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  • il y a 2 heures
Lundi 15 juin 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:04Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique et chaque lundi le
00:08thème c'est celui de la vie politique, économique, financière, géopolitique américaine.
00:14Également avec notre quart d'heure américain et notre correspondre américain Pierre-Yves Dugas à distance en vidéo, en visio
00:20avec nous.
00:21Bonsoir Pierre-Yves, bienvenue.
00:23Ce qui est formidable avec nos métiers, quand je dis nos métiers, c'est nos métiers de journaliste Pierre-Yves,
00:29c'est qu'on a déjà tout écrit, tout lu sur un deal qui n'est pas encore signé entre
00:34les Etats-Unis et l'Iran bien sûr.
00:38Et donc qu'est-ce que j'ai lu ? J'ai lu capitulation américaine face à la puissance iranienne.
00:43Exemple, un exemple de ce que j'ai pu lire.
00:45Donc il y a quand même toute une partie des observateurs, commentateurs et parfois experts qui sont assez critiques sur
00:53un deal qu'encore une fois personne n'a lu et qui n'a pas encore été signé.
00:57Mais visiblement ce n'est pas la victoire avec un grand V côté américain.
01:02Qu'est-ce que vous en dites à ce stade Pierre-Yves ?
01:06Au bout d'une semaine d'hostilité, on nous expliquait déjà, surtout en Europe, que Donald Trump avait perdu.
01:12Et puis, attendons de voir les détails de ce deal, il est vrai qu'à première vue, il ne règle
01:20pas un certain nombre de problèmes importants
01:22qui avaient été pourtant explicitement posés comme une des raisons de ce conflit.
01:29On se donne 60 jours pour parler du nerf de la guerre, c'est le cas de le dire, du
01:36programme nucléaire iranien.
01:39On ne dit rien, semble-t-il, de l'intervention de l'Iran pour aider tous ces proxies, tous ces
01:46alliés, le Hamas, le Hezbollah, les Houthis.
01:51Ça aussi s'est passé à l'as, semble-t-il.
01:56Net, net, on ne peut pas quand même décemment prétendre que la libre circulation dans le détroit d'Hormuz est
02:05un succès.
02:05Mais le détroit d'Hormuz était libre de circulation avant le début du conflit.
02:12Donc voilà au moins trois grosses faiblesses.
02:15Je pense qu'il y a dans ce jugement systématiquement négatif, d'abord la manifestation classique de tout ce que
02:24Donald Trump peut faire, c'est mal.
02:26Ça ne va pas, la presse est contre lui et s'il pleut demain, c'est de sa faute.
02:33S'il n'y a plus de soleil, c'est de sa faute.
02:35Il est responsable de tout.
02:37Donald Trump est également, il faut bien le dire, très souvent d'une extrême mauvaise foi et présente systématiquement des
02:44deals comme des choses merveilleuses et formidables.
02:47Alors qu'en fait, concrètement, les choses n'ont pas beaucoup avancé.
02:51On pourrait comparer d'ailleurs ce qui semble-t-il être en train de se passer avec l'Iran à
02:55ce qui s'est passé avec la Chine,
02:56où on est dans une période de trêve où les bombardements de l'Iran n'ont pas vraiment changé la
03:03donne,
03:05de même que les droits de douane massifs imposés par les États-Unis à la Chine n'ont pas vraiment
03:09imposé la donne.
03:11Et on nous présente la trêve comme un grand succès.
03:13C'est un petit peu un parallèle qu'on peut faire entre les deux.
03:17Je pense qu'on oublie quand même que l'économie iranienne est en très mauvaise santé,
03:23que beaucoup de destruction a été imposée sur les filières de missiles et d'armement en Iran,
03:31que beaucoup de difficultés vont tout de même se présenter pour fabriquer à nouveau des missiles au cours des prochains
03:38mois,
03:38même si un petit peu d'argent, des ventes du pétrole, voire de la levée des gels d'actifs iraniens,
03:45permet aux Iraniens de récupérer un peu d'oxygène.
03:48Quant à la question du changement de régime, ça n'avait jamais été explicitement un objectif de Donald Trump, il
03:55faut le dire.
03:57Et la question, en revanche, d'Israël et de sa capacité à nous faire capoter complètement tout ce « deal
04:05»,
04:06ça c'est un vrai problème parce que Bibi Netanyahu n'obéit pas au même calendrier,
04:14ne serait-ce que d'un point de vue électoral, que Donald Trump.
