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  • il y a 3 heures
Ce lundi 23 mars, Amandine Gérard, président de La Financière de l'arc, s'est penché sur la difficulté du redressement de l'Allemagne à cause du choc des prix de l'énergie et les élections régionale, la baisse de l'or à son plus bas niveau de 2026, et les secteurs victimes du conflit au Moyen-Orient, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Amandine, vous êtes prête ?
00:01Je suis prête.
00:02Président de la financière de l'ARC.
00:04Amandine, vous allez rendre votre verdict du coup face au marché.
00:06Cet instant qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre,
00:09est-ce que vous l'assumez ?
00:10Je l'assume.
00:11On vous écoute.
00:13Alors, choc des prix de l'énergie, encore une fois,
00:16et élection fédérale en Allemagne,
00:19fragilise la reprise,
00:21et notamment les réformes de M. Mers,
00:23parce que ça fragilise la coalition.
00:25Oh non !
00:26Non mais le message là, franchement,
00:29alors qu'on a une actualité géopolitique hyper forte,
00:32et qu'on espère au moins que l'Europe, là-dedans,
00:34parviendra à prendre conscience d'elle-même,
00:36s'éveiller, se réveiller avec cette locomotive allemande,
00:39notamment, dont on attend, alors Mont-Zémerveille, je ne sais pas,
00:41mais au moins un plan d'infrastructure et un plan de défense,
00:44vous nous dites, ce réveil allemand,
00:46il risque d'être plus compliqué qu'on l'imaginait.
00:48Oui, déjà, d'ores et déjà, du fait des prix de l'énergie.
00:51Souvenez-vous, en 2020 et en 2022,
00:53l'Allemagne et l'Angleterre font toujours partie des pays
00:56de l'Europe élargie, on va dire, pour l'Angleterre.
00:59Les plus impactés par la hausse des prix du pétrole,
01:02on en parle beaucoup, mais surtout du gaz.
01:05Et les moins développés en énergie renouvelable.
01:08D'ailleurs, l'Espagne a voté la semaine dernière
01:10un incentive fiscal, donc un avantage fiscal,
01:13pour accélérer encore une fois
01:15l'investissement en énergie renouvelable,
01:18alors que ce sont déjà les plus avancés en Europe
01:20et les moins impactés.
01:21Donc, on peut se dire que, si le conflit perdure,
01:25justement, cet écart qui s'est creusé
01:27entre les pays du Sud et les pays du Nord
01:29de la zone euro,
01:30peut se poursuivre,
01:32et que, contre toute attente,
01:33l'Allemagne, et la croissance importante
01:36qu'on attendait cette année, ne sera pas là.
01:38Du fait de la hausse des prix de l'énergie,
01:40qui leur met serait des bâtons dans les roues,
01:41mais vous dites, en plus,
01:42il y a l'effet, on est très, ici,
01:43dans une municipale, puis maintenant,
01:44les présidentielles,
01:45ils ont aussi un calendrier électoral,
01:46là, en Allemagne,
01:47et ce sont les régionales qui les occupent.
01:48Tout à fait, ils sont en plein dedans,
01:51et donc, les victoires,
01:52alors, je dirais que la tendance générale
01:55n'est pas comparable à celle de la France,
01:58mais tout de même,
01:58on voit que le parti d'extrême droite
02:00a fini troisième,
02:02mais avec un score de plus de 20% hier,
02:05en Rhénanie,
02:07un des Landes de la Rhénanie,
02:09et en fait,
02:10qui est un land historique
02:12du Parti démocrate,
02:14et en fait,
02:15donc, c'est la droite du parti de M. Maers
02:17qui vient remporter ces élections,
02:19et ça met à mal
02:20la coalition globale
02:22des partis démocrates,
02:24on va dire.
02:25Oui, donc,
02:25mauvaise nouvelle pour,
02:27alors, peut-être,
02:27le plan de marche allemand,
02:28on verra,
02:29mais cette coalition,
02:29on sait qu'elle est relativement fragile,
02:32pas très,
02:32mais quand même relativement fragile
02:33en Allemagne,
02:34il n'y a pas de consensus global
02:36autour de Friedrich Maers,
02:37et le DAX allemand,
02:38les valeurs allemandes,
02:39ont beaucoup souffert,
02:40par ailleurs,
02:40ces derniers jours,
02:41de la remontée des prix de l'énergie,
02:42avec, en plus,
02:43là-bas en Allemagne,
02:44structure électrique
02:44qui dépendra de l'évolution
02:45des cours du gaz, justement.
