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  • il y a 4 heures
Ce mardi 3 février, Nabil Milali, gérant/stratégiste Multi-Asset & Overlay Edmond de Rothschild Asset Management, s'est penché sur sur le potentiel des marchés émergents, et les secteurs d'activité qui se démarquent à la suite des premières publications, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.


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Transcription
00:00Il vient de nous rejoindre, Nabil Milahi pour Edmond Rothschild AM.
00:03Bonjour Nabil.
00:04Bonjour Guillaume.
00:05Vous allez rendre votre verdict face au marché.
00:07Ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez prononcer,
00:10est-ce que vous l'assumez ?
00:11Je l'assume.
00:13On vous écoute.
00:14Alors je pense que l'arbre géopolitique ne doit pas cacher la forêt économique,
00:18surtout pour les pays émergents.
00:21Intéressant, il y a même un proverbe africain qui dit
00:23un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse.
00:26Vous derrière l'arbre géopolitique qui fait des fracas,
00:28vous voyez une forêt économique poussée, notamment dans les émergents.
00:31Exactement.
00:32Et c'est vrai que le mois de janvier a été marqué par plusieurs incidents géopolitiques,
00:36commençons par le Venezuela, le Groenland.
00:37On est toujours en pleine crise iranienne.
00:39C'est vrai que ça accapare les esprits des investisseurs.
00:43Mais derrière tout ça, il y a des statistiques économiques
00:46qui nous confirment une solidité économique au niveau mondial,
00:50mais en particulier aux États-Unis et dans les pays émergents
00:53qui sont, à notre sens, bien positionnés pour profiter de ce contexte.
00:57Et un contexte qui sera marqué par ailleurs par plusieurs facteurs positifs
01:02toujours pour les pays émergents.
01:03Le dollar qui continue sa lente et longue phase de dépréciation.
01:08Une Fed, quoi qu'on en pense de ce que fera M. Walsh,
01:12dans tous les cas, à court terme, on aura une Fed qui restera plutôt accommodante.
01:16Et globalement, un cycle aussi sur les métaux et les métaux industriels
01:20qui continuent de porter ces pays émergents.
01:22Donc, pour jouer la diversification au-delà des seules valeurs technologiques américaines
01:26qui gagnent depuis plusieurs années et qui tirent la cote,
01:29la diversification vers le reste du monde, vers l'Europe et vers les émergents,
01:34ça nous paraît plutôt opportun.
01:35Quels émergents, du coup ? Lesquels ? Parce qu'il y a tout dans les émergents.
01:38Alors, on reste positif sur la Chine, malgré le contexte plutôt difficile
01:42d'un point de vue économique.
01:43Mais comme on l'a pu le voir l'année dernière,
01:45les marchés financiers chinois sont assez décorrélés de la macro chinoise
01:50et les marchés chinois ont pu surperformer l'année dernière
01:53malgré un contexte économique difficile.
01:56Qui plus est, on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise potentiellement.
01:59Au vu de l'affaiblissement de la dynamique économique en Chine,
02:02on n'est pas à l'abri que le Parti communiste
02:04doive remettre des mesures de soutien.
02:07On ne sera toujours pas sur le bazooka qu'espèrent certains investisseurs,
02:10mais des mesures ciblées sur la consommation,
02:12notamment des chèques aux ménages sur les services.
02:15Ça pourrait tout à fait contribuer à entretenir l'optimisme
02:18de nouveau sur la consommation chinoise
02:20et donc sur les marchés chinois.
02:23Et puis plus globalement, la tech chinoise reste très bien positionnée
02:26pour profiter de la thématique de l'intelligence artificielle
02:29sans avoir à payer les niveaux de valorisation extrêmement élevés
02:32qu'on a aux États-Unis.
02:33Et alors vous disiez, on aime bien renforcer en ce moment
02:36les émergents et l'Europe.
02:39C'est quoi les bonnes nouvelles en Europe pour le coup ?
02:42Alors on revient pour le coup à l'aspect géopolitique
02:45et ses conséquences économiques en termes de relance.
02:48Alors certes, la vitesse d'implémentation de la relance allemande,
02:51on était les premiers à souligner qu'elle se fera de manière très graduelle.
02:55Et l'année dernière, on a effectivement eu ces délais d'implémentation
02:58qu'on soupçonnait.
