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  • il y a 1 heure
Lundi 30 mars 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:04Le dernier quart d'heure de Smartbourg chaque lundi, c'est le quart d'heure américain pour un tour d
00:09'horizon de ce qui se joue à Washington,
00:12notamment sur le plan politique, économique, financier.
00:16Et c'est notre correspondant américain que nous retrouvons bien sûr chaque semaine, Pierre-Yves Dugas avec nous en visio.
00:22Bonsoir et bienvenue Pierre-Yves.
00:23Merci beaucoup d'être là, ce qui se joue à Washington et ce qui se joue sur les marchés,
00:28puisque voilà, on a franchi le cap d'un mois de guerre avec l'Iran et de guerre dans le
00:34Golfe en général.
00:36Et c'est vrai que quand on regarde un petit peu les mouvements de marché sur ces quatre premières semaines,
00:40Pierre-Yves forçait de constater que toutes les valeurs refuge ou en tout cas traditionnelles n'ont pas été exagérément
00:48sollicitées par les investisseurs.
00:50C'est le moins qu'on puisse dire.
00:51Ça a même été un carnage parmi certaines de ces grandes valeurs refuge.
00:56Alors si je vous avais dit que cette intervention militaire israélo-américaine allait durer un mois,
01:05et qu'au bout d'un mois, et qu'elle est partie semble-t-il pour durer encore quelques jours,
01:11et qu'au bout d'un mois le dollar serait au plus haut depuis dix mois,
01:15l'or aurait perdu 14%, les grandes valeurs de la défense auraient chuté à peu près autant que le reste
01:23du marché,
01:24c'est-à-dire si on prend le S&P 500, on rend à peu près 8%.
01:29Et le bitcoin, lui, il est à peu près stable.
01:32Je ne sais pas si vous m'auriez cru, en tout cas moi je ne l'aurais pas cru,
01:36sans parler du rendement du T-Bank, qui était juste en dessous de 4% le 28 février,
01:42lorsque les premières bombes ont commencé à tomber,
01:45et qui, à l'heure où je vous parle, est de l'ordre de 4,37.
01:51Donc, quand on a peur, en période de guerre, en période de panique,
01:55le réflexe immédiat est de se porter sur des valeurs que l'on appelle refuge,
02:00l'or, en tout cas, ça n'a pas marché, alors on peut s'interroger sur les raisons de cet
02:05échec.
02:06Notre invité, il y a quelques minutes, l'a signalé.
02:10La première raison, et d'ailleurs elle s'applique à l'ensemble de ces dites valeurs refuge,
02:16c'est que c'était très cher, c'était très cher déjà, fin février.
02:22L'or avait gagné, au cours des 12 mois précédents, quelques 150%,
02:27avec un pic qui avait été atteint, vous l'avez signalé, fin janvier.
02:31Donc, quand on a peur, on peut se précipiter sur l'or,
02:34mais on peut faire autre chose aussi, on peut vendre les pré-values qu'on a accumulées sur l'or,
02:38parce que les banques centrales, qui nous a-t-on dit, et je crois que c'était vrai,
02:44ont beaucoup accumulé d'or depuis un an et demi,
02:48par défiance à l'égard du dollar, notamment par souci de diversification,
02:53pour réserver la valeur de leurs réserves,
02:56mais ces réserves en période de guerre,
02:58elles en ont besoin pour financer leurs importations d'énergie, notamment,
03:03et pas simplement des pays comme la Pologne ou la Turquie,
03:08mais les pays du Golfe n'ont plus de réserves,
03:10puisqu'ils n'ont plus de recettes.
03:12Donc, ils ont commencé par vendre de l'or.
03:15On aurait pu s'y attendre, et avec le recul, c'est beaucoup plus facile,
03:20bien entendu, de décrire ce qui s'est passé.
03:23La prédiction est un art extrêmement difficile.
03:26En ce qui concerne les valeurs de la défense,
03:29là aussi, elles étaient très chères,
03:31elles ont chuté d'une dizaine de pourcents depuis un mois,
03:34mais même aujourd'hui, elles ne sont pas bon marché.
03:37J'ai quelques ratios prix-bénéfice à titre indicatif.
