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  • il y a 8 heures
Mercredi 15 avril 2026, retrouvez Clément Beaune (Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan), Jean-Marc Borello (Président du directoire, Groupe SOS), Damien Bignon (Responsable communication sociétale assurance et retraite, Malakoff Humanis), Bruno Palier (Directeur de recherche, CNRS et LIEPP), Anace Heddan (Directeur général, les Citoyens), Frédéric Bailly (Vice-président exécutif, Groupe SOS) et Sarah El Haïry (haute-commissaire à l'enfance, Haut Commissariat à l'enfance) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:07Bonjour à toutes et à tous, c'est une édition spéciale de Smart Impact que je vous propose aujourd'hui.
00:13On est au siège du CESE, le Conseil économique, social et environnemental pour le sommet de la mesure d'impact
00:204e édition
00:22avec une volonté affichée à l'heure des reculs environnementaux et des coûts de frein budgétaires,
00:27revenir à ce qui compte vraiment. Alors dans cette émission, rapidement, un mini sommet, je reçois Sarah El Haïry, haut
00:33commissaire à l'enfance.
00:35On verra comment évaluer ce qui change vraiment la vie des jeunes. On va beaucoup parler de ce livre qui
00:39sort aujourd'hui.
00:40Ce qui compte vraiment un autre modèle social est possible et il sera aussi question du vivre ensemble en jeu
00:46démocratique, en jeu électoral.
00:49Mais pour commencer, je reçois le haut commissaire au plan Clément Beaune et Jean-Marc Borelan, président du groupe SOS,
00:54co-organisateur de ce sommet. C'est parti pour ce Smart Impact depuis le Palais d'Iéna.
01:08Smart Impact au Palais d'Iéna, c'est le sommet de la mesure d'impact. J'accueille Clément Beaune, bonjour.
01:13Bonjour.
01:14J'ai envie de vous accueillir sur ce plateau, commissaire à la stratégie au plan ancien ministre, au transport, à
01:19l'Europe notamment.
01:20Jean-Marc Borelo, bonjour.
01:21Bonjour.
01:22Président du groupe SOS, co-organisateur de cette journée, de ce sommet de la mesure d'impact.
01:27Et vous signez conjointement la postface d'un livre qui sort aujourd'hui,
01:32Ce qui compte vraiment un autre modèle social est possible.
01:34Ouvrage piloté par Timothée Duverger, Tony Bernard, qui sort donc aux éditions Le Bord de l'eau.
01:40Vous défendez évidemment Clément Beaune, la planification comme une boussole commune de notre société.
01:45Est-ce que c'est aussi un moyen de sortir de cette spirale qu'on connaît, vous et moi, d
01:50'un fait divers, une loi, une actu, une réforme ?
01:53Oui, c'est le but. C'était d'ailleurs l'objet du plan, le plan La Française, qu'on appelait
01:58le commissariat général au plan,
01:59de manière un peu désuète en 1946, puisqu'on en fait les 80 ans cette année.
02:04Et moi je crois que sans faire exactement ce qu'on faisait évidemment au sortir de la guerre,
02:08on doit retrouver des orientations sur le temps long.
02:10Et je crois même qu'il y a une demande, je suis très frappée, de beaucoup d'entreprises en particulier,
02:14de beaucoup de citoyens aussi.
02:15Quand on prend une question comme la démographie, ça ne peut pas se gérer évidemment par à-coups ou par
02:20réaction d'urgence.
02:21La démographie, ça veut dire moins d'élèves dans nos classes.
02:24Comment on organise cette démographie scolaire ?
02:26Est-ce qu'on ferme des écoles ? Est-ce qu'on différencie entre les grandes villes comme ici à
02:30Paris,
02:30ou les zones rurales où l'école est parfois la dernière de la commune ?
02:32Bref, on a besoin de se projeter.
02:34Et on fait d'ailleurs un grand exercice de prospective.
02:36On renoue avec ces exercices de prospective qui s'appellent France 2035, France 2050.
02:42Après je vais être honnête, je fais de la politique, j'ai été aux responsabilités.
02:45On n'échappe pas à l'urgence.
02:47Non.
02:47Il faut aussi répondre quand il y a une grève.
02:49Et si la politique ne répond pas à l'urgence, on le critique aussi, nous, médias.
02:52Exactement, on est paradoxaux, tous.
02:54Donc on doit répondre à l'urgence.
02:55Moi j'ai été mis des transports, quand vous avez une grève, quand vous avez de la neige,
02:59quand vous avez des bagages perdus, vous devez apporter une réponse aux gens.
03:02C'est la vie quotidienne.
03:02Et les deux ne sont pas antinomiques d'ailleurs.
03:04Exactement.
03:04La question c'est de ne pas être obsédé.
03:06J'allais dire manger par l'urgence et de garder du temps, du temps de cerveau disponible,
03:10du temps d'action disponible pour l'orientation, la boussole, la planification, le long terme.
03:17Jean-Marc Boileau, le groupe SOS, c'est un géant de l'économie sociale et solidaire.
03:21Comment vous contribuez finalement à l'action publique avec vos plaidoyers, vos expertises de terrain ?
03:28Et comment certaines de vos expertises peuvent devenir justement des réformes, des lois ou en tout cas y participer ?
03:34Alors on contribue d'abord en apportant des solutions d'intérêt général sur la santé, sur l'aide sociale à
03:41l'enfance, sur les seniors.
03:43Donc sans doute qu'un des apports du groupe SOS, c'est l'apport à la réalité des services sur
03:49les territoires.
03:50On intervient dans mille petites communes avec la réouverture de bistrots, avec la réouverture de commerces.
03:56Donc ça, c'est un mode d'intervention.
03:58Mais nous avons aujourd'hui à peu près 3 millions de personnes qui bénéficient par an des services du groupe
04:04SOS.
04:05Donc c'est le premier sujet, c'est faire pour l'intérêt général.
04:09Le deuxième, c'est participer évidemment en politique publique.
04:12Il y a maintenant 40 ans que le groupe SOS fait des plaidoyers, de temps en temps fait adopter des
04:17lois, fait modifier la réglementation,
04:20le financement des EHPAD et la possibilité d'avoir des prix différenciés.
04:24C'est une initiative que le groupe SOS avait prise il y a 10 ans.
04:28Aujourd'hui, la loi est passée, tout le monde peut faire ça.
04:31Et sans doute que ça permettra au secteur de préparer, et on en parlait à l'instant,
04:36les 300 000 personnes qui auront en plus d'aujourd'hui besoin d'un EHPAD dans 5 ans.
04:43Pour avoir un EHPAD dans 5 ans, il faut le construire maintenant.
04:46Donc on ne peut pas attendre qu'on ait 300 000 personnes de 85 ans de plus pour prévoir la
04:51prise en charge des aînés dans ce pays.
04:53Clément Beaune, le fait de s'appuyer justement sur l'expérience d'acteurs de terrain associatif ou de l'économie
05:00sociale,
05:00ou même des entreprises privées.
05:03Est-ce que c'est une façon de rendre l'action publique plus efficace ou l'euro public plus efficace,
05:10puisqu'on les cherche les euros publics en ce moment ?
05:11Oui, vous avez raison. D'abord, c'est d'essayer de planifier.
05:14Alors ça paraît des grands mots, mais c'est très concret.
05:16C'est ce que dit Jean-Marc Borrello.
05:17Si on ne sait pas combien il y a de gamins dans les classes ou de gamins qui commencent l
05:20'école primaire dans 5 ans,
05:22ou si on ne sait pas combien il y a de personnes âgées dépendantes dans 5 ans,
05:24on ne peut pas évidemment construire ou reconvertir parfois des équipements publics,
05:29que ce soit des écoles, des EHPAD, des crèches, des gymnases, des centres sportifs.
05:34Donc on a besoin de chiffres tout simplement pour s'organiser.
05:36Et là, vous avez besoin, pendant un temps, des associations ou des acteurs de terrain pour faire remonter ces données
05:40?
05:40Absolument. Moi, j'ai demandé d'ailleurs à mes équipes, beaucoup plus qu'on le faisait, de s'ouvrir.
05:45Ça veut dire que quand on fait un travail sur, par exemple, les risques climatiques,
05:48si vous ne travaillez pas avec les assureurs, si vous ne regardez pas leurs données, leurs idées,
05:52vous ne faites pas complètement votre boulot.
05:54Si vous ne travaillez pas avec un groupe comme SOS ou d'autres qui gèrent des établissements
05:58pour des personnes en situation de handicap, pour des personnes âgées,
06:01vous n'avez pas la science infuse et toutes les solutions.
06:03Après, ce n'est pas pareil, parce qu'à chaque fois, derrière ça, on se dit qu'il y a
06:07du lobbying.
06:08Il y a des entreprises qui viennent vous voir.
06:09SOS, c'est un groupe d'intérêt général, mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
06:12Avec ses intérêts, ses solutions, même sa vision des choses, très subjectivement.
06:16Bon, ça, ça veut dire qu'on consulte largement, qu'un argument n'est pas pris pour argent comptant.
06:21Il est justement chiffré, il est évalué, il est confronté.
06:24Mais entre l'idée de se fermer ou l'idée de s'ouvrir en essayant de vérifier les arguments qu
06:29'on vous donne,
06:29je préfère qu'on essaye quand même de s'ouvrir, de discuter.
06:33Moi, j'ai été très frappé quand j'ai pris mes fonctions il y a exactement un an.
06:35Je pensais naïvement, venant du secteur public ou du monde public,
06:39que j'allais avoir uniquement des responsables d'administration, des ministres qui allaient me demander
06:43il faut faire un rapport sur ci ou un rapport sur ça.
06:45Et en fait, ce ne sont quasiment que des grandes entreprises, ou des plus petites d'ailleurs, innovantes,
06:49qui disent sur le véhicule autonome, on a besoin de savoir où on va.
06:52Sur l'énergie, on a besoin de savoir où on va.
06:54Sur le monde de la dépendance, on a besoin de savoir où on va.
06:56Sur le prix du médicament, on a besoin de savoir où on va.
06:58Et donc, il y a beaucoup d'acteurs privés qui, en fait, demandent de la planification.
