00:00Il nous rejoint Igor Demac, bonjour Igor. Bonjour Guillaume.
00:03C'est les gens associés de Vital Eping, bienvenue, on est ravis de vous retrouver.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre,
00:10est-ce que vous l'assumez ? Oui. On vous écoute.
00:14J'assume d'acheter désormais des valeurs non technologiques.
00:17Ah ouais.
00:20Vous assumez d'acheter des valeurs non technologiques.
00:23Igor, ça existe à l'heure actuelle, des valeurs qui ne soient pas tech ?
00:29Bah écoutez, les trois que j'ai en tête sont plus des valeurs traditionnelles qui fournissent des services, des produits,
00:36que des valeurs purement technologiques ou liées à l'intelligence artificielle.
00:40C'est vrai, parce qu'on a tout autour de nous tout un tas d'entreprises qui ne sont pas
00:43directement liées à la tech,
00:45qui veulent être des entreprises tech et se raconter comme des entreprises tech.
00:49Donc des fois, c'est un petit peu compliqué de dénouer les chevaux.
00:53Oui, après, l'intelligence artificielle ou la technologie, c'est un peu, on est peut-être un peu trop jeunes,
00:59mais c'est un peu comme l'apparition de l'informatique dans l'économie il y a une quarantaine d
01:04'années.
01:04Donc c'est sûrement quelque chose de disruptif.
01:07Mais quand vous fabriquez des moteurs d'avion comme Safran,
01:09ou que vous construisez des autoroutes comme Vinci,
01:12ou que vous avez une chaîne de distribution mondiale de produits de luxe,
01:17vous êtes un peu moins sujet à ces problématiques,
01:21même si vous utilisez l'informatique, l'intelligence artificielle et les données.
01:25Bien sûr. Donc c'est Haro sur la tech, votre stratégie, là, pour la suite ?
01:27Non, j'ai dit qu'il fallait acheter des valeurs non technologiques.
01:29Je n'ai pas dit qu'il fallait vendre des valeurs technologiques,
01:32comme on était formé par les jésuites, j'ai réponse un peu à tout.
01:35Mais le but, là, là-dedans, c'est de dire,
01:39on a des très très belles publications,
01:41les trois sociétés dont je vous ai parlé, Vinci, Safran, Kering,
01:44trois modèles économiques différents, trois histoires d'investissement différentes,
01:48avec des multiples de valorisation très attractifs pour Vinci,
01:52une stratégie dividendaire aristocratique, je dirais,
01:55depuis une vingtaine d'années,
01:57avec une stratégie financière aussi très bien pilotée.
02:03Un titre, Vinci au plus haut historique,
02:04il ne faut pas avoir peur des valeurs au plus haut historique,
02:06c'est aussi le message, du coup.
02:07Non, s'il n'y a pas de contrariété sur les agrégats opérationnels,
02:12et qu'il n'y a pas de dette, que c'est bien géré,
02:14moi j'aime vraiment bien les sociétés qui ont des vraies stratégies financières,
02:18soit de désendettement comme Kering,
02:19qui a fait un cash flow de 4,4 milliards,
02:22notamment avec la cession de l'immobilier,
02:24soit parce qu'il y a de la croissance,
02:26et qu'il y a une trésorerie nette au bilan comme Safran.
02:28Safran, c'est cher,
02:29mais Safran, c'est 12 à 14% de chiffre d'affaires
02:32en prévision de croissance l'année prochaine.
02:34Donc, c'est des valeurs,
02:36on ne va pas les taguer comme intelligentes artificiellement, technologiquement,
02:41mais en termes boursiers, vous voyez la performance de Safran,
02:44la performance de Vinci,
02:46c'est tout à fait acceptable dans un portefeuille.
02:48Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire, effectivement.
02:50Et Safran, vous faites bien d'en parler,
02:51parce que Safran a publié ce matin, c'est un carton.
02:53Le titre gagne 10% aujourd'hui,
02:54porté par les Rafales, notamment les commandes de Rafale.
