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  • il y a 1 heure
Mercredi 29 avril 2026, retrouvez Nicolas Sopel (Stratégiste en chef, Banque Privée Quintet), Oriane Durvye (Managing partner, Alantra), Stéphane Déo (Senior Portfolio Manager chez Eleva Capital et membre de l'Éco à venir) et Alexandre ATTAL (Directeur de la Gestion Multi-actifs, France, RUSSELL INVESTMENTS) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change
00:11pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via vos box
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, soit en replay vidéo sur bsmart.fr
00:20soit en podcast audio sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Et ça y est, nous rentrons dans la séquence clé de cette semaine intense
00:29entre les réunions de politique monétaire, le déluge de publications microéconomiques.
00:33Les prochaines heures vont être cruciales pour tester l'appétit retrouvé pour le risque sur les marchés
00:40depuis plusieurs semaines maintenant et les points bas de fin mars qui sont loin derrière nous désormais.
00:47La séquence donc sera de plus en plus animée ce soir après la clôture des marchés américains
00:52avec les résultats de 4 des 5 GAFAM, on vous le rappelle.
00:56Et puis entre-temps, nous aurons la dernière communication de Jérôme Poel
01:00en tant que président de la réserve fédérale américaine puisque c'est désormais officiel.
01:05La commission bancaire du Sénat a validé avec un vote très serré la nomination de Kevin Warch
01:11qui va donc pouvoir prendre ses fonctions comme président de la FED et gouverneurs bien sûr
01:15à partir du 15 mai prochain.
01:17Voilà pour la séquence, Pauline Grasse-Glev vous redonne tous les grands enjeux de cette séance
01:21dans un instant avec une question qui perdure autour d'Hormuz
01:26et un changement de stratégie américaine puisque désormais Donald Trump prépare le terrain
01:31pour un blocage durable des ports et du trafic maritime iranien dans la région.
01:38Est-ce que cette stratégie qui vise à utiliser le levier économique plutôt que militaire,
01:43est-ce que cette stratégie payera dans les prochains jours ou les prochaines semaines ?
01:48C'est toute la question.
01:49En attendant, les marchés du pétrole et les marchés de taux se tendent à nouveau.
01:53Le pétrole est à 117 dollars le baril de Brent, échéance juin.
01:58C'est un plus haut qu'on n'avait pas vu depuis l'annonce du cessez-le-feu mi-avril.
02:04Et puis les taux suivent logiquement avec un disant américain qui tutoie à nouveau le niveau de 4,40%.
02:11Voilà pour les enjeux du jour sur les marchés.
02:13Discussion à suivre bien sûr avec nos invités de Planète Marché dans un instant.
02:16Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, le quart d'heure thématique,
02:19nous reviendrons sur la situation du logiciel après deux, trois trimestres de Saspocalypse,
02:25de Sasmageddon comme les analystes financiers se plaisent à décrire ce phénomène.
02:31Le grand de-rating du logiciel bien sûr face à la concurrence nouvelle des modèles d'IA.
02:35Où en est-on ? Nous dresserons un panorama de cette crise et des opportunités peut-être qu'elles génèrent
02:41avec les équipes d'Alantra, la banque d'affaires et c'est la managing partner Oriane Durvie
02:46qui sera avec nous au plateau à partir de 17h45.
02:59Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
03:02les infos clés du jour sur les marchés avec Pauline Grattel.
03:05Bonsoir Pauline.
03:05Les principaux rendez-vous pour les investisseurs sont attendus dans quelques heures.
03:09Oui, il faudra attendre la clôture des marchés pour connaître les résultats d'Alphabet,
03:13Microsoft, Amazon et Meta, tout comme la décision monétaire de la Réserve fédérale américaine.
03:19Elle devrait laisser ses taux inchangés entre 3,5 et 3,75% mais adopter un ton plus restrictif.
03:27La lutte contre l'inflation reste prioritaire et selon le Wall Street Journal,
03:31l'idée de baisse des taux en 2026 pourrait être écartée.
03:34Sur le front géopolitique, selon différents médias américains,
03:38Donald Trump aurait demandé à ses équipes d'anticiper et de préparer un blocus potentiellement durable des ports iraniens.
03:45Oui, les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis sont au point mort depuis quelques jours déjà
03:50et passent en second plan pour les investisseurs après les résultats du premier trimestre,
03:54les décisions des banques centrales et la macro en général.
03:58Dans tous les cas, une réouverture du détroit d'Hormuz n'est pas au programme.
04:01Donald Trump a renchéri sur son réseau social en disant
04:04que l'Iran a intérêt de devenir intelligent et vite finit de jouer les gentils.
04:09Dans ce contexte, les prix du pétrole poursuivent leur remontée entamée déjà il y a plusieurs jours.
04:14Oui, le baril de Brent remonte de 5% environ, au-delà de 115 dollars aujourd'hui pour son huitième
04:19jour de hausse.
04:20Le WTI américain grimpe aussi et s'établit désormais au-delà de 100 dollars sur les marchés obligataires.
04:26Le rendement américain à 10 ans se tend et atteint les 4,40%
04:30et le rendement allemand à 10 ans se tend aussi autour de 3,10%.
04:34Sur le marché d'échange, le dollar se raffermit légèrement, l'euro-dollar évolue sous 1,17%.
04:39Et des investisseurs dans ce contexte qui restent prudents et vigilants ?
04:42Oui, sur les indices actions en Europe, la tendance est plutôt négative.
04:46Les indices marquent le pas en attendant les déblocages potentiels.
04:49Ainsi, le Stoxx 600 et l'Eurostoxx 50 sont en repli.
04:52Pareil pour le CAC 40 qui cède du terrain pour la quatrième séance de suite
04:56et qui évolue désormais sous les 8100 points.
04:59Côté américain, les indices ont ouvert en léger repli.
05:02En Asie, les indices japonais sont restés fermés pour un jour férié
05:06pendant que le Hang Seng et le CSI 300 ont clôturé en hausse de plus de 1% ce matin.
05:10Et puis bien sûr, quelques résultats au programme aujourd'hui, à commencer par ceux de Total Energy.
05:15Oui, les chiffres sont spectaculaires.
05:17Le bénéfice net ressort à près de 6 milliards de dollars sur seulement 3 mois.
05:21C'est une hausse massive de plus de 50% sur un an.
05:24Le chiffre d'affaires, lui, atteint plus de 54 milliards de dollars.
05:28Le géant français a profité de la remontée des prix du pétrole ces dernières semaines.
05:32Le titre est en hausse de 1%.
05:34Les investisseurs ont arbitré également la publication d'Airbus.
05:37L'avionneur français fait état d'un bénéfice net en recul de près de 30% au premier trimestre,
05:42pénalisé par la pénurie des moteurs Pratt & Whitney.
05:45Du coup, impossible de tenir les objectifs de livraison.
05:49Ainsi, le chiffre d'affaires recule de 7% sur la période.
05:52Pendant ce temps, son concurrent Boeing, en pleine restructuration, signe des records de livraison.
05:57Le titre Airbus est en tête du CAC 40 en hausse de 5%.
06:00Dans la pharma, AstraZeneca délivre une belle publication avec une progression de son bénéfice.
06:06Oui, une progression de 5% à 3 milliards de dollars boostés par l'oncologie et les maladies rares.
06:11Le chiffre d'affaires progresse de 8% sur la période.
06:14Le titre est en repli de 4%.
06:16Enfin, le brasseur d'anneau à Carlsberg fait état de vente en hausse de 3%.
06:20C'est supérieur aux attentes malgré le conflit au Moyen-Orient.
06:23Le titre progresse de plus de 4%.
06:25Et demain sera donc le super jeudi sur les marchés.
06:29Il y en aura pour tout le monde, Pauline.
06:30Oui, on attend la première estimation de la croissance américaine du premier trimestre.
06:34Les indices PCE et corps PCE de mars.
06:37Les décisions monétaires de la Banque Centrale Européenne et de la Banque d'Angleterre.
06:40Ainsi que les premières estimations d'inflation pour la zone euro en avril.
06:44Les premières estimations de croissance du premier trimestre pour la France, l'Allemagne et l'Espagne.
06:49Et plus globalement pour l'ensemble de la zone euro.
06:52Du côté des résultats, au-delà de l'arbitrage des comptes publiés ce soir pour la tech américaine.
06:57On attend ceux d'Apple et Lili en France.
06:59Finé d'air électrique, BNP Paribas, Crédit Agricole ou encore Société Générale.
07:0424 heures clés pour l'appétit, pour le risque sur les marchés.
07:07Pauline Grattel avec nous chaque soir.
07:09Tendance mon ami pour vous apporter les infos clés du jour sur les marchés.
07:223 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:26Alexandre Attal est avec nous, le directeur de la gestion multi-actifs de Russell Investments France.
07:30Bonsoir Alexandre.
07:31Bonsoir.
07:31Stéphane Déo nous accompagne, gérant senior chez Eleva Capital.
07:35Bonsoir Stéphane.
07:36Bonsoir.
07:36Et Nicolas Sopel est également à nos côtés, stratégiste en chef chez Quintet Banque Privée.
07:41Bonsoir Nicolas.
07:42Bonsoir Grélois.
07:43Bon, 117 dollars sur le baril de Brent, c'est quand même un niveau qui nous ramène dans le haut
07:48de la fourchette
07:49qu'on connaît depuis le début de ce conflit.
07:51On est sur des niveaux qui prévalaient avant l'annonce du cessez-le-feu par Donald Trump,
07:57notamment, je crois que c'était le 13 avril, si je ne dis pas de bêtises, enfin mi-avril.
08:02Qu'est-ce que le marché pétrolier nous dit à ce stade de la situation ?
08:06Alors que je le disais en présentation, on semble, personne n'a très envie de contempler à nouveau
08:10un redémarrage des frappes intensives sur le plan militaire dans le Golfe.
08:16Donc la stratégie s'oriente plutôt vers l'idée d'un blocus économique.
08:20Oui, tout à fait.
08:21Maintenant, après, la stratégie militaire, c'est la stratégie économique,
08:24s'attaquer au portefeuille des Iraniens, à se fixer un petit peu le pays.
08:31Maintenant, d'un point de vue conséquence économique, on arrive vraiment au niveau charnière.
08:36On est proche des 120, c'est-à-dire un pétrole qui aurait doublé par rapport au début d'avant
08:42le conflit.
