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  • il y a 18 heures
Vendredi 29 mai 2026, retrouvez Nicolas Buglio (CEO, Offisanté / Vigirupture), Hervé Bonnaud (Président, Nex&Com;) et Lucien Bennatan (Président, Act Pharmacie) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à
00:12l'avenir de la santé.
00:13Salut Hervé !
00:14Salut Ali !
00:14Aujourd'hui on s'intéresse à un métier historique en pleine recomposition, le pharmacien.
00:19Entre désertification médicale, pression économique et explosion des besoins de soins de proximité,
00:24le modèle de la pharmacie est en train de basculer.
00:27Au sommaire de cette émission, le pharmacien peut-il devenir un acteur de premier recours ?
00:32Au-delà de la délivrance du médicament, comment repenser son modèle économique dans un système sous tension ?
00:38Pour en parler, Santé Futur reçoit Lucien Benathan, président d'Acte Pharmacie.
00:43Dans le scan, Hervé Bonneau remonte 3000 ans d'histoire en 5 minutes pour comprendre la transformation profonde du métier
00:50de pharmacien.
00:51Et puis notre pépi de santé du jour, c'est Vigirupture qui s'attaque à un enjeu devenu critique.
00:56Améliorer l'accès aux médicaments en situation de rupture.
01:00Vigirupture est une solution développée par Offi Santé.
01:03Son CEO Nicolas Buglio sera sur ce plateau.
01:09Bonjour Lucien Benathan, bienvenue.
01:11Bonjour.
01:12Lucien, vous défendez l'idée d'un pharmacien acteur de premier recours, c'est ce que je disais en introduction.
01:18Aujourd'hui, l'officine reste encore centrée sur la dispensation.
01:22Qui pourrait réellement opérer ce basculement vers un rôle de santé plus large ?
01:29Je pense qu'aujourd'hui, il faut reconnaître que le médecin est quelque peu absent.
01:37Nous, nous sommes parisiens, nous ne rencontrons pas cette problématique.
01:42Et il faut regarder qu'aujourd'hui, sur l'ensemble du territoire français, on parle de véritables déserts médicaux.
01:50Alors qui dit déserts médicaux, dit inégalité d'accès aux soins, très clairement.
01:54Et le seul endroit encore où on peut accéder à un professionnel de santé, c'est la pharmacie.
02:02Vous avez bien sûr les infirmières, mais vous vous trouvez 19 000 pharmacies aujourd'hui réparties sur l'ensemble du
02:09territoire.
02:09On a grosso modo accès à un acteur de santé à moins de 20 minutes de chez soi aujourd'hui.
02:16Mais jusqu'où une officine peut-elle absorber cette demande ?
02:20Sans que ça sature son temps, ses ressources humaines, son chiffre d'affaires aussi ?
02:26Mais vous avez raison.
02:27Aujourd'hui, la vraie question que peut se poser le pharmacien, qui est un entrepreneur aussi,
02:33c'est de savoir, est-ce qu'il consacre son temps à vendre de la parapharmacie et des crèmes à
02:39faire maigrir ou bronzer ?
02:41Ou est-ce qu'il consacre son temps à la santé ?
02:44Et moi, je préconise que le pharmacien consacre d'abord et avant tout son temps à la santé.
02:51Qui dit santé dit prévention d'abord, dit épidémiologie ensuite, dit dispensation, dit accompagnement.
03:01Est-ce que l'on se rend compte de l'accompagnement que l'on va devoir mettre en œuvre en
03:072030,
03:08lorsqu'on va avoir je ne sais combien de patients chroniques supplémentaires par rapport à l'époque que nous vivons
03:16?
03:17Et vous voyez, on parle à nouveau d'une éventuelle pandémie.
03:21On se fait appuyer sur qui ? On se fait appuyer sur le pharmacien.
03:24Enfin, à ce moment-là, le pharmacien a totalement abandonné toute l'activité soi-disant rentable
03:30qui consiste à vendre de la parapharmacie pour se consacrer complètement à la santé.
03:34Pourquoi soi-disant rentable ? Elle est rentable ?
03:36Mais non, elle n'est pas rentable.
03:37Alors pourquoi la plupart des pharmacies capitalisent là-dessus ?
03:41Les pharmaciens capitalisent là-dessus parce qu'en fait, ils ont le sentiment que c'est un moyen pour eux
03:47de gagner plus rapidement leur vie et passer le moins de temps possible et répondre à la demande
03:56et vendre des produits pré-vendus.