07:01C'est peut-être aussi parce que la période est plutôt à l'instabilité politique.
07:04Oui, peut-être.
07:05Il y a un petit manque de visibilité de ce côté-là.
07:08Peut-être qu'on a le refuge, je le souhaite.
07:09En tout cas, on a besoin de se projeter.
07:10Est-ce que vous considérez, Jean-Marc Borrello, comme une sorte de laboratoire de temps en temps ?
07:16C'est-à-dire, pour se dire, vous n'êtes pas là pour ça,
07:19mais notre activité permet aussi de tester ce qui marche ou ce qui ne marche pas.
07:24Et de se dire, tiens, ça, on va le laisser de côté et mettre le paquet sur ce qui marche.
07:28Alors, ça, il nous arrive très régulièrement de laisser de côté ce qui...
07:32Et puis, de toute façon, de laisser de côté ce qui ne marche pas.
07:35Et surtout, nous sommes à l'écoute des populations les plus précaires,
07:38qui sont souvent des signaux faibles de ce qui attend la majorité de la population.
07:44Et l'avantage d'une maison comme SOS, qui gère à la fois de l'aide sociale à l'enfance,
07:49des seniors, des hôpitaux, de la culture, de la transition éco,
07:52c'est que, quelquefois, on aperçoit des conséquences dans un secteur qu'on n'avait pas prévues.
07:58Il y a 10 ans, nous avons alerté le fait que, dans nos hébergements d'urgence,
08:03on avait 30% de gamins qui sortaient de l'aide sociale à l'enfance
08:06et qui se retrouvaient à la rue à 18 ans et un jour.
08:10Il se trouve qu'il n'y avait pas eu de statistiques ou d'études faites sur le devenir des
08:15enfants de l'aide sociale à l'enfance.
08:17Si 30% d'entre eux se retrouvaient à la rue à 18 ans,
08:21c'est qu'il y avait un problème de fonctionnement.
08:23Ça permet, là aussi, de faire avancer les choses.
08:26Et puis, objectivement, les sujets sociaux, ils évoluent.
08:29C'est-à-dire que ce qu'on faisait avant pour les personnes à la rue
08:32ne correspond plus à la population de gens qui sont à la rue aujourd'hui.
08:36Il y a 40 ans, quand on hébergeait des personnes à la rue,
08:39c'était souvent des quinquagénaires, un peu alcoolisés,
08:42qui arrivaient l'hiver, qui repartaient au beau jour.
08:45Aujourd'hui, on a plus de la moitié des gens qui ont moins de 25 ans,
08:48qui n'ont pas d'emploi, qui sont à la rue, femmes seules, femmes avec enfants.
08:53Évidemment que les institutions, elles doivent évoluer.
08:56Et pour évoluer, il faut mesurer l'impact des différentes politiques publiques,
09:00comme on mesure l'impact des entreprises privées,
09:03y compris dans le cadre de l'impact en crise.
09:05Est-ce que, Clément Beaune, l'impact social,
09:07il est plus difficile à mesurer que l'impact économique ?
09:11Ou pas ?
09:12Oui, bien sûr.
09:13Alors, il y a des choses qu'on peut mesurer, j'allais dire, sur le plan social.
09:16Des choses qui sont parfois des réalités douloureuses.
09:18On sait mesurer un taux de pauvreté.
09:20On sait mesurer l'évolution du taux de pauvreté.
09:23Par population, on sait aujourd'hui que la pauvreté touche plus les jeunes
09:26que les personnes âgées, parce que notre système de retraite protège.
09:29Mais en revanche, on a des jeunes qui sont en difficulté.
09:31Ensuite, ce qui est difficile, c'est d'avoir un impact global,
09:34en prenant en compte la mesure sociale, pas seulement économique,
09:37mais aussi d'autres aspects environnementaux, par exemple.
09:39Je prends un exemple qui m'occupe aujourd'hui,
09:42et qui m'occupait quand j'étais ministre des Transports.
09:44Quand vous faites un projet de transport, que ce soit ferroviaire ou routier,
09:47prenons même une ligne de chemin de fer.
09:49Même une ligne de chemin de fer, elle a un impact environnemental.
09:51Elle n'est pas pure et parfaite.
09:53Elle fait décarboner le transport,
09:55parce qu'on prend a priori plus le train que la route quand on a ouvert la ligne.
09:58Mais pour la construire, il faut parfois déboiser,
10:01il faut parfois polluer, il faut parfois porter atteinte à la biodiversité.
10:05Donc on choisit un équilibre.
10:06Le chiffre, il ne permet pas, heureusement d'ailleurs,
10:08de prendre la décision à la place de l'humain,
10:10même avec de l'IA et beaucoup de données.
10:12Il permet d'éclairer la décision.
10:14Je prends un exemple tout simple.
10:16Notre critère premier dans les évaluations des projets de transport
10:19depuis plus de 50 ans, c'est le gain de temps.
10:22Combien vous gagnez de temps quand vous mettez une ligne à grande vitesse
10:25à la place d'une ligne normale ?
10:26Et ça coûte des milliards d'euros parfois.
10:28Est-ce que c'est la meilleure façon d'investir ?
10:30Est-ce que ce que cherchent aujourd'hui les gens,
10:33ce n'est pas plutôt d'avoir une bonne connexion dans leur train,
10:35d'avoir plus de trains plus souvent,
10:37d'avoir de la sécurité quand vous prenez le transport public le soir ?
10:39Vous voyez, même ces critères de mesure,
10:41ils sont un peu subjectifs dans le sens où ils doivent être soumis
10:44à des choix préalables.
10:45Ensuite, on mesure et ensuite, on décide.
10:47Jean-Marc Borrello, ce sommet de la mesure d'impact,
10:50c'est la quatrième édition.
10:53Ce qui compte vraiment, c'est la thématique globale,
10:58c'est un constat de période difficile qu'on doit faire
11:02parce qu'il y a ce contexte général de recul sur les ambitions environnementales.
11:06Aux Etats-Unis, pas seulement, on pourrait parler du pacte vert européen aussi.
11:10Il y a le contexte budgétaire français, je ne vais pas le rappeler ici.
11:14Il faut quoi ? Se concentrer sur l'essentiel ?
11:16En tout cas, il faut être capable de s'appuyer sur le réel pour modifier l'avenir.
11:21Et on sait bien qu'aujourd'hui, on a objectivement créé le sommet de la mesure d'impact
11:26pensant recueillir 1 000 participations de spécialistes il y a 4 ans.
11:31Aujourd'hui, nous serons 6 000 et on a refusé du monde à cette journée
11:35parce qu'on n'a jamais eu autant besoin d'avoir des données probantes,
11:40des données sérieuses sur l'ensemble des sujets.
11:42On oublie, parce que les choses vont très vite,
11:45que l'aide internationale a été divisée par deux dans le monde.
11:48Nous, on observe dans les 50 pays où nous sommes présents,
11:51une augmentation du nombre de personnes vivant avec le VIH
11:55parce que les dispensaires ont fermé, parce qu'ils ne sont plus soignés,
11:59parce qu'il n'y a plus de politique de prévention.
12:02Ils vont vivre avec le VIH, ils ne seront plus soignés dans leur pays.
12:06On aura un jour des gens qui viendront taper à la porte
12:09parce que l'Europe continuera à soigner le VIH comme on l'a connu il y a 40 ans,
12:15à l'époque où l'épidémie est née.
12:17Donc les conséquences majeures, indépendamment, des dizaines de milliers de morts
12:21d'une décision de M. Trump qui a fini par être oubliée devant la cascade de décisions
12:28surprenantes qui ont suivi et qui ont eu lieu aujourd'hui,
12:31il faut mesurer l'impact pour pouvoir dire,
12:33aujourd'hui, voilà ce que ça va donner pour les années à venir
12:36d'avoir diminué l'aide internationale.
12:39Donc donner des données probantes sur l'ensemble des sujets,
12:44démontrer que l'investissement social, ce n'est pas une politique d'assistanat
12:49et qu'à un moment donné, si on n'investit pas sur les jeunes,
12:53sur la possibilité d'intégrer des migrants correctement,
12:56eh bien le pays en paiera les conséquences rapidement.
12:59Un effet domino que vous venez de décrire, qui est assez facile à comprendre
13:02mais qui est souvent laissé de côté par certains politiques.
13:07Sur l'efficacité de l'argent public, Clément Bonnet,
13:09est-ce que c'est facile de dire un euro d'argent public dépensé en rapporte-temps ?
13:16Vous voyez ce que je veux dire ?
13:16J'entends souvent ce discours-là, mais je me dis, mais comment on le calcule ?
13:21Alors vous avez raison, ça me frappe beaucoup, c'est un peu la religion du chiffre,
13:24c'est-à-dire que j'ai aussi travaillé au ministère des Finances.
13:27La technique qu'utilisaient beaucoup de ministères, d'acteurs publics, de collectivités,
13:32c'était de dire, attendez, vous mettez un euro dans la culture, dans l'espace, ça marche pour tout,
13:36ça rapporte économiquement 5, 6, 7, 8 euros parce qu'il y a de la visite touristique,
13:41il y a des retombées scientifiques, il y a je ne sais quoi.
13:43Et c'est vrai, tant mieux, ça rend hommage à la mesure d'impact,
13:46à essayer d'objectiver les choses ou de chiffrer les choses.
13:48Mais ça n'empêche pas de faire des choix.
13:51Quand bien même vous n'auriez que de la dépense publique formidablement utile,
13:54à un moment donné, il faut quand même la cadrer, disons, la financer,
13:58parce que la financer par de l'impôt ou par de la dette, ça a des conséquences.
14:02Et donc c'est un peu ce que vous disiez, c'est arriver,
14:05la chaîne de causalité s'arrête toujours à un moment donné,
14:07mais à montrer un peu l'effet domino, l'effet papillon de chaque décision qu'on prend.
14:11A la fin, c'est humain, et c'est nécessaire, et parfois c'est urgent,
14:15il faut trancher, il faut arbitrer, et ce n'est pas parfaitement scientifique.
14:19Mais c'est ce que disait Jean-Marc Borrello.
