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  • il y a 20 heures
Ce samedi 13 juin , Carole Benaroya, cofondatrice de Kujten, Isabelle Vantard, directrice des Solutions Data Europe chez Vusion, et Tony Pinville, cofondateur d'Heuritech, étaient les invités dans l'émission Focus Retail présentée par Eva Jacquot. Focus Retail est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:04BFM Business, Focus Retail, Eva Jaco.
00:09Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver sur BFM Business pour votre émission Focus Retail.
00:14Et alors que le secteur de la mode subit des turbulences et que les acteurs du prêt-à-porter moyenne
00:19gamme perdent du terrain,
00:20la mode premium, elle, gagne des parts de marché.
00:22C'est notamment le cas de Kuchten, marque de cachemire qui a su capter au fil des années une clientèle
00:28fidèle.
00:28Aujourd'hui, entre le développement de son réseau de boutiques et l'international, quelle est la recette magique ?
00:34C'est ce que viendra nous expliquer sa cofondatrice, Carole Benaroya.
00:38Et puis, en deuxième partie d'émission, pour le pitch de la start-up, j'aurai le plaisir de recevoir
00:41Tony Painville.
00:43Il est le cofondateur de Ritek, un acteur majeur de la data dans l'industrie du luxe, de la mode
00:48et de la beauté,
00:49récemment racheté par Luxury Insight.
00:52Ensemble, nous verrons dans quelle mesure les prédictions de tendance peuvent être essentielles aux stratégies des marques.
00:58Focus Retail, c'est parti !
01:05Et aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir sur ce plateau Carole Benaroya.
01:08Bonjour, vous êtes la cofondatrice de Kuchten, marque que vous avez co-créée avec Stéphanie Erickson en 2012.
01:15À mes côtés, notre experte retail cette semaine, c'est vous Isabelle.
01:18Isabelle Vantard, vous êtes la directrice des solutions Data Europe de Vision.
01:23Alors, Kuchten, c'est une marque spécialisée dans le Cachemire, avec un positionnement assez premium.
01:28D'ailleurs, vous bousculez les codes du Cachemire, cette matière noble, mais qu'on peut parfois targuer de matière un
01:37petit peu vieillissante.
01:38Et ça a l'air de fonctionner, puisque vous réalisez l'année dernière un chiffre d'affaires record.
01:42Comment est-ce que vous expliquez ça ?
01:45Déjà, la matière, certains disent peut-être qu'elle est vieillissante, mais ce n'est vraiment pas le cas, c
01:50'est du luxe.
01:51On vend du luxe, on vend du rêve, donc c'est une matière qui perdure depuis des dizaines, voire des
01:57siècles même.
01:58Donc déjà, l'attachement à cette matière.
02:01Et effectivement, on a trouvé finalement un positionnement auprès de notre clientèle,
02:07qui a à la fois ce luxe, mais cette authenticité.
02:10On incarne énormément la marque, on bouscule les codes, on est très audacieux dans notre marketing,
02:15dans nos collaborations, dans nos modèles, dans nos couleurs.
02:18On est toujours là où on ne nous attend pas.
02:21Et grâce à ça, on arrive à embarquer beaucoup de monde derrière nous.
02:25Et on voit, les chiffres sont impressionnants.
02:27100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, c'est une croissance de combien par rapport à l
02:32'année dernière ?
02:32On a fait plus de 50% d'augmentation du chiffre d'affaires.
02:35Et comment vous l'expliquez ça ?
02:38Je pense qu'encore une fois, il n'y a pas forcément une explication très rationnelle.
02:42Il y a beaucoup de travail déjà, avec des équipes exceptionnelles.
02:46Donc ça, on est tous embarqués sur ce projet magnifique, on a une vraie passion.
02:52Je pense qu'on a également ouvert des points de vente stratégiques
02:56sur des emplacements complètement et totalement premium.
03:00On a aussi une très bonne distribution, on a un bon développement online.
03:04Donc je pense que c'est un peu l'alchimie et la rencontre de tous ces facteurs
03:08qui font le succès de Kuchten.
03:10Alors effectivement, vous parlez de couleurs, de formes plus modernes aussi.
03:15Vous avez à peu près 50% de vos produits qui sont des intemporels.
03:20Et puis vous avez beaucoup de nouveautés, beaucoup de capsules.
03:24Ça, c'est essentiel pour vous, pour parler justement à votre clientèle,
03:27le fait de se renouveler.
03:28C'est ce que recherchent les clients ?
03:30Complètement.
03:31Ça, c'est vraiment le travail exceptionnel de mon associé Stéphanie,
03:34avec le studio, qui nous fait voyager toutes les saisons,
03:39puisque Kuchten, c'est vraiment une invitation au voyage.
