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  • il y a 17 minutes
Lundi 8 juin 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:04Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique
00:07et chaque lundi le thème c'est celui des Etats-Unis avec ce quart d'heure américain
00:13assuré par notre correspondant américain Pierre-Yves Dugas avec nous.
00:19Bonsoir et bienvenue Pierre-Yves, nouveau décor, nouvelle vue derrière vous
00:24pour parler de ce qui marque l'actualité financière américaine en ce moment
00:30et c'est cette question existentielle que se posent les brokers américains à l'heure de l'IA.
00:36Alors vous apportez un chiffre, plus de 300 000 sociétés de courtage aux Etats-Unis sur les marchés.
00:43Il y a évidemment des très très grands noms, les Schwab, les Raymond James et autres Fidelity
00:49mais j'imagine qu'il y a une constellation également de sociétés de courtage plus ou moins indépendantes.
00:53Bref, ils sont très nombreux et ils se posent tous la même question, à quoi je sers aujourd'hui ?
01:00Exactement, le chiffre de 330 000 à peu près c'est pour les Etats-Unis,
01:05c'est le nombre de ce que j'appelais quand je me suis intéressé à la bourse des brokers
01:09mais qu'ils se font maintenant appeler des conseillers financiers
01:12et donc il y en a plusieurs milliers par exemple qui travaillent pour Merit Lynch,
01:17J'entends, ok.
01:18Les CGP, on va dire comme ça, les CGP américains, Pierre-Yves.
01:23Voilà, alors je ne sais pas ce que veut dire CGP mais je vous crois sur parole.
01:27Vous savez que même en tenant compte de l'évolution considérable
01:32qu'a introduit Internet dans la profession du courtage aux Etats-Unis,
01:37il y a encore entre 25 et 30% des Américains qui entretiennent une relation régulière
01:43avec un conseiller financier et pas simplement pour des raisons fiscales
01:47mais pour des raisons de nécessité de se faire guider dans des décisions d'épargne,
01:52obligations, actions, produits intermédiaires, fonds mutuels ou immobiliers par exemple.
02:02De ce total de quelques 330 000 conseillers financiers que je continue bêtement d'appeler brokers
02:08et ça pourrait les énerver, plus de la moitié ont plus de 55 ans.
02:13Et ça tombe plutôt bien parce que les clients les plus riches sont précisément
02:18ceux qui ont tendance à être les plus âgés.
02:23Et cet état de fait démographique de la profession et de la clientèle
02:29a un impact sur l'attrait de l'intelligence artificielle dans ces métiers.
02:34Il y a de bonnes nouvelles qui sont de nature à rassurer
02:38les professionnels du courtage américain avec l'intelligence artificielle
02:43parce que c'est un outil qui leur fait gagner beaucoup de temps
02:47dans la synthèse des recherches, dans le défrichage des options fiscales,
02:52dans la communication par e-mail, dans toute la gestion du back-office,
02:57l'intelligence artificielle et les agents spécifiques
03:00qui sont employés par les grandes maisons de courtage qui les emploient
03:06sont très utiles, leur font gagner du temps.
03:09C'est important parce que ça veut dire que du coup,
03:11ils ont plus de temps à consacrer au téléphone ou en réunion particulière
03:15avec leurs clients.
03:17La mauvaise nouvelle, c'est qu'on entre,
03:21comme l'avait montré d'ailleurs la première révolution Internet,
03:24on entre dans une relation différente parce qu'encore moins qu'auparavant,
03:29le broker ne détient l'exclusivité d'outils qui sont nécessaires
03:34pour éclairer son client.
03:36Et ça, c'est quelque chose qui préoccupe beaucoup la profession.
03:41Vous avez, comme vous et moi, fait appel au grand modèle ouvert au grand public
03:47pour faire le tri dans les options d'investissement.
03:51Moi, je cherchais un ETF qui soit exposé au marché obligataire à court terme
03:58sur des actifs gagés sur des créances AAA.
04:01En trois secondes, j'ai trouvé la réponse avec un tableau comparatif,
04:04chose qui aurait pris une heure ou deux à mon courtier
04:08et qui m'aurait coûté très cher, car ne l'oublions pas,
04:11ces courtiers qui se battent pour gérer à peu près 44 000 milliards de dollars
04:17d'épargne d'investisseurs particuliers américains,
04:24ces courtiers-là se font rémunérer en gros sur la base de 1 % de la valeur des actifs.
04:29Quand vous avez un rendement de 3-4 %, c'est des 1 % à votre conseiller,
04:35vous avez naturellement tout intérêt à ce que ce conseil soit particulièrement bon.
04:40Dans ce contexte-là, il y a cette double inquiétude
04:43qui rappelle la conversation que nous avions eue la semaine dernière
04:45avec l'effet de l'intelligence artificielle sur les stages.
04:50C'est à la fois nécessaire, mais ça peut être dangereux.
