00:00François-Franclin-Pichard nous rejoint, Kipling Finance, bonjour François-Franclin.
00:04Bonjour Guillaume.
00:04Vous allez face au marché, face à cette géopolitique mouvante, on va le dire comme ça, rendre votre verdict.
00:09Est-ce que ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez prononcer, vous l'assumez ?
00:13Oui, je l'assume.
00:14On vous écoute.
00:16Eh bien non, non, l'Europe n'est pas condamnée à sous-performer et en revanche, il faudra être sélectif, sélectif sur les secteurs, sélectif sur les valeurs.
00:26L'Europe n'est pas condamnée à perdre, elle n'est pas condamnée à sous-performer, c'est votre message aujourd'hui.
00:33Et d'ailleurs, quand on regarde depuis le début de l'année, l'Europe fait toujours bien mieux que Wall Street.
00:39Oui, il y a des arbitrages qui s'effectuent et qui s'opèrent outre-Atlantique et c'est vrai qu'en Europe, on a eu des publications, on a été porté par des publications,
00:49on a été porté par un environnement qui a rassuré les investisseurs.
00:54Alors au-delà de ça, c'est vrai qu'on a eu un discours des chefs d'entreprise qui était de dire, nous on investira peut-être moins en France et en Europe,
01:04mais on s'ouvrira davantage, on ouvrira notre cible client au-delà des États-Unis, au-delà de l'Europe,
01:13pour avoir une assiette beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus diversifiée pour encaisser l'environnement géopolitique et les humeurs de M. Trump comme on le voit encore aujourd'hui.
01:28Oui, vous êtes confiant, vous croyez plus que tout et toujours et encore dans l'Europe.
01:33Comment est-ce qu'on choisit d'y investir cette année ? Est-ce qu'on y investit de la même façon que l'an dernier ?
01:37Dans la mesure où en plus les thématiques, les harangues de Donald Trump, oui, continuent de porter à la hausse les valeurs de défense,
01:43bref, bis, resigita, ou on change son fusil d'épaule par rapport à l'an dernier ?
01:47L'an dernier, c'est mieux prononcé comme ça.
01:49Je pense qu'il va falloir être alerte et tactique.
01:52L'année dernière, en deuxième partie d'année, on avait commencé à revenir sur le luxe.
01:57On le voit, le luxe est à nouveau un petit peu dans la tourmente.
02:02On aura les résultats de LVMH dans quelques jours, donc effectivement, ça donnera une indication.
02:07Ce drichement a été plutôt bon.
02:09On s'intéresse, et si on prend un élément de comparaison, si on regarde les techno-européennes,
02:16les techno-européennes progressent de plus de 10% depuis le début de l'année.
02:19Quand on prend le SP500 technologie aux États-Unis, on voit que celui-ci a plus ou moins rien fait.
02:27Il est à l'équilibre et autres.
02:29Donc c'est un message plutôt positif, rassurant pour les investisseurs,
02:33de se dire que tout n'est pas acheté, il y a des opportunités, il y a des choses.
02:38On a vu en Europe, ASML qui caracole depuis quelque temps.
02:45On voit qu'il y a véritablement des outils, des véhicules pour investir en Europe
02:51qui offrent un potentiel et qui profitent du boom actuel de la technologie.
02:57Oui, de la technologie.
02:58Il y a une petite valeur qui s'appelle RIBER, sur laquelle, alors je ne sais pas si vous la suivez,
03:00RIBER, R-I-B-E-R, il s'appelle Victorien.
03:03Il m'a écrit sur LinkedIn, sur mon LinkedIn perso.
03:05Il nous demande, RIBER est-il une bonne idée pour investir justement dans cette souveraineté européenne
03:10à travers la technologie et le quantique sur lequel RIBER, nous dit-il, est actif ?
03:14Faut-il acheter RIBER ? Ce titre gagne 2% aujourd'hui, RIBER ?
03:17Oui, alors, comme vous le dites, d'abord RIBER gagne 2%, il gagne 20% depuis le début de l'année
03:22et sur 24 mois, il prend 121%.
03:25Quand on regarde le graphique, on est sur une crête, on est sur un titre qui est volatil, dont la liquidité n'est quand même pas incroyable.
03:33Donc, il faut faire attention.
03:34Donc, sur les sommets sur lesquels nous sommes aujourd'hui, je pense qu'on peut se positionner, mais en repli, pas sur les niveaux actuels.
03:42Alors, c'est assez... On en parlait ce matin d'ailleurs avec Arnaud Gillon de BlackRock.
03:48Lui, il parlait du marché des ETF, alors au sens global, et il nous expliquait que justement, si les tendances dynamiques devaient perdurer l'année prochaine,
03:56ce serait via de la granularité, c'est-à-dire qu'il va falloir regarder des dynamiques très précises,
04:01et la souveraineté en est une, très clairement, depuis quelques mois.
04:05Maintenant, bon, on a un euro qui remonte, de manière... Alors, je ne dirais pas contre-intuitive, parce que c'est dans l'ordre des choses.
04:16Maintenant, voilà, est-ce que ça réinstalle, là aussi, des dynamiques qu'il faut suivre pour bien se réaligner ?
04:22Oui, mais là aussi, c'est quelque chose qu'on ne pourra pas maîtriser.
