00:00En 15h44, il nous rejoint à l'instant, il vient de s'installer.
00:04Franklin Pichard est avec nous. Bonjour Franklin.
00:06Bonjour Guillaume.
00:07Directeur général de Kipling Finance, vous allez Franklin rendre votre verdict face au marché.
00:11Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:16Oui, je l'assume totalement.
00:18On vous écoute.
00:19Eh bien, à l'aune de tout ce qui se présente et de la publication des résultats,
00:24nous considérons que cette saison des résultats va à nouveau accentuer la volatilité sur les marchés.
00:30Ah tiens.
00:32Alors ça, je me disais, les résultats arrivent, ils vont nous apporter un peu d'éclairage,
00:36un peu de lumière, des jalons pour savoir où on va,
00:38pour apporter un peu de rationalité au mouvement des marchés.
00:41Je me disais ça, les publications vont nous aider à trouver cette rationalité
00:44qui nous manquait peut-être jusqu'ici.
00:45Vous dites non, en tout cas, plus de volatilité peut-être du fait de ces publications ?
00:49Oui, alors on ne va pas retrouver les niveaux de volatilité du 8 avril.
00:538 avril, on a eu une conjugaison de rachats de short massifs.
00:57Et puis surtout, on a eu un mouvement historique qui était un rééquilibrage massif des fonds de pension.
01:03Et c'était des volumes suffisamment importants pour que ce soit dans le top 10 des volumes
01:09traités par les fonds d'investissement au cours des quelques dernières années.
01:16Mais en tout cas, les Hedge avaient massivement, massivement reconsidéré leur position
01:20et surtout les fonds de pension.
01:21On ne va pas revenir à ça, d'accord.
01:22Donc on va parvenir à ça.
01:24Mais en revanche, aujourd'hui, quand on regarde un petit peu la lecture des stratégistes,
01:31c'est que l'Europe, on a considéré qu'il fallait être dessus,
01:34que les publications finalement étaient attendues de belles qualités,
01:40c'est-à-dire encore avec des croissances à deux chiffres non révisées par les analystes.
01:44Alors on vous l'explique en vous disant, oui, mais le premier trimestre n'a pas été touché
01:48puisque finalement, la crise s'est produite au milieu, à la fin du premier trimestre et ça n'a pas
01:54impacté les résultats.
01:55Sauf que ça ne va peut-être pas trop les impacter, mais ça va impacter les suivants.
02:00Donc il y aura cette lecture du marché qui va différencier un petit peu le premier trimestre
02:06et le discours qui accompagnera le deuxième trimestre.
02:09Et puis, on nous a longuement dit, et on l'a vu, et vous venez de l'évoquer,
02:14ce marché américain qu'il fallait détester, qu'il fallait fuir,
02:19l'IA et les grandes, les sept magnifiques qui ne militaient pas en faveur des marchés américains,
02:27moyennant quoi vous avez Goldman Sachs qui dit,
02:30bah oui, mais la hausse de la tech attendue en 2026, hausse des résultats, des bénéfices,
02:36c'est plus 45% encore.
02:39Et puis, on vous regarde un petit peu ce qui se passe,
02:41et quand on regarde ce qui se passe depuis le début de l'année,
02:44vous voyez que les fameuses GAFAM se traînent,
02:48Nvidia progresse d'un 1,5% à peine,
02:50Alphabet progresse de 2,6%,
02:54Amazon de un peu moins de 4%,
02:55et puis à contrario, vous avez Meta qui perd 3,8%,
03:00vous avez Apple moins 4,66%,
03:01et Microsoft moins 20%.
03:03Et beaucoup considèrent aujourd'hui que cette valorisation de la tech,
03:08elle est au plus bas depuis mi-2020,
03:11et que c'est une situation pas tout à fait normale,
03:14qui va nécessiter un rattrapage.
03:16Donc, ce qu'on voit aussi dans ce contexte-là,
03:19c'est qu'effectivement, il y a une crise liée à la peur,
03:24mais qu'aux Etats-Unis, aux Etats-Unis particulièrement,
03:27on ne s'attend pas à ce que ce soit,
03:29que cette peur se traduise sur les profits,
03:32et que les profits attendus pour l'ensemble des indices américains
03:36est plutôt favorable.
