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  • il y a 11 minutes
Avec Christian Flaesch, ancien directeur de la police judiciaire de Paris

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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-06-01##

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Transcription
00:00Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
00:05Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gilles Gansman, bonjour Félix Mathieu.
00:10Vos filles vous ont offert des sangliers en pâte à sel, elles sont un peu âgées pour vous offrir.
00:16Un peu âgées, absolument.
00:17Vous avez eu des petits cadeaux quand même ?
00:19Je pense que ce n'est pas le sujet de ce matin.
00:22On a oublié la fête des mers avec tout ça, avec ce que vous allez raconter.
00:26Pourquoi ?
00:26Parce qu'il n'y avait pas beaucoup de reportages sur la fête des mers.
00:28Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, je ne sais pas.
00:33Est-ce que les supporters du PSG avaient des colliers de nouilles ?
00:36J'essaye de ramener pour ramener le sujet.
00:39Gilles nous emmène parfois sur des sujets, c'est passé, le sujet avec vous Félix Mathieu, c'est quoi le
00:47problème ?
00:48Eh bien, deuxième sacre du PSG en Ligue des Champions et les violences un petit peu partout en France,
00:54mais surtout à Paris, des violences annoncées.
00:58Effectivement, le pire, c'est qu'on savait ce qui allait se passer, on avait prévu.
01:02Oui, effectivement.
01:03Oui.
01:04Et le résultat, le dernier chiffre communiqué par le ministre de l'Intérieur ce matin,
01:08c'est 890 personnes interpellées dans toute la France.
01:11Donc, effectivement, c'était quelque chose qui était un peu pressenti et ça s'est malheureusement confirmé.
01:16Et on va en parler dans un instant avec Christian Flèche, ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
01:22On va consacrer une bonne partie de cette émission à ce qui s'est passé, effectivement, samedi soir.
01:30Le président de la République a réagi également.
01:32On va en reparler.
01:34Et puis, on parlera de notre sondage IFOP fiducial pour Sud Radio,
01:39avec Frédéric Dhabi, directeur général de l'IFOP, qui sera avec nous.
01:43Jordan Bardella toujours en tête, Jean-Luc Mélenchon qui progresse.
01:48Il est dans une dynamique de progression.
01:50On y reviendra tout à l'heure à partir de 11h.
01:53Mais les violences, appelez-nous au 0826 300 300.
01:56Qu'est-ce qui s'est passé chez vous ?
01:57Est-ce qu'il y a eu des dégradations ?
01:59Est-ce qu'il y a eu des manifestations qui ont dégénéré ?
02:02A noter qu'hier, tout s'est plutôt bien passé,
02:07que ce soit au Parc des Princes ou au Champs de Mars.
02:11On va en parler dans un instant.
02:12Donc, deuxième sacre du PSG.
02:15Et malheureusement, c'est violences dans la nuit de samedi à dimanche.
02:19Félix Mathieu ?
02:19Oui, je vous le disais, au total, on est à 890 personnes interpellées
02:22au niveau de toute la France.
02:24C'est une hausse de 45% tout de même par rapport à l'année dernière,
02:27c'est-à-dire lors des célébrations de la première étoile du PSG.
02:32774 gardes à vue, dont plus de 300 rien qu'à Paris.
02:34Alors, le ministre de l'Intérieur note notamment une recrudescence,
02:38malheureusement, des tirs de mortiers d'artifice.
02:41178 fonctionnaires de police ou de gendarmerie ont été blessés en deux jours.
02:45Parfois, des blessures impressionnantes, à même préciser.
02:47Laurent Nunez, au-delà des policiers,
02:50il y a évidemment tous les blessés parmi les participants à ces célébrations.
02:53Les autorités recensent au moins 219 blessés, dont 8 grièvement.
02:58Il y a ce jeune homme d'une vingtaine d'années aussi qui est mort dans la nuit
03:01après avoir heurté en motocross des blocs de béton d'une bretelle de sortie du périphérique à côté de Paris.
03:07Par ailleurs, un jeune homme a été grièvement blessé au couteau aussi par 4 individus.
03:12C'est dans le 16e arrondissement de la capitale,
03:14la victime qui aurait été accusée de vol peu avant cette violente agression au couteau.
03:19Alors, le président de la République a réagi hier soir,
03:22avant même de se réjouir de la victoire.