04:26C'est quelque chose qui va être l'objet... Il y a des questions qui se posent sur la dette américaine,
04:34sur les décisions, les déclarations des uns ou des autres, qui font surréagir aujourd'hui ce compartiment.
04:43Donc, vous donner une réponse, j'ai envie de vous dire, je ne sais rien, mais je vous dirai tout,
04:47parce qu'on peut avoir tout et son contraire, et c'est...
04:50Ne pas intégrer les effets de change dans sa stratégie aujourd'hui, parce qu'on ne sait pas dans quel sens ça peut aller.
04:53Le dollar, on la baisse, là, aujourd'hui, mais ça ne veut pas dire qu'il baissera tout le temps.
04:57Voilà, il y a quelques mois, on vous disait, bon, on peut aller sur les États-Unis,
05:01de toute façon, le dollar a tellement baissé qu'il ne pourrait pas baisser davantage.
05:05Ben, si, si, aujourd'hui, la question se pose, le dollar pourrait à nouveau baisser,
05:10et puis le contraire peut également se produire.
05:12C'est vrai que c'est un environnement très, très con.
05:14Oui, mais la hausse de l'euro, aujourd'hui, elle nous interpelle, et Franklin, je vais vous dire pourquoi.
05:18Parce qu'on a le sentiment que le marché prend conscience d'une carte maîtresse européenne.
05:24L'Europe tient-elle les États-Unis par la dette ?
05:28L'Europe détient à elle seule, les pays européens détiennent à eux seuls,
05:3240% des obligations américaines à l'international, 40% entre nos mains.
05:39Est-ce que là, on est en train de se découvrir une carte maîtresse dans le rapport de force avec Donald Trump ?
05:43Alors, vous savez, vous avez des cartes que vous pouvez ne pas utiliser aussi.
05:48Le problème, c'est qu'effectivement, on parle d'un petit peu moins de 4 000 milliards d'obligations détenues par l'Europe,
05:55majoritairement au Royaume-Uni, France, Espagne, etc.
06:00Maintenant, c'est compliqué, c'est compliqué, et c'est vrai, c'est le secrétaire au Trésor américain,
06:06Scott Bissen, qui déclarait ce matin qu'une telle mesure défierait la logique.
06:14Derrière cette expression sibylline, il faut comprendre qu'aujourd'hui,
06:20je ne sais pas si le raisonnement peut tenir, mais c'est quelque chose qui est difficilement envisageable.
06:26La vendre à qui ?
06:27Déjà, c'est la première question qui se poserait.
06:30Qui serait acheteur aujourd'hui, alors qu'on assiste à un dégagement des investisseurs institutionnels internationaux
06:38qui sortent de la zone dollar, et de la zone américaine,
06:41parce qu'aujourd'hui, ils ne comprennent plus trop bien comment ça peut évoluer à court terme ?
06:46Donc, à qui la vendre ? À quel niveau la vendre ?
06:49La logique voudrait qu'on assiste, si on avait des dégagements,
06:54ou au moins, une moindre contribution des Européens à l'achat de cette dette,
07:00on pourrait voir les taux d'intérêt flamber, ce qui ne va pas dans l'intérêt de ce que veut Trump.
07:07Et puis, on ferait monter le dollar encore.
07:10Il suffirait que l'Europe achète moins d'obligations américaines pour que les taux US montent.
07:15Ça irait contre les intérêts de Donald Trump et des États-Unis.
07:18Comment les Américains réagiraient-ils ?
07:20Tout ça reste un champ de bataille complètement ouvert, bien sûr.
07:22Alors, on voit aussi un rapport de force qui se traduit jusqu'au cœur des entreprises.
07:27Ryanair, par exemple.
07:28Elon Musk, c'était il y a quelques jours.
07:29Elon Musk s'en est pris au patron de Ryanair et a proposé, sous forme de boutade,
07:34d'acheter Ryanair, sous forme de boutade, oui, de la part d'Elon Musk.
07:38Sauf qu'il y a quelques années, sous forme de boutade, il avait dit qu'il pourrait racheter Twitter.
07:42Aujourd'hui, Twitter s'appelle X et appartient à Elon Musk.
07:45Est-ce que Ryanair pourrait...
07:46Ryanair progresse un peu aujourd'hui, plus 0,3%, ce n'est pas énorme,
07:48mais ça va contre la tendance générale, Francklin.
07:50Alors, on parle de l'Elon effect, l'effet Elon à chaque fois qu'il lance une rumeur
07:59et immédiatement, tout le monde se dit, comme vous venez de le citer,
08:02finalement, parfois, il se lance dans la bataille.
08:06Moyennant quoi, les marges sont étroites chez Ryanair,
08:09que Ryanair considère aujourd'hui, en dehors des éléments qu'il a pu mettre en avant,
08:13que, finalement, il n'était pas là pour se préoccuper du confort de ses passagers
08:18et qu'il voulait, et à la fois, maîtriser ses charges et ses marges.
08:23Donc, on connaît Elon Musk et ses déclarations.
08:28De là à ce qu'il lance une opération Ryan, pourquoi pas ?
08:31Le sens de l'histoire ne s'y prête pas, ça ne marche pas,
08:35ce n'est pas suffisamment dans la cible d'Elon Musk.
08:39Merci, Franklin, de nous avoir accompagné aujourd'hui.
Commentaires