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  • il y a 4 heures
Ce mardi 14 avril, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, s'est penché sur l'accentuation de la volatilité sur les marchés à cause des publications, la position de TotalEnergies sur le blocus dans le détroit d'Ormuz, et les raisons du lancement d'un programme de rachat d'actions de Semco, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00En 15h44, il nous rejoint à l'instant, il vient de s'installer.
00:04Franklin Pichard est avec nous. Bonjour Franklin.
00:06Bonjour Guillaume.
00:07Directeur général de Kipling Finance, vous allez Franklin rendre votre verdict face au marché.
00:11Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:16Oui, je l'assume totalement.
00:18On vous écoute.
00:19Eh bien, à l'aune de tout ce qui se présente et de la publication des résultats,
00:24nous considérons que cette saison des résultats va à nouveau accentuer la volatilité sur les marchés.
00:30Ah tiens.
00:32Alors ça, je me disais, les résultats arrivent, ils vont nous apporter un peu d'éclairage,
00:36un peu de lumière, des jalons pour savoir où on va,
00:38pour apporter un peu de rationalité au mouvement des marchés.
00:41Je me disais ça, les publications vont nous aider à trouver cette rationalité
00:44qui nous manquait peut-être jusqu'ici.
00:45Vous dites non, en tout cas, plus de volatilité peut-être du fait de ces publications ?
00:49Oui, alors on ne va pas retrouver les niveaux de volatilité du 8 avril.
00:538 avril, on a eu une conjugaison de rachats de short massifs.
00:57Et puis surtout, on a eu un mouvement historique qui était un rééquilibrage massif des fonds de pension.
01:03Et c'était des volumes suffisamment importants pour que ce soit dans le top 10 des volumes
01:09traités par les fonds d'investissement au cours des quelques dernières années.
01:16Mais en tout cas, les Hedge avaient massivement, massivement reconsidéré leur position
01:20et surtout les fonds de pension.
01:21On ne va pas revenir à ça, d'accord.
01:22Donc on va parvenir à ça.
01:24Mais en revanche, aujourd'hui, quand on regarde un petit peu la lecture des stratégistes,
01:31c'est que l'Europe, on a considéré qu'il fallait être dessus,
01:34que les publications finalement étaient attendues de belles qualités,
01:40c'est-à-dire encore avec des croissances à deux chiffres non révisées par les analystes.
01:44Alors on vous l'explique en vous disant, oui, mais le premier trimestre n'a pas été touché
01:48puisque finalement, la crise s'est produite au milieu, à la fin du premier trimestre et ça n'a pas
01:54impacté les résultats.
01:55Sauf que ça ne va peut-être pas trop les impacter, mais ça va impacter les suivants.
02:00Donc il y aura cette lecture du marché qui va différencier un petit peu le premier trimestre
02:06et le discours qui accompagnera le deuxième trimestre.
02:09Et puis, on nous a longuement dit, et on l'a vu, et vous venez de l'évoquer,
02:14ce marché américain qu'il fallait détester, qu'il fallait fuir,
02:19l'IA et les grandes, les sept magnifiques qui ne militaient pas en faveur des marchés américains,
02:27moyennant quoi vous avez Goldman Sachs qui dit,
02:30bah oui, mais la hausse de la tech attendue en 2026, hausse des résultats, des bénéfices,
02:36c'est plus 45% encore.
02:39Et puis, on vous regarde un petit peu ce qui se passe,
02:41et quand on regarde ce qui se passe depuis le début de l'année,
02:44vous voyez que les fameuses GAFAM se traînent,
02:48Nvidia progresse d'un 1,5% à peine,
02:50Alphabet progresse de 2,6%,
02:54Amazon de un peu moins de 4%,
02:55et puis à contrario, vous avez Meta qui perd 3,8%,
03:00vous avez Apple moins 4,66%,
03:01et Microsoft moins 20%.
03:03Et beaucoup considèrent aujourd'hui que cette valorisation de la tech,
03:08elle est au plus bas depuis mi-2020,
03:11et que c'est une situation pas tout à fait normale,
03:14qui va nécessiter un rattrapage.
03:16Donc, ce qu'on voit aussi dans ce contexte-là,
03:19c'est qu'effectivement, il y a une crise liée à la peur,
03:24mais qu'aux Etats-Unis, aux Etats-Unis particulièrement,
03:27on ne s'attend pas à ce que ce soit,
03:29que cette peur se traduise sur les profits,
03:32et que les profits attendus pour l'ensemble des indices américains
03:36est plutôt favorable.