03:39Vous venez là encore de le dire,
03:40entre le 30 mars et actuellement,
03:42le SP500 a rattrapé 8,5% de baisse,
03:47et aujourd'hui, les trois indices américains
03:48sont dans le vert depuis le début de l'année.
03:50Donc, on voit qu'il y a cette agilité permanente du marché américain
03:56à pouvoir aller à la poubelle, à la casse,
03:59et puis renaître de ses cendres en l'espace de 15 jours,
04:02qui fait qu'aujourd'hui, on est dans un environnement
04:05où les analystes, enfin, les analystes et les gérants,
04:08plus exactement, se disent,
04:10bah, si je n'ai pas raté pour certains le rebond du 8 avril,
04:16il faudra peut-être mettre à profit cette saison des publications
04:20et la volatilité qui va en découdre
04:22pour aller acheter et reprendre du papier
04:25sur ces titres dont on s'est délisté
04:27et pour lesquels, aujourd'hui, on est sous-exposé
04:30dans les allocations de portefeuille.
04:32Donc, les publications vont créer cette volatilité.
04:37Ceux qui vont décevoir vont être,
04:39comme on l'a vu lors des dernières publications,
04:42fortement sanctionnés.
04:43Et puis, si finalement, on est dans cet environnement
04:47plutôt vertueux d'une économie américaine
04:50qui résiste bien globalement à la guerre Iran-États-Unis,
04:58eh bien, finalement, c'est peut-être là
04:59qu'il faut quand même rester positionné.
05:01Ces marchés vont peut-être nous démontrer
05:03qu'ils ont une tête froide
05:05et que leur économie s'en sort plutôt pas mal.
05:07Oui, et du coup, plutôt Wall Street que l'Europe,
05:09parce que, c'est vrai, vous citez ces secteurs
05:11qui ont été laminés ces dernières semaines à Wall Street,
05:14une valorisation qui redevient attractive,
05:17beaucoup d'optimisme dans le consensus aussi
05:19sur les publications américaines.
05:20Plutôt Wall Street ou quand même encore l'Europe,
05:22puisque l'Europe, bon, s'en est pas mal sorti aussi ?
05:26C'est vrai que ça va être une publication
05:28un petit peu complexe,
05:29étant donné que l'ensemble des conséquences du conflit
05:32ne va pas se faire ressentir dans l'immédiat.
05:34La hausse des matières premières,
05:36la hausse du prix du pétrole, etc.
05:38C'est vraiment, ça va être une publication en demi-teinte
05:40dont on sait qu'on ne devrait pas être, entre guillemets,
05:43déçu par la publication
05:45avec des impacts liés au conflit
05:47qu'on est en train de vivre.
05:48Mais en revanche,
05:50quelles conséquences et quels discours
05:51les entreprises vont tenir
05:54pour le semestre,
05:56donc le deuxième trimestre,
05:58et puis dans un deuxième temps,
06:00sur l'ensemble de l'année,
06:01est-ce qu'il va y avoir soit des warnings,
06:03soit juste des discours de précaution
06:06pour préparer les investisseurs
06:08au fait que, attention,
06:09ce premier trimestre ne sera pas un reflet
06:12de l'ensemble de l'année 2026.
06:14Oui, sachant que les perspectives
06:15peuvent basculer d'une seconde à l'autre
06:18selon la décision, l'annonce, le tweet,
06:20le je ne sais quoi,
06:21de Donald Trump, des Iraniens,
06:22tout peut basculer du seconde à l'autre.
06:24Difficile pour les entreprises, on l'imagine,
06:25de véritablement offrir des perspectives
06:27malgré les publications qui arrivent.
06:28Oui, parce que derrière les éléments que vous citez,
06:31alors on a effectivement le conflit,
06:33les déclarations de Donald Trump,
06:34et puis on a effectivement ce pétrole
06:37qui en une matinée peut passer
06:38de 100 dollars à 104 dollars et vice-versa.
06:41Vous avez les tensions inflationnistes,
06:43on aura des chiffres économiques,
06:44là pour le coup,
06:46qui vont également être prêts en compte
06:48par les investisseurs.
06:50Et puis, quelle attitude au milieu de ça ?
06:53Parce que nous ne sommes pas les seuls
06:54à nous interroger,
06:55mais les banquiers centraux
06:56se posent également des questions.
06:58Quelle attitude avoir
07:00face à des tensions inflationnistes ?
07:02Est-ce qu'il faut remonter les taux ?
