'avez pas ce sentiment
24:12qu'à un moment donné,
24:13il y a un peu de monde,
24:14même si l'un peut influencer
24:15l'autre par la fiscalité,
24:16par des choix stratégiques.
24:17Mais en sentiment
24:18que les entrepreneurs
24:19sont moins tournés
24:20vers le politique,
24:20ils disent...
24:21Globalement,
24:22ils ne comprennent pas grand-chose
24:23à ce qu'on fait.
24:23Alors nous,
24:24on va continuer
24:24à tracer notre route.
24:25Je pense que ce que vous dites
24:26est vrai des entrepreneurs,
24:27mais je pense que c'est vrai
24:28de beaucoup de pans de la société
24:29parce qu'en fait,
24:29quand on voit les taux d'abstention,
24:31on voit bien qu'il y a
24:31beaucoup de fautes
24:32quelle que soit la profession
24:33qui en fait se disent
24:34voilà, la politique,
24:35c'est la politique
24:36et moi j'essaie de faire
24:37ce que je peux.
24:38Comme un monde clos.
24:39Donc je pense que c'est assez vrai
24:41mais je pense que ce n'est pas vrai
24:41que des entrepreneurs.
24:42Vous en pensez quoi
24:43de cette situation
24:44d'un monde politique
24:46ou d'un monde des entrepreneurs
24:47et des dirigeants
24:48qui tournent le dos aux politiques
24:49en disant qu'ils ne comprennent pas.
24:50Ils ne comprennent pas ce qu'on fait.
24:51Mais c'est vrai,
24:51on peut les comprendre.
24:52Nous, pourquoi on a lancé
24:53une nouvelle essor française ?
24:54Parce qu'en fait,
24:55plutôt que de se résigner,
24:57on s'est dit
24:57on va se retrousser les manches
24:59et on va faire ce que les partis
25:00ne font pas,
25:00c'est essayer de trouver
25:01des solutions pragmatiques,
25:02ambitieuses pour le pays.
25:03Et de manière générale,
25:04pour répondre à cette question,
25:05je pense qu'il faut faire confiance
25:06au...
25:07Ce n'est pas forcément
25:07un chef d'entreprise,
25:08un chef de l'État,
25:08c'est déjà faire confiance
25:09au chef d'entreprise.
25:10Lâcher l'abri sur le coup
25:11de nos chevaux de course
25:12dans la mondialisation,
25:13les TPE, PME, ETI,
25:15les moines de 5 000 salariés,
25:16le capitalisme à visage humain
25:17qui fait l'unanimité
25:18chez les Français
25:19en ramenant les prélèves
25:20obligatoires sur les standards
25:21OCDE,
25:22l'Union Européenne,
25:23les normes aussi
25:23et en laissant les clés
25:24aux partenaires sociaux
25:25pour négocier à l'échelle
25:27des branches et des entreprises.
25:28Dans les branches
25:28et dans les entreprises.
25:29Et puis de notre côté,
25:30il faut remettre de l'ordre
25:30au niveau du régalien évidemment.
25:32Et avec un nouveau président,
25:33vous n'avez pas répondu
25:35sur l'hypothèse de Villiers,
25:40qui avait aussi une puissance
25:41autour de l'autorité.
25:43Qu'est-ce que vous en pensez ?
25:44L'autorité,
25:45c'est quelque chose de sain.
25:47L'homme est un animal grégaire,
25:49je veux dire,
25:50un animal social.
25:51Donc, ce n'est pas
25:52de l'autoritarisme,
25:52ce n'est pas la démagogie,
25:54c'est justement
25:54la juste autorité.
25:55Donc, je pense que oui,
25:56un militaire, en tout cas,
25:57il met l'intérêt général
25:59peut-être un peu plus
25:59par réflexe
26:01au-dessus de sa condition personnelle.
26:03Le mot du drapeau.
26:04Le général de Gaulle
26:04disait à ses ministres
26:05écoutez, maintenant
26:06que vous êtes au Conseil des ministres,
26:07vous avez une fonction
26:08qui dépasse votre propre personne.
26:09Vous voyez ce que je veux dire ?
26:10Donc, je reviens là-dessus.
26:12Donc, je pense que c'est
26:13à travers ce don,
26:13entre guillemets, de soi
26:14pour l'intérêt général.
26:16Mais après, ça ne suffit pas
26:17parce qu'il faut quand même
26:18connaître l'administration,
26:19il faut connaître
26:19le monde de l'entreprise.
26:20Les fameux codes.
