00:00Amandine Gérard en en juin également, 15h45. Bonjour Amandine.
00:03Bonjour messieurs.
00:04Vous arrivez d'Aix-en-Provence d'ailleurs Amandine.
00:05Oui.
00:06Tu fais un temps aussi pourri là-bas qu'ici ou pas ?
00:08Non, 26 degrés hier.
00:09Alors Amandine, on voulait donc parler du marché avec vous.
00:1226 degrés hier, quelle chance.
00:15Présidente à la tête de la financière de l'ARC, Amandine, bienvenue.
00:17Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce verdict que vous allez rendre,
00:20ce moment qu'on va vivre ensemble.
00:21Est-ce que vous l'assumez ?
00:22Oui, je l'assume.
00:24On vous écoute.
00:25On parle beaucoup d'IA et on va encore en parler beaucoup ces prochaines semaines.
00:29mais au-delà de l'algorithme, on s'aperçoit dans les transactions qui ont lieu ces dernières semaines
00:33que la valeur, la véritable valeur, hésite toujours dans la data.
00:38La data au cœur de l'IA.
00:40Publicis d'ailleurs le prouve une nouvelle fois en ciblant la data.
00:42Vous dites, bien sûr, les valeurs d'IA montent,
00:44mais au cœur de la valorisation et de la valeur de l'IA, c'est bien la data qui est
00:48en jeu.
00:48On le voit effectivement avec cette opération annoncée ce week-end par Publicis,
00:52donc l'achat de LiveRamp, qui est une société américaine située à San Francisco.
00:58Et donc là, on va chercher à être co-créateur de la donnée
01:01et surtout grâce à cette opération de 2,2 milliards de dollars,
01:05approuvée par le conseil d'administration de LiveRamp,
01:08donc il n'y aura pas de contre-offres ou de surenchères,
01:12et bien Publicis intègre l'intégralité de la chaîne de valeur
01:15puisqu'ils avaient déjà acquis en 2019 une société qui s'appelle Epsilon,
01:19qui était plus côté consommateur.
01:21Et là, l'analyse se fait du côté du client,
01:24donc toujours plus d'offres au niveau de ses clients entreprises,
01:29et Publicis devient co-créateur de la donnée.
01:32Et on le voit aujourd'hui, le titre réagit bien sur cette acquisition,
01:36d'autant que Publicis finance cette acquisition avec son cash.
01:39Publicis est en tête du cas qu'effectivement,
01:41plus 5%, une acquisition d'une valeur de 2,2 milliards de dollars
01:46dans un acteur américain du partage de données de data entre entreprises.
01:49Voilà, c'est bien dans la data que réside la valeur de l'IA.
01:52Exactement, assez peu de sujets de concurrence.
01:56En revanche, il y a un sujet de protection de la donnée,
01:58bien entendu, dans cette acquisition.
02:01Et ce sera un sujet aussi global, et particulièrement en Europe, on le sait.
02:05Donc cette acquisition-là, elle est stratégique pour Publicis.
02:09Elle permet du coup une relution,
02:11puisqu'encore une fois, elle est faite avec son cash,
02:13et donc pas par de l'endettement.
02:14Donc, eu égard au niveau des taux,
02:16c'est également un bon signal pour les marchés.
02:19Et surtout, la valorisation de Publicis ces derniers mois
02:22est relativement déprimée, justement, sur ses craintes de l'IA.
02:25Et on voit, encore une fois, le groupe et le management
02:28montrent qu'il sait s'adapter face aux évolutions technologiques.
02:31Donc, convaincu par l'annonce de Publicis,
02:34ce rachat, manifestement, le titre est en tête du cas,
02:36que vous aimez bien Publicis, encore mieux aujourd'hui, encore plus.
02:39Oui, c'est une acquisition en plus américaine,
02:41donc on sait qu'il y a de la valeur.
02:42Et puis, le fait que ce soit amical renforce les probabilités de réussite
02:47et de synergie de cette acquisition.
02:48Et ce qu'on va maintenant regarder, avant l'été,
02:51c'est vraiment les introductions en bourse,
02:52parce que là, on est au cœur de la data avec l'IA,
02:54et puis il y a tous les autres enjeux,
02:55et ces nombreuses IPOs gigantesques
02:57qui vont s'enchaîner dans les deux mois à venir.
02:59A priori, si le calendrier est maintenu.
03:01Si le calendrier est maintenu, si les marchés le permettent,
03:04si les conditions le permettent,
03:05on attend du coup plus de 2 trilliards d'IPOs aux US,
03:10et principalement via SpaceX et OpenAI.
