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  • il y a 15 minutes
Quelles difficultés rencontrent les personnes aidantes et salariées ? Quelles sont les bonnes pratiques RH et managériales ?
Émilie Hennequin, professeure des universités en gestion RH à Paris 1, et Anne-Lyse Raoul, directrice culture expérience employés chez JLL, exposent une vision claire, activable et transparente d’une politique d’aidance réussie au sein des organisations de travail.

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Transcription
00:04Nous sommes de retour sur le plateau d'Inclusion for Change pour parler de comment les entreprises peuvent davantage aider
00:09les aidants et aidantes,
00:11avec Émilie Hennequin, professeure des universités en gestion des ressources humaines à l'Université Paris 1. Bonjour Émilie.
00:18Bonjour.
00:18Et Anne-Lise Raoul, directrice culture et expérience employée chez JLL. Bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Et merci beaucoup à toutes les deux d'être parmi nous.
00:27D'abord, Émilie Hennequin, est-ce que vous pouvez nous rappeler en quelques mots le cadre légal précis de l
00:31'aidant, c'est les droits des salariés aidants et aidantes ?
00:35Alors en fait, il y a plusieurs textes de loi qui encadrent ce dispositif, effectivement.
00:41Alors notamment la possibilité, avec la loi Matisse, de faire du don de jour entre collaborateurs, et également la possibilité
00:49d'avoir des congés spéciaux.
00:51Et donc les entreprises peuvent signer des accords qui vont au-delà de ce cadre juridique pour donner des droits
00:57plus favorables et permettre plus de flexibilité ou des plateformes.
01:01Et nous y reviendrons certainement comme solution de soutien aux collaborateurs.
01:05Et Émilie Hennequin, vous avez étudié la manière dont le sujet de l'aidant s'est appréhendé par les entreprises.
01:11Pour faire ça, vous avez analysé un peu plus de 500 accords d'entreprise.
01:14Est-ce que vous pouvez nous dire si globalement les entreprises vont plus loin que le cadre légal et comment
01:19est-ce qu'elles traitent le sujet ?
01:20Alors en fait, on a essayé effectivement de regarder ce qui se passait dans les accords et on s'est
01:25rendu compte qu'il y avait trois niveaux d'investissement.
01:28On a effectivement des entreprises qu'on a considérées comme étant un peu instrumentales sur le sujet, au sens où
01:34elles s'intéressent particulièrement au cadre juridique
01:37et assez peu finalement à la manière de faire savoir que le dispositif existe et donc elles appliquent uniquement le
01:43cadre légal.
01:44D'autres qui sont déjà, on va dire, un peu plus responsables et engagés sur le sujet et qui vont,
01:49on va dire, disposer de référents,
01:53de personnes vers lesquelles on peut s'orienter, de ressources qui sont visibles.
01:57Et puis ensuite, on va avoir des entreprises qui sont, on va peut-être dire, inclusives au sens où pour
02:03eux, c'est un sujet comme d'autres sujets d'inclusion.
02:05Et finalement, ça ne devrait être un non-sujet. Donc le but, c'est de communiquer pour que finalement, comme
02:10vous l'avez dit, c'est très compliqué de parler de ce sujet en entreprise.
02:13Donc que les gens se sentent libres d'évoquer le sujet parce que finalement, ce n'est pas une vulnérabilité
02:18dans l'entreprise.
02:18C'est quelque chose qui doit être abordable facilement.
02:22Annelise Raoul, on sait que 45% des salariés aidants et aidantes ne se reconnaissent même pas comme tels.
02:27Comment est-ce que vous, chez JLL, vous avez traité l'aidance concrètement ?
02:32Et comment est-ce que vous aidez les personnes aidantes à accéder à leurs droits ?
02:36Alors c'est vrai que la première chose qui vient quand on parle d'aidance en entreprise,
02:42ce sont souvent des parents qui nous disent « mais moi je suis parent, je ne suis pas aidant ».
02:45Et donc c'était le premier biais vraiment à convaincre, ou bien à lever.
02:50À lever, exactement.