07:04Dans quelle proportion ?
07:05Est-ce qu'il faut ne rien faire ?
07:06Les marchés attendaient des gestes,
07:08on attend de moins en moins.
07:10Donc effectivement,
07:11comme vous le citiez,
07:12il y a plusieurs éléments
07:13qui aujourd'hui risquent de venir
07:17accentuer cette volatilité.
07:18À suivre la discussion,
07:20le blocus dans le détroit d'Ormuz,
07:21oui, c'est une grosse discussion
07:22entre Américains et Iraniens.
07:23C'est plus qu'une discussion.
07:24Une discussion en espagnol,
07:26c'est une dispute.
07:26Alors voilà,
07:27on est plutôt dans la dispute
07:27entre Américains et Iraniens.
07:30Ce blocus qui se poursuit pour l'instant,
07:31certains navires ont franchi
07:32le détroit d'Ormuz,
07:33mais ne sont pas encore arrivés
07:34au contact de l'armada américaine.
07:36Donc on verra comment les choses évoluent
07:38dans les prochaines heures
07:39pour cette dizaine de navires
07:40qui manifestement ont franchi
07:43le détroit d'Ormuz tout à l'heure.
07:44Total Energy,
07:45s'est exprimé.
07:46Le patron de Total Energy,
07:47Patrick Pouyanné,
07:47expliquant qu'il valait mieux
07:48un péage qu'un barrage.
07:49Il explique que oui,
07:50un péage payé,
07:52les droits de passage
07:53dans le détroit d'Ormuz
07:54seraient préférables
07:55à une poursuite de ce blocage.
07:57Il a raison.
07:58Il a raison.
07:59Un péage,
08:00c'est le maintien de flux.
08:02Donc les marchés préfèrent avoir
08:04quelque chose de dégradé,
08:05mais des flux quand même.
08:07Ça permet une forme
08:08de prévisibilité sur les coûts.
08:10Et puis ça évite ce choc brutal
08:13que ça provoque sur les marchés.
08:14A contrario,
08:15on bloque tout,
08:16on crée une rupture
08:17d'approvisionnement,
08:18on provoque de la volatilité
08:20extrême sur les prix
08:22et ça,
08:22les marchés détestent.
08:23Et puis,
08:24on déclenche une crise énergétique mondiale.
08:26Donc,
08:27des conséquences
08:28terriblement négatives
08:30pour l'ensemble des marchés.
08:32En fait,
08:33un pH est mieux qu'un chaos
08:34que ça provoquerait.
08:35Le précédent,
08:37vous imaginez,
08:38si on accepte un pH,
08:39voire qu'on réclame un pH
08:40plutôt que le blocage.
08:41Le précédent,
08:41vous imaginez,
08:42dans tous les détroits,
08:43même entre Douvres et Calais,
08:44tiens,
08:44pour entrer dans la mer du Nord,
08:45on mettra des paires.
08:46Il y a quand même
08:46deux,
08:46trois détroits qui sont payants
08:47à travers le monde,
08:48à ma connaissance.
08:49Tant que ça,
08:49il y en a,
08:49c'est le détroit du Bosphore,
08:51c'est tout,
08:51c'est tout.
08:52Alors,
08:52c'est vrai que ça pose
08:53un autre problème,
08:54entre guillemets,
08:56géopolitique,
08:57c'est faire payer
08:58des zones de droit international.
09:00C'est ça qui serait une première
09:01et qui,
09:02effectivement,
09:02si aujourd'hui,
09:03on peut faire tout et n'importe quoi,
09:05mais c'est vrai que,
09:06bon,
09:06nous,
09:06d'un point de vue marché
09:08et boursier,
09:09on analyse,
09:10comme le fait Patrick Pouyanné,
09:13patron de Total,
09:14c'est,
09:15voilà,
09:15comptablement,
09:16c'est mieux vaut un pH qu'un barrage.
09:17Vaut mieux un pH qu'un barrage.
09:19Bon,
09:20sinon on va parler géopolitique,
09:22il est question aussi
09:23de droits de douane,
09:24mais là on ne parle pas
09:24de Donald Trump,
09:25non,
09:25on parle de l'Europe,
09:27qui instaure une surtaxe douanière
09:29sur l'acier à bas coût chinois.