08:44Et beaucoup d'analyses montrent qu'un choc de, on va dire, deux trimestres sur un prix du pétrole à
08:50120 dollars,
08:51donc c'est-à-dire à fois deux, c'est les niveaux sur lesquels on va commencer à s'inquiéter
08:55sur la croissance.
08:57Donc bon, on est à deux mois et un jour dans ce conflit, c'est deux mois et un jour
09:01de trop.
09:03Donc on a encore un petit peu de marge, mais c'est ce qui fait que le marché commence à
09:09repricer un petit peu cette impulsion de stagflation,
09:12c'est-à-dire de ralentissement de la croissance due à une augmentation de l'inflation due au prix de
09:17l'énergie.
09:17On va parler des marchés actions, bien sûr, et de l'IA qui vit de manière un peu décorrélée d
09:23'ailleurs de ce conflit, et pourquoi pas ?
09:25C'est vrai que quand on écoute beaucoup de traders, brokers sur des matières premières, je parle de gérants de
09:32matières premières physiques,
09:34à les écouter, on n'a encore rien vu de ce qui pouvait découler de cette situation de blocage,
09:40quand bien même elle s'arrêtait ou elle s'arrêterait dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
09:44Oui, mais ne serait-ce que juste à regarder le pétrole.
09:49Déjà, rouvrir le détroit d'Hormuz, on ne sait pas combien de temps ça va prendre.
09:52Réparer les lignes de production qui ont été endommagées par les frappes militaires, ça va reprendre du temps.
09:57Mais c'est vrai que par le détroit d'Hormuz, il y a tout un tas de matières premières qui
10:00circulent,
10:02qui sont centrales, les fertilizers, etc., qui risquent de rajouter cette pression inflationniste,
10:10un choc sur l'offre, malheureusement, auxquelles les réponses politiques, qu'elles soient politiques, monétaires ou budgétaires.
10:19Ça va être compliqué. Monétaires, je pense qu'on va en discuter.
10:24On pourra s'accepter dans tous les sens. Vous dites, le problème, il reste quand même à Hormuz et dans
10:29Hormuz.
10:29Oui, voilà, parce que même si c'est 20% des flots du pétrole qu'on vit dans une économie
10:37maintenant
10:37qui est légèrement moins carbonée que par le passé, on peut travailler de la maison, on peut réduire les déplacements,
10:45la place des véhicules électriques est plus importante, etc. Mais ça reste malgré tout central.
10:49Nous vivons dans un monde carboné, donc ça reste essentiellement central.
10:54Et le marché price ce blocage du détroit d'Hormuz et ce blocage du conflit à travers les puits du
11:02pétrole.
11:03Et ça ruisselle malheureusement de manière un petit peu négative.
11:08Donc, on est encore dans une zone pas extrême d'un point de vue choc sur l'économie.
11:14Mais il ne faudrait pas que ça dure d'un point de vue évidemment humain, mais aussi pour nous, pour
11:19l'économie.
11:20Ça vaut ce que ça vaut, mais tout le monde regarde les marchés de prédiction désormais.
11:23Je voyais que sur Polymarket, c'est... Non mais...
11:26Non, ça fait rire quand on suit Polymarket.
11:2936% de chances que le détroit rouvre complètement d'ici la fin du mois de mai.
11:33Bon, c'est pas majoritaire quand même, Alexandre.
11:37Sur la situation et les conséquences, on en parle tous les jours, bien sûr, mais à plus de deux mois
11:42de conflit et de blocage du détroit,
11:45alors il n'était pas bloqué au début du conflit, mais depuis plusieurs semaines maintenant.
11:49Est-ce que le marché intègre bien les conséquences à venir, quand bien même les conséquences seraient transitoires ?
11:57Le marché l'intègre déjà sur le pari du pétrole, avec un pétrole à 117.
12:00C'est le feu, c'était autour du 8-9 avril de mes mois, je crois.
12:02Oui, c'est ça, autant pour moi.
12:03Le 7, je crois, c'est la journée du 8 où on voit les cours de 7-10%.
12:07Exactement, où tous les acteurs prennent 10% ce fameux mercredi 8 avril.
12:12Et effectivement, depuis, c'est le statu quo.
12:14C'est ça aussi que le marché est en train de repricer un petit peu depuis ces derniers jours.
12:16Alors, il y a l'effet tech, mais c'est le statu quo, parce qu'il n'y a pas
12:19d'avancée dans les négociations.
12:21Et Trump parle effectivement d'un blocage, ou d'un double blocage,
12:24que les Iraniens contrebloquent aussi le détroit d'Hormuz,
12:28qui part peut-être encore 60 jours.
12:29Donc, potentiellement, le marché réintègre cette prime sur les marchés de matières premières.
12:34Le marché de l'or aussi.
12:36On voit l'or qui revient sur les 4 500.
12:38Donc, cette prime de risque qu'on avait vue sur la première partie de la guerre,
12:42en mois de mars, où l'or ne jouait pas son rôle de valeur refuge.
12:45Là, elle remonte, là, vous dites.
12:47Là, l'or qu'on rebaisse.
12:48Donc, finalement, on se remet dans la séquence boursière du mois de mars.
12:52J'entends.
12:52De la première quinzaine de mars, avec des matières premières énergétiques qui montent,
12:56des métiers précieux qui baissent,
12:57parce que moins d'activités, moins de transports, moins d'échanges,
13:01et des marchés de taux qui prient un phénomène d'inflation plus sticky,
13:05plus élevé sur les mois à venir.
13:09Alors, oui, les marchés d'action ont quand même bien rebondi,
13:12aidés par un certain nombre de valeurs,
13:14avec une très, très forte concentration.
13:17Si on regarde l'ensemble de la cote,
13:18tout le monde n'a pas repris, finalement,
13:21ce phénomène de risconne post-cesser le feu.
13:24Et, effectivement, aujourd'hui, le 3 d'Hormuz,
13:26c'est un moyen pour Trump d'asphyxier l'économie,
13:29peut-être, en évitant de se mouiller politiquement.
13:33En tout cas, un peu moins politiquement,
13:34parce que les militaires sont...
13:35Le compteur de la guerre s'arrête, c'est ça ?
13:37Parce que la guerre coûte cher, aussi, à financer.
13:39Donc, là, il n'y a plus de frappe,
13:41il n'y a plus d'avions qui sont dans les airs,
13:43donc il faut aussi financer toute cette batterie militaire
13:45qui est déployée au Moyen-Orient.
13:47Donc, ça, ça coûte moins cher, puisque c'est à l'arrêt.
13:50Et, finalement, on asphyxie les Iraniens
13:54en essayant de jouer plus sur une révolte interne iranienne
13:58par une inflation galopante en Iran,
14:00plutôt que par des missiles ou des tirs
14:02qui auraient pu, au contraire, peut-être,
14:04fédérer la population autour de son gouvernement ou de son régime.
14:09Donc, c'est là le deal de Trump,
14:11et peut-être un levier plutôt asymétrique,
14:13parce que ça lui coûte moins cher,
14:15ça renforce le prix du pétrole.
14:16On sait que les États-Unis sont aussi producteurs.
14:18Donc, finalement, certes, le consommateur paye,
14:21mais les entreprises américaines produisent
14:23et donc bénéficient de ces niveaux de pétrole
14:25qui sont plus élevés d'un point de vue économique,
14:27au détriment de l'Asie, au détriment de l'Europe.
14:30Donc, c'est aussi gagner du temps
14:31pour renforcer la prédominance américaine
14:34sur l'échec et mondial.
14:35– Stéphane, est-ce que le levier économique
14:38peut produire de meilleurs résultats
14:40que le levier militaire ?
14:42Et toujours cette même question,
14:44à quel type de conséquences,
14:45chaque jour qui passe,
14:46fait que les conséquences sont encore plus importantes
14:49que la veille ?
14:50Quel type de conséquences, là, on attend désormais ?
14:52– Alors, vous parliez de Polymarket,
14:54moi, je suis aussi,
14:55mais il y a un autre moyen de regarder ce que dit le marché,
14:58c'est de regarder les futures,
14:59les marchés options, etc.
15:01Et je trouve ça assez intéressant,
15:02parce que ce que nous dit le marché à l'heure actuelle,
15:04si vous regardez les options en mois, deux mois,
15:07c'est 150 et très peu probable sur le pétrole.
15:11Donc, le scénario Armageddon
15:13où on a des prix du pétrole qui explosent
15:15à des niveaux jamais vus,
15:18et le marché ne croit pas du tout, du tout.
15:20– Donc, le scénario rupture non linéaire,
15:22ou effectivement la matérialisation
15:24d'un risque physique énorme, etc.
15:26– Alors, le marché a toujours raison, évidemment,
15:28mais ça ne veut pas dire que la prévision…
15:30– Ça n'arrivera pas.
15:30– Mais en tout cas, le marché dit
15:32« Ce scénario catastrophe n'est pas sur la table »,
15:35ou en tout cas avec une probabilité extrêmement faible.
15:37Par contre, la probabilité de rester au-dessus de 100 dollars le baril
15:41pendant plusieurs mois est pricée avec…
15:44Enfin, c'est le scénario central de très, très loin.
15:47Pourquoi ? Parce que si, d'un coup de baguette magique,
15:49vous réouvrez le détroit d'Ormouz, là, cet après-midi,
15:53il faut d'abord que les bateaux chargent, qu'ils sortent.
15:56Il faut deux, trois semaines pour arriver en Europe ou en Asie.
16:00Il faut relancer la production.
16:02Il faut relancer les raffineries qui ont été arrêtées du jour au lendemain.
16:06Ce n'est pas très, très bien d'arrêter une raffinerie du jour au lendemain.
16:08Enfin bon, bref, je ne veux pas rentrer dans tous les détails techniques.
16:11Mais du coup, dans le meilleur scénario,
16:13qui est un peu utopique, où tout s'arrête cet après-midi,
16:16même dans ce cas-là, on reste sur des prix élevés pendant longtemps.
16:21Donc, il y a un effet durable.
16:22Il y a un effet mémoire qui sera fort.
16:25Et en plus, on a beaucoup, beaucoup tapé sur les réserves.
16:29Donc, il faudra reconstituer les réserves.
16:31Donc, si le prix du pétrole baisse, vous allez reconstituer les réserves.