14:21C'est plus facile quand on a des données.
14:22C'est vrai, c'est plus facile quand on les donne.
14:24Et puis il y a quelque chose qu'on a un peu perdu,
14:25M. Trump en est la caricature, c'est que la parole publique et l'action publique,
14:30surtout quand on est président des Etats-Unis,
14:31mais en France ça vaut aussi évidemment, ça a des conséquences.
14:34Et simplement dire, l'impact c'est ça aussi, c'est pas seulement chiffré en amont,
14:38c'est avoir la conscience de la gravité d'une décision qu'on prend,
14:42quand vous faites un dispositif social, ça peut avoir des conséquences positives
14:44pour réduire la pauvreté, pour l'éducation, pour la jeunesse et la génération d'après.
14:49Quand vous faites des grandes bêtises au niveau international, pour rester poli,
14:52ça peut avoir des conséquences pour 10, 20 ou 30 ans sur toute une région,
14:56sur toute une économie, ou sur la décarbonation, la dépendance aux énergies fossiles.
15:00Donc il faut qu'on se remette tous, quand on fait de la politique ou de l'action publique,
15:04à voir le sérieux, la gravité de sa décision, et ça passe par la mesure.
15:08Merci beaucoup à tous les deux, bon sommet de la mesure d'impact.
15:13Notre édition spéciale continue, on va continuer de parler de notre modèle social
15:18avec le prisme de l'assurance, assurance et investissement social.
15:30On parle d'assurance et d'investissement social avec mes invités.
15:34Bruno Pallier, bonjour, bienvenue.
15:36Bonjour.
15:36Vous êtes directeur de recherche CNRS au LIEP, le laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques.
15:42Et Damien Bignon, bonjour et bienvenue.
15:44Bonjour.
15:44Vous êtes directeur des projets et des partenariats sociétaux chez Malakoff Humanis.
15:49Alors je commence avec vous, Bruno Pallier.
15:50Vous signez le premier chapitre du livre qui sort d'ailleurs aujourd'hui,
15:55ce qui compte vraiment à notre modèle social.
15:57Évidemment, le livre associé à ce sommet paru aux éditions Le bord de l'eau.
16:02Vous dites que notre système de protection sociale, il est encore centré sur la réparation.
16:07Est-ce que c'est une limite de ce modèle ?
16:09Il faut quand même dire que c'est déjà un succès.
16:12C'est-à-dire qu'en termes de réparation, on a vu la pauvreté chez les personnes âgées baissées.
16:17On a un accès garanti à tout le monde aux soins avec quelques difficultés.
16:22Mais quand même, on a un système qui a des succès.
16:25Mais c'est un système qui répare au sens où il faut d'abord être malade pour pouvoir bénéficier de
16:29l'assurance maladie.
16:30Il faut d'abord être à la retraite pour bénéficier d'un système de retraite, être au chômage pour bénéficier
16:35de l'allocation.
16:35Et là où on pêche les limites de notre système, c'est du côté de la prévention, mais aussi du
16:41côté de la préparation.
16:42Moi, j'ai une formule, essayer de mieux préparer pour avoir moins à réparer.
16:47Et donc, l'idée, on n'investit pas beaucoup et pas suffisamment sur les très jeunes enfants.
16:51Tout le monde ne va pas en crèche.
16:52On sait que la crèche, elle apporte énormément à tous les jeunes enfants.
16:55On n'investit pas assez dans le succès scolaire de tout le monde.
16:58On n'aide pas suffisamment nos jeunes.
17:00On n'aide pas suffisamment à pouvoir travailler et avoir une famille.
17:04On ne forme pas tout au long de la vie.
17:06Voilà, c'est ces politiques d'investissement social qui sont en amont, si vous voulez.
17:10Et si on les développait mieux, on préparerait mieux les individus.
17:14On aurait un peu moins à réparer.
17:16Damien Bignon, qu'est-ce que ça représente pour un groupe de protection sociale comme Malacom Humaniste ?
17:20Cette idée de prévention, c'est un enjeu de plus en plus stratégique ?
17:24Ça l'était déjà, ça l'est encore plus ?
17:27Alors, c'est exactement ça.
17:28C'est la deuxième réponse.
17:29Ça l'était déjà et ça l'est encore plus.
17:32Aujourd'hui, on travaille de plus en plus à passer de ce modèle de réparer à anticiper.
17:39Anticiper, c'est ce que Bruno vient de nous partager.
17:42C'est effectivement être en amont du risque et ne pas être simple payeur en tant qu'assureur.
17:50Pourquoi ? Déjà, on voit effectivement que les fragilités explosent aujourd'hui en France.
17:57On a des maladies chroniques qui progressent depuis 2019 de plus de 10%.
18:03On a deux salariés sur trois qui aujourd'hui déclarent être en fragilité.
18:08Donc ça peut être de l'isolement social, ça peut être une situation de handicap, être aidant, être atteint d
18:14'une maladie chronique encore.
18:15Et puis surtout, on voit un phénomène malheureusement qui se développe de plus en plus qui est le renoncement aux
18:21soins par manque de temps.
18:23Les aidants, par exemple, vont avoir cette négligence de passer leur santé après celle de l'aider par manque d
18:32'accessibilité, par manque de moyens.
18:35De disponibilité des médecins.
18:36Exactement, les déserts médicaux. Et donc, il y a ce travail nécessaire de venir en amont parce que, comme le
18:44dicton le dit, prévenir, c'est guérir.
18:46C'est de venir finalement en soutien d'un système où la prévention coûte moins cher que d'agir après
18:58le risque.
18:59Oui. Alors, je veux bien qu'on rentre dans le détail parce que vous dites effectivement, Bruno Pellier, qu'il
19:02faut entre guillemets équiper les plus jeunes et le plus tôt possible.
19:07On parle de quels dispositifs d'accueil, d'éducation qui permettent justement de préparer cet avenir ?
19:14Alors, tout le monde le sait, un enfant, il se met à marcher aux alentours d'un an, il se
19:20met à parler aux alentours de deux ans.
19:21Ça veut dire qu'il y a énormément d'acquisitions, il se passe énormément de choses à cet âge-là.
19:25Et en fait, on n'a pas beaucoup, en tout cas pas systématiquement, d'aides pour tout le monde.
19:32Et en fait, c'est des périodes, pour parler un peu plus jargon, c'est des périodes où on acquiert
19:35les capacités cognitives,
19:37on apprend à apprendre et les capacités non cognitives, on apprend à interagir avec les autres et à interagir avec
19:42le monde.
19:43Et cet apprentissage, il est laissé aux soins des familles, aux soins des enfants, sauf si on le prend en
19:48charge collectivement.
19:49Il se trouve que pour le prendre en charge collectivement, il y a deux choses en France.
19:52Il y a les assistantes maternelles qui n'ont pas énormément de formation, qui ont des difficultés elles-mêmes à
19:58se garantir d'avoir suffisamment d'enfants.
20:01Et puis, il y a les crèches. Le problème, c'est que les crèches, d'abord, il n'y a
20:05pas énormément de jeunes enfants qui vont aux crèches,
20:07mais surtout, on réserve souvent les crèches aux parents qui travaillent.
20:10Les parents qui travaillent, ce sont plus probablement des gens qui ont, les deux parents qui travaillent, des dispositions acquises.
20:17Donc, on ne cible pas, on n'aide pas les plus jeunes enfants, en plus, dans les plus grandes difficultés,
20:22à accéder à ces dispositifs qui leur apporteraient beaucoup.
20:26Il y a eu beaucoup d'études d'impact, puisque c'est le mot-clé aujourd'hui.
20:29C'est au bon endroit pour employer cette expression.
20:30Il y a même eu un prix Nobel, James Heckman, qui montre que bénéficier d'un accueil collectif de qualité,
20:36c'est-à-dire du jeu, de l'interaction, des échanges, etc.,
20:39au plus jeune âge, à un an ou deux ans, ça vous permet un meilleur parcours scolaire, une meilleure intégration
20:45sur le marché du travail, plus de salaire.
20:47Donc, c'est un investissement extrêmement rentable pour les individus, mais aussi pour la collectivité.
20:52Moins de délinquance, moins de chômage, des meilleurs salaires, ça veut dire des emplois plus productifs.
20:57Donc, on a là un gain énorme à investir dans la petite enfance.
21:00Ça, c'est la première chose.
21:02On parlait juste avant avec Clément Beaune de l'argent public ou de l'euro public bien investi et qui
21:09fait domino d'un euro public.
21:11– Heckman, il montre qu'un euro, un dollar, c'était en dollars, c'est des Etats-Unis investis dans
21:16des programmes d'accueil collectif de qualité
21:18pour les enfants issus de milieux défavorisés, ça rapporte 25 dollars sur l'ensemble de leur vie.
21:2425 dollars en plus pour eux et économisés pour la société.
21:27Donc, c'est un des meilleurs investissements qui soient à long terme.
21:30Il faut avoir la longue vue de l'importance pour les individus, mais aussi pour une économie où on a
21:37besoin de compétences.
21:37C'est une économie de la connaissance et on ne forme pas suffisamment de gens et on ne les forme
21:43pas bien.
21:44Ce n'est pas leur apprendre à compter en crèche, mais c'est vraiment apprendre à développer les capacités,
21:51apprendre à apprendre par le jeu, apprendre à interagir avec les autres, la tolérance, des choses comme ça.
21:56Ça a été vraiment amplement démontré.
21:58Après, ça joue tout au long de la vie, c'est-à-dire aussi à l'école.
22:02Est-ce qu'on donne ces capacités ou est-ce qu'on apprend juste des choses qu'on rabâche ?
22:06Est-ce que les jeunes sont soutenus ?
22:08Non, en France, on a du mal à soutenir tous nos jeunes puisqu'on demande aux jeunes de compter sur
22:14leurs parents.
22:14Il y a des parents qui ne peuvent pas y arriver et les bourses ne sont pas suffisées.
22:17Alors, il y a beaucoup d'axes dont on pourrait parler avec vous, évidemment, Bruno Pallier.
22:23Je voudrais qu'on évoque maintenant l'accompagnement des personnes qui souffrent de cancer.