03:59Et en fait, c'est tout le côté complètement fou dans cette profession
04:08où d'un côté vous avez une pression des pouvoirs publics sur le prix du médicament,
04:13la marge pour les pharmaciens sur le médicament
04:16et pouvoirs publics qui dit aux pharmaciens
04:22compenser cette baisse de marge par une activité annexe
04:26qui n'est pas en réalité le cœur du métier.
04:29Je n'ai pas fait six années d'études centrées sur le Vidal pour aller vendre une crème.
04:37Quand même, moi je discute souvent avec des pharmaciens,
04:40j'entends votre point de vue et je le comprends,
04:43mais il y en a un paillet qui ne sont pas d'accord du tout.
04:45L'important pour eux, c'est de vendre des crèmes bronzantes, anti-rides, je ne sais quoi.
04:50C'est facile à vendre, ça n'utilise pas tellement de temps de personnel, effectivement.
04:55Et quand ils optimisent leur espace, il y a plein de rayonnage à l'entrée
04:59et je vends la cosméto.
05:02Hervé, aujourd'hui, il y a deux typologies de pharmacies en France.
05:05Vous avez à peu près 10%, 15% des pharmacies qui consacrent 50% de leur chiffre d'affaires,
05:11je donne des chiffres en gros, 50% de leur chiffre d'affaires par rapport aux médicaments
05:16et à 50% de leur chiffre d'affaires en parapharmacie.
05:20On ne changera pas ce modèle, il continuera d'exister.
05:24Mais pour 10-15%, 85% des pharmacies,
05:2985% des pharmacies, ce qui fait l'essentiel des revenus de la pharmacie,
05:35à 85%, c'est le médicament remboursé et le médicament non remboursé.
05:39Ce sont des chiffres vrais tous les jours.
05:45Ces pharmacies-là, elles vous disent, moi, je veux vivre de mon cœur de métier.
05:51Ce que je souhaite, c'est que les pouvoirs publics m'entendent
05:55et me donnent les moyens de vivre à partir de mon cœur de métier.
05:59Et à la limite, je suis prêt à abandonner toute cette activité annexe
06:04pour me consacrer à une activité complémentaire en matière de santé
06:08que constitue la prévention, la mise en œuvre de nouveaux services.
06:15En Italie, les pharmaciens vous proposent de passer à un électrocardiogramme.
06:19En Italie, les pharmaciens vous proposent de faire des prélèvements sanguins
06:23pour avoir vos premières analyses.
06:26J'entendais l'autre jour l'ancien ministre se menter et nous dire
06:30« j'ai mis en place un plan prévention risque cardiovasculaire ».
06:34Il a parlé des médecins.
06:36Il n'y a pas de médecins.
06:38Donc vous faites ce plan en vous appuyant sur des acteurs de santé qui ne sont pas présents.
06:43En l'état, notre modèle économique ne permet pas de financer
06:47cette montée en puissance des missions de prévention, de suivi ?
06:50Si on permettait à la pharmacie de sortir du modèle conventionnel.
06:56Nous fonctionnons avec un modèle qui consiste,
06:59entre le mois de juin et le mois de septembre,
07:03de négocier une convention avec l'assurance maladie
07:06et de fixer une activité servicielle pour les pharmaciens
07:10et de fixer le prix de ce service.
07:16Il faut sortir de ce modèle.
07:18C'est-à-dire qu'en fait, laisser le pharmacien proposer les services
07:23au tarif qu'il le souhaite
07:24et finalement, c'est le patient et le client qui dira
07:31si ce service vaut le coup ou ne vaut pas le coup,
07:35mérite d'exister ou ne mérite pas d'exister en pharmacie.
07:39Néanmoins, les missions se sont déjà élargies.
07:41La vaccination, le dépistage.
07:43Vaccination.
07:44Oui.
07:44Qu'est-ce qui fonctionne réellement sur le terrain
07:46et qu'est-ce qui reste difficilement déployable à bord des jeunes ?
07:49Aujourd'hui, ce qui a très bien marché, c'est la vaccination
07:54avec le rappel.
07:56Le rappel de vaccination parce que c'est un acte assez rapide à mener
08:02et qu'il est suffisamment rémunéré pour le pharmacien.
08:06Ensuite, vous avez les bilans de prévention.
08:08Qui commence à se développer, mais là encore,
08:11vous allez consacrer 45 minutes à un patient
08:14pour être rémunéré par l'assurance-magasie à hauteur de 30 euros.
08:19Il y a un véritable problème de ROI pour le pharmacien.
08:23Oui.
08:23Très clairement.