03:41Donc finalement, il y a toujours des inspirations de pays ou d'ethnies
03:45ou de peuples différents.
03:48C'est ce qui fait que vous avez réussi quand même à désaisonaliser aussi cette matière.
03:51Complètement.
03:53On fait quasiment 35% de notre chiffre d'affaires en printemps-été à présent,
03:57parce que justement, on va introduire des nouvelles matières.
04:00On va introduire toujours beaucoup de couleurs, ce qu'on a déjà fait.
04:03Mais surtout, effectivement, la matière.
04:05On a du coton, on a du cachemire et soie, donc du mélange.
04:09On a du lin, mais toujours des matières 100% naturelles.
04:11Oui, parce que vous avez ouvert aussi à d'autres matières,
04:14comme le lin, le coton.
04:15Exactement.
04:16Finalement, le cachemire, ça représente quelle proportion de votre offre ?
04:19Ça reste quand même 90% de notre offre.
04:22On veut rester une maison de cachemire.
04:24Nous sommes les spécialistes.
04:25C'est notre expertise.
04:27Mais bien évidemment, on arrive à...
04:29Et on vend du cachemire en été.
04:30On vend du cachemire déjaugé.
04:31C'est du cachemire plus léger, dans des couleurs plus cool.
04:34Mais on a toujours besoin d'un petit pull.
04:36Donc de toute manière, toute l'année, on en vend.
04:38Mais justement, comment vous arrivez à renouveler chaque saison,
04:41sans perdre l'identité de la marque ?
04:43Ça, c'est tout le travail du studio.
04:46Après, c'est un talent.
04:48C'est...
04:48Il n'y a pas...
04:49Enfin voilà, on se...
04:51Encore une fois, c'est des recherches d'inspiration.
04:53Si on va réfléchir, on va faire beaucoup de brainstorming en interne,
04:56sur des collaborations, des choses où on ne va pas nous attendre.
04:59Là, par exemple, on a fait le takeover d'une plage à Saint-Tropez,
05:02où je me rends d'ailleurs après-demain, justement, pour l'inauguration.
05:07Donc, c'est toujours essayer d'avoir le petit coup d'avance et de surprendre.
05:11Et d'être là où on ne vous attend pas.
05:12Alors, 16 ans après la création, vous avez...
05:1413 ans.
05:15Oui, 13 ans, pardon.
05:16Oui, je vous vieille.
05:17Vous avez 60 boutiques.
05:19La moitié de votre chiffre d'affaires est réalisé en France.
05:22Comment se partage votre activité entre le retail,
05:26également le multimarque et le e-commerce ?
05:29On a grosso modo 60% sur le retail, 25% sur le e-commerce
05:35et 15% sur la distribution sélective.
05:40Et ces dernières années, est-ce que vous avez constaté des évolutions
05:44dans les tendances de consommation des clients ?
05:47Alors, en fait, à la sortie du Covid,
05:49tout le monde prédisait finalement la mort du retail physique, du réseau.
05:54Nous, on n'y croyait pas du tout parce qu'on est nés un peu comme ça, retailers.
05:57Nous, on a fait un peu l'histoire à l'envers.
06:00Beaucoup de marques ont été créées sur Internet
06:01et après en distribution, en wholesale, en distribution sélective,
06:06puis dans leur propre boutique.
06:07Nous, on a toujours cru en notre réseau
06:09parce qu'on est des ambassadeurs du savoir-faire du Cachemire.
06:12Et à la sortie du Covid, en fait, on a vu une explosion du trafic dans les boutiques
06:18parce que justement, cette privation que la population mondiale a eue finalement
06:22de pouvoir se promener, de pouvoir chiner, de pouvoir toucher,
06:27ça a fait vraiment l'effet inverse de ce qui était attendu,
06:30en tout cas par les experts, à savoir un retour au réseau physique.
06:33Et je pense que c'est pour toutes les marques,
06:35pas que Cuchetaine, mais tous les emplacements,
06:38en tout cas les bons emplacements sont tous pris,
06:41les enseignes se battent pour être dans les meilleures rues.
06:44Donc moi, j'en suis très fière parce que c'est vraiment toujours un plaisir
06:47de faire les boutiques.
06:49Alors vous en parlez effectivement, vous parlez des emplacements.
06:52Aujourd'hui, quel est le bon emplacement ?
06:55Le bon emplacement dépend de la clientèle à laquelle on s'adresse, bien évidemment.
07:00Donc nous, vu qu'on va aller chercher une clientèle qui aime les belles choses,
07:03qui aime le Cachemire, qui est sensible à ces choses-là,
07:05qui a quand même un pouvoir d'achat élevé,
07:07on va se situer dans les rues premium, en fait, les emplacements numéro un.