02:52Donc on a commencé par une grande campagne de sensibilisation en utilisant des collaborateurs qui, eux, sont aidants,
02:57souvent parents aidants, et qui ont commencé à parler un petit peu en petit cercle, en petit comité, de leur
03:02propre situation.
03:04Ensuite, on s'est dit, on a déjà les réseaux existants de collaborateurs, qui étaient nos réseaux de référents handicap.
03:12Et donc on a formé ces personnes et on a changé ces référents handicap en ce qu'on appelle chez
03:17nous « care manager ».
03:18Donc ils s'occupent non seulement des personnes en situation de handicap, mais aussi de nos personnes aidantes en entreprise.
03:24Donc il y a vraiment cette dualité et ce côté un petit peu plus approchable, je dirais,
03:29plutôt que d'aller voir un RH, d'aller voir un dirigeant, d'aller voir en fait un autre collaborateur
03:33qui peut nous aider et nous expliquer ça.
03:35En plus de ça, évidemment, on a mis pas mal de processus en place.
03:39Nos collègues déclarés proches aidants ont cinq jours de congés supplémentaires par an pour se rendre à différents congés médicaux,
03:44par exemple.
03:46Et qui sont ces câbles ? C'est possible de prendre un peu…
03:49Oui, tout à fait.
03:49Tout à fait. Et ce sont des congés qui sont… Alors là, pour la difficulté un petit peu, il faut
03:54vraiment prendre contact avec son collaborateur RH
03:57pour le mettre en place dans le système. C'est pas dans le système directement.
04:00Ça donne cette flexibilité du coup de dire peut-être que j'ai besoin d'une demi-journée là, d
04:03'une journée là, etc.
04:06On a aussi fait des… On a compris le besoin de parole de nos collaborateurs proches aidants.
04:13Et pas forcément dans des grands forums, mais dans des petits moments qui leur permettent de se retrouver ensemble et
04:19d'échanger.
04:19Donc, on a maintenant lancé depuis l'année dernière deux déjeuners pour les aidants.
04:24Je dirais un cercle fermé.
04:27S'inscrit qui veut, évidemment, mais seulement pour les personnes aidantes,
04:30avec une personne qui est facilitatrice ou facilitateur externe,
04:34et éventuellement la présence d'un médecin du travail, d'une personne psychologue, d'une personne aidante à l'extérieur,
04:40pour les aider à parler, à s'ouvrir, à échanger les uns avec les autres.
04:44On a aussi beaucoup travaillé avec notre assureur Generali pour utiliser, en fait, eux,
04:51toutes les formations qu'ils ont, tous les supports qu'ils ont.
04:54Et tous les ans, ils viennent pour nous faire une petite prise de parole sur le sujet.
04:5957% des personnes aidantes sont des femmes.
05:02Émilie Hennequin, dans quelle mesure est-ce que ce constat accentue encore les inégalités de genre ?
05:08Effectivement, là, on est sur un sujet aussi qui touche sur les questions d'égalité hommes-femmes,
05:14parce qu'effectivement, les femmes sont souvent considérées comme faisant le care à la maison.
05:19On a fait des entretiens avec des aidantes, et quand on en discutait,
05:24on nous disait, quand j'en ai parlé avec mon collègue, il m'a dit,
05:25« Oh, ben, moi, c'est ma femme qui s'en sera occupée. »
05:28Donc, voilà, on voit tout de suite comment la question arrive.
05:32Il faut voir aussi qu'il y a, malheureusement, quand c'est les enfants, notamment,
05:35qui sont concernés, pas mal de femmes qui se retrouvent seules,
05:38puisque le père quitte la situation un peu délicate.
05:42Et donc, c'est souvent déjà des personnes qui peuvent être en précarité,
05:45et qui se retrouvent encore plus confrontées à une charge mentale qu'ont tous les aidants,
05:49mais gérer le quotidien, la famille, essayer de garder un emploi,
05:54parce qu'on a besoin ensuite d'une rémunération,
05:55pour pouvoir gérer tous les frais qui soient associés à la pathologie du proche.
