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  • il y a 2 jours
Ce mardi 20 janvier, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, s'est penché sur la façon d'investir sur l'Europe, l'utilité de la dette US dans le rapport de force entre l'Europe et les États-Unis, ainsi que la tension entre E. Musk et le patron de Ryanair, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.



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Transcription
00:00François-Franclin-Pichard nous rejoint, Kipling Finance, bonjour François-Franclin.
00:04Bonjour Guillaume.
00:04Vous allez face au marché, face à cette géopolitique mouvante, on va le dire comme ça, rendre votre verdict.
00:09Est-ce que ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez prononcer, vous l'assumez ?
00:13Oui, je l'assume.
00:14On vous écoute.
00:16Eh bien non, non, l'Europe n'est pas condamnée à sous-performer et en revanche, il faudra être sélectif, sélectif sur les secteurs, sélectif sur les valeurs.
00:26L'Europe n'est pas condamnée à perdre, elle n'est pas condamnée à sous-performer, c'est votre message aujourd'hui.
00:33Et d'ailleurs, quand on regarde depuis le début de l'année, l'Europe fait toujours bien mieux que Wall Street.
00:39Oui, il y a des arbitrages qui s'effectuent et qui s'opèrent outre-Atlantique et c'est vrai qu'en Europe, on a eu des publications, on a été porté par des publications,
00:49on a été porté par un environnement qui a rassuré les investisseurs.
00:54Alors au-delà de ça, c'est vrai qu'on a eu un discours des chefs d'entreprise qui était de dire, nous on investira peut-être moins en France et en Europe,
01:04mais on s'ouvrira davantage, on ouvrira notre cible client au-delà des États-Unis, au-delà de l'Europe,
01:13pour avoir une assiette beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus diversifiée pour encaisser l'environnement géopolitique et les humeurs de M. Trump comme on le voit encore aujourd'hui.
01:28Oui, vous êtes confiant, vous croyez plus que tout et toujours et encore dans l'Europe.
01:33Comment est-ce qu'on choisit d'y investir cette année ? Est-ce qu'on y investit de la même façon que l'an dernier ?
01:37Dans la mesure où en plus les thématiques, les harangues de Donald Trump, oui, continuent de porter à la hausse les valeurs de défense,
01:43bref, bis, resigita, ou on change son fusil d'épaule par rapport à l'an dernier ?
01:47L'an dernier, c'est mieux prononcé comme ça.
01:49Je pense qu'il va falloir être alerte et tactique.
01:52L'année dernière, en deuxième partie d'année, on avait commencé à revenir sur le luxe.
01:57On le voit, le luxe est à nouveau un petit peu dans la tourmente.
02:02On aura les résultats de LVMH dans quelques jours, donc effectivement, ça donnera une indication.
02:07Ce drichement a été plutôt bon.
02:09On s'intéresse, et si on prend un élément de comparaison, si on regarde les techno-européennes,
02:16les techno-européennes progressent de plus de 10% depuis le début de l'année.
02:19Quand on prend le SP500 technologie aux États-Unis, on voit que celui-ci a plus ou moins rien fait.
02:27Il est à l'équilibre et autres.
02:29Donc c'est un message plutôt positif, rassurant pour les investisseurs,
02:33de se dire que tout n'est pas acheté, il y a des opportunités, il y a des choses.
02:38On a vu en Europe, ASML qui caracole depuis quelque temps.
02:45On voit qu'il y a véritablement des outils, des véhicules pour investir en Europe
02:51qui offrent un potentiel et qui profitent du boom actuel de la technologie.
02:57Oui, de la technologie.
02:58Il y a une petite valeur qui s'appelle RIBER, sur laquelle, alors je ne sais pas si vous la suivez,
03:00RIBER, R-I-B-E-R, il s'appelle Victorien.
03:03Il m'a écrit sur LinkedIn, sur mon LinkedIn perso.
03:05Il nous demande, RIBER est-il une bonne idée pour investir justement dans cette souveraineté européenne
03:10à travers la technologie et le quantique sur lequel RIBER, nous dit-il, est actif ?
03:14Faut-il acheter RIBER ? Ce titre gagne 2% aujourd'hui, RIBER ?
03:17Oui, alors, comme vous le dites, d'abord RIBER gagne 2%, il gagne 20% depuis le début de l'année
03:22et sur 24 mois, il prend 121%.
03:25Quand on regarde le graphique, on est sur une crête, on est sur un titre qui est volatil, dont la liquidité n'est quand même pas incroyable.
03:33Donc, il faut faire attention.
03:34Donc, sur les sommets sur lesquels nous sommes aujourd'hui, je pense qu'on peut se positionner, mais en repli, pas sur les niveaux actuels.
03:42Alors, c'est assez... On en parlait ce matin d'ailleurs avec Arnaud Gillon de BlackRock.
03:48Lui, il parlait du marché des ETF, alors au sens global, et il nous expliquait que justement, si les tendances dynamiques devaient perdurer l'année prochaine,
03:56ce serait via de la granularité, c'est-à-dire qu'il va falloir regarder des dynamiques très précises,
04:01et la souveraineté en est une, très clairement, depuis quelques mois.
04:05Maintenant, bon, on a un euro qui remonte, de manière... Alors, je ne dirais pas contre-intuitive, parce que c'est dans l'ordre des choses.
04:16Maintenant, voilà, est-ce que ça réinstalle, là aussi, des dynamiques qu'il faut suivre pour bien se réaligner ?