08:24Donc on voit bien qu'à partir du moment où on se laisse imposer
08:30la rémunération par les pouvoirs publics,
08:33finalement, on distribue l'aumône aux pharmaciens en disant
08:37tiens, donne-nous un coup de main, mais on n'a pas les moyens de l'assumer.
08:42Alors finalement, les pharmaciens ne les mettent pas en œuvre.
08:47Aujourd'hui, on a proposé aux pharmaciens de mettre en œuvre
08:49la prévention sur les anti-asthmatiques.
08:54Un suivi des asthmatiques.
08:57En proposant à peine 10 euros par entretien.
09:02Mais le pharmacien ne peut pas mener un entretien d'une demi-heure
09:06pour être rémunéré 10 euros.
09:08En effet.
09:09Donc on a un certain nombre d'entretiens qui sont prévus comme ça
09:12et que les pharmaciens ne mettent pas en œuvre,
09:15faute de moyens ou faute de temps.
09:19Et vous proposez trois modèles commerciales, généralistes, spécialisés.
09:23Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
09:24Oui, tout à fait.
09:25C'est-à-dire que le modèle commercial, j'en conviens, Hervé,
09:29il va exister.
09:31C'est le drugstore.
09:32C'est la pharmacie.
09:34La pharmacie généraliste, c'est la pharmacie qui va s'inscrire,
09:38si je puis dire, dans la dispensation
09:39et qui va entretenir un rayon de parapharmacie, de dépannage.
09:45Ce que l'on voit dans certains gros bourgs.
09:48Bon, finalement, c'est le dépannage,
09:51on vient le chercher à la pharmacie
09:52et il va mettre en place deux ou trois services,
09:55en général conventionnés,
09:57qu'il peut mener assez facilement.
10:01Et puis, pour moi, vous allez avoir les pharmacies spécialisées
10:05qui vont se spécialiser dans l'activité servicielle,
10:09qui vont être, bien sûr, dans la dispensation,
10:11bien sûr, dans l'accompagnement,
10:13mais qui vont développer très fortement le service,
10:17comme ça se voit dans certains pays.
10:19Et ces pharmaciens-là...
10:20Dans quel pays ?
10:21Est-ce que vous prenez exemple sur des choses déjà existantes ?
10:23Je prends exemple sur mes confrères canadiens,
10:26je prends exemple sur mes confrères italiens.
10:28Où là-bas, il y a ces trois modèles de pharmacie ?
10:31Oui, au Canada, vous avez ces trois modèles de pharmacie.
10:34Donc, il n'y a pas de raison, on n'est pas plus bête qu'eux
10:38et on est capable de le mettre en œuvre.
10:40Il faut laisser...
10:42En fait, aujourd'hui, le pharmacien est enfermé dans un carcan
10:45et dans une négociation permanente avec les pauvres publics.
10:50On parle de pharmacien comme un entrepreneur,
10:54acteur de santé libéral.
10:55Il n'est pas du tout libéral aujourd'hui.
10:58Tout est encadré.
10:59Il faut lui redonner un petit peu de respiration, d'oxygène
11:03et lui permettre, justement, de faire des propositions
11:08et ses services.
11:10Oui, et pour autant, je reviens à ce que disait Hervé.
11:12Bon nombre de pharmaciens, le modèle, on l'étale.
11:15La part de parapharmacie dans une pharmacie, ça ne l'en va, quoi.
11:18Il y a ça et puis c'est corrélé.
11:20Il y a quand même une petite guéguerre médecin-pharmacien,
11:22on peut se le dire.
11:23Est-ce qu'il ne faut pas aussi revoir les études de pharmacie ?
11:27Moi, je connais des jeunes qui font leurs études.
11:30Franchement, ils apprennent des trucs inutiles.
11:32Et ça ne va pas dans le sens de ce qu'ils devraient faire après
11:34dans leur boutique, dire « je fais du conseil médical ».
11:37Ce n'est pas ça qu'on leur apprend.
11:39Ils font de la biochimie, de la mycologie,
11:41des tas de trucs difficiles.
11:43Tout à fait.
11:44C'est pas adapté.
11:45Mais ça commence par ça.
11:47On commence par faire évoluer les études
11:51pour que justement ces pharmaciens puissent mener un certain nombre d'activités
11:57qui vont soulager le médecin,
12:01qui vont soulager les services des urgences.
12:04Et aujourd'hui, on me dit, oui, mais ça vient percuter le rôle du médecin.
12:14Le médecin, il a le temps de faire de la prévention
12:18ou de faire de l'autodiagnostic ?
