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  • il y a 16 heures
Ce vendredi 13 février, Igor De Maack, dirigeant associé de Vitalépargne, s'est penché sur le fonctionnement de la rotation sectorielle dans les marchés, l'importance de l'achat des valeurs non technologiques et la politique de relance de l'industrie européenne, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il nous rejoint Igor Demac, bonjour Igor. Bonjour Guillaume.
00:03C'est les gens associés de Vital Eping, bienvenue, on est ravis de vous retrouver.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre,
00:10est-ce que vous l'assumez ? Oui. On vous écoute.
00:14J'assume d'acheter désormais des valeurs non technologiques.
00:17Ah ouais.
00:20Vous assumez d'acheter des valeurs non technologiques.
00:23Igor, ça existe à l'heure actuelle, des valeurs qui ne soient pas tech ?
00:29Bah écoutez, les trois que j'ai en tête sont plus des valeurs traditionnelles qui fournissent des services, des produits,
00:36que des valeurs purement technologiques ou liées à l'intelligence artificielle.
00:40C'est vrai, parce qu'on a tout autour de nous tout un tas d'entreprises qui ne sont pas
00:43directement liées à la tech,
00:45qui veulent être des entreprises tech et se raconter comme des entreprises tech.
00:49Donc des fois, c'est un petit peu compliqué de dénouer les chevaux.
00:53Oui, après, l'intelligence artificielle ou la technologie, c'est un peu, on est peut-être un peu trop jeunes,
00:59mais c'est un peu comme l'apparition de l'informatique dans l'économie il y a une quarantaine d
01:04'années.
01:04Donc c'est sûrement quelque chose de disruptif.
01:07Mais quand vous fabriquez des moteurs d'avion comme Safran,
01:09ou que vous construisez des autoroutes comme Vinci,
01:12ou que vous avez une chaîne de distribution mondiale de produits de luxe,
01:17vous êtes un peu moins sujet à ces problématiques,
01:21même si vous utilisez l'informatique, l'intelligence artificielle et les données.
01:25Bien sûr. Donc c'est Haro sur la tech, votre stratégie, là, pour la suite ?
01:27Non, j'ai dit qu'il fallait acheter des valeurs non technologiques.
01:29Je n'ai pas dit qu'il fallait vendre des valeurs technologiques,
01:32comme on était formé par les jésuites, j'ai réponse un peu à tout.
01:35Mais le but, là, là-dedans, c'est de dire,
01:39on a des très très belles publications,
01:41les trois sociétés dont je vous ai parlé, Vinci, Safran, Kering,
01:44trois modèles économiques différents, trois histoires d'investissement différentes,
01:48avec des multiples de valorisation très attractifs pour Vinci,
01:52une stratégie dividendaire aristocratique, je dirais,
01:55depuis une vingtaine d'années,
01:57avec une stratégie financière aussi très bien pilotée.
02:03Un titre, Vinci au plus haut historique,
02:04il ne faut pas avoir peur des valeurs au plus haut historique,
02:06c'est aussi le message, du coup.
02:07Non, s'il n'y a pas de contrariété sur les agrégats opérationnels,
02:12et qu'il n'y a pas de dette, que c'est bien géré,
02:14moi j'aime vraiment bien les sociétés qui ont des vraies stratégies financières,
02:18soit de désendettement comme Kering,
02:19qui a fait un cash flow de 4,4 milliards,
02:22notamment avec la cession de l'immobilier,
02:24soit parce qu'il y a de la croissance,
02:26et qu'il y a une trésorerie nette au bilan comme Safran.
02:28Safran, c'est cher,
02:29mais Safran, c'est 12 à 14% de chiffre d'affaires
02:32en prévision de croissance l'année prochaine.
02:34Donc, c'est des valeurs,
02:36on ne va pas les taguer comme intelligentes artificiellement, technologiquement,
02:41mais en termes boursiers, vous voyez la performance de Safran,
02:44la performance de Vinci,
02:46c'est tout à fait acceptable dans un portefeuille.
02:48Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire, effectivement.