03:43Pardonnez-moi.
03:44General Dynamics est encore à 22.
03:48RTX, qu'on appelait Raytheon avant,
03:50avant que ça fusionne avec United Technologies,
03:54Raytheon qui fabrique des systèmes extrêmement coûteux
03:57de défense antimissiles,
03:59notamment comme celui, le THAAD,
04:01qui a été détruit dans le désert de Jordanie.
04:05RTX est encore à 38.
04:08Lockheed Martin est encore à 29.
04:10Donc, malgré la petite purge à laquelle on a assisté depuis un mois,
04:14ces valeurs sont encore chères.
04:16Alors, vous me direz,
04:17Donald Trump a l'intention d'augmenter massivement,
04:19quelle que soit l'issue de la guerre,
04:22les dépenses militaires,
04:23mais on s'aperçoit de quelque chose,
04:24c'est que ces grands fournisseurs du Pentagone,
04:28Boeing, Lockheed Martin,
04:30Raytheon, General Dynamics,
04:33ne seront pas nécessairement les premiers bénéficiaires
04:36de ces augmentations,
04:37si elles sont adoptées par le Congrès,
04:39parce qu'on s'aperçoit que les États-Unis doivent davantage se préparer
04:43à des conflits asymétriques
04:44et que dépenser plusieurs millions de dollars
04:48pour détruire quelques drones qui ne coûtent pas 100 000 dollars,
04:51finalement, ce n'est pas une bonne utilisation des ressources du contribuable américain.
04:56Et le Pentagone, de plus en plus, devrait,
05:00et il a commencé à le faire,
05:02miser sur des équipements moins chers,
05:05souvent intégrant l'intelligence artificielle
05:08et n'étant pas fabriqué par les super gros contracteurs du Pentagone.
05:15– Bon, on suivra ça, effectivement,
05:17mais c'est vrai qu'on en parlait d'ailleurs dans l'émission juste avant,
05:19vous le disiez,
05:20lors des valeurs de la défense dans un conflit qui se prolonge.
05:24Juste d'un mot, Pierre-Yves,
05:25le calendrier de 4 à 6 semaines,
05:28au démarrage de la 5e semaine,
05:30il reste valide, valable,
05:33c'est le calendrier toujours central, théorique,
05:38de l'administration américaine ?
05:40– Donald Trump change d'avis tellement vite,
05:44je crois que même Donald Trump ne sait pas
05:47ce que va faire Donald Trump dans 4 à 6 semaines.
05:51Certains ont dit, il a accepté d'aller,
05:54je crois que c'est mi-mai maintenant, en Chine,
05:56et que c'est une des raisons pour lesquelles
05:58on pense que le conflit en Iran aura été,
06:02si ce n'est réglé, en tout cas en phase de résolution suffisamment avancée,
06:06pour qu'il arrive à Pékin en triomphe.
06:10– Oui.
06:10– On ne sait pas, vous avez vu le revirement complet,
06:14par exemple, de la politique du président Trump
06:16à l'égard de Cuba au cours des dernières heures,
06:19il laisse maintenant des navires pétroliers russes
06:23alimenter Cuba en pétrole,
06:25alors qu'il avait dit qu'il allait les couler
06:26il y a encore une dizaine de jours,
06:29on ne sait pas.
06:30– Bon, et pendant ce temps,
06:32les riches américains fuient les états progressifs
06:38pour échapper à la chasse aux riches
06:40lancée par la gauche du Parti démocrate américain.
06:46– La gauche du Parti démocrate, c'est celle qu'on entend beaucoup,
06:49c'est celle qui est organisée,
06:51c'est celle qui fait du bruit,
06:52et c'est celle, naturellement,
06:55qui est la préférée de la presse américaine.
06:59Il y avait longtemps que je ne l'avais pas signalée en passant.
07:02Donc, elle cherche un cheval de bataille autre que tout sauf Trump
07:07pour gagner les élections de mi-mandat et au-delà des présidentielles.
07:13Et un de ces chevaux de bataille probablement sera le thème
07:18de la taxation des Uber Rich, comme on dit aux États-Unis,
07:23– c'est-à-dire, pas simplement vous et moi, Grégoire,
07:28mais ceux qui aussi ont plus d'un milliard de dollars en patrimoine.