12:21Le médecin, il a le temps de détecter aujourd'hui
12:25plus de 700 000 diabétiques qui s'ignorent ?
12:28Est-ce que le médecin, il a le temps aujourd'hui ?
12:30Non, moi, au contraire.
12:32Moi, au contraire, aujourd'hui, mon rôle,
12:35mon rôle, ça va être d'être dans la prévention
12:37et d'orienter.
12:38Et je vais quelque part, à petite échelle,
12:44je vais jouer le rôle du pharmacien-coordinateur,
12:49je vais être en amont de la visite aux urgences.
12:55Mais est-ce que les trois modèles que vous proposez,
12:57admettons, science-fiction, ça se répand,
13:01ça ne risque pas de créer une pharmacie à deux vitesses sur le territoire ?
13:04À trois vitesses.
13:05Mais est-ce que vous vous êtes offusqué
13:09de voir arriver les médecins à trois vitesses,
13:14c'est-à-dire classe 1,
13:19les conventionnés 1, conventionnés 2, conventionnés 3 ?
13:23Est-ce que...
13:24Le secteur 3, ils ont des problèmes.
13:25Oui, mais on a des problèmes avec qui ?
13:28Avec les pouvoirs publics, pas avec les patients.
13:30Je suis d'accord.
13:31Or, encore une fois,
13:35toutes nos activités, qu'elles soient médicales,
13:39les médecins comme les pharmaciens,
13:41aujourd'hui, il faut se poser la question.
13:44Moi, je vais vous poser la question inverse.
13:48Nationalisons.
13:50Moi, je veux bien être fonctionnaire.
13:53Mais à partir du moment où je veux être fonctionnaire,
13:55que l'État achète mon stock,
13:58que l'État prenne le risque stock et le risque humain,
14:04gestion humaine,
14:05on ne peut pas me demander d'avoir une entreprise,
14:07d'avoir des collaborateurs,
14:09d'investir dans du stock
14:12et en même temps de me dire
14:13tu n'achèteras qu'à ce prix,
14:15tu ne vendras qu'à ce prix
14:16et tu n'as le droit de...
14:18Dans ton activité,
14:19tu n'as le droit de faire que ceci
14:21et tu n'as pas le droit de faire cela.
14:24Il y a un problème.
14:25Surtout quand,
14:26moi, ce qui m'intéresse,
14:27le parcours
14:30du patient aujourd'hui,
14:34il est totalement illisible.
14:36Restez avec nous.
14:37Désolée, on passe au scanervé.
14:39Et c'est à toi de jouer.
14:44Et aujourd'hui, Hervé,
14:45tu voudrais nous parler
14:46d'une injustice incroyable.
14:48Oui, une injustice.
14:49On parlait de nos amis pharmaciens.
14:51Ce sont de braves gens
14:51qui ont passé six ans minimum
14:54à la fac
14:55pour ingurgiter des tas de trucs compliqués,
14:57de biochimie,
14:58de je ne sais quoi,
14:59de toxicologie.
15:00Et Lucien nous expliquerait ça mieux que moi.
15:02Tout ça pour vendre des gels douche
15:03et de la parapharmacie.
15:04Et c'est un peu scandaleux.
15:05C'est quand même,
15:06de mon point de vue,
15:07le plus grand gâchis de cerveau
15:08de l'histoire
15:09de la République française.
15:10Surtout qu'on parle en même temps,
15:12et c'est vrai,
15:13de pénurie de médecins,
15:14de déserts médicaux.
15:15Et on a 25 à 30 pharmacies
15:17qui ferment chaque mois.
15:18Donc, on se retrouve maintenant
15:20avec moins de pharmacies
15:21que de bureaux de tabac.
15:22Il y a quand même
15:23une petite urgence sanitaire
15:24qui se dessine.
15:25Alors, de mon point de vue,
15:26pour comprendre comment on en est arrivé là,
15:28il faut remonter en Haute-Égypte,
15:313000 ans avant Jésus-Christ.
15:32Et à l'époque,
15:33le pharmacien s'appelait,
15:34c'est imprononçable,
15:35sous nous,
15:36c'est S-W-N-W,
15:37parce que dans cette langue-là,
15:39il n'y avait pas de voyelle.
15:40Donc, c'est compliqué.
15:40Et ça désignait ce terme
15:41le médecin soignant.
15:43Et le hiéroglyphe
15:44qui dessinait cette fonction,
15:46c'était l'extraction d'une flèche
15:48qui prouvait bien
15:48que c'était un acte chirurgical
15:50qui était mené par ce soignant
15:52qui cumulait donc deux casquettes,
15:54médecin, pharmacien.