02:50Et Safran, vous faites bien d'en parler,
02:51parce que Safran a publié ce matin, c'est un carton.
02:53Le titre gagne 10% aujourd'hui,
02:54porté par les Rafales, notamment les commandes de Rafale.
02:59Et puis, le moteur Lip, enfin, tout ce qui fait cette force
03:04et cette richesse de la côte européenne
03:06aller chercher des valeurs industrielles
03:10qui ont des empreintes géographiques de production mondiale
03:14et qui sont leaders.
03:15Et l'aéronautique est encore un secteur
03:16où l'Europe est quasiment devant tout le monde.
03:19Voilà, et évidemment, une immense demande militaire aussi
03:23dans l'aviation civile.
03:25On n'oublie pas, bien sûr, d'ailleurs, sur le marché secondaire,
03:27les moteurs de Safran sont très, très demandés,
03:29les moteurs d'aviation civile sur le marché secondaire.
03:31Et puis, vous citiez Vinci dans les infrastructures.
03:32Évidemment, il y a le grand plan à venir aussi ici en Europe.
03:35On est à la moitié des publications.
03:36La moitié des entreprises européennes ont publié là.
03:39Quelle première sensation avez-vous sur ces publications ?
03:41Alors, il y a les bonnes surprises
03:44ou les bons élèves de la classe.
03:46On n'a pas cité Hermès,
03:47mais qui aussi a fait une belle publication.
03:49Puis, il y a les déceptions.
03:51On a vu Sanofi, on voit L'Oréal
03:53qui sont confrontés là plutôt à l'atomie
03:57particulièrement de la demande chinoise.
03:59C'est toujours une partie du monde
04:01qui n'a pas repris du tout son rythme de croissance,
04:03de consommation, je dirais, d'avant Covid.
04:06Et puis, on a des sociétés
04:09qui déçoivent parce qu'elles ne croissent pas assez vite,
04:14mais qui sont toujours aussi...
04:16On avait vu Essilor, Luxottica,
04:19c'était une histoire plutôt de marge.
04:20C'est des très bons résultats.
04:22Mais après, les investisseurs font un peu le tri.
04:24Je dirais que ce sont quand même des très, très bonnes valeurs européennes
04:28à avoir en portefeuille aujourd'hui.
04:29Alors, il y a eu le sommet européen
04:31qui était quand même un moment important
04:33en termes de déclaration d'intention économique.
04:36Est-ce que le secteur industriel,
04:39de manière générale en Europe,
04:41est à regarder, pourrait bénéficier
04:42des dynamiques de ce sommet ?
04:45Oui, c'est un peu le seul secteur
04:50sur lequel on doit se focaliser en Europe.
04:52Parce qu'en termes de les banques,
04:54je crois qu'on a un des secteurs les mieux régulés.
04:56On a beaucoup d'épargne, les consommateurs sont là.
04:59Mais l'attrition, particulièrement en France,
05:01de la base industrielle européenne
05:02est quelque chose qui nous différencie
05:05des pays émergents et des grandes puissances
05:07que sont les États-Unis, le Japon ou la Chine.
05:10Et c'est avec la dégringolade de l'automobile
05:13qu'il y a un sérieux avertissement
05:16sur nos plateformes industrielles.
05:18Oui, et donc a eu lieu hier ce sommet
05:20des chefs d'État et du gouvernement européen
05:22pour relancer l'industrie à travers...
05:24Alors, voilà les priorités qui ont été annoncées.
05:26Et on espère qu'elles seront vite engagées.
05:27Une réforme du marché de l'électricité
05:29et du droit de la concurrence.
05:30La mise en place d'une préférence européenne,
05:33l'union des marchés de capitaux.
05:34Vous avez le sentiment que, allez,
05:36ce qui a été annoncé, ce sommet,
05:37va véritablement permettre ce pas en avant
05:40que vous attendez ou au contraire
05:41on va passer de quoi par rapport au rapport Draghi
05:44de 13% du rapport Draghi déjà mis en œuvre
05:46à jusqu'à 14% et puis c'est tout ?
05:50Malheureusement, le track rigor de l'Europe
05:52sur beaucoup de plans n'est pas toujours très bon.