07:33Et les États-Unis se mettent à évoquer la possibilité de taxer les gens
07:37sur la valeur de leurs actifs et plus simplement sur leur revenu,
07:41ce qui est une innovation complète,
07:43qui d'ailleurs est constitutionnellement discutable.
07:45Et cette gauche du Parti démocrate, très active et bien représentée
07:52par le syndicat des employés de service,
07:55qui compte à peu près 2 millions de membres,
07:58qui est très puissant dans le secteur de la santé
08:01et dans la fonction publique, qu'elle soit étatique ou fédérale,
08:05a lancé une campagne en vue de mettre sur le bulletin de vote
08:12en novembre prochain en Californie, un référendum qui permettrait
08:16une ponction de 5%, une seule fois, du patrimoine des gens
08:22qui disposent de plus d'un milliard de dollars.
08:25Alors j'aime bien le « une seule fois » parce que si ça marche,
08:28on le fera plus d'une seule fois.
08:31Naturellement, c'est tout à fait révolutionnaire pour les États-Unis,
08:34même pour la Californie, à tel point que le plutôt progressiste gouverneur
08:40remplace Gavin Newsom, est contre cette disposition.
08:46Il s'inquiète parce qu'il pense qu'on est en train de tuer la poule aux œufs d'or.
08:50Le budget de Sacramento dépend énormément de la taxation sur les plus-values,
08:56qui intervient notamment après les introductions en bourse
08:59de sociétés de la technologie de la Silicon Valley, par exemple.
09:03Et il sait très bien que si l'on commence à ponctionner le patrimoine
09:07des Californiens les plus riches, ces derniers vont s'en aller dans leur jet privé
09:13et ne reviendront plus, en tout cas, ne seront plus résidents.
09:16Et d'ailleurs, ça a commencé.
09:18Elon Musk est parti au Texas, il n'est plus résident au California.
09:23Larry Ellison est résident de l'État de Hawaii.
09:27Quant à Mark Zuckerberg, le fondateur et patron de ce qu'on appelait avant Facebook,
09:33qu'on appelle maintenant Meta Platforms, il est parti en Floride.
09:36Vous savez que rien qu'avec ce petit déménagement, cette nouvelle résidence,
09:45ça lui évite, en cas de succès de ce référendum, de payer, tenez-vous bien,
09:4911 milliards de dollars.
09:53Ça vaut le coup quand même d'aller habiter en Floride.
09:55Il vient d'acheter une maison à 170 millions de dollars.
09:58Je crois qu'on a battu tous les records dans le comté de la banlieue de Miami.
10:04Est-ce qu'on est en train de tuer la poule aux oeufs d'or ?
10:07Si j'ai encore le temps de vous le signaler, je trouve que c'est amusant,
10:10mais la National Tax Foundation a fait des petits calculs qui m'ont beaucoup fait rire.
10:15Si l'on venait à saisir, carrément, si on pouvait le faire non seulement politiquement,
10:20mais juridiquement, sans que cela ait des conséquences apocalyptiques,
10:24si on allait saisir tout le patrimoine des 1% les plus riches des États-Unis,
10:30qu'est-ce qu'on pourrait faire avec tout ça ?
10:32On pourrait financer l'oncle Sam pendant 127 jours.
10:38Et ensuite, on n'aurait plus rien à saisir pour le 1%, il faudrait passer au 2%.
10:43127 jours, ce n'est pas beaucoup.
10:46En tout cas, ça montre bien effectivement cette idée d'un exode fiscal interne aux États-Unis.
10:53Il y a une vraie stratégie d'un État à l'autre,
10:56et la guerre fiscale et la guerre d'attractivité,
10:58elle est partout, y compris au sein des États-Unis fédérés comme on les connaît aujourd'hui.
11:04Merci beaucoup Pierre-Yves.
11:05Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi dans ce quart d'heure américain,
11:08notre correspondant américain, que vous retrouvez bien sûr en replay,
11:12comme toutes nos émissions, sur bismart.fr
11:14ou en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
11:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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