03:00Sur la fin d'année, on a quand même vu un déficit budgétaire allemand
03:03accélérer un tout petit peu plus,
03:06notamment davantage de dépenses budgétaires en termes de prestations sociales.
03:10Alors ce n'est pas l'investissement qu'on anticipe
03:12qui va améliorer la croissance potentielle européenne,
03:14mais ça permet au moins d'entretenir cette dynamique positive
03:18en termes de relance.
03:19Et puis certes, je disais en introduction
03:22qu'il ne fallait pas regarder seulement les sujets géopolitiques,
03:25mais par contre, on est bien d'accord
03:27que ces ruptures géopolitiques auront des conséquences à long terme.
03:31Et en particulier, tous les investissements dans la défense
03:33continuent de porter une bonne partie le secteur européen
03:37et donc le reste de la cote,
03:40sans oublier que le secteur de la technologie en Europe
03:42se porte plutôt bien ces dernières semaines.
03:44Oui, donc il y a le secteur de la défense, le secteur de la technologie,
03:46on va parler des publications dans un instant,
03:47mais quand on regarde la dynamique globale,
03:49on se dit que ça reste un peu poussif.
03:50Alors bien sûr, il y a quelques locomotives au sud de l'Europe,
03:52d'ailleurs quand on en est à trouver les locomotives au sud de l'Europe,
03:56je pense notamment à l'Espagne et au Portugal,
03:57c'est vraiment le train manque d'élan.
04:00Ici en France, on a eu le chiffre de l'inflation,
04:01on tient tout à l'heure, l'inflation du mois de janvier,
04:04elle chute de moitié d'un mois sur l'autre.
04:06En deux mois, on est passé de plus,
04:07les prix à la consommation de 0,8 plus 0,8 à plus 0,4 au mois de janvier.
04:11Est-ce que ça, ce n'est pas un signe de déprime peut-être très française ?
04:15Mais voilà, un signal en tout cas.
04:16Alors j'insiste là-dessus,
04:18il faut bien distinguer la croissance européenne
04:20des indices boursiers européens.
04:22Clairement, on reste très prudent sur la macro européenne.
04:25D'ailleurs, on estime toujours que la Banque Centrale Européenne
04:28est beaucoup trop restrictive par rapport aux conditions,
04:31fondamentaux économiques de la zone euro.
04:34Vous mentionnez les chiffres d'inflation en France,
04:36mais plus globalement, on s'attend cette année
04:37à ce que l'inflation soit nettement en dessous
04:39de la cible de 2% de la BCE.
04:42On voit un quantitative tightening
04:43qui se poursuit un peu en pilotage automatique,
04:46là où la Fed a déjà arrêté le sien
04:48et même repris une augmentation de son bilan.
04:53Et donc, ces pressions haussières sur les taux souverains
04:55se combinent à l'appréciation de l'euro
04:57pour durcir ses conditions financières.
05:00Et on commence à en avoir l'impact.
05:01Dans les chiffres du BLS,
05:03les statistiques de crédit en zone euro
05:05qui ont été publiées ce matin,
05:07on voit que le durcissement des conditions financières
05:09commence à se répercuter par des conditions
05:11plus restrictives de la part des banques commerciales.
05:14C'était déjà le cas pour les entreprises,
05:16maintenant c'est un peu plus le cas pour les ménages également.
05:19Et donc, si on continue sur une banque centrale
05:21qui est plus restrictive que ce que ne laissent penser
05:25les statistiques économiques,
05:27on risque de freiner cette croissance économique.
05:30Et le cas français montre qu'on peut avoir
05:32de moins en moins d'inflation,
05:33être largement sous l'objectif de la BCE,
05:340,4 en janvier de l'inflation,
05:36c'est quand même très très bas.
05:37Avoir une très faible inflation donc,
05:39mais des consommateurs de plus en plus étranglés quand même.
05:41On en a un cas là sous les yeux,
05:43à savoir nous, les Français.
05:44Tout à fait.
05:45Pour l'instant, les planètes ne sont pas encore alignées
05:47pour avoir ce rebond de la consommation européenne
05:51qu'on attend depuis plusieurs années.
05:53Quand on regarde les taux de départ,
05:54on a 15%, 18% pour certains pays européens.