22:29Qu'est-ce que vous mettez en place en la matière, l'accompagnement du cancer ?
22:33Quels dispositifs, des exemples concrets et peut-être aussi des résultats puisqu'on parle de mesures d'impact ici ?
22:39Alors, déjà, peut-être juste deux chiffres.
22:42En France, aujourd'hui, il y a environ 3,8 millions de personnes atteintes d'un cancer et 430 000
22:49nouveaux cas chaque année.
22:50C'est la cadence qu'on a observée et qu'on observe d'ici jusqu'à 2050.
22:57Donc, un enjeu de santé publique, un sujet qu'il faut prendre à bras-le-corps.
23:03Alors, en termes d'investissement social, justement, ce qu'on a notamment investi côté Malakoff-Humanis,
23:13ce sont tous les soins de support en cancérologie.
23:15Donc, vous savez, ce sont tous les soins qui viennent en complément du traitement médical.
23:20Et la mesure d'impact qu'on est en train de bâtir, parce que c'est clairement l'enjeu de
23:26cette année,
23:27c'est de prouver que ce ne sont pas des soins optionnels,
23:31mais ce sont des soins qui doivent complètement être pris en charge dans l'intégralité du patient.
23:35Parce que, et ça, ce n'est pas moi, c'est des professeurs bien avertis,
23:42notamment du côté de Gustave Roussy, qui l'explique encore mieux que moi,
23:46que ces soins de support en cancérologie vont multiplier par deux, voire trois,
23:51les chances de guérison et de réinsertion derrière dans la vie sociale.
23:55Parce qu'on parle aussi de psychologie quand on parle de soins de support.
24:00C'est vrai que c'est tout ce qu'il y a autour, mais qui permet aux malades d'aller
24:03mieux
24:04et donc de mieux combattre la maladie.
24:05De l'activité physique adaptée, la nutrition, la socio-esthétique, la psychologie, la sexualité.
24:12Tous ces sujets qui, aujourd'hui, pourraient être, en tous les cas, regardés comme secondaires
24:19et qui, en fait, sont primaires.
24:22Il y a peu de temps, une maman qui nous partageait sa situation.
24:29Alors là, elle est guérie aujourd'hui.
24:31Elle a eu un cancer du sein.
24:33Premier traitement médical, elle rentre chez elle.
24:36Alors en plus, je ne vais pas faire pleurer, mais c'est la maman seule avec un enfant de 6
24:41ans.
24:42Premier traitement médical, elle rentre chez elle.
24:45Elle est malade toute la nuit, elle n'en peut plus.
24:47Elle passe un moment terrible.
24:50Et elle traverse l'esprit de « je ne pourrais pas continuer à subir des traitements comme ça.
24:57C'est trop douloureux, c'est trop compliqué pour mon corps. »
25:01Et elle a été accueillie dans des séances de yoga, d'activité physique adaptée, etc.
25:07Et en fait, ça lui a permis de construire une santé physique
25:12qui a été capable de digérer, d'intégrer ce traitement médical.
25:17Et elle a passé les étapes une à une.
25:20Et aujourd'hui, je touche du bois pour elle, tout va bien.
25:22Et elle vit pleinement avec son petit garçon.
25:25C'est un exemple de dispositif que Malakoff Humanif propose.
25:29Voilà, aujourd'hui, on accompagne plus d'une vingtaine de projets.
25:32Donc, ça va de maison de soins.
25:36Une maison de soins, c'est la capacité de proposer à des patients
25:42tout ce que j'ai cité un peu tout à l'heure, d'activité physique, etc.
25:44Donc, on va recevoir le patient.
25:46On va faire un diagnostic de ses besoins.
25:50Et on va pouvoir l'accompagner en complément du traitement médical.
25:55Et on voit les effets bénéfiques immédiats.
25:58Donc, là, tout l'enjeu aujourd'hui, c'est de faire connaître,
26:03faire reconnaître ces soins de support,
26:05notamment pour une meilleure prise en charge,
26:07parce qu'aujourd'hui, ces soins de support ne sont pas remboursés.
26:10Pour cet exemple, ou pour ceux que vous donniez tout à l'heure, Bruno Pallier,
26:15on est au sommet de la mesure d'impact.
26:17Est-ce que c'est si facile de mesurer l'impact d'une action publique ou privée, d'ailleurs ?
26:23Vous nous donniez l'exemple de 1 dollar investi
26:25qui en rapporte 25 tout au long de la vie. Comment on fait ?
26:28Alors, ça, c'est faisable.
26:30Parce que James Heckman, c'est ce qu'il a fait.
26:32C'est-à-dire, il a pris un groupe d'enfants de milieux défavorisés.
26:36Et l'un a bénéficié de cet accueil collectif de qualité.
26:40Et l'autre, non.
26:41Et après, il a eu les moyens de les suivre sur 25 à 30 ans.
26:45Donc, voilà, c'est la comparaison avec des groupes similaires.
26:48Mais l'un bénéficie de la politique et l'autre n'en bénéficie pas.
26:52Après, il y a une autre façon qui est un peu moins coûteuse.
26:54C'est les comparaisons internationales.
26:56Vous avez un niveau de qualification, un niveau d'emploi, un niveau d'innovation bien plus élevé
27:01dans des pays où vous allez avoir un accueil beaucoup plus universel des jeunes enfants.
27:06Donc, dans les pays nordiques, par exemple,
27:09on peut procéder de différentes façons pour montrer l'évidence de l'apport
27:14que représente cet investissement social.
27:16Je crois qu'on en a fait beaucoup en France.
27:18Sur les crèches, on en a fait beaucoup.
27:19Sur le soutien aux jeunes, on en a fait beaucoup.
27:21Sur les problèmes de conciliation typiques des femmes seules, vous le disiez,
27:25c'est le problème qui s'occupe de mon enfant pendant que je travaille,
27:28pendant que je me fais soigner, pendant que j'aide les autres.
27:31Donc, ça, c'est des choses qui sont évaluables.
27:33Et je crois que le problème n'est pas seulement d'évaluer.
27:36C'est qu'une fois qu'on a évalué, c'est de convaincre que c'est systémique
27:39et que ça appelle des changements profonds.
27:41Et c'est ça aussi la difficulté.
27:42C'est qu'il ne suffit pas de montrer qu'une politique, ça marche.
27:46Il faut aussi se demander comment on fait pour transformer notre système
27:50pour qu'il aille vers cela.
27:51Un dernier mot, il nous reste une minute.
27:53À votre niveau, Malakoff Humanis,
27:55comment vous évaluez justement l'efficacité des politiques que vous mettez en place ?
28:00Quels indicateurs vous utilisez ?
28:01Alors, on regarde à trois niveaux.
28:05Déjà, notre capacité d'investissement,
28:07ce qu'on peut raisonnablement investir en termes d'accompagnement de projets.
28:16à l'année, le nombre de bénéficiaires à qui ça va profiter.
28:20Mais surtout, le dernier indicateur qui est le plus important,
28:22c'est qu'est-ce que ça change ?
28:23Quel est l'impact sur le bénéficiaire ?
28:27Quelle plus-value on a pu apporter ?
28:30Et donc ça, en fonction des sujets,
28:34parce qu'on travaille énormément sur le handicap,
28:38sur le bienveillir, sur les aidants et donc sur le cancer.
28:40On en a parlé il y a deux secondes.
28:44Ce sont des critères et des évaluations,
28:46des indicateurs qui vont être différents.
28:48Mais en tous les cas, l'objectif final, c'est de se dire
28:52que les indicateurs, ils doivent nous donner une boussole,
28:55pas une vérité, mais une boussole,
28:56qui vont nous permettre demain de mieux orienter,
28:58de faire progresser les projets
28:59et donc d'être plus performants socialement.
29:03Merci beaucoup à tous les deux.
29:06Profitez de cette journée qui est déjà passionnante
29:10et qui promet de l'être.
29:12On continue notre édition spéciale consacrée à ce sommet
29:15de la mesure d'impact.
29:16On va parler du vivre ensemble.
29:27Le vivre ensemble, voilà ce dont on parle tout de suite
29:31dans notre édition spéciale, toujours au palais d'Ina,
29:34ici au CESE, pour ce sommet de la mesure d'impact.
29:36Vivre ensemble, c'est un sujet qui est politique,
29:39qui est démocratique, qui est même électoral.
29:41Et j'accueille mes invités.
29:42Frédéric Bailly, bonjour.
29:44Bienvenue.
29:44Bonjour, merci.
29:45Vous êtes le vice-président exécutif du groupe SES
29:48qui co-organise cette journée en charge de l'international.
29:52Et Anna Sedan, bonjour.
29:54Bonjour, merci pour l'invitation.
29:56Bienvenue, directeur général de l'association Les Citoyens.
29:59Allez, je commence avec vous.
29:59C'est quoi, Les Citoyens ? Vous êtes où ?
30:01Vous êtes au Maroc, c'est ça ?
30:02Oui, on est au Maroc.
30:03Donc, Les Citoyens, c'est une association
30:06qu'on a fondée depuis maintenant 10 ans.
30:09En fait, bientôt nos 10 ans d'existence.
30:11Et qui travaille surtout sur le vivre et agir ensemble au Maroc.
30:15Et quand on parle d'agir ensemble,
30:18on parle surtout de la participation citoyenne,
30:21de l'inclusion des jeunes et des femmes,
30:22et surtout de l'action territorialisée.
30:28Et c'est surtout ça, aujourd'hui, notre champ de bataille.
30:33Vivre ensemble, Frédéric Bailly.
30:35Alors, ce sont deux mots qui sonnent bien ensemble.
30:39Au-delà des bons sentiments, c'est quoi ?
30:41C'est de la politique ?
30:42On est au cœur de l'action politique ?
30:43Absolument.
30:44On est au cœur de l'action politique.
30:45Et vous l'avez d'ailleurs rappelé,
30:47c'est un sujet de société,
30:50c'est un sujet politique,
30:51c'est un sujet démocratique.
30:53Depuis deux ans maintenant,
30:54le groupe SOS s'est emparé de ce sujet.