03:25Oui, c'était quelques mots en atroits avant même effectivement de se réjouir de la victoire sur le terrain.
03:29Il a tenu d'emblée à faire cette précision à Emmanuel Macron.
03:32Malheureusement, on a vu, et je ne veux pas qu'on s'habitue à ça,
03:35et personne n'a envie qu'on s'habitue à ça.
03:37Des scènes de violence inacceptables à Paris et dans d'autres villes,
03:40hier soir, une bonne partie de la nuit.
03:43Ce n'est pas le foot, ça.
03:44Ce n'est pas le sport, ce n'est pas ce qu'on aime.
03:46Donc, merci à nos policiers et à nos gendarmes.
03:48On sera intraitables avec ceux qui ont été attrapés.
03:51On ne veut plus voir ça.
03:53Fini. On en a ras le bol.
03:55Terminé. Emmanuel Macron devant les joueurs et l'encadrement du PSG qui ont applaudi ses propos.
04:00De son côté, le maire de Paris condamne lui aussi la mise en scène de ces débordements sur les réseaux
04:04sociaux.
04:05Des incidents en marche des grands événements, ça fait des siècles que ça existe,
04:08ajoute tout de même Emmanuel Grégoire.
04:10Mais là, selon lui, il y a une forme d'emballement, d'enchaînement et d'incitation à faire n'importe
04:15quoi.
04:16Christian Fletch, bonjour.
04:17Vous avez été directeur de la police judiciaire de Paris.
04:22On sera intraitables, dit le président de la République.
04:26Qu'est-ce que ça vous évoque quand vous entendez ces mots ?
04:30Bonjour Valérie Expert.
04:31Écoutez, il faut mettre en perspective, d'abord, effectivement, il faut d'abord se poser la question à qui on
04:38avait affaire.
04:39Est-ce qu'on a affaire à des supporters de foot ?
04:41Sans doute pas, quand on voit comment la finale de la Coupe de France s'est déroulée quelques jours avant,
04:46avec le RC Lens qui s'est comporté magnifiquement et qui est rentré sans incident depuis le Stade de France.
04:54Est-ce que ce sont des supporters du PSG ?
04:56Évidemment non, parce que vous l'avez rappelé, la célébration d'hier s'est passée dans des conditions extraordinaires.
05:04Et ce n'est pas parce qu'on met brutalement un maillot de foot qu'on en fait un supporter.
05:08Pour répondre à votre question derrière, il y a eu un certain nombre de gardes à vue.
05:13Il y a, la procureure de la République l'a annoncé, des gardes à vue qui ont été prolongées pour
05:18des cas qui vont être des investigations poussées.
05:22Et d'ores et déjà, aujourd'hui, il y a des personnes qui, à Paris, parce qu'il y a
05:26sans doute en province d'autres situations identiques,
05:29qui vont passer en comparution immédiate.
05:32Ensuite, la justice tranchera en fonction des dossiers.
05:35Donc, on verra, mais il faudra juger aussi.
05:39Il y aura sans doute des affaires simples qui seront jugées rapidement aujourd'hui avec des peines qui, peut-être,
05:46ne correspondront pas aux attentes du public.
05:48Mais il faudra les mettre en perspective par rapport au contenu.
05:54Comment ça se passe, une interpellation ?
05:56On dit des interpellations.
05:58On arrête quelqu'un.
06:00Le processus, c'est quoi ?
06:01Parce que le policier, il y a des policiers qui sont sur le terrain.
06:04Ils arrêtent un type, deux types, trois types.
06:07Comment ça se passe après ?
06:08Le processus, c'est quoi ?
06:11Alors, déjà, premier processus, interpeller.
06:13Donc, interpeller, ça veut dire repérer quelqu'un et réussir à le monoter en préservant la garantie de la sécurité
06:24des personnes qui vont au contact,
06:26c'est-à-dire les policiers ou les gendarmes, et puis aussi les passants qui sont tout autour.
06:30Ensuite, il y a les conditions matérielles de transport et pour respecter les conditions juridiques.
06:37C'est-à-dire que vous devez présenter une personne interpellée devant un officier de police judiciaire dans un délai
06:43raisonnable,
06:44avec parfois un peu allongé, pour lui notifier ses droits.
06:48Le droit qui est lié à la personne placée en garde à vue.