06:01Et donc, effectivement, on sent que les femmes sont amenées,
06:06davantage d'ailleurs que les hommes, à devoir faire le choix,
06:09soit de l'arrêt du travail, soit d'un temps partiel,
06:12que font généralement moins les hommes.
06:13Et dans les personnes qu'on a rencontrées, on a aussi vu des couples,
06:16et très souvent, la question est finalement,
06:20qui va faire, entre guillemets, le sacrifice,
06:23parce que c'est très compliqué pour les deux de s'investir autant,
06:25si on a besoin notamment de garder une rémunération,
06:28et puis un projet professionnel.
06:30C'est aussi une forme de répit, de travailler,
06:32enfin, ça peut être paradoxal,
06:33mais il y en a beaucoup aussi qui veulent continuer le travail
06:35pour avoir une sphère où on parle d'autre chose,
06:37et où on garde une vie sociale qui n'est pas que sur le cadre médical.
06:41Annelise Raoul, vous, sur votre terrain,
06:42comment est-ce que vous, justement, vous évitez cette double peine
06:45à vos collaboratrices, et par quel levier est-ce que vous agissez ?
06:49Je pense que c'est vraiment tout ce côté communication,
06:53en expliquant que c'est quelque chose qui, finalement,
06:56va arriver à beaucoup de personnes dans nos vies.
06:58On a des populations vieillissantes, de plus en plus de générations différentes,
07:02pas seulement dans le monde du travail, mais qui cohabitent, je dirais.
07:06Donc, de plus en plus d'entre nous sont confrontés, à cet âge de la quarantaine,
07:10à avoir des parents plus âgés dont il faut s'occuper, peut-être.
07:14On voit un petit peu la situation dans les EHPAD,
07:15ce n'est pas forcément une situation dans laquelle beaucoup de personnes
07:18veulent mettre leurs parents.
07:20des enfants qui ont différentes difficultés,
07:23qui sont peut-être un peu plus écoutés aussi de nos jours.
07:27Donc, je pense que ce côté communication,
07:29pour dire que ce n'est pas quelque chose de si anormal, finalement,
07:32c'est quelque chose qui peut vous arriver à tous et toutes assez rapidement
07:36et qui a une durée qui est un petit peu différente aussi.
07:40Ça peut durer quelques années, quelques mois, il y a plusieurs durées.
07:44Je pense que ça, ça aide énormément à faire que, du coup,
07:46il y a moins de biais et d'un, un biais interne en se disant
07:51« je ne veux pas en parler parce que ça risque de m'impacter négativement »,
07:54mais de deux, de biais externe de la part des managers,
07:56de la part des collaborateurs en se disant
07:58« mais oui, c'est un fait de vie, tout comme un autre ».
08:00Et est-ce que vous faites un travail spécifique par le prisme du genre
08:03ou est-ce que c'est quelque chose que vous gardez large ?
08:07On le garde très large, mais on voit très bien que, oui,
08:09la plupart de nos cœurs managers, si ce n'est tous les cœurs managers,
08:12sont des femmes.
08:13Beaucoup des personnes qui sont aidantes sont des femmes.
08:15Donc, évidemment, c'est quelque chose qu'on prend en compte et qu'on regarde,
08:18mais il ne faut absolument pas renforcer un biais de genre existant
08:22en se disant « on va faire des mesures qui vont bénéficier plus aux femmes,
08:26on va s'adresser à eux ou elles en parlant seulement aux femmes ».
08:30Donc, toute l'imagerie, on met aussi en place des hommes dans l'imagerie.
08:34Quand on fait intervenir des personnes, on essaye aussi d'avoir des hommes
08:36parce qu'il faut justement, je pense qu'en tant qu'entreprise,
08:39il faut justement essayer de ne pas lier à ça,
08:41tout comme on a mis en place des congés paternités.
08:45C'est le moment de se dire, il faut aussi encourager les hommes
08:47à prendre un peu de ce poids.
