00:0015h43, Igor Demac, bonjour. Bonjour Igor.
00:03Bonjour Guillaume.
00:04Ravi de vous retrouver, dirigeant associé de Vital Épargne.
00:06Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce moment qu'on va vivre cet instant, ce verdict.
00:11Est-ce que vous l'assumez ?
00:12Oui.
00:13On vous écoute.
00:14J'estime et je l'assume qu'il faut acheter des valeurs bancaires françaises.
00:18Ah tiens.
00:19Oui.
00:20Il faut acheter des valeurs bancaires françaises.
00:23Mais c'est déjà fait. Société Générale, 107% de hausse cette année. Crédit Agricole, 20%.
00:27C'est un peu moins bien. Il faut encore en acheter.
00:29Alors, il y en a trois, principalement, évidemment. Enfin, en tout cas, des valeurs purement bancaires.
00:34Je pense que Société Générale a effectivement fait la plus grosse partie de son chemin.
00:39Mais quand on regarde par rapport aux performances de l'indice Eurobanks, BNP et Crédit Agricole sont très loin,
00:44puisque c'est un indice qui fait plus de 60%.
00:46Quand on regarde les niveaux de valorisation, ça reste des animaux très peu chèrement valorisés,
00:51des PE entre 8 et 9 fois, des price to book, c'est-à-dire le rapport de la valeur des fonds propres comptables hors goodwill.
00:58Donc, qui sont inférieurs à 1, ça veut dire qu'on estime qu'elles détruisent de la valeur.
01:03Alors que d'année en année, la rentabilité du capital s'améliore.
01:08C'est ce qu'a annoncé BNP avec un objectif de 13% sur son corps tiroine.
01:12Des dividendes qui sont généreux, sauf pour Société Générale.
01:14Donc, oui, je pense que ce sont des valeurs qui ont du potentiel pour toutes ces raisons.
01:20C'est le signal BNP Paribas d'hier qui vous a poussé effectivement à vouloir convaincre nos auditeurs
01:25d'acheter encore les valeurs bancaires françaises.
01:26Il y a BNP annoncé alors plus d'un milliard d'euros de rachat d'actions,
01:29mais aussi effectivement révisé à la hausse en objectif de ratio de solvabilité.
01:32Oui, avec une perspective de redistribuer de manière exceptionnelle l'excédent par rapport à cet objectif de 13%.
01:38C'est aussi boursièrement la contreperve de BNP depuis quelques temps,
01:43qui fait qu'il y a eu un désamour momentané et qu'il faut aussi revenir sur ces valeurs.
01:49C'est certainement un secteur toujours très exposé au souverain,
01:53mais avec la pontification de la coupe des taux,
01:56en même temps la baisse probable de la Fed et un programme quantitatif des deux côtés de l'Atlantique
02:02qui pourrait se remettre en marche.
02:04Ce sont des configurations que je trouve assez bonnes pour le secteur.
02:06Antoine ?
02:07Je pense qu'il y a peut-être aussi un facteur, on passe beaucoup de temps à dire
02:10oui, vous comprenez, on va avoir un décalage de compétitivité,
02:13le secteur américain, le secteur bancaire va complètement se faire déréguler,
02:17nous on va être à la traîne.
02:19Je pense que ça a les avantages de ces inconvénients dans le sens où des banques
02:23qui sont extrêmement bien capitalisées, voire même trop, entre guillemets,
02:27qui sont vraiment très très solides,
02:28elles ont plus le loisir de racheter leurs actions, de chouchouter l'actionnaire,
02:32d'augmenter le dividende,
02:33et ça, ça peut en faire des valeurs de rendement intéressantes.
02:37Alors Goldman Sachs ne peut pas voiser en disant
02:39on va avoir les revenus les plus élevés en fusion acquisition de ces 24 dernières années,
02:44ce qui est effectivement très impressionnant
02:46et ce qui en dit long sur la conjoncture américaine,
02:48mais parallèlement, nous on a des banques extrêmement solides,
02:51mais qui vont peut-être prendre plus soin de leurs actionnaires
02:53et ça pourrait être un petit avantage pour nous.