06:52Donc, tout ça, ce n'est pas si simple dans des conditions qui sont extrêmement difficiles.
06:56Et ce n'est pas une situation individuelle.
06:58Et quand la personne est présentée devant un OPJ, il faut qu'il y ait le policier ou le gendarme
07:02qui l'a interpellé
07:03qui soit en situation d'expliquer ce qu'on a à lui reprocher.
07:06Non mais, j'imagine bien, vous arrêtez, vous êtes porte de Saint-Cloud, vous arrêtez 10-15 personnes.
07:12Ça veut dire qu'il y a 10-15 policiers qui sont avec chacun celui qui l'a interpellé.
07:17Ou peut-être qu'il en a...
07:18Qu'est-ce qu'il en fait concrètement ? Il le met dans un fourgon de police ?
07:24C'est ça ma question.
07:25Il le laisse dans le fourgon ? Ils sont ensemble ?
07:29Alors, il ne peut pas le laisser dans le fourgon parce que pendant qu'il est interpellé,
07:32le délai pendant lequel on doit lui notifier ses droits commence à courir.
07:37Donc, il faut trouver le fourgon, mettre la personne interpellée et la personne qui l'a interpellée
07:44en direction d'un local de police où se trouvent les officiers de police judiciaire.
07:49En général, les locaux ont été déjà déterminés et ils sont à l'extérieur des zones où ça peut poser
07:56des problèmes.
07:57Mais il faut que le transport de ces détenus, les personnes interpellées, soit organisé
08:02de façon aussi à ce que ça puisse se faire le plus rapidement possible et dans les conditions de sécurité.
08:07Donc, c'est anticipé, mais ce n'est pas très simple.
08:11Non, c'est compliqué.
08:12Moi, ce qui m'a surpris, c'est que la presse, et d'ailleurs en conférence de presse,
08:18le ministre annonce qu'il va avoir un nombre de policiers qu'on n'a jamais vu dans Paris,
08:24un dispositif incroyable et pourtant ça ne marche pas.
08:28Comment vous l'expliquez ?
08:30Alors, ce qui est sûr, c'est que, vous l'avez dit, les risques avaient été anticipés.
08:36Mais aussi, ce que vous voyez bien, c'est que la cérémonie, la célébration de ce qui s'est passé
08:41pour le PSG
08:42a suscité aussi des réactions dans la France entière.
08:46Et ça, même si c'était en partie anticipé, il y a quand même, je crois, 70 villes ou 71
08:52villes
08:52où il y a eu des incidents.
08:54À Nice, 712.
08:56Évidemment, ce ne sont pas les supporters du PSG.
08:59Ou alors, le PSG est devenu une marque internationale, ce qui est vrai,
09:02mais avec des supporters dans toute la France.
09:05Donc, on a des policiers qui ont été engagés,
09:09on a des mesures de prévention qui ont été prises,
09:13du genre, enlever les voitures, enlever les obstacles.
09:16Et puis, il y avait des points de fixation.
09:19On l'a vu sur les Champs-Elysées,
09:21où les gens ont été petit à petit repoussés
09:24de façon à être évacués définitivement en fin de nuit.
09:28Tout ça, ça a nécessité une grosse organisation.
09:31On a toujours, mais ça c'est un peu un tempérament français,
09:35c'était vous-même, vous vous rentrez dedans,
09:37vous voulez savoir le nombre de policiers et de gendarmes engagés.
09:39Donc, pour rassurer, on met un chiffre supérieur
09:43à ce qui s'est passé avant.
09:44On pense que ça va résoudre le problème.
09:47Mais le problème est devenu de plus en plus complexe
09:49et nécessite un engagement important.
09:51C'est-à-dire ?
09:52Comment on peut solutionner ça ?
09:55Parce qu'on le voit à d'autres manifestations,
09:58on l'a vu au moment des retraites,
10:01on l'a vu au moment du Nouvel An,
10:03c'est assez récurrent.
10:06Au moment des retraites, ce sont des défilés,
10:09ce n'est pas du tout la même organisation,
10:11il y a des défilés, il y a des casseurs.
10:13Donc là, c'est une autre technique
10:15qui consiste à engager des forces lourdes
10:17avec des forces plus mobiles
10:19qui peuvent aller au contact,
10:21interpeller les casseurs et les récupérer.