16:33Donc, vous allez acheter beaucoup plus.
16:35Donc, le prix du pétrole ne peut pas baisser.
16:36Donc, en fait, vous avez aussi un espèce de plancher
16:39que vous mettez sur le cours du pétrole.
16:41Alors, ça n'a pas duré indéfiniment.
16:43Mais pendant quelques mois, ou au moins jusqu'au début de l'hiver,
16:47c'est quasiment impossible.
16:50Il ne faut jamais dire jamais.
16:51Mais c'est très peu probable qu'on passe en dessous de 80 dollars
16:55dans le meilleur des cas, si on a une solution très rapide.
17:00Il faut quand même se souvenir, enfin, tout le monde s'en souvient,
17:02mais qu'avant le démarrage du conflit,
17:04le marché était en surcapacité, en suroffre, le marché pétrolier.
17:10Oui. Il y avait le marché pétrolier et il y avait le marché gazier aussi.
17:14Il y avait énormément de capacités gazières
17:16qui devaient arriver cette année et l'année prochaine.
17:19Bon, là, ça a été bombardé.
17:20Donc, évidemment, c'est plus compliqué.
17:22Et du coup, il y avait tout un débat sur le prix du gaz va s'effondrer
17:26et donc ça va être substitué.
17:28Donc, il y aura moins de demandes pour le pétrole, etc.
17:31Bon, cet argument, vous le prenez, vous le mettez à la poubelle,
17:33on le ressortira dans quelques années.
17:34Mais il y a vraiment, on a cassé aussi cette dynamique sur le gaz.
17:39Est-ce que le fait que les Émirats Arabes Unis décident de sortir de l'OPEP
17:42après 60 ans de présence, est-ce que ça peut générer l'idée
17:47qu'il y aura quand même un approvisionnement supplémentaire
17:50de la part de ces Émirats ?
17:53Bof.
17:53Bof, parce que je suis désolé.
17:55À la marche, quoi.
17:56On consomme à peu près 100 millions de barils, je crois, dans le monde.
17:59Alors, ce n'est pas vrai, c'est un peu plus, c'est 110.
18:015, 7, 7, 10, c'est ça.
18:02Je vous le fais à 100, comme ça, c'est un chiffre.
18:04C'est facile.
18:04D'accord ?
18:05Il y a 20 millions de barils qui passent par le détroit d'Ormos.
18:08Donc là, on en a perdu en fait 10 millions parce qu'on en fait passer par un pipeline.
18:12Il y a d'autres zones dans le monde qui produisent, qui compensent un petit peu.
18:16Donc en gros, on a perdu 10 millions.
18:18Les Émirats arabes unis, de mémoire, c'est 2 millions et demi, ils peuvent monter à 3 millions et demi.
18:23Donc on rajoute un million, c'est sympathique, mais ce n'est pas ça qui va changer fondamentalement la donne.
18:30La vraie question, c'est est-ce que c'est un départ ou est-ce que l'OPEP explose ?
18:35Alors ça, c'est une autre histoire.
18:36Là, honnêtement, je pense qu'il y a des problèmes géopolitiques, internes, que je ne maîtrise pas complètement.
18:43Mais si vous faites exploser l'OPEP, là, c'est une autre histoire.
18:46Mais les Émirats arabes unis tout seuls, oui, à la marge, ça fait baisser, mais pour moi, c'est marginal.
18:53D'ailleurs, le marché n'a pas réagi sur la nouvelle.
18:55Non, mais ce n'est pas une petite nouvelle quand même.
18:57Oui, oui.
18:57Quand on suit les affaires pétrolières, le cartel, etc.
19:00Comment vous lisez cette nouvelle, ce départ des Émirats arabes unis du cartel, Nicolas ?
19:07Je lis avec un pétrole à 117.
19:09Voilà, Stéphane me disait, c'est à la marge un petit peu plus de production.
19:15Donc effectivement, une fois que le détroit d'Ormous sera réouvert, que la situation revient à la normale,
19:22on aura un petit peu plus de production, donc à la marge, plutôt baissier sur le pétrole, mais vraiment modérément.
19:32Mais pour le moment, c'est absolument pas le... on voit le marché.
19:36Eux, à part réagir sur cette nouvelle.
19:38Alexandre ?
19:39Le point, franchement, c'est est-ce qu'il y a un éclatement de l'OPEP ou pas ?
19:41Après, chacun part dans sa propre direction, gère ses propres besoins, gère sa propre directive, ses propres besoins internes et
19:49géopolitiques surtout,
19:50parce que l'OPEP, c'est aussi un organisme qui vient contrebalancer certaines forces de rappel géopolitiques.
19:55Et là, le risque, c'est finalement de se dire, est-ce qu'il y a un éclatement de l
19:58'OPEP ?
19:59Et donc, les directions, ou en tout cas les enjeux, peuvent devenir plus personnels que globaux,
20:04tels qu'ils sont aujourd'hui en termes de gestion de la production et donc aussi du prix.
20:07L'éclatement de l'OPEP, ça veut dire guerre d'épargne marché ?
20:11Ça veut dire que chacun inondera au maximum le marché ?
20:16À hauteur des besoins et de son point mort.
20:18Une production moins tenue ?
20:20Une production moins tenue, à hauteur aussi de chacun de son point mort de production,
20:23qui n'est pas forcément le même entre les différents pays,
20:26donc pour gérer sa rentabilité et aussi ses besoins budgétaires.
20:30Donc effectivement, des conséquences qui peuvent être plus difficilement gérables
20:37au point de vue du niveau global, dans un marché qui est quand même globalisé
20:40et utilisé de manière globale, avec des besoins locaux
20:43qui pourraient finalement créer des divergences économiques,
20:46divergences politiques et aussi des forces de rappel monétaire et d'inflation.
20:51Il y a un vieux débat, mais qui revient régulièrement face au cartel des producteurs.
20:54On se demande toujours, est-ce qu'on ne mettrait pas en place un cartel des consommateurs ?
20:57Un cartel des acheteurs ?
21:00Non, non, non, mais ça s'appelle un monopsom.
21:04Oui, voilà, déjà ça permet d'apprendre des mots, c'est beau.
21:10Non, c'est possible, je pense que...
21:11Je revois cette idée revenir de temps en temps.
21:14Ce qui se passe tout simplement, c'est que vous avez de plus en plus de sources de production,
21:18c'est-à-dire que le premier producteur mondial, ce sont les Etats-Unis, à l'heure actuelle.
21:22Alors que ce n'est pas du tout le cas...
21:24Ah ben, il y a 15 ans.
21:24Il y a 15 ans, donc vous avez un producteur qui arrive.
21:27Vous parliez de Total, ils ont trouvé beaucoup de pétrole en imbibie.
21:32Il y a eu juste deux forages, enfin deux concessions qui ont été données,
21:38il y en a probablement d'autres.
21:39Vous avez le Brésil qui devrait rajouter, si mes souvenirs sont bons,
21:42de millions de barils au jour d'ici quelques années.
21:45Vous avez la Guyane.
21:46Oui, donc on continue, l'exploration n'est pas terminée.
21:48Vous avez le Venezuela, grâce à ce cher Donald, évidemment,
21:51qui est revenu sur le marché, etc.
21:55Donc vous voyez, petit à petit, on diversifie énormément.
21:59Et puis, c'est ce que vous disiez.
22:01Juste un chiffre, depuis le début du siècle, c'est-à-dire depuis 2000,
22:05le PIB mondial a été multiplié par deux.
22:10La consommation de pétrole a augmenté de 30 à 40%.
22:13D'accord.
22:13Il y a quand même des connexions.
22:15On a besoin, oui, de beaucoup, beaucoup moins de pétrole qu'avant pour produire le même niveau de PIB.
22:21C'est aussi pour ça que l'économie, malgré le pétrole à 100, 120,
22:26alors ce n'est pas la fête, évidemment, mais elle tient probablement beaucoup plus
22:29que ce qu'on aurait attendu il y a 20 ans ou il y a 50 ans.
22:33Bon, dans ce contexte et ces perspectives dont on discute, Nicolas,
22:38qu'est-ce que vous attendez des banques centrales, la Fed ce soir,
22:42avec en plus la question de la passation de pouvoir entre Powell et Walsh,
22:46et puis la BCE, pour ne citer qu'elle, demain ?
22:51Voste sujet.
22:53Bon, pour ce soir, on va, je pense, la faire court avec la dernière danse de Jérôme Powell.
23:01On ne va pas s'attendre à de grosses surprises, voire aucune surprise dans la communication,
23:07dans la décision.
23:07Donc, évidemment, la BCE devrait très, très, très probablement laisser ses taux là où ils sont.
23:15moins de...
23:17Et puis toujours, on va dire, une lecture entre une économie qui reste résiliente aux Etats-Unis,
23:24la croissance sur l'emploi qui reste faible, mais pour des raisons maintenant structurelles,
23:31et les incertitudes qui viennent du conflit au Moyen-Orient.
23:35Donc, je pense que ça, ça va être grosso modo la communication de Jérôme Powell,
23:40peut-être légèrement hawkish, donc c'est-à-dire un petit peu plus restrictif, de ce point de vue.
23:49C'est le tilt du moment, c'est le biais, forcément, du moment.
23:52Voilà, après, ce que maintenant, comme Kevin Walsh a été confirmé comme étant le prochain patron de la Fed,
24:03arrivé à ce moment-là, j'aimerais pas vraiment être dans sa position,
24:10parce qu'il va falloir qu'il fasse face aux pressions de Donald Trump,
24:16qui est toujours très vocal, qui veut toujours les taux les plus bas du monde,
24:23pour satisfaire sa politique budgétaire par rapport au coût de la dette.
24:28Donc, en fait, il va rentrer dans une période où il va être en période d'essai avec le marché,
24:35et bien c'est trop vite les taux.
24:37Je pense pas que Kevin Walsh, il veut être le nouveau Arthur Burns,
24:41parce que les parallèles avec les années 70 sont quand même assez importants,
24:45étant donné le conflit et le choc sur pétrole.
24:50Donc, il pourrait perdre toute la crédibilité du marché,
24:52ce qui pourrait avoir des effets négatifs sur le dollar,
24:55mais quel effet sur les tréjuries américains ?