07:13Mais un emplacement numéro un pour Cuchetaine sera différent d'un Sephora
07:16ou d'un Adidas, par exemple.
07:18Donc en fait, il y a des typologies de rues qui correspondent à du Mass Market,
07:22du High Street, les centres commerciaux, enfin voilà, ça dépend vraiment de l'offre.
07:26Majoritairement dans les centres-villes ou vous êtes aussi présents dans les centres commerciaux ?
07:29Centre-ville, on est très peu présents en centres commerciaux.
07:32Alors justement, Carole, vous évoquez quelque chose qui est quand même très important
07:36et ce qui se passe en ce moment dans le secteur du prêt-à-porter.
07:38Il y a cette fracture entre les enseignes premium, le luxe accessible, entre guillemets,
07:44et puis les enseignes de fast fashion, entre guillemets, et de plus accessible.
07:49On a vu Mango annoncer cette semaine ouvrir 45 magasins en France.
07:53Quel est-vous votre regard, justement, sur ce qui se passe en ce moment dans le retail,
07:57sur toutes ces marques, sur la chute finalement des marques moyenne gamme ?
08:00Je pense que les marques moyenne gamme, c'est pas le fait qu'elles soient moyenne gamme qui fait qu
08:05'elles chutent.
08:05C'est vraiment parce qu'il y a une lassitude, elles n'ont peut-être pas su évoluer,
08:10elles n'ont pas su... En fait, il y a une décorrélation flagrante entre le prix et la qualité,
08:15le value for money, tout le monde le recherche en ce moment.
08:17Et c'est d'ailleurs un peu pour ça que des marques de luxe en ont pâti ces derniers temps
08:22parce que les prix montaient trop à qualité constante.
08:25Donc je pense que quand on arrive à se réinventer, à proposer des nouvelles collections
08:29et à avoir encore une fois un rapport qualité-prix que le consommateur final va comprendre,
08:36je pense qu'on résiste les marques qui souffrent en ce moment.
08:40Il y a une décorrélation entre le prix et l'offre et les attentes finalement des clients.
08:45Isabelle ?
08:46Oui, et justement, comment vous travaillez votre storytelling et votre image
08:50pour arriver à véhiculer aussi toute la valeur, la qualité que vous pouvez proposer,
08:56le value for money ?
08:57Exactement. Alors, on fait très peu de dépenses marketing en tant que telles.
09:02En revanche, on communique beaucoup sur les réseaux et on va beaucoup communiquer
09:05via nos collaborations et via nos achievements, nos réussites.
09:11On vient d'être bicorp par exemple il y a deux semaines.
09:14Donc ça aussi, ça rassure finalement nos clients.
09:16On voit qu'on est une société engagée.
09:18On l'a toujours été depuis le début de Kuchten, mais on ne le disait pas forcément.
09:22Maintenant, au moins, on a le tampon, on a le certificat.
09:25On communique par nos emplacements, justement, en étant toujours dans ces emplacements premium.
09:30Le fait qu'on soit à côté de tel ou tel enseigne qui a une belle renommée,
09:34qui est une marque de luxe, on va rayonner un petit peu indirectement grâce à nos emplacements.
09:39Donc, toute la communication, elle est faite autour de cette authenticité, du cachemire,
09:44de l'engagement, de la qualité, du craftsmanship, de la Mongolie.
09:50C'est vraiment le storytelling de la marque, en tout cas.
09:52La cliente Kuchten, comment est-ce que vous la décririez ?
09:56Alors, il n'y a pas une cliente Kuchten, et ça, c'est la force de Kuchten et du cachemire
10:00en général,
10:00parce que finalement, tout le monde aime porter du cachemire.
10:03C'est doux, c'est coucouning, c'est réconfortant.
10:07Donc, moi, je dirais que la cliente Kuchten, c'est une cliente qui aime la liberté,
10:11qui aime les belles choses, qui aime se sentir belle, qui aime être réconfortée
10:15et qui aime beaucoup voyager également.
10:17Et qui a tout âge.
10:18Est-ce que vous avez tout âge, votre clientèle ?
10:20C'est aussi bien des jeunes filles que des femmes plus âgées.
10:23Vous avez un spectre assez large sur votre clientèle ?
10:26On a vraiment un spectre très large grâce, justement, à nos accessoires,
10:29que ce soit notre petit foulard hachis, qui est devenu iconique.
10:33Exactement.
10:34Mais nos mitaines, on en parlait avec Isabelle en studio.
10:39Les mitaines, les accessoires, les bonnets, voilà.
10:41Toute l'entrée de gamme, on capte une clientèle très jeune
10:44qui ne connaissait pas du tout le cachemire.
10:46Donc, justement, on commence un petit peu à les initier à cette matière.