03:13Alors, SpaceX, c'est quasi certain, on va dire,
03:17puisque vous le savez, les IPOs peuvent toujours être suspendus
03:20au dernier moment en fonction des conditions de marché.
03:22Mais a priori, Elon Musk fêtera ses 55 ans le 28 juin,
03:27et le 4 juillet, comme nous le savons,
03:28c'est la fête nationale aux Etats-Unis, donc les 250 ans.
03:32Donc, il aimerait choisir cette fenêtre de tir
03:34pour introduire SpaceX.
03:36Ok, et on se dit fenêtre de tir, bien dit.
03:39Oui, ce n'est pas volontaire.
03:40Ça, c'est exploit, vous voyez, c'est ex en Provence.
03:44Amandine, ça ne va pas faire trop.
03:46Enfin, il y a SpaceX qui doit s'introduire,
03:48il y a Anthropik aussi, OpenAI.
03:50Ça va faire trop pour le marché,
03:51c'est-à-dire qu'il faudra vendre les autres valeurs
03:53sur lesquelles on a réalisé des plus-values,
03:55les autres magnifiques seven, en quelque sorte,
03:57pour venir participer à ces IPOs
03:59ou on peut imaginer tout ce petit monde
04:00vivre ensemble, cohabiter, sans dégâts ?
04:03Alors déjà, quel type d'actionnaire ?
04:04Puisqu'on le voit, l'actionnaire retail
04:07augmente de plus en plus en code part
04:08dans le S&P 500.
04:10Il représente actuellement plus de 40% du S&P 500.
04:13Et si on prend une autre société d'Elon Musk,
04:16plus de 30% de la capitalisation de Tesla.
04:18Donc, on peut penser qu'Elon Musk
04:19va être aussi très vigilant
04:23face à la répartition de son actionnariat.
04:25Il aime l'actionnaire retail.
04:27Donc, effectivement, cet actionnaire-là,
04:28s'est enrichi, notamment beaucoup
04:30au travers d'NVIDIA en 2024 et en 2025.
04:34Donc, il peut y avoir quelques arbitrages.
04:36Et puis, les fonds de pension ont du cash aussi.
04:38Donc, le niveau de cash est quand même
04:40relativement élevé dans les portefeuilles.
04:41On peut se dire qu'on verra en fonction aussi
04:45des fourchettes de valorisation,
04:46puisqu'elles sont très larges.
04:47On parle de 75 milliards à 1 trilliard,
04:507 pour SpaceX.
04:52Donc, ça n'a rien à voir.
04:54Et donc, en fonction de ça,
04:55les allocataires d'actifs,
04:57les fonds de pension et les actionnaires retail
04:59verront ce qu'ils allouent
05:00à ces différentes introductions.
05:01Et vous ne vous diriez pas
05:02que l'argent qui ira sur ces introductions en bourse
05:05ira un peu moins sur le reste de la tech
05:07ou sur le reste de la cote ?
05:08Encore une fois, ça va dépendre de la valorisation.
05:11Et il y a eu beaucoup d'enrichissements,
05:13notamment sur le Nasdaq et le S&P 500
05:15depuis trois ans.
05:16Donc, il y a de l'argent disponible.
05:18Peut-être qu'il y aura un peu de vente
05:19d'Nvidia ou de Google,
05:21effectivement,
05:21qui sont un peu les best-sellers
05:23de ces derniers 24 mois.
05:24Le segment de la tech qui cartonne en ce moment,
05:26en tout cas, c'est les semi-conducteurs.
05:27On le voit clairement.
05:28Et même ici en Europe,
05:29on voit les acteurs des semi-conducteurs européens
05:31depuis le début de l'année
05:31faire aussi bien que les géants américains
05:34des semi-conducteurs.
05:34On sent que l'enthousiasme
05:35se propage désormais aussi à l'Europe.
05:37C'est vraiment frappant.
05:38On a des valeurs comme ST Microelectronics
05:40en hausse de plus de 110%
05:41depuis le 1er janvier.
05:42BE semi-conducteurs au Royaume-Uni
05:44plus 90% depuis le 1er janvier.
05:47Extron plus 168%.
05:48Ça vient.
05:49On a des performances boursières
05:51désormais dignes de ce qu'on voit
05:52à Wall Street,
05:52même ici en Europe.
05:54Eh bien, justement,
05:55particulièrement sur une société
05:56comme Solytech,
05:57c'est l'investisseur particulier
05:59qui a fait la hausse
06:00de certains de ses titres.
06:02Donc, on voit aussi,
06:04il y a un mouvement générationnel
06:05qui fait que la nouvelle génération
06:07sait qu'elle aura besoin
06:10d'une retraite par capital.