02:46Ils sont encore plus exposés que nous,
02:48même beaucoup plus que nous
02:49à ce conflit au Moyen-Orient,
02:50en l'occurrence.
02:50Tout à fait,
02:51et vous parliez des taux d'intérêt,
02:52justement,
02:53tout à l'heure,
02:54c'est le cas sur l'Angleterre,
02:56si vous regardez les taux
02:57dix ans au UK
02:58qui ont explosé à la hausse,
03:00parce qu'eux aussi,
03:01ils sont également très dépendants
03:02énergétiquement.
03:03Donc, on voit que tout est lié.
03:05Nous, on trouvait déjà
03:06que les attentes du consensus
03:07sur la croissance économique
03:08de la zone euro
03:09étaient élevées.
03:11Les brokers sont en train
03:12d'ajuster leur scénario économique,
03:14mais pour autant,
03:15si le conflit perdure,
03:16encore une fois,
03:17ça sera plus pessimiste
03:20que ce qui est anticipé aujourd'hui.
03:21Cela dit,
03:22hors conflit
03:22et hors considération
03:24vraiment immédiate,
03:25on le voit,
03:26on le disait tout à l'heure,
03:28il y a des notes
03:29des grandes banques,
03:29notamment de Goldman Sachs,
03:31qui prévoient
03:31des hausses de taux
03:32maintenant en Europe.
03:33Alors, ça peut paraître
03:34complètement contre-intuitif
03:35dans le sens où
03:36la croissance est faible,
03:38dans le sens où
03:38l'inflation,
03:39pour l'instant,
03:41est très, très maîtrisée.
03:44Est-ce que ce n'est pas
03:45une épine dans le pied,
03:45en plus,
03:46pour l'Allemagne ?
03:47Alors, ça l'est, je pense,
03:48pour l'ensemble des pays
03:49de la zone euro,
03:49et puis surtout,
03:50ça nous rappelle
03:52les mauvais souvenirs
03:52et la dernière hausse
03:54de M. Trichet
03:55avant la crise systémique
03:56de 2008.
03:58Donc, oui,
03:59effectivement,
04:00la position n'est pas
04:02confortable
04:02pour les banques centrales
04:03de manière générale,
04:04et pour la Fed
04:05et la BCE.
04:05La BCE,
04:06parce qu'effectivement,
04:07on a déjà une croissance
04:07très faible,
04:08et la Fed,
04:09puisqu'on a un changement
04:09de gouvernance.
04:10Donc, dans les deux cas,
04:12la situation fait que
04:13nous n'avons pas
04:14de visibilité
04:15sur ce deuxième trimestre.
04:16Oui, et votre ressenti,
04:18c'est que,
04:18parce que c'est un sujet
04:19et un enjeu aussi
04:20pour les Américains,
04:20les taux américains
04:21montent aussi énormément.
04:23Là, aujourd'hui,
04:23Donald Trump offre
04:24cinq jours de répit
04:25à l'Iran
04:26avant l'expiration
04:26d'un ultimatum
04:28pour que l'Iran
04:28libère les détruits d'Hormuz.
04:29On avait vu,
04:30avec cet ultimatum,
04:31les taux américains
04:32d'un coup accélérer à la hausse.
04:33Il avait mis de la pression
04:34sur les taux américains.
04:35Est-ce que vous sentez
04:36qu'un peu comme
04:36en avril dernier,
04:37Donald Trump a repoussé
04:39l'ultimatum
04:39parce que les taux
04:40montaient trop vite ?
04:41Complètement.
04:42La variable d'ajustement,
04:43ce n'est pas forcément
04:44les prix de l'énergie
04:44dans sa stratégie.
04:45Je pense que c'est surtout
04:47les taux longs
04:48et les taux à 30 ans
04:49parce que,
04:49comme on le sait,
04:50les États-Unis
04:50doivent refinancer
04:51une très grande partie
04:52de leur dette long terme
04:53dans les deux prochaines années.
04:55Oui, le Golfe,
04:55les pays du Golfe
04:56vivent de pétrole et d'eau,
04:58d'eau dessalée,
04:58grâce aux usines de dessalement.