10:50Et comme on devient vite addict et on ne peut pas mettre autre chose après,
10:53on les récupère à 20 ans.
10:54Les jeunes filles vont prendre les pulls de leur mère jusqu'à 90.
10:58Enfin, c'est vraiment générationnel.
11:01On a beaucoup de petites filles, filles, grand-mères qui viennent en boutique,
11:06notamment pendant les fêtes de fin d'année.
11:08C'est très agréable de voir ça.
11:09Et comme vous dites, effectivement, ça permet de rentrer dans une marque premium,
11:14luxe accessible, avec un accessoire qui reste quand même abordable.
11:18Exactement.
11:18Alors, j'aimerais qu'on aborde aussi votre développement à l'international,
11:21puisque vous venez de mettre un petit peu les bouchées doubles sur ce vent-là.
11:25C'est 45% de votre chiffre d'affaires qui est réalisé à l'international, effectivement.
11:30Et d'ailleurs, avec une offensive très marquée sur les États-Unis,
11:34vous avez ouvert une boutique à New York.
11:36Vous réfléchissez pour en ouvrir une deuxième.
11:40Comment la marque est perçue là-bas ?
11:43Alors, en fait, avant de se lancer aux États-Unis,
11:46on avait fait beaucoup de data et d'analyse.
11:48On avait constaté, effectivement, qu'on avait beaucoup de commandes des États-Unis
11:52sur notre site Internet, on avait remarqué que dans nos boutiques touristiques,
11:55on avait beaucoup d'Américains, donc on peut voir les chiffres de la détaxe.
11:59Donc, c'est vraiment un outil très intéressant pour avoir la typologie des clients.
12:04Donc, on savait qu'il y avait une appétence pour Cuchetaine
12:07et pour le Cachemire, peut-être, en général.
12:09Le climat à New York, il est également très favorable, bien évidemment.
12:14Il y a beaucoup de très grandes enseignes de luxe et du Cachemire
12:17qui étaient déjà présents à New York.
12:18Donc, on est allé avec notre petit baluchon et on a ouvert, effectivement,
12:23notre première boutique sur Madison en septembre.
12:25Et il y a eu tout de suite, voilà, un super bouche à oreille,
12:29un engouement sans communiquer, pareil, sans faire de marketing ni rien du tout.
12:33Mais déjà, emplacement numéro un, donc on bénéficie du trafic.
12:36Et finalement, d'une cliente qui l'a dit à son amie
12:40ou une cliente qui était passée dans nos boutiques parisiennes ou européennes,
12:44en tout cas, ça a fait un petit peu effet boule de neige.
12:47Et c'est vrai que...
12:48Et c'est une réussite.
12:49Voilà.
12:50Pour l'instant, c'est un peu tôt pour le dire,
12:52mais en tout cas, c'est encourageant.
12:53Très encourageant.
12:54Mais justement, dans cette période où on peut tout acheter sur le digital,
12:57investir ses 200 mètres carrés, je crois, à votre flagship à New York,
13:01qu'est-ce que ça vous apporte d'avoir un magasin physique
13:04par rapport à avoir le site e-commerce dans New York ?
13:09Enfin, accessible partout.
13:10Bien sûr, c'est vraiment ce que je disais précédemment.
13:14Je pense que l'importance du toucher dans le Cachemire,
13:16de toucher la matière.
13:18Quand on rentre dans la boutique, il y a le storytelling.
13:22Les directrices de boutique sont vraiment formées.
13:25Ce sont des experts du Cachemire.
13:26Donc, je pense que l'expérience en boutique,
13:27elle reste très différente d'une expérience sur le site Internet,
13:31même si, bien sûr, on a un beau site également.
13:34Mais je pense que voilà, toucher, voir et être présent,
13:37ça positionne également la marque.
13:41C'est vraiment une avancée en parallèle.
13:44Ce n'est pas l'un au détriment de l'autre,
13:45c'est les deux en même temps.
13:46Et justement, pour continuer cette forte croissance que vous observez,
13:50comment vous arrivez à répartir vos priorités entre
13:53je développe l'offre, je continue l'expansion internationale
13:57ou j'augmente le nombre de points de vente dans chacun des pays ?
14:00Alors, en fait, on maîtrise quand même notre croissance
14:03parce qu'effectivement, après, il y a des gros enjeux
14:05en termes de cash flow, de trésorerie, etc.
14:08Donc, on se fixe un nombre de boutiques par an.
14:11Et c'est vrai qu'en 2026, ce sera vraiment les États-Unis
14:14notre priorité.
14:15Donc, on a déjà mappé les villes où on voudrait être présent.
14:18On est en discussion avec des bailleurs.
14:21Donc, voilà, l'international.