02:59Et puis, le moteur Lip, enfin, tout ce qui fait cette force
03:04et cette richesse de la côte européenne
03:06aller chercher des valeurs industrielles
03:10qui ont des empreintes géographiques de production mondiale
03:14et qui sont leaders.
03:15Et l'aéronautique est encore un secteur
03:16où l'Europe est quasiment devant tout le monde.
03:19Voilà, et évidemment, une immense demande militaire aussi
03:23dans l'aviation civile.
03:25On n'oublie pas, bien sûr, d'ailleurs, sur le marché secondaire,
03:27les moteurs de Safran sont très, très demandés,
03:29les moteurs d'aviation civile sur le marché secondaire.
03:31Et puis, vous citiez Vinci dans les infrastructures.
03:32Évidemment, il y a le grand plan à venir aussi ici en Europe.
03:35On est à la moitié des publications.
03:36La moitié des entreprises européennes ont publié là.
03:39Quelle première sensation avez-vous sur ces publications ?
03:41Alors, il y a les bonnes surprises
03:44ou les bons élèves de la classe.
03:46On n'a pas cité Hermès,
03:47mais qui aussi a fait une belle publication.
03:49Puis, il y a les déceptions.
03:51On a vu Sanofi, on voit L'Oréal
03:53qui sont confrontés là plutôt à l'atomie
03:57particulièrement de la demande chinoise.
03:59C'est toujours une partie du monde
04:01qui n'a pas repris du tout son rythme de croissance,
04:03de consommation, je dirais, d'avant Covid.
04:06Et puis, on a des sociétés
04:09qui déçoivent parce qu'elles ne croissent pas assez vite,
04:14mais qui sont toujours aussi...
04:16On avait vu Essilor, Luxottica,
04:19c'était une histoire plutôt de marge.
04:20C'est des très bons résultats.
04:22Mais après, les investisseurs font un peu le tri.
04:24Je dirais que ce sont quand même des très, très bonnes valeurs européennes
04:28à avoir en portefeuille aujourd'hui.
04:29Alors, il y a eu le sommet européen
04:31qui était quand même un moment important
04:33en termes de déclaration d'intention économique.
04:36Est-ce que le secteur industriel,
04:39de manière générale en Europe,
04:41est à regarder, pourrait bénéficier
04:42des dynamiques de ce sommet ?
04:45Oui, c'est un peu le seul secteur
04:50sur lequel on doit se focaliser en Europe.
04:52Parce qu'en termes de les banques,
04:54je crois qu'on a un des secteurs les mieux régulés.
04:56On a beaucoup d'épargne, les consommateurs sont là.
04:59Mais l'attrition, particulièrement en France,
05:01de la base industrielle européenne
05:02est quelque chose qui nous différencie
05:05des pays émergents et des grandes puissances
05:07que sont les États-Unis, le Japon ou la Chine.
05:10Et c'est avec la dégringolade de l'automobile
05:13qu'il y a un sérieux avertissement
05:16sur nos plateformes industrielles.
05:18Oui, et donc a eu lieu hier ce sommet
05:20des chefs d'État et du gouvernement européen
05:22pour relancer l'industrie à travers...
05:24Alors, voilà les priorités qui ont été annoncées.
05:26Et on espère qu'elles seront vite engagées.
05:27Une réforme du marché de l'électricité
05:29et du droit de la concurrence.
05:30La mise en place d'une préférence européenne,
05:33l'union des marchés de capitaux.
05:34Vous avez le sentiment que, allez,
05:36ce qui a été annoncé, ce sommet,
05:37va véritablement permettre ce pas en avant
05:40que vous attendez ou au contraire
05:41on va passer de quoi par rapport au rapport Draghi
05:44de 13% du rapport Draghi déjà mis en œuvre
05:46à jusqu'à 14% et puis c'est tout ?
05:50Malheureusement, le track rigor de l'Europe
05:52sur beaucoup de plans n'est pas toujours très bon.