05:00L'Occident et les États-Unis,
05:05pratiquables,
05:05on va dire absorbables,
05:07on était à 4,5 quasiment
05:08tout à l'heure
05:08sur le design américain.
05:09Alors, on en est là
05:10et on tente un rebond.
05:12Donc, maintenant que Donald Trump
05:13a fait un petit taco,
05:13un petit retour en arrière
05:14sur son ultimatum
05:16vis-à-vis de l'Iran,
05:16Wall Street est en hausse,
05:17Amandine,
05:182% de hausse aujourd'hui
05:19pour les indices américains
05:20et le CAC aussi,
05:21il récupère en ce moment
05:222%, tant mieux.
05:24Il revient de loin quand même.
05:25Le CAC,
05:25depuis ses plus hauts de février,
05:27a perdu 1000 points
05:28et l'or,
05:29depuis ses plus hauts de février,
05:30a perdu 1000 dollars.
05:311000 points perdus pour le CAC,
05:321000 dollars pour l'or.
05:34Lequel vous auriez envie
05:35de racheter en premier ?
05:35L'or ou le CAC 40 ?
05:37Alors, comme je viens de le dire,
05:38nous n'avons pas de visibilité.
05:40Donc, dans les deux cas,
05:41c'est très compliqué
05:42de se positionner
05:43pour des raisons différentes.
05:44L'or,
05:44vous l'avez largement évoqué
05:46sur ce plateau,
05:47on a énormément
05:48de positions spéculatives.
05:50Et souvenez-vous,
05:50au mois de janvier,
05:51on évoquait le fait
05:52qu'il n'y avait pas de cash
05:53dans les portefeuilles
05:54des gérants.
05:55Et en fait, c'est ça aussi
05:56qui précipite la baisse du marché.
05:57C'est qu'en fait,
05:59on a des prises de profit
06:00sur les métaux précieux
06:02qui ont eu une année 2025
06:03et un début 2026
06:05en termes de performance stellaire
06:07et des positions très longues.
06:09Donc, en fait,
06:10la question, c'est plus
06:11est-ce que le déleveraging
06:13des positions spéculatives
06:14est terminé ?
06:15Eux égard à la montagne absolue
06:20de ces positions spéculatives,
06:22peut-être pas.
06:23Quant au CAC,
06:24ça va dépendre, là aussi,
06:27des perspectives économiques
06:28dont on vient de parler.
06:29En revanche, il est vrai
06:31qu'il commence à y avoir
06:32des valorisations
06:34complètement excessives
06:36pour le coup,
06:37sous-valorisées.
06:38Et je pense notamment
06:40à des titres comme Saint-Gobain
06:42qui ont pu être chers.
06:43Il est vrai que la facture énergétique
06:44est importante pour eux.
06:46Mais sous les 70 euros,
06:48clairement,
06:48en termes de valorisation en absolu,
06:51ça commence à devenir correct.
06:53Ou alors le secteur
06:56des softwares conseils
06:57qui a été totalement laminé
06:59depuis le début de l'année.
07:00Et là, je pense à Capgemini,
07:01notamment,
07:02sous les 100 euros.
07:03Donc voilà,
07:04il commence à y avoir
07:05des choses intéressantes.
07:07Pour autant,
07:08vous savez bien,
07:09on dit
07:09on ne ramasse pas
07:10un couteau qui tombe
07:11en bourse.
07:12Donc c'est vrai que
07:13c'est difficile de se positionner.
07:15Oui, et d'autant qu'on ne sait pas
07:16si la BCE finira
07:17par relever ses taux.
07:18C'est Alexandre Baradez,
07:19un intervenant régulier de l'émission
07:20qui, tout à l'heure,
07:20tweetait
07:21vivement les deux hausses de taux
07:22de la BCE cette année
07:23pour que le trafic
07:24dans le détroit d'Ormous
07:25se fluidifie.
07:25Enfin,
07:26que la situation géopolitique
07:27se détende
07:27et que les cours de l'énergie
07:28retombent vivement
07:29les deux hausses de taux
07:30de la BCE
07:30pour libérer le détroit d'Ormous.