05:57C'est en s'en désolant par rapport à ce qu'on voit
06:00aux Etats-Unis par exemple.
06:03Et donc, tant qu'on a ces conditions financières
06:05aussi restrictives,
06:05il sera difficile de voir un rebond de la consommation
06:08et donc une croissance qui accélère au-delà du potentiel.
06:11C'est très restrictif pour nous en France,
06:12vu le niveau d'inflation qu'on a,
06:13on se dit tous, la BCE devrait baisser ses taux.
06:15Elle est beaucoup plus forte que l'inflation en Espagne.
06:17Et là-bas, ce n'est pas du tout le même discours.
06:18C'est ça que doit tenir la Banque Centrale aujourd'hui.
06:20Vous mentionnez tout à l'heure l'Espagne et le Portugal
06:23qui tirent la croissance européenne.
06:25Encore heureux, parce que si on n'avait pas l'Espagne
06:27qui, en poids économique, représente seulement 10% de la zone euro
06:31mais contribue à 20% à la croissance l'année dernière,
06:34on se demande où en serait la croissance européenne au sens large.
06:36Mais pour le coup, l'Espagne, c'est pour de bonnes raisons.
06:39Il y a des investissements qui ont été faits de manière structurelle
06:42dans un certain nombre de secteurs beaucoup plus productifs.
06:46Et donc, on voit que c'est porteur.
06:48Mais attention à vraiment décorréler la croissance européenne
06:51qui va rester plutôt molle selon nous.
06:54Mais de l'autre côté, des indices poursis européens
06:55qui peuvent tout à fait tirer leur épingle du jeu,
06:57continuer de profiter de cet optimisme autour du retour de l'Europe.
07:01Les petites et moyennes capitalisations en zone euro
07:04et en Allemagne en particulier,
07:05continuent de plutôt bien se porter.
07:07Et surtout, il y a les mesures fiscales de relance
07:11mais il y a aussi la transformation de l'Europe
07:13d'un point de vue réglementaire.
07:15Les réformes qui sont menées actuellement à Bruxelles,
07:18c'est un vieux serpent de mer
07:19comme le marché des capitaux uniques par exemple.
07:21Mais on sent qu'il y a une impulsion politique cette fois-ci,
07:25notamment de la part de l'Allemagne.
07:27Et clairement, si on peut casser, en tout cas réduire
07:29ces barrières intra-européennes
07:31qui coûtent tous les ans plusieurs points de PIB
07:33selon le rapport Draghi,
07:34ça sera là aussi une bonne nouvelle
07:36pour les petites et moyennes entreprises européennes.
07:37Antoine ?
07:38Alors, on a énormément de publications à arbitrer
07:40en ce moment, notamment en Europe.
07:42Tout un tas de secteurs sont concernés.
07:44Quels sont les principaux segments d'activité
07:46qui se tiennent bien,
07:48qui émergent un petit peu au terme de ces premières publications ?
07:51Pour l'instant, en Europe,
07:52on a seulement 19% des entreprises qui ont publié.
07:54Donc, difficile d'en tirer vraiment de grandes conclusions.
07:58Nous, les secteurs qu'on continue de privilégier,
08:00c'est encore une fois la défense,
08:02tout ce qui est autour de la thématique de la résilience.
08:05Donc, la défense européenne continue d'avoir notre préférence.
08:09Le secteur de la santé, pour l'instant,
08:12ne rebondit pas,
08:13mais on pense qu'il peut y avoir un moment,
08:16un changement de narratif autour de ces secteurs
08:18qui pourrait améliorer les performances,
08:21surtout qu'on part de niveaux de valorisation extrêmement décotés.
08:24Et enfin, le secteur de la technologie en Europe.
08:27On n'est pas sur les mêmes niveaux de valorisation aux Etats-Unis,
08:31mais on est sur une dynamique de résultats
08:32qui reste très positive
08:33et donc une surperformance qui se poursuit pour l'instant.
08:36Nabil Milali avec nous aujourd'hui
08:37pour Edmond Rotil d'Asset Management.
08:39Merci beaucoup, Nabil, d'être passé sur notre plateau.
08:41Merci à vous.
08:41Comme si souvent...
08:42Merci à vous.
08:42Merci à vous.
08:42Merci à vous.
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