15:56Et ce sous-nous
15:57lisait les symptômes dans les étoiles,
15:59invoquait le dieu de la guérison
16:01et ordonnait,
16:02au sens Jordan,
16:04faisait une ordonnance
16:05et il fallait ingurgiter
16:07de la graisse de crocodile,
16:09de la bouche de sa chasse au va,
16:10je ne sais pas.
16:11Et ça marchait.
16:12Enfin, ça ne marchait pas du tout.
16:13Il mourait autant,
16:13mais au moins,
16:14il y avait une belle cérémonie.
16:16Voilà.
16:17Moyen-Âge,
16:17il devient apothicaire.
16:19Et là,
16:20cet artiste commence à composer
16:22des recettes magiques
16:23comme la célèbre terriac.
16:24Il n'invente pas,
16:2564 ingrédients en moyenne
16:27avec notamment
16:28de l'opium
16:29et de la vipère séchée.
16:31La vipère,
16:32en grec,
16:33terriac,
16:33ça veut dire
16:33bête venimeuse.
16:35Donc, c'est vrai.
16:36Et il y a près de 800 ans,
16:38tout change.
16:38Alors, tout change,
16:39effectivement.
16:40Frédéric II,
16:401240,
16:42sépare officiellement
16:43les deux métiers.
16:44Le médecin du pharmacien,
16:45celui qui prescrit,
16:46ne peut plus être celui
16:47qui délivre.
16:48Et en fait,
16:49cet empereur
16:50met en place
16:50un vrai contrôle qualité.
16:52Ce n'est pas idiot.
16:53Il y en a un qui surveille
16:53ce que l'autre a fait
16:54et réciproquement.
16:55Donc,
16:55c'est plutôt pas bête.
16:57Et juste après ça,
16:59enfin juste après,
17:00je trouve que les siècles,
17:01Louis XIV
17:02crée les premières facs
17:03de pharmacie.
17:04Et en 1777,
17:07il sépare
17:07deux corporations,
17:08les apothicaires,
17:10des épiciers.
17:11Épicier,
17:12qui est quand même
17:12un terme
17:12dont on parle aussi
17:14quand on veut évoquer
17:15certains types
17:16de pharmacie.
17:17Et il reconnaît
17:18le monopole
17:19de la vente
17:19des médicaments
17:20au seul membre
17:21du collège royal
17:22de pharmacie.
17:23Et c'est à la révolution française
17:25que le mot apothicaire
17:26disparaît
17:27pour devenir
17:28pharmacien.
17:29Et donc,
17:30fin 2019,
17:32le Covid arrive
17:33et depuis,
17:33on confie
17:34de nouvelles missions
17:35au pharmacie.
17:35Depuis la pandémie,
17:37on se dit,
17:37en fait,
17:38il n'y a pas assez
17:39de médecins,
17:39il y en a plein de mecs
17:40très bien au bout
17:41de la rue
17:41qui sont ouverts
17:42tout le temps
17:42et on peut aller voir
17:43comme ça.
17:44Et donc,
17:44effectivement,
17:45ils peuvent vérifier
17:46une ordonnance,
17:46la compléter,
17:48la modifier,
17:49fixer des maladies chroniques,
17:50faire des tests,
17:50des vaccins,
17:51etc.
17:52Et en deux ans,
17:54ce virus pandémique
17:56a réussi à faire du pharmacien
17:57un acteur de santé
17:58à part entière.
18:00Mais attention,
18:01attention,
18:01parce qu'il disait,
18:02il y a des pharmacies
18:03qui ferment
18:03et on a des prédateurs
18:05de la pharmacie
18:05qui se mettent en place.
18:07Premier prédateur,
18:08l'IA.
18:08Vous avez remarqué
18:09que l'IA vous conseille
18:11à toute heure du jour
18:12et de la nuit,
18:12gratuitement,
18:13pour raconter n'importe quoi,
18:15mais elle est là
18:15et elle peut vous conseiller.
18:17Aux USA,
18:18Amazon livre votre Zampik
18:20en moins de deux heures.
18:21On veut dire
18:22qu'ils sont là.
18:22Et puis en France,
18:23on pourrait en parler,
18:24Leclerc,
18:26l'orgue sur la parapharmacie
18:27et se demandent bien
18:28pourquoi la vitamine C
18:28est vendue en pharmacie
18:30et pas dans ses rayons.