30:56C'est un sujet que nous faisons vivre au quotidien
30:58dans nos mille établissements,
31:00à travers nos projets dans la santé,
31:01dans la culture,
31:02pour les seniors,
31:03pour les personnes vulnérables.
31:04Sur le volet démocratique, par exemple,
31:07nous avons, avec notre partenaire Opinion Way,
31:09publié récemment,
31:10juste avant les élections municipales,
31:12le deuxième baromètre du vivre ensemble,
31:14un chiffre,
31:1683% des Français interrogés
31:19considéraient que le sujet du vivre ensemble
31:21était un élément
31:23qui allait compter dans leur vote
31:25au moment des municipales.
31:26Donc c'est un sujet électoral.
31:28C'est un sujet absolument électoral, oui.
31:30Qu'est-ce que ça signifie
31:31sur la qualité du débat public,
31:34le vivre ensemble ?
31:35Parce qu'aujourd'hui,
31:35on est plutôt dans une période d'antagonisme.
31:39J'ai évidemment cité
31:40ce qui se passe à l'Assemblée nationale
31:42quasi quotidiennement,
31:43mais c'est presque une contre-offre
31:46que vous faites avec le vivre ensemble ?
31:49Je ne sais pas si c'est une contre-offre,
31:51mais en tout cas,
31:51ça nous paraît être quelque chose d'essentiel
31:54pour réussir à faire société
31:55ou à refaire société.
31:57En effet, le débat public
31:59est de plus en plus compliqué.
32:00On a du mal à accepter
32:03de ne pas être d'accord.
32:04On a du mal,
32:05et ça a été rappelé ce matin
32:06en ouverture par la première présidente
32:10de la Cour des Comptes.
32:12On a du mal à s'entendre sur des faits,
32:14et c'est un des enjeux
32:16de l'événement qui nous accueille aujourd'hui,
32:18que nous organisons,
32:20savoir mesurer ce qui compte,
32:22et le vivre ensemble,
32:23c'est justement cette capacité
32:24à pouvoir débattre,
32:26à pouvoir faire société,
32:27et à offrir à chacun et à chacune
32:29la possibilité de vivre dignement,
32:31de vivre dans son quartier,
32:33dans les territoires.
32:33C'est un sujet éminemment territorial,
32:35le vivre ensemble.
32:36Anna Cédane,
32:38on va parler un peu
32:39de la situation au Maroc.
32:41Vous parlez parfois
32:41d'un Maroc à deux vitesses.
32:43Ça veut dire quoi, ça ?
32:44Et comment vous le ressentez
32:47à la hauteur,
32:48à la dimension
32:48d'une association comme la vôtre ?
32:50Aujourd'hui, le challenge au Maroc,
32:51c'est que parfois,
32:52on a les indicateurs macroéconomiques
32:56qui ne se reflètent pas
32:57dans les territoires,
32:59qui ne se traduisent pas
33:00en développement humain.
33:03Et surtout au niveau
33:06du monde rural.
33:07Et donc,
33:07on parle vraiment
33:08d'un Maroc à deux vitesses.
33:09On a tous les...
33:10Entre les grandes villes
33:11et le monde rural.
33:12On a tous les grandes villes.
33:13Enfin, un axe très restreint
33:14de 200 kilomètres,
33:15de Casablanca à Kinitra.
33:18Et on a une grande majorité
33:21des Marocains
33:22qui sont dans les territoires,
33:23qui se sentent invisibilisés.
33:25Et du coup,
33:26aujourd'hui,
33:26le défi,
33:27c'est comment
33:30renforcer la confiance
33:31de ces citoyens
33:32en la démocratie,
33:34en les institutions.
33:35On a mené une enquête
33:37l'année dernière
33:37auprès de plus de 200 000 citoyens
33:41et citoyennes au Maroc
33:42pour mesurer un peu
33:43leur rapport à la démocratie
33:45et à la participation citoyenne.
33:47Et je peux dire
33:47que les chiffres,
33:48ils étaient un peu alarmants.
33:5070% ne font pas confiance
33:52aux institutions
33:52et aux instances de médiation
33:55en général.
33:56Et du coup...
33:56Ils ne se sentent pas concernés
33:57par la politique
33:58d'une certaine façon.
33:59Ils ne se sentent pas concernés.
34:00Ils se sentent un peu invisibles
34:02des radars.
34:03Et du coup,
34:03ce sentiment
34:04de ne pas être visible,
34:05de ne pas être considéré,
34:07de ne pas être reconnu
34:10comme citoyen,
34:11surtout quand il s'agit
34:14des politiques publiques.
34:15Donc, ce sentiment
34:17d'isolement
34:19crée une vraie crise
34:20de confiance
34:21ce qui remet en question
34:22le système démocratique
34:23en général.
34:24Alors ça, c'est pour le constat.
34:25Après, il y a l'action.
34:25Je crois que vous organisez
34:26des cafés citoyens, c'est ça ?
34:28Comment ça marche ?
34:29Racontez-moi.
34:30Aujourd'hui, notre objectif
34:30c'est de passer
34:31de la confrontation
34:32à la co-construction.
34:34Comment on fait ça ?
34:35C'est justement
34:36grâce à beaucoup
34:37de dialogues,
34:38de concertations citoyennes.
34:40C'est déplacer
34:41le débat formel
34:42dans des espaces informels.
34:44Donc, justement,
34:45dans les territoires,
34:46même les petits patelins
34:47les plus reculés.
34:49Et l'objectif, un,
34:50c'est d'écouter les citoyens,
34:52de rendre visibles
34:53leurs problèmes
34:53et leurs défis
34:54et surtout,
34:55avoir une force
34:57de proposition
34:58qui vient directement
34:59des territoires.
35:00Et après,
35:01on fait le travail
35:02de plaidoyer
35:02auprès des institutions
35:03pour que ces citoyens
35:05se sentent écoutés
35:06et pris en considération.
35:07Frédéric Bailly,
35:08le groupe SOS,
35:09vous êtes présent
35:10dans une cinquantaine
35:11de pays, c'est ça ?
35:12Absolument.
35:12Notamment au Maroc.
35:13Vous accompagnez
35:15cette association ?
35:17Oui.
35:18Alors, on a fait connaissance
35:19il y a quelque temps
35:21où nous avons...
35:22Le groupe SOS est présent
35:23au Maroc
35:23depuis un certain nombre
35:24d'années
35:25à travers plusieurs
35:25des ONG
35:26du secteur international
35:27que je préside.
35:29Et il est vrai
35:29qu'avec les citoyens,
35:31on a une communauté
35:32de valeur,
35:33j'allais dire,
35:33d'engagement.
35:34Et donc,
35:35on collabore aujourd'hui.
35:36On va accueillir,
35:36par exemple,
35:37un café citoyen
35:38dans un lieu
35:39que nous avons ouvert,
35:40qui est une école
35:41de formation
35:42et d'inclusion
35:43socio-professionnelle
35:44sur les métiers
35:44de la restauration
35:45avec l'idée,
35:47là encore,
35:47de travailler ensemble
35:48à co-construire.
35:49C'est un projet
35:49qu'on a mis 4 ans
35:51à co-construire
35:52avec des acteurs associatifs,
35:53avec la puissance publique,
35:55avec des entreprises.
35:56Donc,
35:56on est complètement
35:56dans cette démarche
35:57de co-construction.
35:58On la partage.
35:59Avec le groupe SOS,
36:01c'est un géant
36:01de l'économie sociale
36:02et solidaire.
36:03Donc,
36:03vous êtes présent
36:03dans des champs d'action
36:05qui sont ultra variés.
36:07La jeunesse,
36:08les seniors,
36:09la santé,
36:10l'écologie.
36:11Comment vous faites
36:12de se vivre ensemble ?
36:13Là, c'est quoi ?
36:13C'est une sorte
36:14de colonne vertébrale ?
36:17Oui,
36:17c'est un fil rouge.
36:18C'est clairement
36:18un fil rouge.
36:19Le vivre ensemble,
36:20comme je vous le disais
36:21préalablement,
36:22il se déploie au quotidien,
36:23il se déploie
36:24dans nos établissements,
36:25dans les territoires.
36:27On est un acteur
36:27très territorial,
36:28comme le sont
36:29les citoyens au Maroc.
36:30On a une présence
36:31dans l'ensemble
36:32des régions de France
36:33et on essaie vraiment
36:34d'agir au plus près
36:36des besoins
36:37dans ces différents champs
36:39que vous venez de citer,
36:39dans la culture,
36:40dans la transition écologique,
36:41dans la santé,
36:42en proposant des solutions
36:43et en faisant en sorte
36:44que chacune et chacun
36:45se sente véritablement
36:46justement citoyen.
36:47Est-ce qu'il y a des pays
36:47où c'est plus compliqué ?
36:48Parce que,
36:49tout simplement,
36:50le contexte géopolitique
36:52fait que,
36:52je ne sais pas,
36:53la guerre est sur place
36:55ou aux portes du pays,
36:57à la frontière.
36:57Bien sûr,
36:58il y a même des pays
36:59dans lesquels
36:59on ne peut plus opérer.
37:00Le groupe SOS
37:01a opéré historiquement
37:02pendant de nombreuses années
37:04au Mali
37:04et on a été invité
37:06il y a quelques années
37:07par les autorités
37:08à quitter le Mali
37:09comme l'ensemble
37:09des opérateurs français.
37:11Donc,
37:11on ne peut pas
37:13travailler partout.
37:14En plus,
37:14c'est vrai que nous,
37:15on n'est pas un acteur
37:16de l'humanitaire
37:16et de l'urgence,
37:17on est plutôt
37:17un acteur du développement
37:18et ce développement,
37:19il se fait nécessairement
37:20en partenariat
37:21avec à la fois
37:22la société civile,
37:23bien entendu,
37:23mais aussi avec
37:24les pouvoirs publics.
37:24Donc,
37:25on ne peut pas
37:26intervenir dans un pays
37:27dans lequel on ne serait
37:27pas les bienvenus.
37:28Néanmoins,
37:29même dans des pays
37:30où on est accueilli
37:33ou toléré,
37:34parfois,
37:34il faut quand même
37:35un petit peu
37:37pour se faire une place,
37:38bien sûr.