02:55C'est intéressant ça, effectivement.
02:57Oui, le secteur bancaire européen est très solide,
03:00il est plutôt bien régulé.
03:02Donc ça va ruisseler, c'est tellement solide que pour les actionnaires, ça peut ruisseler.
03:05Disons qu'ils ont toujours, un, les États qui sont très pronds à les taxer
03:11de manière exceptionnelle quand ils ont besoin de combler leurs troubles budgétaires,
03:14et la BCE qui veille, mais aujourd'hui, ça reste un secteur pas cher,
03:19un secteur qui est évidemment...
03:20Dépendant de l'activité un peu quand même.
03:21Oui, très pro-cyclique, mais ce qui est plus gênant aussi à terme,
03:26c'était le risque des fintechs et puis de toutes les solutions de paiement
03:30et de solutions bancaires type Révolute et autres.
03:33Je pense que ça, c'est quelque chose qu'ils sont en train d'intégrer,
03:36qu'ils absorbent et on a toujours besoin de grandes institutions financières et bancaires.
03:40Ça fait partie du socle de notre capitalisme et c'est plutôt bien fait.
03:44Tout n'a pas été bien fait en zone euro,
03:46mais l'euro et le système bancaire après la crise de 2011,
03:49je pense qu'on s'en renforce.
03:50Et votre message, c'est donc qu'il faut acheter les banques françaises.
03:54Oui, la France n'est pas tellement à la mode en ce moment,
03:57mais on voit que le CAC 40, finalement, il stagne malgré les soucis de notre pays.
04:03Et puis, les valeurs bancaires françaises,
04:05car le prix agricole, ils sont très puissants en Italie.
04:09C'est des banques universelles, internationales, systémiques, pour BNP par exemple.
04:14Alors, laquelle ?
04:15Parce que la différence de performance cette année est renversante.
04:20Société Générale gagne 107%, BNP 20%.
04:23C'est bien 20%, mais c'est 5 fois moins.
04:25Société Générale vient de plus loin.
04:25C'était un cas de restructuration, un cas de management.
04:28Ce n'est pas du tout le même périmètre que BNP Paribas également.
04:31Mais merci, la nouvelle direction quand même, c'est grâce à elle.
04:33On peut pour le coup attribuer des lauriers à quelqu'un ou pas ?
04:36Sur ce plus de 107%.
04:37En tout cas, on ne peut pas les attribuer aux précédents, déjà.
04:41Donc oui, normalement, un bon management,
04:43dans quelle entreprise que ce soit,
04:45ça se voit sur les performances opérationnelles et boursières.
04:47C'est laquelle votre préféré alors, des trois ?
04:49Alors, je pense qu'aujourd'hui, il faut choisir BNP en 1 et en 2, crédit agricole.
04:54Oui.
04:54La zone euro d'ailleurs, qui ne va pas si mal, ça compte pour le secteur bancaire.
04:58L'activité, Antoine ?
04:59Oui, ça rejoint un petit peu ce qu'on se disait à propos des banques.
05:03Donc, nous, les PMI européens, en termes de conjoncture, ne sont pas trop mauvais.
05:08L'ISM, on a vu ça hier après-midi, c'est une autre limonade.
05:13Est-ce que finalement, on n'est pas en train de terminer l'année
05:16avec un très légère avantage en matière de conjoncture industrielle ?
05:20Pour l'Europe.
05:20Pour l'Europe, oui.
05:22Un avantage, peut-être qu'il y a des secteurs,
05:25je sais que les secteurs exportateurs français ont été un peu meilleurs que d'habitude.
05:30Il y a le luxe qui marche un peu mieux.
05:31Bon, après, est-ce que ce n'est pas à la marge aujourd'hui
05:34par rapport à la conjoncture américaine ?