25:01Maintenant, on voit qu'il commence à essayer d'amener un petit peu cette rhétorique,
25:06de dire on pourrait éventuellement baisser les taux,
25:09parce que toute cette révolution, l'IA va être un gain de productivité et des inflationnistes,
25:16mais il faut se rappeler que c'est quelque chose que Greenspan avait dit,
25:19aussi à l'époque, au début de la digitalisation de l'économie américaine.
25:23Donc, peut-être que Greenspan avait gardé justement un bien un petit peu plus accommodant pendant longtemps,
25:27et on a vu où ça avait pu arriver avec une surchauffe de l'économie.
25:32Donc, il va falloir, en fait, peut-être que le problème n'est pas la politique monétaire américaine,
25:36mais sa politique budgétaire.
25:39Parce que, voilà, Donald Trump a implémenté un soutien fiscal quand même relativement important.
25:45On le voit dans les tax returns, actuellement,
25:48le prix du pétrole, ça pique un petit peu à la pompe aux Etats-Unis,
25:52mais les Américains bénéficiaient...
25:53Une partie est compensée quand même.
25:54Une partie est compensée, peut-être pas autant qu'espéré,
25:57mais une partie est compensée, parce qu'il y a ce soutien fiscal,
26:01sans précédent, alors que l'économie était en bonne santé.
26:04Oui, oui, au plémane.
26:05Donc, voilà, c'est un plémane.
26:06Donc, maintenant, en toute indépendance,
26:09ça va être un petit peu compliqué.
26:11C'est vrai qu'on peut réentendre un peu les discours de Nixon
26:16qui accueillait Arthur Bunz en disant
26:21« J'espère qu'en toute indépendance, il va accompagner ma baisse des taux. »
26:26Donc, voilà, la situation un petit peu tendue aux Etats-Unis,
26:31de ce point de vue-là, et vraiment, évidemment, à surveiller.
26:34Bon, alors, sur Warch, puisque ça va être le sujet quand même ce soir...
26:37Ça va être le sujet de ce soir, de la première quinzaine de mai.
26:39J'ai envie de dire qu'il n'y a pas qu'à Roland-Garros,
26:41qui aura des balles neuves le mois prochain, à Washington aussi,
26:44avec Kevin Warch, qui va désormais, maintenant,
26:48être le gourou qu'on va suivre.
26:52L'oracle, oui.
26:53L'oracle qu'on va suivre à chaque réunion de politique monétaire.
26:56Alors, effectivement, aujourd'hui, il est dans une position
26:59qui est peut-être un petit peu inconfortable,
27:00vu la séquence dans laquelle il est.
27:02Pression de Trump, des prix du pétrole en hausse,
27:06donc une inflation qui pourrait repartir,
27:08et donc, à court terme, potentiellement un peu bloquée.
27:11Même s'il est aidé, pour l'instant,
27:13un marché de l'emploi qui tient.
27:14Donc, il n'y a pas urgence à baisser les taux,
27:16non plus, d'un point de vue de l'économie américaine,
27:19parce qu'elle est relativement résiliente.
27:20Et les résultats d'entreprise que l'on voit
27:22au fur et à mesure de publication,
27:23on en a une grande flopée ce soir,
27:26montrent qu'une économie qui tient,
27:27qu'il n'y a pas besoin d'une baisse des taux
27:29pour tout de suite relancer la machine.
27:31Il n'y a pas de soft landing,
27:34on aura les chiffres de croissance demain,
27:36mais pour l'instant, une économie qui tient.
27:38Donc, il n'y a pas non plus d'urgence à ce qu'il baisse les taux,
27:40hormis peut-être la pression que Trump lui mettra sur le doigt
27:42à partir du 16 mai,
27:44mais, d'un autre côté,
27:45son pari de la productivité de l'IA
27:48permet de gagner du temps.
27:49C'est une affaire plutôt long terme, plutôt structurelle.
27:52À court terme,
27:53je pense qu'il va être effectivement sous période d'essai,
27:56il ne va peut-être pas tout dégainer tout de suite,
27:58peut-être qu'il sera vigilant pour la deuxième partie de l'année,
28:01donc le partir de septembre,
28:03ou une baisse des taux en fonction de la longévité
28:05qu'on aura du blocage des droits d'hormuz
28:07et des prix du pétrole qui restent au-dessus des 100 dollars,
28:09lui donnera un petit peu de marge de manœuvre
28:10pour la deuxième partie de l'année.
28:11Aujourd'hui, ça donne un petit peu d'opportunités,
28:14peut-être sur les marchés obligataires en tant qu'investisseurs.
28:16C'est ça aussi qui, peut-être,
28:17si on analyse les marchés,
28:19mais on voit aussi les conséquences concrètes
28:21avec des taux américains qui retutoient les 4,50,
28:244,40 aujourd'hui,
28:25mais qui commencent à retutoyer les 4,50.
28:28Rajouter un petit peu de duration dans les portefeuilles
28:31pour essayer de capturer un mouvement de baisse des taux.
28:32C'est des points d'entrée qui permettent de rallonger
28:34ou de remettre un peu de durations éventuellement.
28:37En tout cas, pour nous, dans le portefeuille multi-actif,
28:384,50, c'est des points qu'on regarde.
28:41Ça a été souvent des niveaux un peu clés.
28:42On l'a fait au mois de mars.
28:43On a rajouté de la duration,
28:45puisqu'on a été chercher les 4,47, 4,48 au mois de mars,
28:48au midi mars,
28:49et donc on a remis de la duration dans les portefeuilles.
28:51On ne l'a pas sorti.
28:53Donc là, on revient sur des niveaux peut-être de reconstitution,
28:56de position dans nos portefeuilles.
28:57C'est aussi de fonctionner par palier.
29:00On se rend des positions dans la durée.
29:02Et parfois, le marché nous donne à plusieurs reprises des opportunités.
29:05Et je pense que sur les prochaines semaines,
29:07avec un Walsh qui va être un petit peu sous vigilance,
29:10on pourra tester le marché obligataire.
29:12Est-ce que le risque Walsh,
29:14est-ce qu'il est dans la conduite de la politique monétaire,
29:17là, à court terme ?
29:18Enfin, je parle de 2026.
29:19Ou est-ce qu'il est un peu plus, quand même, aussi,
29:22dans sa vision qu'il a du rôle de l'institution,
29:26du poids que doit avoir la Fed,
29:28et de ce fameux régime change,
29:29pour lequel il a été aussi nommé en partie.
29:32Trump veut des taubards.
29:33Il veut aussi, sans doute,
29:35une Fed qui fonctionne un peu différemment
29:37que la manière dont elle a fonctionné depuis 20 ans.
29:40Je vais être honnête avec vous, je ne sais pas.
29:42Pourquoi ? Parce que...
29:43On dirait Jérôme Poel en conférence de presse.
29:46We don't know.
29:48Merci.
29:49C'est un bel hommage.
29:50Ah bah ouais.
29:52Sauf qu'il a perdu son job dans quelques mois.
29:55Non.
29:57Le problème avec Walsh,
29:58c'est qu'on lui fait dire beaucoup de choses.
29:59En fait, il n'a pas tellement parlé.
30:01On lui fait dire qu'il veut baisser les taux.
30:03Il l'a dit ça il y a six mois, un an, je crois.
30:05Il n'est jamais revenu sur le sujet.
30:07Et ce n'est pas dans les auditions qu'il s'est exprimé
30:10ou qu'il a pris le pari sur la conduite immédiate de la politique monétaire.
30:14Ce n'était pas le sujet des auditions.
30:15C'est exactement ce que je voulais dire.
30:17En fait, il n'a pas vraiment clarifié sa position.
30:19Il a été d'une prudence de chat et c'est très malheur.
30:22Du coup, je pense que si vous regardez le premier FOMC de Poel ou de Yellen,
30:29ça ne s'est pas très bien passé parce que c'est un animal différent
30:34avec une présentation différente, un style différent.
30:37Donc, je ne serais pas étonné qu'il y ait une période où on jouait avec ça.
30:43Après, moi, ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'il n'était pas confortable
30:47avec l'idée que le bilan de la Fed serve à financer l'État.
30:52Ce qui me semble tout à fait raisonnable.
30:55Donc, en fait, il y a une théorie que j'aime bien qui s'appelle, vous savez, il y a
30:59eu le quantitative easing,
31:01le quantitative tightening, là, c'est le quantitative replacement.
31:03Oui.
31:04Alors, le quantitative replacement, c'est quoi ?
31:07Vous baissez les taux directeurs, donc les taux courts,
31:11et vous assouplissez considérablement la réglementation pour les banques.
31:16Du coup, les banques peuvent emprunter à la Fed à des taux assez bas
31:19et acheter des tréjuries à des taux plus élevés.
31:22Et elles s'assient sur ce qu'on appelle un cari.
31:24C'est ce qu'on appelle un cari, c'est-à-dire que la déréglementation bancaire va dans ce coup.
31:28Exactement.
31:29Et du coup, là où je veux en venir, c'est qu'on parle beaucoup de taux d'intérêt, etc.
31:32Il ne faut pas oublier qu'il y a une dimension de réglement,
31:37enfin de régulation, qui est extrêmement importante,
31:40et c'est peut-être là où ça va bouger.
31:42Alors, j'ai regardé la part des tréjuries dans les banques américaines,
31:46il y a de la place, en fait.
31:47Ah oui, pour en remettre ?
31:48Oui, on est sur des niveaux qui sont élevés par rapport au niveau historique,
31:52mais on est déjà allé beaucoup, beaucoup plus haut.
31:54D'accord.
31:55Et si, en plus, on rajoute une couche de déréglementations
31:59ou de réglementations plus laxistes,
32:04ça permettrait de libérer du bilan des banques centraux.
32:08Oui, donc il y a une vraie cohérence, quand même, dans sa vision des choses.
32:11Voilà.
32:12Donc, après, je ne vous dis pas que c'est ce qu'il va faire,
32:13mais il peut y avoir cette cohérence-là.
32:15Et donc, dans ce cas-là, ça veut dire que les taux longs
32:17ne peuvent pas partir non plus n'importe où.
32:21Ça, c'est la mission principale.
32:22Oui.
32:24Avant de baisser les taux, la mission, à la fin de la journée,
32:26c'est que les taux longs soient sous contrôle.
32:28C'est l'obsession de Bessent, le secrétaire d'État au Trésor,
32:31c'est faire baisser les taux longs pour relancer le marché immobilier.