14:22Et comme on ouvre ce nouveau pays,
14:24on va à la fois investir sur le paid,
14:26donc sur Meta, les réseaux,
14:28pour avoir du trafic sur notre site Internet
14:31et également sur les boutiques physiques,
14:32mais vraiment dirigés sur les États-Unis.
14:34Merci beaucoup, Carole.
14:36Restez avec nous.
14:36On passe sans plus attendre au focus de notre experts.
14:39Merci.
14:42Isabelle, finalement, vous voyez en Cuchetaine
14:43l'incarnation d'une nouvelle forme de luxe
14:45qu'on appelle le Quiet Luxury
14:47qui répond aux nouvelles attentes des consommateurs.
14:50Ah oui, c'est un vrai basculement
14:51puisqu'on va sortir de la logomania,
14:53le luxe qui était visible vers un luxe qui se ressent,
14:57qui se vit,
14:58puisque le Quiet Luxury,
14:59c'est avant tout des matières premières d'exception.
15:02C'est un savoir-faire irréprochable
15:04mais non ostentatoire.
15:05Et on n'est pas sur un marché niche
15:07puisqu'en 2024,
15:08on estime le marché à 137 milliards de dollars
15:11avec une croissance annuelle de plus de 7%
15:13et on estime même qu'il aura doublé d'ici 2034.
15:17Et dans le même temps,
15:19on a effectivement le luxe traditionnel
15:20qui s'essouffle un petit peu
15:22puisque pour la première fois depuis 15 ans,
15:24en 2024,
15:26le luxe personnel a reculé selon Bain.
15:31Donc, il faut trouver des retours.
15:33Comment est-ce que justement les marques s'adaptent
15:35à cette nouvelle tendance de consommation ?
15:38Eh bien, elles reviennent aux fondamentaux,
15:40le produit, la qualité, la provenance.
15:42Si on prend l'exemple du Cachemire
15:44qui est un marché de 3,6 milliards de dollars
15:47qui est fortement drivé par l'Europe
15:50puisque c'est 40% de la demande,
15:54on prend l'exemple de Kuchten
15:55qui a décidé de privilégier le sourcing direct
16:00en Mongolie
16:02et en étant de catégorie A.
16:04Donc, vraiment, on mise sur la qualité.
16:05Mais aujourd'hui, la qualité, ça ne suffit pas.
16:07Il faut aussi prouver ses engagements,
16:10d'où on en parlait tout à l'heure
16:11la certification Bicorp comme Cézanne
16:13puisqu'aujourd'hui, on a besoin d'avoir des preuves
16:15parce que 80% des consommateurs
16:17font beaucoup plus confiance aux entreprises
16:19qui prouvent leurs engagements
16:21et à 66%, ils sont prêts à dépenser plus.
16:24Donc, on voit bien le shift du luxe
16:26vers quelque chose de visible
16:28sur quelque chose d'incarné.
16:30Merci beaucoup, Isabelle, pour votre expertise.
16:32Sans plus attendre, on passe au pitch de la start-up.
16:40Et Tony Parville nous a rejoint sur ce plateau.
16:42Bonjour, bienvenue sur le plateau de BFM Business.
16:45Alors, vous êtes le cofondateur de Ritek,
16:47un pionnier de l'analyse d'images par intelligence artificielle.
16:51Alors, concrètement, vous faites de la prédiction
16:52de tendance pour les marques.
16:54Vous avez été racheté fin 2024 par Luxury Insights,
16:58spécialiste des études de marché
16:59pour le secteur du luxe, principalement.
17:02En une phrase, est-ce que vous pouvez nous expliquer,
17:04Tony, quel est le problème majeur, finalement,
17:07de l'industrie de la mode ?
17:08Qu'est-ce que vous, vous cherchez à résoudre ?
17:10Oui, alors, juste quelques chiffres.
17:12C'est vrai que, de manière globale,
17:13en fait, il y a 40% des produits
17:15qui ne sont pas vendus full price
17:16et 25% des produits qui sont invendus.
17:19Donc, ça représente chaque année
17:21plusieurs milliards de dollars de vêtements à vendus.
17:23Et donc, un impact financier et écologique
17:26qui est vraiment énorme,
17:27puisque plusieurs centaines de milliards de dollars
17:28de vêtements à vendus chaque année.
17:30Et pourquoi, en fait, ces invendus ?
17:32Beaucoup pour une question de mauvaise prédiction
17:35des tendances marchées,
17:36qui évoluent beaucoup,
17:37notamment grâce ou à cause
17:39de l'évolution des réseaux sociaux,
17:41qui ont une influence majeure
17:42sur l'évolution des tendances marchées.