03:39Vous venez là encore de le dire,
03:40entre le 30 mars et actuellement,
03:42le SP500 a rattrapé 8,5% de baisse,
03:47et aujourd'hui, les trois indices américains
03:48sont dans le vert depuis le début de l'année.
03:50Donc, on voit qu'il y a cette agilité permanente du marché américain
03:56à pouvoir aller à la poubelle, à la casse,
03:59et puis renaître de ses cendres en l'espace de 15 jours,
04:02qui fait qu'aujourd'hui, on est dans un environnement
04:05où les analystes, enfin, les analystes et les gérants,
04:08plus exactement, se disent,
04:10bah, si je n'ai pas raté pour certains le rebond du 8 avril,
04:16il faudra peut-être mettre à profit cette saison des publications
04:20et la volatilité qui va en découdre
04:22pour aller acheter et reprendre du papier
04:25sur ces titres dont on s'est délisté
04:27et pour lesquels, aujourd'hui, on est sous-exposé
04:30dans les allocations de portefeuille.
04:32Donc, les publications vont créer cette volatilité.
04:37Ceux qui vont décevoir vont être,
04:39comme on l'a vu lors des dernières publications,
04:42fortement sanctionnés.
04:43Et puis, si finalement, on est dans cet environnement
04:47plutôt vertueux d'une économie américaine
04:50qui résiste bien globalement à la guerre Iran-États-Unis,
04:58eh bien, finalement, c'est peut-être là
04:59qu'il faut quand même rester positionné.
05:01Ces marchés vont peut-être nous démontrer
05:03qu'ils ont une tête froide
05:05et que leur économie s'en sort plutôt pas mal.
05:07Oui, et du coup, plutôt Wall Street que l'Europe,
05:09parce que, c'est vrai, vous citez ces secteurs
05:11qui ont été laminés ces dernières semaines à Wall Street,
05:14une valorisation qui redevient attractive,
05:17beaucoup d'optimisme dans le consensus aussi
05:19sur les publications américaines.
05:20Plutôt Wall Street ou quand même encore l'Europe,
05:22puisque l'Europe, bon, s'en est pas mal sorti aussi ?
05:26C'est vrai que ça va être une publication
05:28un petit peu complexe,
05:29étant donné que l'ensemble des conséquences du conflit
05:32ne va pas se faire ressentir dans l'immédiat.
05:34La hausse des matières premières,
05:36la hausse du prix du pétrole, etc.
05:38C'est vraiment, ça va être une publication en demi-teinte
05:40dont on sait qu'on ne devrait pas être, entre guillemets,
05:43déçu par la publication
05:45avec des impacts liés au conflit
05:47qu'on est en train de vivre.
05:48Mais en revanche,
05:50quelles conséquences et quels discours
05:51les entreprises vont tenir
05:54pour le semestre,
05:56donc le deuxième trimestre,
05:58et puis dans un deuxième temps,
06:00sur l'ensemble de l'année,
06:01est-ce qu'il va y avoir soit des warnings,
06:03soit juste des discours de précaution
06:06pour préparer les investisseurs
06:08au fait que, attention,
06:09ce premier trimestre ne sera pas un reflet
06:12de l'ensemble de l'année 2026.
06:14Oui, sachant que les perspectives
06:15peuvent basculer d'une seconde à l'autre
06:18selon la décision, l'annonce, le tweet,
06:20le je ne sais quoi,
06:21de Donald Trump, des Iraniens,
06:22tout peut basculer du seconde à l'autre.
06:24Difficile pour les entreprises, on l'imagine,
06:25de véritablement offrir des perspectives
06:27malgré les publications qui arrivent.
06:28Oui, parce que derrière les éléments que vous citez,
06:31alors on a effectivement le conflit,
06:33les déclarations de Donald Trump,
06:34et puis on a effectivement ce pétrole
06:37qui en une matinée peut passer
06:38de 100 dollars à 104 dollars et vice-versa.
06:41Vous avez les tensions inflationnistes,
06:43on aura des chiffres économiques,
06:44là pour le coup,
06:46qui vont également être prêts en compte
06:48par les investisseurs.
06:50Et puis, quelle attitude au milieu de ça ?
06:53Parce que nous ne sommes pas les seuls
06:54à nous interroger,
06:55mais les banquiers centraux
06:56se posent également des questions.