04:18Un point qui sera intéressant à regarder, peut-être, je le soumets à votre sagacité,
04:23Pierre-Yves, c'est qu'elle sera désormais la nature ou le degré de relation entre les États-Unis et
04:30les alliés du Golfe,
04:32qui pour certains se sont sentis un peu trahis quand même par l'attitude américaine tout au long de ce
04:39conflit.
04:40Il y a évidemment des enjeux économiques importants derrière ces relations.
04:44Alors, bien malin qu'il pourra le dire, il est certain que les pays arabes du Golfe qui comptaient sur
04:53l'Europe
04:53pour les défendre en cas d'agression iranienne, savent maintenant à quoi s'en tenir en ce qui concerne l
05:00'Union européenne
05:00et sa capacité à changer concrètement la réalité sur le terrain.
05:07L'ennemi héréditaire des Arabes dans le Golfe, que les Arabes appellent Golfe Arabique,
05:11que les Perses appellent Golfe Persique, elle dure depuis longtemps, on en connaît les racines.
05:18Il a été question pendant quelques jours, semble-t-il, d'utiliser une partie des actifs iraniens gelés
05:25pour aider à reconstruire ce qui a été détruit par les attaques de drones iraniens au Koweït ou à Bahreïn,
05:32par exemple ?
05:33A voir. A voir. Je pense que les pays du Golfe sont en train très sérieusement d'envisager
05:42des modes de transport alternatifs à leur pétrole, à leur gaz et à leurs engrais,
05:51parce que 100% par le déploie d'Ormouz, ça n'est plus viable.
05:57On peut passer par Oman, il va falloir créer des oléoducs.
06:01On peut passer par l'autre côté.
06:04Et les Saoudiens qui ont déjà un oléoducs en font un grand usage.
06:10Et je serais prêt à parier que d'ici 5 à 10 ans,
06:14le détroit d'Ormouz ne soit plus aussi important stratégiquement pour les pays arabes de la région,
06:19parce qu'ils ont retenu leur leçon.
06:22L'autre événement, effectivement, qui a marqué ces derniers jours,
06:25et la fin de semaine dernière, Pierre-Yves, c'est bien sûr l'introduction en bourse de SpaceX,
06:30avec un peu de recul, maintenant que la transe est un peu retombée.
06:36Pierre-Yves, qu'est-ce qui vous a intéressé ?
06:38Qu'est-ce qui vous intéresse dans cette opération ?
06:41Alors, je ne vais pas rater l'occasion de dire du mal de mes ennemis préférés.
06:46Qu'est-ce que je ferais sans le New York Times,
06:48que je continue de lire religieusement tous les jours ?
06:51Il faut lire ses ennemis, Pierre-Yves, c'est la base.
06:56Le fait qu'Elon Musk soit sur le papier plus riche que 1 000 milliards de dollars,
07:03c'est vraiment le petit bout de la lorniette.
07:06Ce n'était pas du tout le but de cette opération.
07:09Elon Musk, son niveau de vie ne va pas changer aujourd'hui.
07:15Le plus frappant, me semble-t-il, dans cette opération,
07:18d'abord, c'est qu'elle s'est déroulée parfaitement bien.
07:20Vous vous souvenez qu'en 2012, l'introduction en bourse de Facebook,
07:25ce n'était pas bien passé du tout.
07:26On n'avait pas eu le pricing au moment.
07:28Il y avait des problèmes de blocage de systèmes de cotation.
07:32Les choses avaient très, très mal commencé pour Facebook.
07:36Et là, la leçon a été retenue pour le Nasdaq
07:39et pour tous les intervenants et tous les intermédiaires sur le marché.
07:42Il faut quand même le dire.
07:43Mais alors, le match ne fait que commencer.
07:45Oui, c'est vrai.
07:46SpaceX a gagné 20 % le premier jour.
07:48On gagne 7 % aujourd'hui.
07:51Mais qu'en sera-t-il dans un an ?
07:53Cette société perd de l'argent.
07:55Elle en perd de plus en plus.
07:58Elle a fait des promesses extraordinaires.
08:00Et cette opération magnifique,
08:02qui a permis de lever 75 milliards de dollars,
08:05c'est quand même un gros chèque en blanc à Elon Musk,
08:08qui profite de son extrême popularité,
08:11et j'ai envie de dire du culte de la personnalité
08:14qui entoure Elon Musk.