05:36La conjoncture américaine, on a bien senti que l'IA représentait
05:39une présente majorité du...
05:41Mais que les autres secteurs ?
05:43C'est la reprise en cas, c'est-à-dire que les hauts revenus
05:46et tout ce qui concerne l'intelligence artificielle, ça marche.
05:48Nous, on a une consommation et une économie qui est un peu plus stable,
05:51un peu plus prévisible.
05:52Bon, il se trouve qu'en France...
05:53Un peu plus équipondéré.
05:55Oui, et puis en France, on a la dette qui permet de fabriquer un peu de croissance aussi.
05:58Mais les secteurs exportateurs type aéronautique et puis luxe
06:01sont plutôt bien performés ces dernières années.
06:03Christophe Barraud, on le recevait hier.
06:05Tu le recevais aussi, Antoine, d'ailleurs, sur scène,
06:06à tout pour investir dans l'événement.
06:08Il nous disait, il était en plateau dans BFM Bourse,
06:10l'économiste meilleur prévisionniste au monde
06:12depuis des années, classement Bloomberg devant tous les anglo-saxons.
06:15Il est français et on le recevait hier.
06:16Il nous disait...
06:17En fait, l'économie américaine est en récession.
06:19Il y a une récession cachée.
06:21La tech, la croissance portée par la tech,
06:23masque tout le reste de l'économie
06:24et le reste de l'économie est déjà en récession.
06:26Il disait qu'une vingtaine d'États américains
06:29étaient d'ores et déjà en récession,
06:31alors que certains de la Californie, New York...
06:34Bon, tout va bien.
06:34Mais qu'effectivement, il y a un petit effet déséquilibrant
06:37quand on regarde ces chiffres.
06:38C'est plutôt une économie que je qualifierais sous stéroïde.
06:40Donc, c'est un bon sportif,
06:42mais on le dope.
06:43Et donc, il fait mieux que ce qu'il devrait faire.
06:45Mais en fait, il y a plein de choses
06:47qui ne vont pas aux États-Unis.
06:49Sur les marchés, plus globalement,
06:50c'est nos amis de Zone Bourse qui ont cette image.
06:53On la prend ou on ne l'en prend pas.
06:54Ils estiment que les marchés commencent à manquer un peu de libido.
06:57Il y a une perte de libido sur les marchés vis-à-vis de la tech
06:59et vis-à-vis de l'investissement dans les actifs à risque.
07:02Est-ce que vous sentez ça un peu ?
07:03On est là-dedans, là, ou pas ?
07:04Les interrogations de marché.
07:05C'est le karma pour payer la libido,
07:06mais là, on est en fin d'année.
07:09Donc, moi, j'étais intervenu il n'y a pas longtemps
07:11en disant qu'il fallait arrêter d'acheter
07:13les valeurs liées à l'intelligence artificielle.
07:16Bon, je n'étais pas devin,
07:17parce que c'était un mouvement qui avait déjà commencé,
07:19mais il y a trop d'argent capturé, en fait,
07:21dans cette espèce d'énorme bulle d'investissement,
07:24sans qu'on sache aujourd'hui très bien
07:26si ça va durer 5, 10, 15, 20 ans
07:29et on est en fin d'année.
07:30Donc, il y a un peu moins d'appétit pour ces risques-là,
07:33un peu plus pour des secteurs value,
07:34mais aujourd'hui, personne ne prend de réelle direction
07:37sur la location sectorielle ou géographique.
07:40Il s'appelle Igor Demas,
07:42qui nous accompagne régulièrement pour Vital Épargne.
07:43Merci beaucoup, Igor, d'être passé nous voir.
07:45On rappelle votre message,
07:46il faut acheter les banques françaises,
07:48les valeurs bancaires françaises en bourse.
07:50Elles restent attractives,
07:51même si le parcours de cette année est incroyablement positif.
07:53Elles restent des côtés, ces valeurs bancaires françaises.
07:55Merci de nous avoir accompagnés.
07:56Merci.
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