37:39Effectivement.
37:40On fait un constat
37:41depuis quelques mois,
37:44même quelques années,
37:45une grosse année,
37:46on va dire,
37:46d'une baisse des financements
37:48pour le monde associatif.
37:49Est-ce que c'est vrai
37:50aussi pour vous ?
37:51Est-ce que c'est vrai
37:52d'une manière générale
37:53aussi au Maroc ?
37:54Et quel impact
37:55sur cette ambition commune
37:58de développer
38:00le vivre ensemble ?
38:01Je pense aujourd'hui
38:02le vrai défi
38:02du secteur associatif
38:04en général,
38:05partout dans le monde,
38:06c'est le modèle économique
38:08des associations.
38:09Je pense que le modèle
38:10économique tel qu'il est
38:11maintenant,
38:13je pense qu'il est en train
38:14de se remettre en question.
38:15Il faut se professionnaliser
38:16ou aller vers une économie
38:18sociale et solidaire
38:19un peu plus de privée ?
38:20D'ailleurs,
38:20on a mené une discussion
38:21avec le groupe SOS
38:22justement pour réfléchir
38:24autour d'un nouveau modèle
38:25économique
38:26de l'association
38:27Les Citoyens.
38:27Les associations marocaines
38:29sont très contraintes
38:30au sujet de financement,
38:33surtout avec tout ce qui se passe
38:34avec la crise de l'USID.
38:37Une grande partie
38:39des associations marocaines
38:40a été fondée parfois.
38:43Oui, c'est vraiment
38:43une décision de Donald Trump,
38:45les budgets de l'USID
38:47qui sont coupés
38:48et des effets directs.
38:49Et d'où l'intérêt aujourd'hui
38:50de travailler sur la mesure
38:52de l'impact des associations,
38:53de l'action associative
38:55au Maroc et ailleurs
38:56pour qu'on puisse justement
38:58remettre en question
38:59les modèles économiques
39:00traditionnels
39:01basés sur les financements,
39:04les cotisations
39:04et parfois l'aide publique.
39:07Parce que dans des pays
39:08comme le Maroc,
39:09l'aide publique peut être
39:10un défi de plus
39:13parce qu'il y a un risque
39:14de récupération politique,
39:16il y a plusieurs enjeux
39:17qui rentrent dans le jeu.
39:19Et du coup, oui,
39:21c'est un défi très présent
39:24et auquel nous réfléchissons
39:25chaque jour.
39:26Frédéric Bailly,
39:27est-ce que ça veut dire
39:27que le groupe SOS
39:29vient au soutien ?
39:30C'est-à-dire qu'à la fois,
39:31il y a des associations,
39:33il y a des entreprises
39:33au sein du groupe SOS.
39:34Donc cette baisse des financements,
39:36vous la ressentez vous aussi.
39:38Et donc j'imagine
39:39qu'on vous interroge
39:41sur quoi ?
39:41Sur votre capacité
39:42à prendre le relais
39:44de ce que l'argent public
39:45finançait auparavant ?
39:46Comment ça se passe ?
39:47Oui, ça nous interroge déjà nous
39:48dans nos propres modèles.
39:49On a 12 ONG
39:50et on doit penser,
39:52comme l'a dit très justement
39:53à NAS, à de nouveaux
39:55modèles économiques.
39:55On parle beaucoup
39:56d'hybridation des modèles.
39:57Alors c'est quelque chose
39:58qui n'est pas nouveau pour nous.
39:59On n'a pas attendu
40:00la baisse des financements publics,
40:01en tout cas de la baisse
40:02de l'APD,
40:03de l'aide publique au développement
40:05pour s'interroger
40:06sur l'évolution de nos modèles.
40:07C'est vrai que là,
40:07ça nous oblige
40:08à accélérer un petit peu.
40:10On ne finance pas nous-mêmes
40:11d'autres associations ONG.
40:13En revanche,
40:13on les accompagne
40:14dans la réflexion sur leurs modèles.
40:16On a par exemple là
40:17monté un nouveau dispositif
40:18qu'on est en train
40:19de mettre en place
40:20avec un projet pilote
40:22sur une de nos ONG
40:22et qui a vocation ensuite
40:24à être proposée
40:24à d'autres ONG
40:25au-delà du groupe SOS
40:27qui est une sorte
40:27de studio d'hybridation
40:28des modèles.
40:29Un peu comme on a
40:30dans le monde des startups,
40:31des startups studios,
40:32eh bien on essaye
40:33d'appliquer les mêmes méthodes
40:35au monde des associations
40:37et des ONG
40:37pour être capable
40:38de penser les modèles
40:39en étant moins dépendant
40:40des financements publics.
40:42Ça veut dire
40:42que vous êtes en train
40:43d'essayer de dupliquer
40:45le modèle du groupe SOS
40:46le plus possible
40:47et un peu partout
40:48dans le monde, c'est ça ?
40:49Oui, alors ça c'est vrai
40:50que c'est un peu
40:51notre cheval de bataille
40:52depuis un certain nombre
40:53d'années.
40:53On a signé un partenariat
40:55stratégique avec l'Agence
40:56française de développement
40:57justement pour promouvoir
40:58ce modèle français
40:59de l'économie sociale
41:00et solidaire
41:01qui est, je pense
41:02qu'on peut le dire
41:03sans forfanterie,
41:04un modèle qui fait référence
41:06en Europe
41:07et à travers le monde
41:08qui est un modèle
41:08très inclusif
41:09dans lequel on trouve
41:10y compris des entreprises
41:11privées,
41:12des entreprises de capitaux
41:13mais avec cette volonté
41:15d'avoir un impact social.
41:16Et en fait,
41:17au groupe SOS
41:17depuis longtemps,
41:18on considère que les statuts
41:19ne font pas la vertu
41:20et qu'il faut prendre
41:21le meilleur
41:22de ces deux mondes
41:24entre guillemets
41:25qui parfois s'opposent,
41:26le monde des entreprises
41:27qui serait
41:28pour les associations
41:29considérées comme
41:32non vertueux
41:32parce que
41:33par essence
41:34parce que motivées
41:35par le capital
41:36et puis un monde
41:36qui serait soi-disant vertueux
41:37qui serait celui
41:38des associations.
41:39En réalité,
41:39il y a du bon
41:40à prendre de chaque côté
41:41et il faut trouver
41:42justement
41:42cette bonne voie
41:44de passage
41:45entre les deux.
41:45ça veut dire
41:47que vous concrètement
41:48vous pourriez faire évoluer
41:49le modèle de votre association
41:50vous y réfléchissez précisément
41:52ou c'est d'une maire générale
41:53au Maroc
41:54que cette réflexion se fait ?
41:55Là maintenant
41:56on travaille sur les deux
41:57à la fois notre modèle
41:58en tant qu'association
41:59et aussi pour les associations
42:01que nous accompagnons
42:02dans les territoires.
42:04Il faut dire aujourd'hui
42:05qu'il y a un Maroc
42:07à deux vitesses
42:07même au niveau
42:08des associations
42:09au Maroc
42:09donc on a des associations
42:11qui créent un vrai impact
42:12sans le savoir
42:15surtout dans les territoires
42:17et du coup aujourd'hui
42:18on a tout un travail
42:19qu'on fait
42:20avec les dynamiques territoriales
42:22un travail de cartographie
42:23d'amplification
42:25d'impact social
42:26et aussi de mesure d'impact
42:28qui va peut-être
42:29nous aider par la suite
42:30à devenir
42:31un observatoire
42:32des émergences
42:34ou des dynamiques
42:35de changement au Maroc
42:36qui va par la suite
42:37nous permettre
42:38de nous positionner
42:38en tant qu'acteur
42:40qui fait du conseil
42:41et du coup
42:42monétiser
42:43l'action associative
42:45et le service
42:45que nous mettons en place.
42:47Merci beaucoup
42:48pour promouvoir
42:49le vivre ensemble.
42:50Merci à tous les deux.
42:51Bon sommet de la mesure
42:52d'impact.
42:53Notre émission spéciale
42:54continue.
42:54Je reçois tout de suite
42:56la haute commissaire
42:57à l'enfance
42:58Sarah El Haïry.
43:07Notre édition spéciale
43:08continue, on est toujours
43:09au Palais d'Iena
43:09le sommet de la mesure
43:11d'impact
43:11j'accueille Sarah El Haïry.
43:13Bonjour.
43:13Bonjour.
43:14Vous êtes haute commissaire
43:14à l'enfance
43:15c'est un nouveau job
43:16en quelque sorte.
43:18Quelle est votre mission ?
43:19Racontez-moi.
43:20En réalité c'est de mettre
43:20l'enfant au centre
43:22au centre de nos politiques publiques
43:23mais aussi au centre
43:24de notre société
43:25pour une raison toute simple.
43:26J'ai eu la chance
43:27d'être ministre de la jeunesse
43:28d'être ministre
43:29pour le coup de l'enfance
43:30des familles
43:30et à chaque fois
43:31on est rattaché
43:32d'une certaine manière
43:32à son administration
43:34où la majeure
43:35elle est santé
43:35où la majeure
43:36elle est éducation
43:37où la majeure
43:37elle est action sociale
43:38vulnérabilité
43:39mais à aucun moment
43:40on se dit
43:40que la journée d'un enfant
43:41elle est pas saucissonnée
43:42par tranche horaire
43:44et du coup
43:45tranche de responsabilité.
43:46Un enfant
43:46il est à la fois élève
43:47patient
43:49évidemment frère
43:50soeur
43:51adhérent d'une association
43:52et surtout citoyen
43:53et c'est bien
43:54la philosophie
43:55du haut commissariat
43:56protéger
43:57immédiatement
43:58contre les vulnérabilités
43:59et les dangers
44:00prévenir demain
44:01en commençant aujourd'hui
44:02et c'est tout le sujet
44:03de l'impact
44:03évidemment accompagner
44:05tous les professionnels
44:05et les acteurs autour
44:06du parent
44:07à l'enseignant
44:08en passant évidemment
44:09par les éducateurs.