04:53Et l'on se rend compte dans les sondages
04:55que la génération un peu plus jeune,
04:59ceux qui ont moins de 50 ans et moins de 40 ans,
05:01qui vont finir par hériter d'une grande partie des gros portefeuilles boursiers
05:05de la génération qui aujourd'hui a 70 ans et plus,
05:09n'ont pas l'intention de continuer de travailler nécessairement
05:13avec un courtier individuel
05:16et font de plus en plus appel à l'intelligence artificielle.
05:20Bon, ben voilà, effectivement, ces questionnements corporation par corporation
05:25qui se diffusent au rythme auquel l'IA elle-même se diffuse dans nos économies.
05:32L'autre sujet qui va nous occuper,
05:34alors non pas cette semaine, mais la semaine prochaine,
05:35ça va être d'observer effectivement les premiers pas de Kevin Walsh
05:39en tant que président de la réserve fédérale américaine
05:42sur le devant de la scène,
05:43puisqu'il répondra aux questions des journalistes la semaine prochaine
05:46à l'issue de la réunion de politique monétaire qu'il présidera.
05:50Donald Trump a participé à Meet the Press, je crois, ce week-end sur NBC.
05:54Il a été interrogé, évidemment, sur ses recommandations en matière de politique monétaire.
06:00« I'm leaving with Kevin », a dit Donald Trump,
06:03pour insister sur le fait qu'il était très proche de Kevin Walsh
06:07et qu'il lui recommandait de baisser les taux.
06:12Évidemment, les choses ne vont pas se dérouler,
06:14en tout cas dans un premier temps, de cette manière-là, Pierre-Yves.
06:18Un petit test linguistique pour vous, Grégoire.
06:22Savez-vous ce que c'est qu'un sock-puppet ?
06:26Une forme de marionnette ?
06:28Oui, une marionnette !
06:29C'est une marionnette de chaussettes.
06:32Oui !
06:32Alors, j'avais prévu...
06:34Ah, génial !
06:35Une chaussette, je sais pas ?
06:36Il faut qu'elle soit assez longue pour couvrir le tibia.
06:39Oui !
06:40Mais sock-puppet, elle parle comme ça.
06:42Très clair.
06:43Et Kevin Walsh est accusé par Mme Warren,
06:48Elizabeth Warren,
06:51sénateur progressiste démocrate du Massachusetts,
06:54d'être un sock-puppet de Donald Trump.
06:56C'est-à-dire, Donald Trump lui dit, il faut baisser les taux,
06:58et Kevin Walsh va dire, ah ben moi, je vais faire baisser les taux.
07:01Voyez.
07:03Je ne crois pas du tout à cette version des faits.
07:06Je pense que Kevin Walsh,
07:07parce que d'abord, il a été gouverneur déjà pendant plusieurs années de la Fed,
07:11et à un moment extrêmement difficile,
07:13et puis il n'a pas la personnalité de quelqu'un qui va obéir aux coups de téléphone,
07:17qui ne font pas de venir de la Maison-Blanche.
07:19Je ne pense pas qu'il sera un sock-puppet,
07:21et peut-être, peut-être a-t-il de la chance.
07:23Pourquoi ?
07:24Parce qu'on s'aperçoit,
07:26contrairement à ce que vous et moi aurions pu évoquer,
07:29et nous l'avons fait au cours des trois derniers mois,
07:32de ce risque que représente une récession pour les États-Unis,
07:36avec l'envolée du prix de l'essence,
07:37en particulier qui mord sur la consommation des Américains les moins riches.
07:41Pour le moment, le marché de l'emploi est en très grande forme,
07:45et c'est même une surprise extraordinaire.
07:47Vous avez vu que les chiffres de l'emploi du mois de mai,
07:51publiés la semaine dernière, ont été excellents,
07:54172 000 créations nettes de poste.
07:56On a révisé les chiffres de mars et les chiffres du mois d'avril.
08:00Depuis trois mois, on est en moyenne avec 188 000 créations nettes de poste.
08:05Quelle chance pour qu'il y ait une WASH,
08:07parce qu'effectivement, si dans le même temps,
08:09le danger inflationniste avec cette guerre en Iran se prolonge,
08:13ce danger inflationniste augmente,
08:15et l'équilibre entre le sacrifice à faire d'un côté pour l'inflation,
08:20de l'autre pour le chômage, n'est plus là.
08:22Le taux de chômage à 4,3%,
08:24la bonne santé de l'embauche donne à Kevin Warsh
08:28une occasion d'être un peu plus sévère en matière de majoration de taux
08:33qu'il ne l'aurait été si jamais l'emploi avait tout de suite fléchi.
08:38Donc peut-être que M. Warsh doit avoir de la chance.