32:34Parce que si vous regardez les taux longs,
32:36ils sont beaucoup, beaucoup plus importants pour l'économie que les taux courts.
32:39Quand vous empruntez pour acheter un appartement, etc.,
32:43vous n'empruntez pas à 6 mois, vous empruntez à 10 ans, à 20 ans, à 30 ans.
32:47Les entreprises aussi.
32:48Donc, il y a une vraie question sur comment je fais
32:52pour que la partie longue de la cour, c'est-à-dire les taux longs,
32:56n'explosent pas.
32:59Et cette solution de tout mettre sur le bilan des banques privées, commerciales...
33:04Pareil, ça n'a pas duré pour les siècles et les siècles.
33:06Mais on le fait à l'américaine.
33:07Ce n'est pas duré 6 mois, 1 an, 2 ans.
33:09Et puis après, on verra bien.
33:11On trouvera notre truc après.
33:13Au-delà du super plombier, Kevin Warch,
33:16tout ce qui jette quand même un petit peu comme indication.
33:19Alors, la mesure Corp-PCE, bof, ce n'est pas la meilleure.
33:22Il y a d'autres mesures d'inflation tronquées, moyennées,
33:25qui seraient plus pertinentes.
33:26La communication, est-ce qu'on a besoin de tous parler tout le temps ?
33:30Est-ce qu'on a besoin d'avoir des grandes conférences de presse
33:32à tous les meetings, etc.
33:36Voilà, il suggère quand même un fonctionnement,
33:39un poids de la Fed aussi très différent.
33:42Oui, oui, complètement.
33:43Alors, sur les mesures d'inflation, par exemple,
33:46il y avait une bonne interview de Mervyn King,
33:47qui était aussi le gouverneur d'Angleterre,
33:51qui disait, pour faire une politique monétaire,
33:53on a besoin de données qui n'existent pas.
33:55Et en particulier, on a besoin des attentes d'inflation.
33:58Alors, on a des enquêtes, on a plein de trucs,
34:00mais on n'a pas le vrai chiffre.
34:02Bon, sans vouloir être trop technique,
34:03on a besoin de la output gap,
34:05c'est-à-dire l'écart à la croissance potentielle.
34:08Voilà, l'écart à la croissance potentielle.
34:10Ça, on le mesure assez bien, mais cinq ans plus tard.
34:13Oui.
34:13Donc, il y a énormément de données comme ça.
34:15Comme le tonneutre, quoi.
34:16C'est des trucs un peu...
34:17Le tonneutre, voilà.
34:18Tout le monde a un peu son avis,
34:18et on le voit qu'il y a à la postérieure.
34:20Voilà, exactement.
34:21Et donc, oui, il y a des débats un peu sibylains sur le sujet.
34:26Je ne suis pas convaincu que passer du corse-ébis
34:30Oui, ça change fondamentalement l'histoire.
34:32Je pense.
34:34Bon, on verra.
34:35Il va me voir.
34:36Il va aussi le dire.
34:37Oui, non, non, mais ça, c'est sûr.
34:38Forcément, c'est sûr.
34:39Est-ce qu'on regardait un indicateur,
34:41plutôt que d'un indicateur fréquence ou pas des discussions,
34:44il va chercher à imprimer sa marque,
34:46et après, peut-être être attrapé aussi par la force de l'institution ?
34:49Oui, oui, oui.
34:50Non, mais on verra.
34:51Ce sera forcément intéressant.
34:53Et donc, premier meeting, c'est juin pour lui, je crois.
34:55C'est ça, effectivement.
34:57C'est confirmé.
34:59C'est confirmé.
35:00La commission bancaire du Sénat a validé.
35:03D'ailleurs, si, petite parenthèse,
35:04contrairement à Powell,
35:06où les deux camps bipartisans votaient,
35:11j'allais dire, comme d'un seul homme,
35:12là, on a vraiment,
35:13il n'y a pas un seul démocrate
35:14qui a voté en faveur de la nomination de Warch.
35:16Quelque chose qui reflète à nouveau la polarisation
35:19et la muraille qu'il y a désormais entre les deux camps.
35:24D'où la dernière décharge
35:26qui voulait s'opposer.
35:28Qui n'était pas à s'opposer
35:28tant que l'enquête était en cours.
35:30On voit bien, effectivement,
35:32qu'il n'y a pas de consensus
35:33et même chez les Républicains,
35:35il n'y a pas de consensus.
35:36Oui, oui, il y a des forces de résistance,
35:37y compris chez les Républicains.
35:40Du côté de la Banque Centrale Européenne,
35:43je crois que la vigilance est de mise.
35:45L'institution a bien fait passer le message.
35:48Est-ce que cette vigilance peut,
35:51malgré tout,
35:51être à un moment évacué
35:55si la situation venait à s'améliorer ?
35:57Est-ce que c'est encore possible
35:58ou est-ce qu'il est déjà trop tard ?
36:00Est-ce qu'une voire deux hausses de taux
36:03de la BCE cette année
36:04semble inévitable ?
36:06En tout cas,
36:06elle semble bien anticipée par le marché.
36:09Maintenant, on en discutait
36:10un petit peu au préalable.
36:12Augmenter les taux,
36:13ça ne va pas ouvrir le détroit d'Hormuz.
36:16C'est en fait le dilemme
36:19qu'elle fait face à toute Banque Centrale
36:21quand il y a un choc sur l'offre.
36:24Ce n'est pas ça qui va augmenter les taux,
36:29ne va pas faire mécaniquement baisser
36:31les prix du pétrole
36:33et les prix de tout ce qui pourrait délever.
36:36Ça empêcherait que le reste s'emballe ?
36:38C'est l'argumentaire.
36:40C'est l'argumentaire,
36:41mais c'est vrai que
36:43ce qu'on apprend,
36:44c'est que remonter les taux,
36:45c'est pour justement contrôler la demande
36:48quand la demande est en surchauffe.
36:50Dans un contexte inflationniste
36:52qui, pour l'instant,
36:54n'est pas encore dans cette situation,
36:56mais qui pourrait avoir
36:57un mécanisme de contagion,
37:01cette hausse de taux
37:02pourrait être dommageable.
37:05On pense à toutes ces personnes
37:07qui empruntent,
37:09qui ont déjà emprunté,
37:10qui ont un emprunt sur le variable,
37:14que ce soit l'immobilier,
37:16la construction, etc.
37:18Donc c'est aussi un dilemme.
37:19Et c'est vrai qu'on a eu...
37:21Bon, le reste avant,
37:21c'est vrai que la communication de la BCE
37:23s'est plus orientée
37:24de ce côté un petit peu assurantiel,
37:26de se dire qu'on se couvre de cette façon-là.
37:28Mais il y avait encore,
37:30il y a quelques semaines,
37:32des débats à ce sujet.
37:33Donc oui, une hausse.
37:34On attend une hausse des taux
37:37de la BCE.
37:38Pas demain.
37:39Non, non, pas demain.
37:40Oui, oui, oui.
37:41Oui, non, pas demain.
37:42Oui, effectivement.
37:42Probablement en juin.
37:43Mais bon, je ne veux pas paraphraser quelqu'un,
37:45mais moi, président de la BCE,
37:49est-ce que je le ferais ?
37:51On peut poser la question autour de la table.
37:53Je ne le pense pas.
37:55Maintenant, oui.
37:55Dans les marchés,
37:56je connais assez peu de gens
37:57qui votent en faveur des hausses de taux.
37:59Moi, je l'ai ambitie pour dire des choses.
38:00De manière générale, oui.
38:01Mais c'est vrai qu'après,
38:02il faut essayer de contrôler un petit peu
38:04ses attentes sur l'inflation.
38:05Est-ce que ça vient abîmer encore un peu plus le cas,
38:08parce qu'on va parler des marchés aussi quand même,
38:09est-ce que cette perspective de voir une BCE,
38:13qui fera ce que la BCE est mandatée pour faire ?
38:17Sans doute.
38:18Est-ce que ça participe à abîmer encore un peu plus
38:20le cas d'investissement pour les actions européennes ?
38:22On en est où ?
38:23On partait encore une fois en début d'année
38:25avec tous les vent porteurs possibles
38:28pour soutenir le thème et le cycle,
38:31la reprise cyclique en Europe.
38:33Tout à fait.
38:33Mais bon, malgré tout,
38:34il faut nuancer un petit peu.
38:36On parle d'une à deux hausses de taux,
38:37donc 25 ou 50 points de base.
38:40On ne repart pas dans un cycle
38:41comme on l'a connu en 2022,
38:42parce qu'en 2022, effectivement,
38:43il y avait eu le conflit,
38:45l'invasion en Ukraine par la Russie.
38:48qui était combiné avec, justement,
38:49cette poussée sur la demande
38:50liée à la réouverture post-pandémie.
38:54Donc, les points de départs ne sont pas les mêmes.
38:56On est à 2%.
38:57En 2022, on était encore négatif.
39:00Donc, c'est une hausse modérée.
39:02Je ne pense pas que c'est cette hausse
39:04qui va vraiment, on va dire,
39:09détruire d'une certaine façon
39:10les perspectives les plus optimistes
39:12qu'on avait en début d'année.
39:14Malgré tout, pour le moment,
39:17être prudent sur la zone euro,
39:19d'un point de vue, on va dire,
39:20d'un point de vue marché actions,
39:21d'être soit neutre,
39:22soit légèrement sous-pondéré,
39:24ça fait un petit peu du sens,
39:26d'autant plus que l'Europe
39:27est un importeur d'énergie,
39:31pour le moment.
39:32Et on le voit, en fait, depuis...
39:34Alors, après le cessez-le-feu,
39:35mais c'est à partir du 17,
39:37du 17, je crois, avril,
39:39enfin bon, peu importe la date,
39:39où on se rend compte qu'en fait
39:43le blocus dans le détroit d'Hormuz
39:46risque de perdurer.
39:47On a ce choc, cet explosionniste
39:49qui s'amplifie,
39:50et on voit cette sous-performance
39:52relative des marchés européens
39:54par rapport notamment
39:55au marché américain.
39:57Donc voilà, on nuance un petit peu
39:58le propos malgré tout.
40:01Maintenant, on va dire,
40:02en point de vue tactique,
40:04plutôt prudent sur la zone euro,
40:07de ce point de vue-là.