44:10Alors c'est un
44:11évidemment on parle
44:11d'un capital humain
44:12en devenir
44:13quand on parle des
44:14moi je dirais même
44:15autre chose
44:16oui dites allez-y
44:16je dirais même
44:17en réalité c'est un
44:18c'est un actif
44:19alors le mot est très particulier
44:21et je sais qu'il le prête
44:22à sourire
44:23parfois
44:23il va choquer
44:24il va choquer certaines oreilles
44:25mais bon c'est pas grave
44:26mais je peux dire pourquoi
44:27on a longtemps considéré
44:29que c'était sur le ressort
44:32finalement
44:32de la morale
44:33de la bienveillance
44:34qu'on devrait bien se comporter
44:36vis-à-vis des enfants
44:37mais en réalité
44:37les enfants sont des actifs
44:39de notre société
44:40des actifs collectifs
44:41aujourd'hui on parle
44:42de démographie
44:43et de ses conséquences
44:44les conséquences économiques
44:46évidemment
44:46de la dénatalité
44:48on parle des conséquences
44:49en termes de santé
44:50de l'exposition
44:52ou de l'emprise
44:52des algorithmes
44:53sur les enfants
44:54on parle aussi
44:55d'employabilité
44:56d'insertion professionnelle
44:57si le capital santé
44:59est bousculé
45:00et puis enfin bien sûr
45:01de protection
45:02au sens
45:02je veux dire
45:03le plus primaire du terme
45:05et donc de prévention primaire
45:07je parle d'évacuer
45:08de certains secteurs
45:09évidemment
45:10les prédateurs
45:11qu'on connaît
45:12je parle bien sûr
45:13de la petite enfance
45:14du périscolaire
45:15ou de l'aide sociale
45:15à l'enfance
45:16mais en quoi c'est un actif
45:18c'est un actif
45:19parce que c'est une condition
45:20au développement économique
45:21et s'il n'y a pas
45:21de développement social
45:22il n'y a pas de développement
45:23économique durable
45:24d'ailleurs l'un de nos invités
45:25dans cette émission
45:26nous citait une étude américaine
45:28qui montre que
45:29l'investissement
45:30dans la petite enfance
45:31les tout petits
45:32au moment où le cerveau
45:35se forme
45:35c'est un investissement public
45:37qui rapporte
45:38c'est une étude américaine
45:391 dollar
45:39pour les enfants
45:41les plus défavorisés
45:42ça rapporte 25 dollars
45:44tout au long de la vie
45:44c'est de ça dont on parle
45:46c'est exactement de ça
45:47dont on parle
45:47mais c'est partiel
45:49on parle de l'investissement
45:50public bien sûr
45:51parce que
45:52c'est notre devoir
45:54de société
45:54que de protéger
45:55les plus petits
45:56les mille premiers jours
45:57qui est une politique
45:58publique que je porte
45:59on sait que c'est le moment
46:00où le développement
46:01cognitif de l'enfant
46:02est le plus fort
46:03par le lien d'attachement
46:04par l'apprentissage des mots
46:06par finalement
46:07le développement
46:07psychosocial
46:08qu'aura l'enfant
46:09mais là on parle
46:10que d'investissement
46:11en réalité publique
46:12moi mon enjeu
46:13c'est que le monde
46:14économique
46:15les investisseurs
46:16les financeurs
46:17prennent conscience
46:18que la responsabilité
46:20qu'ils ont vis-à-vis
46:21des enfants
46:21ne peut pas
46:22exclusivement dépendre
46:23d'une régulation
46:24ou d'une obligation
46:25à venir
46:25et donc comment
46:27on pense finalement
46:28le safe child by design
46:30au moment de la conception
46:31qu'il n'y ait pas
46:32d'externalité
46:33sur les enfants
46:34ça passe par
46:34les questions de santé
46:35et là évidemment
46:36dans l'industrie
46:37de l'agroalimentaire
46:37la question du sucre
46:39ou du sel
46:40ou des produits transformés
46:41à destination des enfants
46:42on parle bien sûr
46:43du monde du numérique
46:44aujourd'hui
46:44avec l'économie
46:45de l'attention
46:46et puis
46:47on ne peut pas
46:48s'en défaire
46:49mais la question
46:49du one health
46:50et de la santé environnementale
46:52et finalement
46:52la vulnérabilité
46:53des plus jeunes
46:54si on intègre
46:55la protection de l'enfant
46:56en amont
46:57quand on est un investisseur
46:58et qu'on
46:58aujourd'hui
46:59on s'est évalué
46:59on y gagne
47:00il y a un retour
47:00sur l'investissement
47:01c'est ça ?
47:01exactement
47:02beaucoup plus important
47:03parce qu'aujourd'hui
47:04on a attendu
47:05une quinzaine d'années
47:06pour avoir la régulation
47:07par exemple
47:07sur des secteurs dangereux
47:09je pense évidemment
47:10au tabac
47:10des choses qui sont
47:11on va dire
47:14préservées
47:14dont on préserve
47:16les enfants
47:16on dit
47:16c'est à partir
47:17d'un certain âge
47:19mais le temps
47:20de la régulation
47:21de ces industries là
47:22ne sera absolument
47:23pas le même
47:24face au numérique
47:25aujourd'hui
47:26donc il y aura
47:27une accélération
47:28d'où la question
47:28de l'actif
47:29à préserver
47:30et donc la vulnérabilité
47:31stratégique des entreprises
47:32qui n'intègrent pas
47:33cette évaluation
47:33et alors de quels moyens
47:34vous disposez
47:35au commissariat
47:35à l'enfance
47:36et quelles actions
47:37parce que j'ai bien compris
47:38le côté transversal
47:40en fait
47:41de la réflexion
47:42de quelles actions
47:43vous pouvez mener
47:44en réalité
47:44les trois grands champs
47:46d'action
47:46la protection
47:47qui est plutôt
47:47très immédiate
47:48là ça va être
47:49la lutte
47:49contre les violences
47:50sexuelles
47:51le continuum
47:52de violences
47:53que peuvent connaître
47:53les enfants
47:54là on va faire
47:55des choses
47:55qui vont être
47:56très judiciaires
47:56très régulation
47:57on va par exemple
47:59j'ai rendu obligatoire
47:59le contrôle d'honorabilité
48:01c'est à dire
48:01les antécédents judiciaires
48:03des professionnels
48:04aux côtés des enfants
48:04on va l'étendre
48:05à tous les secteurs
48:06où il y a un contact
48:07avec un enfant
48:09ça c'est vraiment
48:09très immédiat
48:10mieux intervenir
48:12et mieux faire participer
48:13les enfants
48:13dans les politiques
48:14qui les concernent
48:14ça va être le conseil
48:16des personnes
48:17qui ont été victimes
48:18dans l'enfance
48:18pour s'appuyer sur
48:20malheureusement
48:20l'expérience
48:21qui a été la leur
48:22mais pour mieux faire
48:23la politique de prévention
48:24les questions de prévention
48:25elles sont un peu différentes
48:26parce que
48:27ça va aller
48:27de l'attractivité
48:28des métiers
48:29on sait que
48:30la petite enfance
48:31est très en tension
48:32les métiers
48:32du prendre soin
48:33sont très en tension
48:34la question même éducative
48:36finalement
48:36comment on intègre
48:38les nouvelles révolutions
48:40en tout cas technologiques
48:41dans la question
48:41de l'éducation
48:42et de la souveraineté
48:43cognitive de nos enfants
48:44parce qu'en découle
48:46risque d'ingérence
48:47santé mentale
48:49cohésion
48:49de notre société
48:50les enjeux
48:51sont assez systémiques
48:53et puis enfin
48:54la question
48:55de l'accompagnement
48:55et c'est toute la politique
48:57de soutien à la parentalité
48:58en entreprise
48:59et en droit
49:00par exemple
49:01avec le congé parental
49:02qui a été rallongé
49:03les congés de naissance
49:04avec
49:05alors on est au sommet
49:06de la mesure d'impact
49:06donc forcément
49:07il faut que je vous pose
49:08cette question
49:08de comment vous
49:10mesurez l'impact
49:11pour ensuite
49:13choisir les bonnes
49:13politiques publiques
49:14ça va au delà
49:14du haut commissariat
49:15à l'enfance
49:16mais c'est quand même
49:17une question centrale
49:18vous à votre niveau
49:18comment vous mesurez l'impact
49:19en réalité il y en a plusieurs
49:21d'abord un chiffre
49:22qui est glaçant
49:22aujourd'hui on a
49:23un enfant qui est victime
49:24de violences sexuelles
49:25tous les 3 minutes
49:25plus on réussira
49:27à augmenter
49:28le taux d'alerte
49:29typiquement
49:30l'appel au 119
49:31ou les enfants accueillis
49:33dans les UAPET
49:33qui sont des unités spécialisées
49:34plus on augmentera
49:35les condamnations
49:36plus on évitera
49:37d'avoir des prédateurs
49:39condamnés auprès des enfants
49:40on en a retiré
49:403000
49:41qui étaient en poste
49:43et qui avaient été condamnés
49:44ça c'est typiquement
49:45une mesure immédiate
49:46mais elle ne présage pas
49:47de l'impact futur
49:48l'impact futur
49:49on va le mesurer
49:50plutôt avec les questions
49:52de santé physique
49:53et de santé mentale
49:54ça va être
49:55l'autonomie
49:56ça va être la confiance
49:57ça va être aussi
49:59comment dire
50:00la lutte contre
50:01le non accès au droit
50:02ou en tout cas
50:02le non usage
50:03du droit
50:04je pense évidemment
50:05à des sujets
50:07comme mon soutien psy
50:08qui a été spécifique
50:09aux adolescents
50:09et ensuite
50:11il y a un impact
50:11qui m'intéresse beaucoup
50:12mais qui
50:13aujourd'hui
50:14à plus long terme
50:15c'est à quel moment
50:16les investisseurs
50:17publics et privés
50:18intègrent la question
50:19de l'impact
50:20jeunesse et enfance
50:21dans le screen
50:23qu'ils font de leur portefeuille
50:24pourquoi ?