10:23Les casseurs, à l'inverse, sont différents
10:25puisque vous voyez bien qu'ils sont vêtus
10:27complètement noirs pour essayer
10:28qu'on ne puisse pas les repérer.
10:31La ville de Paris, elle est équipée
10:32avec un dispositif de vidéoprotection
10:34qui permet aussi d'avoir un suivi de ces casseurs
10:38et de les repérer.
10:39Je ne vais pas rentrer dans les techniques,
10:41mais évidemment, chacun adapte des contre-mesures,
10:44les casseurs d'un côté, les policiers de l'autre,
10:46pour essayer que la police et la justice derrière
10:48soient les plus efficaces.
10:49On a Paul en ligne avec nous.
10:51Bonjour, Paul.
10:52Oui, bonjour.
10:53Bonjour.
10:54Vous vouliez réagir ?
10:55Qu'est-ce que vous avez pensé
10:57des images qu'on a pu voir
10:59de ces violences, en particulier à Paris ?
11:03Je crois que, malheureusement,
11:05on commence à s'habituer
11:07à ce genre de débordement à Paris.
11:09Moi, je voulais surtout réagir
11:10par rapport aux propos de M. Breton
11:14sur le débordement causé
11:16par la mouvance ultra et hooligan.
11:19Je pense qu'il va falloir,
11:20comme M. Darmanin,
11:21attendre trois ans qu'il présente ses excuses,
11:23parce que le soir de débordement à Paris,
11:26c'est-à-dire samedi soir,
11:27dans un nul samedi à dimanche,
11:28les ultras du Paris Saint-Germain,
11:30ils n'étaient pas à Paris,
11:31ils étaient à Budapest.
11:32Il y avait 20 000 Parisiens
11:33qui étaient présents à Budapest.
11:35Donc, ceux qui sont évidemment fans de foot
11:37et qui suivent leur équipe
11:39étaient ce soir-là à Budapest
11:41et pas à Paris.
11:42Donc, voilà, je pense qu'il faut
11:45éviter de se prononcer
11:46sur les sujets qu'on ne maîtrise pas.
11:48Et en l'occurrence, là,
11:49c'est ce que M. Darmanin avait fait
11:51par rapport aux supporters anglais
11:52qui avaient, soi-disant,
11:55causé des débordements
11:56au stade de France
11:58lors de la finale contre Madrid.
12:01Voilà, je pense qu'il y a...
12:03Vous faites, juste pour rappeler
12:04pour nos auditeurs hier,
12:06effectivement, Thierry Breton
12:07a parlé visiblement d'un sujet
12:09qu'il ne maîtrisait pas,
12:10à savoir, il a évoqué
12:12les hooligans.
12:13Alors, lui rappeler que les hooligans,
12:14c'est un phénomène anglais,
12:16que ça n'a pas traversé la Manche
12:18jusqu'à preuve du contraire.
12:19Et qu'effectivement,
12:21vous avez raison, Paul,
12:22ce ne sont pas des supporters de foot
12:24qui étaient dans la rue.
12:26Ce que disait Christian Flech,
12:27ce n'est pas parce qu'on a un maillot PSG
12:28qu'on est un supporter du PSG.
12:32Oui, et M. Breton,
12:33il a parlé d'ailleurs
12:34de hooligans outre-Atlantique.
12:36Alors, outre-Atlantique,
12:37c'est les Etats-Unis.
12:38Il n'y a jamais eu de hooligans aux Etats-Unis,
12:40c'est outre-Manche.
12:41Et si le phénomène a bien traversé la Manche,
12:43mais là, ce n'est pas le sujet.
12:44Il ne s'agit pas d'une bagarre organisée
12:45entre supporters de foot.
12:46Il s'agit bien d'une population
12:48qui, pour partie,
12:50vient de la périphérie parisienne
12:52et qui profite de l'événement
12:54pour venir graisser, saccager, piller,
12:58mettre le bazar
12:58et dans un laxisme total.
13:02En fait, finalement,
13:03ça fait 50 ans
13:04qu'on a du mal à s'avouer les choses.
13:07Mais je pense que les directives
13:10du préfet de Paris
13:10et du préfet de police
13:11étaient heureuses de, par exemple,
13:14faire des contrôles de sac
13:15à la sortie des RER,
13:17faire des fanzones
13:18où on fouille les sacs
13:20et c'est sécurisé,
13:21où on présente peut-être
13:22sa pièce d'identité, etc.