08:49Et comme vous disiez, de se dire, plutôt que de mettre tout le poids sur une personne,
08:52peut-être que s'ils arrivent à s'équilibrer,
08:54nous, en tant qu'entreprise, on peut aider à avancer un petit peu dans la société.
08:59Émilie Hannequin, on l'a vu, l'aidance est un enjeu qui va aller uniquement en s'accentuant.
09:07Et pourtant, c'est un sujet qui est encore trop traité à la carte dans les entreprises.
09:10On a vu l'exemple de personnes comme Claire qui, finalement, appellent à l'aide
09:14et construisent leurs propres dispositifs.
09:17Selon vous, à quoi ressemblerait une politique RH structurée sur cet enjeu
09:22et aussi une politique publique ambitieuse autour de l'aidance ?
09:25Alors, au niveau RH, je crois qu'on a eu une bonne illustration
09:29avec ce qui nous a été présenté, c'est-à-dire qu'il faut agir sur plusieurs niveaux.
09:32Agir tout d'abord sur la flexibilité.
09:35On voit besoin de télétravail, de pouvoir prendre des jours de congé.
09:38Quand on en a besoin, c'est souvent des imprévus aussi.
09:40Tout n'est pas forcément organisable comme on l'imagine
09:43selon les personnes qu'on accompagne.
09:45Donc, il y a tout ce volet de flexibilité.
09:48Il y a un volet d'agir sur le management
09:51parce que souvent, la première personne à qui on peut parler,
09:54parce qu'on la voit au quotidien, c'est le manager ou un collègue.
09:57Et il faut être au courant de ce qui se passe pour être relais.
09:59Il faut être à l'écoute, il faut être sensibilisé.
10:02Parce que les situations un peu extrêmes qu'on peut voir
10:04et le reportage l'a montré, c'est aussi quand les gens ne savent pas vers où nous guider.
10:08Et finalement, on en parle, mais on est obligé de construire son chemin tout seul.
10:12Ensuite, il faut agir aussi sur la culture,
10:14parce qu'en fait, c'est une culture d'entreprise qu'il faut construire là-dessus.
10:17Donc, effectivement, ça peut être des petits déjeuners ou des cafés
10:22avec des associations qui viennent présenter ce que c'est les danses.
10:27Ça peut être aussi des témoignages.
10:29Et puis, il y a toute une action aussi d'agir sur les ressources qu'on va fournir.
10:33Donc, par le biais des mutuelles, des assurances des entreprises,
10:36des plateformes, des applications,
10:39il y a énormément de choses qui peuvent être faites finalement.
10:41Mais encore faut-il s'y intéresser.
10:43Et puis, il y a un budget, bien sûr, qui va avec ces actions.
10:46Au niveau de la politique publique, je dirais que c'est un peu la même chose.
10:50Il faudrait sensibiliser, on l'a dit tout au long de l'émission,
10:54finalement, on est tous potentiellement soumis à cette générabilité.
10:58Ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand,
11:01quel que soit le statut, niveau hiérarchique,
11:03on peut être amené à devoir accompagner un proche.
11:07Et donc, il y a une politique,
11:09puisqu'on a un plan qui est en cours en ce moment,
11:12justement, sur les aidants.
11:14Mais les actions restent globalement plutôt sur des communications
11:18et assez peu, finalement, sur des actions dans les entreprises.
11:21Et même le grand public, je pense, n'est pas forcément très au courant.
11:24Moi, je dirige un master.
11:25Mes étudiants sont en RH, ils sont en alternance.
11:27Quand je leur dis qu'on va parler de l'aidance,
11:29souvent, ils pensent que je vais parler des aides-soignants.
11:30Donc, c'est pour dire que même des gens qui sont dans les entreprises
11:33et qui travaillent en RH ne maîtrisent pas forcément ce vocabulaire.
11:36Donc, il y a vraiment un gros travail à faire de sensibilisation.