40:07Sur la partie marché,
40:08il nous reste quelques minutes.
40:09On suivra la BCE, évidemment, demain.
40:11Mais oui, alors,
40:12le cas des actions européennes
40:14par rapport aux Etats-Unis notamment,
40:16est-ce qu'il faut réévaluer
40:17quand même beaucoup les choses ?
40:19Encore une fois,
40:20je redonne toujours un peu
40:20la perspective,
40:21mais 2025 a été une année
40:23où s'exposer sur les marchés actions
40:25en dehors du seul marché américain
40:27n'était pas une mauvaise idée.
40:29C'est plutôt une idée
40:29qui a bien payé.
40:30Et c'est en cet état d'esprit
40:32qu'on débutait cette année 2026, Alexandre.
40:35Et je...
40:35Tout à fait.
40:36Avec la petite nuance
40:37qu'il y a aussi un effet de devise
40:38qui est venu apporter de la valeur
40:41sur les actifs or américains
40:43par rapport aux actifs américains
40:44qu'on reconvertit,
40:44notamment nous,
40:45investisseurs européens,
40:46en euros.
40:46C'est venu aussi.
40:47Mais effectivement,
40:48il y avait un cas d'investissement
40:48en actions européennes en 2025
40:51qui était reprise du cycle,
40:54impact de la demande,
40:56défense aussi,
40:58en termes de soutien à l'économie.
41:00Et une BCE
41:00qui était plutôt accommodante.
41:03Là, avant même la guerre en Iran,
41:05on avait quand même eu
41:06quelques discours
41:07de certains membres de la BCE
41:08qui laissaient entendre
41:10potentiellement
41:11un phénomène de hausse des taux.
41:12Oui, le débat était beaucoup
41:14plus ouvert en Europe.
41:15Le débat était ouvert en Europe
41:16qu'aux US.
41:17Avant même la guerre en Iran,
41:19la guerre en Iran,
41:20on est venu, je veux dire,
41:22faciliter le travail
41:23à potentiellement
41:23une ou deux hausses des taux.
41:25Alors, je partage le fait
41:27que ce n'est pas ça
41:28qui changera la phase
41:29de l'économie européenne
41:30sur les prochains semestres.
41:33Le fait qu'on passe
41:33de 2 à 3 %,
41:35à 2,50,
41:36il y a 25 ou 50 points de base
41:37aux hausses des taux.
41:38Et que le comparatif à 2022
41:40est totalement différent.
41:41On était sur un choc
41:43de demande
41:43en plus d'un choc d'offres.
41:45Aujourd'hui,
41:45ce n'est pas le cas.
41:46Donc, pour moi,
41:47ce serait plutôt
41:48un mauvais signal.
41:48Est-ce qu'il faut reprendre
41:49des actions européennes
41:49ou est-ce qu'il faut se reconcentrer
41:51sur le marché américain ?
41:52C'est ça, la...
41:53Pour nous,
41:53on a privilégié
41:54les actions américaines.
41:56Et on l'a fait
41:56dans les portefeuilles.
41:57Lorsqu'on a voulu
41:58se resensibiliser
41:58dans les points creux
41:59que les marchés
42:00nous vont faire
42:00sur les huit dernières semaines,
42:02on a privilégié
42:03les actions américaines.
42:04Action globale, parfois.
42:05Mais une action globale,
42:06c'est 80% d'actions américaines.
42:07On ne va pas se le cacher.
42:09Très peu d'actions européennes.
42:10Le poids a quand même
42:11beaucoup, beaucoup baissé.
42:12Et donc,
42:13on a préféré
42:15plutôt l'action américaine
42:16en se disant,
42:17un,
42:18une BCE
42:18qui peut envoyer
42:19des mauvais signaux,
42:21une difficulté
42:21plutôt de croissance économique
42:22plus faible
42:24et tendanciellement
42:25plus faible en Europe
42:25qu'aux US.
42:26Et aussi un euro,
42:27un euro fort
42:28qui pénalise
42:29les grandes valeurs
42:30et la grande thématique
42:31qui sont des valeurs
42:33du luxe
42:33en Europe.
42:35C'est notre tech à nous.
42:37Et un euro,
42:38un 18,
42:39ce n'est pas bon.
42:39Et on l'a vu
42:40avec l'Aderbus
42:40qui ont été mentionnés
42:41aussi en termes
42:42d'exportation,
42:43ce n'est pas bon.
42:45Donc,
42:45d'avoir un euro
42:46aussi fort
42:46en termes de croissance.
42:47Donc,
42:47c'est pour ça que nous,
42:48de l'autre côté,
42:48dans nos portefeuilles
42:49multiactifs,
42:51plutôt de la croissance
42:51américaine
42:52dans nos expositions
42:54à actions,
42:55ça veut dire
42:55qu'on efface
42:56les Europes
42:57mais on évite
42:58d'en remettre
42:59aujourd'hui
42:59sur ces niveaux.
43:00Jusqu'où
43:00la crise du Golfe
43:01a redistribué
43:02les cartes
43:02en matière
43:03de marché
43:04et de stratégie
43:05d'investissement,
43:06Stéphane ?
43:06Sur l'Europe,
43:08c'est un peu toujours pareil.
43:09c'est Westcombe le curseur
43:10en termes de pessimisme.
43:12Alors,
43:12le choc pétrolier,
43:13évidemment,
43:14est plus négatif
43:15pour l'Europe
43:16que pour les Etats-Unis.
43:17Je ne vais pas enfoncer
43:17des portes ouvertes.
43:18Moi,
43:19je suis un peu dubitatif
43:20parce que ce que j'ai vu,
43:21c'est des révisions
43:22à la baisse
43:23très marquées
43:24de beaucoup d'économistes
43:26sur la croissance européenne
43:28et je trouve
43:29qu'ils ont été
43:30peut-être un petit peu
43:31trop rapides,
43:31trop forts.
43:32Alors,
43:32si vous gardez
43:35le détroit
43:36fermé six mois,
43:38évidemment,
43:38je me serais trompé.
43:40Mais si vous voulez,
43:41quand vous prenez,
43:43pareil,
43:43je ne veux pas rentrer
43:43trop dans la cuisine
43:44des modèles économétriques,
43:46mais si vous me donnez
43:471% d'inflation en plus,
43:49ce qui est grosso modo
43:51le choc,
43:51vous devrez enlever
43:53un quart de croissance
43:56entre 0,2 et 0,3.
43:57C'est à peu près
43:57ce que vous disent
43:58les modèles.
43:590,2 et 0,3,
44:00oui,
44:00c'est désagréable,
44:01mais ce n'est pas
44:02la fin du monde.
44:04Sur la BCE,
44:05vous l'avez dit,
44:06on parlait tout à l'heure
44:07des taux neutres,
44:08on ne sait pas où ils sont
44:08les taux neutres,
44:09mais le chief économiste
44:13de la BCE dit
44:15que c'est entre 2 et 2,5.
44:16On est en bas de la fourchette,
44:17s'ils font une ou deux
44:18hausses de taux,
44:19on reste dans la zone
44:20du taux neutre.
44:21Pareil.
44:22Donc,
44:23là aussi,
44:24c'est désagréable,
44:25je préférerais que ça
44:25aille dans l'autre sens.
44:27Et vous voyez,
44:28il faut faire attention,
44:29je vois beaucoup de gens
44:30qui versent
44:31ce que je trouve
44:32va être un excès
44:33de pessimisme
44:34en disant
44:34c'est fichu l'Europe,
44:35etc.
44:38Je suis un petit peu
44:39plus dubitatif.
44:40Et du coup,
44:41ça donne des opportunités
44:42d'achat sur...
44:44Nous,
44:44on voit des secteurs
44:45qui ne sont vraiment pas chers
44:46en ce moment,
44:46en Europe.
44:47sortons d'une vision
44:48trop pessimiste
44:49peut-être de l'Europe.
44:51Merci beaucoup messieurs
44:52d'avoir été des invités
44:53de Planète Marché
44:53ce soir.
44:54Stéphane Deo à nos côtés,
44:55gérant senior
44:56chez Eleva Capital,
44:57Nicolas Sopel,
44:58stratégiste en chef
44:59chez Quintet Banque Privée
45:00et Alexandre Attal,
45:01directeur de la gestion
45:02multiactifs
45:02de Russell Investments France.
45:15Le dernier quart d'heure
45:16de Smart Bourse
45:16chaque soir,
45:17c'est le quart d'heure
45:17thématique.
45:18Le thème ce soir,
45:19c'est celui du logiciel,
45:21un secteur qui affronte
45:22une crise historique
45:24depuis plusieurs mois,
45:25quelques trimestres maintenant.
45:26Les analystes financiers
45:28ont baptisé ce phénomène
45:30Saspocalypse
45:30ou le Sasmageddon.
45:32L'idée que le modèle Sass
45:33des sociétés
45:34de logiciels
45:34allait définitivement
45:38disparaître
45:39face à l'émergence
45:40de nouveaux modèles
45:40d'intelligence artificielle.
45:42Nous parlons de cette
45:43situation des acteurs
45:44du logiciel
45:45avec Oriane Durvie
45:46à mes côtés
45:46qui est Managing Partner
45:47chez Alantra.
45:48Bonsoir et bienvenue,
45:49Oriane.
45:49Bonsoir Grégoire.
45:50Merci beaucoup
45:50d'être avec nous.
45:52Alantra qui est une banque
45:53d'affaires.
45:53On va rentrer dans le détail
45:55de ce secteur du logiciel
45:56que vous connaissez
45:57particulièrement bien.
45:57Mais comment Alantra
45:59en tant que banque d'affaires
46:00se positionne justement
46:01vis-à-vis des acteurs
46:02du logiciel ?
46:03Oriane.
46:05Donc Alantra
46:05est une banque d'affaires
46:06c'est-à-dire un cabinet
46:07de conseil spécialisé
46:08en fusion,
46:09acquisition et en financement.
46:10Et nous sommes présents
46:11dans 15 pays
46:12faisant environ 200
46:13transactions par an
46:14dont un peu plus
46:15d'une vingtaine
46:15dans le logiciel.
46:16Donc ça nous donne
46:17un bon poste d'observation
46:18de ce qui s'y passe
46:20dans plusieurs zones géographiques
46:21puisque nous sommes présents
46:22en Europe,
46:22aux US et au Middle East.