18:31Ce qui est aussi
18:31une bonne question.
18:32Et donc,
18:32ta conclusion ?
18:33Ma bonne conclusion,
18:34c'est qu'il est temps
18:36de sortir d'une ambiguïté.
18:38Il faudrait savoir
18:39si le pharmacien,
18:39c'est un homme de science
18:40ou le gérant d'un drugstore.
18:41Et je pense que cette ambiguïté
18:43vient de l'origine.
18:44Je remonte au grec ancien,
18:46à l'époque,
18:46le mot pharmakon
18:49désigne deux choses,
18:50le remède et le poison.
18:51C'est intéressant de voir
18:52que le même mot
18:54exprime deux concepts
18:55tout à fait opposés
18:56parce que les grecs
18:57avaient compris
18:57que c'est la dose
18:58qui fait le poison.
18:59Et c'est intéressant.
19:00Donc, étymologiquement,
19:02il y a une petite ambiguïté
19:03dans le rôle
19:03et donc,
19:04pour conclure,
19:04je voudrais suggérer
19:06aux pharmaciens
19:07de choisir l'avenir
19:08de leur beau métier,
19:09donc de choisir
19:09le bon remède.
19:10Veulent-ils le tuer
19:12ou veulent-ils le sauver ?
19:13Merci Hervé et Lucien.
19:15Est-ce que vous voulez réagir ?
19:16Est-ce qu'il faut revenir
19:16au temps du médecin-soignant ?
19:18Je crois qu'Hervé
19:19a parfaitement raison.
19:20Non, non.
19:21Le médecin,
19:22il a un rôle.
19:22Aujourd'hui,
19:23le médecin,
19:24c'est le diagnostic.
19:25C'est le diagnostic
19:26et la prescription,
19:28évidemment le choix
19:28de la thérapeutique
19:29et l'accompagnement
19:30et le suivi de ces patients.
19:32Moi, pharmacien,
19:33je dois aider
19:34ces patients
19:35à accepter la pathologie,
19:37à accepter le traitement,
19:38à prendre le meilleur traitement.
19:40Je dois éventuellement
19:42et beaucoup m'impliquer
19:43dans la prévention.
19:45Évidemment.
19:46Et ensuite,
19:46je dois mettre en place
19:48un certain nombre
19:49de services
19:50parce que,
19:51oui,
19:52il y a raison.
19:53Amazon Pharmacie arrive,
19:55mais avec Amazon Pharmacie,
19:56vous avez des consultations
19:57avec les médecins aussi.
19:59Donc,
20:01le système
20:02de santé français,
20:03s'il ne bouge pas,
20:05s'il ne s'adapte pas,
20:06si les professionnels de santé
20:08ne décident pas
20:08de travailler en coordination
20:10pour faire évoluer le système,
20:12Amazon Pharmacie
20:13nous remplacera.
20:14Merci beaucoup, Lucien.
20:16Merci.
20:16Lucien Benathan,
20:17président du réseau
20:18Act Pharmacie.
20:20On passe à la pépite santé.
20:25Et aujourd'hui,
20:26dans la pépite santé,
20:27nous recevons
20:27Nicolas Buglio,
20:29je l'ai bien prononcé,
20:30cofondateur
20:30d'Office Santé
20:31à l'origine
20:32de la plateforme
20:33Vigirupture,
20:34créée en 2019.
20:35Mon invité est ingénieur
20:37et spécialiste
20:37des systèmes
20:38de données en santé.
20:39Merci d'être avec nous.
20:41Merci de me recevoir.
20:42Bonjour.
20:42Est-ce que,
20:43rapidement,
20:43d'un mot,
20:43parce qu'on va surtout
20:44parler de Vigirupture,
20:45vous pouvez nous présenter
20:45Office Santé ?
20:46Oui,
20:47Office Santé,
20:47c'est très simple.
20:49Nous,
20:49on rend des services
20:50aux pharmaciens
20:51et aux groupements
20:51de pharmaciens
20:52en donnant des alertes
20:54intelligentes
20:54pour les aider
20:55à piloter leurs boutiques,
20:56gérer leurs stocks
20:57et améliorer leurs marges.
20:58D'accord.
20:59Et donc,
20:59vous avez créé
21:00Vigirupture
21:00pour répondre
21:01à un problème
21:02très concret,
21:03les ruptures
21:04de médicaments.
21:05Comment est née
21:06cette idée ?
21:07Alors,
21:07la création
21:08de Vigirupture,
21:09on dirait
21:09une fausse histoire
21:10de start-up romancée
21:11comme on sait le faire
21:13dans la French Tech.