17:44Et donc, voilà ce qu'on permet à Erytech,
17:46c'est justement, grâce à notre technologie,
17:48c'est de prédire ce qui va se passer
17:51jusqu'à deux ans à l'avance
17:53et de permettre aux marques
17:54de produire seulement ce qui est nécessaire
17:56afin de réduire ces invendus.
17:58Et justement, est-ce que vous avez
17:59quelques chiffres de réduction d'invendus ?
18:01Qu'est-ce que ça permet aux marques d'économiser ?
18:04Oui, en fait, c'est souvent la métrique
18:06qu'on suit, c'est la métrique de sales-through,
18:08c'est donc le nombre de produits créés
18:10versus le nombre de produits invendus.
18:12Donc, on est justement à quelque chose
18:15qui vend très bas, même dans le secteur,
18:16finalement, du luxe.
18:17Alors, pas sur les produits iconiques,
18:19mais sur les produits plus classiques.
18:20Et donc, ce qu'on leur permet,
18:21c'est de réduire ces taux d'invendus,
18:24justement, en s'intégrant dans la chaîne de valeur,
18:26notamment sur la partie merchandising,
18:29qui est, en fait, pour chaque produit,
18:31combien je dois en acheter,
18:32pour chaque région, pour chaque pays.
18:34Et c'est vraiment tout un enjeu majeur
18:36pour les marques, pour réduire ces coûts, en fait.
18:39Alors, c'est une solution qui utilise
18:40l'intelligence artificielle.
18:41Quelles sont les données sur lesquelles
18:43vous vous basez, que vous analysez,
18:46en fait, tout simplement ?
18:47Oui, vraiment.
18:48L'IA, c'est vraiment l'ADN de notre entreprise.
18:50Moi, j'ai fait de la recherche avant
18:52en intelligence artificielle.
18:53Et en fait, ce qu'on exploite,
18:55c'est toutes les données marchées,
18:57issues des réseaux sociaux,
18:58où on est en fait en mesure
19:00de faire des panels représentatifs
19:02pour chaque pays, chaque région,
19:04ce qui nous permet d'avoir
19:06la matière à analyser.
19:07Mais ensuite, il faut être en mesure
19:08d'identifier dans chaque image,
19:11chaque élément,
19:11des éléments qui sont cœur
19:13pour le secteur de la mode.
19:14Ce n'est pas juste identifier,
19:15tiens, il y a un T-shirt sur l'image,
19:16mais quelle est la couleur du T-shirt,
19:18quelle est la forme du T-shirt,
19:20quels sont les modèles de sacs à main,
19:22les modèles de chaussures.
19:23Donc, on est capable de reconnaître
19:25plusieurs milliers d'attributs liés à la mode.
19:29Donc, on travaille avec des experts de la mode
19:31pour justement être très pertinents à ce niveau-là.
19:33Et ensuite, on analyse chaque jour
19:35plusieurs millions d'images à travers le monde
19:38pour dire, voilà, justement, une petite info.
19:41Là, on a prédit que dans 22%,
19:43une croissance de 22% sur les big dots en Europe,
19:47plutôt sur la segmentation Gen Z.
19:50On fait des small dots, nous.
19:52Voilà, et voilà, vous pensez peut-être.
19:53Alors, justement, ce qui est intéressant aussi,
19:55c'est que nous, on a...
19:57Notre objectif, c'est de donner une information
19:59sur la réalité du marché
20:00et sur l'évolution du marché.
20:01D'accord.
20:02Mais justement, ensuite,
20:03c'est en fonction de l'aide à la marque,
20:04du positionnement de la marque,
20:05les décisions vont être très différentes.
20:07On est vraiment un outil d'aide à la décision.
20:09Carole, vous, est-ce que vous utilisez
20:11comme ça des solutions similaires
20:12ou vous faites tout en interne
20:13par vos studios de création
20:15qui analysent eux-mêmes les tendances ?
20:17Nous, on fait tout en interne pour le moment,
20:19mais c'est très intéressant, ta start-up.
20:22Nous, on fait tout en interne
20:24et c'est vrai que, même au contraire,
20:26on va essayer de faire des choses
20:27qui n'ont pas été vues avant.
20:30C'est un peu les maisons de mode,
20:33en tout cas, qui se prétendent créatrices,
20:36lancent plutôt les tendances
20:38plutôt qu'elles ne les suivent.
20:40Mais effectivement, c'est toujours très intéressant
20:42de voir quelles sont les tendances actuelles
20:44et comment ça évolue.
20:47Oui, justement, un point sur ce sujet.
20:49Justement, nous, on est là pour fournir de l'information
20:52et pour des marques qui sont très edgy, très niche,
20:55justement, le fait de savoir que quelque chose est populaire
20:57peut-être va leur dire de faire quelque chose
21:00qui n'a rien à voir.