06:58Quelle attitude avoir
07:00face à des tensions inflationnistes ?
07:02Est-ce qu'il faut remonter les taux ?
07:04Dans quelle proportion ?
07:05Est-ce qu'il faut ne rien faire ?
07:06Les marchés attendaient des gestes,
07:08on attend de moins en moins.
07:10Donc effectivement,
07:11comme vous le citiez,
07:12il y a plusieurs éléments
07:13qui aujourd'hui risquent de venir
07:17accentuer cette volatilité.
07:18À suivre la discussion,
07:20le blocus dans le détroit d'Ormuz,
07:21oui, c'est une grosse discussion
07:22entre Américains et Iraniens.
07:23C'est plus qu'une discussion.
07:24Une discussion en espagnol,
07:26c'est une dispute.
07:26Alors voilà,
07:27on est plutôt dans la dispute
07:27entre Américains et Iraniens.
07:30Ce blocus qui se poursuit pour l'instant,
07:31certains navires ont franchi
07:32le détroit d'Ormuz,
07:33mais ne sont pas encore arrivés
07:34au contact de l'armada américaine.
07:36Donc on verra comment les choses évoluent
07:38dans les prochaines heures
07:39pour cette dizaine de navires
07:40qui manifestement ont franchi
07:43le détroit d'Ormuz tout à l'heure.
07:44Total Energy,
07:45s'est exprimé.
07:46Le patron de Total Energy,
07:47Patrick Pouyanné,
07:47expliquant qu'il valait mieux
07:48un péage qu'un barrage.
07:49Il explique que oui,
07:50un péage payé,
07:52les droits de passage
07:53dans le détroit d'Ormuz
07:54seraient préférables
07:55à une poursuite de ce blocage.
07:57Il a raison.
07:58Il a raison.
07:59Un péage,
08:00c'est le maintien de flux.
08:02Donc les marchés préfèrent avoir
08:04quelque chose de dégradé,
08:05mais des flux quand même.
08:07Ça permet une forme
08:08de prévisibilité sur les coûts.
08:10Et puis ça évite ce choc brutal
08:13que ça provoque sur les marchés.
08:14A contrario,
08:15on bloque tout,
08:16on crée une rupture
08:17d'approvisionnement,
08:18on provoque de la volatilité
08:20extrême sur les prix
08:22et ça,
08:22les marchés détestent.
08:23Et puis,
08:24on déclenche une crise énergétique mondiale.
08:26Donc,
08:27des conséquences
08:28terriblement négatives
08:30pour l'ensemble des marchés.
08:32En fait,
08:33un pH est mieux qu'un chaos
08:34que ça provoquerait.
08:35Le précédent,
08:37vous imaginez,
08:38si on accepte un pH,
08:39voire qu'on réclame un pH
08:40plutôt que le blocage.
08:41Le précédent,
08:41vous imaginez,
08:42dans tous les détroits,
08:43même entre Douvres et Calais,
08:44tiens,
08:44pour entrer dans la mer du Nord,
08:45on mettra des paires.
08:46Il y a quand même
08:46deux,
08:46trois détroits qui sont payants
08:47à travers le monde,
08:48à ma connaissance.
08:49Tant que ça,
08:49il y en a,
08:49c'est le détroit du Bosphore,
08:51c'est tout,
08:51c'est tout.
08:52Alors,
08:52c'est vrai que ça pose
08:53un autre problème,
08:54entre guillemets,
08:56géopolitique,
08:57c'est faire payer
08:58des zones de droit international.
09:00C'est ça qui serait une première
09:01et qui,
09:02effectivement,
09:02si aujourd'hui,
09:03on peut faire tout et n'importe quoi,
09:05mais c'est vrai que,
09:06bon,
09:06nous,
09:06d'un point de vue marché
09:08et boursier,
09:09on analyse,
09:10comme le fait Patrick Pouyanné,
09:13patron de Total,
09:14c'est,
09:15voilà,
09:15comptablement,
09:16c'est mieux vaut un pH qu'un barrage.
09:17Vaut mieux un pH qu'un barrage.
09:19Bon,
09:20sinon on va parler géopolitique,
09:22il est question aussi
09:23de droits de douane,
09:24mais là on ne parle pas
09:24de Donald Trump,
09:25non,
09:25on parle de l'Europe,
09:27qui instaure une surtaxe douanière
09:29sur l'acier à bas coût chinois.