50:25parce qu'aujourd'hui
50:26on calcule
50:26et on donne un prix
50:28au carbone
50:29mais alors
50:30aux externalités négatives
50:32sur les enfants
50:32rien
50:33absolument rien
50:35mais est-ce qu'on pourrait
50:35appliquer ça aux lois
50:37aussi ?
50:38de se dire que
50:39systématiquement
50:40on intègre à la loi
50:41l'impact qu'elle va avoir
50:43sur l'enfance
50:43quelles que soient les lois
50:44d'une certaine façon
50:45moi j'ai été
50:46quand on avait la présidence
50:47de l'Union Européenne
50:49j'ai été
50:50j'ai porté une envie
50:52une ambition
50:52qui était la clause
50:53d'impact jeunesse
50:54européenne
50:54ok
50:55malheureusement
50:56elle n'a pas été au bout
50:57de l'ambition
50:58que ça pouvait avoir
50:58mais je me suis fait
51:00des super bons amis
51:01d'ailleurs la ministre
51:02autrichienne de l'époque
51:03était très à lente
51:04nous avons une clause
51:05d'impact en France
51:06la clause d'impact jeunesse
51:07mais soyons très honnêtes
51:08elle est partielle
51:10plutôt atrophiée
51:11pour pas dire autre chose
51:12et surtout
51:13elle n'intègre pas
51:14à mes yeux
51:16la force de la publication
51:17de la transparence
51:18et donc oui
51:19elle est remplie
51:20mais elle n'est pas qualitative
51:21alors c'est une opportunité
51:23certainement
51:23pour les politiques publiques
51:24mais il n'y a politique publique
51:26que s'il y a
51:27mouvement dans notre société
51:28on parlait de la mesure
51:30de l'impact
51:30à quel point
51:32les jeunes sont déjà
51:33aujourd'hui
51:35associés à cette mesure
51:36et qu'est-ce qu'on pourrait
51:38améliorer en la matière
51:39en fait ce qu'il faudrait
51:40améliorer
51:41c'est le fait
51:42de systématiser
51:44le retour d'expérience
51:46exactement
51:46et accueillir les enfants
51:47dans les endroits
51:48où on parle d'eux
51:50ils ne sont jamais
51:50autour de la table
51:51c'est vrai
51:51on parle beaucoup d'eux
51:52alors sans eux
51:53et l'idée c'est de par exemple
51:55d'augmenter dans les mesures
51:57en tout cas c'est un de nos capiailles
51:59chez rechercher
51:596% des communes aujourd'hui
52:01ont un conseil municipal jeune
52:02c'est quand même
52:04la marge de progression
52:05énorme
52:06vu qu'on a plein de nouveaux maires
52:07aujourd'hui
52:07et plein d'exécutifs
52:09un des engagements
52:10qu'il pourrait prendre
52:11avoir un adjoint
52:12en charge des droits
52:13des enfants
52:13qui est transversal
52:15et d'installer
52:17et d'accueillir
52:17un conseil municipal
52:19enfance jeunesse
52:20alors il y a la question
52:22de la temporalité aussi
52:24à quel moment
52:26cette mesure
52:27de l'impact
52:28des politiques publiques
52:29ou privées d'ailleurs
52:29ce que vous nous disiez
52:30sur les jeunes
52:31à quel moment
52:32il est réalisé
52:33est-ce qu'il n'est pas
52:33trop souvent réalisé
52:36après quoi
52:37c'est-à-dire quand le mal
52:38est fait d'une certaine façon
52:38bien sûr que si
52:39c'est le mal français
52:41soyons très clairs
52:42aujourd'hui
52:42les politiques de prévention
52:44globalement
52:45et en particulier
52:46sur les sujets des enfants
52:47sont peu évaluées
52:49pourquoi
52:49parce que d'abord
52:50on a un budget
52:52un budget de l'état
52:53un budget du gouvernement
52:54un budget français
52:54qui est siloté
52:55on a des silos
52:56le budget de la santé
52:58le budget de l'éducation
52:59le budget du soutien
53:00à la parentalité
53:00le budget de la politique familiale
53:02le budget jeunesse
53:02et à aucun moment
53:04on consent
53:05à investir très massivement
53:07pour que demain
53:09on n'ait pas
53:09à faire du curatif
53:10et comme les budgets
53:12sont annuels
53:13et bien ça réduit
53:14en fait
53:15l'opportunité
53:16l'ambition de la prévention
53:18le dernier
53:18le dernier volet
53:19qui n'est pas anodin
53:20et qui est très français
53:21aussi
53:21c'est le fait que
53:22nous avons un modèle social
53:24moi que j'aime
53:25que je défends
53:26mais qui peut-être
53:27parfois porte des limites
53:28ces limites
53:29c'est que
53:29les externalités
53:30sur notre jeunesse
53:31aujourd'hui
53:32sont socialisées
53:33c'est la société
53:34qui porte ces externalités
53:35quand une entreprise
53:36dégrade la santé mentale
53:37des adolescents
53:38je pense à des procès en cours
53:40je pense à TikTok
53:41au monde du numérique
53:42en particulier
53:44les conséquences
53:45de cette santé mentale
53:45dégradée
53:46elles sont portées par qui ?
53:48par la collectivité
53:49par nous
53:50et donc
53:51comme on ne se retourne pas
53:52contre celui
53:53qui a dégradé
53:54à l'initial
53:55le capital humain
53:57ou en tout cas
53:57le trésor
53:58des enfants
53:59ou des adolescents
54:00alors
54:01investir dans la prévention
54:02en amont
54:03avant d'attendre
54:04la régulation
54:04est une sorte de pari
54:06mais ce n'est rien d'autre
54:07qu'une fuite
54:08oui mais c'est effectivement
54:10un pari
54:10parce que
54:11là vous parlez de TikTok
54:12on peut citer d'autres géants
54:14internationaux du numérique
54:16qui sont à peine soumis
54:18enfin qui sont soumis
54:19aux droits européens
54:20mais bon
54:21qui le contestent
54:22voilà
54:22ils s'en affranchissent
54:23donc c'est un défi
54:25pour la puissance publique
54:27de faire respecter
54:28ce que vous décrivez
54:29c'est à dire
54:30de ne pas attendre
54:31que les externalités négatives
54:33aient produit leurs effets
54:34pour éventuellement
54:34faire un procès
54:35qu'on n'est pas sûr de gagner
54:36enfin vous voyez ce que je veux dire
54:37est-ce que c'est réaliste
54:39ce que vous proposez
54:39oui c'est réaliste
54:40mais il ne faut pas être naïf
54:42c'est réaliste
54:43parce qu'aujourd'hui
54:43la judiciarisation
54:44et les condamnations américaines
54:46sont extrêmement fortes
54:48et coûtent très cher
54:48qu'on voit que les directions
54:50des affaires juridiques
54:51de ces entreprises
54:52commencent à mettre de côté
54:54de l'argent pour payer
54:55enfin on n'est pas obligé
54:56de laisser des drames arriver
54:57et de payer en compensation
54:59la régulation va aller plus vite
55:01en tout cas à mes yeux
55:02la preuve
55:02des pays entiers interdisent
55:04par exemple des sites
55:04de jeux vidéo addictifs
55:06où il y a des pédocriminels
55:08je pense à Roblox
55:08et l'Egypte
55:09c'est un exemple
55:09la majorité numérique
55:11va beaucoup plus vite
55:11que ce qu'on a pu connaître
55:12sur d'autres politiques publiques
55:13mais pour être encore plus fort
55:16c'est ce qui s'est passé
55:17avec Chine par exemple
55:18après la vente
55:19de poupées pédocriminelles
55:2045% de perte de chiffre d'affaires immédiat
55:24parce que les consommateurs français
55:26ne souhaitaient pas finalement
55:28participer au soutien
55:29d'une plateforme
55:30qui ne respecterait pas
55:31les droits du monde
55:31c'est ce qu'on appelle
55:31le name and shame
55:32en bon anglais
55:34je pense que le name and shame
55:35sur les sujets
55:36en tout cas de protection
55:37des enfants
55:38du respect de leur dignité
55:39va plus vite
55:40plus fort peut-être
55:41que malheureusement
55:42ce qu'on a pu connaître
55:43pour les questions environnementales
55:45un dernier mot
55:46il nous reste une grosse minute
55:46vous parliez de notre modèle social
55:50ça va être
55:50enfin moi je l'espère
55:52mais un enjeu majeur
55:53de la présidentielle d'après vous
55:54ce sera un égément majeur
55:56ce sera même la pierre angulaire
55:57pour deux raisons
55:58la première c'est qu'il n'y a pas
55:59de souveraineté
56:00s'il n'y a pas de démographie
56:02s'il n'y a pas de peuple français
56:04il n'y a plus de commun
56:05et donc protéger les enfants
56:07déjà nés
56:08c'est une chose
56:10accompagner les parents
56:10à répondre à ce désir
56:12qui est là
56:12qui est encore réel
56:13en est une autre
56:14mais ce qui est certain
56:15c'est que protéger les enfants
56:16ne pas les laisser
56:17sous la prédation
56:18ou sous l'emprise
56:19de nouveaux défis
56:19qui jusque là
56:20étaient transférés aux parents
56:22en disant
56:23c'est vos enfants
56:24vous les éduquez
56:24vous les élevez
56:25aujourd'hui
56:25il y a un changement
56:26de paradigme
56:27ces questions
56:29de prédation numérique
56:30de violence
56:31et malheureusement
56:32même de santé
56:33sont tellement
56:34des industries systémiques
56:36avec des fondements
56:38de l'économie de l'attention
56:39que oui
56:39la régulation est nécessaire
56:41et que la puissance publique
56:42a toute sa place
56:43et toute sa part à prendre
56:44merci Sarah Elahiri
56:46à bientôt sur
56:46Be Smart for Change
56:48voilà c'est la fin
56:48de ce Smart Impact
56:49dédié à ce sommet
56:51de la mesure d'impact
56:51ici au Palais d'Iéna
56:52à Paris
56:53je vous dis à bientôt
56:54sur la chaîne
56:55des audacieuses
56:55et des audacieux
56:56salut
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