46:23Un secteur encore
46:25qui reste toujours
46:26très fragmenté
46:27ce secteur du logiciel.
46:28On voit
46:28quelques boîtes
46:30emblématiques
46:31cotées en bourse
46:31mais vous votre univers
46:32évidemment
46:33c'est des marchés privés
46:35déjà,
46:35c'est des entreprises
46:36non cotées
46:37qui n'ont pas forcément
46:38des tailles
46:38de capitalisation
46:39de plusieurs dizaines
46:40de milliards de dollars
46:41ou d'euros.
46:42C'est un marché du logiciel
46:44en France et en Europe
46:44qui reste quand même
46:45très fragmenté.
46:46Oui tout à fait
46:46c'est un marché
46:47qui est très fragmenté.
46:48Alors nous Alantra
46:49nous intervenons
46:49sur des opérations
46:50dites mid-cap
46:51donc entre 30 et 500 millions
46:52d'euros de valeur
46:53à peu près
46:53avec une majorité
46:55d'entreprises privées
46:56souvent détenues
46:57par des entrepreneurs
46:58des familles
47:00également beaucoup
47:01par des fonds d'investissement
47:02et nous avons également
47:03une spécialité
47:03en ingénierie boursière
47:04donc il nous arrive
47:05d'intervenir
47:05sur des sociétés cotées
47:06toujours dans notre marché
47:08du mid-cap.
47:08D'accord
47:09bon vous êtes donc
47:10à la frontière
47:10de ces marchés cotés
47:11et en plein dans nos côtés
47:13évidemment Oriane
47:14comment vous regardez
47:15le phénomène
47:15que j'ai rapidement décrit
47:16c'est vrai que depuis
47:17l'été dernier
47:18le marché boursier
47:20en tout cas
47:20est focalisé
47:22sur qui gagne
47:23avec l'IA
47:24qui perd
47:24et depuis l'été dernier
47:26les logiciels
47:26ont été vus
47:27comme des victimes
47:28assez définitives
47:29des nouveaux modèles
47:29d'IA
47:31comment vous regardez
47:32ce de-rating historique
47:34du secteur
47:35boursier
47:35et comment est-ce que
47:36ça se traduit
47:37dans des activités
47:38privées
47:39non cotées
47:40en l'occurrence
47:40vous avez raison
47:41il y a un de-rating
47:42il y a eu une vraie
47:43accélération
47:43depuis janvier
47:44quand on regarde
47:46Workday
47:47ou Salesforce
47:48les deux ont perdu
47:4935% à peu près
47:50de market cap
47:51entre le 1er janvier
47:52et maintenant
47:53donc c'est tout à fait
47:54massif
47:55et évidemment
47:55ces grands géants
47:57boursiers
47:57qui dévisent
47:58contaminent aussi
47:59le marché privé
48:00puisque chacun
48:01se demande un petit peu
48:02quel est le bon niveau
48:03de multiple
48:03sur lequel céder
48:04ou acquérir une société
48:06et le multiple
48:07c'est en fait
48:08le raccourci
48:09pour montrer
48:10pour refléter
48:11le fait que les paramètres
48:12sur lesquels on était habitué
48:13à valoriser le software
48:14évoluent
48:14parce qu'en fait
48:15derrière multiple
48:15il y a les projections
48:16de free cash flow
48:17pour les années à venir
48:18il y a la valorisation
48:19de la récurrence
48:20c'est pour ça que le SaaS
48:21plaisait énormément
48:21aux investisseurs
48:22c'est cette idée de récurrence
48:24c'est que modulo
48:25le churn
48:27on a de la récurrence
48:28parce qu'on est
48:29sticky
48:30en bon français
48:31donc le churn
48:32c'est la rotation
48:33du client
48:34c'est ça
48:34et sticky
48:34c'est que
48:35ça colle quand même
48:36ça reste
48:36exactement
48:36c'est qu'il y a une adhérence
48:38au client
48:38et qu'il n'est pas facile
48:39de sortir
48:40et en fait
48:43aujourd'hui
48:44ce sont ces paramètres là
48:45donc les free cash flow
48:47la pérennité
48:48des cash flow
48:49qui sont bien mal
48:50parce qu'on est
48:51en plein changement
48:52de paradigme
48:53dans cette industrie
48:54à ce stade
48:55c'est une anticipation
48:56des investisseurs
48:57ou c'est déjà une réalité
48:58parce que moi
48:58je regarde quand même
48:59quelques boîtes
49:00cotées essentiellement
49:01des SAP
49:02la croissance
49:03est toujours là
49:04pour ces boîtes
49:04leurs activités
49:05de cloud
49:06ou autres
49:07continuent d'être
49:08en croissance
49:08et des croissances
49:09double digit
49:10comme on dit
49:10Oriane
49:11oui alors
49:12je pense que ce qui s'est passé
49:13il y a un gros bruit
49:14de marché
49:15qui s'est créé
49:16et concrètement
49:17le 12 janvier
49:19il a été annoncé
49:20que Cloud Code
49:20avait codé en quelques jours
49:22Cloud Cowork
49:23et donc
49:24ça a créé
49:25un énorme sentiment
49:26de panique
49:27qui était
49:27est-ce que dans le logiciel
49:28on en est à l'ère
49:30du make or buy
49:30donc est-ce que
49:32une société
49:32va toujours avoir besoin
49:33d'acheter ses logiciels
49:34ou est-ce qu'elle va tout
49:35pouvoir faire elle-même
49:36et je pense que
49:38ça a été un raccourci
49:38un petit peu rapide
49:39sur ce qu'est un logiciel
49:40parce qu'un logiciel
49:41c'est certes du code
49:42mais ça n'est pas
49:43que des lignes de code
49:44c'est une énorme capacité
49:46d'orchestration
49:47c'est-à-dire
49:47faire travailler
49:48les fameux morceaux
49:49de code ensemble
49:51c'est beaucoup
49:52de gouvernance
49:53de données
49:54c'est la capacité
49:55même à accéder
49:56en fait à ces données
49:57c'est-à-dire
49:57qu'il y a des logiciels
49:58qui ont 10-15 ans
50:00d'historique
50:00de données
50:01multi-clients
50:02par exemple
50:02si on prend un logiciel
50:03qui fait du
50:04tout le traitement
50:05du poste client
50:07il peut avoir vu passer
50:08et avoir traité
50:09des millions de transactions
50:10donc les données
50:11de ces millions de transactions
50:12lui permettent d'enrichir
50:13et d'affiner son algorithme
50:14pour être de plus en plus performant
50:15et ces données
50:16ce sont des données propriétaires
50:17auxquelles les modèles d'IA
50:18n'auront pas accès
50:19donc derrière le logiciel
50:21il y a aussi
50:22l'accès à des données
50:24ça c'est le point clé
50:25Oriane
50:25être propriétaire de la donnée
50:27d'une donnée certifiée
50:30documentée
50:31ça c'est ce qui aura
50:32de la valeur
50:33dans le nouveau monde
50:34de demain
50:35entre IA et logiciel
50:37en tout cas
50:37c'est l'un des facteurs
50:38de protection du logiciel
50:39c'est de tourner
50:40et de travailler
50:40sur de la donnée
50:41qui n'est pas une donnée
50:41à laquelle l'IA
50:42aujourd'hui peut avoir accès
50:44en revanche
50:44ce qu'il faut éviter aussi
50:45pour le logiciel
50:46c'est de se retrouver
50:46juste fournisseur de données
50:47pour des agents IA
50:49parce que ça peut être le risque
50:50c'est que le logiciel
50:51soit juste utilisé
50:51finalement comme un data lake
50:52dans lequel l'IA
50:53va piocher ses informations
50:55il y a un vrai risque
50:56de commoditisation
50:57pour ce secteur du logiciel
50:59parce que ça se payait cher quand même
51:00enfin avant le D-rating
51:01ça pouvait se payer
51:03quand même relativement cher
51:04dans les marchés boursiers
51:05en tout cas
51:06Auriane
51:06je ne sais pas si vous partagez
51:07le constat
51:08dans les marchés
51:08dans le côté
51:08c'est quoi la valo
51:10demain de ce secteur
51:11au regard de ce que vous nous dites
51:13et des caractéristiques
51:14qui permettront
51:15aux sociétés de logiciels
51:16effectivement
51:16de résister
51:17et de continuer
51:18à apporter de la valeur
51:19quand même
51:19à travers les données
51:20notamment
51:22malheureusement
51:22je n'ai pas de boule de cristal
51:23ce qu'on peut dire
51:24c'est qu'il y a des deals logiciels
51:25qui continuent de se faire
51:26sur des valorisations élevées
51:28aujourd'hui
51:28le secteur
51:29il ne faut pas imaginer
51:29que le secteur
51:30est complètement paralysé
51:32il y a encore des deals
51:33qui se font
51:34et avec beaucoup plus
51:35de discrimination
51:36qu'avant
51:37donc il y a beaucoup
51:38de fonds généralistes
51:38qui il y a encore
51:39quelques mois
51:40se disaient
51:40c'est dommage
51:41on n'a pas de société
51:41de logiciels
51:42dans notre portefeuille
51:42qui aujourd'hui
51:43sont très contents
51:44de ne pas en avoir
51:44et qui sont plutôt attirés
51:46par des investissements
51:47dans des métiers de col bleu
51:48dont ils se disent
51:49qui ne seront pas disruptables
51:50par l'IA
51:50mais en revanche
51:52les fonds spécialistes
51:53du software
51:54qui en ont toujours fait beaucoup
51:56continuent évidemment
51:57à regarder des dossiers
51:58et alors nous on a
51:59pour les besoins de nos clients
52:00on a élaboré une grille
52:01de lecture en fait
52:04par rapport à l'IA
52:05sur les critères
52:06qui font qu'un software
52:07peut être plus ou moins résistant
52:08étant entendu évidemment
52:10encore une fois
52:10qu'on n'est pas
52:11qu'on n'est pas de vin
52:11non
52:12c'est l'expérience du secteur
52:14une chose très simple
52:16horizontalité
52:16versus verticalité
52:17c'est-à-dire
52:18plus le logiciel
52:19est métier
52:20sur une niche
52:22plus il est
52:23alors moins il est difficile
52:24à attaquer
52:25enfin pardon
52:26moins il est facile à attaquer
52:27moins il est facile à attaquer
52:28oui d'accord
52:29oui oui
52:29par exemple