11:40Pour continuer, justement, sur la sensibilisation,
11:42mais aussi, surtout, sur l'accès à la connaissance
11:45que des dispositifs existent,
11:46parce qu'on peut faire tous les accords du monde,
11:49proposer mille trucs,
11:50si jamais ces choses-là ne sont pas sues,
11:53si jamais il y a encore des entraves à l'accès
11:56et à la compréhension
11:58de ce qui est disponible au sein de l'entreprise
12:02et des potentielles conséquences,
12:03pas conséquences sur soi.
12:05Beaucoup de réassurances aussi s'imposent.
12:08Comment est-ce que vous,
12:10vous garantissez justement
12:11la connaissance des dispositifs et des droits
12:14par tous et toutes,
12:16managers comme évidemment salariés ?
12:19Et comment est-ce que vous formez
12:20les managers chez JLL
12:23à accueillir ces situations
12:24et à les accueillir avec la bonne réaction ?
12:27Parce que c'est toujours ça, en fait,
12:29la question aussi.
12:31Alors, sur la question de la communication,
12:33c'est vrai que c'est difficile
12:34et souvent on se dit,
12:34on a fait, il y a la journée de l'aidance en octobre,
12:36donc on se dit, on a fait ça et c'est bon,
12:39mais les collaborateurs reçoivent
12:40de plus en plus de communications,
12:42ils sont sollicités tout au tournoi de l'année,
12:43il y a plein d'événements,
12:44donc c'est un petit peu difficile
12:45de capter leur attention.
12:46Donc on a essayé de se dire,
12:48pour l'aidance comme pour d'autres sujets,
12:50quels sont les points clés
12:51auxquels on peut capter l'attention
12:52des collaborateurs sur ces sujets importants.
12:54Il y a le moment où ils arrivent dans l'entreprise,
12:57donc là c'est important
12:58de leur donner beaucoup d'informations,
12:59il y en a peut-être un peu trop,
13:01mais au moins ils et elles
13:02entendent cette information dès le départ.
13:04Ensuite de se dire,
13:05il y aura plusieurs moments dans l'année
13:07où ils et elles l'entendront,
13:09on a des communications régulières,
13:10des newsletters, des choses comme ça,
13:11ces différents événements
13:12où on fait nos différents cafés, etc.
13:16Mais qui ne sont réservés
13:17qu'aux gens qui sont déjà rentrés.
13:18Qui sont réservés aux gens
13:19qui sont déjà rentrés.
13:20C'est vrai qu'on ne l'utilise pas énormément
13:22nous comme mécanisme de vente,
13:24je vais être honnête,
13:24de l'entreprise
13:25et pour que les gens veuillent travailler chez nous.
13:29C'est plus vraiment
13:30pour les collaborateurs en entreprise.
13:31Ce qui fonctionne vraiment le mieux,
13:33je dirais,
13:34c'est la présence de terrain.
13:35C'est ces care managers
13:36qui peuvent parler à leurs collègues
13:38et ce qu'on a vu même
13:39très très bien marcher,
13:41c'est d'être présent
13:42dans la salle de break,
13:44la salle de pause
13:44avec des petits gâteaux,
13:45des petites chouquettes
13:46et de dire,
13:46vous prenez une chouquette
13:47et vous parlez,
13:48posez-moi des questions
13:49sur les care managers
13:50et du coup,
13:51les personnes là
13:51sont plus en position de venir
13:53de se dire,
13:54ok je prends un café avec toi,
13:55qu'est-ce que c'est ?
13:56Et là comprennent
13:56que finalement peut-être
13:57eux et elles sont en situation
13:59d'aidance
13:59et commencent un petit peu
14:00cette conversation.
14:01Donc ça c'est sur le côté
14:03communication,
14:03il y a tous les...
14:04On fait vraiment beaucoup
14:05de mails,
14:06de newsletters,
14:06des affiches,
14:07des tout ça,
14:08mais c'est vraiment
14:08ce qui marche le mieux,
14:09c'est l'interpersonnel
14:11et la présence
14:12sur les lieux de travail.
14:13Au niveau formation
14:14des managers,
14:16nous on a pris le parti
14:17de ne pas faire
14:18des formations thématiques
14:20spécifiques
14:20et des grandes formations
14:21de management inclusif
14:23de l'aidance,
14:24du handicap,
14:24etc.