04:22Oui, mais là aussi, c'est quelque chose qu'on ne pourra pas maîtriser.
04:26C'est quelque chose qui va être l'objet... Il y a des questions qui se posent sur la dette américaine,
04:34sur les décisions, les déclarations des uns ou des autres, qui font surréagir aujourd'hui ce compartiment.
04:43Donc, vous donner une réponse, j'ai envie de vous dire, je ne sais rien, mais je vous dirai tout,
04:47parce qu'on peut avoir tout et son contraire, et c'est...
04:50Ne pas intégrer les effets de change dans sa stratégie aujourd'hui, parce qu'on ne sait pas dans quel sens ça peut aller.
04:53Le dollar, on la baisse, là, aujourd'hui, mais ça ne veut pas dire qu'il baissera tout le temps.
04:57Voilà, il y a quelques mois, on vous disait, bon, on peut aller sur les États-Unis,
05:01de toute façon, le dollar a tellement baissé qu'il ne pourrait pas baisser davantage.
05:05Ben, si, si, aujourd'hui, la question se pose, le dollar pourrait à nouveau baisser,
05:10et puis le contraire peut également se produire.
05:12C'est vrai que c'est un environnement très, très con.
05:14Oui, mais la hausse de l'euro, aujourd'hui, elle nous interpelle, et Franklin, je vais vous dire pourquoi.
05:18Parce qu'on a le sentiment que le marché prend conscience d'une carte maîtresse européenne.
05:24L'Europe tient-elle les États-Unis par la dette ?
05:28L'Europe détient à elle seule, les pays européens détiennent à eux seuls,
05:3240% des obligations américaines à l'international, 40% entre nos mains.
05:39Est-ce que là, on est en train de se découvrir une carte maîtresse dans le rapport de force avec Donald Trump ?
05:43Alors, vous savez, vous avez des cartes que vous pouvez ne pas utiliser aussi.
05:48Le problème, c'est qu'effectivement, on parle d'un petit peu moins de 4 000 milliards d'obligations détenues par l'Europe,
05:55majoritairement au Royaume-Uni, France, Espagne, etc.
06:00Maintenant, c'est compliqué, c'est compliqué, et c'est vrai, c'est le secrétaire au Trésor américain,
06:06Scott Bissen, qui déclarait ce matin qu'une telle mesure défierait la logique.
06:14Derrière cette expression sibylline, il faut comprendre qu'aujourd'hui,
06:20je ne sais pas si le raisonnement peut tenir, mais c'est quelque chose qui est difficilement envisageable.
06:26La vendre à qui ?
06:27Déjà, c'est la première question qui se poserait.
06:30Qui serait acheteur aujourd'hui, alors qu'on assiste à un dégagement des investisseurs institutionnels internationaux
06:38qui sortent de la zone dollar, et de la zone américaine,
06:41parce qu'aujourd'hui, ils ne comprennent plus trop bien comment ça peut évoluer à court terme ?
06:46Donc, à qui la vendre ? À quel niveau la vendre ?
06:49La logique voudrait qu'on assiste, si on avait des dégagements,
06:54ou au moins, une moindre contribution des Européens à l'achat de cette dette,
07:00on pourrait voir les taux d'intérêt flamber, ce qui ne va pas dans l'intérêt de ce que veut Trump.
07:07Et puis, on ferait monter le dollar encore.
07:10Il suffirait que l'Europe achète moins d'obligations américaines pour que les taux US montent.
07:15Ça irait contre les intérêts de Donald Trump et des États-Unis.
07:18Comment les Américains réagiraient-ils ?
07:20Tout ça reste un champ de bataille complètement ouvert, bien sûr.
07:22Alors, on voit aussi un rapport de force qui se traduit jusqu'au cœur des entreprises.
07:27Ryanair, par exemple.
07:28Elon Musk, c'était il y a quelques jours.
07:29Elon Musk s'en est pris au patron de Ryanair et a proposé, sous forme de boutade,
07:34d'acheter Ryanair, sous forme de boutade, oui, de la part d'Elon Musk.
07:38Sauf qu'il y a quelques années, sous forme de boutade, il avait dit qu'il pourrait racheter Twitter.
07:42Aujourd'hui, Twitter s'appelle X et appartient à Elon Musk.
07:45Est-ce que Ryanair pourrait...
07:46Ryanair progresse un peu aujourd'hui, plus 0,3%, ce n'est pas énorme,
07:48mais ça va contre la tendance générale, Francklin.
07:50Alors, on parle de l'Elon effect, l'effet Elon à chaque fois qu'il lance une rumeur
07:59et immédiatement, tout le monde se dit, comme vous venez de le citer,
08:02finalement, parfois, il se lance dans la bataille.
08:06Moyennant quoi, les marges sont étroites chez Ryanair,
08:09que Ryanair considère aujourd'hui, en dehors des éléments qu'il a pu mettre en avant,
08:13que, finalement, il n'était pas là pour se préoccuper du confort de ses passagers
08:18et qu'il voulait, et à la fois, maîtriser ses charges et ses marges.
08:23Donc, on connaît Elon Musk et ses déclarations.
08:28De là à ce qu'il lance une opération Ryan, pourquoi pas ?
08:31Le sens de l'histoire ne s'y prête pas, ça ne marche pas,
08:35ce n'est pas suffisamment dans la cible d'Elon Musk.
08:39Merci, Franklin, de nous avoir accompagné aujourd'hui.
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