08:40En tout cas, il y a déjà au moins trois des 19 membres du comité monétaire de la Fed
08:46qui, explicitement, souhaitent une majoration de taux
08:51ou sont tellement, je dirais, convaincants dans leur insistance
08:54pour que la Fed abandonne son biais baissier,
08:58ce que vraisemblablement elle va faire le 17 juin,
09:00que l'on a compris qu'avant la fin de l'année,
09:04une baisse de taux est maintenant improbable
09:07et que même une hausse de taux devient probable.
09:10Vous avez vu que Goldman Sachs a été une des dernières grandes maisons
09:12la semaine dernière,
09:14a évacué de ses prévisions
09:16la possibilité d'une baisse de taux au mois de décembre,
09:20repoussant cette éventualité à l'année prochaine,
09:22alors que déjà beaucoup d'autres grandes maisons maintenant
09:24considèrent que l'année prochaine,
09:27ça risque d'être plutôt une majoration de taux
09:30puisque cette guerre en Iran se prolonge,
09:32que le pétrole reste très cher
09:34et que le pétrole est un entrant important
09:36dans la plupart des prix des choses que les Américains consomment.
09:40Il y a la politique monétaire
09:41et elle se conduit avec 12 membres du FOMC,
09:44dont Kevin Warch,
09:45et il y a ce que Kevin Warch appelle lui-même
09:47le régime change de la Fed.
09:49Si dans ce premier temps,
09:51cette première séquence,
09:52bouger les taux d'intérêt à la baisse en tout cas
09:55est impossible pour Kevin Warch,
09:56est-ce qu'on l'attend justement
09:58sur des aspects périphériques de la politique monétaire,
10:02la communication, les indicateurs à suivre ?
10:06Et est-ce que c'est là qu'il va peut-être se focaliser
10:08pour son entrée en jeu ?
10:11Le plus simple pour lui,
10:13qui ne nécessite pas de gros efforts,
10:16de consensus building,
10:17de forger un consensus au sein des membres du comité monétaire,
10:22c'est de s'attaquer à la communication.
10:24Très facilement,
10:26il peut changer le rythme des conférences de presse,
10:30il peut également changer ou convaincre,
10:35sans trop de difficultés,
10:37que les autres gouverneurs et présidents
10:40qui participent autour de la table du comité monétaire,
10:44cessent de faire des discours toutes les semaines,
10:46parce qu'ils considèrent que trop communiquer
10:48revient finalement à obliger la réserve fédérale
10:54à trop révéler ce qu'elle a dans son jeu
10:58et entretient finalement le fameux put
11:02qui obsède beaucoup d'investisseurs
11:05et qui consiste à croire que de toute façon,
11:08in fine, quoi qu'elle en dise,
11:09la réserve fédérale sera là pour défendre
11:11les intérêts de Wall Street,
11:12parce que même si elle veut lutter contre l'inflation,
11:14elle va nous téléphoner suffisamment à l'avance
11:17ses intentions pour que nous,
11:18dans nos investissements,
11:19nous n'en souffrions pas trop.
11:21Donc, moi je le vois surtout s'attaquer
11:23à la question de la communication,
11:25à commencer par la sienne.
11:27Pour ce qui est de la réduction du bilan de la FED,
11:31c'est quelque chose de beaucoup plus compliqué
11:33et de particulièrement dangereux
11:35dans cette situation un petit peu ambiguë
11:37dans laquelle se trouve la réserve fédérale.
11:40Il faudra certainement plusieurs mois,
11:43notamment convaincre des gens
11:44au Congrès que cette affaire
11:48mérite d'être prise au sérieux.
11:50Il ne faut pas...
11:52Le mieux est l'ennemi du bien, dirons-nous.
11:53Oui, oui, nous n'allons pas trouver tant besoin.
11:55Il y a du pain sur la planche
11:56et on suivra avec attention
11:58les premiers pas de Kevin Walsh,
11:59donc comme président de la FED la semaine prochaine.
12:03D'ailleurs, je ne l'ai pas dit,
12:04mais changement de décor pour vous, Pierre-Yves,
12:06vous êtes...
12:07Enfin, la FED est derrière vous, c'est ça ?
12:10Ah non, non !
12:11Ah, c'est pas la FED ! Ah, pardon !
12:13C'est le bâtiment du trésor américain...
12:16Le trésor !
12:18C'est ce que l'on prend pour un obélisque
12:20qui est en fait le Washington Burning Man,
12:21qui est une énorme tour en pierre
12:23et qui est beaucoup plus grande que...
12:25Je m'habitue au changement de repère
12:27et au changement de décor.
12:28C'est donc le trésor et non la FED
12:30qui se trouve derrière vous.
12:31Merci beaucoup, Pierre-Yves, avec nous.
12:33Chaque lundi,
12:34une nouvelle vue offerte à nos téléspectateurs
12:37pour ceux qui nous suivent à la télévision
12:39ou sur écran.
12:40Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi
12:41dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse
12:42sur Bsmart for Change.
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