52:30tout ce qui est envoi d'email
52:31automatique
52:32peu personnalisé
52:33pour le marketing
52:34ce qu'on appelle la martech
52:35tech marketing
52:36ça c'est très facilement
52:38bien sûr
52:39un bon point
52:40dans le chat GPTF
52:41permet de faire la même chose
52:43des logiciels
52:45métiers
52:46particulièrement adaptés
52:46à une industrie
52:47eux sont plus difficilement copiables
52:49et ça redonne
52:50beaucoup de valeur
52:50en fait aux CPO
52:51dans les sociétés de soft
52:52les chief product officers
52:53qui ne sont pas les CTO
52:54qui ne sont pas ceux
52:55qui supervisent le dev
52:56mais ce sont
52:56le développement
52:57mais ce sont ceux
52:58qui ont la compétence métier
52:59l'expertise métier
53:01et qui vont être capables
53:02de transposer
53:02des besoins
53:04de use case
53:05en code
53:06je dis n'importe quoi
53:07mais je cite
53:08un groupe emblématique français
53:09d'assosystem
53:10on peut les classer
53:10dans cette catégorie
53:11Oriane
53:12c'est du logiciel
53:14de
53:14site de produit
53:17il y a plusieurs
53:18dans l'assosystem
53:19il y a là des logiciels métiers
53:20qui sont quand même
53:21difficilement disruptables
53:22ou en tout cas
53:23plus difficilement
53:25que de l'envoi mail automatisé
53:26ensuite
53:26deuxième critère
53:27il y a tout ce qui est
53:28traçabilité
53:29auditabilité
53:29quand on rentre
53:30un input dans le logiciel
53:32on sait ce qu'on a rentré
53:34et on sait pourquoi ça ressort
53:35et on peut tracer
53:36avec l'IA
53:37il y a ce côté un peu
53:38boîte noire
53:38qu'il est plus difficile
53:39d'accepter
53:40dans certaines industries
53:42extrêmement réglementées
53:43où on a besoin
53:43de contrôle
53:44et de traçabilité
53:45donc ça c'est un autre élément
53:47troisièmement
53:47il y a le coût de l'erreur
53:48c'est à dire
53:49il y a des envois d'email
53:50on peut accepter
53:51qu'il y ait un ou deux problèmes
53:52le logiciel qui gère
53:54une centrale nucléaire
53:55c'est un petit peu moins acceptable
53:56donc la criticité
53:57de l'activité
53:58joue beaucoup
53:58exactement
54:00le coût
54:00ou la marge d'erreur
54:01à laquelle on a droit
54:02ensuite il y a la fameuse
54:03stickiness
54:04donc c'est la dérange
54:05chez le client
54:06donc si les coûts de sortie
54:08ou les coûts de remplacement
54:09sont extrêmement élevés
54:10non pas seulement
54:11en coût financier
54:11mais en termes de prise de risque
54:13une activité
54:14qui peut être bloquée
54:15pendant plusieurs mois
54:16ou plusieurs semaines
54:16on le voit souvent
54:17avec des ERP
54:17un changement d'ERP
54:18c'est une énorme affaire
54:19pour une société
54:19il y a des sociétés
54:20qui ont coulé
54:21à cause de changements d'ERP ratés
54:23donc ça c'est un vrai sujet
54:25ça ça n'a rien à voir avec l'IA
54:27mais un changement d'ERP
54:28peut vraiment mettre à mal
54:29une société
54:30pendant assez longtemps
54:31du management de la transformation
54:32ça c'est
54:33voilà exactement
54:34ensuite il y a
54:35les fameuses données
54:36plus le produit est différencié
54:38par l'utilisation
54:39de données propriétaires
54:40plus il est difficilement
54:41attaquable
54:42par l'IA
54:42et c'est intéressant
54:43puisque dans le software
54:44par exemple
54:44ça redonne pas mal de valeur
54:46à des sociétés
54:47qui font du software
54:47plus du hardware
54:48c'est-à-dire avoir des capteurs
54:49qui permettent de récupérer la data
54:51et ensuite de la processer
54:52pendant un petit moment
54:53ça a plutôt été le parent pauvre
54:54de l'activité de software
54:55avec des investisseurs
54:56qui n'étaient pas
54:57qui préféraient du pure player
54:58qui préféraient exactement
54:59pas du tout avoir d'actif physique
55:00avec ce que ça suppose
55:01en termes d'installation
55:02montage, démontage
55:03et ça en fait
55:04la capacité de capter la donnée
55:06et donc d'avoir une donnée
55:07que personne d'autre n'a
55:08aujourd'hui
55:09ça a de la valeur
55:10et quand on...
55:11alors il y a encore
55:12d'autres critères
55:14je vois bien que...
55:16non pas du tout
55:16on a encore un peu de temps
55:17parce que c'est vachement intéressant
55:19ça montre que justement
55:20il y a plein de critères
55:21qui permettent
55:22de faire la sélection
55:23et de faire le tri
55:23entre une boîte de logiciels
55:25qui a vraiment
55:26un risque de se faire disrupter
55:27et une boîte
55:27qui va pouvoir résister
55:28voire qui va pouvoir profiter
55:30peut-être
55:30de l'essor aussi
55:31de ces modèles I
55:32en tout cas ce sont des indicateurs
55:33et il y en a un dernier
55:34qui est important
55:35qui est la maturité technologique
55:36des clients
55:36il y a aujourd'hui
55:39un certain nombre
55:39de sociétés
55:40pour lesquelles
55:41imaginer à court terme
55:42faire tourner
55:42des modèles d'IA
55:44et s'affranchir
55:45de ce qu'ils ont
55:46en termes de logiciels
55:46est un mirage
55:48et notamment pour les sociétés
55:50qui ont des grosses
55:51infrastructures legacy
55:52là je parle vraiment
55:52de l'organisation
55:53du système IT
55:54notamment dans les banques
55:56qui ont des très très grosses infras
55:58qui ne sont pas forcément
55:59compatibles avec le cloud
56:00c'est beaucoup plus facile
56:01pour des sociétés
56:01qui sont cloud native
56:03très intéressant
56:04d'avoir cette liste
56:04de critères en tête
56:05une fois qu'on a listé
56:07ces indicateurs
56:08oriane
56:09oui
56:09il y a dans l'écosystème
56:11que vous suivez
56:12français, européen
56:13oui il y a des boîtes
56:14qui répondent à ces critères
56:15là aujourd'hui
56:15tout à fait
56:15oui c'est ça
56:16et qui continuent
56:17et qui continuent
56:18d'opérer
56:19sereinement
56:20je ne sais pas
56:20mais en tout cas
56:20qui continuent d'opérer
56:22avec des ambitions
56:25audacieuses encore
56:25dans leur activité
56:27alors ensuite aucune société
56:28de software aujourd'hui
56:29ne se dit
56:29je peux être vive
56:30sur mes acquis
56:30et je suis tranquille
56:32parce qu'il y a quand même
56:32un autre sujet
56:33il y a le risque
56:34du make-or-buy
56:34moi je pense que
56:35la catégorie du SaaS
56:36ne va pas disparaître
56:37pour toutes les raisons
56:38qu'on a évoquées
56:39notamment l'expertise métier
56:40l'orchestration
56:41la gouvernance des données
56:42etc
56:42mais le risque
56:43il y a un autre risque
56:44qui est sur le pricing
56:45pour le coup
56:46parce qu'aujourd'hui
56:47le modèle du SaaS
56:47c'est la vente
56:50de...
56:50enfin c'est le nombre
56:51de sièges
56:52c'est le nombre
56:53de sièges d'utilisateurs
56:54et si l'IA
56:58on voit bien
56:59qu'il va y avoir
56:59une pression
56:59sur le modèle économique
57:00ça c'est la première chose
57:01et deuxième chose
57:02avec l'IA
57:02il y a quand même
57:03pas mal de recrutements
57:04qui n'ont pas lieu
57:04parce que les sociétés
57:06quel que soit le secteur
57:07gagnent en productivité
57:09et donc ça fait
57:10moins d'utilisateurs
57:11et donc à nouveau
57:12moins de SaaS vendus
57:14d'abonnements SaaS vendus
57:15et donc ça crée
57:15une vraie pression
57:17sur le pricing
57:18avec la nécessité
57:19de se réinventer
57:20alors qu'est-ce que
57:20les sociétés de logiciels
57:21ont pour elles ?
57:22Elles ont pour elles
57:22une base installée
57:23donc il y a un enjeu
57:24qui devient
57:25la monétisation
57:26de cette base installée
57:26et le fait de faire
57:27du cross-sell
57:28sur la base installée
57:29il y a le service
57:31elles ont du service
57:32et ça c'est un sujet
57:33qu'on n'a pas encore vu
57:34mais que donne la maintenance
57:35d'un logiciel développé par l'IA ?
57:37Aujourd'hui on n'en sait rien
57:38ce qu'on sait
57:39c'est que la maintenance
57:39d'un logiciel propriétaire
57:41historiquement avant l'IA
57:42ça a toujours été cher
57:44quand c'était un logiciel propriétaire
57:45quand c'est fait par un éditeur
57:46c'est beaucoup plus facile
57:48donc est-ce qu'il n'y a pas
57:48des coûts cachés
57:49au développement de logiciels
57:50par l'IA ?
57:52On ne sait pas
57:53mais ça c'est la carte à jouer
57:54des sociétés de logiciels
57:55c'est la revalorisation
57:56du service
57:56des données
57:59et puis
58:01qu'elles tirent
58:02le meilleur
58:03de ce qu'elles ont à offrir
58:03pour contrer l'IA
58:04parce que l'enjeu
58:05ça va être la captation
58:05de la valeur
58:06dans cette chaîne de valeur
58:07Phase de découverte
58:08finalement pour ce secteur
58:09obligé de se réinventer
58:11et de redécouvrir
58:12peut-être sa valeur
58:13à travers ses évolutions
58:14et ses développements
58:15autour de l'IA
58:16Merci beaucoup Arianne
58:17Merci d'être venu nous voir
58:18Arianne Durvy
58:19Managing Partner
58:19chez Alantra
58:20qui était l'invité
58:21de ce dernier quart d'heure
58:22de Smart Pense
58:23Sous-titrage Société Radio-Canada
58:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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