21:14Et là,
21:14c'est totalement vrai.
21:15Un beau story telling.
21:16Oui,
21:17on avait un collègue
21:18dont la maman
21:18était malade
21:19et on avait déjà
21:20plusieurs milliers
21:21de pharmaciens
21:22pour lesquels
21:22on rendait des services.
21:24Et plutôt
21:24que d'aller appeler
21:26ce qu'il faisait,
21:26tous les soirs,
21:27il appelait toutes les pharmacies
21:28du département
21:29pour trouver
21:29un des médicaments
21:30qui est en rupture
21:31à ce moment-là.
21:32Il a dit
21:32on va aller regarder
21:33dans la base
21:34et on va aller directement
21:35dans la pharmacie
21:36où il y en a.
21:37Il a dit
21:37mais si je peux,
21:38moi,
21:39m'épargner cette peine
21:40et faire ce que
21:41certains patients
21:41appellent le rallye
21:42des pharmacies,
21:43c'est-à-dire faire
21:44le tour de tous les villages
21:45ou de tous les bourgs
21:46pour trouver un médicament,
21:48alors on peut en faire
21:49un service
21:50et on a commencé
21:50à cartographier
21:51les stocks
21:52de médicaments
21:53des pharmacies.
21:53Et alors,
21:54comment les patients
21:55accèdent à ces services ?
21:57Comment est-ce qu'ils
21:57s'inscrivent
21:58dans la boucle ?
21:59Alors aujourd'hui,
22:00c'est un service
22:01qui est réservé
22:01aux professionnels
22:02de santé.
22:03Donc le pharmacien
22:04a Vigiruptur
22:05qui est en permanence
22:06ouvert sur le poste
22:08de la pharmacie
22:08à côté de sa caisse
22:09pour pouvoir
22:12réorienter le patient,
22:13éventuellement
22:14appeler le confrère
22:15s'il n'y a pas trop
22:15de fil d'attente
22:16pour être sûr
22:17que quand c'est
22:17la dernière boîte
22:18du département,
22:19parfois elle est réservée
22:20pour un patient
22:21fidèle de la pharmacie
22:22donc être sûr
22:23qu'il va libérer
22:23sa boîte aussi
22:24et donner l'information
22:25au patient.
22:26Ça c'est aujourd'hui.
22:28Évidemment,
22:29le sens naturel
22:30de l'histoire
22:31c'est que la transparence
22:33et l'ouverture du service
22:34aillent jusqu'au patient
22:35et je dirais même
22:36lui éviter
22:37d'aller prendre sa voiture
22:39parfois loin
22:40quand il y a rupture sévère
22:41et connecter
22:42à des services
22:42de livraison
22:43pour réduire
22:45la différence
22:46d'accès au soin.
22:47Ça voudrait dire quoi ?
22:48Ça voudrait dire pour le patient
22:48d'avoir une sorte
22:50de moteur de recherche
22:51dans l'application
22:51il tape le nom du médicament
22:52et ça géolocalise
22:54les pharmacies
22:54où le médicament se trouve ?
22:56Exactement
22:56avec même
22:57une pré-réservation
22:59près de la pharmacie
23:00pour être sûr
23:00de ne pas se déplacer
23:01pour rien
23:01et puis de ne pas
23:03créer d'erreur
23:04de gestion de stock
23:04si le produit est déjà
23:05réservé pour un patient
23:06de la pharmacie.
23:07Et le médecin
23:07dans tout ça
23:07il peut y avoir accès ?
23:08Alors ça c'était
23:09une surprise
23:10mais totale pour nous
23:11puisque d'un point de vue
23:12j'ai envie de dire
23:13activité économique
23:14nous on ne travaille pas
23:15avec les médecins
23:16on travaille avec les pharmaciens
23:16mais donc on n'a jamais été
23:19voir un médecin
23:19de notre vie
23:20pour lui parler de ce service.
23:22Uniquement par bouche à oreille
23:23les médecins ont commencé
23:25à s'inscrire
23:27avec des vagues telles
23:28qu'on était obligé
23:29de faire un formulaire
23:30spécial pour eux
23:31pour s'assurer
23:33qu'ils étaient bien médecins
23:34et professionnels de santé.
23:35Aujourd'hui
23:35on en a 7000
23:36qui se sont inscrits
23:37donc c'est des hôpitaux entiers
23:39chaque fois qu'il y a un congrès
23:40on prend 500 inscriptions
23:42dans l'après-midi
23:44il y a une trentaine
23:45de médecins
23:46qui s'inscrivent
23:47tous les jours
23:48en ce moment.