05:56Il y a quand même le plan sur les infrastructures
05:58et les infrastructures vertes
06:00qui a quand même beaucoup aidé des pays comme l'Italie.
06:02Il y a la régulation bancaire
06:04qui est vraiment un exemple de ce qu'il faut faire.
06:06Il y a l'euro qui est une monnaie très solide
06:09donc je ne vais pas être pessimiste sur tous les sujets
06:12mais malheureusement pour développer une plateforme industrielle
06:15comme pour développer une mine,
06:17ça prend entre 15 et 20 ans.
06:18C'est ça.
06:18Donc toutes les bonnes actions sont bonnes à prendre
06:21mais en fait c'est la pérennité de l'engagement politique
06:24qui dans les démocraties actuelles est très fragilisée.
06:28Alors c'est très intéressant de suivre les grandes évolutions de marché,
06:30les questions que se posent aussi les marchés.
06:32C'est l'IA qui risque de disrupter un certain nombre de secteurs
06:35mais le marché va peut-être trop loin sur ces secteurs.
06:37On voit les tout petits acteurs de l'IA venir remettre en cause
06:40des positions ancrées depuis des décennies.
06:42On a vu hier les acteurs de la logistique souffrir
06:44juste parce qu'un tout petit acteur comme ça apporte des chiffres
06:48manifestement magnifiques d'augmentation des volumes de frais
06:50dans la juridique listique sans recourir à plus de personnel.
06:54C'est pas mal.
06:54Et ce grâce à l'IA.
06:55Très bien.
06:55Donc tout le secteur a souffert.
06:56Est-ce que l'IA est un outil à même de réégaliser les choses ?
07:02Des tout petits acteurs qui viendraient concurrencer
07:03d'un coup d'un seul, des gros.
07:05L'école bleue qui souffre depuis des décennies,
07:08l'école bleue, les ouvriers, les travaux manuels
07:09qui a cette fois peut-être une revanche à prendre
07:11parce que l'IA ne va pas les disrupter contrairement au col blanc.
07:13Est-ce que l'IA, fruit du capitalisme quand même,
07:16l'IA, va réégaliser le monde ?
07:18Déjà l'école bleue, en tout cas pour la France,
07:20il n'y en a plus beaucoup.
07:21Donc on est dans des activités et des économies de service.
07:25Entre le col bleu et le col blanc,
07:27il y a peut-être le col bleu ciel,
07:28mais c'est surtout les jobs très administratifs,
07:31donc des jobs qui sont quand même un peu en bas de la pyramide,
07:33qui vont beaucoup souffrir.
07:35Après l'intelligence artificielle pour moi,
07:37c'est la troisième jambe ou le troisième côté
07:39du triangle de la flèche.
07:41On a eu l'Internet,
07:42les grands réseaux qui ont construit des données
07:44et maintenant on a la pointe de la flèche
07:46qui est l'intelligence artificielle
07:47qui utilise évidemment tout ça.
07:49Donc ça fait partie du capitalisme,
07:52la disruption, la concurrence.
07:54Le petit contre le gros,
07:56la croissance contre la rente.
07:57Donc on est dans cette thématique-là.
07:59Après aujourd'hui, on a beaucoup, à mon avis,
08:00de phénomènes plutôt de couverture de short,
08:05de trading, de placement spéculatif.
08:07On l'a vu sur les métaux précieux récemment.
08:09Donc je ne ferai pas de conclusion générale sur l'IA.
08:13Tout le monde, comme l'informatique,
08:14comme les logiciels à un moment,
08:16va se doter de moteurs et d'accélération,
08:19de l'efficacité.
08:20Quand on améliore la productivité,
08:22oui, ça joue sur l'emploi.
08:23Mais comme de plus en plus dans les sociétés modernes,
08:25le nombre d'heures travaillées en personne diminue,
08:30je pense qu'il va falloir que des robots
08:31fassent le travail pour nous.
08:33Igor Demac et sa vision,
08:35vital épargne.
08:36Merci beaucoup de nous avoir accompagné aujourd'hui, Igor.
Commentaires