05:56Il y a quand même le plan sur les infrastructures
05:58et les infrastructures vertes
06:00qui a quand même beaucoup aidé des pays comme l'Italie.
06:02Il y a la régulation bancaire
06:04qui est vraiment un exemple de ce qu'il faut faire.
06:06Il y a l'euro qui est une monnaie très solide
06:09donc je ne vais pas être pessimiste sur tous les sujets
06:12mais malheureusement pour développer une plateforme industrielle
06:15comme pour développer une mine,
06:17ça prend entre 15 et 20 ans.
06:18C'est ça.
06:18Donc toutes les bonnes actions sont bonnes à prendre
06:21mais en fait c'est la pérennité de l'engagement politique
06:24qui dans les démocraties actuelles est très fragilisée.
06:28Alors c'est très intéressant de suivre les grandes évolutions de marché,
06:30les questions que se posent aussi les marchés.
06:32C'est l'IA qui risque de disrupter un certain nombre de secteurs
06:35mais le marché va peut-être trop loin sur ces secteurs.
06:37On voit les tout petits acteurs de l'IA venir remettre en cause
06:40des positions ancrées depuis des décennies.
06:42On a vu hier les acteurs de la logistique souffrir
06:44juste parce qu'un tout petit acteur comme ça apporte des chiffres
06:48manifestement magnifiques d'augmentation des volumes de frais
06:50dans la juridique listique sans recourir à plus de personnel.
06:54C'est pas mal.
06:54Et ce grâce à l'IA.
06:55Très bien.
06:55Donc tout le secteur a souffert.
06:56Est-ce que l'IA est un outil à même de réégaliser les choses ?
07:02Des tout petits acteurs qui viendraient concurrencer
07:03d'un coup d'un seul, des gros.
07:05L'école bleue qui souffre depuis des décennies,
07:08l'école bleue, les ouvriers, les travaux manuels
07:09qui a cette fois peut-être une revanche à prendre
07:11parce que l'IA ne va pas les disrupter contrairement au col blanc.
07:13Est-ce que l'IA, fruit du capitalisme quand même,
07:16l'IA, va réégaliser le monde ?
07:18Déjà l'école bleue, en tout cas pour la France,
07:20il n'y en a plus beaucoup.
07:21Donc on est dans des activités et des économies de service.
07:25Entre le col bleu et le col blanc,
07:27il y a peut-être le col bleu ciel,
07:28mais c'est surtout les jobs très administratifs,
07:31donc des jobs qui sont quand même un peu en bas de la pyramide,
07:33qui vont beaucoup souffrir.
07:35Après l'intelligence artificielle pour moi,
07:37c'est la troisième jambe ou le troisième côté
07:39du triangle de la flèche.
07:41On a eu l'Internet,
07:42les grands réseaux qui ont construit des données
07:44et maintenant on a la pointe de la flèche
07:46qui est l'intelligence artificielle
07:47qui utilise évidemment tout ça.
07:49Donc ça fait partie du capitalisme,
07:52la disruption, la concurrence.
07:54Le petit contre le gros,
07:56la croissance contre la rente.
07:57Donc on est dans cette thématique-là.
07:59Après aujourd'hui, on a beaucoup, à mon avis,
08:00de phénomènes plutôt de couverture de short,
08:05de trading, de placement spéculatif.
08:07On l'a vu sur les métaux précieux récemment.
08:09Donc je ne ferai pas de conclusion générale sur l'IA.
08:13Tout le monde, comme l'informatique,
08:14comme les logiciels à un moment,
08:16va se doter de moteurs et d'accélération,
08:19de l'efficacité.
08:20Quand on améliore la productivité,
08:22oui, ça joue sur l'emploi.
08:23Mais comme de plus en plus dans les sociétés modernes,
08:25le nombre d'heures travaillées en personne diminue,
08:30je pense qu'il va falloir que des robots
08:31fassent le travail pour nous.
08:33Igor Demac et sa vision,
08:35vital épargne.
08:36Merci beaucoup de nous avoir accompagné aujourd'hui, Igor.
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