23:49On peut le voir
23:49comme une charge en plus
23:50pour un médecin
23:51qui se plaigne
23:53d'une lourdeur administrative
23:55si en plus
23:56ils doivent vérifier
23:56les stocks.
23:57Oui alors eux
23:58ça leur rend plusieurs services
24:00un ça permet
24:00de faire une sorte de veille
24:01parce que des ruptures
24:02il y en a en permanence
24:03mais ce n'est pas toujours
24:04les mêmes.
24:05La rupture moyenne
24:06c'est 36 jours
24:07donc qui peut
24:08et en ce moment
24:10on est à entre 200
24:12et 400 médicaments
24:13en rupture
24:13qui peut apprendre
24:14une liste
24:15qui tourne tous les mois
24:16de 400 médicaments
24:17c'est impossible
24:18donc ça sert de veille
24:19et surtout
24:20ça casse
24:21le mécanisme
24:23qui est vraiment
24:24vicieux pour le coup
24:25c'est que
24:26il lâche le patient
24:27avec une ordonnance
24:28le patient va en pharmacie
24:30il ne peut pas avoir
24:31la délivrance
24:32le pharmacien
24:33n'a pas le droit
24:33de substituer
24:34donc il doit appeler
24:35le médecin
24:36pour faire
24:37un changement
24:38d'ordonnance
24:38et trouver
24:39une alternative
24:39thérapeutique
24:40et ensuite
24:41retrouver le produit
24:42donc on a dérangé
24:43trois personnes
24:44voire plus
24:45avec la fin d'attente
24:46à la pharmacie
24:47ça pourrait court-circuiter
24:48un peu tout ça
24:49d'énergie
24:51Hervé
24:52si j'étais un peu pervers
24:53je dirais
24:54vous auriez intérêt
24:55dans votre société
24:55à passer des accords
24:56avec certains groupements
24:57pour favoriser
24:58certaines pharmacies
24:59et pour leur procurer
25:00un avantage concurrentiel
25:01décisif
25:02en disant
25:02les pharmacies
25:03du groupement X
25:05ne connaissent pas de rupture
25:06les autres
25:07ils avaient qu'à être clients
25:08chez nous
25:09ouais alors
25:09la vérité
25:10bon déjà
25:11nous ce qu'on met
25:12au centre de la réflexion
25:13c'est le patient
25:13ce qu'on veut
25:14c'est que les gens
25:15arrivent à trouver
25:16leur médicament
25:17on se rend pas compte
25:18mais de la charge mentale
25:20pharmacien
25:21elle est évidente
25:21mais patient
25:22déjà on est malade
25:23et en plus
25:24on trouve pas le médicament
25:26et parfois
25:27il est remplacé
25:28par un autre
25:28l'impression
25:29que ça donne
25:30c'est qu'on est
25:31dans un pays
25:33un peu de seconde zone
25:34puisque s'il y a une alternative
25:36thérapeutique
25:36par définition
25:37c'est qu'on ne donne pas
25:39le médicament optimal
25:40pour ma pathologie
25:41donc ça c'est quand même
25:44sérieux
25:44et puis c'est vécu
25:45de façon pénible
25:45pour les patients
25:46donc nous
25:46on met les patients
25:47d'abord
25:49ensuite
25:49les groupements
25:50font
25:52développent différents services
25:53et ont peut-être
25:54des partenariats
25:54la réalité
25:56nous qu'on voit
25:56c'est que
25:57c'est la gestion individuelle
25:59des pharmacies
25:59et de leur stock
26:00ceux qui veulent un stock
26:02très réduit
26:02pour des questions
26:04de trésorerie
26:04par exemple
26:05tomberont
26:06les premières ruptures
26:07et on en a d'autres
26:08qui par stratégie
26:11et puis aussi
26:11pour que se répandent
26:13le mot
26:13auprès de leurs patients
26:14qu'ils n'ont jamais
26:15de rupture
26:16ont des stocks
26:17très larges
26:17c'est la pharmacie
26:19individuelle
26:19et pas le groupement
26:20merci beaucoup
26:22merci Nicolas Buglio
26:23cofondateur d'Office Santé
26:25qui venait donc nous parler
26:25de Vigirupture
26:27merci à toi Hervé
26:29merci à Émilie Roche
26:30comme toujours
26:30à très bientôt
26:31sur Bismarck for Change
26:32de Vigirupture
26:35de Vigirupture
26:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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