21:00Mais nous, on est là pour relater le marché
21:02et de montrer comment s'évolue le marché.
21:04Et si vous êtes une marque discante
21:06ou une marque fast fashion,
21:08vous n'allez pas avoir le même positionnement.
21:10Justement, parce que moi, je me demandais
21:11comment vous adaptiez vos solutions
21:13selon qu'on soit sur une marque historique,
21:15un groupe international,
21:17une marque en pleine croissance,
21:19mais assez nouvelle.
21:21Comment vous les accompagnez différemment ?
21:23Vu qu'on est en train d'évaluer le marché,
21:27on n'adapte pas forcément la solution,
21:29mais c'est plus pour aider aussi les marques
21:31en fonction de leur positionnement
21:32à prendre des décisions qui sont différentes.
21:34Effectivement, par exemple,
21:35on travaille avec Nike, Uniqlo.
21:38Là, leur objectif, c'est de vraiment
21:39produire seulement ce qui est nécessaire,
21:42surtout pour des marques fashion comme Uniqlo.
21:46Donc, d'être dans la tendance
21:47et de voir quelles sont les tendances
21:49qui sont déjà inscrites.
21:50Donc, c'est vraiment l'exploitation
21:52de la donnée directe qui va être à ce niveau-là.
21:54On travaille aussi avec des maisons de luxe
21:55qui, potentiellement, justement,
21:57vont avoir ces informations-là
21:58pour ajuster les quantités,
22:01mais aussi, peut-être,
22:01produire quelque chose qui n'a rien à voir.
22:03Voilà, la data, on en fait.
22:05C'est un outil d'aide à la décision,
22:06mais ce n'est pas ça qui va driver la décision.
22:08Alors, pour l'instant,
22:09vous travaillez avec des marques uniquement,
22:10mais vous allez annoncer un rapprochement
22:13avec un grand fabricant textile
22:15qui s'appelle Macalot.
22:16Qu'est-ce que ça va changer, finalement,
22:18de travailler avec un grand industriel
22:21versus de travailler avec une marque ?
22:23Notre objectif, c'est d'être présence
22:25sur toute la chaîne de valeur.
22:26Parce que, pour l'instant,
22:28on s'adressait principalement aux merchandisers
22:30pour ajuster les quantités.
22:31Mais, en fait, nos informations
22:33peuvent aider à n'importe quel moment
22:34de la création.
22:35Au tout début de la chaîne, finalement.
22:36Au tout début, pour justement
22:37avoir les tendances marché,
22:39vu que le délai de fabrication d'un produit,
22:42ça peut être, selon les marques,
22:43de 1 à 2 ans.
22:44D'où l'importance de prédire
22:45jusqu'à 2 ans à l'avance.
22:46Et de travailler en collaboration
22:48et d'être intégré dans la chaîne de valeur,
22:50au plus tôt,
22:51ça apporte de la valeur aux entreprises.
22:54Et c'est vraiment ça aussi.
22:56Ce n'est pas juste d'être une information chiffrée,
22:59mais ensuite d'être actionnable
23:01et donc d'être dans l'opérationnel.
23:04Aujourd'hui, du coup,
23:05toute la donnée que vous traitez,
23:06ça vient de tout ce qui se passe online.
23:08C'est les réseaux sociaux,
23:10c'est Internet.
23:11On a parlé beaucoup aussi,
23:13avec Carole,
23:14du rôle des magasins physiques
23:15qui reste encore assez opaque.
23:18Est-ce que ce ne serait pas aussi
23:19le prochain défi demain
23:20de se dire comment j'arrive
23:22à récupérer ce qui se passe en magasin
23:25pour aussi identifier les futures tendances ?
23:27Merci pour cette transition
23:28parce que c'est le projet
23:29qu'on développe en ce moment.
23:31Donc, on a déjà travaillé beaucoup
23:32avec différents partenaires en France
23:33justement pour combiner
23:34ces données de marché
23:35avec les données de vente,
23:36les données de magasin
23:37pour justement avoir cette valeur.
23:39Et donc, le fait aussi
23:40d'avoir ces tendances marché
23:41peut aider pour le visuel merchandising,
23:43pour dire,
23:44tiens, dans le magasin
23:46à Paris versus Shanghai,
23:47on va pousser des produits,
23:48on va mettre en avant
23:49des produits qui sont différents
23:50parce qu'on s'est rendu compte
23:51que là, il y avait
23:53un épiphénomène,
23:53une tendance qui a immergé.
23:55Et donc, ça peut aider aussi
23:56dans l'élaboration
23:58dans l'élaboration d'un magasin
24:01de pousser le bon produit
24:03au bon moment.
24:03Merci beaucoup, Tony Pinville,
24:05d'avoir été avec nous
24:06sur ce plateau.