09:31On sait que
09:33ces surtaxes douanières
09:35touchent un certain nombre
09:36de secteurs,
09:36les automobiles électriques aussi,
09:39on sait que c'est un vrai
09:41enjeu commercial,
09:42est-ce que ça peut réellement
09:44soutenir les cours
09:45des grands métallurgistes européens,
09:47par exemple ArcelorMittal
09:48ou APRAM,
09:49etc.
09:50Oui,
09:51quand on regarde
09:52les brèves
09:54et les notes
09:54des analystes,
09:56c'est une décision
09:57très défensive
09:58qui va ralentir
10:00la dégradation
10:01du secteur en Europe,
10:02donc ça a des conséquences
10:04sociales,
10:04économiques,
10:05politiques.
10:06Moyennant quoi,
10:08bien sûr que
10:08passer l'or métal
10:10ce sera une bonne chose,
10:11puisque il y aura
10:12moins de concurrence
10:13à bas prix,
10:14ça va leur permettre
10:16d'augmenter
10:16leur prix de vente,
10:18qui dit
10:19augmentation des prix de vente,
10:20amélioration des marges
10:22et donc une meilleure visibilité
10:24également sur des volumes.
10:25Dans cet environnement-là,
10:27c'est une mesure
10:28de soutien
10:29qui va favoriser
10:30le secteur européen,
10:32mais c'est une décision
10:33à court terme,
10:34il faudra que derrière
10:35ces groupes
10:36puissent véritablement
10:39convaincre leurs clients
10:40d'aller acheter
10:42des métaux
10:43plus chers.
10:44Franklin Pichard
10:45avec nous aujourd'hui,
10:46directeur général
10:46de Kiplin Finance.
10:47Tiens,
10:47on a des questions
10:48auditeurs aussi
10:48sur les techs,
10:49les valeurs techs françaises.
10:50Par exemple,
10:51Jean-François
10:52qui nous dit
10:52SEMCO,
10:53équipementier
10:53pour les semi-conducteurs,
10:54SEMCO se réveille,
10:56belle publication,
10:57secteur à la mode,
10:57super résultat.
10:59Qu'est-ce que vous en pensez
11:00de cette valeur SEMCO ?
11:01Écoutez,
11:02sur SEMCO,
11:03c'est une introduction
11:04qui ne sert pas forcément
11:08à lever des capitaux.
11:10En général,
11:10les entreprises
11:11peuvent utiliser
11:12l'introduction
11:13comme un moyen
11:15de se donner
11:15de la liquidité,
11:16de créer du cash
11:17pour faire des acquisitions
11:19et puis,
11:19comme je vous le disais,
11:20gagner en visibilité.
11:22Et puis,
11:23vous avez l'autre lecture
11:24que font certains,
11:25c'est de dire
11:26ça permet effectivement
11:28ce rachat d'actions,
11:29ça permet de corriger
11:30une IPO
11:31qui avait été
11:32mal positionnée au départ.
11:34C'est ça,
11:34l'IPO de SEMCO,
11:35l'introduction en bourse
11:35a eu lieu l'an dernier
11:36et à peine un an plus tard,
11:37ils annoncent aujourd'hui
11:38des rachetés d'actions.
11:39Du coup,
11:39ça sert à quoi
11:39de s'introduire en bourse
11:40pour racheter des actions ?
11:41C'est une friction
11:43qui est compliquée
11:44à comprendre
11:45pour les investisseurs particuliers
11:47mais qui peut stratégiquement
11:48s'entendre
11:49et être tout à fait logique
11:50pour l'entreprise.
11:51Donc,
11:51pas d'inquiétude,
11:52c'est quelque chose
11:53qui permet d'avoir
11:54et de recréer
11:55une valorisation
11:56plus prudente
11:57et en conclusion,
11:58ça permet de réancrer
12:00la valorisation du titre
12:02en se disant
12:03que peut-être
12:03qu'on s'était mal positionnés
12:05il y a un an.
12:06Donc,
12:06on peut comprendre
12:06qu'une entreprise choisisse
12:07de s'introduire en bourse
12:08et qu'à peine un an plus tard,
12:09elle annonce des rachats d'actions.
12:10À peine un an plus tard.
12:11Oui,
12:12c'est stratégique
12:13mais pas forcément
12:15une sanction
12:16ou quelque chose
12:17d'inconcréable.
12:18D'accord.
12:18Merci Franklin
12:19d'être passé nous voir.
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