14:25parce qu'on a remarqué
14:27que ces managers
14:27qui suivaient les formations
14:29ne se rappelaient plus
14:30de la formation
14:31au moment où
14:31ils en avaient besoin.
14:32C'est-à-dire que
14:33je rentre chez JLL
14:34et on va me dire
14:34il y a ces 10 formations
14:35pour être un super manager,
14:37mais si je n'ai pas
14:38de personne dans mon équipe
14:39qui est aidante
14:39avant un an et demi,
14:40deux ans, trois ans,
14:42je ne m'en souviens plus
14:43et je ne vais pas refaire
14:44toutes ces formations
14:45tous les deux ans, trois ans
14:46parce que je veux dire
14:46c'est bon je l'ai déjà fait,
14:47est-ce que vraiment ?
14:48Donc on a plutôt pris le parti
14:49de faire des guides
14:50et des petites fiches
14:52très concrètes
14:53et qu'il et elle
14:54peuvent utiliser
14:55au moment donné.
14:57C'est-à-dire
14:57quelqu'un de mon équipe
14:59vient me dire
14:59écoute je suis proche aidant
15:00ou d'autres situations
15:01à nouveau,
15:02je sais moi
15:03en tant que manager
15:04que j'ai cette boîte à outils
15:05dans laquelle je peux
15:06aller regarder
15:07et on me dit
15:07voilà les questions à poser,
15:08les questions à ne pas poser
15:09peut-être,
15:10ce qu'on offre nous
15:12chez JLL,
15:14comment accompagner
15:15cette personne,
15:15comment en parler au RH,
15:17comment utiliser la...
15:18Exactement.
15:19Et il y a de toute façon
15:20on a un intranet
15:20où toutes les ressources
15:21sont aussi
15:21donc tout le monde
15:22y a accès
15:22mais c'est vrai
15:24que cette petite boîte
15:24à outils spécifique
15:25pour les managers
15:26ça marche vraiment
15:27parce que pareil
15:28on voit que c'est
15:29comme on en parlait
15:30les managers,
15:31leurs collaborateurs
15:32vont venir leur parler
15:33et là dans cet échange
15:34ça peut tout casser
15:35très rapidement
15:35et ça vient très rarement
15:40de méchanceté,
15:40c'est souvent une maladresse,
15:42une incompréhension
15:42de la situation
15:44qui fait qu'elles vont dire
15:45des choses
15:46qui ne sont pas forcément appropriées,
15:47qui ne savent pas
15:48donc on veut vraiment
15:49leur donner ces outils
15:50pour leur dire
15:51je suis sûre
15:51que tu veux bien faire
15:53maintenant
15:53la balle est dans ton camp.
15:56Anne-Lise Raoul,
15:58vous l'avez mentionné
15:59un petit peu
16:00mais dans le cadre
16:01où vous feriez face
16:02à des inquiétudes managériales
16:04ou même provenant
16:04de personnes
16:05qui sont en situation
16:06d'aidance,
16:07comment est-ce que
16:08vous vous y prenez,
16:09comment est-ce que JLL
16:10s'y prend pour pallier
16:11un petit peu
16:11ces inquiétudes
16:12et venir rassurer
16:13sur le fait que c'est un sujet
16:14qu'on peut en parler
16:15et qu'il y a des dispositifs ?
16:17C'est très très difficile
16:19honnêtement
16:19parce que c'est souvent
16:20quelque chose
16:21d'ancré
16:22au sein de nous-mêmes
16:24je dirais
16:24je fais souvent
16:25le lien avec le handicap
16:27mais on a tellement
16:28de biais
16:29nous-mêmes
16:30en interne
16:30qui nous disent
16:31mais non si je dis ça
16:32je vais être mal vu
16:34je vais recevoir
16:36peut-être quelque chose
16:37sur ma carrière
16:37etc.