13:24Il y a des solutions,
13:25il y a des choses à faire.
13:26Il y a un code pénal qui existe.
13:28Il n'y a pas besoin d'inventer des lois.
13:29Simplement, le code pénal,
13:30il n'est pas appliqué.
13:31Et de toute façon,
13:33les tribunaux sont submergés
13:34d'affaires.
13:36Donc, il y a un vrai problème politique.
13:38Oui.
13:39On va y revenir.
13:40On va parler en particulier
13:41des mortiers.
13:42On a retrouvé...
13:44Je me souviens très bien
13:45de ce débat qu'on avait eu
13:46sur les mortiers d'artifice
13:47évoqué par Gérald Darmanin.
13:49La loi, elle existe.
13:52Ça devient,
13:53enfin, Christian Flach,
13:53vous me le confirmerai,
13:55des armes par destination
13:56quand elles sont envoyées
13:57sur des gens.
13:58Donc, il y a moyen
13:59de condamner des gens,
14:00d'interpeller des gens
14:01et de les condamner.
14:02On va y revenir.
14:03Et puis,
14:03ce que dit notre auditeur,
14:05ce que dit Paul,
14:06effectivement,
14:07on s'habitue
14:09à ce genre de violences.
14:11A tout de suite.
14:1210h midi,
14:13mettez-vous d'accord.
14:15Sud Radio.
14:16Sud Radio.
14:17Le 10h midi,
14:18mettez-vous d'accord.
14:20Valérie Expert.
14:21Avec vous sur Sud Radio,
14:23c'est quoi le problème ?
14:23On voudrait bien savoir
14:24c'est quoi le problème
14:25pour que se reproduise
14:26de telles violences
14:27à chaque fois
14:28qu'il y a
14:29un grand événement sportif
14:31qui concerne Paris.
14:33On est avec Christian Flèche,
14:34ancien directeur
14:35de la police judiciaire de Paris.
14:37On a vu des tirs de mortiers,
14:40d'artifices,
14:41un petit peu partout.
14:43Des tirs qui,
14:43aujourd'hui,
14:44sont même envoyés
14:46sur les forces de police
14:48assez régulièrement.
14:50Écoutez ce que disait
14:51Gérald Darmanin à l'époque.
14:55Je souhaite
14:56que dans le prochain texte de loi
14:58qui arrive à la Semaine nationale,
14:59le 19 novembre,
15:00la proposition de loi
15:01de M. Foubert et de Mme Thurieu
15:03nous puissions définir
15:04comme une arme à destination
15:06ces feux d'artifices,
15:08ces mortiers
15:08qui attaquent
15:10et dont l'objet
15:10du commissariat,
15:11par exemple,
15:11de Chopini
15:12a été par deux fois
15:14d'être attaqué
15:14par ces armes.
15:16Ils peuvent blesser,
15:17elles peuvent tuer
15:18et il faut,
15:20aujourd'hui,
15:20que nous arrêtons
15:21cette vente sur Internet,
15:23cette vente
15:24qui n'est pas destinée
15:25à des professionnels
15:26et que nous la pénalisions.
15:27Voilà,
15:28c'était le 12 octobre 2020.
15:30Elisabeth Borne,
15:31également,
15:32en 2023,
15:33avait encore voulu prendre
15:35un décret.
15:36C'est un vrai problème,
15:38ces mortiers d'artifices,
15:40mais la loi peut tout à fait
15:43condamner
15:43ceux qui les utilisent
15:44et les policiers
15:45pourraient interpeller aussi
15:47ceux qui en font l'usage.
15:49Oui,
15:50alors si vous me posez la question,
15:51bien sûr que les textes existent
15:53et je suis d'accord avec Paul,
15:54plutôt que de vouloir
15:55recréer des textes
15:56pour rassurer
15:57ou aggraver des peines,
15:58il faut déjà appliquer
15:59les textes qui existent
16:01et appliquer les peines
16:03qui existent également.
16:04Bon, ensuite,
16:05il y a une nouveauté,
16:07sans doute,
16:08sur ce qui s'est passé
16:09ce week-end,
16:10c'est qu'on a vu
16:10une utilisation massive
16:12de ces mortiers.