07:31C'est une façon de dire
07:32pourquoi relever les taux
07:33et ajouter du mal au mal
07:34alors que ça ne réglera rien
07:36à la racine du mal
07:37à savoir ce conflit.
07:39Non, ça ne réglera rien
07:40mais la BCE a un mandat,
07:41c'est juguler l'inflation
07:42donc elle doit respecter son mandat.
07:45Ah oui,
07:45vous êtes très orthodoxe.
07:46Je ne savais pas.
07:51Et après,
07:52ça ne remet pas en question
07:52que le travail budgétaire
07:53de certains pays
07:54n'a pas été fait.
07:55Donc voilà,
07:56ça c'est indépendant du conflit.
07:58Certes.
07:59Alors il y a des valeurs
08:00vous disiez
08:00qui étaient devenues
08:01vraiment pas chères,
08:02enfin excessivement pas chères,
08:03excessivement bon marché,
08:04peut-être Saint-Gobain,
08:05vous citiez Saint-Gobain,
08:06le titre récupère 5,5% aujourd'hui.
08:08On a Société Générale
08:08qui a pas mal reculé
08:09ces derniers jours
08:10qui récupère 5,5% aussi aujourd'hui.
08:11Il y a Kering
08:12qui récupère 6%
08:13et ArcelorMittal
08:13qui souffre énormément
08:14de la hausse des cours de l'énergie
08:15depuis maintenant 2-3 semaines.
08:17Aujourd'hui,
08:17ce titre gagne 7%.
08:18Est-ce que le rebond du jour,
08:20vous le regardez
08:20comme une forme de test
08:21pour le jour
08:22où la guerre s'arrêtera
08:23qu'on aura peut-être,
08:23on l'espère en tout cas,
08:24un vrai gros rebond ?
08:25Est-ce que les valeurs
08:26qui portent le rebond du jour
08:28sont ainsi une précurseur
08:29de celles qui porteront
08:30le vrai grand rebond
08:31quand il y en aura un ?
08:31Oui, clairement,
08:32on va se retourner
08:33vers les valeurs cycliques
08:35qui souffrent beaucoup
08:36à la fois des taux
08:37et des prix de l'énergie.
08:39C'est assez corrélé.
08:40Mais oui,
08:40c'est un bon test
08:41pour voir ce qui remontera.
08:43Et je pense aussi
08:43à Technip Energy
08:44ou Technicas Reunidas
08:46en Espagne
08:46qui souffrent
08:47de la fermeture
08:47du détroit d'Ormus.
08:49Et bien là,
08:49vous voyez,
08:50ces valeurs-là aussi
08:50prennent plus de 8%
08:51je crois aujourd'hui.
08:52Et Total Energy
08:53qui a beaucoup progressé
08:53là aujourd'hui
08:54avec la chute
08:54des cours du pétrole
08:55repère un peu
08:56mais pas beaucoup,
08:56moins 0,6.
08:57Le marché laisse
08:58le bénéfice du doute.
08:59Total Energy,
09:00vous dites ça a trop monté
09:01ou vous dites ça peut
09:01encore tenir
09:02voire continuer de monter ?
09:04Sur l'industrie pétrolière
09:05de manière générale,
09:06les valorisations
09:06sont très disparates,
09:08les niveaux de valorisation
09:09sont très disparates
09:09et on sait pourquoi
09:10Total a souhaité
09:11ce côté de manière
09:13principale à New York,
09:13c'est parce qu'elle avait
09:15une décote historique
09:16par rapport à ses pairs.
09:17Donc, elle a rattrapé
09:18une partie de sa décote,
09:19c'est correctement valorisé
09:20mais ce n'est pas
09:21survalorisé aujourd'hui.
09:22Ah oui,
09:22mais premier bilan
09:23de l'introduction
09:24aussi à New York,
09:25c'est qu'une partie
09:26de la décote s'est rétrécie,
09:28s'est réduite
09:29depuis donc que Total
09:29est aussi présente
09:30sur le marché américain.
09:31Oui, je pense que
09:32les deux ont aidé,
09:32c'est-à-dire que le déclenchement
09:33du conflit
09:34a fait que les Américains
09:39principales est désormais New York.
09:40C'est Amandine Gérard
09:41qui est avec nous aujourd'hui
09:41la financière de l'ARC.
09:42Merci beaucoup Amandine
09:43de nous avoir accompagnés.

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