09:31On sait que
09:33ces surtaxes douanières
09:35touchent un certain nombre
09:36de secteurs,
09:36les automobiles électriques aussi,
09:39on sait que c'est un vrai
09:41enjeu commercial,
09:42est-ce que ça peut réellement
09:44soutenir les cours
09:45des grands métallurgistes européens,
09:47par exemple ArcelorMittal
09:48ou APRAM,
09:49etc.
09:50Oui,
09:51quand on regarde
09:52les brèves
09:54et les notes
09:54des analystes,
09:56c'est une décision
09:57très défensive
09:58qui va ralentir
10:00la dégradation
10:01du secteur en Europe,
10:02donc ça a des conséquences
10:04sociales,
10:04économiques,
10:05politiques.
10:06Moyennant quoi,
10:08bien sûr que
10:08passer l'or métal
10:10ce sera une bonne chose,
10:11puisque il y aura
10:12moins de concurrence
10:13à bas prix,
10:14ça va leur permettre
10:16d'augmenter
10:16leur prix de vente,
10:18qui dit
10:19augmentation des prix de vente,
10:20amélioration des marges
10:22et donc une meilleure visibilité
10:24également sur des volumes.
10:25Dans cet environnement-là,
10:27c'est une mesure
10:28de soutien
10:29qui va favoriser
10:30le secteur européen,
10:32mais c'est une décision
10:33à court terme,
10:34il faudra que derrière
10:35ces groupes
10:36puissent véritablement
10:39convaincre leurs clients
10:40d'aller acheter
10:42des métaux
10:43plus chers.
10:44Franklin Pichard
10:45avec nous aujourd'hui,
10:46directeur général
10:46de Kiplin Finance.
10:47Tiens,
10:47on a des questions
10:48auditeurs aussi
10:48sur les techs,
10:49les valeurs techs françaises.
10:50Par exemple,
10:51Jean-François
10:52qui nous dit
10:52SEMCO,
10:53équipementier
10:53pour les semi-conducteurs,
10:54SEMCO se réveille,
10:56belle publication,
10:57secteur à la mode,
10:57super résultat.
10:59Qu'est-ce que vous en pensez
11:00de cette valeur SEMCO ?
11:01Écoutez,
11:02sur SEMCO,
11:03c'est une introduction
11:04qui ne sert pas forcément
11:08à lever des capitaux.
11:10En général,
11:10les entreprises
11:11peuvent utiliser
11:12l'introduction
11:13comme un moyen
11:15de se donner
11:15de la liquidité,
11:16de créer du cash
11:17pour faire des acquisitions
11:19et puis,
11:19comme je vous le disais,
11:20gagner en visibilité.
11:22Et puis,
11:23vous avez l'autre lecture
11:24que font certains,
11:25c'est de dire
11:26ça permet effectivement
11:28ce rachat d'actions,
11:29ça permet de corriger
11:30une IPO
11:31qui avait été
11:32mal positionnée au départ.
11:34C'est ça,
11:34l'IPO de SEMCO,
11:35l'introduction en bourse
11:35a eu lieu l'an dernier
11:36et à peine un an plus tard,
11:37ils annoncent aujourd'hui
11:38des rachetés d'actions.
11:39Du coup,
11:39ça sert à quoi
11:39de s'introduire en bourse
11:40pour racheter des actions ?
11:41C'est une friction
11:43qui est compliquée
11:44à comprendre
11:45pour les investisseurs particuliers
11:47mais qui peut stratégiquement
11:48s'entendre
11:49et être tout à fait logique
11:50pour l'entreprise.
11:51Donc,
11:51pas d'inquiétude,
11:52c'est quelque chose
11:53qui permet d'avoir
11:54et de recréer
11:55une valorisation
11:56plus prudente
11:57et en conclusion,
11:58ça permet de réancrer
12:00la valorisation du titre
12:02en se disant
12:03que peut-être
12:03qu'on s'était mal positionnés
12:05il y a un an.
12:06Donc,
12:06on peut comprendre
12:06qu'une entreprise choisisse
12:07de s'introduire en bourse
12:08et qu'à peine un an plus tard,
12:09elle annonce des rachats d'actions.
12:10À peine un an plus tard.
12:11Oui,
12:12c'est stratégique
12:13mais pas forcément
12:15une sanction
12:16ou quelque chose
12:17d'inconcréable.
12:18D'accord.
12:18Merci Franklin
12:19d'être passé nous voir.
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