16:13Si j'en prends
16:14ma propre expérience personnelle,
16:15dans un quartier
16:16qui est d'habitude calme,
16:18j'ai eu droit
16:19à un tir de mortier
16:20assez conséquent.
16:22Donc,
16:22il y a une recrudescence
16:24sur laquelle il faut travailler
16:26et comme assez souvent,
16:27le ministre de l'Intérieur
16:28est celui qui est en première ligne
16:30et qui prend un peu
16:33tout le ressenti
16:34de la population,
16:36mais il y a des sujets
16:37qui sont beaucoup plus vastes
16:38que le sujet de l'intérieur.
16:39Si on prend les mortiers,
16:41il y a le sujet des douanes
16:42puisque bien sûr,
16:43ça passe aux frontières,
16:44il y a un contrôle
16:44des marchandises aux frontières.
16:46Il y a beaucoup de points
16:48qui nécessitent une évaluation.
16:52Il y a un sujet,
16:53puisque c'est aussi
16:55des points qui sont abordés
16:57sur les amendes.
16:57On parle beaucoup
16:58de mettre des amendes
16:59forfaitaires majorées
17:01derrière.
17:02Et j'étais ravi d'entendre
17:04que le préfet de police
17:04l'évoquait tout à l'heure
17:05chez un de vos confrères.
17:07Il y a le sujet
17:08du recouvrement des amendes.
17:09Et le préfet a conscience
17:11qu'il faut aussi améliorer
17:12le recouvrement des amendes
17:13puisque, en général,
17:14quand vous payez une amende,
17:16c'est que vous êtes
17:16parfaitement au clair
17:19avec vos impôts,
17:20avec vos diverses déclarations
17:22et qu'on peut vous retrouver
17:23facilement.
17:24Sinon, vous avez tendance
17:25à essayer d'y échapper
17:26et parfois,
17:27vous réussissez
17:28puisque le taux
17:28de recouvrement des amendes
17:30est très très faible.
17:32Donc, il y a un sujet...
17:34Pardon ?
17:34Non, non, allez-y.
17:36Non, non, je dis
17:37qu'il y a un sujet là-dessus.
17:39Il y a...
17:40La Cour des comptes, d'ailleurs,
17:41a fait une évaluation
17:42sur ce point-là.
17:43Il y a un sujet
17:44d'amélioration
17:44du taux de recouvrement.
17:46Et donc,
17:46quand on applique les textes,
17:47quand on applique
17:49les peines aussi,
17:50je pense que déjà,
17:51on a fait un grand pas.
17:52C'est-à-dire que vous sous-entendez
17:54que les peines
17:54ne sont pas appliquées ?
17:56Ça, c'est un problème
17:57général en France.
17:59D'abord, il y a
17:59une surpopulation carcérale
18:01qu'on commence à admettre.
18:04La prison
18:06ne peut pas remplir son rôle
18:07qui est à la fois
18:08de sécuriser
18:11un certain nombre
18:11de délinquants
18:12et de tenter
18:13d'empêcher
18:14qu'à la sortie,
18:15ils récidivent.
18:15Quand vous êtes
18:16dans une surpopulation
18:18telle,
18:19qui est indigne d'ailleurs,
18:20les conditions
18:21de détention
18:22sont indignes,
18:23et quand vous découvrez
18:25au travers d'une affaire
18:26dont on a fêté
18:26malheureusement
18:27le deuxième anniversaire,
18:28c'est-à-dire
18:29l'assassinat
18:30de ces deux agents pénitentiaires
18:32à l'occasion
18:33de l'évasion
18:33d'un détenu,
18:34vous découvrez
18:34que ce détenu
18:35en prison
18:36a neuf téléphones
18:36portables
18:37et continue
18:38à commanditer
18:41des assassinats,
18:42c'est que vous voyez
18:43que la prison
18:43ne remplit pas son rôle.
18:45Donc,
18:45il y a un sujet
18:46sur l'application
18:48des peines
18:48parce que,
18:49on parle de ceux
18:50qui sont en prison,
18:51mais après,
18:51il y a ceux
18:52dont les peines
18:53ne sont pas exécutées
18:53pour des tas
18:54de raisons d'ailleurs.