08:17J'ai fait une petite vérification.
08:19J'ai fait une petite vérification.
08:20L'introduction en bourse de Facebook en 2012,
08:22un an après, on avait perdu 32 %.
08:25L'introduction en bourse de Lyft,
08:28moins 65 %.
08:29De Coinbase, moins 55 %.
08:33De Robinhood, moins 74 %.
08:36Et puis, il y a une chose qui me frappe dans cette opération,
08:40c'est que ce n'est que la première d'une longue série.
08:44On nous promet plus de 1 000 milliards de dollars
08:47d'introduction en bourse au cours des 10 prochains mois.
08:52On sait que Anthropic et OpenAI sont sur les rangs,
08:57chacune avec probablement des valorisations
08:59qui vont dépasser 1 000 milliards de dollars.
09:01Et ne l'oublions pas,
09:03il y a cette petite PME qui s'appelle Alphabet,
09:06la maison mère de Google,
09:07qui va lever 85 milliards de dollars sur le marché.
09:11C'est plus que ce que vient de lever Elon Musk pour SpaceX.
09:15Ce n'est pas une introduction en bourse,
09:17mais ça prouve tout de même que ce marché américain
09:19est extrêmement profond, extrêmement enthousiaste,
09:23extrêmement optimiste,
09:25croit en l'avenir, croit en la science,
09:27croit en la technologie
09:28et croit qu'on peut devenir riche
09:30en appliquant l'intelligence artificielle
09:33sous toutes ses formes,
09:34y compris au-delà de la ionosphère.
09:38Si la Chine avait réalisé une opération boursière comme ça,
09:42le New York Times nous dirait que c'est une catastrophe
09:44et un signe de plus du déclin américain.
09:47Notons tout de même que cette opération,
09:49montre que les marchés boursiers américains,
09:51les marchés à risque,
09:53sont capables, par leur profondeur,
09:55par leur liquidité,
09:56d'apporter des capitaux pour changer le monde.
09:59C'est important et c'est plutôt une bonne nouvelle
10:01si on s'intéresse à la bourse.
10:02On a beaucoup parlé de l'exceptionnalisme américain,
10:05du point de vue, effectivement,
10:07de la capacité financière
10:10à soutenir l'innovation et les entreprises.
10:13Je crois qu'on reste quand même
10:14sur une forme d'exceptionnalisme
10:16qui n'a pas de comparable
10:18dans le monde aujourd'hui, Pierre-Yves.
10:21Vous savez que cette opération a fait,
10:23sur le papier,
10:264400 millionnaires.
10:28Des anciens employés
10:29ou des employés actuels de SpaceX
10:31qui avaient des stock options.
10:33Sur ces 4400 nouveaux millionnaires,
10:36il y en a 400 qui sont millionnaires
10:38au-delà de 100 millions.
10:39C'est tout de même une opération
10:41qui ne profite pas simplement à Elon Musk,
10:46mais qui profite à tous les gens
10:47qui ont supporté les sautes d'humeur,
10:51les caprices
10:51et l'incroyable pression
10:53que Elon Musk exerce sur tous ses employés
10:56et qui sont récompensés aujourd'hui.
10:58Bon, voilà.
10:59Et entre SpaceX,
11:01ça a même levé plus que les 75 milliards prévus
11:03puisqu'aujourd'hui,
11:04ils ont exercé le green shoe,
11:05l'option de surallocation.
11:07Il y a toujours une petite poire pour la soif.
11:09Donc, ils ont remis
11:11quelques dizaines de millions d'actions en vente
11:13qui a permis au final
11:14de boucler une opération de levée de fonds
11:16de près de 85 milliards de dollars en l'occurrence.
11:19Je crois qu'à 83, quelque chose.
11:21Voilà.
11:22En attendant, la levée...
11:23Eh bien, voilà.
11:25Google s'apprête à faire la même chose.
11:26C'est ça.
11:27Exactement.
11:27On verra Google, effectivement,
11:29dans les prochaines semaines
11:30ou les prochains mois.
11:31Merci beaucoup, Pierre-Yves.
11:32Pierre-Yves Dugas,
11:33avec nous chaque lundi
11:34pour ce quart d'heure américain.
11:35Le correspondant américain
11:36de Smart Bourse et de Bsmart.
11:38Sous-titrage Société Radio-Canada
11:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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