26:21Quelqu'un qui n'a été
26:22que militaire,
26:23ce n'est pas forcément
26:23non plus évident
26:24comme quelqu'un
26:25qui n'a été
26:25que chef d'entreprise.
26:26Sauf pour le général de Gaulle,
26:27je le redis.
26:29Olivia, je vous ai vu réagir
26:30sur ma question.
26:31Cette question-là,
26:32elle est posée aujourd'hui,
26:33elle est posée aux Français
26:34en 2027.
26:35Qui pour emmener le pays ?
26:36Qui pour faire les réformes ?
26:38Qui pour redonner à ce pays
26:39le faire passer
26:40de la 22e place
26:41sur le classement du PIB
26:43dans les 5 premières places
26:44ou 7e comme on l'était auparavant ?
26:47C'est ça la question
26:47qui est posée.
26:48Après, c'est vrai
26:49que c'est des figures
26:50d'autorité, je pense,
26:50qui rassurent.
26:53Et puis bon,
26:53on a des preuves.
26:54Dans un climat peu rassurant.
26:55Je pense qu'il y a
26:56toujours cette aura
26:57complètement assez incroyable
26:58du général de Gaulle.
26:59Je pense qu'on a
27:00la posture du militaire.
27:01Il y a aussi cette idée
27:02de servir son pays avant soi.
27:04Il y a un intérêt
27:04plus grand que le nôtre.
27:06Maintenant,
27:09je ne sais pas,
27:10le général de Gaulle
27:10disait aussi
27:11qu'on mérite
27:12les politiques qu'on a.
27:13Donc, est-ce que la France
27:14a vraiment envie
27:15de se réformer ?
27:16Est-ce que la France
27:16a vraiment envie
27:17de se transformer ?
27:18C'est un duel
27:19de France de De Gaulle.
27:20Je mets en place
27:22certaines réformes
27:22dans mon entreprise.
27:24Je n'ai pas toute l'entreprise
27:24qui se met en grève.
27:25pour m'empêcher
27:26de les mettre en place aussi.
27:27Je ne sais pas.
27:29Peut-être une réflexion
27:30là-dessus,
27:30voir si finalement
27:31la responsabilité
27:32n'est peut-être pas
27:32plus partagée.
27:34Sylvain,
27:34en 10 secondes,
27:35vous avez un avis ?
27:35Vous observez l'économie
27:37et son évolution ?
27:38Non, je pense qu'un bon président,
27:40en tout cas d'un point
27:40de vue économique,
27:42ce n'est pas forcément
27:43un chef d'entreprise,
27:43un militaire.
27:45En fait, la politique,
27:45ce n'est pas un métier
27:46en tant que tel.
27:46Donc, on peut venir
27:47de quel que soit
27:48son métier d'avant
27:48tant qu'on a les qualités
27:50que vous mentionnez.
27:51Je pense qu'on peut
27:52faire un bon président.
27:54Sauf qu'on n'a jamais eu
27:55pour l'instant
27:55de président de la République
27:56qui était des chefs
27:57d'entreprise
27:58au sens propre du mot.
27:59On conviendrait tous
28:00puisqu'on a tous
28:01des hommes
28:02pour l'instant
28:03issus des grandes écoles
28:04d'administration française
28:06mais pas issus
28:07de l'entreprise.
28:08Merci de nous avoir éclairé
28:09sur un débat
28:10un peu philo finalement.
28:11On touche un peu
28:11à la philosophie.
28:12Merci à vous,
28:13Olivia Coppin.
28:14Les bons codes,
28:15c'est votre entreprise,
28:15coach en management.
28:16Merci à vous,
28:17Sylvain Bercinget.
28:19Bercingetco,
28:19par ailleurs,
28:20économiste
28:20avec des études passionnantes
28:21et des envois
28:23sur Internet.
28:24Je reçois vos documents
28:25sur votre site
28:26Bercingetco.
28:27Merci à Patrice Huibant
28:28d'être venu
28:29nous rendre visite.
28:30Vous revenez quand vous voulez.
28:31Cher Patrice,
28:32président de Nouvel Essor français
28:33avec un parcours de vie
28:34entre le monde militaire
28:36et la fonction publique
28:37et les entreprises.
28:39Merci à vous trois.
28:40Merci à l'équipe.
28:41Nicolas Juchard
28:42est très en retard.
28:42Merci à Alexis Hausson
28:43et merci à Pierre Lou
28:44à la réalisation.
28:45Merci à vous.
28:46Bye bye.
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