18:56donc,
18:57appliquons les peines,
18:59travaillons sur
19:00le sujet de la peine,
19:02à quoi ça doit servir,
19:04et c'est aussi
19:04les sujets de fond,
19:06mais on est,
19:07d'ailleurs,
19:07vous voyez bien
19:08que là,
19:09on parle de cet événement,
19:10on est en train,
19:11parce que c'est aussi
19:12typiquement français,
19:13de s'attacher aux phrases
19:14des uns et des autres,
19:15vous faites réagir les gens
19:17aux commentaires des uns
19:18et des autres,
19:18mais les sujets de fond
19:19ne sont pas abordés.
19:20C'est quoi les sujets de fond ?
19:22Les sujets de fond,
19:24c'est d'abord
19:24essayer de comprendre
19:25comment,
19:26sur un sujet comme ça,
19:28on a des gens
19:29qui ne sont pas liés au foot,
19:30qui ne sont pas liés au PSG,
19:31et qui viennent pour tout casser.
19:33Mais est-ce que la police
19:33les connaît ?
19:36La police va les connaître
19:37parce qu'elle les a interpellés,
19:39derrière,
19:40ce sera intéressant,
19:41c'est toujours ce qui est fait,
19:42c'est-à-dire que
19:43quand vous voyez
19:45890 interpellations,
19:46vous êtes capable
19:47de faire un bilan,
19:49c'est sur l'ensemble
19:50de la France,
19:50donc où est-ce qu'ils habitent,
19:52qu'est-ce qu'ils font,
19:54quel est le lien
19:54avec le PSG,
19:56ça c'est des sujets
19:57intéressants,
19:58c'est des sujets sociologiques
19:59qui vont nécessiter
20:00une analyse,
20:02mais une fois que la police
20:03aura donné
20:04ces éléments bruts,
20:06derrière,
20:06il faut travailler
20:07sur un plan
20:07beaucoup plus sociologique,
20:08bien sûr.
20:09C'est-à-dire ?
20:11Est-ce qu'il faudrait
20:12de la reconnaissance faciale
20:15pour les repérer
20:16dès le départ,
20:17par exemple ?
20:18Alors,
20:18si vous parlez
20:19à un policier,
20:20bien sûr qu'il va...
20:21tous les éléments techniques
20:22qui peuvent aider
20:23à l'intervention
20:24des forces de police,
20:25bien sûr que c'est un sujet
20:27qui mérite...
20:28Le drone est un sujet
20:30qui est permis maintenant
20:31dans certaines conditions,
20:32c'est un sujet
20:33qui permet
20:33d'aider
20:34au maintien
20:35et au rétablissement
20:36de l'ordre.
20:37Si vous avez
20:38une capacité
20:39de reconnaissance faciale,
20:42bien sûr
20:42que ça ne se peut qu'aider.
20:43si vous mettez
20:44par exemple
20:47des voyous
20:48ou même
20:49des hooligans
20:49qui sont connus,
20:50si vous mettez
20:50des caméras
20:51et que vous avez
20:52la capacité
20:52de les reconnaître
20:54avant l'intervention,
20:55vous pouvez les écarter
20:57du lieu
20:57où ça va se passer.
20:58Enfin,
20:58on les voit souvent masquées,
20:59on en a vu,
21:00avec des cagoules,
21:01masquées,
21:02avec des foulards
21:03et certains auditeurs
21:04disent
21:05il faut que les policiers
21:07aient les moyens
21:08d'être plus violents,
21:09d'aller au contact
21:10et d'être
21:13beaucoup plus
21:14agressifs
21:15face à ces gens,
21:17parce que je n'ai pas envie
21:18de m'employer le mot
21:19jeunes,
21:19face à ces racailles,
21:22j'emploie le mot
21:22à dessin,
21:23qui aujourd'hui
21:24n'ont plus peur
21:25de la police.
21:25On assiste aussi
21:27à des comportements
21:29assez incroyables
21:30quand on voit
21:31que certains
21:32défient la police
21:33de façon
21:35très violente.
21:36Est-ce qu'il faut
21:36que la police
21:37puisse répondre
21:37de la même manière ?
21:41Je crains
21:42que les mêmes
21:42personnes
21:43qui disent
21:44que la police
21:45n'intervient pas
21:46assez brutalement
21:46soient les mêmes
21:47qui vont critiquer
21:48la police
21:49parce qu'au cours
21:49d'une interpellation
21:50il y a un passant
21:52ou un voisin
21:54qui va prendre
21:55un coup de matraque
21:57par erreur.