24:07Mais restez là
24:07puisqu'on passe tout de suite
24:08à l'actu de la semaine.
24:12Isabelle, cette semaine,
24:14l'actu du jour,
24:14c'est quand la distribution
24:16joue les grands chefs étoilés.
24:18Alors, cette semaine,
24:19on a vu que Carrefour
24:20a créé la surprise
24:21en ouvrant un restaurant éphémère
24:23sans forcément dire
24:24à leurs clients
24:25qu'ils consommaient
24:26des produits.
24:26Carrefour, c'est fou ?
24:28Oui, c'est fou.
24:28Mais ça traduit bien
24:29à un vrai changement,
24:30là encore,
24:31où on voit les marques
24:31qui veulent sortir
24:32du simple message publicitaire,
24:35où on veut vraiment
24:36beaucoup plus faire vivre
24:37des expériences,
24:39rentrer dans le quotidien
24:40des Français.
24:41Effectivement, Carrefour
24:42l'a fait avec la création
24:43de leur restaurant éphémère
24:45Le 50,
24:46dans lequel ils ont élaboré
24:47un menu gastronomique
24:49qui était incarné
24:50par Hugo Riboulé,
24:52un des gagnants
24:54de Top Chef 2023,
24:55et avec un menu
24:56constitué uniquement
24:57à partir des produits
24:58Carrefour,
24:59donc de la marque propre.
25:00L'idée derrière,
25:02c'est simple,
25:02c'est qu'ils ont voulu
25:03faire découvrir les produits
25:05sans mentionner l'origine.
25:06Et la stratégie,
25:07elle est forte
25:07puisqu'on place
25:08les marques de distributeurs
25:10sur un autre niveau.
25:11C'est plus seulement
25:11de l'accessibilité prix,
25:13c'est de la qualité
25:14et de la désirabilité.
25:16C'est vrai qu'on remarque
25:17que les marques se lancent
25:18de plus en plus
25:18sur des expériences.
25:20Qu'est-ce que ça dit,
25:21ça exactement ?
25:21Ça veut dire qu'on est passé
25:22d'un marketing de promesses
25:24à un marketing de preuves.
25:25Maintenant,
25:26on a besoin de montrer.
25:27C'est ce qu'on appelle
25:29le show don't tell.
25:30Donc Carrefour l'a fait
25:31avec la gastronomie.
25:33On peut citer aussi
25:35Watley à Amsterdam
25:36qui a lancé un drive
25:38pour cyclistes
25:39pour aller jusqu'au bout
25:40de leur engagement.
25:42Ou on a Ikea aussi
25:43qui a fait leur bibliothèque
25:45Billy,
25:46qui est emblématique
25:47de l'enseigne,
25:48qui est devenue
25:49une bibliothèque
25:50où ils ont organisé
25:51des rencontres littéraires.
25:53Et j'ajoute aussi
25:53Bonduelle qui a ouvert
25:54un flagship à Paris
25:56avec ses produits
25:57pour les faire déguster
25:58au grand public.
25:59Finalement,
26:00le vrai succès ensuite,
26:01ce qu'on voit,
26:02c'est qu'il se joue
26:02sur les réseaux sociaux.
26:03Complètement.
26:04Le point de...
26:04Le physique,
26:05c'est le départ
26:06de l'histoire digitale.
26:07Si on reprend Carrefour,
26:09c'est un million de vues
26:09en 24 heures.
26:11C'est 12 millions d'impressions
26:12sur le temps de la campagne.
26:14Et on a Jacquemus aussi
26:15qui crée des boutiques éphémères
26:17mais qui sont créées
26:18pour être photographiées,
26:19partagées, commentées.
26:21Donc en gros,
26:21ce que l'on voit,
26:22c'est qu'aujourd'hui,
26:23on utilise les consommateurs
26:24pour qu'ils deviennent
26:25des propres ambassadeurs
26:26des produits.
26:26Merci beaucoup Isabelle
26:28pour votre expertise.
26:29Merci à tous les deux
26:30d'avoir été avec nous.
26:31Merci à vous
26:31de nous avoir suivis.
26:33On se donne rendez-vous
26:33la semaine prochaine
26:34pour une émission
26:35un peu particulière
26:36puisqu'on sera en direct
26:36de Vivatech.
26:37Vous serez notre experte Isabelle ?
26:39Ça sera Jérôme.
26:40Le retour de Jérôme.
26:42Jérôme,
26:43on a hâte
26:44de vous retrouver.
26:45Merci beaucoup
26:46et je vous souhaite
26:47un excellent week-end.
26:47On a très vite.
26:50Focus Retail,
26:51la distribution de demain
26:52s'invente aujourd'hui.

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