16:38qu'il faut déjà
16:38se convaincre nous-mêmes
16:39que non ça ne va
16:40peut-être pas se passer
16:42c'est que je suis moi
16:45dans une situation
16:45d'être proche aidant
16:46et que du coup
16:47j'ai besoin d'aide
16:48et j'ai le droit
16:49à certaines choses
16:49donc c'est déjà
16:50toute cette communication-là
16:51et ensuite
16:52c'est prouvé par exemple
16:54on se dit
16:55aujourd'hui je crois
16:57qu'on a 6 care managers
16:58mais il va y en avoir plus
16:59on a plusieurs personnes
17:00qui sont proches aidantes
17:01dans l'entreprise
17:02qui peuvent témoigner
17:04à chaque fois
17:04qu'on fait un déjeuner
17:05juste pour les personnes
17:06proches aidantes
17:06on a entre 15 et 20 personnes
17:08qui sont toutes ensemble
17:09en présentiel
17:10et en distanciel
17:11donc je pense que
17:12ces personnes-là
17:12peuvent elles-mêmes
17:13témoigner du fait
17:14que leur carrière
17:15n'a pas été impactée
17:15peut-être que même
17:16ça les a aidé
17:17le fait d'en parler
17:18parce qu'aujourd'hui
17:19on sait du coup
17:19pourquoi j'ai besoin
17:20de m'absenter
17:21X jours dans l'année
17:22pourquoi peut-être
17:23que moi mon téléphone
17:23va être à côté de moi
17:24quand je suis en réunion
17:26par rapport à d'autres personnes
17:27peut-être que je suis
17:27un peu plus en retard
17:28ou que j'ai des ajustements
17:29à faire sur mon travail
17:30justement souvent
17:31c'est le manque d'information
17:33le manque de compréhension
17:34qui fait que les gens
17:35vont se poser des questions
17:37et penser que la personne
17:38n'est pas aussi impliquée
17:39dans le travail
17:40alors que si on connaît
17:41leur situation
17:41on va se dire
17:41ben non
17:42c'est tout à fait normal
17:43donc je dirais au contraire
17:44en fait c'est plus
17:45un biais interne
17:46et une fois qu'on l'a dépassé
17:49les personnes comprennent
17:50que vraiment
17:50on est là pour les aider
17:51et pour faire en sorte
17:51qu'elles s'épanouissent
17:52le plus possible
17:52dans l'entreprise
17:54Un très grand merci
17:56à vous deux
17:57merci mille fois
17:58pour ces échanges
18:00très nourris
18:00notre émission
18:01s'annonce
18:03s'achève déjà
18:04j'espère qu'elle s'annonce
18:06féconde
18:06pour que les organisations
18:08elles-mêmes
18:09se mettent à agir
18:10et à construire
18:11des politiques
18:11qui s'inspirent
18:12de tout ce que vous venez
18:14de nous exposer
18:15l'une comme l'autre
18:17merci Chloé Torkoll
18:18pour cette intervention
18:20et ce premier plateau
18:22sur inclusion
18:23for change
18:24je rappelle
18:25ce que vous faites
18:26Emilienne Quint
18:27vous êtes professeure
18:28des universités
18:29en gestion des ressources humaines
18:30à l'université Paris 1
18:32Annelise Raoul
18:33vous êtes directrice culture
18:35et expérience employée
18:36chez JLL
18:37je remercie aussi beaucoup
18:39Claire Fourmentin
18:40qui pour son témoignage
18:42Claire a par ailleurs créé
18:44je tiens à le signaler
18:45l'application d'aide aux aidants
18:48qui est très complète
18:50Unify
18:50qui s'adresse aussi bien
18:52aux individus
18:53qu'aux entreprises
18:53je vous encourage
18:54à la découvrir
18:55ça s'écrit
18:55Y-O-U-N-I-F-Y
18:59et puis vous pouvez évidemment
19:01retrouver tous les épisodes
19:02d'Inclusion for Change
19:03sur le site de Bsmart
19:05et puis nous
19:06on se retrouve
19:07dans un mois
19:08pour la dernière émission
19:09de la saison
19:10et d'ici là
19:10portez-vous bien
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