21:59Donc,
21:59la police
22:00a un vrai sujet
22:01de tri
22:01et quand on voit
22:02ce qui s'est passé
22:03sur les Champs-Elysées
22:03avec autant
22:05de milliers
22:05de personnes,
22:06comment intervenir
22:07en toute sécurité
22:08pour les policiers
22:09déjà puisqu'on a
22:10aussi une tendance
22:11à vouloir
22:13éviter les interpellations
22:15en toute sécurité
22:16pour les policiers
22:16et en toute sécurité
22:17pour les vrais supporters
22:18qui étaient là
22:19en famille
22:20sur les Champs-Elysées.
22:21Il n'y en avait peut-être
22:22pas beaucoup
22:22samedi soir.
22:24Ça dépend à quelle heure.
22:25Ça dépend à quelle heure.
22:27Donc,
22:27immédiatement
22:28pendant le match
22:29et après le match
22:29il y avait encore
22:31des vrais supporters
22:31quand vous arrivez
22:33à 2h ou 3h du matin
22:34c'est plus facile
22:34d'imaginer
22:35qu'il n'y a plus
22:36que les voyous.
22:37Plus de fermeté
22:38ou pas ?
22:39De la part de la police
22:40où ça ne changera pas
22:41grand-chose ?
22:43La police
22:43elle est là
22:46pour interpeller
22:47dans les meilleures conditions
22:49des voyous.
22:50Donc,
22:51la difficulté
22:52c'est d'arriver
22:53à discerner
22:55et d'être capable
22:56d'incliner
22:57au milieu d'une foule
22:58le bon individu.
22:59C'est ça
23:00la vraie difficulté.
23:01Ce n'est pas
23:01une question
23:02de fermeté.
23:03sur les quelques
23:04800 et quelques
23:05gardes à vue
23:06enfin interpellations
23:07pardon
23:07qui ont été faites
23:09combien vont être
23:10condamnés
23:11à votre avis ?
23:13Je ne peux pas vous dire
23:14parce que je ne connais pas
23:15les dossiers.
23:16La procureure de Paris
23:17a annoncé
23:19donc
23:20276
23:21gardes à vue
23:22256
23:23gardes à vue
23:24pour Paris
23:25après elle ne parle
23:26que pour de la ville
23:27de Paris
23:27sur la région parisienne
23:30il y a le parquet
23:31de Nanterre
23:31le parquet de Bobigny
23:32le parquet de Créteil
23:34au-delà
23:35sur la Grande Couronne
23:36il y a d'autres parquets
23:37et en France
23:37il y a eu des gens
23:38qui ont été interpellés
23:39qui vont concerner
23:40d'autres parquets.
23:40Donc,
23:41elle a annoncé aussi
23:42qu'un certain nombre
23:43de quelques dizaines
23:44d'entre eux
23:44étaient en prolongation
23:45de garde à vue
23:46ça veut dire
23:46qu'on investit
23:47de façon
23:49plus
23:50plus affirmée
23:52en utilisant
23:53d'autres moyens
23:54peut-être
23:54de police technique
23:55et scientifique
23:56ou des traces numériques
23:57de façon à avoir
23:58un dossier
23:59qui soit plus solide
24:00et ce sera intéressant
24:02de voir
24:03sans doute
24:04encore une fois
24:05les peines prononcées
24:06aujourd'hui
24:06sont les peines
24:07sur des dossiers
24:08les plus simples
24:08et donc
24:10ce ne seront pas
24:11les peines les plus lourdes
24:12il faudra faire un bilan
24:13à la fin de la semaine.
24:14Très bien
24:15merci d'avoir été avec nous
24:16ce matin
24:17Christian Flèche
24:17ancien directeur
24:18de la police judiciaire
24:19de Paris
24:20c'était fort intéressant
24:22merci à vous
24:23on se retrouve nous
24:24dans un instant
24:25et on va continuer
24:26à parler
24:26de ce qui s'est passé
24:28samedi soir
24:290826 300 300
24:30évidemment
24:31vous pouvez réagir
24:33sur l'antenne
24:34de Sud Radio
24:34à tout de suite
24:3510h midi
24:37mettez-vous d'accord
24:38Sud Radio
24:41cette semaine
24:43sur l'antenne
24:43et...
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