06:12et puis, l'air de rien,
06:14les crypto-actifs,
06:15notamment, ont participé
06:16à la vulgarisation des marchés
06:18et donc, plus d'intérêt
06:20des jeunes générations
06:21pour les actions
06:23et ça, tant mieux.
06:24Et notamment,
06:24le versantec qui leur parle.
06:26Exactement.
06:26Qui est beaucoup plus,
06:28je dirais,
06:30perceptible pour eux
06:31et qui fait peut-être
06:32plus rêver aussi
06:33que d'acheter du Total
06:34ou du R2.
06:34Ou du AXA.
06:36On salue, bien sûr.
06:38Est-ce qu'on choisit
06:39la génération de cash ?
06:40Est-ce qu'on choisit
06:41la croissance et l'investissement
06:42et les capex ?
06:43Les deux se discutent.
06:45Mais en tous les cas,
06:45c'est ce qui a porté
06:47ces valeurs
06:47sur les semi-conducteurs.
06:48Après, ce qu'on voit aussi
06:49et ce qu'on a vu
06:50sur la défense,
06:51c'est que là,
06:52justement,
06:53on a un carnet de commandes
06:54très long terme
06:54et pour autant,
06:56une contre-performance
06:57depuis six mois
06:58qui s'explique peu,
07:00si ce n'est par les flux.
07:01Donc, des flux entrants
07:02qui ont été très forts
07:03sur 24 mois
07:04et d'un coup,
07:05un désamour au profit
07:06notamment des semi-conducteurs
07:08ou de l'énergie.
07:10Alors, il y a un cadre
07:11qu'on regarde,
07:12évidemment,
07:13depuis quelques jours,
07:14c'est celui
07:14des rendements obligataires
07:16qui n'arrêtent pas
07:16de s'affoler,
07:17de se tendre
07:17très très fort.
07:18On a l'impression
07:19que c'est un petit peu
07:19comme le pétrole,
07:20de toute manière,
07:21c'est corrélé.
07:23Est-ce qu'il y a
07:24des arbitrages à faire ?
07:26Est-ce qu'il y a
07:26des positions
07:27qu'il faut commencer
07:28à ajuster
07:29par rapport à ça,
07:30selon vous ?
07:31Alors, tout ça,
07:32de manière globale,
07:34ça s'ajuste
07:34par rapport
07:35au scénario économique
07:36qui, effectivement,
07:37se tend
07:37avec la hausse des taux.
07:39Tout le monde
07:40est pénalisé
07:41par cette hausse des taux
07:42à l'exception
07:42des sociétés
07:43qui sont en cache net.
07:45Donc, c'est vrai
07:46qu'il faut ajuster
07:47son portefeuille
07:48de manière raisonnable
07:49et après,
07:50c'est toujours pareil
07:51sur quel horizon de temps
07:52on se place.
07:53Est-ce qu'on joue
07:54des capex
07:55mais des capex
07:56qui deviennent
07:56de plus en plus onéreux
07:58ces investissements
07:58puisque le retour
07:59sur investissement
08:00doit être plus élevé ?
08:01Ou est-ce qu'on sort
08:02totalement,
08:03quelque part,
08:04dans certaines actions
08:06pour aller sur
08:06des rendements obligataires
08:07qui nous rapportent
08:08du 4 ou du 4,5
08:09potentiellement ?
08:10Ça, c'est un autre
08:11type d'arbitrage.
08:12Aujourd'hui,
08:13encore une fois,
08:14on ne l'a pas vu
08:14dans les marchés.
08:15Les marchés
08:15se tiennent relativement bien
08:18parce qu'il y a
08:19cet excès de cash,
08:19cet excès d'épargne
08:21y compris dans des pays
08:22comme l'Angleterre
08:23où l'épargnant
08:24d'habitude a un taux
08:25assez bas.
08:25On est à 10%
08:26aujourd'hui
08:26de taux d'épargne
08:27en Angleterre
08:28ce qui est relativement élevé.
08:30Donc autant de liquidités
08:30prêtes à nouveau
08:31à s'investir.
08:32Exactement.
08:32C'est ça la clé
08:34et si la situation
08:35se stabilise,
08:35il est possible
08:36que du coup
08:37ce soit favorable
08:37toujours aux actions.
08:38Toujours aux actions
08:39malgré les taux élevés.
08:40On peut rentrer
08:40dans ce paradoxe
08:41de taux qui resterait
08:42durablement élevés
08:42mais des actions
08:43qui progresseraient
08:44d'autant que les résultats
08:45des entreprises
08:45sont plus que probants
08:46en ce moment.
08:47Merci Amandine
08:48de nous avoir accompagnés.
08:49Avec plaisir.
08:50Amandine Gérard,
08:50président de la financière
08:51de l'ARC.
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